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La population agricole du Canada : Données du couplage agriculture-population du Recensement de 2006

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Les dernières données de la Base de données du couplage agriculture–population pour 2006 donnent un profil socioéconomique de la population agricole, des exploitants agricoles et de leurs familles au Canada.

Le couplage agriculture–population a été mené pour la première fois en 1971, et à toutes les années de recensement ultérieures, sauf en 1976. Le couplage se fait entre les données du Recensement de l’agriculture et les données du Recensement de la population. On obtient ainsi une riche base de données socioéconomiques permettant une analyse en profondeur de la population agricole, c’est à-dire toutes les personnes qui vivent sur une ferme, dans un ménage agricole, avec un exploitant agricole. L’examen approfondi de cette base de données nous permet d’examiner les familles agricoles et de déterminer la situation des familles du Recensement de l’agriculture au Canada1 au moment du dernier recensement et au fil du temps. Il s’agit aussi d’un moyen de les comparer aux familles de la population générale. Pour constituer une famille du Recensement de l’agriculture, il faut qu’au moins un membre de la famille soit un exploitant agricole. L’examen de la population des exploitants agricoles nous permet de faire des comparaisons avec d’autres travailleurs autonomes canadiens faisant partie de la population active.

La population agricole du Canada : évolution au fil des ans

La population agricole au Canada a continué à diminuer de façon constante en nombre, puisqu’elle a baissé de 6,2 % depuis 2001 pour s’établir à 684 260.

En 1931, lorsque le dénombrement de la population agricole a été accompli pour la première fois, 3 289 140 personnes vivaient sur une ferme, ce qui représentait 31,7 % de la population canadienne. En 2006, la population agricole ne représentait que 2,2 % de la population canadienne. En 75 ans, le Canada est passé d’une proportion d’un Canadien sur trois vivant sur une ferme à un sur 46. Dans la même période, la population totale du Canada a triplé, passant de 10 363 240 en 1931 à 31 511 590 en 2006.

Au début du siècle dernier, les agriculteurs canadiens travaillaient dans un grand nombre de petites fermes. En 1931, il y avait 728 623 fermes d’une superficie moyenne de 224 acres. En 2006, il n’y avait plus que 229 373 fermes, dont la superficie moyenne était de 728 acres. Toutefois, la superficie agricole totale au Canada a augmenté légèrement pour passer de 163,1 millions d’acres en 1931 à 167,0 millions d’acres en 2006.

Non seulement étaient-elles plus grandes en 2006, mais les fermes ont déclaré beaucoup plus de bovins, de porcs et de volailles, et ont ensemencé une plus grande superficie en cultures. Le nombre de bovins et de poules et poulets a doublé et le nombre de porcs a triplé pendant cette période de 75 ans. Les grandes cultures représentent également cette tendance : par exemple, les fermes déclarant du maïs en avaient cultivé sur une superficie moyenne de six acres en 1931, et sur une superficie moyenne de 128 acres en 2006. Au fil du temps, les fermes ont cessé progressivement de produire des aliments surtout pour elles-mêmes et les marchés locaux pour en produire pour les grandes régions urbaines et pour l’exportation.

Une bonne partie du transport agricole et du travail dans les champs, qui étaient effectués par des chevaux dans les années 1930, est maintenant accomplie par des machines. En 1931, 80 % des fermes avaient des chevaux, tandis qu’en 2006, seulement 24 % en avaient. Maintenant, les chevaux sont rarement utilisés pour le travail agricole et les agriculteurs utilisent essentiellement des tracteurs. En 1931, 13 % des fermes avaient déclaré des tracteurs comparativement à 92 % en 2006.

Un certain nombre de facteurs remontant aux années 1930 jusqu’aux années 1950 ont eu un effet sur le nombre de fermes. L’effondrement du marché boursier en 1928 a été suivi peu après par une vaste sécheresse qui a duré de 1929 à 1937. La Grande Dépression a perturbé la situation d’emploi de nombreux Canadiens.

