Les déterminants et les effets des innovations non technologiques
Note biographique
Tobias Schmidt a étudié l’économie à l’Université d’Augsburg ainsi qu’à la Wayne State University (WSU) de Detroit. Il travaille actuellement au Centre européen de recherche économique (ZEW), en Allemagne. Son domaine de recherche de prédilection est l’économique de l’innovation.
Christian Rammer se spécialise en recherches sur l’innovation, les politiques en matière de technologie, l’économie régionale et les politiques régionales. Depuis avril 2000, il travaille au ZEW, Department for Industrial Economics and International Management.
Résumé
En 2005, Eurostat et les États membres de l’Union européenne ont mené la quatrième Enquête communautaire sur l’innovation (ECI). En prévision du nouveau Manuel d’Oslo, le questionnaire harmonisé contenait certaines questions sur les innovations de nature non technologique, plus précisément au chapitre du marketing et de l’organisation. Dans ce document, nous avons recours au volet allemand de la quatrième ECI pour analyser les déterminants et les effets des innovations technologiques, et pour les comparer aux déterminants de l’innovation technologique. La première étape consistera à étudier des données élargies sur la prévalence de l’innovation non technologique dans certains groupes d’industries, l’accent étant mis sur les industries de services. On procédera ensuite à une analyse multivariée des déterminants de l’innovation technologique pour l’ensemble des entreprises ainsi que pour le sous-groupe des innovateurs technologiques. Les premières estimations probit bivariées et multivariées montrent que les déterminants de l’innovation technologique et ceux de l’innovation non technologique sont très similaires. Cela dit, il y a un groupe de facteurs qui ressort du lot, soit celui associé à l’environnement concurrentiel. Plus le leadership technologique a de l’importance, plus les entreprises seront susceptibles d’apporter des innovations technologiques. Plus il est difficile d’anticiper la demande, plus on apportera d’innovations marketing. Dans le cas des innovateurs technologiques, nous montrons que les activités d’innovation technologique conduisent également à des innovations non technologiques. Par exemple, les entreprises qui ont acquis des machines ou des logiciels pour leurs activités d’innovation technologique seront nettement plus susceptibles d’apporter des innovations d’ordre organisationnel que les autres entreprises.
Les effets de l’innovation non technologique sont évalués sous l’angle des résultats, mesurés en fonction de la rentabilité des ventes, des réductions de coût et des nouveautés mises sur le marché. Les premiers résultats indiquent que les innovations non technologiques doivent être combinées à des innovations technologiques pour avoir des effets sur la rentabilité des ventes à court terme. Chez les innovateurs technologiques, la part des ventes rattachée aux nouveautés mises sur le marché est supérieure si le produit nouveau sur le plan technologique est assorti d’une innovation marketing. De même, les réductions de coût sont plus marquées si les entreprises conjuguent des processus technologiquement nouveaux et des innovations organisationnelles. L’analyse révèle que les innovations non technologiques ont une incidence sur la prospérité des entreprises. Leurs déterminants sont toutefois similaires à ceux des innovations technologiques, ce qui laisse penser qu’il n’est pas nécessaire de prévoir des mesures stratégiques particulières pour appuyer l’innovation non technologique, étant donné que les entreprises qui sont incitées à procéder à des innovations technologiques le sont également à apporter des innovations non technologiques. De manière à déterminer si tel est bien le cas, les études ultérieures devraient porter sur le lien entre le financement public de l’innovation technologique et l’instauration d’innovations non technologiques.
Dans quelle mesure les entreprises en Nouvelle-Zélande sont-elles innovatrices? Quantification de l’innovation organisationnelle et en marketing et établissement de liens avec les indicateurs classiques de la STI
Note biographique
Richard Fabling est conseiller principal (économie stratégique) au ministère néo‑zélandais du Développement économique. Il est titulaire d’un doctorat en mathématiques appliquées (magnétohydrodynamique) et a publié des travaux en économie et en astrophysique. Ses recherches actuelles portent sur les liens entre les pratiques au niveau des entreprises et la performance.
