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La population agricole ne suit pas le courant dans un pays façonné par l’immigrationIntroduction
IntroductionLe Canada est un pays fondé sur l’agriculture et il a été construit principalement par les immigrants et les enfants d’immigrants, bien que l’immigration et l’agriculture ne soient plus liées : les tendances d’immigration ont énormément évolué et peu de Canadiens s’adonnent à l’agriculture aujourd’hui. Les immigrants représentent au Canada une proportion de plus en plus faible de la population agricole, qui est de moins en moins nombreuse. Cette tendance va à l’encontre de celle qu’on observe pour la population générale. Dans la population générale, moins d’un cinquième des immigrants sont arrivés au Canada avant 1961, tandis que plus de la moitié sont arrivés dans les années 80 et 90. Dans la population agricole, un tiers des immigrants sont arrivés avant 1961 et seulement un tiers, depuis les années 80. Proportion des immigrants au sein de la population générale et de la population agricole, Canada
Source: Base de données du couplage Agriculture-Population et Recensement de la population La majorité des personnes qui ont immigré au Canada et qui s’adonnent à l’agriculture sont nés en Europe. Cette constatation s’applique à toutes les provinces, même à la Colombie-Britannique, dont la population agricole compte la plus forte concentration d’Asiatiques. Du tiers à la moitié des agriculteurs immigrants originaires des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de l’Allemagne – les trois principaux pays de naissance des agriculteurs immigrants – sont arrivés au Canada avant 1961. L’analyse des contrastesAu cours de la première moitié du XXe siècle, les immigrants provenaient surtout d’Europe, principalement du Royaume-Uni, de l’Italie, de l’Allemagne et des Pays-Bas. À l’époque, les immigrants qui vivaient dans des fermes ou ailleurs étaient généralement originaires de pays européens. Bien sûr, un plus grand nombre de Canadiens faisait aussi partie de la population agricole – la population agricole représentait 32 % de la population totale en 1931, comparativement à moins de 3 % en 2001. Cependant, même si les centres urbains au Canada sont en voie d’être transformés par le nouveau visage de la population immigrante, la population agricole – les exploitants agricoles et les membres de leur ménage – continue d’être surtout d’ascendance européenne. En 2001, la majorité des agriculteurs immigrants, soit 77 %, étaient originaires d’Europe. Il en va de même pour les immigrants qui sont arrivés dans les années 90 : 79 % d’entre eux provenaient d’Europe et moins de 10 %, d’Asie. Par contre, 42 % des immigrants dans la population générale étaient originaires d’Europe, mais seulement 19,5 % des immigrants qui sont arrivés au Canada dans les années 90 étaient nés en Europe. Près de 60 % de l’ensemble des immigrants qui sont arrivés au cours de cette même décennie provenaient d’Asie. Lieu de naissance des agriculteurs immigrants selon la période d’immigration, Canada
Source: Base de données du couplage Agriculture-Population Plus de la moitié des agriculteurs immigrants qui ont été dénombrés au Recensement de 1971 (premier recensement pour lequel une base de données du couplage agriculture-population a été mise sur pied) provenaient des États-Unis, des Pays-Bas, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. La majorité des agriculteurs immigrants viennent encore de ces quatre pays. Plus du quart de l’ensemble des agriculteurs immigrants qui sont arrivés au Canada dans les années 90 étaient originaires des Pays-Bas. Le tableau est bien différent en Colombie-Britannique. Dans cette province, tout comme en Ontario, un résident sur quatre est un immigrant. Toutefois, en Ontario, 93 % des exploitants agricoles immigrants sont originaires d’Europe et des États-Unis. Il s’agit d’un pourcentage beaucoup plus élevé que dans le cas de la Colombie-Britannique, où un peu plus des trois quarts des agriculteurs immigrants proviennent de l’Europe et des États-Unis. En Ontario, seulement 3 % des exploitants immigrants sont nés en Asie; tandis qu’en Colombie-Britannique, le cinquième des agriculteurs immigrants sont originaires d’Asie, principalement de l’Inde. Ils ont des racines profondes dans la province, la majorité d’entre eux étant arrivés au pays dans les années 60, 70 et 80. Les différences entre le milieu urbain et le milieu ruralEn 2001, à l’échelle nationale, plus de 18 % de la population totale – une personne sur cinq – était née à l’étranger, soit la plus forte proportion depuis 1931. Au Canada urbain, où résident 80 % des Canadiens, l’évolution des tendances d’immigration est en voie de faire du Canada l’un des pays les plus multiculturels au monde. Seule l’Australie, dont 22 % de la population est née ailleurs, affiche une plus forte proportion de résidents d’origine étrangère. Dans les grandes agglomérations, notamment à Toronto et à Vancouver, environ 40 % de la population est née à l’étranger. La situation est différente au Canada rural, où la population se caractérise par son homogénéité. L’« autre 20 % » de Canadiens forment la