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Aperçus économiques

Les résultats des jeunes diplômés postsecondaires sur le marché du travail, 2005 à 2012

Les résultats des jeunes diplômés postsecondaires sur le marché du travail, 2005 à 2012

par Kristyn Frank, Marc Frenette et René Morissette
Division de l'analyse sociale et de la modélisation

Début de l'encadré

Le présent article des Aperçus économiques décrit l’évolution des salaires et traitements annuels réels et de l’emploi des jeunes diplômés postsecondaires selon le domaine d’études de 2005 à 2012. Les résultats sont présentés pour les diplômés collégiaux et les titulaires d’un baccalauréat de 25 à 34 ans nés au Canada. Les données proviennent du couplage des données du Recensement de 2006, de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 et du fichier maître des particuliers T1. Les domaines d’études sont définis selon la Classification des programmes d’enseignement.

Fin de l'encadré

Introduction

Depuis la récession survenue vers la fin des années 2000, la possibilité que les résultats des jeunes diplômés postsecondaires sur le marché du travail se soient détériorés ces dernières années est une source de préoccupationsNote 1. Étant donné l'investissement considérable de temps et d’argent qui est associé aux études postsecondaires, cette question revêt de l’intérêt pour les décideurs, les étudiants et leur famille, ainsi que pour les établissements d’enseignement postsecondaire.

Bien que des études précédentes (Finnie et Frenette, 2003; Walters, 2004; Ostrovsky et Frenette, 2014) aient établi que les gains des diplômés universitaires et collégiaux diffèrent selon le domaine d’études, on ne sait pas si les gains et l’emploi des diplômés de différents domaines d’études ont suivi une trajectoire semblable ces dernières annéesNote 2.

À partir d’un tout nouvel ensemble de données issues du couplage du Recensement de 2006, de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 et du fichier maître des particuliers T1, l'étude a pour objet d'évaluer de quelle façon les salaires et traitements annuels réels des jeunes diplômés postsecondaires nés au Canada ont évolué selon le domaine d’études au cours de la période allant de 2005 à 2012Note 3. De plus, on y compare l’emploi d’après les domaines d’études pour démontrer quels diplômés postsecondaires sont plus susceptibles d’être occupés à temps plein toute l’année, c’est-à-dire pendant 49 semaines ou plus. Tant pour les gains que pour l’emploi, les résultats des titulaires d’un baccalauréat et des diplômés collégiaux sont comparés à ceux des diplômés du secondaire.

Augmentation des gains des diplômés postsecondaires de sexe masculin en génie et des diplômées postsecondaires en santé

En 2005, les hommes et les femmes titulaires d’un baccalauréat de 25 à 34 ans nés au Canada gagnaient en moyenne 65 400 $ et 46 500 $ (en dollars de 2012) en salaires et traitements, respectivement. Ces chiffres dépassaient de plus de 20 000 $ les gains touchés par leurs homologues détenant seulement un diplôme d’études secondaires (tableau 1 et graphiques 1 et 2)Note 4. Alors que les jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat ont vu leurs gains progresser de 2005 à 2012, les gains réels des jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat ont légèrement baissé de 2007 à 2010 et ont peu varié par la suite. En 2012, les jeunes diplômés universitaires de sexe masculin et de sexe féminin gagnaient en moyenne 4,9 % et 8,5 % de plus que ce que leurs homologues touchaient en 2005.

La croissance des gains n’était pas uniforme d'un domaine d’études à l’autre. De 2005 à 2012, période caractérisée par la hausse des prix du pétroleNote 5, les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat en génie ont bénéficié d’une hausse de 10 % de leurs gains moyens réelsNote 6. En revanche, leurs homologues détenant un baccalauréat en sciences sociales, en administration des affaires ou en mathématiques, informatique et sciences de l’information n’ont pas vu croître leurs gains moyens réels au cours de cette périodeNote 7. Les salaires et traitements réels moyens des jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat en éducation étaient plus élevés en 2012 qu’en 2005, mais la différence n’est pas statistiquement significative aux niveaux classiquesNote 8.

