Le marché du travail canadien s’est remis assez rapidement de la récession de 2008-2009. Durant le ralentissement économique, le chômage a atteint 8,7 % et le nombre de personnes occupées a chuté de 400 000 dans les 9 mois suivant le mois d’octobre 2008.
En janvier 2011 (27 mois après avoir atteint un sommet en octobre 2008), l’emploi avait entièrement regagné le terrain perdu et le chômage avait reculé à 7,8 %. Par contre, le marché du travail avait mis beaucoup plus longtemps à se remettre des récessions du début des années 1980 (40 mois) et 1990 (53 mois).
L’emploi a connu une hausse de 1,8 % (298 000 emplois) en 2010, principalement durant la première moitié de l’année. Il s’agit de la hausse la plus importante depuis 2007. Cette hausse est survenue après que l’emploi a reculé de 1,2 % en 2009.
La croissance s’est manifestée dans le travail à temps plein (215 000 emplois) et à temps partiel (83 000 emplois); l’emploi à temps partiel a toutefois augmenté plus rapidement (2,6 % contre 1,6 %). Cette situation tranche avec celle de 2009, année où l’emploi à temps plein a reculé de 1,5 % et où l’emploi à temps partiel a progressé de 0,2 %. Comme les travailleurs à temps plein étaient plus nombreux en 2010, le nombre d’heures travaillées a crû de 1,9 %, après avoir fléchi de 0,8 % l’année précédente.
Les travailleurs plus âgés ont affiché en 2010 la plus forte croissance de l’emploi. Chez les travailleurs de 55 ans et plus, l’emploi a grimpé de 6,4 % (180 000 emplois), la croissance étant bien répartie entre les hommes (6,0 %) et les femmes (6,8 %). L’emploi a progressé de 0,8 % chez les jeunes (de 15 à 24 ans) et chez les travailleurs du principal groupe d’âge actif (de 25 à 54 ans). Chez ces derniers, la croissance a profité entièrement aux hommes (2,0 %).
Lors du ralentissement économique, les jeunes travailleurs, les hommes et les personnes peu scolarisées ont enregistré des pertes d’emplois disproportionnées.
En 2010, la croissance de l’emploi s’est produite surtout dans le secteur privé, où il s’est créé 297 000 emplois (2,8 %). L’emploi dans le secteur public a crû de 3,1 % (109 000 emplois). Toutefois, le nombre de travailleurs autonomes a reculé de 3,9 % (108 000 emplois). En 2009, le nombre de travailleurs autonomes a augmenté de 85 000 et le nombre d’employés a diminué de 293 000; peu de changements ont été observés dans le secteur public.
Le secteur de la fabrication a dominé la croissance de l’emploi à la fin de l’année. En décembre 2010, l’emploi dans la fabrication est monté en flèche. En général, l’emploi dans ce secteur a augmenté de 2,2 % en 2010.
Les secteurs suivants ont toutefois affiché la plus forte croissance de l’emploi : transport et entreposage (9,8 %), ressources naturelles (7,3 %), services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien (6,8 %), administration publique (5,3 %) et construction (4,3 %).
À l’échelle provinciale, en 2010, les taux de croissance de l’emploi ont dépassé la moyenne nationale de 1,8 % à Terre-Neuve-et-Labrador (3,9 %), au Québec (2,4 %), au Manitoba (2,4 %) et en Ontario (2,3 %). Près des trois quarts des emplois en fabrication se trouvaient en Ontario et au Québec. À l’ouest du Manitoba, la croissance a été beaucoup plus lente que la moyenne nationale, et l’emploi s’est replié de 1,1 % dans chacune des provinces Maritimes.
Malgré la reprise intégrale de l’emploi après le ralentissement économique, une partie de la population active est restée sous-employée à la fin de 2010. Le sous-emploi est « visible » lorsqu’une personne occupée croit que ses heures de travail sont insuffisantes, et « invisible » lorsque les compétences d’une personne ne sont pas pleinement exploitées ou que son emploi est jugé inférieur aux normes en raison du salaire ou d’autres caractéristiques de l’emploi.
On peut estimer le sous-emploi visible en calculant le nombre de travailleurs à temps partiel qui préféreraient travailler à temps plein. D’octobre 2008 à octobre 2010, le nombre de travailleurs à temps partiel involontaire a bondi de 20,0 % (140 400 emplois). En octobre 2008, ces travailleurs sous-employés représentaient 4,1 % de la population active occupée; en octobre 2010, leur proportion atteignait 4,9 %.
Une autre mesure du chômage, appelée R7, que produit Statistique Canada conformément aux concepts et aux méthodes énoncés par l’Organisation internationale du Travail, englobe les travailleurs à temps partiel involontaire, dits sous-employés. Leur prise en compte peut accroître sensiblement le taux de chômage. En octobre 2008, le taux R7 était de 7,4 %, contre un taux de chômage courant de 5,6 %. En 2009, le R7 était de 9,9 % et le taux courant, de 7,6 %. En octobre 2010, le R7 avait fléchi de 0,6 point de pourcentage, mais restait nettement plus élevé qu’au début de la récession.