8 Perspectives des nouveaux immigrants sur la vie au Canada et situation sociale

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Étant donné la situation économique parfois difficile ayant été décrite ci-dessus, il est important de comprendre comment les immigrants perçoivent la vie au Canada. Leurs attentes ont-elles été satisfaites dans les domaines économique et social? Qu'est-ce qui leur plaît ou leur déplaît dans leur vie au Canada?

Pour répondre à ces questions, on a eu recours à l'Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada (ELIC), qui a suivi pendant quatre ans la cohorte d'immigrants arrivés au Canada en 2000. L'échantillon initial de 12 000 répondants s'est quelque peu érodé après quatre ans, avec une perte d'environ 4 300 répondants. Cette érosion est sans doute attribuable en partie à l'émigration, puisque jusqu'au tiers des immigrants quittent le Canada au cours de l'année suivant leur arrivée (Aydemir et Robinson, 2006), ainsi qu'à la non-réponse et à des problèmes de formation.

8.1 Ce qui plaît et déplaît aux immigrants au sujet du Canada

Quatre ans après leur arrivée au Canada, les répondants de l'ELIC ont indiqué que la liberté, le respect des droits, la sécurité et les perspectives d'avenir figuraient parmi les aspects qui leur plaisaient le plus, alors que le manque de possibilités d'emploi était l'un des aspects qui leur déplaisait le plus (Schellenberg et Maheux, 2007). De nombreux immigrants ont mentionné que c'était l'environnement social et politique du Canada qui leur plaisait le plus.

On a demandé aux répondants ayant déclaré avoir l'intention de s'établir en permanence au Canada pour quelles raisons ils voulaient rester. Plus de la moitié d'entre eux (55 %) ont dit avoir l'intention de rester à cause de la « qualité de vie » au Canada, alors que 39 % envisageaient de rester en raison du meilleur avenir qu'aura leur famille. Les possibilités de s'instruire constituaient un aspect important pour un grand nombre de répondants.

Un moins grand nombre de nouveaux immigrants ont évoqué des facteurs économiques comme raison pour rester au Canada. Bien que certains nouveaux immigrants aient été insatisfaits de leurs expériences économiques au pays, la plupart ont évalué de façon favorable la qualité de vie ici.

Les répondants de l'ELIC devaient indiquer si leur bien-être matériel — maison, voiture, revenu disponible, etc. — était meilleur, à peu près inchangé ou pire par rapport à ce qu'il était avant qu'ils viennent au Canada. Les immigrants de la catégorie du regroupement familial évaluaient leur bien-être matériel de façon plus favorable que ceux de la catégorie de l'immigration économique. D'autres études ont également démontré que la situation observée après 2000 s'est détériorée davantage pour les immigrants de la catégorie de l'immigration économique que pour ceux de la catégorie du regroupement familial. Parmi les travailleurs qualifiés de la composante économique, 35 % ont répondu que leur bien-être matériel était meilleur que ce qu'il était avant leur arrivée, 31 % ont dit qu'il était à peu près inchangé et 34 % ont déclaré qu'il était pire. En revanche, 58 % des immigrants de la catégorie du regroupement familial ont affirmé que leur bien-être matériel était meilleur au Canada qu'il ne l'était avant qu'ils viennent ici.

On a aussi interrogé les répondants de l'ELIC au sujet de leur qualité de vie au Canada — sécurité, liberté, pollution, etc. — par rapport à celle qu'ils avaient avant de venir ici. Les réponses à cette question étaient plus favorables que les réponses concernant le bien-être matériel. De fait, de 84 % à 92 % des immigrants dans chaque catégorie d'admission ont déclaré que leur qualité de vie était meilleure au Canada qu'elle ne l'était avant qu'ils viennent ici.

Lorsqu'on leur a posé une question générale sur les problèmes auxquels ils se sont heurtés au Canada, la plupart des nouveaux immigrants ont répondu que le plus difficile est de trouver un emploi. Ils estimaient en outre que divers facteurs entrent en jeu, notamment le manque d'expérience de travail au Canada, les barrières linguistiques, la reconnaissance des titres scolaires et le manque de réseaux sociaux.

8.2 Évaluation de la vie au Canada

Parmi les immigrants faisant toujours partie de l'échantillon après quatre ans, environ les deux tiers ont signalé une concordance assez positive entre ce qu'ils attendaient de leur vie au Canada et leurs expériences ici 11 . On constate toutefois une correspondance faible ou réduite entre les attentes et les expériences d'environ le tiers de ces nouveaux immigrants.