Les gains moyens des jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat se sont accrus dans plusieurs domaines d’études. Les bachelières en éducation, en santé ou en administration des affaires ont enregistré une croissance de leurs salaires et traitements réels moyens variant entre 10 % et 12 % de 2005 à 2012Note 9. En revanche, celles qui ont obtenu un diplôme en sciences humaines n’ont pas vu progresser leurs gains moyens. Les variations des gains moyens observées dans d’autres domaines d’études ne sont pas statistiquement significatives aux niveaux classiques.

Graphique 1 Salaires et traitements moyens réels des hommes diplômés postsecondaires et diplômés du secondaire de 25 à 34 ans nés au Canada, 2005 à 2012

Description du graphique 1

Graphique 2 Graphique 2 Salaires et traitements moyens réels des femmes diplômées postsecondaires et diplômées du secondaire de 25 à 34 ans nées au Canada, 2005 à 2012

Description du graphique 2

Dans l’ensemble, selon le domaine d’études examiné, les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat gagnaient en moyenne entre 9 500 $ et 38 900 $ de plus que les jeunes hommes ayant un diplôme d’études secondaires en 2012. Les jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat gagnaient en moyenne entre 12 700 $ et 32 900 $ de plus que les jeunes femmes détenant un diplôme d’études secondaires.

Parmi les diplômés collégiaux de sexe masculin, les gains moyens ont atteint un sommet de 56 200 $ en 2007, ont diminué de 2007 à 2010 et se sont élevés à 55 800 $ en 2012. Cette année-là, les jeunes diplômés collégiaux de sexe masculin gagnaient en moyenne 7,1 % de plus que ce que leurs homologues touchaient en 2005. Les jeunes diplômées collégiales ont également vu leurs gains croître dans une certaine mesure au cours de cette période, mais la différence n’est pas statistiquement significative.

À l’instar des jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat en génie, les jeunes hommes détenant un certificat collégial en génie ont fait bonne figure de 2005 à 2012. Leurs gains réels moyens se sont accrus de 13 % au cours de cette période, passant de 56 800 $ en 2005 à 64 200 $ en 2012 (tableau 2). Les gains réels moyens des diplômés collégiaux de sexe masculin en mathématiques, informatique et sciences de l’information ont augmenté à un rythme semblable. Les diplômés collégiaux de sexe masculin en services personnels et de protection ont vu leurs gains réels moyens progresser de 18 %Note 10.

Les jeunes diplômées collégiales en santé ont vu leurs salaires et traitements moyens croître de 9 % de 2005 à 2012, soit une hausse semblable à celle qu’ont connue les jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat en santé.

Dans l'ensemble, les tableaux 1 et 2 indiquent que les jeunes diplômés postsecondaires de sexe masculin en génie et les jeunes diplômées postsecondaires en santé ont bénéficié d'une augmentation modérée de leurs gains de 2005 à 2012, alors que les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat en mathématiques, informatique et sciences de l’information n’ont pas vu leurs gains croître. Néanmoins, les gains des jeunes diplômés collégiaux de sexe masculin en mathématiques, informatique et sciences de l’information ont augmenté, tout comme ceux des jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat en éducation ou en administration des affaires. Compte tenu des domaines d’études figurant aux tableaux 1 et 2, rien ne permet de conclure que les gains des jeunes diplômés postsecondaires se sont détériorés de façon marquée ces dernières annéesNote 11.

Les taux d'inscription scolaire des jeunes diplômés postsecondaires ont peu varié de 2005 à 2012

La relative stabilité des gains observée de 2005 à 2012 aux tableaux 1 et 2 pourrait être trompeuse si, par suite de la diminution des possibilités d’emploi, certains diplômés postsecondaires avaient quitté le marché du travail en 2012, n’avaient pas touché de salaires ni de traitements cette année-là et s’étaient inscrits à l’école pour poursuivre leurs études. Le cas échéant, les taux d’inscription scolaire des jeunes diplômés postsecondaires devraient être plus élevés en 2012 qu’en 2005.

