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Le lundi 17 mars 2003 Enquête sur le milieu de travail et les employés: les pratiques de travail novatrices réduisent-elles le roulement de la main-d'oeuvre?1999-2000Une nouvelle étude ne soutient que modérément la notion selon laquelle les pratiques de travail novatrices, comme le travail en équipe, la rotation d'emplois et la participation aux bénéfices, réduisent le roulement de la main-d'oeuvre. Par exemple, le rapport montre que ces pratiques de travail novatrices ne réduisent presque pas le roulement de la main-d'oeuvre dans le secteur de la fabrication. Les milieux de travail qui proposent des pratiques de travail novatrices n'ont pas réussi à garder leurs employés plus que les autres. Par contre, les établissements du secteur des services qui employaient une main-d'oeuvre très qualifiée et utilisaient certaines pratiques de travail novatrices ont réussi à conserver une plus grande proportion de leurs employés que les autres.
Ces établissements se trouvent notamment dans les domaines des télécommunications, des finances, de l'assurance, ainsi que dans les domaines professionnels, les sciences et les services techniques. En 1999, ceux qui proposaient le travail d'équipe et le régime de participation aux bénéfices ont perdu 4 % de leurs employés à la suite de démissions. Par contre, ceux qui ne proposaient pas de pratiques de travail novatrices ont perdu une proportion beaucoup plus grande de leurs employés, soit environ 16 %. L'étude, qui s'appuie sur les données de l'Enquête sur le milieu de travail et les employés (EMTE) de 1999-2000, constituait la première tentative d'étude approfondie visant à examiner quelles pratiques de travail pouvaient, le cas échéant, être utilisées dans le but de réduire le roulement d'employés au Canada. Au cours de la dernière décennie, plusieurs études ont tenté d'évaluer si les pratiques de travail novatrices amélioraient la productivité de la main-d'oeuvre, faisaient croître la rentabilité et réduisaient le roulement de la main-d'oeuvre. De façon générale, on a soutenu l'idée qu'il existe une série de pratiques de travail «à rendement élevé» qui améliorent le bien-être des travailleurs, augmentent la productivité et réduisent le roulement de la main-d'oeuvre. La question prend de l'importance, compte tenu du vieillissement de la population active au Canada et dans les nombreuses nations membres de l'Organisation de coopération et de développement économique, et compte tenu du besoin qui en résulte, pour de nombreux employeurs, de garder leurs employés clés au sein de l'entreprise. Peu de roulement dans les industries de services dotées d'une main-d'oeuvre hautement qualifiée et utilisant certaines pratiques novatricesL'étude a analysé le roulement de la main-d'oeuvre dans trois secteurs, soit celui de la fabrication, celui des services employant une main-d'oeuvre hautement qualifiée et celui des services employant une main-d'oeuvre peu qualifiée. Les entreprises qui utilisent des pratiques de travail novatrices dans le secteur des services et où travaillent des personnes hautement qualifiées ont, de façon générale, affiché un roulement d'employés inférieur aux autres. Cependant, une situation différente a été observée dans le secteur de la fabrication.
