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Surqualification et satisfaction à l’égard de la vie chez les travailleurs immigrants et non immigrants au Canada

Par Kristyn Frank et Feng Hou

Date de diffusion : le 5 mai 2016 Mise-à-joue: (if required)

Résumé

Dans les ouvrages relatifs à l’immigration, la migration accrue de travailleurs qualifiés dans le monde a mené à mettre l’accent sur les coûts économiques d’un échec d’intégration au marché de l’emploi. On a, en revanche, moins étudié les conséquences de difficultés d’emploi, comme celles liées à la surqualification, sur des aspects du bien-être subjectif des immigrants. Malgré une surqualification pour une grande partie des immigrants, les études portant sur la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie tendent à se concentrer sur la population générale. Ces études révèlent une relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie. Puisque les travailleurs immigrants et ceux nés au Canada (non immigrants) peuvent vivre la surqualification différemment, il est important d’examiner cette relation dans les deux groupes. La présente étude examine, par conséquent, la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie chez les travailleurs immigrants et non immigrants au Canada ayant suivi des études universitaires. Elle tient compte, en outre, des différences de degré de surqualification pour chaque groupe. Les résultats indiquent que la surqualification est associée négativement à la satisfaction à l’égard de la vie chez les immigrants et non immigrants, même si l’effet est moins fort pour la population immigrante. Les revenus sont le principal facteur concourant à la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie chez les immigrants. De plus, cette relation s’affaiblit à mesure que la durée de résidence des immigrants au Canada augmente. Cette tendance peut donner à penser que la surqualification influence moins l’évaluation de la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants au fil du temps ou que l’effet de la surqualification est moins fort parmi les cohortes arrivées auparavant. Les résultats indiquent également que la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie est plus faible chez les immigrants provenant de pays en voie de développement que ceux issus de pays développés.

Mots clés : éducation, immigrants, satisfaction à l’égard de la vie, surqualification, bien-être subjectif

Sommaire

Dans les ouvrages relatifs à l’immigration, la migration accrue de travailleurs qualifiés dans le monde a mené à mettre l’accent sur les coûts économiques d’un échec d’intégration au marché de l’emploi. On a, en revanche, moins étudié les conséquences de difficultés d’emploi, comme celles liées à la surqualification, sur des aspects du bien-être subjectif des immigrants. Malgré une surqualification chez un grand nombre d’immigrants, les études portant sur la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie tendent à se concentrer sur la population générale. Ces études relèvent une relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie. Toutefois, puisque les travailleurs immigrants et non immigrants sont confrontés à des défis différents lors de leur intégration au marché de l’emploi, ils peuvent vivre la surqualification différemment.

La présente étude tente de répondre à ces questions en examinant la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie au Canada chez les travailleurs immigrants et non immigrants (nés au Canada) ayant suivi des études universitaires. Elle tient compte, en outre, des différences de degré de surqualification dans chaque groupe. On a, pour ce faire, examiné quatre questions de recherche :

  1. La relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie est-elle plus faible chez les travailleurs immigrants que chez les travailleurs non immigrants?
  2. Les mécanismes par lesquels la surqualification influe sur la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants et des non-immigrants diffèrent-ils? Auquel cas, quels sont-ils?
  3. La relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie varie-t-elle en fonction de la durée de résidence au Canada des immigrants?
  4. La relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie chez les immigrants de pays développés diffère-t-elle de celle d’immigrants issus de pays en voie de développement?

L’analyse empirique de l’étude se fonde sur des données totalisées provenant de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2009 à 2014, laquelle recueille un ensemble normalisé de caractéristiques démographiques et socioéconomiques ainsi qu’une vaste gamme de données sur l’état de santé, les déterminants de la santé et l’utilisation du système de santé. L’échantillon de l’étude comprend des adultes dans la force de l’âge actif (de 25 à 64 ans) possédant un diplôme universitaire et travaillant actuellement comme salariés rémunérés. Cet échantillon comptait 24 985 répondants non immigrants et 5 826 répondants immigrants.

Les résultats indiquent une relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie les populations immigrante et non immigrante au Canada. Cependant, malgré une plus grande prédominance de la surqualification chez les immigrants, la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie était plus forte pour la population non immigrante. Les résultats révèlent en outre que le revenu était le principal facteur contribuant à la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie pour les immigrants, alors qu’il n’était qu’un des facteurs intervenant pour le groupe de non-immigrants. De plus, l’influence négative de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants diminuait en fonction du nombre d’années de résidence au Canada. Cette tendance peut donner à penser que la surqualification influence moins l’évaluation de la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants au fil du temps ou que l’effet de la surqualification est moins fort au sein des cohortes arrivées auparavant. Enfin, il s’est avéré que la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie était plus faible pour les immigrants provenant de pays en voie de développement que pour ceux issus de pays développés.

L’expérience de surqualification est souvent associée à l’insécurité financière, à une perte de statut social et à un emploi précaire, ce qui peut influer sur la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants et des non-immigrants. Cependant, l’expérience de la surqualification semble être moins associée à la satisfaction à l’égard de la vie chez les immigrants au Canada que chez les non-immigrants.

1. Introduction

Une grande partie des ouvrages portant sur la surqualification se concentrent sur ses conséquences économiques, comme une productivité plus faible et un capital humain inutilisé. Cependant, le coût humain de la surqualification est également important, puisque ce phénomène peut avoir une incidence néfaste sur la santé des personnes, particulièrement leur bien-être psychologique (p. ex., Bracke, Pattyn et von dem Knesebeck, 2013; Chen, Smith et Mustard, 2010). Un manque d’adéquation entre les niveaux scolaire et professionnel des travailleurs peut influer sur de nombreuses sphères de leur vie et éventuellement compromettre leur satisfaction générale à l’égard de la vie.

Un facteur clé pour comprendre les effets psychologiques de la surqualification est la perte de statut social. Cela s’observe particulièrement chez les travailleurs à niveau de scolarité plus élevé ne parvenant pas à obtenir de postes de statut supérieur qui devraient généralement être accessibles à des personnes ayant leur niveau de scolarité (Smith et Frank, 2005). Lorsque d’autres aspects du statut socioéconomique d’une personne, comme la profession ou le revenu, ne correspondent pas à son niveau de scolarité, la personne connaît une incohérence de statut, ce qui peut avoir des répercussions négatives sur son bien-être (Peter, Gässler et Geyer, 2007).

Les études ayant porté sur la relation entre les circonstances de l’emploi et le bien-être psychologique se sont principalement concentrées sur la population générale. Malgré la migration accrue de travailleurs qualifiés dans le monde, peu de recherches examinent cette relation chez les immigrants en particulier. Il est important d’examiner les populations immigrante et non immigrante séparément, car chaque groupe vit généralement des expériences différentes d’intégration au marché de l’emploi et peut vivre la surqualification différemment. Les immigrants ont tendance à avoir plus de difficulté à obtenir un emploi correspondant à leur niveau de scolarité que les non-immigrants et font face au défi supplémentaire de devoir s’adapter aux différences de culture et de marché de l’emploi du pays d’accueil (Aycan et Berry, 1996). Par conséquent, les immigrants surqualifiés par rapport à leur emploi sont plus susceptibles de ressentir de l’aliénation et de l’isolement social, ce qui engendre des niveaux d’insatisfaction élevés. Toutefois, la prédominance de la surqualification chez les immigrants peut la rendre plus acceptable socialement au sein de cette population, entraînant des niveaux d’insatisfaction inférieurs à ceux ressentis au sein de la population non immigrante. Puisque la surqualification est moins présente chez les personnes nées au Canada (Chiswick et Miller, 2009; Galarneau et Morissette, 2008), elle pourrait avoir de plus grandes répercussions négatives sur les non-immigrants, qui se comparent principalement aux autres travailleurs nés au Canada.

Dans la présente étude, on a posé quatre questions sur la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie chez les travailleurs immigrants et non immigrants au Canada.

