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Statistiques sur les crimes déclarés par la police, 2014

Diffusion : 2015-07-22

L'Indice de gravité de la criminalité (IGC) mesure le volume et la gravité des crimes déclarés par la police. De 2013 à 2014, la valeur de l'IGC a affiché une diminution de 3 %, principalement en raison de la baisse du nombre d'affaires d'introduction par effraction et de vol qualifié. Le recul de l'IGC en 2014 représente un 11e repli consécutif, et il s'agit de la plus faible valeur de l'indice depuis 1998 (la première année pour laquelle les valeurs de cet indice sont disponibles).

Graphique 1  Graphique 1: Indices de gravité des crimes déclarés par la police, 1998 à 2014
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, 1998 à 2014

Le taux traditionnel de crimes déclarés par la police, qui mesure le volume de crimes en fonction de la taille de la population, a également diminué de 3 % de 2013 à 2014. Le recul du taux de criminalité en 2014 représente le 11e recul consécutif. Ce taux était le plus faible depuis 1969.

Graphique 2  Graphique 2: Taux de crimes déclarés par la police, 1962 à 2014
Taux de crimes déclarés par la police, 1962 à 2014

Les services de police ont déclaré un peu moins de 1,8 million d'infractions au Code criminel (sauf les délits de la route) en 2014, soit environ 33 000 de moins que l'année précédente.

La plupart des infractions ont connu une baisse de 2013 à 2014, mais certaines ont affiché une hausse au cours de la même période. En particulier, le taux d'infractions au Code criminel (sauf les délits de la route) déclarées par la police a augmenté en ce qui a trait à la pornographie juvénile (+41 %), au terrorisme (+39 %), à l'extorsion (+16 %), à la fraude d'identité (+8 %), aux infractions sexuelles contre les enfants (+6 %), au rapt (+4 %), à la fraude (+2 %) et aux vols de véhicules à moteur (+1 %) en 2014.

La majorité des provinces et des territoires affichent une diminution du nombre de crimes déclarés par la police en 2014

En 2014, la majorité des provinces et des territoires ont enregistré une baisse tant sur le plan de l'IGC que sur celui du taux de criminalité selon les données policières. Parmi les provinces et territoires qui ont enregistré une baisse de l'IGC, ce recul est en grande partie attribuable à la baisse du nombre d'affaires d'introduction par effraction. Toutefois, en Saskatchewan, le fléchissement de l'IGC s'explique surtout par une diminution des affaires de trafic, de production ou de distribution de cocaïne déclarées par la police.

Contrairement aux diminutions enregistrées dans la plupart des provinces et des territoires, l'IGC au Yukon a augmenté de 11 % par rapport à 2013 et le taux de criminalité de ce territoire était stable, alors que l'IGC (+3 %) et le taux de criminalité (+2 %) en Colombie-Britannique ont tous deux progressé par rapport à l'année précédente. La hausse de l'IGC au Yukon est surtout attribuable à une hausse du nombre d'homicides, alors que plusieurs infractions ont contribué à l'augmentation observée en Colombie-Britannique (c'est-à-dire les affaires de vol de 5 000 $ ou moins, la pornographie juvénile, l'introduction par effraction et le vol de véhicules à moteur). De plus, l'IGC de l'Alberta a progressé légèrement (+1 %) de 2013 à 2014, tandis que le taux de criminalité était stable.

L'Île-du-Prince-Édouard a affiché les plus fortes baisses, tant pour la valeur de l'IGC (-17 %) que pour le taux de criminalité (-20 %) de 2013 à 2014. Le fléchissement de l'IGC à l'Île-du-Prince-Édouard est principalement attribuable à la diminution du nombre d'affaires de vol de 5 000 $ ou moins et d'introduction par effraction.

Les territoires ont continué de déclarer des valeurs d'IGC et des taux de criminalité plus élevés que ceux des provinces. Parmi les provinces, la Saskatchewan a affiché l'IGC et le taux de criminalité les plus élevés en 2014, malgré le fait que l'IGC et le taux de criminalité ont diminué. À l'opposé, l'Ontario a présenté l'IGC le plus faible en 2014, tandis que le Québec a affiché le taux de criminalité le plus faible.

