Les révisions de 2006 à 2009 des Comptes des revenus et dépenses

Révisions 2006 à 2009 (PDF)

Introduction

Des estimations révisées des comptes des revenus et dépenses (CRD) pour la période de 2006 à 2009 ont été diffusées en même temps que celles se rapportant au premier trimestre de 2010. Ces estimations révisées intègrent les données de base et les tendances saisonnières les plus à jour.

Calendrier de révision

Les données du Système de comptabilité nationale du Canada (SCNC) font l'objet de révisions statistiques périodiques afin d'y intégrer les données les plus récentes provenant des recensements, des enquêtes annuelles, des statistiques administratives, des comptes publics, etc. En principe, la révision des CRD se déroule selon le calendrier suivant : la première estimation pour un trimestre donné est diffusée environ 60 jours après la fin du trimestre de référence; cette estimation est révisée lorsque celles se rapportant aux trimestres subséquents de la même année civile sont diffusées; par la suite, les estimations ne peuvent être révisées qu'une fois l'an au cours des quatre années suivantes, au moment de la diffusion des estimations du premier trimestre. Par exemple, les estimations pour le premier trimestre de 2006 ont été diffusées pour la première fois en mai 2006. La première révision de ces estimations a eu lieu lorsque les estimations du deuxième trimestre ont été diffusées, en août 2006; d'autres révisions ont été apportées au moment de la diffusion des estimations pour les troisième et quatrième trimestres de 2006. Ces estimations des CRD ont été révisées à nouveau chacune des trois années suivantes (2007, 2008 et 2009), les dernières révisions accompagnant la présente diffusion.

La politique consistant à ne réviser les estimations des années précédentes qu'une fois par an est appliquée à l'ensemble du SCNC. Toutefois, la période pour laquelle les estimations peuvent faire l'objet de révisions varie d'un ensemble de comptes à l'autre. Ainsi, les révisions courantes des comptes des revenus et dépenses et de la balance des paiements internationaux se font tous les quatre ans. Les révisions courantes des tableaux d'entrées-sorties portent sur une année, c'est-à-dire la première des quatre années du cycle de révision des comptes des revenus et dépenses et des statistiques de la balance des paiements. Habituellement, la révision des comptes des flux financiers se fait parallèlement à celle des comptes du bilan national et porte à l'occasion sur plus de quatre années afin d'harmoniser les flux avec les stocks révisés.

La révision annuelle du Système de comptabilité nationale du Canada est un processus intégré selon lequel les estimations révisées des Comptes nationaux des revenus et dépenses, des Comptes des flux financiers et de la Balance des paiements internationaux du Canada sont compilées et diffusées simultanément. Par exemple, les estimations mises à jour des opérations financières détaillées qui sous-tendent le produit intérieur brut (PIB) sont harmonisées avec les estimations révisées des revenus et dépenses sectoriels. Les estimations révisées des Comptes du bilan national sont diffusées environ deux semaines plus tard, fondées en grande partie sur des données de base sur les opérations financières et en capital mises à jour, ainsi que sur les estimations des gains ou pertes en capital implicites dans les estimations des stocks.

L'intégration des estimations du PIB selon la composante découle de la compilation des tableaux d'entrées-sorties en prix courants pour les deux premières années de la période de révision de quatre ans. Ces données sont diffusées à l'automne de chaque année, lorsque l'ensemble des tableaux provinciaux d'entrées-sorties est complet. Les révisions correspondantes des estimations mensuelles du PIB réel par industrie sont diffusées en septembre. Les estimations selon l'industrie sont intégrées annuellement, au moment de la diffusion des données du premier trimestre portant sur les mesures du PIB en termes de revenus et en termes de dépenses. Les révisions faites les deux dernières années du cycle de révision de quatre ans découlent de l'intégration de données de base nouvelles ou révisées infra-annuelles et annuelles.

