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L’économie canadienne en transition

Le travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société au Canada, 1989 à 2010

Le travail autonome au sein d'une entreprise non constituée en société au Canada, 1989 à 2010

par Sumaya Bahar et Huju Liu, Division de l'analyse économique, Statistique Canada

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Résumé

En se fondant sur les données administratives de l’Agence du revenu du Canada, la présente étude décrit les variations de l’importance du travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société au cours de la période de 1989 à 2010. Le taux agrégé de travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société a augmenté considérablement au cours d’une bonne partie des années 1990, puis a diminué après 1998. Bien que cette diminution subséquente ait été particulièrement importante chez les groupes plus âgés, l’incidence du travail autonome parmi ces cohortes plus âgées est demeurée considérablement plus élevée que celle parmi les cohortes plus jeunes. Ainsi, au cours de l’ensemble de la période visée par l’étude, le vieillissement de la population et le déplacement des emplois vers les groupes plus âgés ont donné lieu à une augmentation du taux agrégé de travail autonome. Si ces changements démographiques n’avaient pas eu lieu, la diminution du taux de travail autonome après 1998 aurait été plus prononcée que celle qui a été observée. Parmi les différentes catégories de travail autonome, celles de l’agriculture et de la pêche ont connu une diminution continue du nombre de travailleurs autonomes au cours des 20 dernières années. L’étude a aussi permis de constater que les tendances cycliques varient d’une catégorie de travail autonome à l’autre. Les travailleurs autonomes dans la catégorie de la location ont tendance à être plus contracycliques, tandis que ceux dans la catégorie des entreprises sont plus procycliques. En règle générale, les entreprises non constituées en société présentent des taux de roulement (la somme des entrées et des sorties) plus élevés que les entreprises constituées en sociétés.

Mots-clés : travail autonome, changement démographique, entrée et sortie, caractère cyclique

Sommaire

Le Canada compte un grand nombre d’entreprises non constituées en société qui jouent un rôle fondamental aux premières étapes du cycle de vie des entreprises. La présente étude fournit des données sommaires soulignant l’importance d’un groupe spécifique de travailleurs autonomes : ceux dont la source principale de revenu est une entreprise non constituée en société.

Les travailleurs autonomes d’entreprises non constitués en société visés par la présente étude ont produit une déclaration de revenu des particuliers (formulaire T1) de l’Agence du revenu du Canada et ont indiqué qu’un revenu du travail autonome était la principale source de leur revenu. L’étude porte sur la période de 1989 à 2010.

L’étude a permis de constater que le taux de travail autonome associé à ces entreprises non constituées en société a augmenté pendant la majeure partie des années 1990, mais qu’il a par la suite diminué après 1998. Bien que cette diminution du travail autonome après 1998 ait été particulièrement marquée chez les groupes plus âgés, l’incidence du travail autonome parmi ces cohortes plus âgées est demeurée considérablement plus élevée que celle parmi les cohortes plus jeunes. Ainsi, au cours de l’ensemble de la période visée par l’étude, le vieillissement de la population et le déplacement des emplois vers les groupes plus âgés ont donné lieu à une augmentation du taux agrégé de travail autonome. Si ces changements démographiques ne s’étaient pas produits, la diminution du taux de travail autonome après 1998 aurait été plus prononcée que celle qui a été observée.

Parmi les différentes catégories de travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société, la catégorie des entreprises a connu le taux de croissance le plus élevé entre 1989 et 2010, suivie des catégories de la location et des professions libérales. Le travail autonome dans les catégories de la pêche et de l’agriculture a diminué.

Les tendances cycliques des entrées et des sorties du travail autonome concordent avec une version de l’hypothèse des facteurs de poussée, en ce sens que les entrées du travail autonome étaient en général plus nombreuses au cours des années 1990 lorsque les marchés du travail étaient plus faibles, et qu’elles étaient moins nombreuses vers la fin des années 1990 lorsque les marchés du travail se portaient mieux.

Le travail autonome au sein des entreprises non constituées en société se caractérise par des taux de roulement annuels (la somme des entrées et des sorties) élevés, soit environ 70 % en moyenne.

1 Introduction

Le Canada compte un groupe relativement nombreux de travailleurs autonomes qui exploitent des entreprises non constituées en sociétéNote 1. En 2014, plus de 1,5 million de Canadiens étaient engagés dans des activités de travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société, représentant 9 % de l’ensemble des emploisNote 2.

