Comptes des revenus et dépenses, série technique
Compte satellite du tourisme du Canada, 2012

Date de diffusion : le 30 mars 2017

Faits saillants du tourisme

Introduction

Le Compte satellite du tourisme (CST) est devenu le cadre de référence à l’échelle internationale pour mesurer l’activité touristique dans l’économie. Le Compte satellite du tourisme du Canada (CSTC) suit les lignes directrices internationales adoptées par la Commission statistique des Nations UniesNote 1 et est basé sur le Système canadien des comptes macroéconomiques (SCCM).

À cet égard, le CSTC fournit des mesures de l’importance économique du tourisme, du point de vue des dépenses, du produit intérieur brut et de l’emploi, qui sont comparables aux mesures similaires du SCCM pour l’ensemble de l’économie canadienne. Il offre également une comparaison avec d’autres industries en ce qui a trait à la production, à l’emploi et à d’autres paramètres économiques.

Le CSTC fournit un cadre cohérent permettant l’intégration et l’analyse des statistiques économiques pertinentes au tourisme, tant du point de vue de l’offre (industrie) que de la demande (touriste). Il définit en outre les biens et services touristiques, ainsi que les industries touristiques, et a contribué, par conséquent, à l’élaboration de statistiques sur le tourisme au Canada.

Enfin, le CSTC sert de base pour une gamme de produits statistiques connexes, y compris : i) les Indicateurs nationaux du tourisme, qui comprennent des données macroéconomiques trimestrielles à jour sur la situation du tourisme au Canada; ii) le Module des ressources humaines du tourisme, qui comprend des données annuelles détaillées sur l’emploi dans le secteur touristique et dans chacune des industries touristiques; iii) des études sur les recettes des administrations publiques attribuables au tourisme.

Le présent rapport porte sur le CSTC pour l’année de référence 2012, et intègre les données finales des entrées‑sorties pour cette année. Des tableaux détaillés pour l’année 2012, ainsi qu’une brève description des concepts, des définitions, des sources et des méthodes, se trouvent en annexe.

Le tourisme au Canada

Le produit intérieur brut (PIB) généré par le tourisme représentait 33,6 milliards de dollars en 2012, ou 2,0 % du PIB à l’échelle de l’économie. Les dépenses touristiques au Canada ont atteint 80,2 milliards de dollars, 4 dollars sur 5 étant dépensés par les Canadiens et le reste, par des visiteurs internationaux au Canada. Environ 675 600 emplois au Canada étaient attribuables au tourisme en 2012.

La contribution du tourisme au PIB au Canada (2,0 % en 2012) est demeurée relativement stable parmi diverses itérations du Compte satellite du tourisme du Canada. Il en a été de même pour la contribution du tourisme à l’emploi au Canada (3,8 % en 2012).

Le transport constitue la plus grande part du produit intérieur brut du tourisme

L’industrie du transport, à 7,5 milliards de dollars, a le plus contribué au PIB du tourisme en 2012. Environ 4,7 milliards de dollars de cette somme étaient attribuables au transport aérien. Le PIB du tourisme pour les services d’hébergement a atteint 6,8 milliards de dollars, près de 80 % de ce montant provenant de l’industrie hôtelière. Le PIB du tourisme au chapitre des services de restauration a atteint 5,0 milliards de dollars.

Les emplois générés par le tourisme sont plus nombreux dans les services de restauration

En 2012, environ 203 000 emplois ont été générés par les activités touristiques dans l’industrie des services de restauration, plus que dans toute autre industrie touristique. La contribution de l’industrie des services de restauration aux emplois attribuables au tourisme (30,0 %) est supérieure à sa contribution au PIB du tourisme (14,9 %). Ceci pourrait être le résultat d'une plus grande concentration d’emplois à temps partiel peu rémunérés dans cette industrieNote 2.

L’industrie hôtelière a été à l’origine de 107 100 des 139 500 emplois attribuables au tourisme dans les services d’hébergement. Dans l’industrie du transport, 80 600 emplois ont été attribuables au tourisme, dont 49 200 au transport aérien.

Près de 40 % des dépenses touristiques en transport

Sur les 80,2 milliards de dollars de dépenses touristiques en 2012, environ 31,0 milliards de dollars, ou 38,7 %, ont été dépensés en biens et services liés au transport, tels que le transport de passagers et la location de véhicules, les réparations et les pièces de véhicules, de même que le carburant.

Dans l'ensemble, le transport aérien de passagers a représenté la dépense la plus importante, à 15,7 milliards de dollars, suivi de l’utilisation d’un véhicule privé à des fins touristiques (12,4 milliards de dollars)Note 3, les repas de restaurants (9,1 milliards de dollars) et les hôtels (8,6 milliards de dollars).