Après la présente diffusion, le programme des comptes des revenus et dépenses passera à un cycle de révision de trois ans. Depuis un certain nombre d'années, Statistique Canada a réussi à accroître la vitesse d'exécution globale de ses enquêtes annuelles auprès des entreprises et des établissements, ainsi que de son processus de traitement des données administratives. Par conséquent, la majorité des données « finales » sont maintenant intégrées dans la première diffusion des tableaux nationaux d'entrées-sorties qui servent de données repères pour la production des comptes des revenus et dépenses. Vu que peu de nouvelles données sont disponibles au moment de la deuxième diffusion des tableaux d'entrées-sorties, Statistique Canada ne produira qu'une seule version des tableaux nationaux, provinciaux et territoriaux d'entrées-sorties.

Des révisions limitées sont parfois effectuées pour des périodes remontant à plus de quatre ans et des révisions historiques ont lieu périodiquement, à peu près tous les dix à quinze ans. Ces dernières donnent l'occasion d'améliorer les méthodes d'estimation et d'apporter des changements conceptuels au SCNC. La révision historique la plus récente a été achevée en décembre 1997. La documentation concernant cette révision peut être consultée dans Révision historique des Comptes économiques et financiers nationaux : revue. Les données issues de la prochaine révision historique seront diffusées en 2012. Pour plus de renseignements sur le changement apporté au cycle de révision et sur la révision historique du SCNC, veuillez consulter l'article Renouveler le Système canadien des comptes nationaux.

Répercussions des révisions sur le produit intérieur brut (PIB)

Les révisions courantes du PIB reflètent les estimations les plus à jour produites d'après les sources de données, y compris les résultats des enquêtes, les données administratives et les comptes publics. Les données d'entrées-sorties révisées pour 2006 et finale pour 2007 sont intégrées pour les deux premières années de la période de révision de quatre ans. De nouvelles données repères sont intégrées pour les périodes les plus récentes. D'autres séries sont révisées en raison de l'application des bases de projection existantes ou mises à jour aux nouveaux niveaux repères provenant des comptes d'entrées-sorties. D'autres changements conceptuels ou de classification sont parfois apportés aux Comptes nationaux des revenus et dépenses. La documentation qui se rapporte aux changements conceptuels peut être consultée dans Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens. Aucun changement conceptuel n'a été apporté aux comptes des revenus et dépenses cette année.

Tableau 1 Certaines composantes - révision courante

Révisions du PIB

Le taux de croissance annuel du PIB réel a été révisé chacune des quatre années couvertes par le cycle courant de révision. La croissance annuelle du PIB réel a été révisée à la baisse pour 2006 ainsi que 2007, et à la hausse pour 2008 ainsi que 2009. La tendance du taux annuel de croissance du PIB est restée la même, soit un fléchissement progressif de 2006 à 2007, une baisse plus accentuée en 2008 et une contraction en 2009.

Graphique 1 Révisions du PIB réel selon l'année (estimations courantes et précédentes)
Description pour le Graphique 1
Graphique 1 Révisions du PIB réel selon l'année (estimations courantes et précédentes)

Révisions du PIB pour l'année de référence 2006

Le niveau du PIB nominal de 2006 a fait l'objet d'une révision à la hausse de 1,2 milliard de dollars. Les estimations de l'excédent d'exploitation, des dépenses personnelles en biens durables ainsi que des dépenses courantes des administrations publiques tirées des tableaux d'entrées-sorties de 2006 ont toutes été révisées. Ces estimations révisées ont été intégrées dans les comptes des revenus et dépenses.

La révision cumulative1 du niveau nominal du PIB pour 2006 était de 11,1 milliards de dollars, et celle du taux de croissance nominale, de 0,7 point de pourcentage. Ces chiffres sont élevés par comparaison aux révisions cumulatives récentes du PIB. La révision moyenne absolue cumulative du niveau du PIB pour la période de 2002 à 2005 était de 4,9 milliards de dollars, et celle de la croissance du PIB, de 0,3 point de pourcentage.