Les travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société présentent un intérêt pour de multiples raisons. Ce groupe forme un bassin d’entrepreneurs potentiels qui jouent un rôle essentiel dans les premières étapes du cycle de vie des entreprises. Davis et coll. (2005) ont montré qu’aux États-Unis, vers la fin des années 1990, la transition des entreprises ne comptant pas de salariés (pour la plupart non constituées en société) en entreprises comptant des salariés avait donné lieu à 28 % des nouvelles entreprises comptant des salariés et à 20 % de leurs revenusNote 3.

De plus, le travail autonome peut constituer une activité bénéfique et satisfaisante à l’écart des activités économiques habituelles fondées sur un emploi rémunéré. Le travail autonome offre aussi aux particuliers une solution de rechange lorsque les possibilités d’emploi rémunéré s’amenuisent à l’occasion des ralentissements économiquesNote 4.

La présente visait spécifiquement les travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société, c’est-à-dire dont la principale source de revenus est tirée d’une entreprise non constituée en société. Le travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société regroupe une part beaucoup plus grande de travailleurs autonomes canadiens que le travail autonome au sein d’une entreprise constituée en société, représentant environ 60 % du travail autonome total en 2014Note 5. En règle générale, on juge que le travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société comporte des coûts d’entrée et de sortie plus faibles en comparaison du travail autonome dans une entreprise constituée en société. Ainsi, les possibilités sont plus nombreuses pour les particuliers exerçant différents types de travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société : exploiter leur propre entreprise; exercer une profession; diriger une exploitation agricole ou de pêche; offrir des services d’hébergement dans des logements locatifs.

La majorité des études sur le travail autonome utilisaient les données de l’Enquête sur la population active (EPA) ou de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR)Note 6. La présente étude utilise plutôt les données administratives dérivées des déclarations de revenu des particuliers T1 produites par des CanadiensNote 7. Elle couvre l’univers des particuliers produisant une déclaration de revenus, et peut être utilisée pour créer des séries chronologiques uniformes remontant à 1989. Le recours aux données administratives plutôt qu’aux données de l’EPA présente plusieurs avantages : on peut suivre des particuliers au fil du temps, ce qui permet l’examen de l’entrée et de la sortie d’un travail autonome dans une entreprise non constituée en société; et les fichiers administratifs permettent d’étudier le travail autonome dans une entreprise non constituée en société par type de revenu (professions libérales, entreprises, agriculture, pêche, location), un mode de catégorisation que l’EPA ne permet pas d’exploiter. Bien que les données de l’EDTR permettent de suivre des particuliers au fil des années et d’examiner les travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société par type de gain, le nombre de particuliers visés par l’EDTR est faible en comparaison du nombre visé par les données administratives. Le recours à l’univers des particuliers produisant une déclaration de revenus T1 permet d’étudier la dynamique des petites populations plus en détail. Toutefois, les données administratives ne sont pas aussi actuelles que celles de l’EPA.

La présente étude couvre la période allant de 1989 à 2010. Elle examine dans un premier temps les variations dans le temps du nombre de travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société, et cherche à déterminer le pourcentage de l’ensemble des emplois représenté par les travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société. Par ailleurs, l’étude examine la façon dont la tendance à créer des entreprises non constituées en société varie selon les groupes d’âge, et tente de déterminer si le vieillissement de la population a influé sur le travail autonome au fil des années. Elle analyse ensuite si les tendances diffèrent selon la catégorie de travail autonome (pêche, agriculture, professions libérales, location et entreprises). Enfin, l’étude examine la dynamique des entrées et des sorties du travail autonome dans une entreprise non constituée en société.

2 Données et définitions : Qui sont les travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société?

La base de données utilisée dans la présente étude regroupe les déclarations de revenu des particuliers (fichiers T1) de l’Agence du revenu du Canada (ARC) couvrant la période de 1988 à 2010. Les fichiers T1 englobent tous les particuliers au Canada qui ont produit une déclaration de revenus. Par conséquent, les fichiers fournissent un nombre approximatif d’entreprises non constituées en sociétéNote 8. Les fichiers contiennent des renseignements démographiques de base sur chaque particulier ayant produit une déclaration de revenus, comme l’âge, le sexe, l’état matrimonial et l’emplacement géographique. Ces fichiers contiennent aussi des renseignements détaillés sur les gains et les revenus des particuliers, notamment différents types de gains du travail autonome (professions libérales, entreprises, agriculture, pêche et location), les gains d’un emploi rémunéré tirés des fichiers T4 ainsi que d’autres revenus d’emploi. Ces fichiers permettent d’étudier la population des travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société au Canada au fil du temps.

