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    Série de documents de recherche sur l'analyse économique

    La productivité de l'industrie dans le secteur de la fabrication : le rôle de la délocalisation

    La productivité de l'industrie dans le secteur de la fabrication : le rôle de la délocalisation

    par Lydia Couture, Aaron Sydor et Jianmin Tang

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    Début du texte

    Résumé

    Deux sources de croissance de la productivité de l'industrie sont les améliorations de la productivité des entreprises et la réaffectation des ressources des entreprises moins productives vers les entreprises plus productives. Le présent document examine le rôle que joue la délocalisation dans l'amélioration de la productivité de l'industrie par ces deux voies, au moyen d'une nouvelle base de données sur le secteur canadien de la fabrication qui couple les données de l'Enquête annuelle des manufactures à celles du Registre des importateurs au niveau des produits. La base de données fournit des renseignements sur les importations directes d'intrants intermédiaires par les entreprises. Cela nous permet d'estimer l'intensité de la délocalisation au Canada au niveau des entreprises et de différencier les importations par région d'origine. Les résultats montrent que les entreprises délocalisatrices sont plus productives que celles qui n'ont pas recours à la délocalisation et que la croissance de la productivité s'accentue avec l'intensité de la délocalisation. Nous constatons également que la délocalisation facilite la réaffectation des ressources à l'intérieur des industries, particulièrement lorsque la délocalisation vise des marchés non américains.

    Mots clés : délocalisation, productivité

    Classifications du JEL : F14, L20

    Sommaire

    Au moyen d'une base de microdonnées sur le secteur canadien de la fabrication qui couple les données de l'Enquête annuelle des manufactures à celles du Registre des importateurs au niveau des produits, le présent document examine la relation qui existe entre la délocalisation et la productivité de l'industrie.

    Le terme « délocalisation » désigne l'approvisionnement en intrants intermédiaires à l'étranger pour la production intérieure. Dans ce document, il désigne les biens importés directement par les fabricants, y compris les opérations transfrontalières intra- et interentreprises. En raison des limites des données, les biens importés par des intermédiaires ainsi que les services sont exclus.

    Les entreprises délocalisatrices se sont avérées plus productives que celles qui n'ont pas recours à la délocalisation. Cette constatation reste valable, que la délocalisation se fasse vers des marchés américains ou vers d'autres marchés, mais elle s'applique particulièrement aux entreprises qui se délocalisent vers les deux types de marchés en même temps. En moyenne, la productivité du travail d'une entreprise délocalisatrice dépassait de 6,8 % celle d'une entreprise semblable qui n'avait pas recours à la délocalisation pour ses intrants intermédiaires.

    En outre, les entreprises à plus forte intensité de délocalisation (mesurée selon la part des intrants qui sont importés) sont caractérisées par une plus grande productivité du travail. Une analyse multivariée a confirmé que ces résultats demeurent valables même lorsque l'on tient compte de caractéristiques de l'entreprise telles que l'industrie, la nationalité des propriétaires, le statut d'exportateur et le fait d'être une entreprise comptant des établissements multiples.

    Bien que l'on ait constaté que la délocalisation comporte une relation positive avec la productivité, cela n'indique pas le sens de la causalité entre la délocalisation et la productivité. Des tests de causalité de Granger sont utilisés pour explorer le sens de la causalité.

    Une estimation par la méthode des moments généralisée (MMG) est utilisée pour tenir compte de la question de l'endogénéité potentielle. Les résultats indiquent qu'une délocalisation plus intensive se traduit par une plus grande productivité, particulièrement vers des marchés non américains.

    Les résultats montrent que la délocalisation a un effet direct sur la productivité de l'industrie en accroissant la productivité moyenne au niveau des entreprises. Ainsi, les entreprises délocalisatrices deviennent plus concurrentielles et peuvent élargir leurs parts de marché aux dépens des entreprises moins productives. Les dernières sections examinent si la délocalisation a un effet indirect sur la productivité de l'industrie, en encourageant la redistribution des ressources vers les entreprises plus productives. On constate qu'un pourcentage plus élevé de la croissance de la productivité découle de la réaffectation de ressources des entreprises moins productives vers les entreprises plus productives dans les industries qui ont davantage recours à la délocalisation, particulièrement dans le cas de la délocalisation vers des marchés non américains.

    Davantage de travail sur le sujet serait nécessaire, comme l'analyse actuelle ne s'applique qu'au secteur de la fabrication et qu'elle se base sur une courte période de temps. Des études additionnelles utilisant des séries chronologiques plus étendues, d'autres secteurs de l'économie et examinant le choix du moment de la délocalisation seraient utiles.

    1 Introduction

    La délocalisation a fait l'objet de débats sur la place publique et d'examens par les milieux universitaires au cours des dernières années. Le terme « délocalisation » désigne souvent le déplacement de la production intérieure d'intrants intermédiaires vers des marchés étrangers. Certains associent la délocalisation à la perte d'emplois à l'échelon national. Ainsi, les débats publics et universitaires tournent en grande partie autour des incidences de la délocalisation sur le marché du travail (p. ex. Blinder, 2009; Feenstra et Hanson, 1996, 1999 et 2003).

    Un aspect moins étudié, mais tout aussi important, est l'incidence de la délocalisation sur la productivité. Si la délocalisation contribue à l'accroissement de la productivité, les entreprises qui délocalisent les intrants pourraient devenir plus concurrentielles, élargir leur part de marché, engager plus de travailleurs et payer des salaires plus élevés. Cela pourrait compenser les pertes d'emploi à court terme qui pourraient être associées à la délocalisation.