population rurale, qui est constituée, d’une part, des agriculteurs et, d’autre part, des résidents qui font régulièrement la navette entre leur domicile et leur lieu de travail en ville ou qui travaillent comme enseignants, policiers, pompiers, serveurs ou caissiers au sein d’une entreprise au service de la collectivité rurale. Les non-agriculteurs constituent de loin le groupe le plus nombreux : neuf résidents du Canada rural sur dix ne s’adonnent pas à l’agriculture. Les immigrants, qu’ils soient agriculteurs ou non, représentent environ 6 % de la population rurale. La Colombie-Britannique se démarque car sa population rurale est composée d’immigrants dans une proportion de 13 %. Les agriculteurs immigrants représentent pour leur part 18 % de la population agricole rurale de cette province. La population immigrante agricole et la population immigrante en milieu rural affichent un taux semblable d’immigrants provenant d’Europe, soit près de 70 %. Par contre, seulement 40 % de la population immigrante en milieu urbain est originaire d’Europe. Très peu d’immigrants agricoles et d’immigrants du milieu rural sont nés en Asie, soit 7,8 % et 6,2 % respectivement. En revanche, près de 40 % de la population immigrante urbaine vient d’Asie. Ce phénomène tient à deux facteurs : d’une part, depuis les années 70, la majorité de l’ensemble des immigrants viennent de pays autres que l’Europe; d’autre part, la plupart des immigrants se sont établis dans les grandes villes. Lieu de naissance des populations immigrante, agricole, rurale et urbaine, Canada, 2001
Source : Recensement de l’agriculture et Recensement de la population D’où viennent-ils?Les immigrants néerlandais maintiennent depuis nombre d’années une forte présence au sein de la population agricole immigrante au Canada. Au moins 23 % des exploitants agricoles immigrants sont nés aux Pays-Bas, comparativement à 2,2 % pour la population générale. La moitié des exploitants agricoles néerlandais faisaient partie des vagues d’immigrants d’après-guerre arrivées vers la fin des années 40 et dans les années 50. Près des deux tiers d’entre eux ont élu domicile en Ontario. Dans les années 90, l’Alberta a rivalisé avec l’Ontario comme destination de prédilection des agriculteurs immigrants originaires des Pays-Bas. Principaux pays de naissance des exploitants immigrants, Canada
Source: Base de données du couplage Agriculture-Population Bien que le tiers des agriculteurs originaires de l’Allemagne vivent en Ontario, les nouveaux immigrants en provenance de ce pays sont proportionnellement presque trois fois plus nombreux à opter pour la Colombie-Britannique et l’Alberta. Plus des deux tiers des agriculteurs immigrants d’origine suisse se retrouvent en Ontario et au Québec, œuvrant habituellement au sein de l’industrie laitière; cependant, bon nombre de nouveaux immigrants suisses choisissent d’établir leur entreprise dans les quatre provinces de l’Ouest. Contrairement aux autres Européens, les Suisses représentent une très faible proportion des immigrants qui se sont installés au Canada avant 1971; en effet, près de 85 % des Suisses sont arrivés au pays après cette année là. Au début des années 70, le cours du franc suisse a commencé à grimper, de sorte que le taux de change est devenu très favorable pour les Suisses et que les biens-fonds canadiens ont été considérés comme des aubaines. Au dire des agriculteurs suisses établis au Canada, la topographie de notre pays est beaucoup plus propice à l’agriculture que celle de leur pays natal, les coûts d’exploitation sont beaucoup moins élevés et la réglementation des fermes est beaucoup moins rigoureuse. Aux yeux des immigrants provenant de pays qui ont une tradition de production laitière, le régime de gestion de l’offre instauré au Canada au début des années 70 dans le secteur laitier constitue peut-être un autre attrait. Le Canada est particulièrement attrayant pour les immigrants qui parlent anglais ou français, ou les deux. Les États-Unis ont été par le passé l’une des cinq principales sources d’agriculteurs immigrants. Le nombre d’agriculteurs immigrants provenant des États-Unis a toutefois diminué décennie après décennie à compter des années 60, pour s’établir actuellement à 3 525 personnes, soit à peu près le tiers de ce qu’il était en 1971. Parmi les agriculteurs immigrants qui se sont installés au Canada dans les années 60 et 70, un cinquième environ provenait des États-Unis. Cette époque coïncide avec les bouleversements politiques auxquels les États-Unis ont été en proie en raison de la guerre du Vietnam. Plus de 70 % de tous les agriculteurs immigrants d’origine américaine sont dans les provinces de l’Ouest. À l’échelle du pays, seulement 7 % (2 200 personnes) de l’ensemble des agriculteurs immigrants sont originaires d’Asie, principalement de l’Inde. Soixante-dix pour cent de ces agriculteurs se trouvent en Colombie-Britannique. Bien que plus de la moitié des immigrants d’origine asiatique qui font actuellement partie de la population générale soient arrivés dans les années 90, seulement 16 % des exploitants agricoles en provenance d’Asie se sont installés au pays au cours de cette décennie-là. Les