Dans le présent article, un particulier est considéré comme un travailleur autonome d’une entreprise non constituée en société s’il déclare des revenus pour une année donnée dans l’une ou l’autre des cinq catégories de travail autonome : entreprises, professions libérales, agriculture, pêche ou location. La définition est ensuite davantage circonscrite en sélectionnant seulement les particuliers dont les revenus nets du travail autonome (la somme des revenus nets des cinq catégories susmentionnées) sont positifs, et supérieurs aux gains pour un emploi rémunéré au cours d’une année donnéeNote 9.

3 Aperçu du travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société

De 1989 à 2010, le taux de travail autonome, c’est-à-dire la part des travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société dans l’ensemble des emploisNote 10, s’élevait en moyenne à 10 %, ce qui représentait 1 715 483 travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société par année (tableau 1). Le taux est passé de 8,4 % en 1989 à un sommet de 10,9 % en 1998 (graphique 1 et tableau 1). Cette période d’accroissement du taux de travail autonome coïncidait avec une période où les taux de chômage étaient particulièrement élevés; au cours de la période de 1989 à 1998, le taux de chômage annuel moyen était de 9,5 %. Lorsque le taux de chômage a diminué au cours de la décennie subséquente, le taux de travail autonome a diminué également, en baisse par rapport à son sommet de 1998 pour s’établir à 10,1 % en 2003. Il s’est maintenu près de ce niveau jusqu’à la fin de la décennie, pour s’élever à 10,3 % en 2010, parallèlement à l’augmentation du chômage.

Graphique 1 Taux de travail autonome au sein d'une entreprise non constituée en société, Canada, 1989 à 2010

Description du graphique 1

4 Incidence des changements démographiques sur les taux de travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société

Comme on l’a souligné à la section précédente, le taux agrégé de travail autonome est calculé en divisant le nombre de travailleurs autonomes par l’ensemble des emplois (le nombre de personnes qui déclarent un revenu de travail autonome ou un revenu d’emploi). Ce taux a augmenté de 2,5 points de pourcentage puis a diminué graduellement par la suite.

Les taux de travail autonome selon le groupe d’âge ont connu des tendances à la hausse similaires de 1989 à 1998 puis des tendances à la baisse après 1998 (graphique 2). La plupart des groupes d’âge, à l’exception du groupe le plus jeune, ont affiché une baisse. Cependant, les groupes plus âgés (55 à 64 ans et 65 ans et plus) ont affiché une baisse beaucoup plus marquée après 1998 comparativement aux autres groupes d’âge. Quoi qu’il en soit, le taux de travail autonome chez les cohortes plus âgées est demeuré plus élevé, dans certains cas considérablement plus élevé, que chez les cohortes plus jeunes.

Graphique 2 Taux de travail autonome au sein d'une entreprise non constituée en société, pour chaque groupe d'âge, Canada, 1989 à 2010

Description du graphique 2

Au cours de la même période, la part de l’emploi chez les groupes plus âgés (45 à 54 ans, 55 à 64 ans et 65 ans et plus) dans l’ensemble des emplois a augmenté, tandis que la part chez les groupes plus jeunes a diminué (graphique 3). Entre 1989 et 1998, la part de l’emploi des particuliers âgés de 45 à 54 ans a affiché l’augmentation la plus importante, en hausse de 5,4 points de pourcentage pour passer de 16,6 % à 21,9 %. Ce sont les groupes les plus âgés (55 à 64 ans et 65 ans et plus) qui ont affiché les deuxièmes plus importantes augmentations. Entre 1998 et 2010, la part de l’emploi des particuliers âgés de 55 à 64 ans et de 65 ans et plus a augmenté de 6,0 points de pourcentage et de 3,3 points de pourcentage, respectivement. Pendant presque toute la période visée par l’étude, la part de l’emploi des particuliers âgés de 25 à 44 ans a diminué. En 1989, 54,5 % de l’ensemble des emplois se composait de personnes âgées de 25 à 44 ans. En 2010, seulement 39,7 % de l’ensemble des emplois était occupé par des personnes âgées de 25 à 44 ans, ce qui constitue une chute de 14,8 points de pourcentage.