Encore une fois, les immigrants de la composante économique étaient plus susceptibles que les autres immigrants (principalement de la catégorie du regroupement familial) d'estimer que leurs attentes n'avaient pas été satisfaites. Il se peut que les immigrants de la composante économique avaient des attentes plus élevées que les autres immigrants concernant leurs perspectives d'emploi au Canada et leurs possibilités dans d'autres domaines.

À chacune des trois entrevues de l'ELIC, on a demandé aux répondants « Si vous deviez choisir à nouveau, viendriez-vous au Canada? » Environ les trois quarts des nouveaux immigrants ont répondu « oui » à cette question les trois fois qu'elle leur a été posée. Par ailleurs, 12 % d'entre eux ont répondu « non » au moins une fois mais, à la troisième entrevue, ont déclaré avoir pris la bonne décision en venant ici. Au total, 84 % des immigrants ne regrettaient pas leur décision d'être venus au Canada.

Les opinions généralement favorables qu'ont les nouveaux immigrants au sujet de leur décision de venir au Canada se reflètent également dans leurs intentions concernant l'obtention de la citoyenneté canadienne. Pour devenir des citoyens canadiens, les immigrants reçus doivent avoir résidé au Canada pendant au moins trois ans. Lorsqu'ils ont été interviewés quatre ans après leur arrivée, plus de 70 % des nouveaux immigrants avaient déjà terminé ou amorcé le processus de demande de citoyenneté, et 22 % affirmaient qu'ils avaient l'intention de devenir des citoyens canadiens mais qu'ils n'avaient pas encore amorcé le processus.

8.3 Perception des Canadiens à l'égard de l'immigration

Les résultats présentés ci-dessus montrent comment les immigrants perçoivent la vie au Canada, mais qu'en est-il des perceptions des Canadiens à l'égard de l'immigration? Les taux d'immigration sont élevés, les questions touchant l'assimilation économique sont bien connues et l'immigration a changé considérablement la face des trois plus grandes villes du pays.

Dans l'ensemble, les Canadiens voient l'immigration d'un bon œil. Citoyenneté et Immigration sonde chaque année les opinions des Canadiens. En 2007, environ les deux tiers des Canadiens étaient d'avis que l'immigration avait une incidence très positive ou plutôt positive sur le Canada (Citoyenneté et Immigration, 2007). Lorsqu'on leur a demandé si le tissu de la société canadienne était menacé par l'arrivée d'immigrants appartenant à des minorités visibles, environ les deux tiers des répondants ont dit être en désaccord. On leur a également demandé si le Canada devrait insister sur une politique d'assimilation sociale des immigrants (encourager les groupes minoritaires à ressembler davantage à la majorité des Canadiens) ou sur une politique de multiculturalisme embrassant et acceptant la diversité (encourager les Canadiens à accepter les groupes minoritaires, leur culture et leur langue); dans l'ensemble, 58 % des Canadiens considéraient que la première politique devrait être prioritaire, alors que 38 % préconisaient la seconde.

En général, les opinions des Canadiens à l'égard de l'immigration étaient un peu plus favorables en 2007 qu'ils ne l'avaient été en 2004, première année où cette enquête a été menée.

Les points de vue des Canadiens au sujet de l'immigration restent positifs, puisque les deux tiers de la population ont des opinions favorables sur la question. En outre, les immigrants sont généralement satisfaits de leur décision de venir au Canada. Même s'ils n'étaient pas satisfaits à leur arrivée en 2000 de leur situation économique, la plupart des deux tiers des répondants qui faisaient toujours partie de l'échantillon après quatre ans étaient plutôt satisfaits de leur décision de venir au Canada et d'y être restés.

11 . Plus précisément, 21 % d'entre eux ont dit que leurs attentes de la vie au Canada ont toujours été dépassées, et 16 % qu'elles avaient toujours été satisfaites. En outre, 29 % des répondants ont déclaré qu'au début, la vie au Canada avait été pire que prévu ou à peu près comme prévu, mais que leur situation s'était améliorée au cours des quatre premières années. À cet égard, leur évaluation était favorable. Si l'on combine ces trois groupes, on observe que les attentes de 37 % des nouveaux immigrants ont été dépassées ou satisfaites, et que pour 29 % d'entre eux, leur situation s'est améliorée pendant leur séjour au Canada.