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Radiodiffusion

Les statistiques présentées dans cette publication portent sur l’exercice se terminant le 31 août et sur la période de 2005 à 2009. Le texte ci-dessous comprend des références à des périodes antérieures, dans les cas où il est utile de placer le rendement récent de l’industrie dans un contexte historique.

L’analyse qui suit concerne la radio commerciale. Une station commerciale en est une pour laquelle les recettes publicitaires 1  représentent plus de la moitié de ses recettes totales. Les stations qui ne répondent pas à ce critère sont classées sous la rubrique « publique et non commerciale ». Un tableau distinct présente les résultats d’exploitation de ce segment de l’industrie.

Année difficile sur le plan financier pour la radio commerciale

En 2009, les revenus d’exploitation des radiodiffuseurs privés ont diminué de 5,2 % par rapport à 2008 pour atteindre 1,5 milliard de dollars. C’est la première fois depuis 1993 que ces revenus sont en baisse d’une année à l’autre. Cette baisse des revenus d’exploitation survient malgré l’augmentation du nombre de stations de radio commerciale entre 2008 (650) et 2009 (663).

La presque totalité (97,5 %) des revenus d’exploitation des radiodiffuseurs privés provient des recettes publicitaires. L’année 2009 a donc été caractérisée par une baisse importante des recettes publicitaires des radiodiffuseurs privés (-5,5 %). La baisse des recettes publicitaires des radiodiffuseurs privés s’inscrit dans le ralentissement général de l’économie en 2009 qui a affecté d’autres industries du secteur des médias. En comparaison, les recettes publicitaires des télédiffuseurs canadiens ont fléchi de 8,4 % en 2009.

Les effets du ralentissement économique sur la rentabilité

Le ralentissement général de l’économie en 2009 a affecté la rentabilité de l’industrie de la radio commerciale. En 2009, les radiodiffuseurs privés ont dégagé des bénéfices avant intérêts et impôts de 17,9 cents par dollar de recettes. Cette performance est la plus faible depuis 2002. Le ralentissement économique amorcé en 2008 et qui s’est poursuivi en 2009 est donc venu freiner une période intéressante pour les radiodiffuseurs privés sur le plan financier.

Depuis la fin des années 90 et jusqu’en 2008, la radio commerciale au Canada avait réussi à augmenter sa performance de façon substantielle, après des années où la performance de l’industrie était relativement faible. Les succès de l’industrie sur le plan financier au cours de cette période peuvent s’expliquer en partie par la croissance économique vigoureuse ainsi que par la réorganisation de l’industrie. De plus, les modifications apportées à la réglementation en 1998 ont autorisé une plus grande concentration de la propriété qui a permis à la radio de mieux soutenir la concurrence des autres médias. Le transfert de nombreuses stations de la bande AM à la bande FM, plus populaire et généralement plus rentable a aussi permis à l’industrie d’améliorer ses résultats. Cependant, bien que les bienfaits au niveau financier de la réorganisation se poursuivent, le ralentissement économique de 2009 est venu ralentir la tendance.

Le ralentissement économique et la réaction des radiodiffuseurs sur les dépenses d’exploitation

Depuis le milieu des années 90, les dépenses d’exploitation des radiodiffuseurs privés augmentaient sur une base annuelle. Cependant, l’année 2009 a été marquée par une baisse annuelle de ces dépenses alors qu’elles ont diminué de 1,4 % en 2009 par rapport à 2008. Les radiodiffuseurs privés ont réagi au ralentissement économique en diminuant principalement leurs dépenses de ventes et promotions (-3,5 %) et leurs dépenses d’administration et de frais généraux (-4,1 %). Les dépenses de programmation et celles des services techniques ont continué à s’accroître entre 2008 et 2009.

Moins de radios AM rentables

La rationalisation de la radio AM amorcée depuis le début des années 90 s’est poursuivie en 2009 mais à un rythme moins important qu’en 2008. Le nombre de stations AM est passé à 151 en 2009, soit 7 de moins qu’en 2008. En 2007, il y en avait 174 en onde. Bien que les radios AM et FM aient été touchées par le ralentissement économique en 2009, la proportion de radios AM affichant des profits a diminué en 2009 par rapport à 2008. En 2009, 51 % des radios AM étaient rentables par rapport à 58 % en 2008. Pour les radios FM, 68 % de celles-ci étaient rentables en 2009, soit la même proportion qu’en 2008.