1. La relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie est-elle plus faible chez les travailleurs immigrants que chez les travailleurs non immigrants?

On s’attend à ce que la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie soit plus faible chez les travailleurs immigrants. Plusieurs raisons justifient cette hypothèse. Tout d’abord, la surqualification étant plus courante chez les travailleurs immigrants que chez les travailleurs non immigrants (Chiswick et Miller, 2009; Galarneau et Morissette, 2008), il s’agit davantage d’une norme sociale chez les immigrants. Sa plus grande prédominance chez ces derniers peut la rendre socialement plus acceptable au sein de ce groupe et par conséquent psychologiquement moins stressante. En revanche, les non-immigrants se comparent généralement aux autres non-immigrants, qui ne font généralement pas l’expérience d’une surqualification. De plus, les immigrants récents se réfèrent souvent à des personnes provenant de leur pays d’origine comme groupe de référence (Schündeln et Fuchs-Schündeln, 2009). Puisque bon nombre d’immigrants migrent du fait de conditions défavorables dans leur pays d’origine, une comparaison avec un groupe de référence du pays d’origine peut souligner une amélioration globale de la satisfaction à l’égard de la vie dans le pays d’accueil, ce qui pourrait atténuer les effets négatifs de la surqualification. Enfin, la surqualification chez les immigrants découle généralement de facteurs n’étant pas directement associés aux caractéristiques individuelles, comme des différences de niveau de développement économique et de qualité de l’éducation dans les pays d’origine et d’accueil. La surqualification peut alors avoir un effet moindre sur les immigrants que sur les non-immigrants, car les immigrants peuvent être plus susceptibles de considérer la surqualification comme une conséquence inévitable de l’immigration plutôt que comme un échec personnel.

2. Les mécanismes par lesquels la surqualification influe sur la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants et des non-immigrants diffèrent-ils? Auquel cas, quels sont-ils?

On s’attend à ce que certains facteurs soient plus pertinents pour les populations immigrantes que pour les populations non immigrantes. Des difficultés financières peuvent influer davantage sur les immigrants que sur les non-immigrants, parce qu’elles se répercutent sur divers aspects de leur vie. Certains immigrants, par exemple, arrivent seuls dans le pays d’accueil, dans le but d’obtenir un emploi qui facilitera la migration du reste de leur famille. Les immigrants surqualifiés occupent généralement des emplois peu rémunérés qui les empêchent de faire venir leur famille dans le pays d’accueil et de leur fournir un soutien financier adéquat, ce qui mène à une diminution de la satisfaction à l’égard de la vie (Asanin Dean et Wilson, 2009).

3. La relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie varie-t-elle en fonction de la durée de résidence au Canada des immigrants?

Il existe deux hypothèses contradictoires dans ce cas. D’une part, l’effet négatif pourrait se renforcer lorsque la surqualification n’est plus seulement une difficulté passagère liée à l’ajustement initial au pays d’accueil. L’expérience continue de la surqualification et l’absence de mobilité ascendante peuvent en effet aggraver le sentiment d’insatisfaction au fil du temps. D’autre part, l’effet pourrait s’atténuer si les immigrants s’habituent à la situation ou réévaluent leurs objectifs. L’effet négatif de la surqualification pourrait s’atténuer en fonction de la durée de résidence au Canada, si les immigrants accordent une plus grande importance à d’autres domaines de leur vie et se concentrent moins sur des objectifs qu’ils jugent inaccessibles.

4. La relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie chez les immigrants de pays développés diffère-t-elle de celle d’immigrants issus de pays en voie de développement?

On s’attend à ce que la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie soit plus faible chez immigrants provenant de pays en voie de développement. En effet, les immigrants de ces pays peuvent être plus enclins que ceux de pays développés à s’attendre à cette surqualification dans le pays d’accueil, du fait de plus grandes différences entre les systèmes économique et éducatif des pays d’origine et d’accueil. De plus, les immigrants de pays en voie de développement sont plus susceptibles de connaître des améliorations de leurs conditions de vie et d’autres aspects de leur vie du fait de la migration, ce qui améliore leur satisfaction générale à l’égard de la vie (Frank, Hou et Schellenberg, 2016). Cette expérience peut donc atténuer l’effet négatif de la surqualification.

La présente étude complète les ouvrages existants en fournissant des données basées sur un important échantillon représentatif de la population nationale comptant des immigrants de plus de 160 pays. On y tient, en outre, compte de différents degrés de surqualification au sein de la population ayant suivi des études universitaires : les personnes qui occupent des professions nécessitant uniquement des études secondaires au plus (surqualification) et ceux occupant des professions pour lesquelles quelques années d’études postsecondaires sont généralement suffisantes (légère surqualification). L’analyse inclut également des groupes d’immigrants et de non-immigrants occupant des professions correspondant à leur niveau de scolarité (correspondance entre le niveau de scolarité et la profession). Cette approche fournit des renseignements plus détaillés sur les différences existant entre les populations immigrante et non immigrante ainsi qu’au sein des groupes.

2. La surqualification et ses conséquences

La surqualification est généralement définie comme l’occupation d’un emploi dans une profession qui est inférieure au niveau d’expérience professionnelle ou de compétences d’une personne (Chen, Smith et Mustard, 2010). On utilise également dans les ouvrages des mesures subjectives fondées sur la surqualification autoévaluée par les répondants (Feldman et Turnley, 1995). Bien qu’il existe de multiples définitions opérationnelles (Friedland et Price, 2003), la mesure la plus couramment utilisée relève la fréquence de la surqualification lorsqu’une personne a atteint un niveau de scolarité supérieur à celui « nécessaire pour correctement effectuer » sa tâche (Rubb, 2003; Wolbers, 2003, p. 250). La présente étude utilise également cette définition de la surqualification, en se concentrant particulièrement sur la correspondance entre le niveau de scolarité d’une personne et le niveau requis pour le poste.

De manière générale, les personnes surqualifiées ne parviennent pas à obtenir un emploi qui exploite pleinement leur niveau de scolarité, que ce soit sur le plan de la gratification financière ou de l’utilisation de leurs compétences (Bracke, van de Straat et Missinne, 2014; Feldman, 1996). Les conséquences de la surqualification ont été étudiées de manière approfondie. Une grande partie des ouvrages se concentrent soit sur les coûts économiques de la surqualification, soit sur la façon dont la surqualification influe sur la qualité du travail. Ces études indiquent que la surqualification entraîne une rémunération moindre, une productivité plus faible, des conditions de travail plus précaires, moins d’autonomie au travail et un capital humain inutilisé (p. ex., Chiswick et Miller, 2009; Fleming et Kler, 2008; Hartog, 2000; Nordin, Persson et Rooth, 2010; Peter, Gässler et Geyer, 2007; Piper, 2015; Smith et Frank, 2005; Wu, Luksyte et Parker, 2015). Cependant, des coûts psychologiques peuvent également être liés, au moins en partie, à ces conséquences de la surqualification.

Même si la diminution de la sécurité financière et de l’utilisation des compétences sont des facteurs importants permettant d’expliquer la façon dont la surqualification influe sur le bien-être psychologique des personnes, la perte de statut social joue également un rôle. Les aspirations professionnelles se fondent souvent sur la possibilité de revendiquer certains statuts dans la société (Friedland et Price, 2003, p. 34). Le niveau de scolarité sert d’indicateur général des types de professions à la « disposition » d’une personne (Smith et Frank, 2005, p. 828). Un décalage entre les « indicateurs traditionnels » du statut socioéconomique d’une personne (p. ex., la scolarité, la profession, le revenu) entraîne une incohérence de statut (Lenski, 1954; Peter, Gässler et Geyer, 2007, p. 605).