La demande intérieure constituait 80 % des dépenses touristiques

En 2012, environ 80 % (ou 64,1 milliards de dollars) des dépenses touristiques étaient attribuables à la demande intérieure. Ces dépenses incluent les frais encourus par des Canadiens au Canada pour la partie intérieure d'un voyage vers une destination internationale, ainsi que les tarifs des voyages internationaux utilisant un transporteur Canadien.

Le transport a généré 26,2 milliards de dollars, la majorité de cette somme étant attribuable au transport aérien de passagers (12,7 milliards de dollars) et à l’utilisation de véhicules privés à des fins touristiques (11,8 milliards de dollars). Les visiteurs canadiens au Canada ont également dépensé 9,8 milliards de dollars en services de restauration et 7,0 milliards de dollars en services d’hébergement. Les dépenses en biens et services non touristiques, comme les produits d’épicerie et les vêtements, ont atteint 10,2 milliards de dollars.

Les visiteurs internationaux ont dépensé 16,0 milliards de dollars au Canada en 2012

Les visiteurs internationaux au Canada ont dépensé 16,0 milliards de dollars en 2012, les billets d’avion (3,0 milliards de dollars) étant le plus grand contributeur. Les dépenses touristiques en transport se sont établies à 4,8 milliards de dollars, tandis que 3,7 milliards de dollars et 2,7 milliards de dollars ont été dépensés en services d’hébergement et services de restauration, respectivement.

On a compté 16,3 millions de voyages avec nuitées au Canada en 2012, un sommet depuis 2008; ce fait est attribuable en partie à l’augmentation des voyages des marchés étrangers émergents tels que la ChineNote 4Note 5.

Même si les voyages avec nuitées en provenance des États‑Unis étaient à leur niveau le plus élevé depuis 2008, ils étaient tout de même 26,5 % en deçà en 2012 de ce qu’ils étaient une décennie auparavantNote 5. Les voyages d’un jour en voiture en provenance des États‑Unis, un indicateur des achats outre‑frontière, étaient à leur plus bas niveau depuis que les données ont commencé à être enregistrées en 1972.

Contribution du tourisme aux industries touristiques

Environ 86,8 % de l’activité économique de l’industrie des services de voyage reposait sur le tourisme en 2012, plus que toute autre industrie. Ceci est attendu, car l’industrie est majoritairement au service des touristes.

Le tourisme a représenté 73,2 % de l’activité économique dans l’industrie du transport aérien et 63,4 % dans l’industrie des services d’hébergement. Le reste peut être attribuable à l’activité économique non liée au tourisme, comme les services de fret ou les repas et l’alcool servis aux résidents locaux.

Parmi les grands groupes d’industries, ce sont les services de restauration qui dépendaient le moins de l’activité touristique, à 20,5 %. Ce pourcentage n’est pas surprenant, car l’industrie des services de restauration dépend en grande partie des résidents locaux.

Contribution du tourisme aux autres industries

Diverses industries non identifiées comme « industries touristiques » produisent des biens et services qui sont achetés par les touristes (par exemple, les produits d’épicerie, les vêtements et les boissons alcoolisées achetés en magasins). En 2012, les touristes ont dépensé 13,1 milliards de dollars pour de tels biens et services, plus que pour des services d’hébergement et services de restauration. Le tourisme a généré 141 000 emplois dans ces industries.

Conclusion

Le CSTC est utilisé pour mesurer les répercussions du tourisme dans l’économie canadienne. Il montre qu’en 2012 le tourisme demeure un aspect important de l’économie canadienne, tant du point de vue de la production (PIB) que de l’emploi. Le tourisme a aussi profité aux industries « non touristiques », comme le commerce de détail.

Le CSTC fournit aussi des repères détaillés selon l’industrie et le bien et service, qui sont intégrés dans les Indicateurs nationaux du tourisme (INT). Par ailleurs, il fournit les ratios détaillés des industries touristiques et des biens et services touristiques utilisés dans le Module des ressources humaines (MRH) du tourisme, ainsi que dans l’étude des recettes des administrations publiques attribuables au tourisme. Les résultats du CSTC de 2012 seront intégrés dans les INT et dans l’étude sur les recettes des administrations publiques, ainsi que dans le MRH.

Annexe A Concepts et définitions pour le Compte satellite du tourisme du CanadaNote 6

Concepts

Le Compte satellite du tourisme du Canada (CSTC) est fondé sur les concepts et les méthodologies du Système des comptes nationaux (SCN). Ce système reconnu à l’échelle internationale représente un cadre intégré de statistiques qui permet la mesure de la production économique d’un pays. Il fait état de la structure de l’économie et de la contribution de chaque industrie.

