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    Aperçus économiques

    La dynamique du chômage chez les jeunes Canadiens

    La dynamique du chômage chez les jeunes Canadiens

    par André Bernard, Direction des études analytiques

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    Le présent article de la série Aperçus économiques traite des différences entre les jeunes et les adultes relativement aux taux d'entrée en chômage et aux taux de sortie du chômage, qui contribuent à expliquer l’écart entre les taux de chômage des jeunes et des adultes. À cette fin, les données de l'Enquête sur la population active de 1977 à 2012 sont utilisées.

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    Le taux de chômage des jeunes a historiquement été plus élevé que celui des adultes. Ces dernières années, marquées par la récession de 2008-2009 et la reprise qui a suivi, n'ont pas fait exception. En 2012, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans était de 14,3 %, comparativement à des taux de 6,0 % enregistrés tant chez les adultes de 25 à 54 ans que chez ceux de 55 ans et plus (graphique 1).

    Depuis le début des années 1990, l'écart entre les taux de chômage des jeunes et des adultes ne s'est pas amenuisé et est même en légère hausse depuis 2010 (graphique 2). En 2012, le taux de chômage des jeunes était 2,4 fois plus élevé que celui des adultes de 25 à 54 ans, soit le plus grand écart enregistré depuis 1977Note 1. Cette hausse de l'écart entre les deux taux de chômage s'explique notamment par le fait que le niveau d'emploi chez les jeunes n'était toujours pas, en 2012, revenu à celui enregistré avant la récession (Bloskie et Gellatly, 2012). En même temps, surtout en raison du fait qu'une majorité de jeunes fréquentent l'école, le taux d'activité des jeunes est historiquement plus faible que celui des adultes (graphique 3)Note 2.

    Cet écart historique entre les taux de chômage des jeunes et des adultes n'est pas unique au Canada. En 2011, les jeunes de tous les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) présentaient des taux de chômage plus élevé que les adultes. Parmi les pays du G7, l'Italie, le Royaume-Uni et la France enregistraient les écarts les plus importants, tandis que l'Allemagne et le Japon enregistraient les écarts les plus faibles (graphique 4)Note 3.

    Pourquoi le taux de chômage des jeunes est-il constamment plus élevé que celui des adultes? Une façon de répondre à cette question est d'examiner les différences entre les jeunes et les adultes relativement aux taux d'entrée en chômage, qui nous renseignent sur la fréquence du chômage, et aux taux de sortie du chômage, qui nous renseignent sur la durée du chômageNote 4.

    On observe des taux d'entrée en chômage plus élevés lorsque les personnes qui occupent un emploi ou qui sont inactives sont plus susceptibles de devenir chômeurs, par exemple lorsqu'un groupe de travailleurs est plus à risque d'être mis à pied. Des taux d'entrée en chômage plus élevés contribuent alors à faire augmenter le taux de chômage. Par contre, dans la mesure où les périodes de chômage qui accompagnent ces entrées sont courtes, la situation de l’emploi sera caractérisée par le fait qu'un grand nombre d'individus transitent périodiquement par le chômage, mais en ressortent relativement rapidement.

    Par ailleurs, de faibles taux de sortie du chômage contribuent aussi à faire augmenter le taux de chômage et reflètent habituellement des difficultés particulières que vivent les personnes à la recherche d'un emploi à en trouver un. Les périodes de chômage ont alors tendance à se prolonger, ce qui peut entraîner des conséquences négatives à long terme, comme des difficultés financières, l'érosion des compétences et une certaine exclusion socialeNote 5.

    Dans cet article, on examine les contributions relatives des taux d'entrée en chômage et des taux de sortie du chômage des jeunes et des adultes pour expliquer les différences entre les taux de chômage de ces deux groupes. Pour ce faire, on utilise les données de l'Enquête sur la population active (EPA) de 1977 à 2012.