    L'étude de l'incidence de la délocalisation sur la productivité peut se faire d'une façon similaire à celle des études portant sur l'effet des exportations sur la productivité. Les exportateurs se sont systématiquement avérés plus productifs que les non-exportateursNote 1. Le défi consiste à déterminer le sens du rapport de causalité : est-ce que les entreprises exportatrices étaient déjà exceptionnelles au moment où elles ont pris la décision d'exporter, ou est-ce que le fait d'exporter procure des avantages aux entreprises exportatrices? Il y a de solides arguments en faveur de l'autosélection des entreprises exportatrices, et cette conclusion cadre avec les modèles du commerce international caractérisés par l'hétérogénéité des entreprises, comme ceux de Melitz (2003) et de Bernard et coll. (2003), où seules les entreprises les plus productives considèrent les exportations comme rentables. Des recherches menées au Canada (Baldwin et Gu, 2003, 2004; Baldwin et Yan, 2012a, 2012b) confirment que l'entrée sur les marchés d'exportation est associée à une plus grande productivité au CanadaNote 2.

    Plus récemment, les recherches concernant l'incidence des échanges sur la productivité ont été réorientées vers les importations. Bernard et coll. (2007), par exemple, ont démontré que les importateurs ont un profil semblable à celui des exportateurs, en ce sens qu'ils sont plus importants et plus productifs et qu'ils payent des salaires plus élevés que les non-importateursNote 3.

    Comme chez les exportateurs, il semble aussi y avoir de l'autosélection chez les importateurs. Morrison Paul et Yasar (2009) ont constaté que les usines de fabrication turques plus productives sont plus susceptibles d'acheter des intrants externes auprès de fournisseurs nationaux et étrangers. McCann (2011) invoque lui aussi des arguments en faveur de l'autosélection dans le cas de l'Irlande. L'incidence subséquente sur la productivité a été déterminée de manière plus systématique pour les importations que pour les exportations. Egger et Egger (2006) et Amiti et Wei (2009) identifient les effets de la délocalisation sur la productivité en utilisant des données au niveau de l'industrie pour l'Union européenne et les États-Unis, respectivement. La deuxième étude montre toutefois que les effets de la délocalisation des matières premières n'étaient pas significatifs dans toutes les spécifications. En outre, Yasar et Morrison (2007), Kasahara et Rodrique (2008), Morrison Paul et Yasar (2009) et McCann (2011) ont tous trouvé des preuves directes que la délocalisation entraîne une plus grande productivité.

    Le présent document fournit des preuves empiriques du lien entre la délocalisation et la productivité des entreprises et de l'industrie dans le secteur canadien de la fabrication. Plus particulièrement, il cherche à répondre à trois questions :

    1. Après introduction de contrôles pour les autres facteurs, y a-t-il un lien direct entre la délocalisation et la productivité des entreprises?
    2. Quel est le sens de la causalité entre la délocalisation et la productivité des entreprises?
    3. La délocalisation est-elle associée au degré de réaffectation des ressources à l'intérieur d'une industrie en raison de déplacements des marchés vers les entreprises plus productives?

    Dans ce document, le terme « délocalisation » désigne les biens importés directement par les fabricants, y compris les opérations transfrontalières intra- et interentreprises. En raison des limites des données, les biens importés par des intermédiaires ainsi que les services sont exclusNote 4.

    2 Données et mesure de la délocalisation

    Les données utilisées pour cette étude sont tirées de l'Enquête annuelle des manufactures (EAM) de Statistique Canada, qui sont couplées à celles du Registre des importateurs au niveau des produits pour la période allant de 2002 à 2006Note 5. La base de microdonnées fournit des données au niveau des entreprises et contient des renseignements sur la production (expéditions, valeur ajoutée, emploi, coût total des matériaux, consommation de carburant et d'électricité), le statut d'exportateur, la propriété étrangère, le code à six chiffres du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN), la valeur des importations par produit SH10 (code du Système harmonisé) et le pays d'origineNote 6.

    Les données sur l'intrant capital qui sont requises pour les analyses de productivité ne sont pas accessibles à partir de l'EAM et ont été imputées au niveau des entreprises. Pour ce faire, nous avons utilisé le ratio intrant capital/consommation de carburant et d'électricité, qui est dérivé de la base de données de Statistique Canada sur la productivité de l'industrie (souvent appelée base de données KLEMSNote 7), au niveau détaillé de l'industrie. L'intrant capital d'une entreprise correspond à la consommation de carburant et d'électricité de l'entreprise multipliée par ce ratio.

    L'intensité de la délocalisation est définie comme étant la part d'intrants intermédiaires importés dans le total des intrants intermédiaires d'une entreprise. Traditionnellement, on utilise l'« hypothèse de proportionnalité » (c.-à-d. qu'un produit importé est utilisé dans la même proportion pour la consommation finale que pour les intrants intermédiaires) pour imputer cette mesure. La validité de l'hypothèse de proportionnalité a récemment été remise en question (Couture, Tang et Yan, à paraître en 2015). Le couplage de l'EAM et du Registre des importateurs fournit une estimation de l'intensité de la délocalisation qui ne se fonde pas sur l'hypothèse de proportionnalitéNote 8. Cependant, comme il est noté plus haut, cette mesure de la délocalisation considère seulement les intrants intermédiaires qui sont importés directement par le fabricantNote 9.