Les conséquences d’une incohérence de statut sont souvent une mobilité sociale descendante, qui peut entraîner la marginalisation (Lenski, 1954) et une détérioration de l’état de santé. Peter, Gässler et Geyer (2007) concluent, par exemple, que l’incohérence de statut est associée à un risque accru de maladie du cœur. On a attribué cette relation aux niveaux supérieurs de stress associés à un emploi moins stable et aux conditions de travail souvent difficiles dans le cadre d’emplois ayant des exigences scolaires moins élevées. De plus, Dressler (1988, p. 81) fait remarquer que ces personnes font l’objet d’un stress lié aux efforts en vue d’atteindre un objectif, lorsque leurs aspirations ne sont pas satisfaites. Les personnes ne parvenant pas à améliorer leur situation professionnelle connaissent généralement ce type de stress, qui est particulièrement présent chez les personnes ayant un niveau de scolarité élevé (Chen, Smith et Mustard, 2010; Smith et Frank, 2005).

Les chercheurs qui ont étudié la surqualification concluent qu’un décalage entre le niveau de scolarité d’une personne et sa réussite professionnelle est associé à des niveaux plus élevés de dépression (p. ex., Bracke, Pattyn et von dem Knesebeck, 2013) et de troubles mentaux (Gal et coll., 2008), une moindre satisfaction au travail (p. ex., Burris, 1983; Erdogan et Bauer, 2009; Fleming et Kler, 2008; Johnson et Johnson, 2000; Maynard, Joseph et Maynard, 2006) et un sentiment accru d’aliénation et d’impuissance (Burris, 1983). Des études montrent également que la surqualification est associée négativement à la satisfaction à l’égard de la vie de diplômés universitaires aux États-Unis et au Royaume-Uni (Feldman et Turnley, 1995; Piper, 2015). Cette relation peut être expliquée de plusieurs façons. Piper (2015) souligne que des niveaux moindres de satisfaction à l’égard de la vie peuvent provenir d’attentes non satisfaites, de comparaisons avec le passé de la personne (p. ex., remettre en question l’utilité de l’investissement supplémentaire dans les études) ou de comparaisons avec un groupe de référence (p. ex., des pairs ayant le même niveau de scolarité sans connaître la surqualification, d’autres personnes ayant le même emploi sans avoir investi dans leurs études).

Les ouvrages portant sur le chômage et le bonheur fournissent d’autres précisions sur la dynamique de l’influence du groupe ou des groupes avec lesquels un travailleur se compare sur la satisfaction à l’égard de la vie du travailleur en question. Le degré auquel les circonstances professionnelles peuvent influer sur la satisfaction à l’égard de la vie de personnes sans emploi dépend en partie de l’expérience d’autres personnes appartenant à leur groupe de référence. Le chômage a, par exemple, un effet négatif moindre sur la satisfaction à l’égard de la vie lorsqu’il existe un fort taux de chômage dans la région (Clark, 2003). Un fort taux de chômage local a, par conséquent, un effet régulateur atténuant le degré auquel une situation négative d’emploi influe sur la satisfaction générale à l’égard de la vie d’une personne.

Les groupes de référence auxquels ont recours les immigrants et non-immigrants lorsqu’ils évaluent leur satisfaction à l’égard de la vie pourraient également permettre d’expliquer comment la surqualification peut influer différemment sur la satisfaction à l’égard de la vie de ces deux groupes. Parce que les immigrants sont plus susceptibles de se comparer à d’autres groupes d’immigrants dans le pays d’accueil qu’à des personnes nées au Canada (Bartram, 2010, 2011), la fréquence élevée de la surqualification chez les immigrants (Chiswick et Miller, 2009; Galarneau et Morissette, 2008) pourrait atténuer l’effet négatif de la surqualification en créant une norme sociale. En effet, un grand nombre d’immigrants surqualifiés dans le pays d’accueil peut rendre la surqualification socialement plus acceptable, du fait de sa prédominance dans ce groupe. Par conséquent, la surqualification peut avoir une influence négative plus forte sur la satisfaction à l’égard de la vie de la population non immigrante, qui tend à se comparer à d’autres travailleurs nés au Canada, dont la majorité présente une correspondance entre le niveau de scolarité et la profession.

De nombreux chercheurs qui examinent l’intégration des immigrants au Canada se sont intéressés au degré de surqualification chez les immigrants. Ces études se sont principalement concentrées sur les obstacles que les immigrants qualifiés doivent surmonter lorsqu’ils essaient d’obtenir un emploi correspondant à leur niveau de scolarité, notamment la reconnaissance des titres de compétences obtenus dans leur pays d’origine, les exigences de vérification de connaissances propres à une profession, la barrière linguistique et des employeurs préférant une expérience de travail au Canada (p. ex., Aydemir et Skuterud, 2005; Basran et Zong, 1998; McDade, 1988). Bien que certains attribuent à des attentes irréalistes l’insatisfaction que ressentent les immigrants surqualifiés lorsqu’ils entrent dans la population active canadienne, Chen, Smith et Mustard (2010) trouvent que les immigrants sont généralement réalistes et s’attendent à être confrontés à des difficultés pour entrer sur le marché de l’emploi. Néanmoins, une grande partie des personnes immigrant au Canada sont des travailleurs qualifiés qui migrent afin d’améliorer leurs conditions économiques. Outre les défis généraux auxquels sont confrontés les immigrants après leur arrivée dans un nouveau pays, comme des difficultés linguistiques et une perte de réseaux sociaux, la surqualification peut également entraîner une détérioration du statut social, des conditions de travail stressantes et un faible revenu, ce qui s’ajoute au niveau de stress des immigrants, influant négativement sur leur santé et leur bien-être (Dunn et Dyck, 2000).

Ce problème intéresse particulièrement les pays recevant de grands nombres d’immigrants hautement qualifiés. Une étude portant sur des immigrants récemment arrivés au Canada (p. ex., ceux résidant au Canada depuis trois ans ou moins) a révélé que les immigrants qualifiés attribuaient le plus souvent leur stress, leur anxiété, leur dépression et leur insatisfaction au fait d’être surqualifiés pour leur emploi et de travailler hors de leur domaine d’expertise (Asanin Dean et Wilson, 2009). L’insécurité financière résultant de cette situation peut également empêcher les immigrants de retrouver leur famille ou de participer à d’autres activités dans leur pays d’accueil (Asanin Dean et Wilson, 2009), ce qui influe sur leur bien-être psychologique. De plus, Chen, Smith et Mustard (2010) ont constaté que, bien qu’un déclin de la santé mentale (sur une période de quatre ans) soit plus susceptible d’être signalé par des immigrants surqualifiés, leur degré de satisfaction au travail contribuait grandement à cette relation, ce qui indique le rôle important de la situation professionnelle des immigrants dans leur bien-être général. Les résultats ont montré que, malgré une certaine variation de la fréquence de la surqualification dans les différents groupes d’immigrants, le degré auquel la surqualification influait sur la santé mentale des immigrants n’était pas significativement différent entre ces groupes.

Ces études sont cependant limitées, car elles se concentrent sur les immigrants récemment arrivés au pays, qui ont tendance à être confrontés à une large gamme de défis lorsqu’ils s’initient à une nouvelle culture et à un nouveau marché de l’emploi. Même si certains ont émis l’hypothèse qu’un décalage durable entre le niveau de scolarité des immigrants et leur profession accroît probablement leur sentiment d’insatisfaction (Chen, Smith et Mustard, 2010), aucune preuve n’indique que ce soit le cas. En fait, George et coll. (2012) ont observé que les ingénieurs immigrants ne travaillant pas dans leur domaine et vivant au Canada depuis six ans ou plus étaient plus satisfaits de leur vie que leurs homologues arrivés plus récemment.