On a examiné si c’est le cas ou pas aux graphiques 3 et 4, à partir des données de l’Enquête sur la population active (EPA). Le pourcentage des jeunes diplômés postsecondaires de chaque sexe nés au Canada qui sont inscrits à l’école y est représenté pour la période allant de 2006 à 2014. Comme la distinction entre les personnes nées au Canada et les immigrants parmi les diplômés postsecondaires peut être établie dans l’EPA seulement pour les années 2006 et suivantes, le pourcentage des jeunes diplômés postsecondaires ― nés au Canada et immigrants ― inscrits à l’école est également représenté pour 2005 et les années suivantes afin que des conclusions puissent être tirées pour la période allant de 2005 à 2012.

Tableau 1
Salaires et traitements annuels réels des titulaires d'un baccalauréat de 25 à 34 ans nés au Canada, 2005 à 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Salaires et traitements annuels réels des titulaires d'un baccalauréat
de 25 à 34 ans nés au Canada Médiane, Moyenne, 2005, 2007, 2010 et 2012, calculées selon dollars de 2012 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Médiane Moyenne
2005 2007 2010 2012 2005 2007 2010 2012
dollars de 2012
Hommes  
Éducation 52 513 54 589 55 046 55 393 51 140 54 036 56 104 54 344
Sciences humaines 43 637 45 891 49 308 52 892 47 070 51 284 49 318 54 045
Sciences sociales 53 517 55 294 58 109 57 000 60 690 62 182 61 639 59 738
Administration des affaires 64 204 63 608 62 796 62 626 72 898 78 589 76 835 72 281
Mathématiques, informatique et sciences de l'information 66 036 65 965 64 234 63 079 71 714 71 600 69 366 69 920
Génie 71 717 72 335 71 542 75 579 75 966 82 707 78 105 83 379
Tous les domaines d’études 59 936 62 497 61 975 62 626 65 388 69 882 68 513 68 563
Diplômés du secondaire 39 416 40 609 38 978 39 230 43 097 44 311 44 222 44 519
Femmes  
Éducation 43 037 42 879 44 775 47 150 41 459 42 298 44 885 45 884
Sciences humaines 37 084 34 364 36 972 38 008 39 205 37 821 38 430 38 499
Sciences sociales 42 136 44 997 42 830 43 426 43 173 46 749 44 911 44 935
Administration des affaires 46 190 49 143 50 142 53 633 50 001 51 838 53 107 56 107
Sciences physiques et de la vie 47 644 48 498 47 936 49 123 50 407 49 206 49 383 51 804
Santé 55 667 54 720 62 341 60 021 53 144 53 534 58 886 58 691
Tous les domaines d’études 45 127 46 846 47 410 48 350 46 543 48 162 49 369 50 506
Diplômées du secondaire 23 325 23 709 23 674 23 546 25 010 25 374 26 821 25 792
Tableau 2
Salaires et traitements annuels réels des diplômés collégiaux de 25 à 34 ans nés au Canada, 2005 à 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Salaires et traitements annuels réels des diplômés collégiaux de 25 à 34 ans nés au Canada Médiane, Moyenne, 2005, 2007, 2010 et 2012, calculées selon dollars de 2012 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Médiane Moyenne
2005 2007 2010 2012 2005 2007 2010 2012
dollars de 2012
Hommes  
Arts visuels et d'interprétation 41 427 42 693 43 012 40 069 43 258 44 332 44 425 40 170
Sciences sociales 41 550 49 389 43 057 42 839 50 574 51 374 47 405 49 567
Administration des affaires 45 605 46 771 45 180 42 500 50 270 52 080 50 032 48 416
Mathématiques, informatique et sciences de l'information 45 817 48 846 49 904 51 273 48 391 51 939 51 931 53 512
Génie 52 937 57 282 54 901 59 041 56 779 63 778 59 600 64 186
Santé 51 746 51 029 48 925 47 543 52 965 53 945 53 380 52 531
Services personnels et de protection 53 243 53 480 62 387 61 625 51 998 56 844 61 011 61 523
Tous les domaines d’études 48 491 51 113 50 462 50 842 52 076 56 183 54 591 55 753
Diplômés du secondaire 39 416 40 609 38 978 39 230 43 097 44 311 44 222 44 519
Femmes  
Arts visuels et d'interprétation 30 461 30 472 35 808 31 861 29 489 29 889 32 198 32 049
Sciences sociales 29 335 29 390 31 877 30 000 30 085 28 931 30 881 29 961
Administration des affaires 32 139 31 845 34 080 35 204 34 808 32 143 34 218 34 396
Santé 34 142 35 389 36 576 36 112 33 957 36 463 37 185 36 914
Services personnels et de protection 29 100 29 280 34 901 32 671 32 886 34 040 39 337 36 306
Tous les domaines d’études 31 649 31 548 34 199 33 936 33 254 32 816 34 798 34 891
Diplômées du secondaire 23 325 23 709 23 674 23 546 25 010 25 374 26 821 25 792