Un tiers des régions métropolitaines de recensement affiche une hausse de l'Indice de gravité de la criminalité

En 2014, 11 des 33 régions métropolitaines de recensement (RMR) ont enregistré une hausse de leur IGC ou de leur taux de criminalité, ou les deux. Saskatoon (+10 %), Thunder Bay (+10 %) et Guelph (+9 %) ont affiché les augmentations les plus marquées de leur IGC par rapport à 2013, alors que Montréal a enregistré la plus forte baisse (-9 %).

Saskatoon a affiché l'IGC le plus élevé de toutes les RMR pour la première fois. La hausse de l'IGC à Saskatoon est principalement attribuable à une importante augmentation des affaires d'introduction par effraction. Avant 2014, Regina avait invariablement enregistré l'IGC le plus élevé de toutes les RMR depuis 1998 (la première année pour laquelle l'IGC a été calculé). La valeur élevée de l'IGC observée à Saskatoon est suivie des indices enregistrés à Regina, à Vancouver et à Thunder Bay. En revanche, Barrie a inscrit la valeur la plus faible de l'IGC parmi toutes les RMR en 2014, malgré une hausse de 2 %.

L'Indice de gravité des crimes violents poursuit sa baisse

La police a déclaré environ 369 500 affaires de violence en 2014, soit environ 15 000 de moins que l'année précédente. En 2014, les crimes violents ont continué de représenter environ le cinquième des infractions au Code criminel déclarées par la police (sauf les délits de la route).

L'IGC avec violence et le taux de crimes violents ont tous deux affiché une baisse de 5 % en 2014. Il s'agit de la huitième diminution annuelle consécutive de ces deux mesures des crimes violents déclarés par la police.

Le Yukon (+50 %), l'Île-du-Prince-Édouard (+3 %) et l'Alberta (+1 %) étaient les seuls secteurs de compétence à avoir enregistré une hausse de leur IGC avec violence de 2013 à 2014, alors qu'en Saskatchewan, l'IGC avec violence était stable. Les augmentations observées au Yukon, à l'Île-du-Prince-Édouard et en Alberta sont principalement attribuables à une hausse des homicides.

Le taux de la majorité des infractions avec violence était en baisse en 2014, ce qui coïncide avec la diminution globale du nombre de crimes violents. Toutefois, le nombre total d'homicides a légèrement augmenté pour passer de 512 en 2013 à 516 en 2014. Malgré cette légère croissance du nombre d'homicides, le taux d'homicides (1,45 homicide pour 100 000 habitants) était pratiquement inchangé par rapport à l'année précédente.

Le nombre d'infractions sexuelles contre les enfants déclarées par la police est en hausse par rapport à 2013

Le nombre d'infractions sexuelles contre les enfants déclarées par la police a crû en 2014, ce qui en fait l'une des rares catégories d'infractions avec violence à avoir enregistré une hausse par rapport à l'année précédente. La police a déclaré quelque 4 500 infractions sexuelles contre les enfants en 2014, soit environ 300 de plus qu'en 2013, ce qui représente une augmentation de 6 % du taux.

L'augmentation du nombre d'infractions sexuelles contre les enfants découle principalement des affaires de leurre d'enfants au moyen d'un ordinateur (y compris le fait de s'entendre ou de faire un arrangement avec quiconque pour perpétrer une infraction d'ordre sexuel à l'égard d'un enfant), lesquelles ont augmenté, passant de 850 affaires en 2013 à 1 190 affaires en 2014.

Divers facteurs peuvent expliquer l'augmentation observée dans le nombre d'infractions sexuelles contre les enfants, comme la mise en place d'unités spécialisées au sein des services de police dans le but d'enquêter proactivement sur ce type de crime.

