Une nouvelle étude sur les comportements délinquants chez les jeunes torontois de la 7e à la 9e année révèle que 1 élève sur 5 a déclaré avoir commis au moins un acte de délinquance au cours des 12 mois précédant l'enquête.
Cependant, les résultats indiquent aussi qu'une proportion relativement faible de jeunes ont été responsables d'un nombre élevé de comportements délinquants répétés.
Dans le cadre de l'enquête, fondée sur les réponses fournies par les élèves, on constate que la grande majorité (91 %) des comportements délinquants autodéclarés ont été commis par un peu moins de la moitié des jeunes délinquants. En fait, 80 % des actes ont été commis par 25 % des jeunes qui ont déclaré avoir perpétré 10 actes de délinquance ou plus.
L'acte de délinquance avec violence déclaré le plus souvent était le port d'une arme telle qu'un bâton, une chaîne ou un couteau, suivi des bagarres de groupe. Parmi les actes de délinquance contre les biens, les plus courants étaient le vol de marchandises dans un magasin et le vandalisme.
Les données de l'enquête révèlent que la prévalence des comportements délinquants était plus élevée chez les jeunes qui ont déclaré avoir consommé de l'alcool et des drogues, ainsi que chez ceux qui ont mentionné que leurs parents exerçaient peu de supervision.
Dans de nombreux cas, les parents, les professeurs, la police et d'autres personnes n'étaient pas au courant du comportement délinquant. Un peu plus de 40 % des élèves torontois ayant déclaré avoir commis au moins un acte de délinquance durant leur vie ont indiqué que l'acte le plus récent qu'ils avaient commis avait été découvert par une autre personne.
Près des deux tiers des jeunes qui ont déclaré que leur dernier comportement délinquant avait été découvert ont dit qu'ils avaient été punis par leurs parents, un professeur, la police ou une autre personne.
Les données de l'enquête indiquent également que la délinquance était plus élevée chez les jeunes qui appartenaient à une bande. La prévalence des comportements délinquants chez les jeunes ayant déclaré appartenir à une bande était plus du double (45 %) de celle des jeunes qui ont déclaré ne pas faire partie d'une bande (20 %).
Plus de 40 % des jeunes ont déclaré qu'ils avaient été victimisés au moins une fois au cours des 12 mois précédant l'enquête. Les jeunes délinquants étaient plus susceptibles d'être victimisés.
Note aux lecteursLe présent communiqué résume un nouveau rapport présentant les premiers résultats de l'Enquête internationale auprès des jeunes. Il s'agit de la version canadienne de l'Étude internationale de la délinquance autodéclarée qui a été réalisée dans plus de 30 pays en 2006. Ces résultats internationaux seront diffusés à une date ultérieure. Au Canada, l'enquête a été financée par le Centre national de prévention du crime de Sécurité publique Canada et a été menée en collaboration avec le Conseil des écoles publiques de Toronto ainsi qu'avec certaines écoles privées. Plus de 3 200 jeunes de la 7e à la 9e année, représentant 60 900 élèves, ont participé à l'enquête au printemps 2006. On examine, dans ce rapport, la prévalence de divers comportements délinquants et on analyse de façon séparée les actes de violence et les actes commis contre les biens. On y examine également les facteurs liés à la délinquance chez les jeunes, comme la consommation d'alcool et de drogues, la qualité de la relation entre les parents et le jeune, la supervision parentale et les amis délinquants. L'enquête aborde plusieurs questions et sujets qui sont étroitement liés à la délinquance chez les jeunes et permet d'effectuer des comparaisons à l'échelle internationale sur ces points. Dans ce rapport, on définit la délinquance comme l'ensemble des comportements énoncés explicitement dans le Code criminel du Canada, auxquels se livrent des personnes de 12 à 17 ans ou des personnes de 18 ans et plus. Cette définition n'englobe pas la délinquance statutaire, telle que l'école buissonnière et la consommation d'alcool ou de drogues. |
Dans le cadre de l'enquête, on a posé aux élèves de Toronto des questions sur deux aspects de leurs comportements délinquants, soit les comportements délinquants violents, comme le fait de menacer quelqu'un à l'aide d'une arme, et les comportements délinquants contre les biens. Aucune différence n'a été observée pour ce qui est de la prévalence de ces deux types de délinquance durant l'année précédant l'enquête.
Environ 13 % des jeunes ont indiqué avoir adopté un comportement délinquant violent au cours des 12 mois précédant l'enquête. Les jeunes de la 8e et de la 9e année étaient légèrement plus susceptibles d'avoir indiqué un comportement délinquant violent que les élèves de la 7e année.
Les adolescents étaient deux fois plus susceptibles d'avoir déclaré un comportement violent que les adolescentes, soit 18 % par rapport à 8 %. Ces adolescents ont été responsables d'environ 72 % des actes de violence déclarés durant l'année précédant l'enquête.
Selon les données de l'enquête, on estime que les élèves ont commis un peu plus de 62 000 actes de violence pendant l'année précédant l'enquête. Deux types d'actes, soit le port d'une arme et la participation à une bagarre de groupe, représentaient 88 % des actes de violence.