Graphique 3 Pourcentage des hommes diplômés postsecondaires de 25 à 34 ans inscrits à l'école, 2005 à 2014

Description du graphique 3

Graphique 4 Pourcentage des femmes diplômées postsecondaires de 25 à 34 ans inscrites à l'école, 2005 à 2014

Description du graphique 4

Pour les diplômés collégiaux des deux sexes nés au Canada, les taux d’inscription scolaire en 2006 sont très semblables à ceux qui ont été observés en 2012. De la même façon, pour l’ensemble des diplômés collégiaux des deux sexes, les taux d’inscription scolaire en 2005 sont très semblables à ceux qui ont été enregistrés en 2012.

De même, les taux d’inscription scolaire des jeunes bachelières nées au Canada et de l’ensemble des jeunes femmes détenant un baccalauréat ne sont pas plus élevés en 2012 qu’ils l’étaient en 2006.

Les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat nés au Canada présentaient aussi des taux d’inscription scolaire semblables en 2006 et en 2012. Toutefois, comme leur taux d’inscription tendait à la hausse de 2006 à 2009, alors que l’effectif scolaire global des jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat tendait à la baisse de 2005 à 2009, il est difficile d’en arriver à une conclusion à propos des variations de l’inscription scolaire de ce premier groupe de 2005 à 2012. Néanmoins, les graphiques 3 et 4 n’appuient pas, dans l’ensemble, l’affirmation selon laquelle les taux d’inscription scolaire des jeunes diplômés postsecondaires nés au pays ont augmenté de façon marquée de 2005 à 2012. Cela porte à croire que les tendances relatives aux gains présentés dans les tableaux 1 et 2 pour les jeunes diplômés postsecondaires nés au Canada n’ont pas été influencées par des taux d’inscription plus élevés.

L'emploi de 2005 à 2010Note 12

La réussite des particuliers sur le marché du travail se mesure non seulement par leurs gains annuels, mais aussi par le degré auquel ils parviennent à obtenir un emploi à temps pleinNote 13. Parmi l’ensemble des jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat en 2010, 82 % ont travaillé à temps plein toute l’année, c’est-à-dire pendant 49 semaines ou plus (tableau 3 et graphique 5). En revanche, leurs homologues détenant un diplôme d’études secondaires ont fait de même dans une moindre mesure : seulement 66 % d’entre eux ont travaillé à temps plein toute l’année cette année-là. Le pourcentage des jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat travaillant à temps plein toute l’année en 2010 s'élevait à 65 %, ce qui était de 14 points de pourcentage supérieur à la proportion correspondante pour les jeunes diplômées du secondaire (graphique 6).

Tableau 3
Pourcentage des titulaires d’un baccalauréat de 25 à 34 ans nés au Canada qui sont occupés à temps plein toute l'année, 2005 et 2010
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage des titulaires d’un baccalauréat de 25 à 34 ans nés au Canada qui sont occupés à temps plein toute l'année 2005 et 2010, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  2005 2010
pourcentage
Hommes  
Éducation 80,0 74,2
Sciences humaines 74,7 75,2
Sciences sociales 81,1 77,8
Administration des affaires 87,3 82,7Note *
Sciences physiques et de la vie 82,6 Note F: trop peu fiable pour être publié
Mathématiques, informatique et sciences de l'information 90,2 86,0
Génie 89,6 87,2
Tous les domaines d’études 84,4 81,6Note *
Diplômés du secondaire 70,2 66,2Note *
Femmes  
Éducation 62,9 57.7Note 
Sciences humaines 56,5 67,6Note *
Sciences sociales 63,6 72Note *
Administration des affaires 71,2 67,4
Sciences physiques et de la vie 70,8 61.2Note 
Santé 62,4 61,3
Tous les domaines d’études 65,4 65,3
Diplômées du secondaire 53,7 51,2

À la suite de la récession de 2008-2009, les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat ont vu leur taux d’emploi à temps plein toute l’année fléchir en 2010 par rapport à 2005. En revanche, les taux globaux d’emploi à temps plein toute l’année ont peu varié chez les diplômés collégiaux et les jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat au cours de cette période (tableaux 3 et 4).

