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Étude : Étudiants internationaux, immigration et croissance des revenus

Diffusion : 2017-08-22

Les étudiants internationaux sont de plus en plus considérés comme un groupe important de jeunes hautement instruits parmi lesquels sélectionner des résidents permanents. En décembre 2015, il y avait 353 000 étudiants internationaux ayant un permis d'études valide au Canada, en hausse par rapport à 84 000 en décembre 1995. Des étudiants internationaux admis au Canada au début des années 2000, 25 % sont devenus résidents permanents au cours des 10 années qui ont suivi. De ce nombre, près de la moitié ont présenté une demande de demandeur principal de la catégorie économique.

Un petit nombre d'études effectuées en Australie, au Canada et aux États-Unis donnent à penser que les avantages en matière de revenus qu'ont les anciens étudiants internationaux par rapport à d'autres immigrants économiques pourraient être soit limités, soit inexistants. Cela laisse entendre qu'une expérience scolaire avant l'admission dans un pays de destination comme le Canada peut en soi ne pas améliorer les résultats des immigrants sur le marché du travail par rapport aux grades universitaires obtenus à l'étranger. Par conséquent, les responsables des politiques et les chercheurs accordent dorénavant plus d'attention au rôle complémentaire que d'autres facteurs jouent, comme l'expérience de travail avant l'admission. Une étude publiée aujourd'hui par Statistique Canada présente de nouvelles preuves à ce sujet.

Cette étude porte sur les tendances des revenus de trois groupes de diplômés universitaires : des étudiants internationaux ayant obtenu un grade universitaire au Canada avant de devenir immigrants reçus (c.-à-d. des immigrants ayant fait des études au Canada), des personnes qui avaient obtenu un grade universitaire à l'étranger avant d'immigrer au Canada (c.-à-d. des immigrants formés à l'étranger) et des diplômés universitaires nés au Canada. Les tendances des revenus de ces groupes ont été étudiées pendant une période de 6 ans pour la cohorte de personnes âgées de 25 à 34 ans en 2006, et pendant plus de 20 ans pour la cohorte de personnes âgées de 25 à 34 ans en 1991.

Parmi la cohorte de 2006 constituée d'immigrants de sexe masculin ayant fait des études au Canada, les revenus annuels moyens un an après l'admission étaient 48 % inférieurs à ceux des diplômés nés au Canada. L'écart diminuait à 34 % six ans après l'admission. Chez les immigrantes ayant fait des études au Canada, l'écart concernant les revenus par rapport aux diplômées nées au Canada était de 39 % un an après l'admission et de 32 % six ans après l'admission.

La majorité de ces écarts de revenus étaient attribuables à des différences concernant l'historique d'expérience professionnelle des diplômés immigrants et de ceux nés au Canada. Avant de devenir immigrants reçus, 12 % des immigrants de sexe masculin ayant fait des études au Canada n'avaient aucune expérience de travail au Canada et 40 % avaient une expérience de travail antérieure avec des revenus annuels inférieurs à 20 000 $. Chez les diplômés de sexe masculin nés au Canada, presque tous avaient une expérience de travail antérieure et près de 90 % avaient une expérience de travail antérieure avec des revenus annuels de 20 000 $ et plus. Ces tendances étaient, dans l'ensemble, semblables chez les femmes.

Après la prise en compte des différences entre les groupes concernant l'expérience de travail antérieure au Canada, l'écart des revenus entre les immigrants ayant fait des études au Canada et les diplômés nés au Canada de la cohorte de 2006 disparaissait chez les hommes et les femmes. Dans le même ordre d'idées, l'expérience de travail antérieure représentait une grande partie de l'écart des revenus observé chez la cohorte de 1991.

Les immigrants ayant fait des études au Canada enregistraient des revenus après immigration supérieurs à ceux des immigrants ayant fait des études à l'étranger. Cependant, encore une fois, l'expérience de travail antérieure jouait un rôle important. Cinq ans après l'admission, les revenus annuels des immigrants de sexe masculin ayant fait des études au Canada qui n'avaient pas d'expérience de travail avant leur admission étaient 20 % inférieurs à ceux des immigrants de sexe masculin ayant fait des études à l'étranger. Chez les femmes, l'écart était de 7 %. Cela tient compte d'une vaste gamme de caractéristiques sociodémographiques et des pays d'origine. Les immigrants ayant fait des études au Canada qui avaient acquis une expérience de travail avant leur admission s'en sortaient mieux que les immigrants ayant fait des études à l'étranger.

Cinq ans après l'admission, les revenus annuels des immigrants qui avaient fait des études au Canada et qui comptaient trois années d'expérience de travail avec des revenus inférieurs à 20 000 $ avant leur admission étaient semblables ou supérieurs à ceux des personnes ayant fait des études à l'étranger. Cinq ans après l'admission, les personnes qui comptaient une expérience de travail de trois ans avec des revenus allant de 20 000 $ à 50 000 $ avant l'admission avaient un revenu annuel supérieur de 42 % à 61 %. En ce qui concerne environ 10 % des immigrants ayant fait des études au Canada qui comptaient trois années d'expérience de travail avec des revenus supérieurs à 50 000 $ avant l'admission, leurs revenus, cinq ans après l'admission, étaient plus de deux fois supérieurs à ceux des immigrants ayant fait des études à l'étranger. Ces différences relatives au revenu étaient plus importantes dans la cohorte de 2006 que dans la cohorte de 1991.

Ces résultats laissent entendre que l'expérience de travail antérieure au Canada et les revenus avant l'admission jouent un rôle croissant pour distinguer les résultats postmigratoires sur le marché du travail des immigrants ayant fait des études universitaires.

Produits

Le document de recherche « Étudiants internationaux, immigration et croissance des revenus : l'effet d'études universitaires prémigratoires au Canada », qui fait partie de la Série de documents de recherche, Direction des études analytiques (Numéro au catalogue11F0019M), est maintenant accessible.

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