L'Indice de gravité des crimes sans violence poursuit sa baisse

En 2014, la plupart des crimes déclarés par la police sont demeurés de nature non violente. La police a déclaré environ 1,4 million d'affaires sans violence en 2014, dont quelque 1,1 million étaient des crimes contre les biens.

L'IGC sans violence, qui tient compte à la fois du volume et de la gravité des crimes sans violence déclarés par la police, a diminué de 2 % par rapport à l'année précédente pour se situer à 65,2 en 2014.

Tous les territoires et toutes les provinces ont vu leur IGC sans violence reculer en 2014, à l'exception de la Colombie-Britannique (+6 %) et de l'Alberta (+1 %). La hausse de l'IGC sans violence en Colombie-Britannique est attribuable à l'augmentation de plusieurs infractions, dont les vols de 5 000 $ ou moins, la pornographie juvénile, les introductions par effraction et les vols de véhicules à moteur.

Alors que les taux de la majorité des infractions sans violence au Code criminel (sauf les délits de la route) ont diminué en 2014, des augmentations ont été observées pour certaines formes de crime contre les biens, y compris la fraude d'identité (+8 %), la fraude (+2 %) et le vol de véhicules à moteur (+1 %). De plus, parmi les infractions qui font partie de la catégorie des autres infractions au Code criminel, des augmentations importantes ont été enregistrées pour ce qui est des taux de pornographie juvénile (+41 %) et d'infractions liées au terrorisme (+39 %).

Les affaires liées à l'accès à la pornographie juvénile ainsi qu'à la possession, à la production, à l'impression ou à la distribution de pornographie juvénile ont continué d'augmenter : leur nombre est passé d'environ 2 800 affaires en 2013 à environ 4 000 affaires en 2014, ce qui a donné lieu à un taux de 11 affaires pour 100 000 habitants. Comme pour les infractions sexuelles contre les enfants, divers facteurs peuvent expliquer l'augmentation de la pornographie juvénile, y compris la mise en place d'unités spécialisées au sein des services de police dans le but d'enquêter proactivement sur ce type de crime.

La police a déclaré 100 affaires liées au terrorisme au Canada en 2014, soit 29 affaires de plus qu'en 2013. Bien que cela représente une augmentation de 39 %, le taux est resté inférieur à 1 affaire pour 100 000 habitants. Cette augmentation est principalement attribuable à l'ajout de nouvelles infractions de terrorisme (par exemple le fait de quitter le Canada pour participer aux activités d'un groupe terroriste) au Code criminel du Canada au milieu de l'année 2013, ainsi qu'à la hausse des infractions liées à la facilitation d'activités terroristes.

Le nombre de jeunes auteurs présumés de crimes diminue en 2014

En 2014, l'IGC chez les jeunes et le taux de jeunes auteurs présumés de crimes déclarés par la police ont tous deux diminué de 9 %. Il s'agit de la cinquième diminution annuelle consécutive de ces deux mesures de la criminalité chez les jeunes. En 2014, l'IGC chez les jeunes était inférieur de 40 % comparativement à 10 ans plus tôt et le taux de jeunes auteurs présumés de crimes, de 42 %. Les jeunes auteurs présumés comprennent les jeunes de 12 à 17 ans qui ont été inculpés par la police ou qui ont fait l'objet de mesures autres qu'une mise en accusation en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (par exemple des avertissements, des mises en garde ou des renvois à des programmes communautaires).

Une diminution du nombre de jeunes auteurs présumés a été observée pour presque tous les types d'infractions, y compris toutes les formes de crimes contre les biens. Par exemple, les taux de jeunes auteurs présumés de vol de 5 000 $ ou moins (-4 %) et de méfait (-13 %) déclarés par la police, soit deux des infractions les plus courantes chez ce groupe d'âge, ont diminué de 2013 à 2014.