Le taux de croissance du PIB nominal en 2006 a été révisé à 5,6 %, l'estimation précédente étant de 5,5 %. Inversement, le taux de croissance du PIB réel a fait l'objet d'une révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage, pour passer de 2,9 % à 2,8 %, en partie à cause d'une mise à jour de la méthodologie utilisée pour estimer les prix des services à l'importation et à l'exportation, qui a mené à une révision à la hausse du déflateur du PIB.

La révision cumulative totale du taux de croissance annuelle du PIB réel en 2006 était considérablement plus faible que celle calculée pour le taux de croissance annuelle du PIB nominal mentionné plus haut. La révision cumulative du PIB réel était de 0,1 point de pourcentage, chiffre qui se situe bien dans la fourchette historique.

Depuis 2002, la révision moyenne absolue du PIB nominal résultant de l'intégration des tableaux finals d'entrées-sorties a été de 0,1 point de pourcentage. Comparativement, pour la période de 1997 à 2001, la révision moyenne absolue due à l'intégration des données repères finales sur les entrées-sorties était de 0,2 point de pourcentage.

De 1997 à 2001, Statistique Canada a investi considérablement dans son programme d'enquêtes annuelles auprès des entreprises. Comme ces nouvelles estimations ont été intégrées dans le SCNC, les données ont fait l'objet de révisions plus importantes. Ces dernières années, le système statistique est devenu plus stable et l'actualité de ces données s'est améliorée. Cela explique, dans une très grande mesure, les révisions plus faibles constatées maintenant après l'intégration des données repères finales sur les entrées-sorties. Ce facteur a également joué un rôle déterminant dans la décision de passer à un cycle de révision de trois ans mentionnée plus haut.

Sur une base trimestrielle, le PIB réel en 2006 a fait l'objet d'une révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage au premier trimestre, à la baisse de 0,2 point de pourcentage au deuxième trimestre, est demeuré inchangé au troisième trimestre et d'une révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage au quatrième trimestre.

Graphique 2 Révisions du PIB réel en 2006 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)
Description pour le Graphique 2
Graphique 2 Révisions du PIB réel en 2006 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)

Révisions du PIB pour l'année de référence 2007

La révision à la baisse de 3,4 milliards de dollars du PIB nominal de 2007 est due principalement aux niveaux inférieurs à ceux estimés antérieurement de l'excédent et des stocks des entreprises non agricoles. Ces révisions sont compensées partiellement par les révisions à la hausse des dépenses personnelles en biens et services.

Le tableau 2 donne un historique des révisions du PIB pour la période de 1996 à 2009. Comme il est mentionné plu haut, chaque estimation annuelle passe par quatre cycles annuels de révision et fait l'objet de révisions historiques périodiques. Le tableau donne le niveau et le taux de croissance publiés du PIB pour une année donnée pour chacun de ces cycles de révision. Les révisions les plus importantes du PIB ont lieu au moment des deuxième et troisième cycles de révision, durant lesquels les comptes des revenus et dépenses sont étalonnés en fonction des données administratives T4 (État de la rémunération payée) (deuxième cycle de révision), des estimations calculées d'après l'Enquête sur les investissements publics et privés (deuxième cycle de révision) et des tableaux d'entrées-sorties provisoires (troisième cycle de révision).

La révision pour 2007, qui se chiffrait à 3,4 milliards de dollars, était supérieure à la moyenne historique récente. De 2002 à 2006, la révision moyenne absolue résultant de l'intégration des données provisoires sur les entrées-sorties était, en moyenne, de 2,1 milliards de dollars.

Les révisions cumulatives du taux de croissance nominal (-0,4 point de pourcentage) et du taux de croissance réel (-0,5 point) calculées pour 2007 sont importantes. Plus de la moitié de ces révisions cumulatives est attribuable au cycle de révision le plus récent durant lequel les comptes des revenus et dépenses ont été étalonnés en fonction des tableaux d'entrées-sorties de 2007.