Les comptes satellites, comme le CSTC, comportent la même structure et les mêmes principes que les comptes nationaux, mais ils sont élaborés à titre de prolongement du système de comptabilité nationale, de là leur nom de « satellites ». Le domaine visé par les comptes satellites ne se retrouve généralement pas de façon explicite dans les comptes de base, ce qui fait qu’un calcul spécial est nécessaire. Les comptes satellites ont tendance à se concentrer sur des aspects précis, qu’ils soient sociaux ou économiques, tels que le tourisme, les ressources naturelles, les transports ou l’environnement. Leur présentation et leur conformité aux principes comptables à l’échelle nationale permettent aux analystes de les comparer (ou le domaine qu’ils visent) avec l’ensemble de l’économie, selon la mesure du SCN. Grâce au Compte satellite du tourisme (CST), on peut donc répondre à la question qui consiste à déterminer l’importance du tourisme au Canada, en comparant toutes les activités touristiques à l’intérieur d’un seul compte cohérent.

Pour le CSTC, les tableaux des ressources et des emplois des comptes d’entrées‑sorties (ES) du Système canadien des comptes macroéconomiques (SCCM) sont particulièrement importants. Ces tableaux mesurent et analysent l’activité productive de l’économie, en mettant l’accent sur les producteurs et les acheteurs de biens et de services dans les diverses industries. Ils montrent la production totale et l’utilisation des biens et services selon l’industrie, ainsi que les coûts primaires (ou entrées) liés à la production des biens et des services. Toutefois, le tourisme n’est pas une industrie identifiée à l’intérieur du SCCM; il dépend des achats des consommateurs, en tant que touristes, plutôt que de la production de certains biens et services. Par conséquent, l’élaboration du CSTC nécessite de fractionner les industries en composantes touristiques et non touristiques. En agrégeant la valeur ajoutée pour chaque composante du tourisme, on peut calculer le PIB du tourisme.

Définitions

Le tourisme est défini dans le CSTC comme l’ensemble des activités productives qui sont principalement au service des visiteurs. Un visiteur est un voyageur qui se déplace vers une destination principale à l’extérieur de son environnement habituel, pendant moins d’un an et pour quelque raison que ce soit (affaires, loisirs ou autre objectif personnel) autre que pour être employé par une entité résidente dans le pays ou l’endroit visitéNote 7. Le concept du tourisme est vaste; il couvre plus qu’un simple « voyage d’agrément ». Il comprend les voyages d’affaires, d’agrément et pour d’autres motifs personnels, tels que visiter des amis ou la famille, à des fins religieuses et de traitement médical.

Le concept d’environnement habituel fait référence à l’endroit où la personne réside et travaille ou étudie et comprend les endroits habituellement fréquentés. La norme internationale ne précise pas cette notion, ce qui permet aux divers pays d’adapter le concept du tourisme à leur propre situation. À des fins opérationnelles, le Canada a défini le concept de voyages « en dehors de l’environnement habituel » comme des voyages effectués le même jour en dehors de la ville à des distances d’au moins 40 kilomètres du lieu de résidence, ainsi que tous les voyages avec nuitées en dehors de la ville. Par ailleurs, lorsque l’on franchit une frontière internationale, cela est considéré comme une activité de tourisme, peu importe la distance parcourue. Les voyages effectués sur une base régulière (c.‑à‑d., au moins une fois par mois) sont exclus du tourisme pour mieux rendre compte de la notion « hors de l’environnement habituel ».

Dans le CST, les personnes qui s’adonnent au tourisme sont appelées « visiteurs ». Ceux qui passent une ou plusieurs nuits dans le lieu visité sont appelés « touristes », tandis que ceux qui ne passent pas de nuit dans le lieu visité sont appelés « visiteurs d’un jour ». Dans le CSTC, tous les visiteurs sont considérés comme des touristes, peu importe s’il s’agit de visiteurs d’un jour ou de personnes qui passent une ou plusieurs nuits dans le lieu visité.