On peut expliquer cette différence par des études sur la qualité de vie montrant que les personnes modifient la priorité qu’elles attribuent à différents « domaines de la vie » au fil du temps et selon diverses circonstances (p. ex., Rapkin et Schwartz, 2004; Wu, 2009, p. 37). Cette recherche se fonde sur l’hypothèse de « l’éventail d’affects » de Locke (1976), qui propose que l’évaluation de la satisfaction des personnes se base sur l’écart entre leurs souhaits et ce qu’elles perçoivent pouvoir obtenir, ainsi que sur l’importance qu’une personne accorde aux souhaits (Wu, 2009, p. 38). Généralement, les études ont permis de conclure que plus l’écart entre le niveau de vie actuel d’une personne et celui qu’elle souhaiterait est important, plus sa satisfaction à l’égard de la vie est faible (Campbell, Converse et Rogers, 1976; Wu, 2009). Cependant, des études sur le « changement de réaction » indiquent que lorsque les personnes modifient l’importance de leurs souhaits précédents et redéfinissent ce qui est le plus important dans leur vie, les mesures de leur qualité de vie s’améliorent (Wu, 2009, p. 38). Wrosch et coll. (2003), par exemple, ont constaté que la qualité de vie de personnes pouvait augmenter en accordant moins d’importance à des objectifs inaccessibles. Ainsi, des personnes peuvent accroître leur satisfaction à l’égard de la vie en se concentrant désormais sur des domaines de la vie présentant de meilleures circonstances et en ne tenant pas compte de domaines où les résultats sont inférieurs à leurs attentes (Sprangers et Schwartz, 1999).

Dans le cas des populations d’immigrants, il existe ainsi deux conséquences possibles à mesure que la durée de la résidence s’accroît dans le pays d’accueil. D’un côté, plus la période de surqualification d’un immigrant s’allonge dans le pays d’accueil, plus sa satisfaction à l’égard de la vie peut diminuer, du fait de ce stress prolongé. Cependant, les ouvrages sur les changements de réactions indiquent que l’inverse est également possible. Ainsi, si les immigrants surqualifiés tiennent progressivement moins compte de l’importance placée sur le domaine d’emploi dans leur vie, du fait des frustrations continues éprouvées pour atteindre leurs objectifs, et s’ils accroissent l’importance accordée à d’autres domaines, comme les amis et la famille, il est alors possible que leur niveau de satisfaction à l’égard de la vie augmente au fil du temps. De plus, de faibles niveaux de satisfaction à l’égard de la vie peuvent être plus prononcés chez les immigrants récents, puisqu’ils ressentent souvent de l’insatisfaction pour tout un éventail de domaines liés au processus de transition (Aycan et Berry, 1996).

3. Données, mesures et méthodes

3.1. Données

La présente étude utilise des données totalisées provenant de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2009 à 2014 (ESCC) (Statistique Canada, s.d.) L’ESCC est une enquête transversale représentative de la population nationale basée sur un échantillon d’environ 60 000 personnes chaque année. Elle recueille un ensemble normalisé de caractéristiques démographiques et socioéconomiques ainsi qu’une vaste gamme de renseignements sur l’état de santé, les déterminants de la santé et l’utilisation du système de santé. Le taux de réponse va de 73 % en 2009 à 66 % en 2014.

Six années de données de l’ESCC sont regroupées pour trois raisons. Tout d’abord, ces enquêtes portent sur des échantillons nationaux comparables. Elles présentent le même plan d’échantillonnage, et la collecte est effectuée sur une période de temps relativement courte (six ans). Ensuite, ces enquêtes utilisent les mêmes instruments (questions) quant à la satisfaction à l’égard de la vie, l’éducation, la profession et d’autres prédicteurs de la satisfaction à l’égard de la vie. Surtout, une étude précédente montre que les associations entre la satisfaction à l’égard de la vie et un ensemble commun de déterminants sont constantes tout au long des divers cycles de l’ESCC (Bonikowska et coll., 2014). Enfin, le regroupement d’enquêtes similaires présente l’avantage de réduire les erreurs d’échantillonnage, de couverture et de mesure (Hou, 2014a; Schenker et Raghunathan, 2007). Les ensembles de données combinés accroissent la taille de l’échantillon et améliorent la fiabilité des estimations par régression.

L’échantillon de l’étude comprend des adultes dans la force de l’âge actif (de 25 à 64 ans) possédant un diplôme universitaire et travaillant actuellement comme salariés rémunérés. Cet échantillon comptait 24 985 répondants non immigrants et 5 826 répondants immigrants. Ces immigrants provenaient de plus de 160 pays. Les 10 principaux pays où régions d’origine, en ordre décroissant de taille d’échantillon, étaient l’Inde, la Chine, les Philippines, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Pakistan, Hong Kong, l’Iran et la Roumanie. Chacun de ces principaux pays d’origine a fourni au moins 150 répondants immigrants.

3.2. Mesures

La variable dépendante de la présente étude est la satisfaction à l’égard de la vie. Elle se fonde sur une seule question : « Sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifie « Très insatisfait » et 10 signifie « Très satisfait », quel sentiment éprouvez-vous présentement à l’égard de votre vie en général? (Statistique Canada, s.d., p. 20, question GEN_Q02B). Les chercheurs utilisent largement cette échelle à terme unique depuis des décennies et elle est désormais considérée comme un indicateur fiable et valide du bien-être subjectif des personnes (Blanchflower, 2009; Diener, Inglehart et Tay, 2013).

La variable indépendante principale rend compte du degré auquel le niveau de scolarité atteint par une personne correspond au niveau de scolarité requis pour une profession donnée. Le niveau de scolarité requis pour une profession donnée est établi dans la Classification nationale des professions pour statistiques (CNP-S) 2006 du Canada (Statistique Canada, 2006). Se fondant sur une recherche approfondie sur les professions, la CNP organise plus de 30 000 titres de professions appartenant à environ 500 descriptions de groupes de professions. La CNP classe les professions selon l’un des quatre grands niveaux de compétences, soit de A à D. Ces niveaux correspondent au type et au niveau de formation ou d’études requis pour accéder à une profession. Les professions correspondant au niveau de compétence A requièrent généralement un diplôme universitaire. Les professions correspondant au niveau de compétence B requièrent généralement quelques années d’études postsecondaires ou de formation en apprentissage. Les professions correspondant au niveau de compétence C requièrent généralement un diplôme d’études secondaires et une formation propre à la profession. Les professions correspondant au niveau de compétence D requièrent généralement quelques années d’études secondaires ou une formation en cours d’emploi. La CNP n’attribue pas de niveau de scolarité particulier aux professions de gestion. Dans le cadre de la présente étude, on attribue aux postes de gestion supérieurs et aux postes intermédiaires de gestion spécialisée le niveau de compétence A, alors qu’on attribue aux postes intermédiaires de gestion dans les secteurs du commerce de détail et de gros et du service à la clientèle ainsi que des métiers, du transport, de la production et des services publics le niveau de compétence BNote 1. L’étude se concentre sur les diplômés universitaires et utilise trois catégories pour la variable de correspondance entre le niveau de scolarité et la profession : surqualification, lorsqu’un diplômé universitaire occupe une profession nécessitant uniquement des études secondaires ou moins (niveaux C et D); légère surqualification, lorsqu’un diplômé universitaire occupe une profession nécessitant quelques études postsecondaires sans diplôme universitaire (niveau B); correspondance entre le niveau de compétence et la profession, lorsqu’un diplômé universitaire occupe une profession qui nécessite un diplôme universitaire (niveau A).

Dans les modèles multivariés, la présente étude comprend également cinq domaines de covariables qui figurent dans l’ESCC et qui sont susceptibles d’être liées à la fois à la correspondance entre le niveau de scolarité et la profession et à la satisfaction à l’égard de la vie. Ces covariables pourraient éventuellement expliquer l’effet sur la satisfaction à l’égard de la vie de la correspondance entre le niveau de scolarité et la profession. Le premier domaine comprend des caractéristiques démographiques de base, notamment le statut de minorité visible, le sexe, l’état matrimonial, l’âge et les diplômes obtenus. Le code 1 est attribué au statut de minorité visible si le répondant se déclare noir, chinois, sud-asiatique, philippin, asiatique du Sud-Est, asiatique occidental ou arabe, latino-américain, japonais, coréen ou de multiples minorités visibles; sinon, le code attribué est 0. Le code relatif au sexe est 1 pour les femmes et 0 pour les hommes. L’état matrimonial compte quatre catégories : marié (groupe de référence); union libre; divorcé, séparé ou veuf; jamais marié. Le code de l’âge comprend quatre groupes de 10 ans : 25 à 34 ans, 35 à 44 ans, 45 à 54 ans et 55 à 64 ans, ce dernier groupe étant la référence commune. Le code de la variable nominale pour les diplômes est 1 pour les diplômes d’études supérieures et 0 pour le baccalauréat.

