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Le lundi 22 mars 2004

Étude sur la capacité de lecture des élèves dans les écoles pour les minorités linguistiques

2000

En moyenne, les élèves des systèmes scolaires des minorités linguistiques francophones ont eu de moins bons résultats en lecture que leurs homologues dans les systèmes scolaires de langue anglaise, selon une nouvelle étude.

Un rapport, diffusé aujourd'hui, présente les résultats de deux études sur les résultats en lecture de jeunes de 15 ans. Une des études montre que la capacité de lecture moyenne des élèves des systèmes scolaires de langue française en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, en Ontario et au Manitoba, est beaucoup plus faible que celle des élèves des systèmes scolaires de langue anglaise dans ces provinces. Au Québec, il n'y a presque pas d'écart dans les résultats pour les systèmes scolaires de langue française et de langue anglaise.

Capacité de lecture des élèves dans les systèmes scolaires de langue française et de langue anglaise
  Systèmes scolaires de langue anglaise Systèmes scolaires de langue française Moyenne provinciale
  Moyenne
Nouvelle-Écosse 522 474 521
Nouveau-Brunswick 512 478 501
Québec 543 535 536
Ontario 535 474 533
Manitoba 530 486 529
Nota: Les chiffres en caractères gras indiquent un écart statistiquement significatif dans les résultats en lecture des élèves des écoles de langue française et de langue anglaise (p moins que 05).

Selon l'étude, dans chaque province, il y a un ensemble différent de facteurs qui distinguent les élèves des écoles de langue française et de langue anglaise. Mentionnons notamment la qualité des ressources scolaires, la langue parlée à la maison, les antécédents socioéconomiques des élèves, ainsi que la nature des emplois et leur disponibilité dans le milieu.

Dans une autre étude, on a examiné les résultats des élèves dans les programmes d'immersion française au Canada. Dans toutes les provinces, sauf au Manitoba, les élèves inscrits aux programmes d'immersion française ont eu des résultats supérieurs à leurs homologues qui ne suivent pas un tel programme pour la capacité de lecture. Au Manitoba, les résultats des élèves en immersion et des autres élèves ont été les mêmes.


Note aux lecteurs

Dans cette étude, qui est fondée sur des données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves(PISA) de 2000, on a tenu compte des antécédents familiaux, des ressources de l'école et des caractéristiques du milieu pour déterminer de quelle façon les élèves des systèmes scolaires de langue française et de langue anglaise sont différents.

Les données de ces études proviennent du PISA, une initiative commune des pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Au Canada, le PISA est administré dans le cadre d'un partenariat avec le Conseil des ministres de l'Éducation (Canada), Développement des ressources humaines Canada et Statistique Canada.

Le programme vise à évaluer périodiquement les résultats des garçons et des filles de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences, au moyen d'un test international commun. Le Canada et 31 autres pays ont participé au PISA 2000, qui portait principalement sur la lecture. Au Canada, environ 30 000 jeunes de 15 ans de plus de 1 000 écoles y ont participé au printemps 2000.

L'enquête du PISA 2000 comportait une évaluation directe des capacités des élèves au moyen de tests de lecture, de mathématiques et de sciences, de même qu'un questionnaire servant à recueillir des renseignements de base auprès des élèves et des directeurs des écoles. Au Canada, des renseignements au sujet des élèves et des parents ont également été recueillis par l'enquête connexe auprès des jeunes en transition.

La situation socioéconomique a été dérivée des réponses des élèves au sujet de la profession de leurs parents au moyen de l'Indice international du statut professionnel.

L'analyse des systèmes scolaires de langue française est limitée à la Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l'Ontario, et au Manitoba, où ces écoles ont été échantillonnées séparément.

La langue du test a été déterminée par les administrateurs de tests scolaires et, sauf quelques exceptions, les élèves ont subi les tests dans la langue du système scolaire. Dans le cas des élèves en immersion française, 98 % ont subi le test en anglais.


Selon l'étude, tandis que les élèves des programmes d'immersion française provenaient généralement de meilleurs milieux socioéconomiques pour ce qui est de la profession et de la scolarité des parents, ces écarts dans les antécédents familiaux n'expliquent pas entièrement l'écart des résultats en lecture.

De nombreux facteurs peuvent contribuer aux écarts dans la capacité de lecture dans les écoles des minorités linguistiques

Un ensemble de facteurs peuvent expliquer les écarts dans la capacité de lecture entre les élèves des systèmes scolaires de langue française et leurs homologues des systèmes scolaires de langue anglaise. En effet, les populations scolaires de langue minoritaire se trouvent dans une situation particulière dans chacune des cinq provinces.

Les élèves des écoles des groupes linguistiques minoritaires sont proportionnellement moins nombreux à déclarer la langue de l'école comme langue maternelle. Environ 70 % des élèves des écoles des groupes linguistiques minoritaires en Nouvelle-Écosse, au Québec et en Ontario, ont déclaré que la langue minoritaire est leur langue maternelle. Au Nouveau-Brunswick toutefois, la vaste majorité des élèves des systèmes scolaires des minorités linguistiques francophones ont déclaré le français comme langue maternelle (93 %).

Répartition des élèves des systèmes scolaires des groupes linguistiques minoritaires selon la langue maternelle de l'élève
  Langue du système scolaire Langue maternelle de l'élève Total
    Français Anglais Autre %
Nouvelle-Écosse Anglais 11 97 2 100
  Français 67 33 11 100
Nouveau-Brunswick Anglais 2 97 11 100
  Français 92 7 11 100
Québec Anglais 14 70 16 100
  Français 91 3 6 100
Ontario Anglais 11 82 17 100
  Français 72 23 5 100
Manitoba Anglais 1 89 9 100
  Français 84 16 11 100
1Les pourcentages inférieurs à 1 % sont arrondis à 1.