La demande touristique est définie sur la base des dépenses totales des touristes en biens et services de production intérieure. Cela comprend toutes les dépenses effectuées par les visiteurs d’un jour et les personnes qui passent une ou plusieurs nuits dans le lieu visité qu’il s’agisse de Canadiens ou de non‑résidents. La demande touristique totale peut être répartie en deux composantes, la demande intérieure et la demande internationale. La demande intérieure inclut les dépenses liées à l’activité touristique effectuées dans le Canada par des résidents du Canada. La demande internationale, qui peut aussi être désignée comme les exportations, correspond aux dépenses effectuées par les non‑résidents au Canada au titre du tourisme. Les dépenses des entreprises, des gouvernements et des particuliers au titre du tourisme sont incluses dans tous les types de demandes. Le CSTC calcule également les importations du tourisme international, qui sont les dépenses liées à l’activité touristique par les Canadiens à l’extérieur du Canada.

Un bien ou service touristique en est un pour lequel une partie importante de la demande totale provient de visiteurs. Ainsi, le transport aérien de voyageurs serait un service touristique, tandis que les produits d’épicerie, même s’ils sont achetés à l’occasion par des touristes, ne sont pas considérés comme des biens touristiques. Un autre exemple est les repas au restaurant qui sont considérés comme des biens et services touristiques parce qu’ils sont habituellement achetés par des touristes, même si les principaux clients des restaurants sont des résidents locaux. Au Canada, les biens et services touristiques comprennent aussi les biens achetés aux seules fins d’un voyage (p. ex., autocaravanes, tentes‑roulottes et valises). Ces dépenses précédant un voyage sont comprises étant donné que la plupart des produits qui les composent sont achetés dans le but de faire un voyage touristique. Bien entendu, ces produits peuvent aussi servir à des fins non touristiques, mais de façon beaucoup plus restreinte. Voir l’annexe D pour la liste des biens et services touristiques du CSTC.

Le tourisme englobe toute une gamme d’industries et des parties d’industries ainsi que de biens et services qu’elles produisent. Une industrie est un groupe d’établissements qui se livrent à la production de biens et services similaires pour les entreprises et les particuliers. La définition d’une industrie touristique est une industrie où l’absence du tourisme aurait un effet direct sur son niveau d’activité qui s’en trouverait considérablement réduit. Certaines industries sont considérées comme touristiques, même si une portion relativement importante de leur production peut être attribuée à des non‑touristes. Les services de restauration et les loisirs et divertissements en sont des exemples. Ces industries sont incluses puisque leur niveau d’activité se trouverait considérablement réduit en l’absence du tourisme. Voir l’annexe C pour une liste des industries touristiques du CSTC.

Il existe une autre définition importante à prendre en compte dans le cadre de la mise en œuvre du CSTC, à savoir celle de l’offre touristique. Il s’agit de la production totale de biens et de services touristiques achetés par des touristes et des non‑touristes au Canada. Les Canadiens achètent aussi des biens et services à l’extérieur du Canada, mais ces derniers ne sont pas inclus dans l’offre touristique. Contrairement aux tableaux des ressources et des emplois, dans lesquels l’offre d’un bien ou d’un service est toujours égale à la demande, l’offre de biens et de services touristiques dépasse généralement la demande touristique, conformément à la définition du CSTC. Cela vient du fait que l’offre touristique comprend la production totale de biens et de services touristiques, peu importe si ceux‑ci sont achetés par un touriste ou non. Supposons que 100 unités d’un bien ou service touristique (p. ex., de services d’hébergement) soient produites dans une économie donnée (c.‑à‑d. l’offre touristique totale de services d’hébergement = 100). Cette offre touristique de services d’hébergement peut être achetée par des touristes ou des non‑touristes. Si 90 de ces unités sont achetées par des touristes, la demande touristique sera égale à 90 unités et le ratio de biens et services (ratio de la demande par rapport à l’offre touristique) pour les services d’hébergement sera de 90 % (90/100). Ce qui reste des unités, soit 10 %, sera acheté par les non‑touristes.

Le ratio de biens et services touristiques est utile pour mesurer la proportion d’un bien ou d’un service acheté par les touristes. Dans l’exemple ci‑dessus, 90 % des services d’hébergement sont achetés par les touristes. Ce ratio sert aussi au processus de validation des données et plus particulièrement, au rapprochement des estimations de la demande et de l’offre touristiques, et sert à mesurer la proportion de l’emploi d’une industrie qui est générée par le tourisme.