    Le tableau 1 présente l'intensité moyenne de la délocalisation selon l'industrie pour 2002 et 2006, comme dans Couture, Tang et Yan (à paraître en 2015). Pour le secteur canadien de la fabrication dans son ensemble, l'intensité de la délocalisation est passée de 28,7 % en 2002 à 26,5 % en 2006Note 10. Elle a augmenté dans les industries de la fabrication de biens non durables durant cette période, mais cette hausse a été neutralisée par une forte baisse dans le secteur de la fabrication de biens durables à plus forte intensité de délocalisation. Les deux industries responsables de cette baisse, soit le secteur hautement intégré du matériel de transport et l'industrie des produits informatiques et électroniques, restaient quand même les deux industries de la fabrication ayant la plus forte intensité de délocalisation en 2006. À l'opposé, les industries ayant la plus faible intensité de délocalisation étaient celles de l'alimentation, de l'imprimerie, des produits du bois et de la fabrication de vêtements.

    3 Délocalisation et productivité

    Dans ce document, nous utilisons la base de microdonnées nouvellement couplées sur le secteur canadien de la fabrication pour étudier le rôle de la délocalisation dans la croissance de la productivité de l'industrie par l'amélioration de la productivité des entreprises et la répartition efficace des ressources entre les entreprises. Ces deux incidences possibles de la délocalisation sur la productivité de l'industrie sont d'ailleurs examinées dans Altomonte et Ottaviano (2011).

    Le cadre d'analyse de l'incidence de la délocalisation sur la productivité utilise une décomposition de la productivité de l'industrie mise au point par Olley et Pakes (1996).

    Soit Z t i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOwamaaDa aaleaacaWG0baabaGaamyAaaaaaaa@38E9@  la productivité du travail dans l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@ , définie comme étant la valeur ajoutée réelle par travailleur pour cette industrie à la période t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamiDaaaa@36F0@ , Z t i = j l t ij Z t ij MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOwamaaDa aaleaacaWG0baabaGaamyAaaaakiabg2da9maaqababaGaamiBamaa DaaaleaacaWG0baabaGaamyAaiaadQgaaaaabaGaamOAaaqab0Gaey yeIuoakiaadQfadaqhaaWcbaGaamiDaaqaaiaadMgacaWGQbaaaaaa @44A0@ , où l t ij MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamiBamaaDa aaleaacaWG0baabaGaamyAaiaadQgaaaaaaa@39EA@  et Z t ij MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOwamaaDa aaleaacaWG0baabaGaamyAaiaadQgaaaaaaa@39D8@  sont la part du travail et la productivité du travail de l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  dans l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@  à la période t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamiDaaaa@36F0@ , respectivement. Selon Olley et Pakes (1996), la productivité de l'industrie se décompose comme suit :

    Z t i = j ( l ¯ t i +Δ l t ij )( z ¯ t i +Δ z t ij ) = z ¯ t i + j Δ l t ij Δ z t ij , MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOwamaaDa aaleaacaWG0baabaGaamyAaaaakiabg2da9maaqababaWaaeWaaeaa ceWGSbGbaebadaqhaaWcbaGaamiDaaqaaiaadMgaaaGccqGHRaWkcq qHuoarcaWGSbWaa0baaSqaaiaadshaaeaacaWGPbGaamOAaaaaaOGa ayjkaiaawMcaamaabmaabaGabmOEayaaraWaa0baaSqaaiaadshaae aacaWGPbaaaOGaey4kaSIaeuiLdqKaamOEamaaDaaaleaacaWG0baa baGaamyAaiaadQgaaaaakiaawIcacaGLPaaaaSqaaiaadQgaaeqani abggHiLdGccqGH9aqpceWG6bGbaebadaqhaaWcbaGaamiDaaqaaiaa dMgaaaGccqGHRaWkdaaeqaqaaiabfs5aejaadYgadaqhaaWcbaGaam iDaaqaaiaadMgacaWGQbaaaOGaeuiLdqKaamOEamaaDaaaleaacaaM c8UaamiDaaqaaiaadMgacaWGQbaaaOGaaiilaaWcbaGaamOAaaqab0 GaeyyeIuoaaaa@67DD@     (1)

    l ¯ t i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGabmiBayaara Waa0baaSqaaiaadshaaeaacaWGPbaaaaaa@3913@  et z ¯ t i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGabmOEayaara Waa0baaSqaaiaadshaaeaacaWGPbaaaaaa@3921@  sont la moyenne non pondérée des parts du travail des entreprises et la moyenne non pondérée des productivités du travail des entreprises dans l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@ , et Δ l t ij MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeuiLdqKaam iBamaaDaaaleaacaWG0baabaGaamyAaiaadQgaaaaaaa@3B50@  et Δ z t ij MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeuiLdqKaam OEamaaDaaaleaacaWG0baabaGaamyAaiaadQgaaaaaaa@3B5E@  sont les écarts de la part du travail et de la productivité du travail de l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  par rapport aux moyennes.

    Le terme de covariance est couramment appelé terme de covariance d'Olley et Pakes (OP). Il s'agit d'une mesure sommaire de la covariance interentreprises dans l'industrie entre la taille et la productivité. Un nombre positif élevé suggère une répartition plus efficace des ressources (le travail dans notre cas) des entreprises moins productives vers les entreprises plus productives à l'intérieur d'une industrie.