Graphique 3 Composition par groupe d'âge de l'ensemble des emplois, Canada, 1989 à 2010

Description du graphique 3

Puisque les groupes plus âgés tendent à avoir des taux plus élevés de travail autonome, la part croissante des groupes plus âgés dans l’ensemble des emplois aura tendance à faire augmenter le taux agrégé de travail autonome. Cette situation s’explique par le fait que le taux agrégé de travail autonome est simplement une moyenne pondérée des taux de travail autonome des différentes cohortes. Pour mesurer l’incidence des changements démographiques, le changement du taux agrégé de travail autonome est décomposé en une partie attribuable aux variations des taux de travail autonome au sein d’un même groupe d’âge et en une partie attribuable aux variations de la composition des groupes d’âge dans l’ensemble des emplois. La première partie maintient en place la composition des groupes d’âge, tandis que la seconde maintient en place les taux de travail autonome au sein d’un même groupe d’âge. Cette approche permet de discerner les variations de la croissance ou du déclin du travail autonome au sein des groupes d’âge ainsi que le déplacement de l’emploi vers les groupes qui comportent un taux plus élevé de travail autonome.
Supposons que S t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4uamaaBa aaleaacaWG0baabeaaaaa@37F4@ est le taux agrégé de travail autonome pendant la période t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@370F@ ; que S t i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4uamaaDa aaleaacaWG0baabaGaamyAaaaaaaa@38E3@ est le taux de travail autonome pour chaque groupe d’âge i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGPbaaaa@3704@ pendant la période t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@370F@ ; et que λ t i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeq4UdW2aa0 baaSqaaiaadshaaeaacaWGPbaaaaaa@39BF@ est la part de l’emploi du groupe d’âge i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGPbaaaa@3704@ pendant la période t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@370F@ . La variation du taux agrégé de travail autonome entre deux périodes de temps, t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@370F@ et tk MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0bGaeyOeI0Iaam4Aaaaa@38EC@ , peut être représentée mathématiquement par l’équation suivante :

S t S tk = i=1 5 λ t i S t i i=1 5 λ tk i S tk i = i=1 5 ( λ t i + λ tk i ) 2 ( S t i S tk i )+ i=1 5 ( S t i + S tk i ) 2 ( λ t i λ tk i ).          (1) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGceaabbeaacaWGtb WaaSbaaSqaaiaadshaaeqaaOGaeyOeI0Iaam4uamaaBaaaleaacaWG 0bGaeyOeI0Iaam4AaaqabaGccqGH9aqpdaaeWbqaaiabeU7aSnaaDa aaleaacaWG0baabaGaamyAaaaaaeaacaWGPbGaeyypa0JaaGymaaqa aiaaiwdaa0GaeyyeIuoakiaadofadaqhaaWcbaGaamiDaaqaaiaadM gaaaGccqGHsisldaaeWbqaaiabeU7aSnaaDaaaleaacaWG0bGaeyOe I0Iaam4AaaqaaiaadMgaaaaabaGaamyAaiabg2da9iaaigdaaeaaca aI1aaaniabggHiLdGccaWGtbWaa0baaSqaaiaadshacqGHsislcaWG RbaabaGaamyAaaaaaOqaaiabg2da9maaqahabaWaaSaaaeaacaGGOa Gaeq4UdW2aa0baaSqaaiaadshaaeaacaWGPbaaaOGaey4kaSIaeq4U dW2aa0baaSqaaiaadshacqGHsislcaWGRbaabaGaamyAaaaakiaacM caaeaacaaIYaaaaaWcbaGaamyAaiabg2da9iaaigdaaeaacaaI1aaa niabggHiLdGccaGGOaGaam4uamaaDaaaleaacaWG0baabaGaamyAaa aakiabgkHiTiaadofadaqhaaWcbaGaamiDaiabgkHiTiaadUgaaeaa caWGPbaaaOGaaiykaiabgUcaRmaaqahabaWaaSaaaeaacaGGOaGaam 4uamaaDaaaleaacaWG0baabaGaamyAaaaakiabgUcaRiaadofadaqh aaWcbaGaamiDaiabgkHiTiaadUgaaeaacaWGPbaaaOGaaiykaaqaai aaikdaaaaaleaacaWGPbGaeyypa0JaaGymaaqaaiaaiwdaa0Gaeyye IuoakiaacIcacqaH7oaBdaqhaaWcbaGaamiDaaqaaiaadMgaaaGccq GHsislcqaH7oaBdaqhaaWcbaGaamiDaiabgkHiTiaadUgaaeaacaWG PbaaaOGaaiykaiaac6cacaqGGaGaaeiiaiaabccacaqGGaGaaeiiai aabccacaqGGaGaaeiiaiaabccacaqGGaGaaeikaiaabgdacaqGPaaa aaa@9F04@

