Le Quotidien
|
 En manchette  Indicateurs  Communiqués par sujets
 Sujets d'intérêt  Calendrier de diffusion  Information

L'homicide au Canada, 2014

Diffusion : 2015-11-25

Les services de police canadiens ont déclaré 516 homicides en 2014, soit 4 de plus que l'année précédente. Le taux d'homicides était toutefois stable en 2014 (1,45 pour 100 000 habitants), faisant de 2013 et de 2014 les années affichant les plus faibles taux d'homicides depuis 1966.

Près du quart (23 %) des 516 victimes d'homicide déclarées par la police étaient Autochtones, ce groupe représentant seulement 5 % de la population canadienne.

Cinq provinces ont déclaré un moins grand nombre d'homicides en 2014 par rapport à 2013, soit l'Ontario (-13), la Nouvelle-Écosse (-7), la Saskatchewan (-7), le Manitoba (-7) et Terre-Neuve-et-Labrador (-5).

La baisse observée en Nouvelle-Écosse a entraîné le taux d'homicides le plus faible jamais enregistré dans cette province depuis le début de la collecte de ces données dans le cadre de l'Enquête sur l'homicide en 1961.

Sept secteurs de compétence — l'Alberta (+22), la Colombie-Britannique (+12), le Yukon (+3), l'Île-du-Prince-Édouard (+2), le Nouveau-Brunswick (+2), le Québec (+1) et les Territoires du Nord-Ouest (+1) — ont enregistré une augmentation du nombre d'homicides. Le nombre d'homicides au Nunavut était stable.

Même si le Québec a inscrit un homicide de plus en 2014, le taux d'homicides était inchangé par rapport à l'année précédente, ce qui représente le taux le plus bas depuis 1966.

Graphique 1  Graphique 1: Homicides
Homicides

Le Manitoba continue d'afficher le taux d'homicides le plus élevé parmi les provinces

Malgré un recul de 15 % en 2014, le taux d'homicides au Manitoba est demeuré le plus élevé parmi les provinces pour une huitième année consécutive, s'établissant à 3,43 homicides pour 100 000 habitants. Suivaient l'Alberta (2,52 pour 100 000 habitants) et la Saskatchewan (2,13 pour 100 000 habitants).

Terre-Neuve-et-Labrador (0,38 pour 100 000 habitants) et la Nouvelle-Écosse (0,64 pour 100 000 habitants) ont affiché les taux d'homicides les plus faibles parmi les provinces.

Par le passé, les territoires ont enregistré les taux d'homicides les plus élevés au Canada. Toutefois, les nombres étant petits, les taux varient considérablement d'une année à l'autre. Ayant affiché 4 homicides en 2014, le Nunavut a enregistré le taux d'homicides le plus élevé à l'échelle nationale, soit 10,93 pour 100 000 habitants.

Thunder Bay enregistre un nombre d'homicides inhabituellement élevé en 2014

Parmi les 34 régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada, 14 ont enregistré un recul de leur taux annuel d'homicides, 14 ont affiché une hausse de leur taux et 6 ont vu celui-ci demeurer stable.

Affichant un nombre supérieur à la moyenne d'homicides déclarés en 2014 (11), Thunder Bay a inscrit le taux d'homicides le plus élevé parmi les RMR du Canada. Le taux d'homicides de Thunder Bay (9,04 pour 100 000 habitants) était près de trois fois plus élevé que celui de Winnipeg, qui s'est classée au deuxième rang pour ce qui est du taux d'homicides (3,29 pour 100 000 habitants).

Regina, dont le taux a diminué de 51 %, est passée du premier rang en 2013 pour ce qui est du plus haut taux d'homicides au huitième rang en 2014.

Aucun homicide n'a été déclaré à Saguenay, à Sherbrooke, à Kingston, à Oshawa et à Brantford en 2014.

Le nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu augmente

La police a déclaré 156 homicides commis à l'aide d'une arme à feu en 2014, soit 21 de plus qu'en 2013; cela représente une hausse de 14 % du taux d'homicides commis avec une arme à feu. Malgré cette augmentation, le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu occupait le deuxième rang des plus faibles taux jamais enregistrés depuis que les données sont devenues disponibles en 1974.

Les armes de poing ont été utilisées dans environ deux tiers des homicides commis à l'aide d'une arme à feu en 2014 et demeurent le type d'arme à feu le plus souvent utilisé.