    Le tableau 2 donne un aperçu des moyennes non pondérées de la productivité du travail des entreprises et des termes de covariance d'OP, selon l'industrie, pour 2006. L'industrie ayant la covariance d'OP la plus élevée était celle du pétrole et du charbon, suivie des industries des boissons et du tabac, du matériel de transport et des métaux de première transformation. Fait intéressant, ces industries ont aussi tendance à être très productives. En fait, la productivité du travail moyenne des entreprises et la covariance d'OP sont étroitement liées, le coefficient de corrélation étant de 0,83. Cela suggère que la répartition des ressources a tendance à être efficace dans les industries où la productivité moyenne des entreprises est plus élevée.

    Dans leur étude, Olley et Pakes (1996) analysent la productivité dans l'industrie américaine du matériel de télécommunications. Ils concluent qu'en conséquence de la déréglementation et de l'évolution rapide de la technologie, la principale source de croissance de la productivité dans cette industrie est la réaffectation du capital vers les entreprises plus productives. En utilisant le terme de covariance d'OP, Bartelsman, Haltiwanger et Scarpetta (2013) constatent que la répartition du capital entre les entreprises d'une industrie explique en grande partie les différences de productivité entre les pays. Ils observent également une plus grande redistribution des ressources dans les économies en transition vers une économie de marché. Comme Olley et Pakes (1996) et Bartelsman, Haltiwanger et Scarpetta (2013), nous utilisons le terme de covariance d'OP pour vérifier si la délocalisation entraîne un redéploiement efficace du travail entre les entreprises d'une industrie.

    Selon la décomposition d'OP, la productivité de l'industrie peut varier : 1) s'il y a une variation dans la productivité moyenne des entreprises; ou 2) s'il y a une variation dans la covariance entre la taille de l'entreprise et sa productivité, comme dans l'équation (1). La délocalisation est donc censée avoir un effet direct sur la productivité de l'industrie si elle fait augmenter la productivité moyenne au niveau des entreprises, et avoir un effet indirect si elle encourage une réaffectation des ressources vers les entreprises plus productives.

    3.1 Délocalisation et productivité des entreprises

    La délocalisation peut accroître directement la productivité au niveau des entreprises, ce qui fera augmenter la moyenne non pondérée de la productivité du travail des entreprises pour chaque industrie. La délocalisation peut influencer la productivité par différents moyens potentiels.

    Un des moyens est un effet de spécialisation qui se produit lorsqu'une entreprise concentre ses ressources sur ses activités de base. Si les activités de base ont une productivité moyenne plus élevée que les activités délocalisées et si elles permettent de réaliser des économies d'échelle, la productivité globale de l'entreprise va augmenter. En effet, Morrison Paul et Yasar (2009) constatent que les entreprises ont tendance à externaliser les activités relativement peu spécialisées et peu productives, augmentant ainsi les niveaux de productivité globaux.

    Une autre source de productivité accrue attribuable à la délocalisation peut découler de l'adoption de technologies plus avancées, ou ce qui peut être associé à l'effet d'apprentissage par la délocalisation. Cela reflète l'effet mieux connu d'apprentissage par l'exportation. L'entreprise peut adopter des pratiques exemplaires et améliorer son rendement en matière d'innovation lorsqu'elle est exposée à une concurrence internationale intense, à la frontière technologique mondiale et aux meilleures pratiques de gestion mondiales. D'après Bitzer et Geishecker (2006), les intrants intermédiaires importés ont un effet positif sur la productivité à travers les retombées des connaissances. Morrison Paul et Yasar (2009) notent eux aussi une incidence plus marquée sur la productivité pour les intrants achetés à l'étranger comparativement aux intrants achetés sur le marché intérieur, ce qui, à leur avis, étaye une hypothèse de transfert de technologie qui reflète des constatations semblables de Yasar et Morrison Paul (2007). McCann (2011), quant à lui, remarque que les achats auprès de fournisseurs sans lien de dépendance ont une incidence plus marquée sur la productivité que le commerce intra-entreprise, car ils favorisent le transfert de technologieNote 11.

    La délocalisation peut aussi influer sur la productivité d'une entreprise en influençant la gamme d'intrants. La délocalisation permet à l'entreprise de choisir parmi un plus large éventail d'intrants intermédiaires, d'assurer ainsi une meilleure correspondance entre ses intrants et ses extrants et, en fin de compte, d'afficher une meilleure performance économique. Cet effet d'appariement a été examiné par Amiti et Konings (2007) et par Goldberg et coll. (2009) pour l'Indonésie et l'Inde, respectivement. Goldberg et coll. (2009) concluent qu'un aspect important de l'ouverture des industries au commerce était la disponibilité de nouveaux types d'intrants intermédiaires importés, particulièrement les intrants de plus grande qualité provenant de pays avancés.

    La délocalisation permet aussi à l'entreprise d'accéder à un large bassin d'expertise et de maintenir la souplesse de la production.

    Pour estimer la relation entre la productivité et la délocalisation, le modèle de régression suivant est utilisé :