Le deuxième domaine de covariables comprend des caractéristiques du travail, notamment le stress professionnel autoévalué et les heures de travail. Le stress professionnel autoévalué se base sur la question d’enquête : « Diriez-vous que la plupart de vos journées étaient... 1 – pas du tout stressantes, 2 – pas tellement stressantes, 3 – un peu stressantes, 4 – assez stressantes, 5 – extrêmement stressantes. » (Statistique Canada, s.d., p. 21, question GEN_Q09). Les heures de travail sont représentées par une variable comptant trois catégories : longues heures (plus de 56 heures par semaine), heures normales (de 37 à 56 heures par semaine) et courtes heures (moins de 37 heures par semaine), les heures normales étant le groupe de référence.

Le troisième domaine reflète la situation économique de la personne. Celle-ci est représentée par le revenu personnel. Cette variable est regroupée en six catégories : revenu inférieur (revenu annuel de 29 999 $ ou moins), revenu moyen-inférieur (de 30 000 $ à 49 999 $), revenu moyen (de 50 000 $ à 69 999 $), revenu moyen-supérieur (70 000 $ à 99 999 $), revenu supérieur (100 000 $ ou plus) et revenu non déclaré; la catégorie de revenu moyen-supérieur est la référence commune.

Le quatrième domaine reflète le capital social et le sentiment d’appartenance des personnes. Ces caractéristiques sont mesurées par une question à un terme sur le sentiment d’appartenance à la communauté locale. Des études précédentes ont montré que l’appartenance à la communauté locale est fortement liée aux réseaux sociaux locaux des personnes et associée de manière positive au bien-être général et à la santé mentale (Carpiano et Hystad, 2011). Elle est mesurée, dans l’ESCC, à partir de la question d’enquête : « Comment décririez-vous votre sentiment d’appartenance à votre communauté locale? Diriez-vous qu’il est : 1 – très fort, 2 – plutôt fort, 3 – plutôt faible, 4 – très faible, 5 – ne sait pas. » (Statistique Canada, s.d., p. 21, question GEN_Q10). Dans cette analyse, un code de variable nominale est attribué à cette question : 1 indiquant une appartenance forte et 0 pour toute autre réponse.

Le cinquième domaine reflète l’état de santé de la personne. Celui-ci est mesuré par le nombre de maladies chroniques que les personnes ont déclarées, notamment l’asthme, l’arthrite, les maux de dos, l’hypertension, les migraines, la bronchite chronique, le diabète, la maladie du cœur, le cancer, les ulcères à l’intestin ou à l’estomac, les troubles dus à un accident vasculaire, l’incontinence urinaire, les troubles intestinaux ainsi que la maladie d’Alzheimer ou toute autre forme de démence cérébrale. La valeur de cette variable va de 0 à 8.

Deux autres variables utilisées dans les modèles sont propres aux immigrants. L’une est le nombre d’années depuis l’mmigration représenté par une valeur allant de 0 (arrivée l’année de l’enquête) à 34. L’autre est une variable nominale indiquant si l’immigrant provient d’un pays en voie de développement. Les pays en voie de développement sont de manière générale définis comme les pays autres que le Canada, les États-Unis, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les pays européens.Note 2

3.3. Méthodes

L’analyse produit en premier lieu des statistiques descriptives indiquant la répartition en pourcentage des travailleurs surqualifiés, légèrement surqualifiés et dont le niveau de scolarité correspond à la profession parmi les immigrants et les non-immigrants ainsi que les différences relatives aux covariables entre les trois types de travailleurs selon leur statut d’immigrant.

Dans l’analyse multidimensionnelle, deux modèles de régression séquentielle des moindres carrés ordinaires sont estimés, la satisfaction à l’égard de la vie étant le résultat. Ces modèles sont exécutés séparément pour les travailleurs immigrants et non immigrants.

Y=β0 +β1*OE +β2*MOE+ e   MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGzbGaeyypa0JaeqOSdiMaaGimaiaacckacqGHRaWkcqaHYoGy caaIXaGaaiOkaiaad+eacaWGfbGaaiiOaiabgUcaRiabek7aIjaaik dacaGGQaGaamytaiaad+eacaWGfbGaey4kaSIaaeiiaiaadwgacaGG GcGaaiiOaaaa@4D3B@

(1)


Y=β0+β1*OE+β2*MOE+βxj*Xj+ e   MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGzbGaeyypa0JaeqOSdiMaaGimaiabgkdiIkabgUcaRiabek7a IjaaigdacqGHYaIOcaGGQaGaam4taiaadweacqGHRaWkcqaHYoGyca aIYaGaeyOmGiQaaiOkaiaad2eacaWGpbGaamyraiabgUcaRiabek7a IjaadIhacaWGQbGaaiOkaiaadIfacaWGQbGaey4kaSIaaeiiaiaadw gacaGGGcGaaiiOaaaa@565C@

(2)

Le modèle 1 comprend deux variables nominales uniquement : surqualification ( OE MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGpbGaamyraaaa@37B4@ ) et légère surqualification ( MOE MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGnbGaam4taiaadweaaaa@3886@ ), la correspondance entre le niveau de scolarité et la profession ( EOM MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGfbGaam4taiaad2eaaaa@3886@ ) étant le groupe de référence. Le coefficient β1 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGycaaIXaaaaa@3872@  représente la différence de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspond à la profession. De la même manière, le coefficient β2 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGycaaIYaaaaa@3873@  représente la différence de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs légèrement surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspond à la profession. Le modèle 2 ajoute les cinq domaines de covariables ( Xj MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGybGaamOAaaaa@37E2@ ) susmentionnées. La variation du coefficient associé à OE MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGpbGaamyraaaa@37B4@  entre le modèle 1 et le modèle 2 ( β1β1 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGycaaIXaGaeyOeI0IaeqOSdiMaaGymaiabgkdiIcaa@3D3B@ ) est la partie de la différence observée en matière de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspond à la profession qu’expliquent les covariables incluses. De même, la variation du coefficient associé à MOE MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGnbGaam4taiaadweaaaa@3886@  entre le modèle 1 et le modèle 2 ( β2β2 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGycaaIYaGaeyOeI0IaeqOSdiMaaGOmaiabgkdiIcaa@3D3D@ ) est la partie de la différence observée en matière de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs légèrement surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspond à la profession qu’expliquent les covariables incluses. En utilisant une autre forme de la décomposition d’Oaxaca (Hou, 2014b), la différence ( β1β1 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGycaaIXaGaeyOeI0IaeqOSdiMaaGymaiabgkdiIcaa@3D3B@ ) peut être encore décomposée selon la contribution de chaque covariable :

β xj ( X ¯ oe.j X ¯ eom.j ) Σ β xj ( X ¯ oe.j X ¯ eom.j ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaWaaSaaaeaacq aHYoGydaWgaaWcbaGaamiEaiaadQgaaeqaaOGaaiikamaanaaabaGa amiwaaaadaWgaaWcbaGaam4BaiaadwgacaGGUaGaamOAaaqabaGccq GHsisldaqdaaqaaiaadIfaaaWaaSbaaSqaaiaadwgacaWGVbGaamyB aiaac6cacaWGQbaabeaakiaacMcaaeaacqqHJoWucqaHYoGydaWgaa WcbaGaamiEaiaadQgaaeqaaOGaaiikamaanaaabaGaamiwaaaadaWg aaWcbaGaam4BaiaadwgacaGGUaGaamOAaaqabaGccqGHsisldaqdaa qaaiaadIfaaaWaaSbaaSqaaiaadwgacaWGVbGaamyBaiaac6cacaWG QbaabeaakiaacMcaaaaaaa@580D@