Le premier élément de la section droite de l’équation représente la variation résultant des changements des taux de travail autonome au sein d’un même groupe d’âge, en maintenant constante la part de l’emploi de chaque groupe à la moyenne de t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@370F@ et de tk MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0bGaeyOeI0Iaam4Aaaaa@38EC@ . Le second élément représente la variation résultant du changement de la composition démographique (la variation de la part de l’emploi de chaque groupe d’âge), en maintenant constant le taux de travail autonome au sein de chaque groupe d’âge à la moyenne de t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@370F@ et de tk MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0bGaeyOeI0Iaam4Aaaaa@38EC@ . Le tableau 2 présente les résultats de cette décomposition pour deux sous-périodes, 1989 à 1998 et 1998 à 2010.

Au cours de la période de 1989 à 1998, le taux de travail autonome a augmenté dans tous les groupes d’âge (graphique 2). Pendant cette même période, le vieillissement de la population a fait progresser les emplois vers les groupes plus âgés (graphique 3). Par conséquent, l’augmentation de 2,5 points de pourcentage du taux agrégé de travail autonome était attribuable à la fois à une augmentation de 1,9 point de pourcentage, en raison de la composante « au sein d’un même groupe d’âge », et à une hausse de 0,5 point de pourcentage en raison d’un déplacement de la part de l’ensemble des emplois vers les groupes plus âgés (tableau 2). On peut ainsi conclure que les variations des taux de travail autonome au sein d’un même groupe d’âge ont le plus contribué (78 %) à l’augmentation du taux agrégé de travail autonome, et que la variation de la composition des groupes d’âge a contribué au reste de l’augmentation (22 %).

Au cours de la période postérieure à 1998, le taux agrégé de travail autonome a diminué légèrement de 0,6 point de pourcentage (tableau 2), passant de 10,9 % en 1998 à 10,3 % en 2010 (tableau 1). La légère diminution du taux agrégé de travail autonome était attribuable aux effets compensatoires de deux composantes sous-jacentes : la diminution du taux de travail autonome dans la majorité des groupes d’âge, et le déplacement des emplois vers les cohortes plus âgées. La composante « au sein d’un même groupe d’âge » a contribué à une diminution de 2,0 points de pourcentage. Ainsi, s’il n’y avait eu aucune variation de la composition des groupes d’âge au cours de la période de 1998 à 2010, la diminution du taux de travail autonome selon le groupe d’âge aurait aisément compensé l’augmentation de 2,5 points de pourcentage du taux agrégé de travail autonome observée au cours de la période 1989 à 1998. Toutefois, l’effet du changement démographique a seulement commencé à augmenter après 1998. La variation de la composition des groupes d’âge a contribué à une augmentation de 1,4 point de pourcentage du taux agrégé de travail autonome après 1998, en comparaison d’une contribution de 0,5 point de pourcentage au cours de la période 1989 à 1998. Par conséquent, on peut conclure que les variations continues des tendances démographiques masquent l’ampleur réelle du taux de roulement lié au taux de travail autonome après 1998.

5 Catégories de travail autonome au sein d’entreprises non constituées en société

L’ARC comptabilise cinq catégories de travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société : entreprises, professions libérales, agriculture, pêche et location. La catégorie des entreprises se compose de particuliers qui vendent un produit ou fournissent un service en vue de réaliser un bénéfice. Les revenus de la catégorie « entreprises » sont des ventes ou des honoraires. La catégorie des professions libérales se compose de membres de professions officiellement reconnues qui sont assujetties à un organe de gouvernance (p. ex. ingénieurs, professionnels de la santé, avocats, comptables). La catégorie de l’agriculture se compose de particuliers qui gagnent un revenu à titre de propriétaire unique d’une ferme ou de participant dans une société de personnes agricole. La catégorie de la pêche se compose de particuliers qui gagnent un revenu à titre de pêcheur propriétaire unique ou de participant dans une société de pêcheries. La catégorie de la location se compose de particuliers qui gagnent un revenu en louant des maisons, des appartements, des chambres, des espaces dans un immeuble de bureaux et d’autres propriétés immobilières ou mobilières. Sont également englobées dans cette catégorie les personnes qui gagnent un revenu locatif en louant des espaces et en fournissant des services de base, notamment le chauffage, l’éclairage, le stationnement et la buanderie. Si les locataires reçoivent des services additionnels (p. ex. ménage, sécurité, repas), alors cette activité de location peut être classée dans la catégorie des entreprises plutôt que dans celle de la locationNote 11.