    ln( P i,t j )= α 0 + α 1 ln( k i,t j )+ α 2 O F i,t j + α 3 F i,t j + α 4 E i,t j + α 5 ln( S i,t j ) + α 6 M i,t j + m β m I i + k γ k T k + ε i,t j , MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGceaqabeaaciGGSb GaaiOBaiaacIcacaWGqbWaa0baaSqaaiaadMgacaGGSaGaamiDaaqa aiaadQgaaaGccaGGPaGaeyypa0JaeqySde2aaSbaaSqaaiaaicdaae qaaOGaey4kaSIaeqySde2aaSbaaSqaaiaaigdaaeqaaOGaciiBaiaa c6gacaGGOaGaam4AamaaDaaaleaacaWGPbGaaiilaiaadshaaeaaca WGQbaaaOGaaiykaiabgUcaRiabeg7aHnaaBaaaleaacaaIYaaabeaa kiaad+eacaWGgbWaa0baaSqaaiaadMgacaGGSaGaamiDaaqaaiaadQ gaaaGccqGHRaWkcqaHXoqydaWgaaWcbaGaaG4maaqabaGccaWGgbWa a0baaSqaaiaadMgacaGGSaGaamiDaaqaaiaadQgaaaGccqGHRaWkcq aHXoqydaWgaaWcbaGaaGinaaqabaGccaWGfbWaa0baaSqaaiaadMga caGGSaGaamiDaaqaaiaadQgaaaGccqGHRaWkcqaHXoqydaWgaaWcba GaaGynaaqabaGcciGGSbGaaiOBaiaacIcacaWGtbWaa0baaSqaaiaa dMgacaGGSaGaamiDaaqaaiaadQgaaaGccaGGPaaabaGaey4kaSIaeq ySde2aaSbaaSqaaiaaiAdaaeqaaOGaamytamaaDaaaleaacaWGPbGa aiilaiaadshaaeaacaWGQbaaaOGaey4kaSYaaabeaeaacqaHYoGyda WgaaWcbaGaamyBaaqabaGccaWGjbWaaSbaaSqaaiaadMgaaeqaaaqa aiaad2gaaeqaniabggHiLdGccqGHRaWkdaaeqaqaaiabeo7aNnaaBa aaleaacaWGRbaabeaakiaadsfadaWgaaWcbaGaam4AaaqabaaabaGa am4Aaaqab0GaeyyeIuoakiabgUcaRiabew7aLnaaDaaaleaacaWGPb GaaiilaiaadshaaeaacaWGQbaaaOGaaGPaVlaacYcaaaaa@9230@     (2)

    ln( P i,t j ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaciiBaiaac6 gacaGGOaGaamiuamaaDaaaleaacaWGPbGaaiilaiaadshaaeaacaWG QbaaaOGaaiykaaaa@3DC5@  est la productivité du travail de l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  dans l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@  à la période t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamiDaaaa@36F0@ , définie comme étant le logarithme de la valeur ajoutée par travailleur;

    ln( k i,t j ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaciiBaiaac6 gacaGGOaGaam4AamaaDaaaleaacaWGPbGaaiilaiaadshaaeaacaWG QbaaaOGaaiykaaaa@3DE0@  est le logarithme de l'intrant capital par travailleur pour l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@ ;

    O F i,t j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4taiaadA eadaqhaaWcbaGaamyAaiaacYcacaWG0baabaGaamOAaaaaaaa@3B48@  est la délocalisation, soit le logarithme de l'intensité de la délocalisation de l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  ou une variable de l'incidence de la délocalisation, qui est égale à 1 si l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  a recours à la délocalisation et à 0 autrement;

    F i,t j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOramaaDa aaleaacaWGPbGaaiilaiaadshaaeaacaWGQbaaaaaa@3A74@  est une variable indicatrice de propriété étrangère, qui est égale à 1 si l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  dans l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@  est sous contrôle étranger et à 0 autrement;

    E i,t j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyramaaDa aaleaacaWGPbGaaiilaiaadshaaeaacaWGQbaaaaaa@3A73@  est une variable indicatrice d'exportation, qui est égale à 1 si l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  dans l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@  exporte des produits et à 0 autrement;

    ln( S i,t j ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaciiBaiaac6 gacaGGOaGaam4uamaaDaaaleaacaWGPbGaaiilaiaadshaaeaacaWG QbaaaOGaaiykaaaa@3DC8@  est la taille de l'entreprise mesurée par l'emploi dans l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  par rapport à l'emploi moyen pour l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@ ;

    M i,t j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamytamaaDa aaleaacaWGPbGaaiilaiaadshaaeaacaWGQbaaaaaa@3A7B@  est la variable indicatrice d'une structure à établissements multiples, qui est égale à 1 si l'entreprise j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  a une structure à établissements multiples;

    I i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamysamaaBa aaleaacaWGPbaabeaaaaa@37DE@  est une variable indicatrice de l'industrie, qui est égale à 1 pour l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@  et à 0 autrement;

    T k MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamivamaaBa aaleaacaWGRbaabeaaaaa@37EB@  est une variable indicatrice de l'année, qui est égale à 1 pour l'année k MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4Aaaaa@36E7@  et à 0 autrement;

    ε i,t j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeqyTdu2aa0 baaSqaaiaadMgacaGGSaGaamiDaaqaaiaadQgaaaaaaa@3B50@  est le terme d'erreur.

    Des contrôles pour la taille relative de l'entreprise, le statut d'exportateur, le contrôle étranger et la structure à établissements multiples sont inclus dans la régression. Chacune de ces variables est directement ou indirectement liée à la productivité. Cela reflète les caractéristiques propres à l'entreprise, comme les économies d'échelle, l'innovation, la technologie spéciale, la gestion et les marchés (Couture, Tang et Yan, à paraître en 2015).

    Il a été démontré que les petits producteurs sont en moyenne moins productifs que les grands (Baldwin, Jarmin et Tang, 2004; Baldwin, Leung et Rispoli 2013; Tang, 2014) et moins susceptibles de bénéficier d'économies d'échelle. Les petits producteurs peuvent aussi avoir moins d'occasions d'apprendre comment utiliser les techniques de production intensives en capital ou éprouver plus de difficulté à obtenir du financement que les grands producteurs, ce qui peut expliquer leur plus faible intensité du capital. Pour tenir compte de l'incidence de la taille de l'entreprise, nous introduisons une variable de taille, définie comme étant l'emploi dans l'entreprise par rapport à la moyenne de l'industrie.

