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Victimisation autodéclarée, 2014

Diffusion : 2015-11-23

En 2014, un Canadien sur cinq de 15 ans et plus a déclaré avoir été victime au cours des 12 mois précédant l'enquête d'au moins un des huit crimes mesurés par l'Enquête sociale générale (ESG). Cette proportion était de un sur quatre 10 ans plus tôt.

Le taux de victimisation autodéclarée baisse pour tous les crimes sauf pour les agressions sexuelles

En 2014, le taux de victimisation avec violence, qui comprend les agressions sexuelles, les vols qualifiés et les voies de fait, s'est établi à 76 incidents pour 1 000 personnes, en baisse de 28 % par rapport à 2004. Le taux de victimisation des ménages, qui comprend l'introduction par effraction, le vol de véhicule à moteur ou de leurs pièces, le vol de biens du ménage et le vandalisme, était de 143 incidents pour 1 000 ménages, en baisse de 42 % par rapport à 2004. Le taux de vols de biens personnels était de 73 pour 1 000 personnes en 2014, soit une baisse de 21 % par rapport à 10 ans plus tôt.

Il est à noter que, malgré d'importantes différences méthodologiques entre les données sur la victimisation autodéclarée recueillies dans le cadre de l'ESG et les données sur les crimes déclarés par la police dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, les deux enquêtes révèlent des tendances globales similaires au cours de cette période de 10 ans.

Les taux de victimisation ont reculé pour presque tous les crimes mesurés. Les baisses les plus importantes par rapport à 2004 ont été enregistrées pour le vol de véhicule à moteur (-59 %), le vandalisme (-49 %) et le vol qualifié (-39 %). L'agression sexuelle, dont le taux est demeuré stable durant cette même période, est le seul des crimes mesurés à ne pas avoir enregistré de recul.

Le Manitoba enregistre les taux de victimisation les plus élevés parmi les provinces

Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec ont enregistré les plus faibles taux de victimisation avec violence parmi les provinces en 2014. Les plus importantes baisses par rapport à 2004 ont été notées en Alberta (-51 %), en Nouvelle-Écosse (-40 %), en Colombie-Britannique (-35 %) et en Ontario (-27 %).

En revanche, la diminution du taux de victimisation avec violence n'était pas statistiquement significative au Manitoba; cette province a enregistré le taux de victimisation avec violence le plus élevé en 2014.

Toutes les provinces de l'Atlantique ainsi que l'Ontario ont enregistré des taux de victimisation des ménages inférieurs à la moyenne des provinces en 2014. Les provinces à l'ouest de l'Ontario ont affiché des taux supérieurs à la moyenne, le Manitoba ayant enregistré le taux le plus élevé.

Toutes les provinces ont vu leur taux de victimisation des ménages diminuer par rapport à 2004, à l'exception de l'Île-du-Prince-Édouard et du Québec, dont les taux étaient similaires à ceux enregistrés 10 ans plus tôt.

Les femmes affichent un taux de victimisation avec violence supérieur à celui des hommes

Contrairement à ce qui a été observé dans le passé, les femmes ont affiché en 2014 un taux de victimisation avec violence supérieur à celui des hommes (85 incidents pour 1 000 femmes comparativement à 67 incidents pour 1 000 hommes). Cette différence est surtout attribuable à la stabilité relative du taux d'agressions sexuelles, dont la majorité des victimes était de sexe féminin, combinée à la baisse des taux des autres crimes violents, où la majorité des victimes était de sexe masculin.

Les jeunes et les personnes consommant des drogues ou de l'alcool en excès présentent des risques plus élevés de victimisation avec violence

L'âge était le plus important facteur associé au risque de victimisation avec violence. Le taux de victimisation avec violence était le plus élevé parmi les jeunes de 20 à 24 ans, puis diminuait graduellement avec l'âge.

Les jeunes étaient plus susceptibles de déclarer des activités pouvant davantage les exposer au risque de victimisation avec violence, comme sortir tous les soirs, consommer des drogues ou s'adonner à une consommation excessive d'alcool. Même en tenant compte de ces facteurs, les jeunes présentaient un risque de victimisation avec violence plus élevé, le risque diminuant d'environ 3 % pour chaque année d'âge supplémentaire.

Les Canadiens ayant déclaré consommer des drogues ont affiché un taux quatre fois plus élevé que les non-consommateurs (256 pour 1 000 personnes comparativement à 62 pour 1 000 personnes). Ce taux s'élevait à 436 pour 1 000 parmi les personnes ayant déclaré consommer du cannabis tous les jours et à 610 pour 1 000 pour les personnes ayant consommé des drogues autres que le cannabis au cours du mois précédent.

La consommation excessive d'alcool, soit cinq consommations et plus lors d'une même occasion, était aussi liée à un risque plus élevé de victimisation avec violence. Les personnes ayant déclaré au moins un épisode de consommation excessive d'alcool dans le mois précédent ont enregistré un taux de 127 incidents pour 1 000 personnes. En comparaison, le taux était de 58 pour 1 000 parmi ceux qui n'ont déclaré aucun épisode de consommation excessive. Cependant, il n'y avait pas de risque accru associé à une consommation fréquente de petites quantités d'alcool.