Le tableau 4 donne les révisions de la croissance du PIB nominal et réel. Pour 2007, les valeurs du PIB nominal et du PIB réel ont toutes deux été rajustées à la baisse de 0,3 point de pourcentage. Cette révision du PIB est la plus importante enregistrée dans le présent cycle de révision et est élevée selon les normes historiques.

En 2007, le PIB réel trimestriel a fait l'objet d'une révision à la baisse de 0,3 point de pourcentage au premier trimestre et de 0,2 point de pourcentage au deuxième trimestre, et d'une révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage au troisième trimestre et de 0,2 point de pourcentage au quatrième trimestre. Ces révisions ont modifié la tendance trimestrielle en 2007 pour passer d'une décélération assez prononcée de la croissance du PIB réel au cours de l'année à une décélération plus progressive.

Graphique 3 Révisions du PIB réel en 2007 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)
Description pour le Graphique 3
Graphique 3 Révisions du PIB réel en 2007 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)

Révisions du PIB pour l'année de référence 2008

Le niveau du PIB nominal de 2008 a fait l'objet d'une révision à la baisse (-0,5 milliard de dollars). Bien que la révision au niveau du PIB ait été légère, des révisions importantes ont été apportées à diverses composantes du PIB.

Les estimations pour l'année de référence 2008 représentent la deuxième fois que les données de 2008 ont été soumises au cycle annuel de révision. À cette étape, les révisions des diverses composantes du PIB peuvent être considérables, car un certain nombre de données repères sont introduites dans les comptes des revenus et dépenses. Les données sur le revenu d'emploi (dossiers T4) de l'Agence du revenu du Canada ainsi que les données à jour sur les pensions tirées du recensement des régimes de pension au Canada sont utilisées pour réviser les estimations du revenu du travail. Les données révisées de l'Enquête sur dépenses en immobilisations servent à mettre à jour les estimations de la formation brute de capital fixe des entreprises et des administrations publiques. Des estimations découlant d'un certain nombre d'enquêtes annuelles auprès des entreprises sont utilisées pour mettre à jour les composantes telles que les dépenses personnelles en biens et services et les investissements en stocks des entreprises.

La révision globale du niveau du PIB de 2008 est faible par comparaison aux normes historiques. La révision moyenne absolue du niveau du PIB nominal de 2002 à 20072 entre le premier et le deuxième cycle de révision était de 2,8 milliards de dollars, chiffre nettement plus élevé que celui de 0,5 milliard de dollars enregistré pour 2008 durant ce cycle de révision.

Même si le niveau du PIB n'a pas varié considérablement, la croissance du PIB nominal a été révisée de 0,2 point de pourcentage à la hausse. Nombre des révisions à la baisse du niveau du PIB en 2007 n'ont pas été observées quand les données de base nouvelles et révisées pour 2008 étaient intégrées, ce qui a donné lieu à une révision à la hausse du taux de croissance de 2008.

La croissance du PIB réel a, elle aussi, été révisée à la hausse, soit de 0,1 point de pourcentage, résultat en harmonie avec le taux de croissance nominal. Sur une base trimestrielle, la tendance du PIB réel est demeurée la même, c'est-à-dire une diminution du PIB au premier trimestre, une légère croissance aux deuxième et troisième trimestres, et un recul important au quatrième trimestre.

Graphique 4 Révisions du PIB réel en 2008 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)
Description pour le Graphique 4
Graphique 4 Révisions du PIB réel en 2008 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)

Révisions du PIB pour l'année de référence 2009

En 2009, le niveau du PIB a été révisé à la baisse d'une valeur de 0,4 milliard de dollars. Les révisions à la baisse du revenu du travail et du revenu net des entreprises individuelles calculées en 2008 ont été reportées à l'année 2009. Ces révisions à la baisse ont été compensées par les révisions à la hausse de l'excédent d'exploitation, des dépenses courantes des administrations publiques en biens et services, ainsi que des dépenses personnelles en biens et services.