    Il a été établi que les exportateurs ont des niveaux de productivité plus élevés. Comme il est expliqué dans l'introduction, cela pourrait être attribuable au fait que les entreprises très productives choisissent d'exporter ou au fait que l'exportation améliore la productivité des entreprises (Bernard et Jensen, 1995; Baldwin et Gu, 2003). Aussi, les exportateurs ont une plus forte intensité du capital et sont plus innovateurs. Ils sont plus susceptibles que les non-exportateurs d'acquérir de nouvelles technologies auprès de leurs contacts internationaux, ou bien la concurrence internationale les force à devenir plus innovateurs (Baldwin et Gu, 2003).

    Des études montrent que les entreprises canadiennes sous contrôle étranger sont substantiellement plus productives que les entreprises sous contrôle canadien parce qu'elles sont plus innovatrices et bénéficient de technologies avancées et des pratiques de gestion supérieures de leurs sociétés mères. Elles paient également des salaires plus élevés et sont davantage axées sur les échanges. Comme Baldwin et Gellatly (2007) le résument, les entreprises sous contrôle étranger sont positivement liées à une plus grande productivité en raison de leur ampleur, de la portée de leurs activités, de leurs marchés diversifiés, de leurs technologies uniques et de leur organisation commerciale supérieureNote 12.

    Nous incluons également un contrôle pour la structure à établissements multiples. Les entreprises ayant ce genre de structure se sont avérées plus productives que les entreprises autonomes (Baldwin et Gu, 2006) parce qu'elles sont plus susceptibles de bénéficier d'économies d'échelle au niveau des entreprises et de faire une répartition efficace des ressources entre leurs usines.

    Enfin, les variables indicatrices de l'année permettent de saisir les cycles économiques, tandis que les variables indicatrices de l'industrie servent à saisir les effets particuliers des différences dans les possibilités financières et technologiques entre diverses industries.

    3.1.1 Incidence de la délocalisation et productivité des entreprises

    Le premier ensemble de régressions examine la productivité du travail par rapport à l'incidence de la délocalisation, après neutralisation des autres caractéristiques des entreprises et des effets spécifiques à l'année et à l'industrie. L'estimation se fonde sur les données au niveau des entreprises, comprenant 174 550 observations de 2002 à 2006. Les résultats présentés au tableau 3 confirment les attentes à l'effet que l'intensité du capital, la propriété étrangère, la qualité d'exportateur et la grande taille de l'entreprise ont toutes une incidence positive et statistiquement significative. Fait le plus pertinent aux fins du présent document, les entreprises délocalisatrices se sont avérées plus productives que celles qui n'ont pas recours à la délocalisation. Cette conclusion s'applique aux entreprises délocalisatrices, que ce soit vers les États-Unis ou vers d'autres marchés, et particulièrement à celles qui délocalisent des activités vers les États-Unis et vers d'autres marchés en même temps. En moyenne, la productivité du travail d'une entreprise délocalisatrice dépassait de 6,8 % celle d'une entreprise semblable qui n'a pas recours à la délocalisation.

    3.1.2 Intensité de la délocalisation et productivité des entreprises

    La présente section vise à déterminer si une délocalisation plus intensive peut être associée à une plus grande productivité. L'incidence de la délocalisation mesurée au moyen des modèles de régression exposés plus haut est remplacée par une mesure de l'intensité de la délocalisation. L'intensité de la délocalisation a une association positive et significative avec la productivité (régressions 1 à 3 du tableau 4-1). Là encore, les résultats sont robustes à l'inclusion de contrôles pour la propriété étrangère, le statut d'exportateur et la structure à établissements multiples. Il est à noter que le coefficient de la délocalisation vers des marchés non américains est modérément plus important que celui de la délocalisation vers les États-Unis, ce qui suggère que la délocalisation vers des marchés non américains a un lien plus étroit avec la productivité que la délocalisation vers les États-Unis.

    La relation positive entre l'intensité de la délocalisation et la productivité du travail se maintient lorsqu'on estime les régressions avec les effets fixes d'entreprise (régressions 4 à 6 du tableau 4-2). Les effets fixes d'entreprise ont pour but de neutraliser les facteurs propres à une entreprise qui ne varient pas avec le temps sur la période visée, y compris un avantage lié à la productivité qui est propre à l'entreprise en raison de pratiques de gestion supérieures, de procédés avancés de fabrication ou de produits novateurs. Il est toutefois intéressant de noter que la variable de la taille de l'entreprise devient négative dans les nouvelles régressions. Comme les estimations avec effets fixes d'entreprise servent principalement à étudier les changements au fil du temps, ce résultat pourrait suggérer que les grandes entreprises ont été touchées de façon disproportionnée par la détérioration de la demande extérieure après l'an 2000. Cela concorde avec la conclusion selon laquelle le niveau de productivité du travail des grandes entreprises de fabrication a diminué par rapport à la moyenne de l'industrie entre 2002 et 2007, alors qu'il a augmenté pour les petites entreprises de fabrication (Tang, 2014).

    3.1.3 Causalité entre la délocalisation et la productivité des entreprises

    Les régressions présentées aux tableaux 3, 4-1 et 4-2 établissent un lien entre la délocalisation et la productivité des entreprises. Elles ne permettent toutefois pas de déterminer le sens du rapport de causalité entre la délocalisation et la productivité. Un des modèles théoriques de délocalisation les plus cités prédit que les entreprises très productives sont plus susceptibles d'avoir recours à la délocalisation que les entreprises peu productives (Antràs et Helpman, 2004; Amiti et Wei, 2009; Morrison Paul et Yasar, 2009). Plus récemment, Altomonte et Ottaviano (2011) examinent empiriquement la question de l'endogénéité entre la délocalisation et la productivité.