Le nombre total de fermes de recensement au Canada a commencé à diminuer au début de la Seconde Guerre mondiale, suivie par l’urbanisation croissante des années 1950. La plus forte diminution quinquennale enregistrée s’est produite de 1956 à 1961, période au cours de laquelle le nombre de fermes a baissé de 16,4 %, ce qui représentait une perte de plus de 94 000 fermes.

Figure 1
Nombre de fermes et superficie moyenne des fermes au Canada, années de recensement 1931 à 2006

Figure 1 Nombre de fermes et superficie moyenne des fermes au Canada, années de recensement 1931 à 2006

Les populations rurale et agricole : une histoire en deux volets

La population rurale est souvent confondue avec la population agricole; en fait, c’est cette confusion qui a entraîné le premier dénombrement de la population agricole dans le Recensement de 1931.

« Pour plusieurs, le terme « population rurale » a souvent été confondu avec population agricole et il n’y a pas de statistiques sur le nombre de personnes vivant en dehors des cités, villes et villages, mais travaillant dans les centres urbains ou occupées ailleurs que sur la ferme. » (Recensement de 1931, volume 1, page 341)

Bien qu’à l’époque, la plus grande partie de la population rurale du Canada était effectivement agricole, la situation est très différente aujourd’hui.

La population urbaine au Canada a dépassé la population rurale pour la première fois en 1931. Ensuite, depuis la Seconde Guerre mondiale, la population rurale du Canada est restée relativement stable, soit de 5 à 7,5 millions d’habitants.

En 1931, 46,2 % de la population totale au Canada vivait dans des régions rurales, et la majorité de cette population rurale (67,3 %) travaillait en agriculture. En 2006, bien que 19,7 % de la population totale du Canada vivait dans les régions rurales, la très grande majorité (environ 90 %) de la population rurale ne vivait pas sur des fermes.


Tableau 1 Population agricole rurale en tant que pourcentage de la population rurale totale au Canada, 2006

Tableau 1 Population agricole rurale en tant que pourcentage de la population rurale totale au Canada, 2006


Le pourcentage de la population rurale qui vivait sur des fermes en 2006 variait selon les provinces, de 31,0 % en Saskatchewan à 0,4 % à Terre-Neuve-et-Labrador. En 1931, le pourcentage de la population rurale vivant sur des fermes était également le plus élevé en Saskatchewan (89,0 % de la population rurale), mais le plus faible en Colombie-Britannique (33,5 %).

Figure 2
Population agricole rurale en tant que pourcentage de la population rurale du Canada, 1931 et 2006

Figure 2 Population agricole rurale en tant que pourcentage de la population rurale du Canada, 1931 et 2006

Qui fait partie de la population agricole au Canada?

Âge de la population agricole

La population du Canada vieillit et la situation n’est pas différente pour la population agricole. En 2006, les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient 11,2 % de la population agricole. Il s’agit d’une hausse comparativement à la proportion de 6,1 % enregistrée en 1971. Les personnes de 65 ans et plus en 2006 représentaient une proportion un peu plus élevée de la population générale, soit 13,7 %. Le pourcentage de la population agricole âgée de 65 ans et plus varie entre 7,2 % au Québec et 13,5 % en Colombie-Britannique.

Profil linguistique de la population agricole

Sur l’ensemble de la population agricole en 2006, 479 740 (70,1 %) personnes ont déclaré que l’anglais est leur langue maternelle, 97 970 (14,3 %) ont déclaré le français, et le reste (15,6 %) ont déclaré une langue maternelle autre que l’anglais ou le français. Parmi ceux qui ont déclaré une autre langue, l’allemand était la langue parlée par le plus grand nombre de personnes, suivi par le néerlandais.