X ¯ oe.j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaWaa0aaaeaaca WGybaaamaaBaaaleaacaWGVbGaamyzaiaac6cacaWGQbaabeaaaaa@3A90@  est la moyenne de la covariable Xj MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGybGaamOAaaaa@37E2@  pour les travailleurs surqualifiés et X ¯ eom.j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaWaa0aaaeaaca WGybaaamaaBaaaleaacaWGLbGaam4Baiaad2gacaGGUaGaamOAaaqa baaaaa@3B82@  est la moyenne de la même covariable pour les travailleurs dont le niveau de scolarité correspond à la profession. La même approche s’applique à la décomposition ( β2β2 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGycaaIYaGaeyOeI0IaeqOSdiMaaGOmaiabgkdiIcaa@3D3D@ ) lorsque X ¯ oe.j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaWaa0aaaeaaca WGybaaamaaBaaaleaacaWGVbGaamyzaiaac6cacaWGQbaabeaaaaa@3A90@  est remplacée par X ¯ moe.j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaWaa0aaaeaaca WGybaaamaaBaaaleaacaWGTbGaam4BaiaadwgacaGGUaGaamOAaaqa baaaaa@3B82@ , qui est la moyenne de la covariable Xj MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGybGaamOAaaaa@37E2@  pour les travailleurs légèrement surqualifiés.

Un troisième modèle s’applique particulièrement aux immigrants; ce modèle inclut le nombre d’années depuis l’immigration et la variable nominale de pays en voie de développement ainsi que leur interaction avec OE MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGpbGaamyraaaa@37B4@  et MOE MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGnbGaam4taiaadweaaaa@3886@ .

4. Résultats

Le tableau 1 indique que parmi les travailleurs ayant suivi des études universitaires, les immigrants (29,6 %) étaient plus de deux fois plus susceptibles d’être surqualifiés pour leur emploi que les non-immigrants (12,0 %). Alors que seulement 45,5 % des travailleurs immigrants ayant suivi des études universitaires occupaient des professions nécessitant des études universitaires, le taux correspondant pour les non-immigrants était de 64,2 %.

Tableau 1
Répartition en pourcentage des professions selon le statut d’immigrant chez les travailleurs âgés de 25 à 64 ans ayant suivi des études universitaires
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition en pourcentage des professions selon le statut d’immigrant chez les travailleurs âgés de 25 à 64 ans ayant suivi des études universitaires Non-immigrants et Immigrants, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Non-immigrants Immigrants
pourcentage
Travailleurs surqualifiés : profession nécessitant des études secondaires ou moindres 12,0 29,6
Travailleurs légèrement surqualifiés : profession nécessitant des études postsecondaires 23,9 24,9
Travailleurs dont le niveau de scolarité correspond à la profession : professions nécessitant un diplôme universitaire 64,2 45,5

Pour les travailleurs non immigrants et immigrants, le degré de correspondance entre le niveau de scolarité et la profession était significativement associé à la satisfaction à l’égard de la vie et à un éventail de covariables (tableau 2). Parmi les non-immigrants, par rapport aux travailleurs dont le niveau de scolarité correspondait à la profession, les travailleurs surqualifiés ont exprimé un niveau inférieur de satisfaction à l’égard de la vie et les minorités visibles étaient surreprésentées. Ces travailleurs surqualifiés non immigrants étaient en outre moins susceptibles de vivre en union libre, mais plus enclins à ne plus être en relation ou à n’avoir jamais été mariés et étaient plus jeunes et moins susceptibles de posséder un diplôme d’études supérieures. Par rapport aux travailleurs dont le niveau de scolarité correspondait à la profession, les travailleurs non immigrants surqualifiés ressentaient moins de stress professionnel. De plus, ils étaient moins susceptibles de travailler de longues heures (plus de 56 heures par semaine), mais aussi plus susceptibles de travailler de courtes heures (moins de 37 heures par semaine), ce qui peut indiquer des emplois plus précaires. Ils étaient enclins à recevoir un revenu bien inférieur à celui des travailleurs dont le niveau de scolarité correspondait à la profession et signalaient un plus faible sentiment d’appartenance à la communauté. Les caractéristiques des travailleurs non immigrants légèrement surqualifiés étaient en général similaires à celles des travailleurs surqualifiés, à l’exception de certaines caractéristiques du travail et de la composition selon le sexe. Les travailleurs légèrement surqualifiés enregistraient une part plus élevée de longues heures de travail, mais une part moindre de courtes heures de travail; la proportion de femmes était également inférieure à celle observée pour les deux autres types de travailleurs.

Tableau 2
Moyennes des variables selon le statut d’immigrant et le niveau de compétence professionnelle chez les travailleurs âgés de 25 à 64 ans ayant suivi des études universitaires
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Moyennes des variables selon le statut d’immigrant et le niveau de compétence professionnelle chez les travailleurs âgés de 25 à 64 ans ayant suivi des études universitaires Non-immigrants, Immigrants, Surqua-lification, Légère surqualifi-cation et Corres-pondance, calculées selon moyenne et nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Non-immigrants Immigrants
Surqualification Légère surqualification Correspondance Surqualification Légère surqualification Correspondance
moyenne
Satisfaction à l’égard de la vie 7,929Note *** 8,163Note *** 8,331 7,730Note *** 7,869Note ** 7,981
Caractéristiques démographiques  
Minorité visible 0,099Note *** 0,076Note *** 0,059 0,826Note *** 0,748Note *** 0,662
Femme 0,582 0,467Note *** 0,585 0,541Note *** 0,442 0,431
Union libre 0,145Note ** 0,156Note * 0,169 0,038Note *** 0,053 0,064
Divorcé, séparé ou veuf 0,086Note * 0,072 0,074 0,078Note ** 0,055 0,053
Jamais marié 0,303Note *** 0,207Note ** 0,190 0,165 0,158 0,171
Âge 39,906Note *** 40,844 41,005 40,905Note *** 39,892 39,616
Diplôme d’études supérieures 0,132Note *** 0,188Note *** 0,368 0,229Note *** 0,283Note *** 0,499
Caractéristiques du travail  
Stress professionnel 2,963Note *** 3,222Note *** 3,294 2,825Note *** 2,948Note *** 3,151
Longues heures de travail 0,054Note *** 0,089Note * 0,098 0,038Note *** 0,063 0,067
Courtes heures de travail 0,366Note *** 0,221Note ** 0,242 0,324Note *** 0,174 0,183
Revenu  
Revenu inférieur 0,241Note *** 0,093Note *** 0,053 0,434Note *** 0,179Note *** 0,104
Revenu moyen-inférieur 0,299Note *** 0,203Note *** 0,131 0,289Note *** 0,324Note *** 0,187
Revenu moyen 0,190Note *** 0,222 0,229 0,122Note *** 0,221 0,205
Revenu supérieur 0,066Note *** 0,206 0,217 0,016Note *** 0,082Note *** 0,162
Revenu non déclaré 0,091Note *** 0,055Note * 0,047 0,112Note *** 0,077 0,079
Appartenance à la communauté locale 0,632Note * 0,637Note * 0,656 0,645Note *** 0,640Note *** 0,580
Nombre de maladies chroniques 0,643 0,603 0,613 0,529 0,455 0,478
Caractéristiques propres aux immigrants  
Nombre d'années depuis l’immigration Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 10,480Note *** 11,259Note *** 12,708
De pays en voie de développement Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,841Note *** 0,766Note *** 0,680
  nombre
Taille de l’échantillon 3 072 5 522 16 391 1 583 1 412 2 831

Les tendances des différences de satisfaction à l’égard de la vie, des caractéristiques du travail ainsi que du revenu chez les immigrants, selon le degré de correspondance entre le niveau de scolarité et la profession, étaient globalement similaires à celles des non-immigrants (tableau 2). Cependant, contrairement aux travailleurs non immigrants, les travailleurs immigrants surqualifiés étaient plus âgés que ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession et les célibataires n’étaient pas surreprésentés. Les immigrants surqualifiés étaient demeurés au Canada environ deux ans de moins que les immigrants dont le niveau de scolarité correspondait à la profession. Environ 84 % des immigrants surqualifiés provenaient de pays en voie de développement, par rapport à 68 % des immigrants dont le niveau de scolarité correspondait à la profession.