    Pour élucider cette importante question, nous utilisons le test de causalité de Granger afin de déterminer s'il existe un lien causal à la Granger entre la délocalisation et la productivité, c'est-à-dire que nous utilisons des tests F pour vérifier si les variables décalées de délocalisation fournissent des renseignements statistiquement significatifs sur la productivité en présence de variables décalées de productivitéNote 13. Sinon, la délocalisation ne cause pas la productivité au sens de Granger. Un test semblable peut être utilisé pour vérifier si la productivité cause la délocalisation au sens de Granger. Les tests indiquent que les deux hypothèses sont acceptées au seuil de signification de 1 %. Les hypothèses évaluent les liens prédictifs entre la délocalisation et la productivité, et les résultats suggèrent qu'un problème d'endogénéité pourrait être associé à la délocalisationNote 14.

    Pour corriger ce problème, nous estimons le modèle de régression de l'intensité de la délocalisation à l'aide de la méthode des moments généralisée (MMG). Outre la délocalisation, l'intensité du capital est aussi considérée comme endogène, car les chocs de productivité peuvent influer sur la formation du capital. Les variables décalées de la délocalisation et de l'intensité du capital étant les instruments, l'estimation selon la MMG montre encore une fois qu'il existe un lien positif entre la délocalisation — particulièrement vers des marchés non américains — et la productivité (régressions 7 à 9 du tableau 4-3)Note 15.

    3.1.4 Vérification de la robustesse à l'aide d'estimations additionnelles

    Jusqu'ici, l'analyse économétrique se fondait sur un panel non équilibré, toutes les entreprises figurant dans la base de données. La plupart des observations manquantes se rapportent aux nouvelles entreprises ou aux entreprises sortantes. Le schéma particulier des observations manquantes indique que celles-ci ne manquent pas nécessairement au de façon aléatoire. Le cas échéant, les résultats des estimations pourraient être biaisés et incohérents.

    Pour déterminer si le panel non équilibré influe sur nos résultats, nous avons estimé à nouveau les régressions des tableaux 4-1, 4-2 et 4-3 en utilisant un panel équilibré d'entreprises faisant l'objet d'observations pour chacune des années 2002 à 2006. Les résultats des estimations fondées sur le panel équilibré sont présentés aux tableaux 5-1, 5-2 et 5-3. Ils confirment les conclusions fondées sur le panel non équilibré (tableau 4) selon chacune des trois méthodologies d'estimation différentes.

    Les régressions qui précèdent sont estimées à l'aide de données concernant les entreprises délocalisatrices et celles qui n'ont pas recours à la délocalisation. Les résultats pourraient, en grande partie, refléter la différence de productivité entre ces deux groupes d'entreprises. Pour déterminer si cela pose un problème, nous avons estimé à nouveau les régressions précédentes en utilisant les données sur les entreprises délocalisatrices seulement. Les résultats des estimations fondées sur le panel non équilibré sont présentés aux tableaux 6-1, 6-2 et 6-3 et ceux des estimations fondées sur le panel équilibré, aux tableaux 7-1, 7-2 et 7-3. Là encore, les deux ensembles de régressions étayent la conclusion selon laquelle l'intensité de la délocalisation est associée de manière positive et significative à la productivité, particulièrement dans le cas de la délocalisation vers des marchés non américains.

    3.2 Délocalisation et répartition des ressources

    La productivité d'une industrie dépend non seulement de la productivité des entreprises d'une industrie, mais aussi de la répartition des ressources productives entre ces entreprises en raison du rendement hétérogène des entreprises en matière de productivité. Comme il est expliqué plus haut, la délocalisation permet aux entreprises de se concentrer sur leurs compétences de base, de tirer parti du faible coût des intrants intermédiaires et des expertises spéciales disponibles à l'étranger, et d'adopter un modèle d'entreprise évolutif qui s'appuie davantage sur des structures de coûts variables que sur des structures de coûts fixes. Ainsi, les entreprises délocalisatrices deviennent plus productives. Cela pourrait les inciter à élargir leurs parts de marché au détriment des entreprises moins productives, d'où une réaffectation des ressources des entreprises moins productives vers les entreprises plus productives d'une industrie donnée.

    Le déplacement du travail vers les entreprises plus productives d'une industrie se reflète dans le terme de covariance OP de l'équation (1). Pour tester la relation entre la délocalisation et l'incidence de la réaffectation du travail entre les entreprises moins productives et les entreprises plus productives d'une industrie, le modèle de régression suivant est utilisé :

    O P i,t = α 0 + α 1 O F i,t + j β j I j + k γ k T k + ε i,t , MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4taiaadc fadaWgaaWcbaGaamyAaiaacYcacaWG0baabeaakiabg2da9iabeg7a HnaaBaaaleaacaaIWaaabeaakiabgUcaRiabeg7aHnaaBaaaleaaca aIXaaabeaakiaad+eacaWGgbWaa0baaSqaaiaadMgacaGGSaGaamiD aaqaaaaakiabgUcaRmaaqababaGaeqOSdi2aaSbaaSqaaiaadQgaae qaaOGaamysamaaBaaaleaacaWGQbaabeaaaeaacaWGQbaabeqdcqGH ris5aOGaey4kaSYaaabeaeaacqaHZoWzdaWgaaWcbaGaam4Aaaqaba GccaWGubWaaSbaaSqaaiaadUgaaeqaaaqaaiaadUgaaeqaniabggHi LdGccqGHRaWkcqaH1oqzdaWgaaWcbaGaamyAaiaacYcacaWG0baabe aakiaaykW7caGGSaaaaa@5E49@     (3)