Le profil pour la population générale en 2006 était différent, puisque 57,8 % ont déclaré avoir comme langue maternelle l’anglais, 22,1 %, le français, et 20,1 %, une autre langue. Parmi les autres langues parlées par la population générale, les langues chinoises étaient parlées par le plus grand nombre de personnes, suivies par l’italien, l’allemand, et le punjabi.

L’anglais était la langue maternelle dominante déclarée par la population agricole dans toutes les provinces sauf le Québec, où la langue prédominante était le français (90,8 %). Cependant, la deuxième langue la plus fréquemment parlée différait d’un bout à l’autre du pays. C’était le français au Nouveau-Brunswick et le néerlandais à l’Île-du-Prince-Édouard. En Nouvelle-Écosse, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta, la deuxième langue maternelle la plus fréquemment parlée était l’allemand, au Québec, l’anglais, et en Colombie-Britannique, le punjabi.


Tableau 2 Population agricole selon la langue maternelle, Canada, 2006

Tableau 2 Population agricole selon la langue maternelle, Canada, 2006


Lieu de naissance de la population agricole

Le Canada s’est bâti sur l’agriculture et beaucoup de nos prédécesseurs sont venus de l’étranger pour jouer un rôle dans l’histoire agricole du Canada. Les immigrants (c’est à-dire les personnes qui sont ou qui ont déjà été immigrants reçus) constituent une proportion décroissante de la population agricole du Canada, contrairement à la tendance dans la population générale.

Dans le Recensement de la population de 2006, on a dénombré 47 155 immigrants dans la population agricole, ce qui représente 6,9 % de la population agricole totale du Canada. En 1971, les immigrants constituaient 8,5 % de la population agricole. En revanche, les immigrants représentaient 19,8 % de la population générale en 2006, comparativement à 15,3 % en 1971.


Tableau 3 Proportion des immigrants dans la population générale et la population agricole au Canada, 2006

Tableau 3 Proportion des immigrants dans la population générale et la population agricole au Canada, 2006


Dans la population générale, la proportion des immigrants nés en Asie et au Moyen-Orient a dépassé celle des immigrants nés en Europe pour la première fois en 2006. Toutefois, le lieu de naissance de la majorité de la population agricole immigrante est encore l’Europe, et près de 40 % de cette population a immigré avant 1966.

En 2006, les Néerlandais constituaient un cinquième de la population agricole immigrante, tandis qu’ils représentaient moins de 2 % des immigrants de la population générale. Le deuxième lieu de naissance en importance de la population agricole immigrante était le Royaume-Uni (13,9 %). Le Royaume-Uni était le lieu de naissance de 9,4 % des immigrants dans la population générale. Le troisième rang était occupé par les États-Unis, qui représentait 11,3 %, comparativement à 4,0 % dans la population générale.

En 2001, les trois principaux lieux de naissance pour la population agricole immigrante étaient les Pays-Bas (21,2 %), le Royaume-Uni (14,1 %) et les États-Unis (13,1 %).


Tableau 4 Les dix principaux lieux de naissance de la population agricole immigrante du Canada, 2006

Tableau 4 Les dix principaux lieux de naissance de la population agricole immigrante du Canada, 2006


C’est l’Ontario qui comptait la plus grande part de la population agricole immigrante du Canada, soit 35,6 % du total national. Parmi la population agricole immigrante de l’Ontario, 30,0 % ont déclaré être originaires des Pays-Bas, suivis par le Royaume-Uni et l’Allemagne.

La Colombie-Britannique suivait l’Ontario, avec 25,6 % de la population agricole immigrante du Canada. Parmi la population agricole immigrante de la Colombie-Britannique, 21,1 % ont déclaré être nés en Inde, suivie par les États-Unis et le Royaume-Uni.

Au troisième rang, l’Alberta comptait 18,7 % de la population agricole immigrante et la plupart de ces immigrants venaient des Pays-Bas (27,3 %), des États-unis (13,6 %) et du Royaume-Uni (13,0 %).