La plupart des victimes connaissaient l'auteur présumé

Comme les années précédentes, la plupart des homicides résolus en 2014 ont été perpétrés par une personne que la victime connaissait (83 %).

En 2014, les victimes ont plus souvent été tuées par une connaissance (37 %) ou un membre de la famille (34 %), y compris les conjoints actuels et anciens (16 %). De plus, 6 % des victimes d'homicide ont été tuées dans le contexte d'une relation criminelle et 5 % ont été tuées par un autre partenaire intime.

Au Canada, un total de 83 homicides ont été commis par des partenaires intimes en 2014, soit 11 de plus qu'en 2013. Le taux d'homicides entre partenaires intimes était quatre fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Les homicides entre partenaires intimes comprennent ceux commis par un conjoint ou une conjointe marié ou de fait, un petit ami ou une petite amie, ou un autre partenaire intime (actuel ou ancien).

Des données complètes sur l'identité autochtone sont recueillies pour la première fois

L'année 2014 représente la première année où l'enquête fournit des données complètes déclarées par la police relativement à l'identité autochtone des victimes et des auteurs présumés d'homicide. De plus, les données déclarées par la police relativement à l'identité autochtone des victimes d'homicide de sexe féminin sont maintenant disponibles pour la période allant de 1980 à 2013.

Près du quart des victimes d'homicide sont des Autochtones

En 2014, 117 des 516 victimes d'homicide déclarées par la police étaient Autochtones, soit 23 % des victimes. En revanche, les Autochtones représentaient seulement 5 % de la population canadienne.

Le taux d'homicides chez les Autochtones en 2014 était environ six fois plus élevé que chez les non-Autochtones (7,20 victimes pour 100 000 Autochtones par rapport à 1,13 victime pour 100 000 non-Autochtones).

Les Autochtones de sexe masculin sont plus susceptibles d'être victimes d'un homicide. En effet, les Autochtones de sexe masculin étaient sept fois plus susceptibles d'être victimes d'un homicide que leurs homologues non autochtones (10,86 pour 100 000 habitants par rapport à 1,61) et trois fois plus susceptibles que les Autochtones de sexe féminin.

Le taux d'homicides chez les Autochtones de sexe féminin était six fois plus élevé que celui observé chez leurs homologues non autochtones (3,64 pour 100 000 habitants par rapport à 0,65).

Les taux d'homicides chez les Autochtones sont les plus élevés au Manitoba et dans les territoires

Parmi les provinces, le taux d'homicides impliquant des victimes autochtones était le plus élevé au Manitoba (13,29 pour 100 000 habitants), suivi de l'Alberta (11,55 pour 100 000 habitants). Les trois territoires ont aussi enregistré de forts taux d'homicides chez les Autochtones. Les taux les plus faibles ont été observés au Québec (2,24) et en Nouvelle-Écosse (2,56).

En 2014, aucun homicide commis sur un Autochtone n'a été enregistré à Terre-Neuve-et-Labrador, à l'Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick.

La surreprésentation des Autochtones parmi les victimes d'homicide était la plus importante au Manitoba, où le taux était neuf fois plus élevé que celui des non-Autochtones (13,29 pour 100 000 habitants par rapport à 1,41). Cette province était suivie de la Nouvelle-Écosse, de l'Ontario et de l'Alberta, où les taux étaient six fois plus élevés, et de la Saskatchewan, où le taux était cinq fois supérieur.

La majorité des homicides commis sur des Autochtones ont été résolus

En 2014, la police a résolu une plus grande proportion d'homicides commis sur des Autochtones que d'homicides sur des non-Autochtones (85 % par rapport à 71 %). Tout comme chez les victimes d'origine non autochtone, la majorité des homicides commis sur des Autochtones ayant été résolus ont été perpétrés par une personne que la victime connaissait (81 % et 87 % respectivement).

Les homicides entre conjoints étaient plus fréquents chez les non-Autochtones de sexe féminin que chez leurs homologues autochtones. Alors que 45 % des non-Autochtones de sexe féminin assassinées ont été tuées par un conjoint actuel ou ancien (y compris en union libre), il en allait de même pour le tiers des Autochtones de sexe féminin assassinées.

L'incidence des homicides commis par un autre membre de la famille était plus élevée chez les Autochtones de sexe féminin que chez leurs homologues non autochtones (38 % par rapport à 23 %). Parmi les victimes de sexe féminin, les homicides perpétrés par une connaissance étaient plus courants chez les non-Autochtones que chez les Autochtones (14 % par rapport à 8 %), alors que le nombre d'homicides commis par un étranger était semblable entre les deux groupes (5 % par rapport à 4 %).