    Les taux d'entrée en chômage sont plus élevés chez les jeunes que chez les adultes

    Une proportion significative de jeunes chômeurs sont des personnes entrant une première fois sur le marché du travail, le plus souvent après avoir complété un parcours scolaire. Ces jeunes n'ont jamais travaillé et vivent la plupart du temps une période de chômage plus ou moins longue avant de décrocher un premier emploi. Parmi les chômeurs adultes, ce genre de situation est beaucoup plus rare.

    En 2012, plus du quart (28,1 %) des chômeurs de 15 à 24 ans étaient des jeunes qui n'avaient jamais travailléNote 6. Chez les adultes de 25 à 54 ans et chez ceux de 55 ans et plus, ces proportions s'établissaient respectivement à 5,4 % et 1,7 %. Pour ces jeunes, le chômage est lié à la recherche d'un premier emploi et ne découle donc pas de la conjoncture économique, à moins que leur recherche d'emploi ne se prolonge.

    Qu'en est-il des entrées en chômage des personnes en emploi? Le tableau 1 indique, pour les jeunes et pour les adultes, la proportion des personnes en emploi au cours d’un mois donné qui, le mois suivant, étaient devenues chômeurs. Il indique également la proportion des personnes en emploi au cours d'un mois donné qui avaient quitté la population active le mois suivantNote 7.

    Les jeunes travailleurs sont généralement plus susceptibles d’entrer en chômage que les travailleurs adultes. En 2012, le taux mensuel moyen d’entrée en chômage des jeunes en emploi était de 2,6 %. Ainsi, en moyenne, 2,6 % des jeunes qui étaient des travailleurs au cours d'un mois donné en 2012 étaient en chômage le mois suivant.

    En comparaison, les taux d’entrée en chômage des adultes de 25 à 54 ans et de ceux de 55 ans et plus étaient significativement plus bas. En 2012, 1,1 % des adultes de 25 à 54 ans avaient, en moyenne d’un mois à l’autre, quitté ou perdu leur emploi pour devenir chômeurs.

    Si les jeunes en emploi sont plus susceptibles de devenir chômeurs, ils sont également plus susceptibles de quitter la population active sans passer par une période de chômage. Lorsqu’ils le font, c’est dans la majorité des cas pour poursuivre des études à temps plein. En 2012, 4,2 % des jeunes en emploi au cours d’un mois donné ne faisaient plus partie de la population active le mois suivant et fréquentaient l’école à temps plein. Ces jeunes qui quittent la population active pour fréquenter l’école réintégreront vraisemblablement le marché du travail plus tard.

    On note de plus que la proportion de jeunes qui étaient en emploi et qui avaient quitté la population active sans devenir des étudiants à temps plein différait peu de celle que l’on observait chez les travailleurs de 25 à 54 ans. Ce résultat tend à infirmer l’hypothèse selon laquelle les jeunes seraient moins enclins à participer au marché du travail que les adultes, si l'on ne tient pas compte des jeunes qui ne participent pas au marché du travail en raison de leurs études à temps plein.

    Les jeunes deux fois plus susceptibles d'être mis à pied que les adultes

    La majorité des jeunes (60,4 % en 2012) qui occupaient un emploi et qui étaient devenus chômeurs le mois suivant avaient fait cette transition en raison d'une mise à piedNote 8. Il est donc important d’examiner les tendances relatives aux taux de mise à pied des jeunes et des adultes.

    Les jeunes travailleurs sont plus susceptibles que les travailleurs adultes d'être mis à pied par leur employeur. Le taux mensuel de mise à pied chez les jeunes se situait, en 2012, à 3,5 %Note 9. Il s’agit d’un taux plus de deux fois plus élevé que celui de 1,3 % enregistré chez les adultes de 25 à 54 ans et que celui de 1,5 % enregistré chez ceux de 55 ans et plus (graphique 5). Depuis 1977, le taux annuel de mise à pied des jeunes de 15 à 24 ans a été de 2,0 à 2,7 fois plus élevé que celui des adultes de 25 à 54 ans.

