Les révisions de 2011 à 2013 des Comptes des revenus et dépenses

Introduction

Le présent article fait état des révisions des Comptes du produit intérieur brut en termes de revenus et de dépenses pour la période de 2011 à 2013. Ces données sont  diffusées en même temps que celles des comptes économiques provinciaux et territoriaux pour l’année 2013, qui  comprennent les révisions pour la période de 2011 à 2012.

Les deux premiers trimestres de 2014 sont également révisés. Cependant, comme ces estimations continueront d’être révisées durant les cycles à venir dans le cadre de notre pratique habituelle de révision, elles ne feront pas partie de l’analyse dans le présent article.

Processus de révision

 Les estimations des Comptes du produit intérieur brut en termes de revenus et de dépenses peuvent  faire  l’objet de trois types de révisions. Les révisions du premier type concernent l’intégration du dernier repère des tableaux d'entrées-sorties. Les révisions du deuxième type concernent l’intégration des données des dernières enquêtes annuelles et des données administratives. Finalement, les révisions du troisième type, qui sont effectuées moins fréquemment, font référence à l’intégration de nouveaux concepts, méthodes, normes comptables et systèmes de classification.

Les révisions de 2011 à 2013 des Comptes du produit intérieur brut en termes de revenus et de dépenses ne comportent que les deux premiers types de révisions. En général, ces deux premiers types de révisions,  qui sont de nature statistique, sont effectués chaque année et ont des répercussions uniquement sur les trois dernières années des séries chronologiques.

Les révisions statistiques au produit intérieur brut (PIB) rendent compte de l’inclusion des sources de données les plus à jour, y compris les résultats d’enquête, les données administratives, les comptes publics et les tableaux annuels des entrées-sorties. Ces tableaux intègrent dans un cadre comptable rigoureux et détaillé les sources de données de la plus haute qualité qui sont disponibles à Statistique Canada. Ils représentent donc le système de comptabilité le plus détaillé et cohérent sur la structure de l’économie canadienne et ils sont considérés comme les repères les plus précis auxquels rattacher les estimations. Dans le cadre de la présente diffusion, les nouvelles valeurs repères des tableaux d’entrées-sorties pour l’année de référence 2011 ont été intégrées dans les Comptes du PIB en termes de revenus et de dépenses. De nouvelles données repères (découlant des enquêtes annuelles et des données administratives) sont également intégrées pour les deux dernières années (2012 et 2013).

Le présent article décrit et explique brièvement l’impact des révisions de 2011 à 2013 sur le PIB annuel et trimestriel, tant sur une base nominale que réelle. Il examine aussi les révisions apportées aux diverses composantes du PIB en termes de revenus et de dépenses.

Révisions de la croissance du PIB nominal

La révision  du taux de croissance annuel du PIB nominal fait augmenter légèrement l'estimation de 0,1 point de pourcentage en 2012, pendant qu’elle laisse l’estimation en 2013 inchangée. Cependant, la plus importante révision annuelle au cours de la période de trois ans s'est produite en 2011, la croissance du PIB nominal ayant fait l'objet d'une révision à la hausse de 0,7 point de pourcentage. Ceci découle de la prise en compte des nouvelles données repères des tableaux des entrées-sorties de 2011. Plus précisément, la révision s’explique principalement par les estimations révisées de l’excédent d’exploitation brut  qui  sont significativement plus élevées que les estimations précédentes.

Pour  la période allant de 2011 à 2013, la révision absolue moyenne en points de pourcentage du taux de croissance annuel du PIB nominal a été de 0,3 points de pourcentage (voir le tableau 1).

Sur la base trimestrielle, les révisions des taux de croissance du PIB nominal ont entraîné peu de changement par rapport aux estimations précédentes, à l’exception du premier trimestre de 2011. Pour ce trimestre particulier, le taux de croissance du PIB nominal a été révisé à la hausse de 0,5 point de pourcentage, en raison principalement de l’incorporation des nouvelles données repères des tableaux des entrées-sorties de 2011.

L'ampleur des révisions pour les 11 autres trimestres couverts par la période de révision a oscillé entre une révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage et une révision à la baisse de 0,1 point. Ces révisions correspondent aux moyennes historiques. Dans l’ensemble, cinq trimestres connaissent des révisions à la hausse, trois trimestres enregistrent des révisions à la baisse, et quatre trimestres demeurent inchangés. Sur la période de révision, la tendance trimestrielle est demeurée semblable à celle des estimations publiées antérieurement.

