En 2007, les usines canadiennes de traitement de l’eau potable ont traité 5 878 millions de mètres cubes d’eau brute, dont la plus grande partie était de l’eau de surface (tableau 7). Environ 88 % (5 187 millions de mètres cubes) de l’eau traitée provenait de sources d’eau de surface, tandis qu’environ 10 % (595 millions de mètres cubes) provenait de sources d’eau souterraine. Un autre 2 % (97 millions de mètres cubes) provenait d’eau souterraine sous l’influence directe de l’eau de surface (ESSID) 1 .
Le volume d’eau brute traitée par les usines de traitement de l’eau potable est demeuré relativement stable de 2005 à 2007. En 2005, les usines de traitement de l’eau potable ont traité 5 946 millions de mètres cubes d’eau, comparativement à 5 878 millions de mètres cubes en 2007 (tableau 7).
Les usines de traitement de l’eau potable ont produit 5 617 millions de mètres cubes d’eau traitée 2 en 2007 (tableaux 1 et 2). Le volume d’eau brute extrait de la source d’approvisionnement était quatre pour cent plus élevé que le volume d’eau traitée final, à cause de la création d’eau usée lors du procédé de traitement. Cette eau usée est généralement évacuée dans un réseau d’assainissement ou directement dans l’environnement. Les volumes d’eau usée créés lors du traitement de l’eau varient selon le type de traitement.
Le volume d’eau traitée produit pour consommation est demeuré relativement stable de 2005 à 2007. En 2005, les usines de traitement de l’eau potable ont produit 5 706 millions de mètres cubes, comparativement à 5 617 millions de mètres cubes en 2007 (tableaux 1 et 2).
En 2007, la majorité de la population canadienne (28 millions de personnes) a été approvisionnée en eau potable par des usines desservant des collectivités de 300 personnes ou plus. Cette même année, un peu moins de 24 millions de personnes ont été alimentées en eau potable résultant du traitement d’eau de surface. Plus de 3 millions de personnes ont été alimentées par une source d’eau souterraine, et un peu plus de 460 000 personnes, par une source ESSID (tableau 5).
Entre 2005 et 2007, la population desservie par les usines de traitement de l’eau potable a augmenté de 2 %, passant de 27 à 28 millions (tableau 5).
Environ 5 millions de Canadiens ont été approvisionnés en eau par des usines de traitement de l’eau potable desservant des collectivités de moins de 300 personnes, ou bien avaient leur propre source d’approvisionnement en eau. En 2007, 13 % des ménages canadiens avaient leur propre source d’approvisionnement en eau, dont 92 % était de l’eau souterraine 3 .
En 2007, les dépenses en immobilisations au titre de la mise à niveau des établissements de traitement de l’eau potable représentaient au total 885 millions de dollars (tableau 9). Ces mises à niveau comprennent les améliorations apportées aux bâtiments, aux machines, à l’équipement de traitement et à d’autres biens corporels liés à l'acquisition et au traitement de l’eau, excluant la distribution. La majorité de ces dépenses ont été faites par les usines de traitement d’eau de surface (740 millions de dollars) tandis que les usines de traitement d’eau souterraine ont dépensé 104 millions de dollars (tableau 9). Les usines d’ESSID et les usines de traitement d’eau ayant plus d’un type de source d’approvisionnement représentaient le reste des dépenses en immobilisations.
Les dépenses en immobilisations ont varié d’une année à l’autre, représentant des dépenses de 996 millions de dollars en 2005 et de 1 096 millions de dollars en 2006.
Les coûts de fonctionnement et d’entretien (F et E) comprennent les dépenses au titre des matériaux (produits chimiques et pièces de rechange), de la main-d’oeuvre et de l’énergie, mais excluent les coûts associés à la distribution de l’eau. En 2007, les coûts de F et E se sont établis à 807 millions de dollars. Les coûts de la main-d’oeuvre représentaient la majeure partie de ces dépenses (302 millions de dollars), les matériaux, 198 millions de dollars et l’énergie, 199 millions de dollars. Les autres coûts représentaient les 108 millions de dollars restants (tableau 11).