    Comme il est moins coûteux pour un employeur de remplacer éventuellement un travailleur qui vient tout juste d’être embauché qu’un travailleur d’expérience, celui-ci pourrait avoir davantage tendance, lorsqu'il y a des réductions d'effectifs, à mettre à pied un travailleur ayant peu d’ancienneté. Le lien entre l’ancienneté et la probabilité d’être mis à pied a d’ailleurs été démontré lors d’une étude récenteNote 10. Il est donc possible qu’une partie des différences entre les taux de mise à pied des jeunes travailleurs et des travailleurs adultes s'explique par le peu d'ancienneté, en moyenne, des jeunes travailleurs.

    Pour vérifier cette hypothèse, on examine les taux de mise à pied des jeunes et des adultes faisant partie d’un échantillon de travailleurs ayant moins d’un an d’ancienneté chez leur employeur. Pour cette catégorie de travailleurs nouvellement embauchés, l'écart entre les taux de mise à pied des jeunes et des adultes subsiste, mais est considérablement réduit. En effet, le taux de mise à pied s’établissait à 4,8 % pour les jeunes en 2012, comparativement à 3,1 % pour leurs homologues de 25 à 54 ans et à 5,6 % pour ceux de 55 ans et plus (graphique 6). Ainsi, ce qui place les jeunes en situation de désavantage par rapport à leur risque d’être mis à pied est moins leur âge que leur peu d'ancienneté chez l’employeur Note 11.

    On note que, jusqu'à la fin des années 1990, il n'y avait que peu de différences entre les taux de mise à pied des jeunes et des adultes parmi les travailleurs ayant moins d'un an d'ancienneté. À partir des années 2000, un écart est observé. Cet écart est cependant significativement moindre que celui observé parmi l'ensemble des travailleurs, sans égard à l'ancienneté.

    Les taux de sortie du chômage sont plus élevés chez les jeunes

    Le tableau 2 présente le pourcentage de chômeurs au cours d’un mois donné qui avaient trouvé un emploi le mois suivant, et le pourcentage de chômeurs qui avaient quitté la population active. Ces proportions représentent les taux de sortie du chômage. Toutes choses étant égales par ailleurs, plus les taux de sortie du chômage sont faibles, plus les épisodes de chômage sont longs et le taux de chômage élevé.

    Les taux de sortie du chômage des jeunes sont plus élevés que ceux des adultes, parce que les jeunes sont plus susceptibles de trouver un emploi que les chômeurs adultes, mais surtout parce qu’ils sont plus enclins à quitter la population active pour fréquenter l'école à temps plein. Il s'agit de tendances que l'on observe depuis de nombreuses annéesNote 12.

    Ainsi, en moyenne en 2012, 23,2 % des chômeurs de 15 à 24 ans au cours d’un mois avaient trouvé un emploi le mois suivant. Il s’agit d’une proportion supérieure à celles des adultes de 25 à 54 ans (20,6 %) et des adultes de 55 ans et plus (15,8 %). Même en 2009, à la sortie de la récession, le taux de sortie du chômage vers un emploi était plus élevé pour les jeunes que pour les deux autres groupes d'âge.

    Chaque mois, des chômeurs, en particulier des jeunes chômeurs, peuvent mettre fin à leur épisode de chômage en quittant la population active. Chez les jeunes, cette proportion s’établissait en effet à 27,7 % en 2012, comparativement à 15,1 % chez les adultes de 25 à 54 ans et à 19,0 % chez ceux de 55 ans ou plus.

    Toutefois, ces jeunes chômeurs qui quittent la population active sont majoritairement des étudiants à temps plein qui réintégreront vraisemblablement le marché du travail après un certain temps. La proportion de jeunes chômeurs qui quittent la population active pour fréquenter l'école à temps plein a d'ailleurs augmenté significativement au cours des années. Ainsi, alors que cette proportion s'établissait à 8,2 % en moyenne de 1977 à 1989, elle s'établissait à 17,4 % en 2012. À l'inverse, la proportion de jeunes chômeurs qui avaient quitté la population active sans devenir des étudiants à temps plein a peu varié au fil du temps, se maintenant toujours en deçà de la proportion correspondante chez les chômeurs de 25 à 54 ans.

