Découvrir les familles diversifiées du Canada avec Nora Spinks de l'Institut Vanier de la famille

23 juin 2017

Depuis plus de 25 ans, Nora Spinks étudie divers sujets liés à la diversité des familles et à la réalité de la vie de famille au Canada : de l'éducation à la dynamique culturelle et structurelle en milieu de travail, en passant par le logement et les soins de santé. Dans son rôle actuel comme présidente-directrice générale de L'Institut Vanier de la famille à Ottawa, elle dirige une équipe qui a pour mission de mieux comprendre la diversité et la complexité des familles. Fondé en 1965, l'Institut Vanier surveille la dynamique complexe et changeante de la vie de famille et publie des rapports à cet égard, en utilisant les données produites par Statistique Canada pour éclairer ses nombreux projets et programmes.

« Les données de Statistique Canada sont d'une importance capitale pour nos propres travaux, et aussi pour les personnes et les organismes qui veulent des processus décisionnels fondés sur des données probantes, ou qui participent à de tels processus, affirme Mme Spinks. À l'Institut Vanier, nous approfondissons l'analyse des données afin de mettre les chiffres dans leur contexte, et d'avoir une incidence positive sur la vie des Canadiens d'un océan à l'autre. »

Liens familiaux

Fondé par le gouverneur général Georges P. Vanier et madame Pauline Vanier à une époque marquée par un vent de changement sur le plan socioéconomique et culturel, dans les années 1960, l'Institut Vanier veut favoriser la compréhension des familles et de la vie de famille en diffusant les résultats de ses travaux auprès du public, notamment en prenant part à des activités comme le récent événement organisé par StatCan sur L'histoire de la diversité ethnoculturelle du Canada en chiffres.

Tenu le 25 avril 2017, cet événement présidé par le statisticien en chef du Canada, Anil Arora,représentait la première d'une série de quatre conférences marquant le 150e anniversaire de la Confédération du Canada. Près de 150 universitaires, historiens, étudiants, responsables des politiques, organismes communautaires et praticiens se sont réunis pour discuter de la diversité ethnoculturelle. Mme Spinks, l'une des cinq spécialistes à prendre part au groupe de discussion, a donné un aperçu des travaux de recherche et études en cours à l'Institut Vanier.

« Il y a quelques années, nous avons effectué une tournée de consultations nationale. Nous avons demandé aux gens de compléter la phrase "La famille, c'est…" avec un mot, car nous voulions savoir ce qui rapprochait les différents groupes ethnoculturels et ce qui les distinguait l'un de l'autre. Nous avons été surpris de découvrir que trois mots revenaient souvent chez tous les groupes de populations du pays : amour, soins et soutien. À l'Institut Vanier, nous étudions autant nos similitudes que nos différences. »

Basé à Ottawa, l'Institut Vanier fait la promotion de ses travaux dans les deux langues officielles et cherche toujours de nouveaux moyens d'établir des partenariats avec des chercheurs, des éducateurs, des étudiants, des journalistes et des responsables des politiques afin de rejoindre le plus de Canadiens possible et d'avoir une incidence positive et durable.

Mme Spinks explique : « Nous prenons divers moyens pour tenter de comprendre les familles et la complexité de la vie familiale, ainsi que la façon dont les familles sont touchées par les facteurs sociaux, économiques et environnementaux. Nous analysons les données selon la perspective de la famille; nous relevons les lacunes et les chevauchements dans les renseignements; nous traduisons et transférons les connaissances acquises; et nous appliquons cet apprentissage dans les politiques, les pratiques et les programmes de l'ensemble du pays. »

Sur le terrain

L'un des principaux partenariats de l'organisation est celui conclu avec les analystes de Statistique Canada, qui offrent des services de consultation sur l'analyse des statistiques et des rapports. « Nous commençons chaque journée par ce que nous appelons un "caucus", ou une réunion rapide en position debout. Pendant ces rencontres, nous parlons d'un communiqué du Quotidien ou d'un rapport et établissons s'il a une incidence sur nos projets. Il arrive que nous ayons une question pour nos collègues de StatCan, par exemple : "Qu'en pensez-vous? Avons-nous bien compris?" Les réponses que nous recevons sont excellentes, tant sur le plan de l'analyse statistique que sur celui de la communication. Nous ne serions pas en mesure de faire ce que nous faisons si ce n'était du personnel talentueux et dévoué de StatCan. »