À l’échelle nationale, en 2007, les coûts de F et E associés à la production de 1 000 mètres cubes d’eau traitée au Canada étaient de 144 $ (ou 14 cents par mètre cube). Par 1 000 mètres cubes, les coûts de main-d’oeuvre étaient de 54 $, le coût des matériaux, 35 $ et le coût de l’énergie, 36 $. Le 19 $ restant est attribuable aux autres coûts (tableau 19). Ces coûts n’incluent pas la distribution de l’eau traitée.
En 2007, il en a coûté 124 $ pour produire 1 000 mètres cubes d’eau de surface traitée, tandis qu’il en a coûté 311 $ pour produire 1 000 mètres cubes d’eau souterraine traitée (tableaux 13 et 14). Les volumes de production plus élevés d’eau de surface contribuent à réduire le coût par unité d’eau produite. Les coûts de F et E associés à l’acquisition et au traitement de l’eau varient aussi selon le type de traitement et la taille de l’usine.
En 2007, les usines de traitement classique et les usines de filtration directe ont produit 55 % de l’eau traitée et ont approvisionné en eau plus de la moitié de la population (16,5 millions de personnes) alimentée par des usines de traitement de l’eau potable (tableau 20). Les usines de traitement classique utilisent, dans le processus de traitement, la coagulation, la floculation, la sédimentation et la filtration sur milieu granulaire. La différence entre le traitement classique et la filtration directe est l’absence de procédés de sédimentation dans la filtration directe 4 .
Les coûts de F et E associés au traitement de l’eau varient selon le type d’usine. En 2007, les coûts de F et E pour les usines de traitement classique et les usines de filtration directe étaient de 161 $ et 139 $ par 1 000 mètres cubes de production, respectivement. Globalement, en 2007, les coûts de F et E associés à l’acquisition et au traitement de l’eau allaient de 79 $ à 537 $ par 1 000 mètres cubes, à cause de différences de technologie de traitement et de taille de l’usine (tableau 19).
L’eau de surface et l’eau souterraine peuvent présenter naturellement un problème de goût ou d’odeur, ou bien ce problème peut tenir à l’activité humaine. Le goût et l’odeur de l’eau indiquent la présence de divers constituants organiques ou inorganiques et l’eau pourrait être contaminée 5 .
En 2007, environ 19 % des usines au Canada ont déclaré un problème de goût et/ou d’odeur de l’eau de la source d’approvisionnement. Près de 12 % des usines au Canada ont mis en place ou modifié un procédé 6 pour régler ces problèmes (tableau 17).
En 2007, aucune usine à l’Île-du-Prince-Édouard, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest n’a déclaré de problème de goût et d’odeur, tandis que le Manitoba a affiché la plus forte proportion d’usines déclarant de tels problèmes (42 %).
Les algues bleues-vertes, ou cyanobactéries, se forment dans les eaux de surface calmes ou immobiles. Ces bactéries peuvent produire des toxines nocives pour la santé humaine et animale. Les fleurs d’eau surviennent dans tout le Canada, généralement pendant les mois chauds d’été 7 .
En 2007, moins de 5 % des usines au Canada ont déclaré les algues bleues-vertes comme problème dans la source d’approvisionnement. Près de 3 % des usines au Canada ont mis en place ou modifié un procédé 8 pour régler ces problèmes (tableau 18).
En 2007, aucune usine à l’Île-du-Prince-Édouard 9 , en Nouvelle-Écosse, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest n’a déclaré de problème lié à la présence d’algues bleues-vertes, tandis que la Saskatchewan a affiché la plus forte proportion d’usines déclarant de tels problèmes (8 %).
Les données présentées dans ce rapport d’enquête sont des estimations de l’ensemble de la population d’usines de traitement de l’eau potable, à l’exception des données sur la qualité de l’eau. Aucune estimation n’a été faite en ce qui concerne les variables de qualité de l’eau pour tenir compte de la non-réponse. Les résultats pour chaque paramètre de la qualité de l’eau sont fondés sur le nombre d’usines qui ont déclaré des données pour le paramètre en question et s’appliquent seulement au volume total d’eau traité ou produit ainsi qu’à la population desservie par ces usines.
Note(s) : Les utilisateurs des données sur la qualité de l’eau recueillies dans le cadre de cette enquête doivent savoir que les valeurs mensuelles maximales ne reflètent pas nécessairement la qualité de l’eau potable. Elles indiquent plutôt des conditions opérationnelles qui pourraient exiger des mesures correctives pour éliminer les conditions qui nuisent à une qualité de l’eau satisfaisante.