Le Québec, qui compte 5,7 % de la population agricole immigrante se distingue des autres provinces, la Suisse étant le principal lieu de naissance (32,0 %) de la population agricole immigrante, suivie de la France (13,6 %) et ensuite de la Belgique (9,0 %).

Qui sont les familles agricoles du Canada?

Au total, 175 810 familles agricoles étaient sur des fermes non constituées en société, dont un peu plus du quart étaient situées en Ontario. Environ 39 265 familles agricoles vivaient sur des fermes constituées en société.

La section suivante porte sur les familles de recensement vivant sur des fermes non constituées en société. En nous fondant uniquement sur les données des familles de recensement vivant sur des fermes non constituées en société, nous pouvons analyser le revenu total des familles du Recensement de l’agriculture et l’importance relative de toutes les composantes du revenu total. Les familles de recensement dans les fermes constituées en société sont exclues parce qu’elles sont plus susceptibles de déclarer leurs revenus provenant de la ferme en tant que salaires ou dividendes (« autre revenu d’emploi » ou « autres sources de revenu ») plutôt que comme revenu agricole net.

La taille des familles agricoles diminue de plus en plus, tout comme dans la population générale. En 1971, la taille moyenne d’une famille agricole était de 4,3 personnes mais, en 2006, cette proportion avait baissé pour se situer à 3,1 personnes. Au cours de la même période, la taille moyenne de la famille dans la population générale était passée de 3,7 à 2,9 personnes.

Typologie des familles agricoles

Pour déterminer les caractéristiques propres à certains groupes de fermes non constituées en société, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) a réparti en catégories les familles habitant sur des fermes selon l’âge de l’exploitant, la catégorie des recettes agricoles et leur niveau de production, de spécialisation, de participation et de dépendance au revenu agricole net. Voici ces catégories :

Ferme de retraité — Les familles vivant sur des fermes gérées par un exploitant d’au moins 60 ans recevant un revenu de pension et sans enfant chargé des décisions de gestion de la ferme. Ces familles produisent encore un revenu agricole net même après avoir atteint l’âge de la retraite.

Ferme d’agrément — Les familles vivant sur des petites fermes (dont les revenus agricoles bruts sont de moins de 50 000 $) avec des revenus hors ferme de plus de 50 000 $2. Cette catégorie exclut les fermes de retraité.

Ferme à faible revenu — Les familles vivant sur de petites et moyennes fermes ayant des revenus agricoles bruts de moins de 100 000 $ et un revenu total de moins de 26 580 $. Cette catégorie exclut les fermes de retraité et d’agrément.

Ferme commerciale — Toutes les autres familles vivant sur des fermes non constituées en société, selon les revenus agricoles bruts. Ceci diffère de la typologie d’AAC car les fermes commerciales sont réparties en deux groupes :

  • Petites à moyennes fermes commerciales — revenus agricoles bruts de moins de 250 000 $
  • Grandes à très grandes fermes commerciales — revenus agricoles bruts de 250 000 $ et plus.

Répartition selon la typologie

Les familles agricoles vivant sur les fermes commerciales totalisaient 40 % de toutes les familles agricoles — 29 % (51 735) vivaient sur des petites à moyennes fermes commerciales et 11 % (18 725) sur des grandes à très grandes fermes commerciales. La province ayant le plus petit pourcentage de familles vivant sur une petite à moyenne ferme commerciale était Terre-Neuve-et-Labrador (20 %), tandis que la Saskatchewan avait le plus grand pourcentage (36 %). La proportion des familles dans la catégorie des grandes à très grandes fermes commerciales variait entre 4 % à Terre-Neuve-et-Labrador et 18 % à l’Île-du-Prince-Édouard. Ces familles vivant sur des grandes à très grandes fermes commerciales représentaient 16 % des familles agricoles au Québec et 14 % des familles agricoles au Manitoba.

