En 2010, les ventes au détail et en gros ont connu une reprise après avoir reculé pour la première fois en près de deux décennies en raison de la récession de 2008-2009.
De 2009 à 2010, les ventes au détail ont crû de 5,5 % (438.4 milliards de dollars en 2010). Dix des onze sous-secteurs du détail ont affiché une croissance, notamment celui des stations-service, dont les ventes ont grimpé de 15,5 % grâce à la hausse des prix et du volume. Les marchands de véhicules et de pièces automobiles ont vu leurs ventes croître de 7,9 % et les magasins de fournitures de tout genre, dont les grands magasins, de 4,7 %. Toutes les provinces ont affiché une hausse des ventes au détail en 2010. Le Québec a affiché la plus forte (6,3 %).
Sur les 10 catégories de marchandises de premier niveau, les ventes les plus importantes étaient celles des aliments et des boissons (103,3 milliards de dollars). Venaient ensuite les véhicules, les pièces, l’entretien et la réparation et la location d’automobiles (88,6 milliards). Le carburant, l’huile et les additifs (43,3 milliards), les produits de santé et de soins personnels (40,0 milliards), et les meubles, les accessoires de maison et les appareils électroniques (38,8 milliards) présentaient aussi les ventes les plus élevées.
Les ventes de carburant, d’huile et d’additifs ont affiché la plus forte hausse annuelle en 2010 (15,9 %), suivies des ventes de véhicules automobiles, de pièces, d’entretien et de réparation et de location d’automobiles (10,2 %), ainsi que celles de vêtements, de chaussures et d’accessoires (7,1 %). Ces hausses étaient toutes supérieures à la variation annuelle pour l’ensemble des 10 catégories. Les aliments et les boissons, la quincaillerie, les produits pour la pelouse et le jardin, les articles et les fournitures non électriques pour la maison, les meubles, les accessoires de maison et les appareils électroniques, et les produits de santé et de soins personnels ont tous affiché une croissance à un chiffre. Les articles de sport et de loisirs (-3,6 %) et tous les autres biens et services (-4,7 %) sont les deux catégories qui ont vu leurs ventes chuter de 2009 à 2010.
Après les pertes subies pendant la récession de 2008-2009, les ventes des grossistes ont augmenté de 8,1 % pour atteindre plus de 537,1 milliards de dollars en 2010. Les sept sous-secteurs du commerce de gros ont bénéficié de cette reprise. Celui des véhicules et des pièces automobiles a affiché le gain le plus important : par rapport à 2009, ses ventes ont grimpé de 18,7 % pour se chiffrer à 90,0 milliards de dollars. Venaient ensuite les ventes des grossistes-distributeurs de produits agricoles, en hausse de 12,8 % (6,5 milliards de dollars) et celles du sous-secteur des matériaux et fournitures de construction, en hausse de 10,5 % (73,9 milliards de dollars). Les ventes des grossistes ont crû dans l’ensemble des provinces et des territoires en 2010.
Contrairement aux récessions précédentes, les niveaux des stocks de détail et de gros n’ont pas joué un rôle important dans le ralentissement de 2008‑2009. À l’aide de techniques de gestion et de systèmes informatisés, les détaillants et les grossistes peuvent beaucoup mieux prévoir et stabiliser les niveaux des stocks pour éviter un excédent ou une pénurie de marchandises à vendre. Pendant la dernière récession, les niveaux des stocks ont baissé régulièrement, les ventes au détail et en gros ayant reculé respectivement de 16 % et 4 % avant de reprendre avec la demande en 2010. Les détaillants et les grossistes ont commencé à reconstituer leurs stocks au premier trimestre de 2010, lorsque le ratio des stocks aux ventes a atteint un creux record dans les deux secteurs (la situation est avantageuse lorsque le ratio est faible). Ce résultat est partiellement attribuable au rebond rapide du logement et des ventes de détail.
Comme plusieurs autres industries, les détaillants et les grossistes ont connu une hausse du taux d’emploi en 2010 (1,0 % pour atteindre 2,7 millions d’employés) après avoir baissé de 1,2 % en 2009. L’emploi dans le commerce de détail a crû de 1,4 %, tandis que l’emploi dans le commerce de gros a baissé de 0,5 %. À l’échelle provinciale, Terre-Neuve-et-Labrador a affiché la plus forte hausse de l’emploi dans les magasins de détail (10,4 %) et la Saskatchewan, la plus forte baisse (-2,0 %). L’emploi chez les grossistes a crû le plus à l’Île-du-Prince Édouard (25,0 %) et a reculé le plus en Nouvelle-Écosse (13,9 %).
L’emploi a progressé de 3,1 % dans les magasins de détail de vêtements et d’accessoires vestimentaires en 2010; il a chuté de 3,3 % dans les magasins de détail d’aliments et de boissons. L’emploi chez les grossistes de produits agricoles a crû de 4,6 % en 2010; il a reculé de 2,8 % chez les grossistes de produits pétroliers. À plus long terme, les détaillants et les grossistes ont connu une croissance de l’emploi. En 2000, l’effectif chez les détaillants se situait à 1,8 million; en 2010, il est passé à près de 2,1 millions de personnes, soit une hausse de 16,8 %. L’effectif chez les grossistes a crû de 15,2 % : 545 800, puis 628 900 employés.