    Les nouveaux épisodes de chômage des jeunes sont plus susceptibles d'être de courte durée

    Les taux de sortie du chômage présentés jusqu'à maintenant sont des moyennes pour tous les chômeurs, peu importe la durée initiale de chômage. Dans cette section, on examine les taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage, ces derniers pouvant débuter à la suite d'une mise à pied, d’une démission ou d’une nouvelle entrée sur le marché du travail. On cherche ainsi à évaluer dans quelle mesure les nouveaux épisodes de chômage des jeunes et des adultes sont susceptibles d'être de courte durée.

    La plupart des nouveaux épisodes de chômage durent moins de trois mois, peu importe le groupe d'âge. Les jeunes sont toutefois proportionnellement plus susceptibles que les adultes de vivre des épisodes de chômage relativement courts. En 2012, 79,4 % des jeunes qui étaient entrés en chômage en étaient sortis moins de trois mois plus tard. À titre de comparaison, cette proportion était de 67,6 % chez les adultes de 25 à 54 ans et de 70,6 % chez ceux de 55 ans ou plus (graphique 7). Chaque année depuis 1982, les taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage ont été plus élevés chez les jeunes que chez les adultes.

    Les jeunes qui entrent en chômage sont plus susceptibles de trouver un emploi rapidement que les adultes

    La fin d'une période de chômage peut résulter du commencement d'un nouvel emploi ou du départ de la population active, par exemple lorsqu'un jeune met fin à sa recherche d'emploi pour retourner aux études. Même en excluant les sorties du chômage qui résultent d'un départ de la population active,  on trouve que les taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage sont plus élevés chez les jeunes que chez les adultes. Ainsi, en 2012, 67,6 % des jeunes qui étaient devenus chômeurs et qui n'avaient pas subséquemment quitté la population active avaient trouvé un emploi en moins de trois mois. Chez les adultes de 25 à 54 ans et chez ceux de 55 ans et plus, ces proportions s'établissaient respectivement à 58,0 % et à 54,9 % (graphique 8). Les taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage, exclusion faite des transitions hors de la population active, ont été plus élevés chez les jeunes que chez les adultes chaque année depuis 1978Note 13.

    Les périodes de chômage plus courtes tant chez les jeunes de 15 à 19 ans que chez ceux de 20 à 24 ans

    Les taux de sortie plus élevés chez les jeunes s'observent tant chez les 15 à 19 ans que chez les 20 à 24 ans, ce dernier groupe d'âge étant composé de davantage de personnes ayant terminé leur parcours scolaire.

    En 2012, le taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage, exclusion faite des transitions hors de la population active, étaient de 65,5 % chez les jeunes de 15 à 19 ans et de 70,0 % chez ceux de 20 à 24 ans (graphique 9). Ces deux taux étaient supérieurs à celui de 58,0 % enregistré chez les adultes de 25 à 54 ans. Depuis le début des années 1990, les taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage des jeunes de 15 à 19 ans et des jeunes de 20 à 24 ans ont suivi des tendances similaires.

    Les épisodes de chômage sont plus susceptibles de se prolonger en période de récession

    Les taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage ont tendance à diminuer en période de récession et à augmenter en période de croissance économique, chez les jeunes comme chez les adultesNote 14. Les creux observés lors de la dernière récession pour les trois groupes d'âge n'ont toutefois pas été aussi bas que ceux observés lors des récessions précédentes. En revanche, les taux enregistrés en 2012 étaient tous en deçà de ceux enregistrés avant la récession de 2008-2009.

    De façon générale, les taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage affichent davantage de variabilité cyclique lorsque l'on exclut les transitions hors de la population active. Ce résultat s'explique par le fait que les transitions vers un emploi sont davantage liées aux conditions économiques que les transitions hors de la population activeNote 15.

    Conclusion

    Les résultats présentés dans cet article montrent qu'il y a des différences marquées quant à la fréquence et la durée du chômage entre les jeunes et les adultes. Les jeunes passent moins de temps en chômage que les adultes, d’une part parce qu'ils sont plus enclins à quitter la population active pour retourner aux études à temps plein, d’autre part parce qu’ils sont plus susceptibles de trouver un emploi rapidement que les chômeurs adultes.