Bien que l'Institut Vanier ait accès à une véritable mine de renseignements, Mme Spinks souligne que les données ne sont pas le seul fondement de leurs travaux de recherche et d'analyse. Elle accorde autant d'importance à l'expérience acquise en travaillant avec les communautés sur le terrain, qu'aux connaissances acquises en étudiant les chiffres : deux approches complémentaires qui, selon elle, sont rarement combinées.

« Une partie de notre travail consiste à être présent sur le terrain, mais nous devons également comprendre les chiffres qui se cachent derrière l'expérience. Par le passé, un bon nombre de nos politiques, pratiques et programmes étaient mis sur pied parce que nous avions l'impression qu'ils seraient utiles; alors nous mettions à l'essai, puis nous les mesurions. Maintenant que nous avons accès à davantage de données, nous pouvons élaborer autant de programmes fondés sur les données probantes que de programmes fondés sur l'expérience. L'un ne remplace pas l'autre; mais l'un suit parfois l'autre. »

L'Institut Vanier travaille actuellement à au moins sept projets à long terme, dont l'un porte sur les familles des militaires et des vétérans et la mobilité géographique liée à l'emploi. Deux de leurs plus récentes publications, Coup d'œil sur les femmes, le travail et la famille au Canada et Coup d'œil sur les hommes, le travail et les relations familiales au Canada, fondés sur diverses sources de données de StatCan, dont l'Enquête sociale générale et les articles Les femmes et le travail rémunéré et Évolution de la participation des parents aux tâches domestiques et aux soins des enfants de 1986 à 2015, fournissent un aperçu des réalités que vivent les hommes et les femmes, du point de vue de la famille et de l'emploi. Selon Mme Spinks, les recherches sur le travail et la vie de famille sont particulièrement importantes de nos jours, compte tenu de l'augmentation constante, depuis les quarante dernières années, du nombre de couples dont les deux conjoints travaillent à temps plein. L'examen de ces changements sociaux par l'Institut représente la première étape dans ses efforts pour créer et favoriser des milieux de travail sains et productifs.

« La prochaine étape consiste à examiner la façon dont le langage est utilisé. Par exemple, dans le cadre de nos recherches, nous avons constaté que le concept d'"équilibre travail-vie" est troublant pour certains, évoquant des images de corde raide ou de bascule. Nous avons plutôt trouvé que le terme "qualité travail-vie" était plus efficace pour favoriser des milieux de travail sains. Nous accordons donc beaucoup d'importance au langage utilisé dans nos travaux. »

Le chemin à suivre

L'étude des milieux de travail sains s'inscrivent dans l'exploration de nouvelles frontières qu'entreprend l'Institut Vanier en vue d'améliorer la vie des Canadiens. À titre de spécialiste invitée de la série de conférences de StatCan, Mme Spinks a déclaré que son objectif était d'aider les gens à examiner les différents sujets sous un nouvel angle ou de susciter ce qu'elle appelle des « ohhh, des wow et des hmm… »

« À la suite de la discussion en groupe, certaines personnes étaient intriguées et certaines parlaient avec passion et conviction; certaines soutenaient et approuvaient ce qu'elles entendaient, alors que d'autres remettaient en question et testaient les idées. Plus nous discutons ensemble, plus nous aurons l'occasion d'accomplir des choses. Pour ma part, que ce soit à la série de conférences ou dans le cadre de mon travail à l'Institut Vanier, si tout le monde en ressort avec au moins un "ohhh, wow ou hmm", c'est que nous avons fait notre travail.

Pour en savoir plus sur le programme d'activités de Statistique Canada visant à souligner Canada 150, visitez L'histoire du Canada racontée en chiffres.

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