Le PIB du tourisme est défini comme la valeur de production, sans double compte, à l’intérieur des limites d’une région (p. ex., le Canada), de biens et de services achetés par des touristes. Dans le CSTC, le PIB du tourisme est calculé aux prix de base, selon la même méthode d’évaluation que dans les tableaux des ressources et des emplois du SCN du Canada. On mesure uniquement le PIB direct, par opposition au PIB indirect. Le PIB indirect se rapporte aux effets en amont de l’activité économique (p. ex., la fabrication de linge de lit et de toilette destiné aux hôtels). Même si ces effets indirects sont importants, ils dépassent la portée du CSTC, celui‑ci étant axé sur le PIB découlant de la production de biens et de services consommés directement par les touristes. Les effets indirects peuvent toutefois être calculés à partir de modèles d’impact économique fondés sur le CSTC. Le PIB du tourisme est estimé selon l’approche de la somme des revenus (c.‑à‑d. le rendement de la main‑d’œuvre et du capital dans la production) attribuables au tourisme. Les composantes comprennent les salaires et traitements, le revenu supplémentaire du travail, le revenu mixte et les autres excédents d’exploitation (y compris les bénéfices et l’amortissement).

L’emploi lié au tourisme est une mesure du nombre d’emplois occupés par les travailleurs autonomes, les employés et les travailleurs familiaux non rémunérés dans les industries touristiques et non touristiques. L’emploi généré par le tourisme comprend uniquement les emplois directement attribuables au tourisme. Ce sont les emplois générés par la consommation touristique (demande), exempte de la demande non touristique découlant de la consommation locale. Ainsi, pour l’industrie des services de restauration, seuls les emplois directement liés au tourisme sont dénombrés dans le CSTC comme des emplois générés par le tourisme ou attribuables au tourisme. Par contre, les emplois générés par l’industrie de l’agriculture pour la production destinée aux services de restauration (emplois indirects) ne sont pas inclusNote 8.

La notion d’emplois liés au tourisme, ou d’emplois générés par le tourisme, est différente de celle des emplois dans les industries touristiques, qui sont définis dans le Module des ressources humaines (MRH) du Compte satellite du tourisme. Le MRH comprend les emplois dans les industries touristiques, peu importe si ces emplois sont au service des touristes ou des non‑touristes.

Annexe B Sources de données et méthodologie pour le Compte satellite du tourisme du CanadaNote 9

Sources de données

Il existe plusieurs sources principales de données pour le Compte satellite du tourisme du Canada (CSTC). Les estimations de la demande sont calculées à partir de deux sources principales : l’Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC) et l’Enquête sur les voyages internationaux (EVI), qui sont toutes les deux effectuées par Statistique Canada. L’EVRC fournit les données relatives aux dépenses touristiques intérieures des entreprises et des particuliers, selon la province et le territoire. Elle fournit en outre des renseignements qui permettent de déterminer les raisons des visites dans une région, la durée des séjours et les activités sur place. L’enquête constitue un supplément mensuel de l’Enquête sur la population active (EPA). L’EVRC comprend les dépenses totales au titre du tourisme, à l’intérieur d’une région donnée, ainsi qu’à l’échelon interprovincial (exportations et importations interprovinciales). Toutefois, elle ne comporte pas de données sur l’origine des voyageurs dans le cas des territoires, mais seulement sur la destination. On a recours aux statistiques tirées de l’Enquête sur les dépenses des ménages (EDM), ainsi qu’aux données sur l’offre des entrées‑sorties, pour combler cette lacune. Les estimations des dépenses précédant les voyages, qui font partie de la demande intérieure, reposent sur la méthode de l’offre et de l’utilisation, à partir des données des ressources et des emplois.

L’EVI fournit les données sur la demande des non‑résidents (de façon distincte pour les États‑Unis et pour les autres pays) au Canada, ainsi que des importations touristiques (dépenses des Canadiens à l’étranger). Cette enquête a été entreprise au départ pour fournir des estimations relatives à la balance internationale des paiements du Canada.

Des estimations de l’offre touristique sont calculées à partir des tableaux des ressources et des emplois de Statistique Canada, tout comme le PIB et ses composantes : revenu du travail, revenu mixte et excédents d’exploitation. Les tableaux des ressources et des emplois sont élaborés sur la base de plusieurs matrices importantes de données qui servent à enregistrer les entrées (ce qui est nécessaire pour produire un bien ou un service) et les sorties (les biens et les services fournis). Le tableau des ressources montre l’offre de divers biens et services selon l’industrie, ce qui permet le calcul de l’offre touristique. Les tableaux des ressources et des emplois fournissent également une matrice de la valeur ajoutée ou du PIB.

Les données sur l’emploi proviennent des Comptes canadiens de productivité du Système canadien des comptes macroéconomiques (SCCM). Ces comptes fournissent des renseignements sur l’emploi selon les principes du Système de comptabilité nationale et la classification de l’industrie des entrées‑sorties (ES). Au niveau agrégé, le nombre d’emplois compris dans cette base de données est étalonné en fonction de l’EPA. La répartition de ces emplois dans les industries, toutefois, est fondée principalement sur les données de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail, bien que d’autres sources de données d’enquête sur les industries et de données administratives soient aussi utilisées.