Révisions de la croissance du PIB réel

La croissance annuelle du PIB réel a été révisée à la hausse de 0,5 point de pourcentage en 2011 et de 0,2 point de pourcentage en 2012. Pour l’année 2013, le taux de croissance annuel du PIB réel n’a fait l’objet d’aucune révision.

Graphique 1 Révisions du produit intérieur brut réel selon l'année, dollars enchaînés (2007)

Description du graphique 1

La révision absolue moyenne en points de pourcentage du taux de croissance annuel du PIB réel pour la période de révision de 2011 à 2013 a été de 0,2 (voir le tableau 2).

En raison des effets de composition, les indices agrégés de prix en chaîne ont connu des révisions à la hausse de 0,2 point de pourcentage en 2011 et à la baisse de 0,2 point en 2012.  Par contre, les prix n’ont presque pas varié en 2013 par comparaison aux estimations publiées antérieurement.

Sur la base trimestrielle, la trajectoire du PIB réel entre 2011 et 2013 a légèrement changé comparativement aux estimations publiées auparavant (voir graphique 2).

Graphique 2 Révisions du produit intérieur brut réel selon le trimestre, dollars enchaînés (2007)

Description du graphique 2

Les taux de croissance trimestriels du PIB réel en 2011 ont été plus élevés par rapport aux estimations précédentes — le taux a été révisé à la hausse de 0,3 point de pourcentage au premier trimestre , de 0,2 point de pourcentage au deuxième trimestre et de 0,1 point de pourcentage  au cours de chacun des deux derniers trimestres.

En 2012,  les estimations pour les quatre trimestres étaient demeurées inchangées.

En 2013, la croissance trimestrielle du PIB réel a fait l'objet d'une révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage au premier trimestre, alors que les estimations pour les trois derniers trimestres étaient demeurées inchangées.

Dans l’ensemble, la révision absolue moyenne en points de pourcentage du taux de croissance trimestriel du PIB réel pour la période de révision a été de 0,1.

Révisions du niveau du PIB annuel

Pour la période allant de 2011 à 2013, les révisions des comptes du PIB en termes de revenus et de dépenses étaient principalement attribuables aux nouveaux repères des entrées-sorties pour l’année de référence 2011 et à l’intégration de  données source plus à jour.

Ces révisions statistiques ont donné lieu à un mouvement à la hausse du niveau du PIB pour la période de révision. Dans l’ensemble, le niveau du PIB nominal a été révisé à la hausse de 10 milliards de dollars en 2011, de 11,3 milliards de dollars en 2012 et de 12,6 milliards de dollars en 2013, ce qui représente respectivement des hausses de 0,6  %, 0,6 % et 0,7 % par rapport aux valeurs du PIB estimées précédemment.

Au cours de chacune de ces trois années, des révisions importantes ont été apportées à diverses composantes du PIB. Les principaux déterminants sont dus à des hausses de la valeur de l’excédent d’exploitation brut du côté des revenus et de la formation brute de capital fixe des entreprises du côté des dépenses, puisque les tableaux d’entrées-sorties exploitent les données détaillées qui sont contenues dans les enquêtes entreprises annuelles et les estimations finales de l’enquête sur les dépenses en immobilisations.

Révisions des composantes du compte du PIB en termes de revenus

Le tableau 5 présente l'effet des révisions des composantes du compte du PIB en termes de revenus.

La principale source des révisions pour les trois années est la révision de la valeur de l’excédent d’exploitation brut. Celle-ci a été rajustée à la hausse de 9,6 milliards de dollars en 2011,  de 10,8 milliards de dollars en 2012 et de 12,9 milliards de dollars en 2013. Ces révisions importantes reflètent principalement les nouveaux repères du système d’entrées-sorties en 2011et l’intégration d’estimations de l’excédent d’exploitation du secteur des sociétés financières et non financières fondées sur les données fiscales de 2012. L’estimation de la consommation de capital fixe pour les administrations publiques et institutions sans but lucratif au service des ménages est demeurée inchangée, pendant que celle des sociétés a été légèrement révisée à la baisse en 2012 et 2013.