La croissance du PIB nominal n'a pas varié en 2009 par comparaison aux estimations publiées antérieurement. Pour quatre des huit dernières années, le premier cycle de révision des données n'a donné lieu à aucune révision de la croissance du PIB. En général, les révisions des estimations effectuées durant le premier cycle ne sont pas importantes. Alors que les variations du niveau du PIB peuvent être considérables, la révision de la croissance du PIB n'est généralement pas grande, car peu de nouvelles données sont disponibles.
La tendance trimestrielle est demeurée semblable à celle des estimations publiées antérieurement, à savoir d'importantes diminutions du PIB durant les deux premiers trimestres de l'année, une légère augmentation au troisième trimestre et une forte croissance au quatrième trimestre.

Graphique 5 Révisions du PIB réel en 2009 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)
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Graphique 5 Révisions du PIB réel en 2009 selon le trimestre (estimations courantes et précédentes)

Révisions des agrégats de revenus

Les estimations des salaires, traitements et revenus supplémentaires du travail font l'objet d'une révision à la baisse de 4,5 milliards de dollars en 2008 et en 2009. Les estimations pour 2006 et 2007 demeurent inchangées. Les révisions de 2008 reflètent les données provenant du fichier de données administratives T4, ainsi que d'autres sources de données repères. En 2008, la majorité de la révision de 4,5 milliards de dollars a pour origine la révision à la baisse des estimations des traitements et salaires dans les industries de services. Le taux de croissance de 2008 des salaires, des traitements et du revenu supplémentaire du travail a été révisé à la baisse, pour passer de 4,9 % à 4,3 %. Cette révision à la baisse apportée pour 2008 est reportée à l'année 2009, laissant le taux de croissance de 2009 inchangé.

Dans le SCNC, l'excédent est défini comme le revenu que les sociétés tirent de leurs propres activités de production, soit la valeur ajoutée aux prix de base moins la rémunération des salariés, moins les impôts sur la production payables, plus les subventions reçues. Il représente le dernier solde comptable dans les tableaux d'entrées-sorties et il est calculé pour chaque industrie. Dans le cadre de l'étalonnage annuel d'après les tableaux d'entrées-sorties, les estimations de l'excédent sont produites en intégrant dans le cadre des entrées-sorties les données des dernières enquêtes annuelles auprès des entreprises et des établissements, ainsi que diverses données administratives. Une fois ces estimations repères calculées, les révisions sont intégrées aux comptes des revenus et dépenses. Dans ces comptes, l'excédent comprend les composantes suivantes du revenu : bénéfices des sociétés avant impôts, intérêts et revenus divers de placements, bénéfices des entreprises publiques avant impôts, ajustement de la valeur des stocks et provisions pour consommation de capital.

L'excédent a fait l'objet d'une révision à la hausse de 0,8 milliard de dollars pour 2006 et à la baisse de 3,5 milliards de dollars pour 2007. Il est rajusté à la hausse d'une valeur de 6,2 milliards de dollars en 2008 et de 2,9 milliards de dollars en 2009. Les révisions de 2006 et 2007 reflètent principalement les estimations révisées calculées pour les industries minières et manufacturières ayant pour origine les tableaux d'entrées-sorties. Le tableau 1 montre les révisions de l'excédent pour la période allant de 2006 à 2009, ainsi que la répartition de la révision entre les diverses composantes du revenu.

Les estimations des bénéfices des sociétés avant impôts ont été révisées à la hausse en 2006, à la baisse en 2007 et à la hausse en 2008 et en 2009. Les révisions sont d'une importance moyenne si l'on s'en tient aux normes historiques, la révision absolue moyenne pour le présent cycle de révision demeurant de l'ordre de 2,1 milliards de dollars. Les nouvelles estimations des Statistiques financières et fiscales provisoires des entreprises, y compris les annexes de l'Index général des renseignements financiers (IGRF) et les autres sources annuelles, ont été intégrées pour 2008. Les estimations de 2009 sont fondées sur les estimations révisées tirées des Statistiques financières trimestrielles des entreprises.