Dans ce secteur, les établissements qui avaient des pratiques de travail novatrices n'ont pas eu un roulement de la main-d'oeuvre moindre que celui des autres établissements. Par exemple, les usines qui combinaient le travail en équipe et un régime de participation aux bénéfices ont perdu 14 % de leurs employés, comparativement à 11 % pour les usines sans pratiques novatrices. L'étude a aussi trouvé que, dans le secteur des services assurés par des personnes de qualification moindre, les établissements qui utilisent le travail en équipe et un régime de participation aux bénéfices ont conservé un plus grand pourcentage de leur main-d'oeuvre que ne l'ont fait les autres établissements. Ces établissements se trouvent notamment dans les domaines du commerce de détail, du commerce de gros et des services aux consommateurs. En 1999, ceux qui utilisaient à la fois le travail en équipe et la participation aux bénéfices ont perdu 13 % de leur main-d'oeuvre. Toutefois, ceux qui ne proposaient pas de pratiques de travail novatrices ont vu 19 % de leur main-d'oeuvre démissionner. Par contre, l'écart entre ces deux types d'établissements a diminué considérablement après avoir tenu compte du fait que de nombreux établissements proposant le travail en équipe et un régime de participation aux bénéfices ont également une politique officielle de partage de renseignements avec leurs employés, laquelle a généralement tendance à réduire le roulement. Dans les deux autres secteurs, soit celui de la fabrication et celui des services employant une main-d'oeuvre hautement qualifiée, la présence de politiques de partage de renseignements n'a pas eu autant d'effet sur la relation entre les pratiques novatrices de travail et le roulement de la main-d'oeuvre. Les facteurs expliquant ces tendances demeurent inconnusLes raisons qui expliquent les différences observées entre ces trois secteurs sont actuellement inconnues. Le fait que les industries de services qui emploient des personnes hautement qualifiées versent une rémunération relativement élevée doit être rejeté, étant donné que l'étude tient compte de ce facteur. Une explication possible est que les pratiques de travail novatrices pourraient contribuer à la réduction du roulement de la main-d'oeuvre dans les entreprises qui emploient une main-d'oeuvre hautement qualifiée, qui offrent des emplois qui exigent d'excellentes habiletés conceptuelles et analytiques et qui n'exigent pas de tâches répétitives. Dans les industries de services offerts par des personnes hautement qualifiées, 31 % des employés avaient un diplôme universitaire, soit près de deux fois plus que la moyenne de 16 % observée pour le secteur privé. Il est possible que les politiques officielles de partage de renseignements avec les employés réduisent l'incertitude d'un travailleur quant à la performance d'une entreprise, ou aux futurs changements organisationnels, et qu'ainsi, elles aident les employeurs à garder une plus grande proportion de leur main-d'oeuvre. Toutefois, même si l'étude a trouvé que les milieux de travail qui avaient de telles politiques avaient un roulement de la main-d'oeuvre bien plus faible que les autres dans le secteur des services employant une main-d'oeuvre peu qualifiée, cette relation est beaucoup moins prononcée dans le secteur des services employant une main-d'oeuvre hautement qualifiée, et l'est encore moins dans le secteur de la fabrication. Peu d'entreprises utilisent une combinaison de pratiques de travail novatricesAu cours de la dernière décennie, certains observateurs ont soutenu que l'utilisation d'une seule pratique de travail novatrice ne suffit pas à réduire le roulement de la main-d'oeuvre. De façon générale, on recommandait que les entreprises combinent plusieurs pratiques de ressources humaines pour maintenir un plus grand pourcentage de leur main-d'oeuvre. Par exemple, on considère souvent que le travail en équipe entraînera un plus grand effort parmi les travailleurs seulement s'il est combiné à des échelles de rémunération qui récompensent le haut rendement, comme les régimes d'intéressement fondés sur la productivité et la qualité. Toutefois, l'étude montre que peu d'établissements combinent officiellement des pratiques de travail novatrices. Si 25 % des milieux de travail proposaient une certaine forme de travail en équipe en 1999, environ le tiers offraient la conception flexible des tâches. Un peu plus de 20 % étaient dotés de régimes de participation aux bénéfices pour certains de leurs employés ne faisant pas partie de l'équipe de gestion. Par contre, seulement 6 % combinaient ces trois pratiques. Ce résultat est important, car il indique soit qu'une minorité d'entreprises trouvent rentable d'adopter officiellement des combinaisons de ces pratiques, soit que plusieurs milieux de travail le font, mais peut-être de façon non officielle. Le rapport de recherche Nouvelles pratiques de travail et taux de démissions: problèmes méthodologiques et données empiriques pour le Canada (11F0019MIF, no 199, gratuit) est maintenant accessible dans le site Web de Statistique Canada (http://www.statcan.gc.ca). À la page Nos produits et services, sous Parcourir les publications Internet, choisissez Gratuites, puis Conditions sociales. Pour plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec René Morissette au (613) 951-3608, Division de l'analyse des entreprises et du marché du travail. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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