En 2006, 29 % (51 415) des familles agricoles étaient sur des fermes de retraité, dans une proportion selon les provinces allant de 25 % au Québec à 35 % en Nouvelle-Écosse. Le nombre de familles vivant sur des fermes de retraité augmente avec l’âge de la population agricole. En 2001, 20 % des familles agricoles vivaient sur des fermes de retraité.

Environ 25 % (43 730) de toutes les familles agricoles vivaient sur des fermes d’agrément en 2006 dans une proportion allant de 18 % au Québec à 36 % en Colombie-Britannique. En 2001, 24 % des familles agricoles vivaient sur des fermes d’agrément.

Les familles agricoles vivant sur des fermes à faible revenu représentaient 6 % (10 200) de toutes les familles agricoles, soit le même pourcentage qu’en 2001. Cette proportion variait entre 5 % en Alberta et 11 % à Terre-Neuve-et-Labrador.

Figure 3
Proportion des familles du Recensement de l’agriculture vivant sur des fermes non constituées en société selon la typologie, 2001 et 2006

Figure 3 Proportion des familles du Recensement de l’agriculture vivant sur des fermes non constituées en société selon la typologie, 2001 et 2006

Quelle est la situation financière des familles agricoles au Canada?

Le revenu total d’une famille de recensement est la somme de tous les revenus touchés dans l’année civile précédant le recensement par tous les membres de cette famille âgés de 15 ans et plus. On entend par revenus les salaires et traitements, le revenu agricole net, le revenu net provenant d’un travail autonome non agricole, les paiements des transferts gouvernementaux, les revenus de placements, le revenu de retraite et d’autres revenus monétaires.

L’analyse du revenu total porte sur les familles vivant sur une ferme non constituée en société. En 2006, 175 810 familles agricoles vivaient sur une ferme non constituée en société, comparativement à 194 230 familles en 2001, ce qui constitue une baisse de 9,5 %.

Le revenu médian total des familles agricoles vivant sur les fermes non constituées en société en 2005 était de 56 412 $, comparativement au montant de 63 846 $ touché par les familles de recensement dans la population générale.

En 2005, 86 cents en dépenses d’exploitation étaient dépensés par les fermes pour chaque dollar de recettes provenant des produits agricoles, comparativement à 87 cents en 2000. Cette valeur varie toutefois beaucoup selon la typologie de la ferme et elle est fortement influencée par les grandes à très grandes fermes commerciales, qui représentaient 55 % de toutes les recettes, mais seulement 14 % des fermes. Ces grandes à très grandes fermes commerciales ont dépensé 84 cents en dépenses d’exploitation pour chaque dollar de recettes provenant des produits agricoles. À l’autre extrémité, il y a les fermes d’agrément, qui ont dépensé 1,42 $ pour chaque dollar de recettes agricoles brutes, et les fermes à faible revenu, qui ont dépensé 1,07 $.

Dans le cas de toutes les familles agricoles vivant sur des fermes non constituées en société, la plus importante source de revenu en 2005 a été les salaires et traitements, soit 62,2 % du revenu total reçu. Suivaient les revenus provenant de sources publiques (10,6 %), les revenus de placements (7,1 %), le revenu agricole net (6,3 %), le revenu net provenant d’un travail autonome non agricole (5,7 %), le revenu de retraite autre que de sources publiques (5,3 %) et d’autres revenus (2,8 %). (Les revenus provenant de sources publiques sont les prestations pour enfants, les prestations du Régime de pension du Canada et du Régime de rentes du Québec, la Sécurité de la vieillesse et le supplément de revenu garanti et les prestations d’assurance-emploi.)

Il est important de signaler que ce n’est pas tout le revenu des familles agricoles provenant d’une exploitation agricole qui est un revenu agricole net. En effet, le revenu déclaré en tant que salaires et traitements, et en revenus de placements pourrait provenir de la ferme. Pour des renseignements sur les comparaisons avec le revenu agricole net avant 2006, veuillez consulter le document de référence.