Les bénéfices des entreprises publiques ont été révisés chacune des quatre années du cycle de révision. La révision la plus importante a été celle calculée pour 2008, quand les estimations ont fait l'objet d'une révision à la hausse de 0,8 milliard de dollars. Les révisions reflètent les nouvelles données provenant des états des résultats et des bilans des entreprises publiques.

Les intérêts et revenus divers de placements ont été révisés à la baisse en 2006 et en 2007, à la hausse en 2008, et à la baisse en 2009. Une part importante des révisions apportées en 2008 et en 2009 résulte d'un report des recettes des administrations publiques provenant des redevances. Les recettes des administrations publiques provenant des redevances sont inscrites dans les comptes nationaux selon la méthode de comptabilité d'exercice. Les estimations révisées reflètent davantage la période durant laquelle les redevances ont été gagnées que celle durant laquelle elles ont été perçues.

Les provisions pour consommation de capital n'ont presque pas changé pour 2006 et ont été révisées à la hausse pour 2007, 2008 et 2009. Les importantes révisions à la hausse effectuées en 2008 et en 2009 sont dues aux estimations révisées de la valeur des actifs non financiers des administrations publiques introduites dans les comptes du bilan national l'année dernière. Ces estimations se sont traduites par des niveaux plus élevés des provisions pour consommation de capital des administrations publiques durant le cycle de révision courant. Les données mises à jour des déclarations de revenus annuelles des sociétés, ainsi que les estimations additionnelles de la dépréciation tirées du modèle de l'inventaire permanent de la Division de l'investissement et du stock de capital ont également été à l'origine de ces révisions.

Des révisions minimes ont été apportées à l'ajustement de la valeur des stocks en 2006 (-29,0 millions de dollars), des révisions à la baisse ont été apportées en 2007 (-498,0 millions de dollars), en 2008 (-129,0 millions de dollars) et en 2009 (-445,0 millions de dollars).

Le revenu comptable net des exploitants agricoles provenant de la production agricole est demeuré presque inchangé en 2006 et en 2007, tandis que des révisions à la hausse plus importantes ont été apportées pour 2008 et 2009. Les révisions découlent de l'intégration des estimations à réviser des recettes monétaires agricoles calculées d'après diverses enquêtes sur l'agriculture réalisées par Statistique Canada, ainsi que de l'intégration de données administratives fournies par Agriculture et Agroalimentaire Canada, la Commission canadienne du blé et d'autres offices de commercialisation et de réglementation. Les révisions des dépenses d'exploitation agricole reflètent l'intégration des dernières estimations provenant du Programme des données fiscales.

Le revenu net des entreprises individuelles non agricoles a été révisé à la baisse en 2008 et en 2009. Ces révisions à la baisse découlent de l'intégration des estimations calculées d'après les fichiers de données administratives T1 (déclarations de revenus des particuliers).

Les estimations trimestrielles provisoires du revenu net des entreprises individuelles non agricoles sont calculées en se servant de divers indicateurs, tels que la croissance des dépenses personnelles en biens et services, la croissance du PIB par industrie, et la croissance des salaires et traitements par industrie. Ces indicateurs ont eu tendance à surestimer le revenu net des entreprises individuelles non agricoles en 2008 et en 2009. En outre, au cours des dernières années, un certain nombre d'entreprises individuelles dans les secteurs des services juridiques, médicaux et comptables ont été constituées en sociétés, si bien que cette activité s'est déplacée du secteur des particuliers et des entreprises individuelles au secteur des sociétés. Ce changement structurel, qui est devenu manifeste au moment de l'examen des données administratives T1, est mesuré difficilement par le système d'estimations trimestrielles.