Eileen Basher
Résumé
De nombreux points de vue existent au sujet des stratégies, des pratiques et des caractéristiques des entreprises qui contribuent le plus à l’innovation et à l’accroissement de la productivité. Des études menées récemment au ministère du Développement économique (MDE) de la Nouvelle‑Zélande ont porté sur les pratiques des entreprises néo‑zélandaises, et plus particulièrement sur les comportements ayant l’effet causal le plus marqué sur la performance de ces entreprises. Parmi les comportements qui se sont révélés particulièrement importants, mentionnons l’activité d’innovation, la gestion des ressources humaines et le marketing (Fabling et Grimes, à paraître). On a constaté que les indicateurs classiques des STI étaient utiles pour déterminer la prospérité des entreprises, mais qu’il en est aussi de même des activités d’innovation non technologique sous‑jacentes, par exemple les investissements axés sur le développement des marchés et l’apport d’améliorations organisationnelles. De façon générale, les indicateurs relatifs aux STI transmettent un message contradictoire au sujet de la capacité d’innovation des entreprises de Nouvelle‑Zélande. Par exemple, la comparaison avec d’autres pays à l’égard des dépenses de R‑D des entreprises semble montrer une faiblesse relative à cet égard, tandis que les résultats ayant trait à l’innovation des produits et des procédés paraissent correspondre à une performance comparable à la moyenne de l’UE. Le présent document a pour but de déterminer jusqu’à quel point une mesure plus systématique de l’innovation modifie notre conception des entreprises néo‑zélandaises innovatrices.
Le bureau de la statistique et les organismes stratégiques compétents de la Nouvelle‑Zélande ont élaboré un nouvel ensemble d’indicateurs de l’innovation, en conformité avec les lignes directrices énoncées dans la nouvelle version du Manuel d’Oslo,. En 2006, le bureau de la statistique de Nouvelle‑Zélande produira, toujours en se conformant aux nouvelles lignes directrices, des mesures de l’innovation portant sur l’ensemble de l’économie à l’égard des produits, des procédés, de l’organisation et de la commercialisation. Des données ont été recueillies à partir de l’enquête sur les activités des entreprises pour un échantillon comprenant plus de 9 000 entreprises. En conjonction avec un ensemble plus étendu de mesures des pratiques générales des entreprises, on a recueilli des données portant sur l’innovation, ce qui constituait une nouveauté; il y a avait notamment des questions portant sur les stratégies, les relations entre consommateurs et fournisseurs, la gestion des ressources humaines, les analyses comparatives et le contrôle de la qualité. On dispose en outre de données sur les pratiques des entreprises, mesurées de façon systématique, pour un sous‑échantillon de 1 200 entreprises relativement à l’année 2001.
Nous utilisons cet ensemble de données pour appréhender l’innovation au niveau des entreprises néo‑zélandaises, et ce, de deux manières. En premier lieu, nous comparons les différentes mesures de l’innovation (en fonction à la fois des résultats et des pratiques) à partir de l’échantillon transversal de l’enquête, en mettant l’accent sur les variables qui, selon les travaux antérieurs, constituent des déterminants clés des résultats des entreprises. En second lieu, à partir de données de panel, nous examinons deux question : dans le cas des entreprises ayant fait état d’innovations organisationnelles en 2005, dans quelle mesure ces innovations sont‑elles associées à des changements touchant les pratiques commerciales générales mesurées au cours de la période allant de 2001 à 2005 (en chiffres absolus et par rapport à d’autres catégories d’innovateurs ainsi qu’à des non‑innovateurs)? Dans le cas des entreprises ayant indiqué des innovations touchant des produits et des procédés en 2001, de quelle manière leurs pratiques commerciales générales ont‑elles évolué à la suite de ces innovations (ici encore, en chiffres absolus et en chiffres relatifs)?
En conclusion, nous exposons brièvement le programme de recherche à long terme prévu concernant cet ensemble de données. L’une des motivations liées à ce programme de recherche est la volonté d’utiliser notre connaissance de ces phénomènes empiriques pour permettre l’apport d’améliorations en ce qui a trait à la conception et à la mise en œuvre de politiques. C’est pourquoi nous examinons les interrelations causales entre les pratiques (notamment en matière d’innovation) et la performance. Entre autres, nous nous penchons sur la question de savoir comment les pratiques des entreprises changent en fonction des signaux du marché.