Le  revenu mixte brut a fait l'objet d’une révision à la baisse de 0,9 milliard de dollars en  2011, de 2,1 milliards de dollars en 2012 et de 3,1 milliards de dollars en 2013. Ces révisions à la baisse étaient principalement attribuables à l’intégration de nouvelles données de l’Agence du revenu du Canada.

L’intégration d’estimations de la rémunération des salariés fondées sur des données fiscales pour 2011 et 2012, a entrainé un ajustement à la hausse du niveau de la rémunération des salariés pour chacune des trois années de révision. Les niveaux pour 2011, 2012 et 2013 sont révisés à la hausse de 1,4 milliards de dollars, de 2,8 milliards de dollars et de 3 milliards de dollars, respectivement.

Révisions des composantes du compte du PIB en termes de dépenses

Le tableau 6 présente un sommaire des révisions des principales composantes du compte du PIB en termes de dépenses. Les estimations relatives aux dépenses de consommation finale des ménages ont fait l’objet d’une légère révision à la baisse en 2011 et en 2012, et d’une révision à la hausse en 2013.  Lors de chacune des trois années, les dépenses en biens ont été ajustées à la baisse, alors que les dépenses en services ont été revues à la hausse.

Les dépenses de consommation finale des administrations publiques ont été plus élevées d’environ 1 milliard de dollars au cours de chacune des trois années de révision, par rapport aux estimations publiées antérieurement. Ces révisions rendent compte de nouvelles données provenant des nouveaux repères des entrées-sorties de 2011 ainsi que de nouvelles données des comptes publics pour les administrations provinciales, territoriales et locales.

Les dépenses finales des institutions sans but lucratif au service des ménages ont été révisées à la hausse par environ 1,3 milliard de dollars lors de chacune des trois dernières années (2011 à 2013).  Ces révisions reflètent les nouveaux repères fiscaux.

La formation brute de capital fixe des entreprises a fait l'objet de révisions à la hausse pour toutes les années de la période de 2011 à 2013. Les révisions les plus importantes ont lieu surtout  en  2012 (+8,4 milliards de dollars) et en 2013 (+10,6 milliards de dollars).  Le principal déterminant de ces révisions à la hausse provient de la construction non résidentielle. Elles reflètent les estimations finales des données sur les investissements en capital provenant des tableaux des entrées-sorties.

Les estimations de la formation brute de capital fixe des administrations publiques ont été ajustées à la baisse en 2011, 2012 et 2013. Les révisions ont été plus importantes en 2012 (-4,2 milliards de dollars) et en 2013(-4,6 milliards de dollars). Ces estimations tiennent maintenant compte des nouvelles données de l’enquête sur les dépenses en immobilisations et réparations diffusées en février 2014.

Les révisions  apportées aux estimations des stocks des entreprises sont à la hausse pour les trois années de révision. La principale révision à la hausse a eu lieu en 2011 (+5,5 milliards de dollars).  Ces révisions reflètent les nouvelles données issues de l’Enquête annuelle des fabricants, de l’Enquête annuelle sur le commerce de gros et de l’Enquête annuelle sur le commerce de détail.

Les exportations de biens et services sont révisées à la hausse pour chacune des trois dernières années (2011 à 2013). Les révisions ont été plus importantes en 2012 (+6,5 milliards de dollars) et 2013 (+5,9 milliards de dollars). Les révisions aux exportations de biens sont minimes, tandis que celles aux exportations de services sont majeures en 2012 et en 2013, puisque les données de l’enquête annuelle sur le commerce international de services sont intégrées dans les comptes du PIB en termes de dépenses. Les exportations de services ont été révisées à la hausse de 5,9 milliards de dollars en 2012 et de 6 milliards de dollars en 2013. Ces révisions à la hausse sont dues presque entièrement à la révision des exportations de services commerciaux.

Les importations de biens et services ont fait l'objet d'une légère révision à la baisse en 2011 et de révisions à la hausse en 2012 et en 2013. Tout comme les exportations, les révisions aux importations de biens sont mineures, tandis que celles aux importations de services sont importantes en 2012 et en 2013. Les importations de services ont été révisées à la hausse de 4,4 milliards de dollars en 2012 et de 4,6 milliards de dollars en 2013.

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