Les estimations des impôts sur les facteurs de production moins les subventions sont révisées à la hausse pour 2008 et 2009. Les impôts sur les produits moins les subventions sont révisés à la hausse pour 2006 à 2009 inclusivement. Les révisions des données sur les impôts ainsi que sur les subventions reflètent les nouveaux comptes publics et d'autres données financières pour les divers sous-secteurs de l'administration publique.

Révisions des agrégats des dépenses aux prix courants

Tableau 6 Révisions aux agrégats des dépenses

Les estimations des dépenses personnelles en biens et services de consommation font l'objet d'une révision à la hausse de 0,5 milliard de dollars en 2006 et de 0,7 milliard de dollars en 2007, d'une révision à la baisse de 0,9 milliard de dollars en 2008 et d'une révision à la hausse de 2,0 milliards de dollars en 2009. Les révisions apportées pour 2006 et 2007 découlent des tableaux d'entrées-sorties. Celles pour 2008 reflètent les résultats révisés de l'Enquête trimestrielle sur les marchandises vendues au détail, de l'Enquête annuelle sur le commerce de détail et de l'Enquête annuelle sur les industries de services, ainsi que les données des fichiers de la taxe sur les produits et services et d'autres fichiers de données administratives.

Les estimations révisées de la valeur des véhicules automobiles neufs et d'occasion (nette) sont le principal déterminant de la révision à la hausse des dépenses personnelles en biens et services de consommation tout au long du cycle de révision de quatre ans.

L'importante révision à la hausse de la valeur des achats de véhicules automobiles et de camions par les ménages en 2009 résulte d'une réaffectation des achats de véhicules automobiles neufs du secteur des entreprises au secteur des ménages. L'estimation originale de l'investissement des entreprises en automobiles et en camions a été réduite; les achats sont maintenant comptabilisés comme ayant été effectués par le secteur des ménages et sont par conséquent inclus dans les dépenses personnelles en biens de consommation.

Les changements apportés aux estimations des dépenses courantes des administrations publiques en biens et services sont les suivants : 0,5 milliard de dollars en 2006, -1,2 milliard de dollars en 2007, 0,7 milliard de dollars en 2008 et 2,1 milliards de dollars en 2009. Ces révisions reflètent les nouvelles données issues du système de comptabilité de l'administration fédérale et des comptes publics provinciaux, ainsi que les données les plus récentes des administrations publiques locales. Les résultats d'enquête fournis pour 2007 par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) et ceux figurant dans les documents de recherche de Culture, Tourisme et Centre de la statistique de l'éducation sont également intégrés et reportés à 2009. Les dépenses courantes des administrations publiques provinciales et locales ont été révisées à la hausse pour 2008 et 2009, tandis que les dépenses de l'administration fédérale ont été révisées à la baisse.

Les estimations de la formation brute de capital fixe des administrations publiques ont fait l'objet d'une révision à la hausse en 2006 et en 2007, suivie par une révision à la baisse importante en 2008 (-2,4 milliards de dollars) et en 2009 (1,5 milliard de dollars). Ces révisions ont modifié la tendance des investissements des administrations publiques observée de 2007 à 2009. La tendance originale révélait une croissance des investissements d'environ 20 % de 2007 à 2008 et de 18 % supplémentaires de 2008 à 2009. Les estimations révisées indiquent maintenant une croissance des investissements des administrations publiques de 12 % en 2008 et de 16 % en 2009.

Les investissements des administrations publiques en stocks n'ont pas été révisés.

L'estimation de la formation brute de capital fixe des entreprises n'a subi que de faibles révisions pour 2006 et 2007. La révision calculée pour 2008, importante si l'on s'en tient aux données historiques, a également donné lieu à une variation importante de la composition de l'investissement estimé pour 2008. La valeur de l'investissement en ouvrages non résidentiels a fait l'objet d'une révision à la hausse de 7,2 milliards de dollars. Une partie de ce montant a été compensée par une révision à la baisse de l'investissement des entreprises en machines et matériel (-1,9 milliard de dollars), ainsi qu'une révision à la baisse de la formation brute de capital fixe des administrations publiques. Le taux de croissance de l'investissement en ouvrages non résidentiels en 2008 a fait l'objet d'une révision à la hausse de 8,0 points de pourcentage.