En tout, on estime à 3 800 le nombre d'élèves qui ont indiqué avoir porté une arme, ce qui est beaucoup moins que les 5 700 jeunes qui ont déclaré avoir participé à une bagarre de groupe.
Cependant, on a dénombré plus de 37 000 affaires de port d'arme, comparativement à un nombre estimatif de 18 000 affaires de bagarre de groupe, ce qui indique que les élèves qui portaient une arme l'ont fait à plusieurs reprises.
En fait, les trois quarts des jeunes qui ont porté une arme ont mentionné l'avoir fait plus d'une fois.
Environ 13 % des élèves torontois ont indiqué avoir manifesté un comportement délinquant contre les biens au cours des 12 mois précédant l'enquête, comme cela a été le cas pour les comportements violents. Une fois de plus, les élèves de la 8e et de la 9e année étaient plus susceptibles d'avoir commis de tels actes que les jeunes de la 7e année.
Dans l'ensemble, on estime qu'environ 47 000 actes de délinquance contre les biens ont été commis au cours des 12 mois précédant l'enquête. Ce nombre est beaucoup moins élevé que le nombre d'actes de violence déclarés pendant la même période.
De ce nombre, 25 000 affaires étaient des vols à l'étalage, plus de 12 000 étaient des actes de vandalisme et plus de 5 400 étaient des actes incendiaires. Les vols de véhicules à moteur et les introductions par effraction étaient moins souvent déclarés.
Parmi les élèves qui ont commis des actes de délinquance, la majorité (70 %) ont indiqué avoir commis un seul type de comportement délinquant contre les biens.
Dans le cadre de l'enquête, on examine des facteurs susceptibles d'être liés à une probabilité accrue de commettre des actes de délinquance.
La prévalence des comportements délinquants était beaucoup plus élevée chez les élèves qui ont indiqué avoir consommé de l'alcool et des drogues, chez ceux qui ont mentionné que leurs parents exerçaient peu de supervision et chez ceux qui vivaient dans une famille reconstituée au moment de la tenue de l'enquête.
On a aussi observé des taux plus élevés de comportements délinquants chez les jeunes qui avaient des amis plus âgés, des amis qui toléraient les activités illégales ou des amis délinquants.
La prévalence des comportements délinquants était plus élevée chez les jeunes qui ont déclaré passer beaucoup de temps avec leurs amis dans des endroits publics, tels qu'un parc, une rue, un centre commercial ou leur quartier.
La petite minorité d'élèves qui ont dit ne pas bien s'entendre avec leurs parents affichaient des taux de délinquance plus élevés.
On a demandé aux élèves s'ils avaient été victimisés durant l'année précédant l'enquête, par exemple s'ils avaient été intimidés à l'école.
Dans l'ensemble, 2 élèves sur 5 (40 %) ont indiqué avoir été victimisés. Environ 28 % ont dit avoir été victimes d'un vol et 21 %, d'un incident d'intimidation à l'école. Plus de 5 % ont déclaré avoir fait l'objet de menaces d'extorsion et 3 % ont déclaré avoir été frappés si violemment qu'ils ont dû consulter un médecin.
Les deux tiers des élèves qui ont été intimidés l'ont été plus d'une fois. Environ 16 % des jeunes ont dit avoir été intimidés plus de 12 fois au cours de l'année précédant l'enquête.
Les données de l'enquête révèlent aussi que les élèves ayant déclaré avoir commis un acte de délinquance traditionnelle au moins une fois étaient plus susceptibles de déclarer avoir été victimisés. Environ 56 % des jeunes délinquants ont été victimisés, comparativement à 36 % des jeunes non délinquants.
On a demandé aux élèves s'ils s'adonnaient à des utilisations inappropriées d'Internet. Les résultats indiquent qu'un peu plus du quart des jeunes ont déclaré avoir adopté un comportement délinquant relatif à l'utilisation d'Internet à un moment de leur vie.
Environ 14 % des jeunes torontois ont mentionné avoir téléchargé illégalement de la musique ou des films à partir d'Internet, alors que 13 % ont déclaré avoir fait du piratage informatique en franchissant les barrières de sécurité d'un site Web ou d'un compte d'utilisateur. Approximativement 7 % des élèves ont dit avoir envoyé des courriels harcelants.
Définitions, source de données et méthodes : numéro d'enquête 5117.
Le Juristat : «La délinquance autodéclarée par les jeunes, Toronto», 2006, vol. 27 no 6 (85-002-XIF, gratuit) est maintenant accessible à partir du module Publications de notre site Web. Sous Publications Internet gratuites, choisissez Crime et justice, puis Juristat. Une version imprimée (85-002-XPF, 11 $ / 100 $) est également en vente.
Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec l'Information et les services à la clientèle au 613-951-9023 ou composez sans frais le 1-800-387-2231, Centre canadien de la statistique juridique.
Le fichier de microdonnées à grande diffusion de l'Enquête internationale auprès de jeunes (89M0024XCB, 1 500 $) est maintenant en vente. Pour obtenir des renseignements concernant le fichier de microdonnées à grande diffusion ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec les Services à la clientèle au 613-951-3321 ou composez sans frais le 1-800-461-9050 (des@statcan.gc.ca), Division des enquêtes spéciales. Télécopieur : 613-951-4527.