Le Quotidien. Le jeudi 20 janvier 2000
Le rendement du marché du travail des années 1990 a différé sensiblement de celui des années 1980, selon un article publié dans le numéro de janvier 2000 de L'Observateur économique canadien, qui paraît aujourd'hui.
Après la récession du début des années 1990, il semblerait que les entreprises ont préféré réduire l'embauche pour s'adapter à une faible reprise économique, plutôt que de faire des mises à pied plus nombreuses. En conséquence d'un faible taux d'embauche, le taux d'activité a diminué, particulièrement chez les jeunes. Les travailleurs ont créé leur propre emploi et le travail autonome a augmenté. Les occasions d'emploi se faisant plus rares, les taux d'abandon des emplois rémunérés ont chuté, et la mobilité des travailleurs a ralenti, ce qui a provoqué une augmentation de la durée des emplois chez les personnes occupées. La décroissance des effectifs a aussi été plus élevée dans les années 1990.
La caractéristique la plus distinctive du marché du travail des années 1990 a peut-être été le déplacement des genres d'emplois créés. De 1990 à 1998, les gains d'emploi ont été concentrés dans le travail autonome plutôt que dans l'emploi rémunéré traditionnel à temps plein.
Les emplois rémunérés à temps plein n'ont représenté que 18 % de la création nette d'emplois, comparativement à 47 % dans les années 1980. Par contre, le travail autonome a constitué 58 % de la variation nette de 1990 à 1998, comparativement à seulement 22 % dans les années 1980. Il est trop tôt pour voir si ce déplacement représente un changement durable de la nature du travail au Canada.
En outre, selon certains indices, la décroissance des effectifs a été plus forte dans les années 1990 que dans les années 1980, du moins jusqu'en 1996.
On aurait pu s'attendre à ce que la plus grande partie de la décroissance des effectifs ait été constatée dans les secteurs qui auraient effectué des changements technologiques importants, tels que le secteur des services aux entreprises et dans les industries manufacturières, où la concurrence internationale a explosé. C'est le contraire qui s'est produit: pas moins de 73 % de l'augmentation de la décroissance des effectifs était concentrée dans le secteur public, et plus particulièrement dans la santé, l'éducation et l'administration publique, ainsi que dans les secteurs des services aux consommateurs.
Le marché du travail des années 1990 a aussi été caractérisé par une augmentation continue du capital humain des travailleurs, c'est-à-dire de leur instruction et de leur expérience. Ainsi, la proportion de la population active ayant fait des études universitaires est passée d'environ 10 % en 1976 à 18 % en 1998.
L'expérience de la population active, représentée par l'âge, a augmenté presque aussi vite. Le nombre de travailleurs d'âge mûr, de 45 à 54 ans, a augmenté de 4,8 % chaque année au cours des années 1990. Parallèlement, le nombre de travailleurs ayant moins d'expérience, c'est-à-dire ceux de moins de 35 ans, a reculé de 1,1 % chaque année.
Les travailleurs des années 1990 ont fait face aux mêmes taux de chômage que ceux des années 1980, même s'ils avaient plus d'expérience et plus d'instruction. Autrement dit, les travailleurs devaient accumuler plus d'expérience et d'instruction pour maintenir leur position sur le marché du travail dans les années 1990.
L'article «Le marché du travail des années 1990» est présenté dans le numéro de janvier 2000 de L'Observateur économique canadien (11-010-XPB, 23 $ / 227 $) qui est maintenant en vente. Voir Pour commander les publications.
Pour plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec Garnett Picot au (613) 951-8214 ou avec Andrew Heisz au (613) 951-3748, Division de l'analyse des entreprises et du marché du travail.