L'investissement des entreprises en bâtiments résidentiels, principalement les estimations des améliorations et modifications et des coûts de transfert de propriété, a également été révisé à la hausse en 2008 et en 2009. Ces données tiennent maintenant compte des données les plus récentes tirées de l'Enquête sur les dépenses des ménages et de l'Enquête annuelle sur les industries de services : agents et courtiers en immeubles, évaluateurs de biens immobiliers et autres activités liées à l'immobilier. La plupart des révisions de 2008 ont été reportées en 2009.

L'investissement des entreprises en machines et matériel en 2009 a fait l'objet d'une révision à la baisse de 3,0 milliards de dollars. Comme il est mentionné plus haut, la réaffectation des achats de véhicules automobiles neufs au secteur des ménages explique une part importante de ce chiffre. En outre, une révision à la baisse importante de l'estimation de l'investissement en matériel de télécommunications découlant des tableaux d'entrées-sorties de 2007 a été reportée à 2008 et à 2009. Dans l'ensemble, l'investissement des entreprises en bâtiments et en matériel a été révisé à la baisse d'une valeur de 1,0 milliards de dollars en 2009.

Une grande part des révisions des estimations de 2008 et de 2009 de la formation brute de capital fixe des administrations publiques et des entreprises découlent de l'intégration des estimations calculées d'après l'Enquête sur dépenses en immobilisations. Les comptes des revenus et dépenses de 2008 tiennent maintenant compte des données révisées de l'investissement en 2008 tirées de cette enquête, tandis que les comptes des revenus et dépenses de 2009 concordent maintenant de près avec les estimations provisoires des investissements privés et publics calculés pour 2009.

Les révisions des investissements des entreprises non agricoles en stocks sont fondées sur de nouvelles données provenant des enquêtes annuelles les plus récentes. Les révisions à la baisse des données de 2006 et de 2007 reflètent les résultats du processus de mise en équilibre des biens et services qui fait partie intégrante de la production des comptes d'entrées-sorties au moyen desquels les comptes des revenus et dépenses sont étalonnés. La révision à la baisse pour 2008 rend compte de l'intégration des résultats des enquêtes annuelles les plus récentes sur les industries de la fabrication, du commerce de gros et du commerce de détail. La majorité des révisions apportées pour 2006, 2007 et 2008 sont attribuables aux industries du commerce de gros et de détail.

Les exportations en dollars courants sont révisées à la baisse en 2006, et à la hausse en 2007, en 2008 et en 2009. Les révisions des exportations de biens sont minimes, tandis que celles des exportations de services sont importantes en 2008 et en 2009. Les exportations de services ont fait l'objet d'une révision à la hausse de 1,6 milliard de dollars en 2008 et de 0,5 milliard de dollars en 2009. Ces révisions à la hausse sont dues presque entièrement à la révision des estimations des exportations de services commerciaux.

Les importations en dollars courants ont fait l'objet d'une légère révision à la baisse en 2006 et d'une révision à la hausse chaque année de 2007 à 2009. Les importations de biens et services, tels que les produits énergétiques, les biens industriels, les services de transport et les services commerciaux, ont toutes été révisées au cours de la période de révision.

Tableaux de données

 


Notes

  1. La révision cumulative représente la différence entre les estimations initiale et finale du niveau du PIB.
  2. L'année 2001 est exclue de la présente analyse, parce que des changements conceptuels importants, comportant l'intégration de la capitalisation des logiciels dans le Système de comptabilité nationale ont été apportés au SCNC cette année-là. Ces changements se sont traduits par une augmentation du niveau du PIB.
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