Méthodologie

Le CSTC vise à mesurer l’activité économique du tourisme, y compris le PIB du tourisme, l’emploi, la demande et l’offre. À cette fin, le CSTC utilise les données sur la demande des enquêtes sur les voyages (c.‑à‑d. l’EVRC et l’EVI) et calcule la contribution du tourisme au PIB et à l’emploi. Toutefois, les données de source pour le tourisme diffèrent, certaines étant fondées sur les détails relatifs aux biens et services, tandis que d’autres reposent sur les détails relatifs aux industries. C’est donc dire que les données sur la demande de l’EVRC et de l’EVI sont constituées à partir des détails relatifs aux biens et services, tandis que les données sur le PIB et l’emploi utilisent des ventilations selon l’industrie. Il faut donc établir un lien entre les biens et services et les industries. L’offre, qui peut être calculée sur la base des détails relatifs aux biens et services ou des détails relatifs à l’industrie, est le facteur qui sert à lier ces variables. Comme il est indiqué ci‑dessous, un ratio de la demande et de l’offre peut être calculé pour chaque bien et service. Ce ratio est par la suite placé dans le contexte des industries, afin que le PIB du tourisme et l’emploi lié au tourisme puissent être estimés à partir des données comprises dans les enquêtes sur la demande.

Offre

Les tableaux des ressources et des emplois sont le point de départ du calcul de l’offre, qui comptabilisent de façon détaillée toutes les industries de l’économie et tous les biens et services qu’elles produisent. La première étape consiste à déterminer les industries qui fournissent des biens et services touristiques à des visiteurs (voir l’annexe C pour une liste complète des industries touristiques). Toutefois, les catégories d’industries comprises dans les tableaux des ressources et des emplois ne sont pas suffisamment détaillées pour le CSTCNote 10. Par exemple, les tableaux des ressources et des emplois ne produisent des estimations que pour l’ensemble de l’industrie de la restauration. Dans le cadre du CSTC, on doit subdiviser cette branche, à partir des renseignements découlant des calculs détaillés des ES, en branches auxiliaires, étant donné que certaines de ces branches auxiliaires ne sont peut‑être pas incluses dans le compte du tourisme. Dans ce cas, deux branches auxiliaires de l’industrie de la restauration sont les restaurants à service complet et les traiteurs. Les restaurants à service complet sont considérés comme une industrie touristique et leur offre est incluse dans les estimations. Les traiteurs sont laissés de côté, étant donné qu’ils ne sont pas considérés comme une industrie touristique. De même, seuls les biens et services touristiques sont conservés pour le calcul de l’offre totale. Autrement dit, seuls les produits de l’industrie des restaurants à service complet qui sont achetés par des touristes sont conservés (c.‑à‑d. les repas), tandis que les biens et services non touristiques sont supprimés (p. ex., les services juridiques).

Une fois que l’on a déterminé les industries auxiliaires du tourisme et les biens et services touristiques, on calcule les proportions de l’offre. Les proportions de l’offre sont égales à la partie de la production totale d’un bien ou d’un service attribuable à une industrie auxiliaire à l’intérieur d’une industrie. Par exemple, si deux industries auxiliaires représentent chacune la moitié de l’offre de repas de l’industrie, les proportions de l’offre seront égales à 50 % pour ces produits dans chacune des industries auxiliaires. Ces proportions sont utilisées plus tard pour répartir la demande entre les industries. Il convient de souligner que les taxes sont ajoutées à toutes les estimations de l’offre obtenues à partir des tableaux des ressources et des emplois, afin de transposer les données aux prix à la production en données aux prix d’achat, c’est‑à‑dire ceux utilisés pour calculer la demande.

Demande

Le calcul de la demande touristique dans le cadre du CSTC commence avec les données de l’EVRC et de l’EVI. La première étape consiste à répartir les détails relatifs aux biens et services compris dans les enquêtes entre les détails utilisés pour les tableaux des ressources et des emplois, afin de permettre un rapprochement approprié de la demande et de l’offre. Pour certains biens et services, les données d’enquête existantes comportent suffisamment de détails. Par exemple, les données d’enquête pour les biens et services liés au transport suffisent pour répartir ces biens et services entre leurs contreparties des ES. Dans le cas de l’hébergement, les données relatives au nombre de nuits passées dans différents types d’établissements d’hébergement sont disponibles à partir des enquêtes et sont utilisées pour répartir les biens et services entre les classifications des ES. Les données sur les dépenses des particuliers provenant des comptes des revenus et des dépenses servent à répartir les biens et services restants à l’intérieur de la structure des ES.