Le nombre et le taux de jeunes auteurs présumés de quelques-uns des crimes les plus graves ont également reculé en 2014. Par exemple, on a dénombré 25 jeunes auteurs présumés d'homicide en 2014, soit 16 de moins qu'en 2013. Ce nombre est nettement inférieur au nombre moyen enregistré au cours des 10 années précédentes, qui s'établissait à 59 jeunes auteurs présumés d'homicide. Le taux d'homicides commis par des jeunes en 2014 (1,07 pour 100 000 jeunes) a affiché une baisse de 38 % par rapport à l'année précédente et représente le plus faible taux enregistré depuis 1984.

Le taux de jeunes auteurs présumés de tentative de meurtre était l'un des rares taux d'infractions avec violence à avoir augmenté (+37 %) de 2013 à 2014. Malgré cette augmentation, le taux de jeunes auteurs présumés de tentative de meurtre (2,18 pour 100 000 jeunes) est demeuré en deçà de la moyenne des 10 années précédentes (2,25 pour 100 000 jeunes).




  Note aux lecteurs

Le taux de criminalité et l'Indice de gravité de la criminalité (IGC) sont des mesures complémentaires des crimes déclarés par la police. Le taux de criminalité permet de mesurer le volume de crimes signalés à la police par tranche de 100 000 habitants, alors que l'IGC sert à mesurer tant le volume que la gravité des crimes.

On calcule l'IGC en attribuant un poids à chaque infraction. Les poids de l'IGC sont fondés sur le taux d'incarcération lié à l'infraction et sur la durée moyenne de la peine d'emprisonnement prononcée par les tribunaux de juridiction criminelle à l'égard de cette infraction. Plus la peine moyenne est sévère, plus le poids attribué à l'infraction est important. Pour calculer l'IGC, il s'agit de diviser la somme des infractions pondérées par la population. Comme pour les autres indices, afin de simplifier la comparaison, on normalise ensuite l'IGC en fonction d'une année de base, dont l'indice est « 100 » (pour l'IGC, l'année de base est 2006). Autrement dit, toutes les valeurs de l'IGC sont relatives à l'IGC de 2006 à l'échelle du Canada. Les valeurs de l'IGC sont disponibles à compter de 1998.

En plus de l'IGC global, un IGC avec violence et un IGC sans violence ont été créés. Comme dans le cas de l'IGC global, ils ont chacun été normalisés et les valeurs de ces indices sont donc relatives aux indices de l'année de base, soit « 100 » pour 2006 à l'échelle du Canada. Il est possible d'obtenir plus de renseignements concernant les concepts et l'utilisation des indices de gravité en consultant le document La mesure de la criminalité au Canada : présentation de l'Indice de gravité de la criminalité et des améliorations au Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Les données proviennent du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, qui est un recensement de tous les crimes dont les services de police ont pris connaissance et dont ils ont établi le bien-fondé. Cependant, dans les cas de la pornographie juvénile, en raison de la complexité de ces affaires, les données représentent probablement le nombre d'enquêtes actives ou closes pour l'année dans le système de gestion des dossiers des services de police, plutôt que le nombre total d'affaires signalées à la police. Ces statistiques sur les crimes déclarés par la police sont recueillies conformément à un ensemble de catégories et de définitions de crimes approuvé à l'échelle nationale. Elles ont été déclarées régulièrement par les services de police et communiquées à Statistique Canada chaque année depuis 1962. Des différences entre les politiques, les procédures et les pratiques d'application de la loi des services de police locaux peuvent avoir une incidence sur la comparabilité des statistiques de la criminalité à l'échelon municipal.

Statistique Canada recueille aussi des données sur la victimisation autodéclarée tirées de l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation. L'ESG recueille des renseignements sur les incidents autodéclarés de victimisation criminelle, qu'ils soient signalés ou non à la police. L'ESG sur la victimisation est menée tous les cinq ans, et les données à l'échelon national et provincial du cycle de 2014 devraient être diffusées à l'automne 2015.

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L'article de Juristat « Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2014 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible. Sous l'onglet Parcourir par ressource clé de notre site Web, choisissez Publications, Tous les sujets, Crime et justice, puis Juristat.

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