Les maximums mensuels médians font référence à la valeur médiane de tous les maximums rapportés pour un mois et un paramètre particulier. La valeur maximum représente le résultat le plus élevé d’un test enregistré pour un mois et un paramètre donné.
Les moyennes mensuelles médianes font référence à la valeur médiane de toutes les moyennes rapportées pour un mois et un paramètre particulier. La valeur moyenne représente la moyenne de tous les résultats d’un test enregistrés pour un mois et un paramètre donné.
La turbidité est la mesure d’un liquide trouble. La turbidité de l’eau vient de la présence de microorganismes et de particules organiques et inorganiques en suspension. La turbidité influe sur la qualité microbiologique de l’eau puisque les proliférations microbiennes dans l’eau s’observent principalement sur les particules en suspension dans l’eau. Ces microbes peuvent avoir une incidence sur la santé humaine en causant, par exemple, des infections gastro-intestinales 10 .
La turbidité peut aller de moins d’une unité de turbidité néphélémétrique (UTN) à plus de 1 000 UTN 11 . Elle varie selon la saison mais elle est généralement plus élevée au printemps 12 . Le graphique 3 montre les valeurs mensuelles maximales médianes et mensuelles moyennes médianes de turbidité pour l’eau brute traitée par les usines de traitement classique et celles de filtration directe. Ces données de turbidité sont fondées sur les données de 205 usines de traitement classique et celles de filtration directe qui ont déclaré la turbidité mensuelle maximale et moyenne pour au moins 10 mois chaque année de déclaration. Quatre-vingt pour cent de ces usines contrôlaient la turbidité au moins une fois par jour 13 .
Le graphique 3 montre qu’annuellement, les maximums et moyennes mensuels de turbidité sont à leurs sommets en avril 2005, 2006 et 2007.
Selon les Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada (RQEPC), pour les usines de filtration avec procédé chimique (c'est-à-dire les usines de traitement classique et les usines de filtration directe), la turbidité doit être égale ou inférieure à 0,3 UTN dans au moins 95 % des mesures effectuées, ou au moins 95 % du temps pour chaque mois civil, et ne jamais dépasser 1,0 UTN 14 .
En 2007, la majorité des relevés mensuels pour l’eau traitée passant par les usines de traitement classique et de filtration directe respectaient les recommandations. Quatre-vingt-quatorze pour cent des maximums mensuels ne dépassaient pas la limite de 1,0 UTN et 91 % des moyennes mensuelles ne dépassaient pas la limite de 0,3 UTN. Les résultats étaient comparables pour 2005 et 2006.
En 2007, 80 % des 205 usines de traitement classique et de filtration directe n’ont pas connu de mois où la valeur maximale de leur eau traitée dépassait la recommandation de turbidité de 1,0 UTN. Soixante-dix-neuf pour cent des usines de filtration classique et de filtration directe n’ont pas affiché de moyenne mensuelle pour l’eau traitée dépassant la recommandation de turbidité de 0,3 UTN. Les résultats étaient comparables pour 2005 et 2006.
Les coliformes totaux sont des bactéries que l’on trouve dans l’eau brute et qui peuvent indiquer la présence d’autres bactéries pathogènes, comme Escherichia coli (E. coli) 15 . Le graphique 4 montre le nombre mensuel maximal médian et le nombre mensuel moyen médian de coliformes totaux dans l’eau brute de surface de 2005 à 2007 selon 176 sources d’approvisionnement ayant déclaré un maximum mensuel et une moyenne mensuelle pour au moins 10 mois de chaque année de déclaration.
Le graphique 4 montre qu’annuellement, les maximums et moyennes mensuels pour les coliformes totaux sont à leurs sommets soit tard l’été, soit à l’automne pour 2005, 2006 et 2007.
Le graphique 5 montre la répartition des valeurs mensuelles maximales des coliformes totaux dans l’eau brute pour la période de 2005 à 2007 selon 176 sources d’eau de surface et 143 sources d’eau souterraine ayant déclaré au moins 10 mois de données maximales et moyennes pour chaque année de déclaration (aucune source ESSID n’est incluse). De façon générale, la concentration de coliformes totaux est plus faible dans l’eau souterraine brute que dans l’eau de surface brute. Quatre-vingt-quatorze pour cent des concentrations mensuelles maximales de coliformes totaux étaient inférieures à 10 unités formant colonie (UFC) par volume de 100 millilitres (ml) dans l’eau souterraine, comparativement à 21 % des maximums mensuels pour l’eau de surface.