L'étendue des homicides entre conjoints chez les victimes autochtones de sexe masculin était plus élevée que chez les victimes non autochtones de sexe masculin (9 % par rapport à 1 %).

Le tiers des auteurs présumés d'homicide sont Autochtones

Parmi les 431 auteurs présumés d'homicide en 2014, près du tiers (32 %) étaient Autochtones. Au Canada, le taux d'auteurs présumés d'homicide d'origine autochtone était 10 fois supérieur à celui des auteurs présumés d'homicide d'origine non autochtone (8,55 auteurs présumés pour 100 000 habitants par rapport à 0,82 pour 100 000 habitants).

En 2014, les Autochtones représentaient 30 % des auteurs présumés d'homicide de sexe masculin et 51 % des auteurs présumés d'homicide de sexe féminin.

Le nombre de victimes autochtones de sexe féminin est demeuré relativement stable de 1980 à 2014, alors que celui de victimes non autochtones de sexe féminin a diminué

De 1980 à 2014, les services de police dans l'ensemble du Canada ont déclaré 6 849 victimes d'homicide de sexe féminin. Au cours de cette période, les Autochtones représentaient 16 % (1 073) de ces victimes.

Au cours des 34 dernières années, le nombre d'homicides commis sur les Autochtones de sexe féminin est demeuré relativement stable. En revanche, le nombre d'homicides contre des non-Autochtones de sexe féminin a atteint un sommet en 1991 et diminue depuis — une tendance suivant celle observée à l'échelle nationale. Par conséquent, les Autochtones représentent une proportion croissante du total des victimes de sexe féminin. Par exemple, en 1991, les Autochtones de sexe féminin constituaient 14 % des victimes de sexe féminin, comparativement à 21 % en 2014.

Graphique 2  Graphique 2: Victimes d'homicide de sexe féminin, selon l'identité autochtone
Victimes d'homicide de sexe féminin, selon l'identité autochtone





  Note aux lecteurs

Les données figurant dans le présent communiqué sont tirées de l'Enquête sur l'homicide de 2014, qui permet de recueillir les données déclarées par la police sur les caractéristiques de l'ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d'homicide au Canada. Dans le cadre de cette enquête, on a commencé à recueillir des renseignements sur l'ensemble des meurtres en 1961, puis le champ de l'enquête s'est élargi en 1974 afin d'inclure les affaires d'infanticide et d'homicide involontaire coupable. Les caractéristiques de ces affaires ne sont pas disponibles pour les années antérieures à 1974, mais des chiffres tirés du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) le sont, et ils sont pris en compte dans les totaux historiques globaux.

Certains homicides sont portés à l'attention de la police des mois ou des années après avoir été commis. Ces affaires sont comptabilisées dans l'année au cours de laquelle la police en a été informée. Les données détaillées sur les homicides qui ont déjà été déclarés à Statistique Canada sont mises à jour chaque année en fonction de nouveaux renseignements, tout comme les données sur les auteurs présumés.

En raison de révisions apportées à la base de données de l'Enquête sur l'homicide, les données annuelles déclarées dans le cadre de cette enquête avant 2013 pourraient ne pas correspondre au nombre annuel d'homicides déclaré dans le cadre du Programme DUC. Les données de l'Enquête sur l'homicide sont annexées à la base de données du Programme DUC chaque année pour la déclaration des statistiques annuelles sur les crimes déclarés par la police.

Les renseignements sur les auteurs présumés d'homicide sont disponibles seulement pour les affaires résolues (c'est-à-dire celles dans lesquelles au moins un auteur présumé a été identifié). En ce qui concerne les affaires comptant plus d'un auteur présumé, seul le lien de l'auteur présumé le plus proche de la victime est consigné.

Dans le cadre de l'Enquête sur l'homicide, l'identité autochtone comprend les personnes identifiées comme Premières Nations (Indiens inscrits ou non), Métis ou Inuits, ou comme membres d'un groupe autochtone inconnu de la police. Une identité non autochtone désigne les cas où la police a confirmé qu'une victime ou qu'un auteur présumé n'a pas été identifié comme Autochtone.

Produits

L'article de Juristat « L'homicide au Canada, 2014 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible. Sous l'onglet Parcourir par ressource clé de notre site Web, choisissez Publications, Tous les sujets, Crime et justice, puis Juristat.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

Date de modification :