La conception comme source et catalyseur d’innovation – indicateurs nouveaux et améliorés
Note biographique
Ray Lambert a étudié l’économie à la LSE. IL a travaillé pour de nombreux ministères; récemment, il s’est spécialisé dans les politiques en matière de technologie et d’innovation, notamment la mesure quantitative et l’évaluation des résultats obtenus au Royaume‑Uni en matière d’innovation ainsi que des facteurs déterminants de l’innovation, entre autres la conception et l’infrastructure technologique. UK Department of Trade and Industry, Office of Science and Innovation.
Résumé
Objectifs:
Contexte
La R-D demeure l’élément prédominant des indicateurs utilisés à des fins stratégiques générales, et ce, même si l’on admet qu’une petite proportion seulement d’entreprises investissent directement dans la R-D, et que la diffusion et l’application de la technologie et d’autres connaissances relevant de l’innovation sont absolument nécessaires pour que la recherche menée grâce à des fonds publics aussi bien que privés puisse engendrer les avantages attendus pour la société.
Lorsque l’on mesure la R-D conformément aux instructions du Manuel de Frascati, la conception peut être considérée à titre d’élément du processus de développement. Toutefois, de façon générale, la conception n’est pas abordée à titre d’élément distinct et ne fait pas partie des composantes des cadres stratégiques établis relativement à des objectifs ou à des stratégies de portée nationale en matière de R-D.
Par suite de la troisième révision du Manuel d’Oslo, l’innovation fait l’objet d’un examen systématique qui n’est plus simplement subordonné à la mise au point ou à l’utilisation de technologies. Toutefois, le Manuel accorde encore peu de place au traitement à réserver à la conception :
Toutefois, il y a eu récemment une évolution des idées généralement véhiculées au sujet de l’innovation; il apparaît désormais qu’une conception efficace :
Examen mené par le ministère du Commerce et de l’Industrie du Royaume‑Uni au sujet de la conception et de la créativité dans l’économie.
Cet examen a mis en lumière l’importance des industries créatrices, à la fois en soi – en tant que secteur ayant connu de meilleurs résultats que nombre d’autres – et comme sources d’innovation pour d’autres industries.
Certaines études universitaires commandées pour étayer l’examen en question ont permis de voir l’apport de la conception à l’innovation et à la gestion de l’innovation, non seulement dans des domaines traditionnels comme la mise au point de produits, mais aussi par rapport aux services ainsi qu’à la gestion et à l’organisation des processus opérationnels.
Les auteurs ont constaté que l’on ne disposait pas de données systématiques sur la conception, même au niveau national, de sorte qu’il est difficile d’obtenir des résultats fiables lorsque l’on veut mesurer les résultats et procéder à des comparaisons internationales.
Indicateurs de conception
Dans la foulée de ces analyses, le document présente de nouveaux indicateurs tenant compte de la conception, par exemple les activités fondées sur la conception dans l’optique des innovations touchant la production, les services, les procédés et les processus opérationnels. Ces concepts sont illustrés au moyen de données provenant de l’ECI menée au Royaume‑Uni ainsi que d’autres enquêtes, ce qui aboutit à la formulation d’idées en vue d’élaborer des indicateurs de portée plus générale sous les auspices du GENIST, ce qui comprendra probablement les éléments suivants :
« Un Manuel de Frascati concernant la conception ».
Est‑ce que la conception est une notion suffisamment importante et distincte au regard de l’innovation pour justifier l’élaboration d’un nouveau manuel afin de fournir une orientation sur sa mesure et son interprétation?
Possibilité de modifier le Manuel d’Oslo ou d’y incorporer des annexes
Par exemple, Manuel d’Oslo, 3A, modification de l’orientation au sujet de la conception au niveau des définitions et des catégories de dépenses ayant trait à l’innovation.
Manuel d’Oslo, 4, annexe sur la mesure de l’investissement lié à la conception et des applications connexes.