Selon les RQEPC, l’eau traitée ne doit pas contenir de coliformes totaux. Ainsi, le niveau de coliformes totaux ne doit pas être supérieur à 0 UFC par volume de 100 ml 16 ou les tests de l’eau ne doivent pas indiquer la présence de coliformes totaux. En 2007, 97 % des données mensuelles sur les coliformes totaux déclarées dans l’enquête respectaient la recommandation en matière de qualité de l’eau.
Les résultats d’analyse de l’eau traitée pour détecter la présence de coliformes totaux sont fondés sur les usines ayant déclaré un maximum mensuel et une moyenne mensuelle pour au moins 10 mois de chaque année de déclaration, soit 230 usines de traitement d’eau de surface et 189 usines de traitement d’eau souterraine. En 2007, ces usines ont produit 2 700 millions de mètres cubes d’eau potable et ont desservi 15 millions de personnes.
En 2007, 96 % de ces usines n’ont jamais connu un maximum mensuel pour l’eau traitée supérieur à 0 UFC par volume de 100 ml, ou un mois où l’analyse d’un échantillon a révélé la présence de coliformes totaux. Les résultats pour 2005 et 2006 étaient 91 % et 89 %, respectivement.
E. coli fait partie du groupe des coliformes totaux et constitue le seul membre de ce groupe que l’on trouve exclusivement dans les matières fécales des humains et des animaux. Sa présence dans l’eau peut indiquer non seulement une contamination récente par des matières fécales, mais aussi la présence possible de bactéries et de virus pathogènes 17 .
Les valeurs mensuelles maximales médianes et mensuelles moyennes médianes pour E. coli et les valeurs mensuelles maximales médianes pour la température de l’eau de surface brute fournies par 96 usines ayant déclaré des données maximales et moyennes pour au moins 10 mois pour chaque année de déclaration pour E. coli et la température sont présentées au graphique 6. Ces données montrent la relation entre la température et les concentrations d’E. coli. Les concentrations mensuelles de pointe d’E. coli suivent les températures mensuelles de pointe; la présence d’E. coli dans l’eau de ces sources atteint sa concentration maximale à l’automne.
Le graphique 7 montre la répartition des valeurs mensuelles maximales d’E. coli pour 2005, 2006 et 2007, pour 168 sources d’eau de surface brute et 145 sources d’eau souterraine ayant déclaré des données maximales et moyennes pour au moins 10 mois pour chaque année de déclaration (aucune source ESSID n'est incluse). De façon générale, les concentrations d’E. coli sont plus faibles pour l’eau souterraine brute que pour l’eau de surface brute. Plus de 99 % des concentrations mensuelles maximales d’E. coli dans l’eau souterraine déclarées en 2007 étaient inférieures à 10 UFC par volume de 100 ml, comparativement à 61 % dans l’eau de surface.
Selon les RQEPC, l’eau traitée ne doit pas contenir d’E. coli. Ainsi, le niveau d’E. coli ne doit pas être supérieur à 0 UFC par volume de 100 ml 18 ou bien l’analyse de l’eau ne doit pas révéler la présence d’E. coli. En 2007, 98 % des données mensuelles sur les concentrations d’E. coli déclarées dans l’enquête respectaient la recommandation en matière de qualité de l’eau.
Les résultats de l’analyse de l’eau traitée pour détecter la présence d’E. coli sont fondés sur l’ensemble des types d’usines qui ont déclaré un maximum mensuel et une moyenne mensuelle pour au moins 10 mois de chaque année de déclaration, soit 197 usines de traitement d’eau de surface et 184 usines de traitement d’eau souterraine. En 2007, ces usines ont produit 2 500 millions de mètres cubes d’eau potable et ont desservi 13 millions de personnes.
En 2007, 98 % de ces usines n’ont jamais affiché un maximum mensuel ou une moyenne mensuelle pour l’eau traitée supérieur à 0 UFC par volume de 100 ml, ou connu un mois où l’analyse d’un échantillon a révélé la présence d’E. coli. Les résultats étaient comparables pour 2005 et 2006.