Les différences de taux d’emploi à temps plein toute l’année observées d’un domaine d’études à l’autre parmi les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat sont importantes. Tant en 2005 qu’en 2010, pas plus des trois quarts des jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat en sciences humaines ont travaillé toute l’année à temps plein, soit bien moins que les taux de 90 % et de 87 % enregistrés, pour ces années respectives, par leurs homologues en génie. Les différences d’un domaine d’études à l’autre chez les jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat ou les jeunes diplômés collégiaux des deux sexes sont moins prononcées. Pour les deux sexes et les deux années, les jeunes diplômés collégiaux et les jeunes titulaires d’un baccalauréat dans la plupart des domaines d’études affichaient des taux d’emploi à temps plein toute l’année supérieurs à ceux des jeunes diplômés du secondaireNote 14.

Tableau 4
Pourcentage des diplômés collégiaux de 25 à 34 ans nés au Canada qui sont occupés à temps plein toute l'année, 2005 et 2010
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage des diplômés collégiaux de 25 à 34 ans nés au Canada qui sont occupés à temps plein toute l'année 2005 et 2010, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  2005 2010
pourcentage
Hommes  
Arts visuels et d'interprétation 74,4 68,9
Sciences sociales 74,9 77,1
Administration des affaires 79,6 81,5
Mathématiques, informatique et sciences de l'information 77,2 77,1
Génie 78,0 76,3
Santé 73,2 68,2
Services personnels et de protection 74,6 76,0
Tous les domaines d’études 77,0 76,0
Diplômés du secondaire 70,2 66,2Note tableau 4*
Femmes  
Arts visuels et d'interprétation 64,1 64,1
Sciences sociales 62,4 58,7
Administration des affaires 64,8 63,4
Santé 56,5 57,1
Services personnels et de protection 54,2 61,2
Tous les domaines d’études 61,1 60,5
Diplômées du secondaire 53,7 51,2

Graphique 5 Pourcentage des hommes diplômés postsecondaires et diplômés du secondaire de 25 à 34 ans nés au Canada travaillant à temps plein toute l'année, 2005 et 2010

Description du graphique 5

Graphique 6 Pourcentage des femmes diplômées postsecondaires et diplômées du secondaire de 25 à 34 ans nées au Canada travaillant à temps plein toute l'année, 2005 et 2010

Description du graphique 6

Conclusion

L’augmentation du chômage chez les jeunes pendant la récession qui a sévi vers la fin des années 2000 a soulevé des préoccupations au sujet des résultats des jeunes diplômés postsecondaires sur le marché du travail. Dans le contexte du vieillissement de la population, de l’évolution du cours mondial des produits de base et des changements technologiques variant dans le temps, il n’est pas clair si les gains des jeunes diplômés postsecondaires de différents domaines d’études ont suivi une trajectoire semblable ces dernières années.

Cette question a été examinée dans le cadre de la présente étude. Les résultats indiquent que les jeunes diplômés postsecondaires de sexe masculin en génie et les jeunes diplômées postsecondaires en santé ont connu une croissance modérée de leurs gains au cours de la période allant de 2005 à 2012. Les constatations relatives aux jeunes diplômés postsecondaires de sexe masculin en mathématiques, informatique et sciences de l’information sont plus nuancées, puisque les gains médians et moyens des jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat dans ce domaine n’ont pas augmenté, alors que ceux de leurs homologues détenant un certificat collégial ont progressé d’environ 12 %. Les jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat en administration des affaires ou en éducation et les jeunes diplômés collégiaux de sexe masculin en services personnels et de protection ont également vu croître leurs gains médians et moyens.