Mieux conçu? Le rôle de la conception dans l’innovation
Note biographique
Meric S. Gertler est professeur de géographie et de planification, titulaire de la chaire Goldring d’études canadiennes et codirecteur du programme sur la mondialisation et les systèmes régionaux d’innovation de l’Université de Toronto. Il est également codirecteur du Réseau de recherche sur les systèmes d’innovation, réseau national de boursiers canadiens bénéficiant d’une subvention de 2,5 millions de dollars du CRSH (de 2006 à 2010) pour étudier la « dynamique sociale de la performance économique : innovation et créativité dans les régions urbaines ».
Tara Vinodrai, est titulaire d’une bourse de recherche postdoctorale du département de géographie et du Programme sur la mondialisation et les systèmes d’innovation régionale (PROGRIS) à l’Université de Toronto. Sa thèse de doctorat portait sur les relations entre la conception, l’innovation, les transferts de connaissances et la dynamique du marché du travail de la région. Elle a récemment collaboré à la rédaction du rapport Designing the Economy: A Profile of Ontario’s Design Workforce. Elle est également membre d’une équipe de recherche chargée de mettre au point des indicateurs statistiques en vue d’examiner la relation entre l’innovation, la dynamique sociale, le rendement économique et la qualité de vie dans les villes canadiennes. Auparavant, elle travaillait à titre d’économiste chercheur à la Division de l’analyse microéconomique de Statistique Canada, où elle examinait des questions en rapport avec l’économie du savoir.
Résumé
L’innovation est essentiellement un processus permettant de mettre en marché des produits ou des procédés nouveaux, cette opération, si elle porte fruit, permettant de créer une valeur économique. Nous en sommes arrivés à considérer que les principaux intrants dans ce processus sont d’ordre scientifique, technologique et commercial. Or, les scientifiques travaillant dans les laboratoires d’universités, d’entreprises ou d’administrations publiques recueillent des connaissances nouvelles prenant des formes variées qui peuvent donner lieu à des extrants commercialisables. Les établissements d’enseignement supérieur forment des travailleurs hautement qualifiés qui diffusent le savoir ainsi codifié dans l’ensemble de l’économie, ce qui a pour effet d’accroître la capacité d’innovation des entreprises. Les ingénieurs, les techniciens et les spécialistes organisationnels mettent au point de nouveaux procédés de production et améliorent les procédés existants. Les interactions avec les consommateurs et les fournisseurs permettent de recueillir des connaissances importantes qui peuvent servir d’intrants aux fins du processus d’innovation.
En dépit de la sophistication croissante de notre capacité de conception et de mesure de l’activité d’innovation (intrants, interactions, extrants), l’approche classique omet une dimension importante du processus d’innovation engendrant une valeur économique : la conception. Cette étude passe en revue les données quantitatives et qualitatives accumulées qui permettent d’établir l’importance de plus en plus grande de la conception à titre d’intrant central du processus d’innovation et de source de valeur ajoutée dans un grand nombre de secteurs. Nous démontrons que l’emploi dans le domaine de la conception connaît une croissance plus rapide que l’emploi en général, et nous documentons la manière dont l’effectif dans le domaine de la conception prend de l’expansion dans un large éventail de secteurs de l’économie, bien que l’on observe une concentration plus grande dans les grandes régions métropolitaines. Nous examinons ensuite un ensemble d’arguments conceptuels qui nous aident à mieux comprendre la transformation plus fondamentale qui sous‑tend ces tendances empiriques récentes. Nous mentionnons notamment des travaux récents sur l’« économie culturelle » et la créativité ainsi que des travaux connexes sur la conception en tant qu’activité.
L’importance croissante de la conception à titre de source de contenu innovateur et de valeur économique soulève en outre des défis de taille entourant la mesure et la documentation statistique de l’activité d’innovation. Nous énumérons ces défis, et nous proposons certaines stratégies dans le but de modifier les enquêtes actuelles sur l’innovation de manière à prendre en compte le rôle de la conception dans le processus d’innovation. Notre analyse se fonde notamment sur une étude récente concernant la dynamique de l’emploi, les relations contractuelles, les activités à la pige et la mobilité dans le domaine de la conception industrielle et graphique au sein de l’économie de Toronto.