Sources de revenu selon les catégories de la typologie

L’étendue des situations agricoles est aussi vaste que l’étendue des types et des tailles de fermes et, si on utilise des moyennes pour toutes les fermes, ces différences pourraient être obscurcies. Si on classe les fermes selon la typologie d’AAC, il est possible d’avoir une meilleure idée.

Le revenu familial total médian des familles agricoles vivant sur de petites à moyennes fermes commerciales non constituées en société était de 47 470 $, et de 57 538 $ dans le cas des familles agricoles vivant sur des grandes à très grandes fermes commerciales. Dans les deux catégories, ce sont les salaires et traitements qui ont contribué le plus au revenu total, représentant 62,4 % du revenu total pour les petites à moyennes fermes commerciales et 44,9 % pour les grandes à très grandes fermes commerciales. Le revenu agricole net a été la deuxième source de revenu en importance dans les deux cas, représentant 14,4 % pour le groupe des petites à moyennes fermes et 33,0 % pour le groupe des grandes à très grandes fermes (ayant affiché des revenus agricoles bruts de 250 000 $ et plus).

Les fermes classées en tant que fermes de retraité avaient un revenu familial total médian de 47 473 $ en 2005, s’échelonnant entre 40 137 $ au Manitoba et 56 590 $ à Terre-Neuve-et-Labrador. Le revenu total est composé principalement des salaires et traitements (soit 30,1 % du revenu total), suivis de près par les revenus provenant de sources publiques (25,9 %) et des revenus de retraite autres que de sources publiques (21,1 %). Le revenu agricole net de ce groupe a compté pour 3,3 % du revenu familial.

Le revenu familial total médian des familles agricoles vivant sur une ferme d’agrément était de 86 373 $, un montant qui variait selon les provinces entre 68 979 $ à l’Île du-Prince-Édouard et 93 590 $ en Alberta. (Le revenu familial non agricole doit être de plus de 50 000 $ pour être inclus dans les fermes d’agrément.) Les salaires et traitements (87,9 %) étaient l’élément principal du revenu total de ces familles agricoles, suivis par le revenu net provenant d’un travail autonome non agricole (6,3 %). Les familles vivant sur des fermes d’agrément ont eu un revenu agricole net négatif s’élevant à 3,7 % du revenu familial total.

Dans le cas des familles agricoles vivant sur des fermes à faible revenu, le revenu total médian en 2005 a été de 17 089 $, le plus faible revenu total médian ayant été observé en Colombie-Britannique (15 021 $) et le plus élevé au Manitoba (18 382 $). Pour ce groupe de familles agricoles, ce sont les salaires et traitements (65,0 % du revenu total) qui ont contribué principalement au revenu total, suivis par les revenus provenant de sources publiques (38,8 %). Les familles vivant sur des fermes à faible revenu ont eu un revenu agricole net négatif s’élevant à 29,4 % du revenu familial total.

Les salaires et traitements ont été l’élément principal de revenu de presque toutes les familles dans les types de fermes3 non constituées en société à l’exception des fermes laitières, dont le revenu agricole net est l’élément principal. Deux types de fermes ont déclaré que moins de 50 % de leur revenu total provenaient des salaires et traitements : les fermes laitières et les fermes porcines. Le revenu total médian le plus élevé a été celui des familles exploitant une serre, une pépinière ou une exploitation de floriculture (65 172 $), et le plus faible a été celui des familles vivant sur les fermes porcines (48 212 $).

Qui sont les exploitants agricoles au Canada?

L’exploitant agricole est la personne qui prend les décisions de gestion dans l’exploitation d’une ferme de recensement. En 2006, il y avait 327 055 exploitants agricoles dans l’ensemble du Canada, en baisse de 5,5 % depuis 2001. Ces exploitants étaient sur des fermes non constituées en société ou constituées en société et ces fermes pouvaient avoir plus d’un exploitant. En 2006, 40,7 % des exploitants agricoles étaient âgés de 55 ans et plus; et parmi les travailleurs autonomes dans la population active, ce groupe d’âge en représentait 28,8 %.