On prévoit que l’importance relative des travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société dans l’ensemble de l’emploi variera en fonction des changements dans l’avantage relatif d’un emploi autonome par rapport à un emploi rémunéré, dans l’avantage d’être non constitué en société par rapport à être constitué en société, et du rendement des secteurs au sein desquels le travail autonome est particulièrement important.

Au cours de la période visée par l’étude, des changements sont survenus au sein de différents secteurs, plus spécifiquement ceux dans lesquels le travail autonome est particulièrement important. Par exemple, il y a eu une diminution constante de l’emploi dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Le déclin du secteur de l’agriculture est attribuable à la diminution du nombre de fermes de petite taille au profit d’exploitations agricoles de grande taille. Kamhi et Leung (2005) ont constaté qu’environ 38 % de la diminution du travail autonome au début des années 2000 pouvait être attribuée au déclin de l’industrie agricole.

Les entreprises constituées en société disposent de plusieurs avantages comparativement aux entreprises non constituées en société, notamment la responsabilité limitée des actionnaires, une durée de vie illimitée et une capacité renforcée d’emprunter du capital. Par ailleurs, les taux d’imposition des sociétés au Canada ont été réduits au cours des années 2000, ce qui a pu inciter des entreprises non constituées en société à se transformer en entreprises constituées en société.

De 1989 à 2010, la catégorie des entreprises affichait le taux de croissance annuel le plus élevé parmi les différents secteurs du travail autonome dans une entreprise non constituée en société avec 3,5 %, suivie de la catégorie de la location avec 2,6 % (tableau 3). Le secteur des professions libérales a affiché un taux de croissance annuel de 1,3 % au cours de toute la période, mais a en général connu un déclin depuis 2000. En revanche, au cours de toute la période, les secteurs de l’agriculture et de la pêche ont décliné respectivement d’environ 2 % et 3 % par année en moyenne.

En termes de niveau de référence, entre 1989 et 2010, en moyenne 31 095 travailleurs autonomes se sont ajoutés à la catégorie des entreprises chaque année (tableau 4). Venait ensuite le secteur de la location, auquel se sont ajoutés 6 520 travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société chaque année au cours de la même période. Enfin, le secteur des professions libérales a connu une augmentation moyenne de 2 249 travailleurs chaque année. Par contre, au cours de la même période, le nombre de travailleurs autonomes dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche a diminué, en moyenne, de 3 293 et de 849 personnes chaque année, respectivement.

La réaction spécifique aux cycles économiques varie elle aussi en fonction de la catégorie de travail autonome. Pendant la récession au début des années 1990, le nombre de travailleurs autonomes exerçant des activités de location a augmenté de 6 % à 9 %, et pendant la récession de 2008-2009, ce nombre a augmenté d’environ 8 % (tableau 3). Il semble que la participation à cette catégorie soit contracyclique; lorsque les conditions économiques générales et les marchés du travail se sont détériorés, le travail autonome lié aux activités de location et de location à bail a augmenté. Au contraire, il semble que le travail autonome dans la catégorie des entreprises soit procyclique. Lorsque l’activité économique générale a diminué, la croissance du travail autonome dans la catégorie des entreprises a elle aussi ralenti, comme on a pu l’observer au cours de la récession de 1991-1992, du début des années 2000 et de la récession de 2008-2009.

6 Entrées et sorties

Les données sur les entrées et les sorties des travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société nous aident elles aussi à éclairer la dynamique des entrepreneurs autonomes. Ces données fournissent de l’information sur la taille des groupes de travailleurs autonomes qui mettent en œuvre de nouvelles entreprises. Et par conséquent, ces données sont parfois interprétées comme une mesure du volume d’entrepreneuriat. Par ailleurs, les taux de sortie reflètent les échecs d’entrepreneurs autonomes établis, qui surviennent normalement dans le contexte d’une dynamique concurrentielle ou en conséquence d’autres facteurs. Le volume des entrées et des sorties du travail autonome dans une entreprise non constituée en société peut fournir un point de référence pour comparer l’intensité du processus dans ce secteur, en comparaison du secteur des employeurs et des sociétés pour lequel il existe déjà beaucoup de donnéesNote 12.