Réactivité industrielle : une approche institutionnelle de la mesure de la capacité d’innovation des organisations
Note biographique
Manfred F. Moldaschl est titulaire de la chaire de recherche en innovation et de gestion durable des ressources à la Faculté d’économie de l’Université de technologie de Chemnitz. Il est directeur de l’ Institute for Human Resource Management, à Chemnitz, et chef de l’innovation au Center for Innovation Research, à Munich.
Résumé
Il existe des centaines d’indicateurs de la capacité d’innovation au niveau des entreprises et, parfois, des organisations. Ces indicateurs peuvent avoir trait aux résultats obtenus, ou encore à la capacité des entreprises ou des organisations à s’adapter à des situations nouvelles ou à créer des biens et des services. Les chercheurs et les experts‑conseils semblent d’ailleurs avoir l’exclusivité de c e dernier aspect. Chaque jour ou presque, on cherche à attirer l’attention sur de nouvelles notions (ou de nouvelles étiquettes) censées conceptualiser la capacité de survie ou de prospérité future des entreprises.
La plupart des indicateurs utilisés reposent sur des critères définis sur une base ponctuelle; ils n’ont pas de fondement théorique, et leur nécessité même n’est pas établie. Certains concepts bien connus ont un fondement théorique, que l’on pense notamment à la capacité d’absorption (Cohen et Levinthal 1990), à la capacité de changement (Pettigrew et Whipp 1993) ou à la capacité dynamique (Teece et coll ., 1997) . Par contre, on ne sait pas parfaitement où se situent ces compétences – au niveau des gens, des cultures, des structures organisationnelles – ni dans quelle mesure elles y sont présentes. Lorsque des indicateurs sont élaborés pour rendre compte de telles compétences, les aspects théoriques ne sont pas abordés. Par exemple, Cohen et Levinthal me surent la capacité d’absorption d’après la part des dépenses totales de l’entreprise qui a trait à la R‑D. L’OCDE et Eurostat (O CDE/Eurostat, 2005) ont codifié la collecte de données et l’interprétation des mesures à l’égard des nouveaux produits et procédés, de l’évolution des marchés et des changements organisationnels, mais ils ne proposent pas de fondement théorique concernant la mesure de l’innovation.
Notre document contient une description critique de cette situation et met de l’avant une proposition nouvelle concernant la classification et la mesure de la propension des organisations au changement , celui‑ci pouvant être technique mais aussi organisationnel et culturel. Cette proposition est fondée sur une réflexion pragmatique en conformité avec la théorie de la « modernisation réflexive » , la version pragmatique de la théorie de l’apprentissage organisationnel et l’institutionnalisme traditionnel en socio‑économie. Le concept de réactivité institutionnelle, défini à partir de cette assise, vise à opé rationnaliser la propension au changement (ou la probabilité de changement) dans les organisations, et ce, directement, sans que l’on prenne en compte les compétences individuelles ou collectives. L’analyse porte plutôt sur les structures organisationnelles sous l’angle de leur réactivité – par exemple, dans quelle mesure et sous quelles formes l’autoobservation et l’autocritique sont‑elles institutionnalisées? Quelles sont les pratiques établies pour évaluer également les conséquences involontaires des mesures prises? Dans quelle mesure, et de quelle manière, est‑ce que l’organisation utilise, adopte, applique et intègre les perspectives externes?
À partir de l’hypothèse selon laquelle les conceptions structurelles et stratégiques de l’innovation sont complémentaires (étant donné que, d’un point de vue pragmatique, les structures sont établies par l’être humain, que la chose soit volontaire ou non), il faut, dans un deuxième temps, envisager les choses dans la perspective des ressources. Ce deuxième volet de l’étude porte sur le capital humain et social, et conceptualise la relation entre les facteurs institutionnels et les facteurs sociaux étayant le changement. Le document présente des opérationnalisations ainsi que certaines constatations empiriques faites dans le cadre d’une étude relative à l’industrie chimique.