En moyenne, l’effet négatif de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie était plus faible chez les travailleurs immigrants que chez les travailleurs non immigrants, comme l’indique le modèle 1 (tableau 3). Le modèle 1 reproduit simplement les différences observées de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés, les travailleurs légèrement surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession, sans tenir compte des différences de covariables entre les trois groupes de travailleurs. Parmi les non-immigrants, les travailleurs surqualifiés présentaient un écart moyen de satisfaction à l’égard de la vie de 0,402 par rapport aux travailleurs dont le niveau de scolarité correspondait à la profession. L’écart correspondant était de 0,251 pour les travailleurs immigrants. La différence entre ces deux écarts (c.-à-d., 0,402 moins 0,251, soit 0,151) est statistiquement significative à p < 0,001. L’écart de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs légèrement surqualifiés et les travailleurs dont le niveau de scolarité correspondait à la profession était bien inférieur à celui relevé pour les travailleurs surqualifiés chez les non-immigrants et les immigrants.

Le modèle 2 ajoute les covariables sélectionnées (tableau 3). Entre le modèle 1 et le modèle 2, le coefficient de surqualification diminue, passant de -0,402 à -0,280 pour les travailleurs non immigrants, ce qui laisse supposer que 30 % de la différence observée de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession s’explique par les différences de covariables. En comparaison, le coefficient correspondant pour les immigrants surqualifiés a diminué, passant de -0,251 dans le modèle 1 à -0,055 dans le modèle 2, ce qui laisse supposer que 78 % de la différence observée de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession s’explique par les différences relevées pour ces covariables. En effet, le coefficient négatif pour les travailleurs surqualifiés du modèle 2 est devenu statistiquement non significatif pour les immigrants, mais est demeuré statistiquement significatif pour les non-immigrants.

Tableau 3
Résultats des modèles de régression prédisant l’effet négatif de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie, selon le statut d’immigrant
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Le tableau montre les résultats de Résultats des modèles de régression prédisant l’effet négatif de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie Non-immigrants, Immigrants, Modèle 1 , Modèle 2 et Modèle 3, calculées selon coefficient et valeur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Non-immigrants Immigrants
Modèle 1 Modèle 2 Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3
coefficient
Ordonnée à l’origine 8,331Note *** 8,945Note *** 7,981Note *** 8,330Note *** 8,296Note ***
Surqualification -0,402Note *** -0,280Note *** -0,251Note *** -0,055 -0,569Note ***
Légère surqualification -0,169Note *** -0,108Note *** -0,112Note * -0,074 -0,229Note *
Minorité visible Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,246Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,095Note * -0,233Note **
Femme Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,212Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,205Note *** 0,180Note ***
Union libre Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,095Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,092 0,085
Divorcé, séparé ou veuf Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,435Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,526Note *** -0,526Note ***
Jamais marié Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,469Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,112Note * -0,130Note *
25 à 34 ans Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,158Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,196Note * 0,301Note **
35 à 44 ans Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,116Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,070 0,159Note *
45 à 54 ans Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,084Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,029 0,003
Diplôme d’études supérieures Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,021 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,038 0,050
Stress professionnel Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,208Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,148Note *** -0,154Note ***
Longues heures de travail Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,002 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,291Note *** 0,299Note ***
Courtes heures de travail Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,012 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,008 -0,008
Revenu inférieur Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,403Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,588Note *** -0,549Note ***
Revenu moyen-inférieur Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,186Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,270Note *** -0,259Note ***
Revenu moyen Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,101Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,129Note * -0,127Note *
Revenu supérieur Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,119Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,035 0,035
Revenu non déclaré Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,176Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,257Note *** -0,234Note **
Appartenance à la communauté locale Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,362Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,509Note *** 0,506Note ***
Nombre de maladies chroniques Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,146Note *** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -0,275Note *** -0,276Note ***
Nombre d'années depuis l’immigration Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,002
De pays en voie de développement Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,064
Nombre d'années depuis l’immigration  
Surqualification Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,022Note ***
Légère surqualification Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,006
De pays en voie de développement  
Surqualification Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,351Note **
Légère surqualification Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,129
    valeur
R au carré 0,012 0,112 0,006 0,110 0,117

Dans le tableau 4, la partie prise en compte de l’effet négatif de la surqualification a été encore décomposée selon la contribution de chaque covariable, à l’aide de la méthode de décomposition par régression présentée à la sous-section 3.3 (Méthodes). La première ligne du tableau 4 présente la différence observée dans la satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession, comme il est présenté dans le modèle 1 du tableau 3. La deuxième ligne présente la différence corrigée de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession, comme il est présenté dans le modèle 2 du tableau 3. La troisième ligne est la différence entre l’effet observé et l’effet corrigé. Cette différence représente la partie de l’effet négatif de la surqualification imputable aux covariables. Cette portion imputable a été encore décomposée selon la contribution de chaque covariable, puis calculée comme la somme de cinq dimensions : les caractéristiques démographiques, les caractéristiques du travail, le revenu, l’appartenance communautaire et les maladies chroniques. Les résultats de la décomposition montrent que le revenu était le principal facteur expliquant l’effet de la surqualification pour les travailleurs non immigrants et immigrants. Cependant, puisque les covariables sélectionnées représentaient seulement 30 % de l’effet négatif observé de la surqualification chez les non-immigrants, mais 78 % chez les immigrants, il est clair que le revenu inférieur était le principal facteur intermédiaire de la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants, mais qu’il s’agit seulement de l’un des facteurs importants pour les non-immigrants.

Tableau 4
Décomposition de l’effet de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie, selon le statut d’immigrant
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Décomposition de l’effet de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie Non-immigrants et Immigrants, calculées selon cote et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Non-immigrants Immigrants
cote
Effets observés -0,402 -0,251
Effets corrigés -0,280 -0,055
Effets expliqués -0,122 -0,196
  pourcentage
Composantes en causeTableau 4 Note 1  
Caractéristiques démographiques 39 15
Caractéristiques du travail -55 -20
Revenu 105 115
Appartenance à la communauté locale 7 -17
Maladies chroniques 4 7

Les variables incluses dans le modèle 3 s’appliquaient au groupe d’immigrants uniquement (tableau 3). Le paramètre d’interaction significatif et positif entre le nombre d’années depuis l’immigration et la surqualification donne à penser que l’effet négatif de la surqualification tend à diminuer au fur et à mesure du temps passé au Canada. Le graphique 1, basé sur les estimations du modèle 3, illustre l’effet d’interaction. L’écart de la satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession était de 0,55 l’année suivant l’immigration, mais diminuait pour se situer à 0,13 la vingtième année. En d’autres termes, la satisfaction à l’égard de la vie a légèrement augmenté au fil du temps chez les immigrants dont le niveau de scolarité correspondait à la profession, mais s’est beaucoup améliorée chez les immigrants surqualifiés. Il est également possible que l’effet négatif de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie soit plus faible chez les cohortes plus anciennes.

Enfin, l’interaction significative et positive entre les pays en voie de développement et la surqualification donne à penser que l’effet négatif de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie est plus faible chez les immigrants de pays en voie de développement que chez ceux de pays développés. Le graphique 2, basé sur les estimations du modèle 3 (tableau 3), montre que l’écart de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession était de 0,22 chez les immigrants de pays en voie de développement, mais de 0,57 chez les immigrants de pays développés.