Suivant Lin, Yates et Picot (1999), les entrées correspondent à des particuliers qui produisent une déclaration de revenus et déclarent des gains tirés d’un travail autonome pour une année donnée, mais non pour l’année précédente. Les sorties sont comptabilisées lorsqu’un particulier produit une déclaration de revenus et déclare des gains d’un travail autonome pour une année donnée, mais non pour l’année suivante. Le taux de travail autonome correspond au nombre de travailleurs autonomes calculé comme pourcentage de l’ensemble des emplois (tous les particuliers produisant une déclaration de revenus dans laquelle ils déclarent des gains positifs). Les taux d’entrée et de sortie correspondent au nombre d’entrées et de sorties calculé comme fraction du travail autonome total.

Au cours de la période de 1989 à 2010, des mouvements importants ont été observés, à la fois vers et en provenance du travail autonome au sein d’entreprises non constituées en société. Chaque année entre 1989 et 2010, plus d’un demi-million de Canadiens en moyenne ont lancé leur propre entreprise commerciale et sont devenus des travailleurs autonomesNote 13. Ce nombre représentait 36 % de la population des travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société. Par contre, chaque année au cours de cette même période, près d’un demi-million de travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société ont cessé leurs activités, ce qui représente 33 % des propriétaires d’entreprises non constituées en société. Ces taux d’entrée et de sortie sont considérablement plus élevés comparativement aux entreprises comptant des salariés, comme l’avaient montré Ciobanu et Wang (2012). Entre 2000 et 2008, les taux d’entrée pour les entreprises canadiennes comptant des salariés définies similairement (à la fois constituées et non constituées en société, avec des employés) s’élevaient en moyenne à 10,8 %, tandis que les taux de sortie s’élevaient en moyenne à 9,0 %.

Dans l’ensemble, entre 1989 et 2010, les flux bruts d’entrées et de sorties du travail autonome dans une entreprise non constituée en société étaient en moyenne de 1,2 million par année, ce qui représentait 70 % de la population totale des travailleurs autonomes d’entreprises non constituées en société. Au cours de cette même période, le nombre des entrées a excédé celui des sorties chaque année, le secteur du travail autonome au sein d’une entreprise non constituée en société ayant eu une augmentation moyenne de 53 369 particuliers par année (tableau 5).

De nombreuses études publiées ont examiné la nature cyclique du travail autonome, et plus particulièrement les variations du travail autonome en fonction du taux de chômage. Cependant, il y a peu d’éléments cohérents démontrant l’existence d’un tel caractère cyclique du travail autonome dans différents pays. Le caractère cyclique du travail autonome est souvent décrit comme découlant de facteurs de poussée ou de facteurs d’attraction.

Les facteurs de poussée suscitent l’entrée dans le travail en raison d’un manque d’emplois offrant un revenu suffisant, tandis que les facteurs d’attraction sont liés à de nouvelles possibilités plus rentables en matière de travail autonome. Pour certains pays, tels que le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Norvège et la Suède, un taux de chômage plus élevé accroît le volume du travail autonome (les facteurs de poussée prédominent) (Blanchflower, 2000). Pour d’autres pays, comme l’Autriche, le Danemark et la Finlande, le taux de chômage influe négativement sur le travail autonome (les facteurs d’attraction prédominent). Lin, Garnett et Compton (2000) indiquent qu’au Canada, des années 1980 jusqu’aux années 1990, le chômage n’a eu aucune incidence sur les entrées du travail autonome, mais a eu une incidence négative sur les sorties.