La santé mentale et les antécédents de victimisation durant l'enfance sont liés au risque de victimisation avec violence

La santé mentale était un autre facteur associé à la victimisation avec violence. Dans l'ensemble, les personnes ayant indiqué avoir une incapacité liée à la santé mentale ou un trouble d'apprentissage, ou qui ont évalué leur santé mentale comme étant mauvaise ou passable, ont affiché un taux plus de quatre fois supérieur aux personnes ayant évalué leur santé mentale comme étant excellente ou très bonne (230 pour 1 000 personnes par rapport à 53 pour 1 000).

Les personnes ayant subi de mauvais traitements de la part d'un adulte durant leur enfance, comme le fait d'avoir été giflé, poussé, frappé ou agressé sexuellement avant l'âge de 15 ans, ont enregistré en 2014 un taux de victimisation avec violence plus du double de celui des personnes n'ayant subi aucun mauvais traitement durant l'enfance.

Les femmes autochtones sont plus à risque de victimisation avec violence

Comme par le passé, les Autochtones ont dans l'ensemble affiché des taux de victimisation plus élevés que les non-Autochtones. La différence était particulièrement marquée chez les femmes. En 2014, les femmes autochtones ont affiché un taux de 115 agressions sexuelles pour 1 000 femmes, comparativement à 35 pour 1 000 femmes non autochtones.

On retrouve plus souvent chez les Autochtones certains facteurs liés au risque de victimisation avec violence que chez les non-Autochtones. Par exemple, les Autochtones étaient plus susceptibles d'avoir été victimes de violence dans leur enfance, d'avoir des troubles de santé mentale, d'avoir consommé des drogues ou d'avoir des antécédents d'itinérance. Ils étaient aussi en moyenne plus jeunes. Si ces facteurs parvenaient à expliquer des taux plus élevés chez les hommes autochtones, ils n'expliquaient toutefois qu'en partie les taux plus élevés chez les femmes autochtones.

Une victime de crime violent sur sept déclare des symptômes s'apparentant à un stress post-traumatique

La majorité des victimes de crime violent ont vécu des réactions émotives causées par l'incident, le plus souvent de la colère. En 2014, une victime de crime violent sur sept a déclaré avoir ressenti des effets à long terme s'apparentant à un trouble de stress post-traumatique.

Parmi les crimes contre les ménages, l'introduction par effraction était le crime le plus susceptible de mener à des répercussions émotionnelles ou psychologiques. Près de 1 victime d'introduction par effraction sur 10 a déclaré avoir ressenti des effets à long terme correspondant à un trouble de stress post-traumatique soupçonné.

Les pertes financières étaient la conséquence la plus fréquente des crimes ciblant les ménages. La majorité (81 %) des incidents ont mené à des pertes et près de un incident sur cinq (19 %) a mené à des pertes atteignant 1 000 $ ou plus.

Le tiers des incidents de victimisation criminelle est signalé à la police

Un peu moins du tiers (31 %) des incidents de victimisation a été signalé à la police, soit une proportion légèrement inférieure à celle enregistrée 10 ans plus tôt (34 %). Plus précisément, 28 % des crimes violents, 36 % des crimes ciblant les ménages et 29 % des vols de biens personnels ont été signalés à la police.

Généralement, plus un incident est grave ou plus il entraîne des pertes importantes, plus il est susceptible d'être signalé à la police. Ainsi, les incidents ayant causé des blessures (45 %), ceux ayant impliqué une arme (53 %) ou ceux ayant causé des pertes financières de 1 000 $ ou plus (70 %) étaient plus susceptibles d'être signalés à la police.

L'agression sexuelle fait toutefois exception. Malgré qu'il s'agisse du crime le plus grave mesuré par l'enquête, seulement 5 % des agressions sexuelles ont été signalées à la police, soit une proportion relativement similaire à celle enregistrée en 2004.



  Note aux lecteurs

Les données sur la victimisation présentées dans cet article de Juristat ont été recueillies dans le cadre de l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation, qui vise à fournir des données sur les expériences personnelles qu'ont les Canadiens relativement à huit types de crimes.

L'ESG est une enquête menée auprès des ménages tous les cinq ans, le plus récent cycle ayant été mené en 2014. La population cible de l'enquête était constituée de personnes de 15 ans et plus résidant dans les provinces, sauf les personnes résidant à temps plein dans des institutions. En 2014, 33 127 répondants ont participé à l'enquête. L'ESG sur la victimisation a également été menée dans les territoires, et les résultats de cette enquête seront diffusés ultérieurement.

Statistique Canada recueille également de l'information sur la criminalité dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, qui est un recensement annuel de toutes les infractions au Code criminel et à certaines autres lois fédérales qui viennent à l'attention de la police et dont celle-ci a établi le bien-fondé. Bien que les thèmes couverts par ces deux enquêtes soient similaires, elles présentent néanmoins de nombreuses différences pour ce qui est du type d'enquête, du champ d'application, de la couverture et de la source des données.

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L'article de Juristat « La victimisation criminelle au Canada, 2014 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible. Sous l'onglet Parcourir par ressource clé de notre site Web, choisissez Publications, Tous les sujets, Crime et justice, puis Juristat.

Les données du cycle 28 de l'Enquête générale sociale sur la victimisation sont maintenant offertes sur demande.

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