En 2006, 9,1 % de tous les exploitants agricoles avaient moins de 35 ans, et les personnes de ce groupe d’âge représentaient 34,0 % des travailleurs autonomes dans la population active.

Les agriculteurs et gérants de ferme avaient l’âge médian le plus élevé de toutes les professions au pays. L’âge médian de tous les exploitants agricoles était de 51,0 ans, alors que l’âge médian de la population active était de 41,2 ans.

Pour la plus grande partie, les agriculteurs immigrants, comme tous les exploitants agricoles, sont un groupe qui vieillit : en effet, leur âge médian de 56 ans est de cinq ans plus élevé que celui des exploitants agricoles non immigrants. Les agriculteurs immigrants des Indes orientales et de la Suisse étaient comparativement plus jeunes, avec un âge médian de 46 ans et de 49 ans.

Les exploitants agricoles sont beaucoup plus âgés que le reste de la population active pour un certain nombre de raisons. Il est probable que, vu que les agriculteurs vivent là où ils travaillent, ils restent généralement plus actifs dans leur ferme plus longtemps que les autres dans la population active générale. Ils peuvent toutefois choisir de diminuer l’étendue de leur exploitation ou leur participation à cette exploitation et laisser la plus grande partie du travail à leurs enfants adultes. En outre, d’autres personnes peuvent choisir de devenir agriculteurs par agrément après s’être retirées de la population active générale.

Bien que les exploitants agricoles dans les familles de recensement dans les types de fermes classées en tant que fermes de retraité aient un âge médian de 66 ans, ceux qui suivent en âge sont les exploitants de fermes à faible revenu, avec un âge médian de 50 ans. Les exploitants des familles de recensement dans les grandes à très grandes fermes commerciales étaient les plus jeunes, avec un âge médian de 46 ans.


Tableau 5 Âge médian des exploitants agricoles dans les familles de recensement vivant sur des fermes non constituées en société selon la typologie des fermes, 2006

Tableau 5 Âge médian des exploitants agricoles dans les familles de recensement vivant sur des fermes non constituées en société selon la typologie des fermes, 2006


Scolarité des exploitants agricoles au Canada

La scolarité des exploitants agricoles est différente de celle de la population active surtout en ce qui concerne deux groupes : ceux qui ne déclarent pas de certificat, diplôme ou grade, et ceux qui déclarent un certificat, un diplôme ou un grade universitaire au niveau du baccalauréat ou à un niveau supérieur. Proportionnellement, plus d’exploitants agricoles n’ont ni diplôme, ni certificat, ni grade, et moins encore ont un baccalauréat ou un grade supérieur comparativement à la population active totale.

En 2006, 10,0 % des exploitants agricoles avaient un grade universitaire (baccalauréat ou plus) comparativement à 8,7 % en 2001. Par comparaison, 21,8 % de la population active totale en 2006 étaient dans cette catégorie. Les femmes exploitantes agricoles avaient plus souvent un grade universitaire que les hommes exploitants agricoles (12,3 % comparativement à 9,1 %).

Proportionnellement, plus d’exploitants agricoles ont déclaré avoir un certificat ou un diplôme d’apprenti ou de travailleur spécialisé que la population active (14,5 % comparativement à 11,8 %). Cette préférence peut très bien découler d’un certain nombre de facteurs, notamment le temps pendant lequel il faut s’absenter de la ferme et la préférence pour une approche plus pratique, c’est-à-dire des cours collégiaux sur le soin des animaux et les techniques des grandes cultures.

Le pourcentage des personnes détenant un certificat, un diplôme ou un grade universitaire (baccalauréat ou niveau supérieur) variait peu selon l’âge autant dans la population active que chez les exploitants agricoles.

