Les révisions de 1981 à 2012 des Comptes des revenus et dépenses

Le présent article fait état des révisions des Comptes du produit intérieur brut en termes de revenus et de dépenses pour la période de 1981 à 2012. C'est la première fois que ces comptes sont révisés dans le cadre de la nouvelle politique de révision du Système canadien des comptes macroéconomiques (SCCM). Pour plus de renseignements sur la politique, voir l'article « Un aperçu des révisions planifiées à venir du Système canadien des comptes macroéconomiques » dans la publication Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens.

Le SCCM fait régulièrement l'objet de révisions statistiques, conceptuelles et méthodologiques. Les révisions conceptuelles et méthodologiques sont moins fréquentes que les révisions statistiques. Les révisions pour la période allant de 1981 à 2012 des Comptes du produit intérieur brut en termes de revenus et de dépenses ne comprennent pas de révisions conceptuelles et ne comportent qu'une révision méthodologique. La majorité des révisions sont de nature statistique.

Les révisions statistiques au PIB rendent compte de l'inclusion des sources de données les plus à jour, y compris les résultats d'enquête, les données administratives, les comptes publics et les tableaux d'entrées-sorties. Ces tableaux intègrent des sources de données de la plus haute qualité à Statistique Canada dans un cadre comptable rigoureux et détaillé. Ils représentent donc le système de comptabilité le plus détaillé et cohérent pour la structure de l'économie canadienne et sont considérés comme les repères les plus précis auxquels rattacher les estimations dans le SCCM. Dans le cadre de la présente diffusion, les données des tableaux d'entrées-sorties (révisés en 2009 et mis à jour en 2010) ont été intégrées dans les Comptes du PIB en termes de revenus et de dépenses. Les nouvelles données repères (découlant des enquêtes annuelles et des données administratives) sont intégrées pour les périodes les plus récentes (2011 et 2012).

Le présent article décrit et explique les révisions. Il porte sur les révisions du produit intérieur brut annuel et trimestriel, tant sur une base nominale que réelle. Il examine en outre les révisions apportées aux diverses composantes du produit intérieur brut, en mettant l'accent sur la période allant de 2009 à 2012, pendant laquelle la majorité d'entre elles ont eu lieu.

Révisions du PIB annuel

Révisions du PIB nominal

Sur une base nominale, le taux de croissance annuel moyen du PIB pour la période allant de 1982 à 2008 est demeuré à 5,7 %. Pour la période allant de 2009 à 2012, le taux de croissance a été révisé à la hausse en 2009 et 2012 et à la baisse tant en 2010 qu'en 2011. Les révisions de 2010 et 2012 sont importantes selon les normes historiques. La révision à la baisse en 2010 a été principalement attribuable à une diminution de la croissance des investissements des entreprises en machines et matériel et des dépenses de consommation finale des administrations publiques. La révision à la hausse en 2012 était principalement attribuable à une augmentation du taux de croissance des investissements dans les bâtiments non résidentiels et des stocks des entreprises.

Révisions du PIB réel

Pour la période allant de 1982 à 2008, il n'y a eu aucune révision du taux de croissance annuel moyen du PIB réel. Pour la période allant de 2009 à 2012, la révision la plus élevée a eu lieu en 2010, année au cours de laquelle la croissance annuelle du PIB réel a été révisée pour passer de 3,2 % à 3,4 %, soit une hausse de 0,2 point de pourcentage.  Les augmentations de 2009, 2011 et  2012 étaient moins prononcées, l'année 2009 ayant été révisée à la hausse de 0,1 point de pourcentage et tant 2011 que 2012 ayant été révisées à la baisse de 0,1 point de pourcentage.

Révisions du PIB trimestriel

Le taux de croissance trimestriel moyen du PIB réel au cours de la période allant de 1981 à 2008 est demeuré inchangé, à 0,6 % (voir le tableau 4). Les taux de croissance trimestriels moyens pour la période allant de 2009 à 2012 ont également peu changé.

 

Révisions des comptes du PIB en termes de revenus et de dépenses

1981 à 2008

Pour la période allant de 1981 à 2008, la révision la plus importante du compte du PIB en termes de revenus et de dépenses a été attribuable à l'intégration d'estimations révisées de la consommation de capital fixe pour le secteur des administrations publiques. En décembre 2012, de nouvelles estimations du programme des flux et stocks de capital fixe de Statistique Canada ont été diffusées pour la période allant de 1961 à 2012. Ces nouvelles estimations étaient le résultat de révisions de la consommation de capital fixe par les administrations publiques. Les estimations révisées ont été intégrées dans le SCCM pour la période de 1981 à aujourd'hui.

La consommation de capital fixe des administrations publiques correspond à l'excédent brut d'exploitation des administrations publiques dans le compte du PIB en termes de revenus et à une partie des dépenses de consommation finale des administrations publiques dans le compte du PIB en termes de dépenses. Ainsi, cette révision a contribué à faire augmenter le niveau global du PIB pour l'ensemble de la période. Les répercussions sur les taux de croissance trimestriels et annuels du PIB ont été minimes.