En outre, une proportion plus élevée d'élèves dans ces écoles parlent une autre langue le plus souvent à la maison. Dans les systèmes scolaires de langue française en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Manitoba, environ 40 % des élèves ne parlent pas français le plus souvent à la maison.

Les élèves dans certaines provinces présentent aussi des différences pour ce qui est de leurs antécédents familiaux. Au Nouveau-Brunswick et au Québec, les élèves des écoles anglophones sont dans une meilleure situation socioéconomique que les élèves des écoles francophones. Toutefois, les élèves des écoles francophones au Manitoba proviennent de familles ayant une situation socioéconomique meilleure que les élèves des écoles anglophones.

Les caractéristiques du milieu où les élèves fréquentent l'école est un facteur important des résultats des élèves. En Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et au Québec, les élèves des écoles anglophones fréquentent généralement l'école dans des milieux où la situation socioéconomique est généralement plus favorable. En Ontario et au Manitoba, il y a moins d'écarts sur ce point.

Quant aux caractéristiques de l'école, il y a des écarts importants pour ce qui est des ressources et du personnel scolaire dans les cinq provinces. Les élèves des écoles des minorités linguistiques sont généralement désavantagés.

L'élève moyen dans un système scolaire de minorité linguistique fréquente une école dont le directeur affirme généralement que les ressources matérielles sont insuffisantes et où il y a pénurie d'enseignants, ce qui nuit à l'apprentissage des élèves. L'insuffisance des ressources pédagogiques constitue aussi généralement un obstacle, sauf au Manitoba.

En Nouvelle-Écosse et au Manitoba, les élèves des écoles francophones ont fait part d'un soutien des enseignants significativement plus faible et d'un régime disciplinaire moins favorable que les élèves des écoles anglophones.

L'immersion française : les antécédents socioéconomiques plus élevés n'expliquent pas entièrement les meilleurs résultats en lecture

Les programmes d'immersion française ont été lancés dans les écoles du Canada au cours des années 1970 pour favoriser le bilinguisme dans tout le pays. Trois décennies plus tard, ils existent encore à des degrés divers dans chacune des provinces.

Les données du PISA montrent que, dans chacune des provinces, sauf au Manitoba, les élèves inscrits à des programmes d'immersion française ont obtenu des résultats supérieurs à leurs homologues non inscrits à de tels programmes pour la capacité de lecture. Au Manitoba, les résultats des élèves en immersion et des autres élèves ont été les mêmes.

On a cherché à savoir si les meilleurs résultats des élèves des programmes d'immersion française étaient étroitement liés aux différences dans les antécédents familiaux.

Les élèves des programmes d'immersion française proviennent généralement de milieux socioéconomiques plus élevés. Dans la plupart des provinces, la situation socioéconomique familiale moyenne des élèves des programmes d'immersion française est beaucoup plus favorable que celle de leurs homologues qui ne sont pas en immersion.

Dans toutes les provinces, sauf au Québec, en Ontario, au Manitoba et en Colombie-Britannique, les élèves des programmes d'immersion française ont aussi généralement un parent qui a fait des études postsecondaires.

Rendement en lecture des élèves des programmes d'immersion
  Rendement en lecture
  Immersion Non-immersion
Terre-Neuve-et-Labrador 608 510
Île-du-Prince-Édouard 558 509
Nouvelle-Écosse 567 517
Nouveau-Brunswick 550 495
Québec 566 537
Ontario 570 533
Manitoba 533 533
Saskatchewan 570 529
Alberta 601 548
Colombie-Britannique 610 537
Nota: Les chiffres en caractères gras indiquent un écart statistiquement significatif dans les résultats en lecture des élèves des écoles de langue française et de langue anglaise.

Toutefois, ces écarts dans les antécédents familiaux n'expliquent pas entièrement l'écart dans la capacité de lecture. Effectivement, il n'y a pas un facteur à lui seul qui explique les résultats élevés de ces élèves. Si l'on tient compte du sexe, des antécédents socioéconomiques et de la scolarité des parents, les élèves dans les programmes d'immersion française ont quand même obtenu des résultats supérieurs à leurs homologues qui ne sont pas en immersion.

Par exemple, même parmi les élèves dont l'un des parents a fait des études postsecondaires, les élèves des programmes d'immersion française ont obtenu des résultats bien meilleurs en lecture que les autres élèves dans toutes les provinces, sauf au Québec et au Manitoba.

L'étude signale qu'il y a un certain nombre d'autres facteurs qui peuvent avoir contribué aux résultats plus élevés en lecture des élèves des programmes d'immersion française. Par exemple, les écoles et les parents, d'une façon générale, choisissent soigneusement les élèves qui sont inscrits aux programmes d'immersion.

Il pourrait arriver en outre que les élèves ayant de moins bonnes capacités ne s'inscrivent pas à un programme d'immersion française ou quittent un tel programme s'ils n'ont pas d'aptitude pour apprendre une langue seconde. Il est également possible que ces programmes procurent un milieu enrichi pour l'apprentissage. Il faudra faire d'autres études pour bien comprendre les résultats de l'immersion française.

Définitions, source de données et méthodes : numéro d'enquête 4435.

Le numéro de mars 2004 de la Revue trimestrielle de l'éducation, vol. 9, no 4 (81-003-XIF, 18 $ / 55 $) est maintenant en vente.

Pour plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec les Services à la clientèle au (613) 951-7608 ou composez sans frais le 1 800 307-3382 (educationstats@statcan.gc.ca), Centre de la statistique de l'éducation. Télécopieur : (613) 951-9040.



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Date de modification : 2004-03-26 Avis importants