Figure 4
Niveau de scolarité le plus élevé atteint par les exploitants agricoles et la population active, 2006

Figure 4 Niveau de scolarité le plus élevé atteint par les exploitants agricoles et la population active, 2006

En 2006, un exploitant sur cinq qui avait déclaré avoir un diplôme des études postsecondaires avait suivi des cours sur l’agriculture, l’exploitation agricole et les sciences connexes, ce qui était le domaine d’études le plus courant. Dans la population générale, le domaine de préférence était la gestion des affaires, le marketing et les services de soutien connexes.

Les deux principaux domaines d’études étaient également différents pour ce qui est des femmes et des hommes. Chez les hommes exploitants agricoles, le premier domaine d’études était l’agriculture, l’exploitation agricole et les sciences connexes et, au deuxième rang, la mécanique et la réparation. Dans la population générale, le premier domaine d’études des hommes était les affaires, la gestion, le marketing et les services de soutien connexe, et le deuxième était également la mécanique et la réparation.

Chez les exploitantes agricoles, le premier domaine d’études était la santé et les sciences cliniques connexes, et le deuxième, les affaires, la gestion, le marketing et les services de soutien connexes. Dans la population générale, il s’agissait aussi des deux premiers domaines d’études pour les femmes, mais dans l’ordre inverse.

Ce que font les exploitants agricoles du Canada

Dans le Recensement de 2006, 46,1 % des exploitants agricoles ont déclaré que leur profession principale était autre que l’agriculture. Il s’agit d’une augmentation comparativement à 40,5 % en 2001, ce qui signifie que plus d’exploitants travaillent à l’extérieur de la ferme. Il y avait aussi une différence selon le groupe d’âge des exploitants, car 51,6 % des exploitants âgés de 35 à 54 ans ont déclaré avoir une profession principale autre que l’agriculture, ce qui était le cas pour 45,1 % des exploitants âgés de 55 à 64 ans. Une plus forte proportion de femmes exploitantes agricoles ont déclaré avoir une profession autre que l’agriculture comparativement aux hommes (59,2 % par rapport à 41,1 %).

Parmi les professions autres qu’agricoles, la première profession pour les hommes exploitants était celle d’opérateur de matériel de transport et, pour les femmes exploitantes, les professions de bureau surtout.


Tableau 6 Professions déclarées par les hommes et les femmes exploitants agricoles au Canada, 2006

Tableau 6 Professions déclarées par les hommes et les femmes exploitants agricoles au Canada, 2006


Une croissance qui n’est pas uniquement selon la taille

En 75 ans, les familles agricoles canadiennes se sont adaptées aux changements dans la technologie et les marchés. Certaines sont devenues plus spécialisées et ont trouvé leur créneau dans le monde actuel axé sur les marchés, tandis que pour d’autres, l’agriculture peut être davantage un mode de vie.

La capacité d’adaptation de la population agricole lui a permis d’évoluer depuis 1931, époque où de nombreuses petites fermes produisaient pour elles-mêmes et les marchés locaux, jusqu’à l’époque actuelle, où un moins grand nombre de fermes mais de plus grande taille travaillent essentiellement sur le même territoire agricole pour produire pour les centres urbains et pour l’exportation. Il semble évident que, bien que la population agricole soit en diminution, sa capacité de produire des denrées agricoles se renforce constamment.


Notes

  • 1On entend par familles du Recensement de l’agriculture toutes les familles de recensement comptant un exploitant agricole vivant à la ferme. Les expressions « famille du Recensement de l’agriculture » et « famille agricole » sont utilisées l’une pour l’autre.
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  • 2Les revenus hors ferme comprennent les salaires et traitements, le revenu net d’un travail autonome non agricole, les paiements de transfert gouvernementaux, les revenus de placements, les pensions de retraite et d’autres revenus monétaires.
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  • 3Les groupes d’industries du Recensement de l’agriculture sont fondés sur la classification du SCIAN.
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