    L’écart entre les taux de chômage des jeunes et des adultes est davantage le résultat des taux d'entrée en chômage plus élevés chez les jeunes, un phénomène lié notamment à leurs risques plus élevés de mise à pied et à leurs départs périodiques de la population active pour fréquenter l’école à temps plein. Par ailleurs, leurs risques plus élevés de mise à pied s'expliquent en majeure partie par leur peu d'ancienneté chez l’employeur.

    Le fait d’occuper un emploi ne signifie cependant pas que l’emploi soit bien rémunéré ou bien apparié aux compétences acquises pendant les étudesNote 16. De plus, la présente étude ne se penche pas sur les causes des variations des taux d'entrée en chômage et des taux de sortie du chômage. Une étude récente a montré que les fluctuations du chômage étaient davantage liées aux fluctuations de la durée du chômage qu'aux fluctuations de la fréquence du chômage, et ce, particulièrement chez les jeunes (Campolieti, 2011). Une analyse plus approfondie des facteurs associés aux changements dans la durée du chômage fournirait des renseignements additionnels sur  la dynamique du chômage chez les jeunes.

    Références

    Baker, M., M. Corak et A. Heisz. 1998. « The Labour Market Dynamics of Unemployment Rates in Canada and the United States ». Canadian Public Policy 24 (Supplement 1) : S72 à S89.

    Bloskie, C., et G. Gellatly. 2012. Développements récents de l'économie canadienne : automne 2012. Aperçus économiques, no 19. Produit no 11-626-X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.

    Campolieti, M. 2011. « The ins and outs of unemployment in Canada, 1976-2008 ». Canadian Journal of Economics 44 (4) : 1331 à 1349.

    Certified General Accountants Association of Canada (CGA-Canada). 2012. Youth Unemployment in Canada: Challenging Conventional Thinking? CGA-Canada.

    Chan, P.C.W., R. Morissette et M. Frenette. 2011. Les travailleurs mis à pied au cours des trois dernières récessions: qui étaient-ils et quels résultats ont-ils obtenus? Direction des études analytiques : documents de recherche, no 337. Produit no 11F0019M au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.

    Dubé, V. 2004. « Les mal-aimés du marché du travail ». L'emploi et le revenu en perspective 5 (4) : 5 à 11.  Produit no 75-001-X au catalogue de Statistique Canada.

    Elsby, M., B Hobijn et A. Sahin. 2008. Unemployment Dynamics in the OECD. NBER Working Paper Series, no. 14617. Cambridge (Massachusetts) : National Bureau of Economic Research.

    Morissette, R., G. Picot et Y. Lu. 2013. Évolution des salaires des Canadiens au cours des trois dernières décennies. Direction des études analytiques : documents de recherche, no 347. Produit no 11F0019M au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.

    Topel, R.H., et M.P. Ward. 1992. « Job Mobility and the Careers of Young Men ». The Quaterly Journal of Economics 107 (2) : 439 à 479.

    Tille, C. 1998. « Decomposition of the Unemployment Gap between Canada and the United States: Duration or Incidence? » Canadian Public Policy 24 (Supplement 1) : S90-S102.