Une fois que la demande touristique est calculée à partir des mêmes biens et services que l’offre, les proportions de l’offre sont utilisées pour répartir la demande entre les industries auxiliaires. Comme il est mentionné ci‑dessus, si 50 % des repas ont été fournis par une industrie auxiliaire, cette industrie auxiliaire se voit attribuer 50 % de la demande. Une fois que les données sur la demande sont réparties entre les industries, on calcule les ratios de la demande et de l’offre pour chaque industrie. Ces ratios correspondent simplement à la demande touristique totale d’une industrie divisée par l’offre touristique totale de cette industrie. Ils indiquent quelle portion de la production d’une industrie peut être attribuée à l’activité touristique. Ainsi, si le ratio de la demande et de l’offre d’une industrie est égal à 40 %, cela correspond à la proportion de la production totale de l’industrie qui est attribuable au tourisme. Ces ratios de la demande et de l’offre sont utilisés par la suite pour calculer le PIB du tourisme et l’emploi lié au tourisme.

Afin d’accroître les possibilités d’analyse des données, la demande est répartie entre la demande intérieure et la demande des non‑résidents (demande internationale ou exportations) à partir des données de l’EVRC et de l’EVI. Des données sont aussi calculées pour les importations internationales. La disponibilité de données sur les exportations et les importations permet le calcul de la balance commerciale du tourisme pour le Canada.

Plusieurs éléments ont été ajoutés aux données d’enquête afin de permettre une estimation plus complète de la demande touristique (voir le tableau B1). Le premier ajout consiste à inclure les tarifs de transports payés par les Canadiens pour un vol à l’étranger sur un transporteur canadien (billets achetés auprès d’un transporteur canadien pour des voyages internationaux). Étant donné que ces services font partie de la production intérieure, ils sont inclus dans la demande intérieure.

Un ajout supplémentaire est requis pour inclure les dépenses touristiques intérieures des résidents des trois territoires canadiens qui sont exclus de l’EVRC. Des données sur l’offre (revenus) sont disponibles pour tous les biens et services touristiques, à partir des tableaux des ressources et des emplois des territoires. La demande internationale est calculée à partir de l’EVI, et la demande interprovinciale (c.‑à‑d. les dépenses des résidents des 10 provinces qui visitent les territoires) est calculée à partir de l’EVRC. La demande intérieure des territoires est calculée à partir des données de l’EDM, qui comprend des estimations des dépenses en biens et services touristiques, comme l’hébergement et les repas et boissonsNote 11.

Les dépenses effectuées par un voyageur avant un voyage, aux seules fins de ce voyage, constituent un autre ajout important. Ces dépenses comprennent les autocaravanes, les bateaux de plaisance, les caravanes classiques et les tentes‑caravanes, les valises et ensembles de voyage, les tentes et l’équipement de camping ainsi que les sacs de couchage. On calcule ces dépenses au moyen de la méthode de l'offre et de l'utilisation. Les exportations totales de ces produits sont soustraites de l’offre totale (comprenant les importations et les produits fabriqués) pour ces produits, afin d’obtenir l’utilisation totale pour le Canada.

On procède à un calcul spécial pour les commissions des agences de voyages dans le CSTC, ces chiffres ne figurant pas spécifiquement dans les enquêtes sur les voyages. Cela implique de soustraire une portion des diverses dépenses en biens et services touristiques (p. ex., billets d’avion et hôtel) et de les réaffecter aux services d’agences de voyages. Essentiellement, la demande de services d’agences de voyages est égale à l’offre, ces services étant utilisés presque exclusivement par des touristes. L’offre correspond uniquement aux commissions pour les services de préparation de voyages et les forfaits qui, dans le cadre des ES, servent de mesures de la production de l’industrie des services de préparation de voyages.

Le rapprochement de la demande et de l’offre donne lieu à un rajustement final des données. Étant donné que les biens et services sont rapprochés du point de vue de la demande et de l’offre, on examine le ratio de biens et services touristiques pour un bien ou un service donné. Il arrive que ce ratio soit considéré comme trop élevé ou trop faible. Cela est particulièrement vrai dans le cas des biens et services pour lesquels les dépenses sont faibles. Ces questions sont traitées sur une base individuelle. Par exemple, supposons qu’après avoir ajouté toute l’information pertinente pour le transport aérien de passagers (renseignements issus des deux enquêtes sur les voyages et des estimations de l’EDM), la demande totale au titre du transport aérien de passagers correspond à 80 % de l’offre totale. Les exclusions non touristiques de la demande au titre du transport aérien ne peuvent être à l’origine de cet écart de 20 %. Par conséquent, le total de 80 % est corrigé à la hausse afin de traduire un ratio des biens et services touristiques plus réaliste au titre du transport aérien de passagers. Dans certains cas, la demande touristique peut dépasser l’offre pour un bien ou un service donné. Les estimations de l’offre et de la demande sont examinées à nouveau, afin de déterminer lesquelles représentent la plus grande qualité statistique, et des rajustements sont effectués sur cette base.

