Nouvelle méthodologie de projection pour les parités de pouvoir d'achat

Les parités de pouvoir d'achat (PPA) sont des estimations du pouvoir d'achat relatif entre deux devises ou plus. En procédant à l'ajustement à une devise commune et à un ensemble de prix communs, elles peuvent être utilisées pour faire des comparaisons internationales des volumes relatifs de biens et services dans lesquels on a investi ou qui ont été consommés.

Une nouvelle méthodologie de projection pour les années autres que l'année repère a été mise en application dans la diffusion des estimations les plus récentes des PPA bilatérales pour le Canada et les États-Unis.  L'objectif de cette note est d'expliquer la nouvelle méthodologie ainsi que la raison de son adoption.1

Les données sur la PPA sont généralement tirées des catégories détaillées de la demande finale (c'est-à-dire, les dépenses), et sont ajustées pour tenir compte des stocks afin de présenter les données en termes de produit intérieur brut (PIB). En termes nominaux, le PIB équivaut au revenu intérieur brut (RIB), (c'est l'approche de la somme des revenus pour en arriver au même agrégat), et les deux termes sont souvent utilisés indifféremment. En termes réels, toutefois, il existe une distinction importante entre le PIB et le RIB qui provient principalement des changements dans les prix des produits de base qu'un pays exporte ou importe. Ces ajustements aux termes de l'échange peuvent influer sur le pouvoir d'achat relatif de la devise d'un pays et ainsi représentent des changements au revenu réel sans qu'il y ait nécessairement des répercussions directes sur la production.

Les données précédemment publiées étaient extrapolées de l'année repère en utilisant les mouvements relatifs des indices de prix implicites du PIB, ce qui ne réussissait pas à cerner les changements du revenu réel après 2002. Les ajustements aux termes de l'échange étaient traités essentiellement comme des variations de prix et étaient donc retirés de la mesure du revenu réel. Cette approche convient mieux à l'élaboration de mesures destinées à établir des comparaisons de productivité, par opposition au pouvoir d'achat.  Les estimations des PPA pour l'année repère sont dorénavant extrapolées au moyen des variations relatives du RIB, ce qui correspond au concept plus approprié lorsqu'il s'agit d'étudier le pouvoir d'achat.

La différence entre les deux méthodologies repose sur le choix du déflateur des importations et des exportations.  Jusqu'à présent, les études sur les PPA bilatérales entre le Canada et les États-Unis ont habituellement utilisé les taux de change pour estimer les exportations nettes, et ce, surtout parce qu'il est difficile de recueillir les prix comparatifs des importations et des exportations, étant donné que les pays n'importent et n'exportent pas nécessairement les mêmes biens et services. Cependant, cette approche n'est pas à l'abri de toute critique. Elle présuppose que les variations du taux de change sont immédiatement et pleinement reflétées dans les prix du marché des biens et des services échangés, ce qui ne s'appuie pas sur des preuves empiriques.2 La nouvelle méthodologie fait plutôt appel à un agrégat de PPA pour la consommation et les investissements intérieurs pour la balance commerciale, et ce, parce qu'une mesure des prix intérieurs relatifs convient mieux pour estimer le pouvoir d'achat relatif aux articles achetés avec le revenu généré par le truchement du commerce. Il s'agit d'une méthode similaire à celle utilisée dans les comparaisons entre pays pour les Penn World Tables3 et qui est compatible avec le calcul du RIB trimestriel réel pour le Canada.4

Cette nouvelle méthodologie résulte en des PPA qui sont plus cohérentes avec la mesure du pouvoir d'achat dans l'année repère, ainsi réduisant l'ampleur des révisions subséquentes aux données.  Les améliorations des termes de l'échange du Canada depuis 2002, qui s'expliquent par des changements dans les prix relatifs des exportations et des importations provenant pour une grande part d'un dollar canadien plus fort par rapport à la devise américaine5, sont ainsi représentées de façon plus exacte.

Dans le graphique 1, ci-après, on peut voir que l'inclusion des données repères de 2005 a causé un déplacement vers le haut du niveau de la PPA pour cette année, comparativement aux données précédemment publiées qui étaient le résultat d'une extrapolation utilisant un déflateur du PIB. La tendance positive, qui se poursuit avec l'utilisation du déflateur du RIB, reflète les améliorations des termes de l'échange canadiens depuis 2002. L'augmentation du pouvoir d'achat n'est pas saisie dans une extrapolation utilisant les variations relatives du Canada par rapport aux États-Unis) du déflateur de PIB.

Graphique 1: Les parités de pouvoir d'achat totale: extrapolations de rechange à partir de 2005
Description pour le graphique 1
Graphique 1: Les parités de pouvoir d'achat totale: extrapolations de rechange à partir de 2005


Notes:

  1. Un article plus détaillé, intitulé « Parités de pouvoir d'achat et dépenses réelles, États-Unis et Canada », sera diffusé en début d'année 2010.
  2. Baldwin, J.R. et B. Yan, 2004, « The Law of One Price: A Canada-US Exploration ». 50, 1: 1-10.
  3. Voir Deaton, Angus et Heston, Allan, « Understanding PPAs and PPA-Based National Accounts », Cambridge, MA; National Bureau of Economic Research, document de travail 14499, novembre 2008.
  4. Tableau CANSIM 380-0062.
  5. Voir John Baldwin et Ryan Macdonald, « PPA ou PPA : parité de pouvoir d'achat ou parité de pouvoir de production? » (à venir) pour plus de détails. Série de documents de recherche sur l'analyse économique. Ottawa: Statistique Canada.

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