La consommation de capital fixe des sociétés a également été révisée pour la période allant de 1981 à 2008 afin de la faire correspondre à l'information la plus récente du programme des flux et stocks de capital pour le secteur des sociétés. Bien que ces révisions n'aient pas modifié le niveau du produit intérieur brut, elles ont néanmoins changé le niveau du produit intérieur net du Canada. Le produit intérieur net représente le revenu généré à partir de la production après avoir pris en compte le revenu qui doit être réservé en vue de remplacer le capital utilisé dans le processus de production. De 1981 à 1998, le produit intérieur net a été généralement révisé à la hausse, alors que pour la période de 1999 à 2008, il a été en règle générale révisé à la baisse.

Les estimations révisées de certaines dépenses des ménages ont été intégrées pour la période allant de 1981 à 2012. Au moment de la compilation des tableaux d'entrées-sorties pour 2009 et 2010, il a été déterminé que quelques séries (comme celles des dépenses en éducation et du fonctionnement du matériel de transport) étaient sous-estimées. De nouveaux repères ont été établis et le niveau a été révisé rétroactivement pour l'ensemble de la série chronologique.

Dans le cadre du SCCM, on a aussi amélioré l'indice de prix servant à déflater la recherche et développement pour compte propre. Dans la version précédente du SCCM, la recherche et développement pour compte propre étaient déflatée au moyen des prix des facteurs (comme les salaires et traitements) pour le secteur des services professionnels et scientifiques. La nouvelle méthodologie utilise une moyenne pondérée des salaires et traitements des chercheurs dans les industries où la production pour compte propre a lieu. Par exemple, la recherche et développement pour compte propre dans le secteur de la fabrication est déflatée au moyen des salaires et traitements des chercheurs du secteur de la fabrication (plutôt que des salaires et traitements des chercheurs de l'industrie des services professionnels et scientifiques). Cela permet une meilleure correspondance entre la valeur nominale et la valeur réelle de la recherche et développement pour compte propre. En général, cela n'a pas modifié la croissance trimestrielle et annuelle du PIB, sauf à la fin des années 1990 et au début des années 2000, où les salaires et traitements des chercheurs ont connu des changements importants.

2009 à 2012

Pour la période allant de 2009 à 2012, les révisions étaient principalement attribuables aux nouveaux repères des entrées-sorties et à l'intégration de nouvelles données de source.

Les révisions des composantes du compte du PIB en termes de revenus figurent dans le tableau 5. La rémunération des salariés a peu changé en 2009 et 2010. L'intégration d'estimations de la rémunération des salariés fondées sur des données fiscales, a donné lieu à une augmentation de 4,5 milliards de dollars en 2011 et à une autre hausse de 6,9 milliards de dollars du niveau en 2012.

Les estimations de l'excédent d'exploitation ont été plus élevées en 2009 et 2010, en raison des nouveaux repères du système d'entrées-sorties en 2009 et 2010. L'intégration d'estimations de l'excédent d'exploitation du secteur des sociétés à partir de données fiscales a réduit l'estimation en 2011.

Les révisions au revenu mixte brut étaient principalement attribuables à l'intégration de nouvelles données de l'Agence du revenu du Canada.

Le tableau 6 présente un sommaire des changements du compte du PIB en termes de dépenses. La consommation finale des ménages a été révisée à la hausse pour toutes les années de la période allant de 2009 à 2012.

Les dépenses de consommation finale des administrations publiques ont été révisées à la baisse pour toutes les années de la période allant de 2009 à 2012. Cela est dû aux nouveaux repères des entrées-sorties en 2009 et 2010, qui ont été appliqués à 2011 et 2012. De nouvelles données des comptes publics pour les administrations provinciales, territoriales et locales sont devenues disponibles, ce qui a entraîné la plus grande part de la révision.

Les dépenses finales des institutions sans but lucratif au service des ménages ont été révisées à la baisse, en raison de l'intégration de nouveaux repères fiscaux. De façon plus particulière, les estimations des salaires et traitements versés par les institutions sans but lucratif au service des ménages ont diminué en 2009, 2010 et 2011. L'estimation initiale était fondée sur les taux de croissance du secteur sans but lucratif estimés dans le cadre de l'Enquête sur l'emploi, la rémunération et les heures de travail. L'estimation révisée est calculée directement à partir de dossiers de données administratives, qui représentent un recensement des salaires et traitements réels que versent les institutions sans but lucratif au service des ménages à leurs employés.

La formation brute de capital fixe des entreprises a été revue à la baisse de 2,0 milliards de dollars en 2009, lorsque les estimations finales des données sur les investissements en capital sont devenues disponibles à partir des tableaux d'entrées-sorties. Les révisions ont été moins importantes en 2010, 2011 et 2012. En 2011, on a révisé de façon importante le type d'investissements, les achats de machines et matériel ayant été révisés à la baisse et ceux de bâtiments non résidentiels, à la hausse.

La formation brute de capital fixe des administrations publiques a été révisée à la baisse en 2011, soit de 2,5 milliards de dollars, puis à la hausse en 2012, soit de 2,5 milliards de dollars, par suite de l'intégration des nouvelles données de l'enquête sur les dépenses en immobilisations et réparations diffusées en février 2013.

Les stocks des entreprises ont connu une révision importante à la hausse en 2011 (+6,3 milliards de dollars), en raison des nouvelles données de l'Enquête annuelle des manufactures, de l'Enquête annuelle sur le commerce de gros et de l'Enquête annuelle sur le commerce de détail.

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