    Notes

    1. En différence absolue, le taux de chômage des jeunes en 2012 était de 8,3 points de pourcentage plus élevé que celui des adultes. En moyenne, de 1977 à 2012, l'écart entre ces deux taux de chômage a été de 7,0 points de pourcentage.
    2. Cet écart s'est également accru depuis 2008. Le taux d'activité chez les jeunes de 15 à 24 ans est en effet passé de 67,5 % en 2008 à 63,6 % en 2012, alors qu'il restait stable chez les adultes de 25 à 54 ans et qu'il progressait chez ceux de 55 ans et plus. La baisse de l'activité des jeunes sur le marché du travail s'est produite surtout au profit de la fréquentation scolaire à temps plein, qui a augmenté.
    3. Les données pour le Canada et les autres pays sont ajustées pour les rendre comparables. Ainsi, les données canadiennes présentées dans ce graphique peuvent différer légèrement de celles publiées habituellement par Statistique Canada.
    4. Baker, Corak et Heisz (1998) et Tille (1998) examinent les différences de fréquences et de durées pour expliquer les écarts entre les taux de chômage canadiens et américains, alors qu’Elsby, Hobijn et Sahin (2008) utilisent une approche semblable pour expliquer les variations du taux de chômage dans les pays de l'OCDE.
    5. Voir, par exemple, Tille (1998) et Dubé (2004).
    6. En moyenne, au cours des quinze dernières années, près du quart (22,9 %) des jeunes chômeurs étaient des personnes qui n'avaient jamais travaillé.
    7. L'EPA est une enquête avec renouvellement par panel. Les ménages sont en effet interviewés pendant six mois consécutifs. Les données des tableaux 1 et 2 et des graphiques 5 et 6 sont obtenues en appariant les réponses des individus qui sont répondants pour chaque paire de mois consécutifs et en examinant les transitions relatives au statut sur le marché du travail d'un mois à l'autre. Les données des graphiques 7, 8 et 9 sont quant à elles obtenues en appariant les réponses des répondants pour des périodes de quatre mois consécutifs. Des contrôles sont effectués pour faire en sorte que les transitions identifiées se rapportent à la même personne. La méthodologie utilisée est semblable à celle utilisée dans Chan, Morissette et Frenette (2011).
    8. En effet, les personnes qui quittent volontairement un emploi le font habituellement soit pour occuper un autre emploi, soit pour quitter la population active. Certains jeunes quittent cependant leur emploi pour devenir chômeurs. Dans plusieurs cas, les jeunes effectuent cette transition afin de consacrer plus de temps à la recherche d'un emploi de meilleure qualité. Cette transition peut s'avérer bénéfique à long terme (Topel et Ward, 1992).
    9. Les personnes mises à pied sont celles qui étaient en emploi au cours d'un mois puis sans emploi (soit en chômage, soit hors de la population active) le mois suivant, et qui avaient déclaré qu'une mise à pied avait été à l'origine de la fin de leur emploi.
    10. Voir Chan, Morissette et Frenette (2011).
    11. On a également vérifié cette hypothèse à l'aide d'une analyse multivariée. Les résultats d'un modèle de régression logistique sur la probabilité d'être mis à pied ayant pour seule variable explicative le groupe d'âge ont été comparés aux résultats que l'on obtient lorsque l'on ajoute progressivement les variables d'ancienneté, d'éducation, d'industrie et d'appartenance à un syndicat. Les résultats démontrent qu'environ les deux tiers de l'écart entre les probabilités de mise à pied des jeunes et des adultes de 25 à 54 ans de 2007 à 2012 s'expliquent par les différences au chapitre de l'ancienneté.
    12. Même lorsque les personnes qui étaient aux études à temps plein pour l'un ou l'autre des deux mois consécutifs sont exclues de l'échantillon, on trouve que les jeunes sont plus susceptibles de faire une transition du chômage à l’emploi que les adultes.
    13. On fait le même constat tant pour les hommes que pour les femmes. Autant les jeunes femmes que les jeunes hommes ont des taux de sortie avant trois mois des nouveaux épisodes de chômage plus élevés que leurs homologues plus âgés.
    14. Ce résultat est cohérent avec celui d’une étude récente montrant que les taux de sortie du chômage vers un emploi sont procycliques, au Canada comme aux États-Unis (Campolieti, 2011).
    15. On doit néanmoins interpréter les variations annuelles importantes observées chez les adultes de 55 ans et plus avec prudence, étant donné la plus faible taille de l'échantillon de personnes de ce groupe d'âge qui demeurent dans la population active au cours de trois mois consécutifs.
    16. Une étude récente aborde notamment l'analyse de différentes mesures du sous-emploi chez les jeunes (CGA-Canada, 2012), alors qu'une autre étude présente les tendances des salaires des jeunes et des adultes au cours des trois dernières décennies (Morissette, Picot et Lu, 2013).
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