    O P i,t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4taiaadc fadaWgaaWcbaGaamyAaiaacYcacaWG0baabeaaaaa@3A62@  est la covariance OP pour l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@ ;

    O F i,t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4taiaadA eadaWgaaWcbaGaamyAaiaacYcacaWG0baabeaaaaa@3A58@  est l'intensité de la délocalisation de l'industrie i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyAaaaa@36E5@ ;

    I j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamysamaaBa aaleaacaWGQbaabeaaaaa@37DF@  est une variable indicatrice de l'industrie, qui est égale à 1 pour l'industrie j MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOAaaaa@36E6@  et à 0 autrement;

    T k MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamivamaaBa aaleaacaWGRbaabeaaaaa@37EB@  est une variable indicatrice de l'année, qui est égale à 1 pour l'année k MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaam4Aaaaa@36E7@  et à 0 autrement;

    ε i,t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeqyTdu2aaS baaSqaaiaadMgacaGGSaGaamiDaaqabaaaaa@3A60@  est le terme d'erreur.

    Les variables indicatrices de l'année servent à saisir les effets du cycle économique, tandis que les variables indicatrices de l'industrie servent à saisir les effets propres à l'industrie, comme son degré de concentration.

    Les résultats de l'estimation de la covariance OP par rapport à la délocalisation sont présentés au tableau 8; l'estimation se fonde sur les données au niveau détaillé de l'industrie (numéro à six chiffres du SCIAN). Les coefficients montrent un lien positif et hautement significatif entre la délocalisation et le terme de covariance OP. Il est à noter que ce résultat est attribuable à la délocalisation vers des marchés non américains. Les résultats restent valables lorsque les régressions sont estimées par la MMG, les variables endogènes de la délocalisation étant instrumentées au moyen des variables décalées de la délocalisation et de l'exportation.

    La conclusion selon laquelle la localisation vers des marchés non américains est le principal responsable du lien entre la délocalisation et la répartition efficace des ressources suggère que la délocalisation vers des marchés américains ne joue pas le même rôle dans l'organisation et la production d'une entreprise que la délocalisation vers des marchés non américains. Cela est possible, comme les différences dans de nombreux facteurs (p. ex. l'offre de main-d'œuvre et les coûts) sont plus marquées entre le Canada et les marchés non américains, particulièrement les pays d'Asie, qu'entre le Canada et les États-Unis.

    4 Conclusion

    Le présent document examine la relation entre la délocalisation et la productivité de l'industrie à l'aide d'une nouvelle base de microdonnées sur le secteur canadien de la fabrication qui établit un lien entre l'Enquête annuelle des manufactures et le Registre des importateurs au niveau des produits. Les biens importés par des intermédiaires et les services de pays étrangers ont été exclus en raison des limites des données. La délocalisation a été estimée à l'aide des données sur les intrants intermédiaires directement importés par les entreprises pour la production d'autres biens. Ces importations directes représentent un segment important de la participation des entreprises dans les chaînes de valeur mondiales. Les résultats cadrent avec les conclusions antérieures en ce sens que la causalité entre la délocalisation et la productivité pourrait être réciproque. Ils sont aussi conformes à la prédiction théorique selon laquelle les entreprises plus productives sont plus susceptibles d'avoir recours à la délocalisation. En utilisant l'estimation selon la MMG pour corriger le problème d'endogénéité, nous avons trouvé des preuves que la productivité des entreprises augmente avec l'intensité de la délocalisation, ce qui suggère que la délocalisation accroît la productivité des entreprises. Nous avons également constaté que la délocalisation est associée à la réaffectation des ressources (c.-à-d. le travail) des entreprises moins productives vers les entreprises plus productives d'une industrie.

    La conclusion selon laquelle la délocalisation vers des marchés non américains a un effet plus marqué sur la productivité des entreprises et la répartition des ressources que la délocalisation vers les marchés américains indique que la première ne joue pas le même rôle que la deuxième dans l'organisation et la production des entreprises.

    Ces résultats offrent un argument supplémentaire en faveur du rôle important du commerce international dans la productivité de l'industrie. Ils montrent qu'il est possible d'accroître la productivité, non seulement par l'exportation, sur laquelle sont axées la plupart des analyses stratégiques et universitaires, mais aussi par l'importation et la délocalisation. Les résultats concordent aussi avec la littérature sur ce sujet, qui associe le partage international de la production à une compétitivité accrue au niveau non seulement de l'entreprise, mais aussi de l'industrie (p. ex. Altomonte et Ottaviano, 2011).

    Il sera néanmoins nécessaire d'explorer davantage ces questions, puisque la présente analyse s'applique seulement au secteur de la fabrication et se fonde sur une série couvrant une courte période, dans laquelle l'endogénéité pourrait être persistante. Des études additionnelles fondées sur une série chronologique plus étendue ainsi que sur des données relatives à d'autres secteurs qui précisent le moment de la délocalisation seraient utiles. Enfin, des études additionnelles seront nécessaires pour examiner l'incidence de la délocalisation sur d'autres variables économiques qui sont importantes pour l'économie canadienne, dont la création d'emplois.

    Notes

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