Le graphique 4 illustre la trajectoire du taux d’entrée net au travail autonome dans une entreprise non constituée en société et celle du taux de chômage au Canada au cours de la période visée par l’étude. Selon l’hypothèse des facteurs de poussée, le travail autonome et l’entrée au travail autonome augmentent lorsque les conditions économiques se détériorent (lorsque le taux de chômage augmente), et vice versa. Il y a aussi moins de sorties du travail autonome lorsque le taux de chômage est élevé, puisque les chances de trouver d’autres emplois rémunérés diminuent. On peut donc supposer que le taux d’entrée net (la différence entre le taux d’entrée et le taux de sortie) augmente lorsque le taux de chômage est élevé et diminue lorsque le taux de chômage est faible. Les tendances illustrées dans le graphique 4 concordent généralement avec l’hypothèse des facteurs de poussée. Le taux d’entrée net était plus élevé au début des années 1990, lorsque le taux de chômage était élevé, et a par la suite diminué au cours de la décennie subséquente, lorsque les conditions du marché du travail se sont améliorées. À l’exception des années 2005 et 2007, le taux d’entrée net est demeuré faible au cours des années 2000, lorsque le taux de chômage était relativement faible. Plus récemment, en 2010, l’augmentation du taux d’entrée net coïncidait avec le retour d’un taux de chômage plus élevé après la plus récente récession. Pendant l’ensemble de la période de 1989 à 2010, la corrélation entre le taux d’entrée net et le taux de chômage était de 0,63. La corrélation entre le taux d’entrée et le taux de chômage était de 0,60 tandis que la corrélation entre le taux de sortie et le taux de chômage était de -0,37, ces deux valeurs concordant avec l’hypothèse des facteurs de poussée.

Graphique 4 Taux d'entrée net du travail autonome au sein d'une entreprise non constituée en société et taux de chômage, Canada, 1989 à 2010

Description du graphique 4

7 Conclusion

La présente étude porte sur les travailleurs autonomes exploitant des entreprises non constituées en société et dont les activités de travail autonome constituent la source principale de revenu. L’étude conclut que le taux de travail autonome parmi ces entreprises non constituées en société a augmenté pendant une bonne partie des années 1990, mais a ensuite diminué après 1998. Les changements démographiques masquent le volume réel du déclin enregistré après 1998. Lorsque ces changements sont pris en compte, la diminution du taux de travail autonome est plus prononcée.

Il existe de grandes différences selon le groupe d’âge dans le taux de participation au travail autonome dans une entreprise non constituée en société. Les particuliers âgés de 55 à 64 ans sont plus de deux fois plus susceptibles de posséder une entreprise non constituée en société, comparativement aux particuliers âgés de 25 à 44 ans. De plus, le déclin d’après 1998 de l’incidence du travail autonome était particulièrement important dans les groupes plus âgés. Ce fait est important si le groupe fournit les entrepreneurs dont la société a besoin pour soutenir les entreprises au cours des premières étapes de leur cycle de vie. Mais il peut aussi indiquer simplement que les cohortes plus âgées sont plus sensibles aux conditions du marché du travail et que, après l’accumulation d’expérience et de capital humain tout au long de leur vie, les membres de ces groupes ont de meilleures perspectives en matière d’activités professionnelles de remplacement. Dans ce cas, les conditions améliorées du marché du travail après 1998 leur ont permis de trouver de meilleures perspectives d’emploi rémunéré.

Le cycle à long terme qui a enregistré une hausse du taux de travail autonome dans une entreprise non constituée en société et son déclin subséquent concorde avec une version de l’hypothèse des facteurs de poussée : le taux de travail autonome était en général plus élevé pendant la décennie de 1990, lorsque les marchés du travail étaient plus faibles, puis il a diminué vers la fin des années 1990, lorsque les marchés du travail se portaient mieux. Entre le début et le milieu des années 1990, les entrées du travail autonome ont de loin dépassé les sorties, lorsque le taux de chômage était élevé, mais elles étaient plus ou moins égales après 1998, lorsque les marchés du travail reprenaient de la vigueur. Les marchés du travail plus faibles des années 1990 étaient associés à un plus grand nombre de particuliers qui lançaient de nouvelles entreprises. Il y avait de plus un nombre moins élevé d’entreprises dissoutes, peut-être parce que les perspectives d’emploi rémunéré dans d’autres secteurs étaient moins intéressantes. Fait intéressant, les entrées et les sorties étaient plus équilibrées au cours de la décennie subséquente, lorsque les taux de sortie ont progressivement augmenté.

Le travail autonome associé aux entreprises non constituées en société comporte des taux de roulement (la somme des entrées et des sorties) plus élevés que ceux des entreprises comptant des salariés. Les taux de roulement annuels (la somme des entrées et des sorties) pour ces entreprises s’élevaient à environ 20 % au début de la période d’après 2000, tandis qu’ils étaient d’environ 70 % pour les entreprises non constituées en société examinées par la présente étude.

8 Annexe

Notes

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