Dans l’ensemble, l’étude n’a pas permis de conclure que les résultats des jeunes diplômés postsecondaires sur le marché du travail se sont détériorés de façon importante ces dernières années. Bien que les taux d’emploi à temps plein toute l’année aient légèrement fléchi chez les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat de 2005 à 2010, ils ont peu varié parmi les diplômés collégiaux et les jeunes femmes titulaires d’un baccalauréat au cours de cette période. Les gains moyens réels et les gains médians réels des jeunes diplômés postsecondaires en 2012 étaient soit un peu plus élevés, soit pratiquement inchangés, dans l’ensemble, par rapport à 2005Note 15.

Tout au long de la période, les jeunes diplômés postsecondaires des deux sexes dans la plupart des domaines d’études ont touché des gains supérieurs à ceux de leurs homologues du secondaire et étaient plus susceptibles qu’eux d’être occupés à temps plein toute l'année. Ce fait nous rappelle à juste titre que, même si les écarts relatifs de salaire horaire entre les titulaires d’un baccalauréat et les diplômés du secondaire se sont rétrécis quelque peu pendant les années 2000 (Frenette et Morissette, 2014), des études plus avancées demeurent associées à de meilleurs résultats sur le marché du travail.

Données et définitions

Sources des données

La présente étude s’appuie sur les données couplées du Recensement de 2006, de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 et du fichier maître des particuliers T1. Le couplage a commencé par les 1 060 597 particuliers qui ont participé au Recensement de la population de 2006 et à l’ENM de 2011, identifiées par l’information en commun sur les deux fichiers. Parmi ce groupe, 846 711 particuliers (79,8 %) pouvaient être couplés à un numéro d’assurance sociale (NAS) des fichiers T1 de 2010 (année fiscale de référence pour l’échantillon de l’ENM de 2011). Même si la sélection de l’échantillon reposait sur le couplage aux données T1 de 2010, l’échantillon pouvait ensuite être couplé aux données T1 d’autres années à des fins analytiques.

Près des deux tiers (64,1 %) des particuliers qui pouvaient être couplés aux données T1 de 2010 y ont consenti, ce qui a laissé 542 715 personnes dans l’échantillon. Ce nombre est tombé à 542 140 après l’élimination des personnes âgées de moins de 15 ans le 16 mai 2006 (jour du recensement). Un petit nombre d’enregistrements ont aussi été supprimés parce que l’âge déclaré au recensement différait de l’âge déclaré selon les données fiscales, ou en raison de cas non réglés de titulaires de NAS multiples. Au bout du compte, le fichier couplé comprenait 535 790 particuliers, soit 50,5 % de l’échantillon chevauchant du recensement et de l’ENM.

Pour que les différences de caractéristiques entre l’échantillon initial de 2006 et l’échantillon restant du fichier couplé soient prises en compte, des poids longitudinaux ont été créésNote 16. Ces poids font en sorte que le fichier couplé soit représentatif de la population de 2006.

À partir du fichier couplé, quatre échantillons de personnes nées au Canada ont été prélevés. Le premier échantillon se compose des personnes nées au Canada qui avaient de 25 à 34 ans en 2005; qui ont dit être titulaires d’un baccalauréat, d’un certificat collégial ou d’un diplôme d’études secondaires dans la semaine de référence du Recensement de 2006; qui avaient des salaires et traitements positifs et un nombre positif de semaines travaillées, mais n’avaient pas de revenu provenant d’un travail autonome en 2005; et qui n’avaient pas de montant relatif aux études ni de crédit pour études en 2005 et en 2006Note 17. Cette dernière restriction fait en sorte que le niveau de scolarité déclaré pendant la semaine de référence du recensement est celui que les particuliers avaient atteint lorsqu’ils ont gagné leur revenu d’emploi en 2005. Le deuxième échantillon est constitué des personnes nées au Canada qui avaient de 25 à 34 ans en 2007; qui ont dit être titulaires d’un baccalauréat, d’un certificat collégial ou d’un diplôme d’études secondaires dans la semaine de référence du Recensement de 2006; qui avaient des salaires et traitements positifs, mais n’avaient pas de revenu provenant d’un travail autonome en 2007; et qui n’avaient pas de montant relatif aux études ni de crédit pour études en 2006 et en 2007Note 18. Les troisième et quatrième échantillons sont semblables aux premier et deuxième échantillons, respectivement, mais ils sont fondés sur la semaine de référence de l’ENM de 2011Note 19. Ces quatre échantillons permettent une analyse de l’évolution des salaires et traitements annuels réels des jeunes diplômés postsecondaires de 25 à 34 ans nés au pays et de leurs homologues du secondaire au cours de la période allant de 2005 à 2012.

