La volatilité de l’Enquête sur la population active : mythe ou réalité?

20 novembre 2013

Chaque mois, nombreux sont ceux qui surveillent de près la publication des données de l'Enquête sur la population active (EPA), en particulier les économistes et les journalistes. L'enquête fournit un aperçu du nombre de Canadiens qui ont un emploi, ce qui constitue une indication importante de la direction de l'économie. Pour la plupart des Canadiens, l'emploi est synonyme de prospérité.

Toutefois, certains se sont récemment demandé si les fluctuations mensuelles du nombre de travailleurs canadiens étaient plus importantes et volatiles qu'à l'habitude. Cette préoccupation requerrait un examen plus approfondi en raison des décisions qui se fondent largement sur l'exactitude des données de l'EPA.

Par conséquent, l'équipe de l'EPA de Statistique Canada a examiné la question sous tous ses angles.

Selon les spécialistes de l'EPA, le degré de fluctuation enregistré est demeuré sensiblement le même d'un mois à l'autre depuis les années 1990. « Quand nous examinons les données, rien n'indique une volatilité accrue par rapport à ce que nous avons observé dans le passé. Ce n'est qu'une impression », affirme Christel Le Petit, gestionnaire de l'EPA.

En fait, même si nous avons dû nous adapter aux changements technologiques, notre façon de mesurer l'emploi n'a pas changé depuis les années 1970. La taille de l'échantillon, les questions et la méthodologie sont sensiblement les mêmes depuis près de 40 ans. L'enquête est remaniée tous les dix ans pour assurer qu'elle demeure représentative de la population.

Comme de nombreuses autres enquêtes de Statistique Canada, l'EPA suit les lignes directrices acceptées à l'échelle internationale, et ces lignes directrices ne changent pas beaucoup non plus.

Comme l'EPA est l'un des premiers indicateurs de changement économique, l'attention portée à l'enquête s'est récemment accrue, augmentant ainsi l'importance perçue de chaque fluctuation. Les gens recherchent généralement de nettes tendances à la hausse ou à la baisse. Dernièrement, la tendance de l'emploi est demeurée généralement stable, ce qui fait que chaque variation mensuelle paraît plus notable qu'elle ne l'est en réalité.

L'équipe de l'EPA recommande donc d'examiner plutôt les tendances à long terme que les plus récentes variations d'un mois à l'autre. Les données d'enquête sont toujours aussi fiables, et la variabilité des échantillons est demeurée la même. Par exemple, une hausse de 54 000 emplois, qui est considérée comme statistiquement significative, constitue une augmentation de seulement 0,3 % de la population active du Canada, laquelle compte 18 millions de personnes. Les analystes de Statistique Canada se penchent actuellement sur la façon dont les descriptions analytiques pourraient aider les utilisateurs à se concentrer sur les tendances à long terme.

L'EPA est l'indicateur économique mensuel ayant le délai de production le plus court à Statistique Canada, c'est-à-dire à peine 20 jours entre la période de référence et la diffusion des données. Ses 110 000 répondants par mois, soit le même nombre que pour la Current Population Survey des États-Unis (l'équivalent américain de l'EPA), en font l'une des plus vastes enquêtes-ménages de Statistique Canada.

Comme d'autres enquêtes, l'EPA dépend de la bonne volonté des répondants, qui sont tous joints au cours de neuf journées intensives d'appels téléphoniques et de suivi. Des mesures sont en cours pour permettre aux répondants qui le souhaitent de participer à l'enquête sur Internet.

L'EPA est conçue pour que ses données respectent les normes de qualité aux niveaux géographiques national, provincial et au niveau infraprovincial dans certains cas – comme pour les régions d'assurance-emploi – et produit les données utilisées pour déterminer les paiements du régime d'assurance-emploi. Elle englobe tous les travailleurs, y compris les travailleurs autonomes, et fournit des données sur les caractéristiques démographiques de la population active canadienne, soit les jeunes travailleurs, les travailleurs âgés, les travailleurs immigrants et les travailleurs autochtones.

En plus de montrer les tendances à long terme, l'EPA peut refléter les répercussions d'événements importants comme les inondations survenues en Alberta à la fin du mois de juin, la panne d'électricité de 2003 et la tempête de verglas de 1998. Les inondations de juin ont entraîné la perte totale de 7,5 millions d'heures de travail pour 300 000 travailleurs albertains, soit 13,5 % de la population active occupée de la province. Parallèlement, quelque 134 000 personnes, soit 6,0 % de l'ensemble des travailleurs, ont fait 2,4 millions d'heures supplémentaires. L'incidence nette a été une perte de 5,1 millions d'heures.

L'EPA continue de produire beaucoup de données très utiles. Si les utilisateurs s'inquiètent de la hausse ou de la baisse de cette ligne sur le graphique, c'est que, fort heureusement, ils y portent une grande attention.

Le mois prochain : Productivité

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