agriculteurs immigrants, à l’instar de l’ensemble des exploitants agricoles, sont pour la plupart grisonnants; en fait, ils ont en moyenne 54 ans, soit au moins cinq ans de plus que les exploitants agricoles non immigrants. Les agriculteurs immigrants des Indes orientales et ceux de la Suisse – les deux groupes qui ont le plus contribué à l’afflux d’immigrants dans les années 70 et 80 – sont relativement plus jeunes, leurs âges moyens étant de 48 et de 47 ans, respectivement. Genres d’exploitations préférésLes agriculteurs suisses sont un bon exemple d’exploitants immigrants qui optent pour une production agricole courante dans leur pays d’origine : 50 % d’entre eux s’adonnent à la production laitière. Les Néerlandais représentent le contingent d’immigrants le plus nombreux au sein des industries laitière, porcine et avicole ainsi que dans l’industrie serricole. Les agriculteurs immigrants originaires de l’Inde représentent le groupe le plus nombreux de fructiculteurs. Les Belges, pour leur part, se classent en tête de liste pour ce qui est de la culture du tabac. Financièrement parlant…Les immigrants représentaient 9,4 % des exploitants agricoles en 2001. À titre de comparaison, près du cinquième de la population active canadienne âgée de 15 ans et plus ans en 2001 était des immigrants. Parmi les travailleurs autonomes, soit le groupe qui se compare le mieux à celui des exploitants agricoles, 24 % sont des immigrants. Bien que les agriculteurs immigrants représentent une proportion de plus en plus faible d’une population qui diminue, leur apport est important et leur influence est considérable. D’après des données du Recensement de l’agriculture publiées antérieurement, les fermes dont les revenus agricoles bruts s’élèvent à 250 000 $ ou plus sont les seules à voir leur nombre augmenter. Ces fermes peuvent réaliser des économies d’échelle et améliorer ainsi le ratio dépenses-revenus, l’un des indicateurs de la rentabilité d’une exploitation agricole. À l’échelle nationale, 16 % de l’ensemble des exploitants agricoles possèdent une ferme dont les recettes se chiffrent à 250 000 $ ou plus, comparativement à 22 % dans le cas des agriculteurs immigrants qui exploitent une ferme faisant partie de cette catégorie. Cependant, trois groupes d’immigrants se démarquent; en effet, environ 40 % des agriculteurs d’origine néerlandaise, suisse ou belge exploitent une ferme dont les recettes dépassent 250 000 $, pourcentage qui est deux fois plus élevé que celui qu’affichent tous les immigrants et qui est bien supérieur à la moyenne pour l’ensemble des exploitants agricoles. Les agriculteurs immigrants avaient un appui financierAu Canada, les fermes diminuent en nombre, mais leur taille s’accroît. La valeur moyenne du capital a augmenté à mesure que la taille des fermes s’est accrue, haussant ainsi le coût d’achat d’une ferme. Près d’un agriculteur non immigrant sur quatre possédait une exploitation dont la valeur en capital dépassait 1 million de dollars en 2001. Toutefois, il semblerait que certains agriculteurs qui ont immigré au Canada dans les années 90 soient arrivés avec un appui financier substantiel qui leur a permis de conclure un partenariat avec un exploitant déjà établi ou d’acheter les immobilisations d’une ferme établie. Lorsqu’on compare les différentes décennies, on constate que les années 80 ont marqué un tournant. Environ le tiers des agriculteurs immigrants qui sont arrivés au Canada durant cette décennie exploitaient des fermes de grande valeur en 2001, comparativement à plus du quart pour ceux qui se sont établis au pays dans les années 60 et 70. Quarante pour cent de ceux qui sont arrivés au cours de la première moitié des années 90 exploitaient en 2001 une ferme dont la valeur des immobilisations était supérieure à 1 million de dollars, comparativement à 44 % dans le cas de ceux qui se sont installés au Canada au cours de la dernière moitié de la décennie en question. La plupart de ces exploitations de grande valeur, dont plus de la moitié sont des fermes laitières, sont exploitées par des immigrants originaires des Pays-Bas, de la Suisse, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. La réglementation agricole dans ces pays et dans d’autres pays d’Europe est similaire à celle qui existe en Suisse. Dans le cadre du régime d’immigration actuel, les exploitants agricoles peuvent faire la demande de résidence permanente au Canada comme immigrants de la composante économique, ces immigrants étant sélectionnés en fonction de leurs compétences et de leur capacité à contribuer à l’économie canadienne, ou en tant qu’immigrants faisant partie de la catégorie de la famille s’ils sont parrainés. Les immigrants de la composante économique comprennent, entre autres, les travailleurs autonomes, qui doivent démontrer qu’ils ont les moyens et qu’ils ont l’intention de créer leur propre emploi au Canada en plus de contribuer considérablement à l’économie canadienne. Pour plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec Michel McCartin, Recensement de l’agriculture, au (613) 951-1090, ou avec les Relations avec les médias au (613) 951-4636.
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