Produit intérieur brut

Le PIB du tourisme et ses composantes, revenu du travail, revenu mixte et autres excédents d’exploitation, sont obtenus à partir du tableau d'emplois des tableaux des ressources et des emplois. Le PIB est calculé de nouveau sur la base des industries auxiliaires, tout comme l’offre, par la voie des données obtenues pour les industries auxiliaires ou, en l’absence de telles données, grâce à une répartition selon les proportions de l’offre. Les ratios de l’industrie pour la demande et l’offre sont par la suite utilisés pour calculer le PIB du tourisme. Autrement dit, si le ratio de la demande et de l’offre pour une industrie donnée est de 50 %, la moitié du PIB de cette industrie est attribuée au tourisme. Cette méthode permet en outre le calcul du revenu du travail, du revenu mixte et de l’excédent d’exploitation liés au tourisme.

Un calcul spécial est effectué pour obtenir le PIB pour les « autres industries ». Ces « autres industries » (tel le commerce au détail) sont définies comme des industries non touristiques, ou des industries qui ne répondent pas aux critères s’appliquant aux industries touristiques, mais qui en tirent certains avantages. Elles produisent certains biens et services achetés par des touristes. Il s’agit notamment des produits d’épicerie, des boissons alcoolisées achetées dans des magasins, des dépenses précédant un voyage, des pièces, des réparations et du carburant de véhicules automobiles, ainsi que de certains autres biens et services divers (p. ex., des produits de toilette). Les données sur la demande intérieure finale sont utilisées pour répartir ces valeurs parmi les biens et services. Ces données sont, par la suite, transposées aux industries, à partir des proportions de la production pour ces biens et services. Les totaux sont ensuite multipliés par les proportions des entrées, afin que les composantes du PIB puissent être isolées.

Emploi

Tout comme le PIB, l’emploi est calculé au niveau de l’industrie. Par conséquent, le calcul de l’emploi repose sur les mêmes ratios d’industrie touristique que le PIB pour le calcul de la portion touristique de chaque industrie. Ainsi, si le ratio d’industrie touristique pour une industrie est de 50 %, la moitié de l’emploi de cette industrie est attribuée au tourisme. Ce calcul est effectué pour toutes les industries liées au tourisme et les proportions sont agrégées, en vue d’obtenir l’emploi total lié au tourisme au Canada. Comme il est mentionné précédemment, les données sur l’emploi selon l’industrie se trouvent dans les Comptes canadiens de productivité du SCCM. Les données disponibles sur l’emploi se situent encore une fois à un niveau d’industrie trop agrégé pour le CSTC. Les salaires et traitements, qui découlent du calcul du PIB, sont utilisés pour répartir l’emploi entre les industries auxiliaires.

Annexe C Industries touristiques du Compte satellite du tourisme du Canada

Annexe D Biens et services touristiques du Compte satellite du tourisme du Canada

Annexe E Dépenses touristiques par bien ou service, Canada, 2012

Annexe F Produit intérieur brut et l'emploi pour les branches touristiques et non touristiques, Canada, 2012

Bibliographie

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Lapierre, Jocelyn et Duane Hayes. 1994. Compte satellite du tourisme. Produit no 13‑604‑M au catalogue de Statistique Canada. Ottawa, Ontario. Série technique sur les comptes des revenus et des dépenses, no 31.

Organisation de coopération et de développement économiques, Office statistique des communautés européennes, Organisation des Nations Unies, Organisation mondiale du tourisme. 2010. Compte satellite du tourisme – Recommandations concernant le cadre conceptuel 2008. Organisation de coopération et de développement économiques, Office statistique des communautés européennes, Organisation des Nations Unies, Organisation mondiale du tourisme. Luxembourg, Madrid, New York, Paris.

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Statistique Canada. 2014. Enquête sur les voyages des résidents du Canada, 2012 (fichier de microdonnées à grande diffusion). Produit no 87M0016X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa, Ontario.

Statistique Canada. Sans date. Tableau 387‑0001 Demande liée au tourisme au Canada, trimestrielle (dollars) (tableau). CANSIM (base de données).

Notes

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