Graphique 1 : Effet d’interaction entre la surqualification des immigrants et les années depuis l’immigration

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
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Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Nombre d'années depuis l’immigration (titres de rangée) et Travailleurs dont le niveau de scolarité correspond à la profession et Travailleurs surqualifiés, calculées selon cote de satisfaction à l’égard de la vie unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d'années depuis l’immigration Travailleurs dont le niveau de scolarité correspond à la profession Travailleurs surqualifiés
cote de satisfaction à l’égard de la vie
1 7,99 7,44
5 8,00 7,54
10 8,01 7,66
15 8,02 7,78
20 8,03 7,90
25 8,04 8,02

Graphique 2 : Effet d’interaction entre la surqualification des immigrants et les pays d’origine

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Pays d’origine (titres de rangée) et Travailleurs dont le niveau de scolarité correspond à la profession et Surqualification, calculées selon cote de satisfaction à l’égard de la vie unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pays d’origine Travailleurs dont le niveau de scolarité correspond à la profession Surqualification
cote de satisfaction à l’égard de la vie
Pays développés 7,95 7,38
Pays en voie de développement 8,01 7,79

5. Discussion et conclusion

La présente étude examine la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie en comparant les travailleurs immigrants et non immigrants au Canada ayant suivi des études universitaires. On y a étudié les différences entre des travailleurs surqualifiés, des travailleurs légèrement surqualifiés et des travailleurs dont le niveau de scolarité correspondait à la profession, afin de comprendre de manière plus nuancée la façon dont les divers degrés de surqualification pouvaient entraîner des différences de satisfaction à l’égard de la vie. On y a également exploré des problèmes se posant uniquement à la population immigrante, comme les effets sur la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie de la durée de la résidence au Canada ou du niveau de développement économique du pays d’origine de l’immigrant.

Comme dans le cadre d’études précédentes (p. ex., Chiswick et Miller, 2009; Galarneau et Morissette, 2008), la surqualification s’est avérée plus fréquente pour la population immigrante que pour la population non immigrante. L’ensemble initial de résultats des modèles de régression, avant l’inclusion des covariables, a indiqué une relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie à la fois pour les immigrants et les non-immigrants. Cela correspond aux travaux de recherche précédents relevant une association négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie (Feldman et Turnley, 1995; Piper, 2015). De plus, aussi bien chez les immigrants que chez les non-immigrants, l’écart de la satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et ceux dont le niveau de scolarité correspondait à la profession était plus prononcé que l’écart de satisfaction à l’égard de la vie entre les travailleurs surqualifiés et les travailleurs uniquement légèrement surqualifiés. Cela donne à penser que le degré de surqualification de travailleurs ayant suivi des études universitaires joue un rôle dans leur niveau de satisfaction à l’égard de la vie.

Malgré une surqualification plus importante chez les immigrants, l’effet négatif de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie était plus faible dans la population immigrante que dans la population non immigrante. Après l’ajout de caractéristiques démographiques et de caractéristiques du travail et du revenu dans le modèle, le coefficient négatif de la surqualification a perdu son importance statistique pour la population immigrante, tout en demeurant statistiquement significatif pour le groupe de non-immigrants. Ces caractéristiques correspondaient à la majeure partie de l’effet négatif de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants et expliquaient un pourcentage notable, mais bien inférieur, de cet effet chez les non-immigrants. Ces résultats confirment la première hypothèse, selon laquelle la surqualification devait avoir une association négative plus faible avec la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants, possiblement parce que la surqualification est une expérience courante chez ces derniers dans un pays d’accueil. Puisque les travailleurs non immigrants se comparent généralement à leurs pairs nés au Canada, la majorité n’étant pas surqualifiés, être surqualifié peut alors avoir une influence négative plus importante sur la satisfaction globale à l’égard de la vie pour ce groupe.

L’analyse de décomposition a indiqué qu’un revenu faible était un facteur médiateur important dans la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie aussi bien pour les groupes d’immigrants que de non-immigrants. Cependant, le revenu était le facteur dominant par lequel la surqualification influait sur la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants, alors qu’il ne s’agissait que de l’un de plusieurs facteurs pour le groupe de non-immigrants. Cela appuie la deuxième hypothèse, selon laquelle les revenus les plus faibles généralement associés à la surqualification influenceraient particulièrement la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants, possiblement du fait de son effet sur de multiples aspects de leur vie (Asanin Dean et Wilson, 2009).

Les résultats de la présente étude fournissent également des renseignements sur la variation de la relation entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie selon des caractéristiques propres à la population immigrante. L’effet négatif de la surqualification s’atténuait au fur et à mesure de la présence au Canada. Ce résultat étaie des études canadiennes précédentes qui ont révélé une satisfaction à l’égard de la vie plus faible chez de récents immigrants ingénieurs qui n’étaient pas employés dans leur domaine que chez leurs pairs résidant au Canada depuis plus longtemps (George et col., 2012).

Cette atténuation de l’effet négatif de la surqualification au fil du temps dans le pays d’accueil n’était pas largement attribuable à une diminution générale de la satisfaction à l’égard de la vie au fil du temps chez tous les immigrants; la satisfaction à l’égard de la vie d’immigrants dont le niveau de scolarité correspondait à la profession augmentait uniquement légèrement au cours des années passées au Canada. Cette hausse de la satisfaction à l’égard de la vie chez les immigrants surqualifiés peut être le signe d’une réévaluation des objectifs, comme cela a été présenté dans les ouvrages sur le changement de réaction. Ainsi, les personnes qui ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs peuvent transférer l’importance qu’ils accordaient à ces objectifs à d’autres objectifs accessibles ou à des domaines de la vie plus satisfaisants (Sprangers et Schwartz, 1999; Wrosch et coll., 2003; Wu, 2009). Au fur et à mesure des années passées dans le pays d’accueil, les immigrants surqualifiés peuvent, par conséquent, accorder davantage d’importance à des aspects de leur vie non liés au travail, comme les domaines familial ou social. Ces résultats remettent en question l’hypothèse que la surqualification a des répercussions cumulatives et négatives sur le bien-être des immigrants au fil du temps. Cependant, ces résultats se fondent sur des données transversales et peuvent rendre compte des effets différentiels de la surqualification sur des cohortes arrivées à différents moments.

Il s’est avéré que la relation négative entre la surqualification et la satisfaction à l’égard de la vie était plus faible pour les immigrants provenant de pays en voie de développement que pour ceux issus de pays développés. Ce résultat conforte la quatrième hypothèse et donne à penser que les immigrants de pays en voie de développement peuvent être plus enclins à s’attendre à être surqualifiés dans le pays d’accueil, du fait de différences plus prononcées entre les niveaux de développement économique et  les systèmes d’éducation et du marché de l’emploi dans leurs pays d’origine et leurs pays d’accueil. De plus, puisque les immigrants provenant de pays en voie de développement sont plus susceptibles de connaître de meilleures conditions de vie après leur migration que ceux issus de pays développés, cette amélioration générale de leur qualité de vie peut atténuer les effets négatifs de la surqualification.

Malgré la migration accrue de travailleurs qualifiés dans le monde, les recherches examinant spécifiquement les conséquences de la surqualification sur la satisfaction à l’égard de la vie des travailleurs immigrants sont limitées. Comme le montrent les résultats de la présente étude, il est important d’étudier la façon dont la surqualification influe à la fois sur la population immigrante et sur celle née au Canada, puisqu’elles connaissent des expériences distinctes et peuvent vivre la surqualification différemment. Même si l’intégration réussie de personnes sur le marché de l’emploi est souvent mesurée en termes économiques, les difficultés qu’elles éprouvent ont également des conséquences influant sur leur bien-être. L’expérience de la surqualification entraîne généralement une perte de statut social, une insécurité financière et un emploi précaire, ce qui peut influencer la satisfaction globale à l’égard de la vie à la fois des immigrants et des non‑immigrants. Cependant, l’expérience de la surqualification semble être moins associée à la satisfaction à l’égard de la vie des immigrants que des non-immigrants. On peut attribuer ces résultats à l’expérience courante de surqualification chez les travailleurs immigrants, rendant la surqualification socialement plus acceptable au sein de ce groupe qu’au sein de la population non immigrante.

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