Définitions

Baccalauréat : Grade universitaire de premier cycle, d’après le plus haut certificat ou grade. Il exclut les certificats universitaires supérieurs ou inférieurs au baccalauréat, ainsi que les premiers grades professionnels en médecine, en médecine dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie. Les diplômés en droit (bachelier en droit [LL.B.], juris doctor [J.D.] et licencié en droit civil [LL.L.]) et les programmes de recherche juridique et d’études du droit avancées (post-LL.B./J.D.) ont été exclus de l’analyse.

Certificat collégial : Certificat décerné par un collège, un cégep ou un autre établissement non universitaire (à l'exclusion des certificats d'apprenti inscrit ou d'une école de métiers), d’après le plus haut certificat ou grade.

Domaine d’études : Le domaine d’études pour l’analyse vers la fin des années 2000 est fondé sur les codes de la Classification des programmes d’enseignement (CPE) Canada 2000 dont on dispose pour le plus haut certificat ou grade déclaré au Recensement de 2006 et à l’ENM de 2011. Les domaines sont catégorisés en 11 grands groupes; le domaine d’études « Autre » a initialement été exclu en raison des échantillons de petite taille. Selon les années à l’étude, les échantillons résultants varient entre 8 936 et 11 624 observations pour les diplômés collégiaux, entre 7 614 et 8 765 observations pour les titulaires d’un baccalauréat et entre 7 382 et 8 692 observations pour les diplômés du secondaire. Les principaux domaines d’études examinés dans le cas des diplômés collégiaux et des titulaires d’un baccalauréat sont les suivants :

  • Éducation
  • Arts visuels et d’interprétation (comprend la technologie des communications)
  • Sciences humaines
  • Sciences sociales (comprend les sciences sociales et de comportements, et le droit)
  • Administration des affaires (comprend la gestion et l’administration publique)
  • Sciences physiques et de la vie (comprend les technologies scientifiques)
  • Mathématiques, informatique et sciences de l’information
  • Génie (comprend l'architecture et les technologies connexes)
  • Agriculture et conservation (comprend les ressources naturelles)
  • Santé (comprend les parcs, les loisirs et le conditionnement physique)
  • Services personnels et de protection (comprend les services de transport)

D’autres restrictions sont imposées aux tableaux 1 à 4. Les chiffres des tableaux 1 et 2 sont montrés pour les domaines d’études qui comptent au moins 200 observations tant en 2005 qu’en 2012. Les chiffres des tableaux 3 et 4 sont montrés pour les domaines d’études qui comptent au moins 200 observations tant en 2005 qu’en 2010.

Références

Finnie, R., et M. Frenette. 2003. « Earning differences by major field of study: evidence from three cohorts of recent Canadian graduates ». Economics of Education Review 22 : 179 à 192.

Frenette, M., et R. Morissette. 2014. Salaires et taux d’emploi à temps plein des jeunes titulaires d’un diplôme d’études secondaires et des jeunes titulaires d’un baccalauréat, 1997 à 2012. Série de documents de recherche de la Direction des études analytiques, no 360. Produit no 11F0019M au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.

Kahn, L. 2010. « The long-term labour market consequences of graduating from college in a bad economy ». Labour Economics 17 (2) : 303 à 316.

Oreopoulos, P., T. von Wachter, et A. Heisz. 2012.« The short and long-term career effects of graduating in a recession: Hysteresis and heterogeneity in the market for college graduates ». American Economic Journal : Applied Economics 4 (1) : 1 à 29.

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Walters, D. 2004. « A comparison of labour market outcomes of postsecondary graduates of various levels and fields over a four-cohort period ». Cahiers canadiens de sociologie 29 (1) : 1 à 27.

Notes

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