La radio francophone seule à croître au niveau des revenus

Les stations radio francophones ont été les seules en 2009 à afficher une croissance de leurs revenus d’exploitation (+1,7 %) comparativement aux stations anglophones (-6,6 %) et ethniques (-1,1 %).

Les stations anglophones continuent à enregistrer la marge bénéficiaire avant intérêts et impôts la plus élevée (19,0 %), suivies des stations francophones (14,8 %) et des stations ethniques (5,4 %). Cependant, l’écart entre les stations anglophones et francophones s’est rétréci en 2009. En 2008, la marge bénéficiaire pour les stations anglophones était de 23,0 % alors que celle des stations francophones était de 13,8 %.

Les stations francophones ont été les seules à augmenter leurs dépenses d’exploitation en 2009 comparativement à 2008. Le fait qu’elles aient aussi été les seules à afficher une croissance de leurs revenus d’exploitation a permis aux stations francophones de rétrécir l’écart avec les radios anglophones au niveau de la marge bénéficiaire avant intérêts et impôts.

Croissance des revenus d’exploitation en Saskatchewan et au Québec

La performance des radiodiffuseurs a varié considérablement d’une région à l’autre en 2009. Les revenus d’exploitation ont augmenté annuellement en Saskatchewan (6,7 %) et au Québec (1,1 %). Dans toutes les autres régions, les revenus d’exploitation étaient en baisse. Les baisses les plus importantes de revenus d’exploitation en 2009 ont été enregistrées en Ontario (-9,3 %), en Colombie-Britannique et dans les territoires (-7,8 %) et en Alberta (-6,3 %). Dans les provinces de l’Atlantique (-1,9 %) et au Manitoba (-1,4 %), les baisses de revenues d’exploitation ont été moins importantes.

Pendant plusieurs années, c’était en Alberta que les radiodiffuseurs étaient les plus rentables. Cependant, en 2009, les bénéfices avant intérêts et impôts de 19,5 cents par dollar de recettes représentaient le pire résultat depuis 1998 pour cette province. Bien que les bénéfices avant intérêts et impôts des radiodiffuseurs en Ontario étaient aussi en baisse en 2009, c’est dans cette province que les radiodiffuseurs ont été les plus rentables en 2009 avec 21,7 cents de bénéfices avant intérêts et impôts par dollar de recettes.

Les radiodiffuseurs ailleurs au pays ont enregistré des marges bénéficiaires avant intérêts et impôts plus faibles qu’en Ontario et en Alberta mais les radiodiffuseurs de certaines provinces ont réussi à améliorer légèrement leur rentabilité. Ainsi, ceux du Québec, du Manitoba et de la Saskatchewan ont enregistré en 2009 une meilleure marge bénéficiaire avant intérêts et impôts comparativement à 2008. La marge bénéficiaire avant intérêts et impôts pour la Colombie-Britannique et les territoires et dans les provinces de l’Atlantique est quant à elle en recul. En Colombie-Britannique et les territoires, cette marge bénéficiaire n’avait pas été aussi faible que depuis 2004 alors que dans les provinces de l’Atlantique, il faut remonter à 1997 pour voir une marge bénéficiaire aussi faible.

Les revenus d’exploitation en plus forte baisse dans les grands marchés

En 2009, la baisse des revenus d’exploitation a été plus forte dans les grands marchés (-8,3 %) que dans les marchés de moyenne taille (-3,7 %) et ceux de petite taille (-1,3 %) 2 .

Par contre, les radiodiffuseurs des grands marchés ont aussi été ceux qui ont diminué le plus fortement leurs dépenses d’exploitation en 2009 par rapport à 2008 (-6,0 %). Les radiodiffuseurs des marchés de moyenne taille ont quant à eux diminué leurs dépenses d’exploitation de 0,8 %. Les stations de radio des petits marchés ont pour leur part augmenté leurs dépenses d’exploitation de 5,0 %. Ainsi, les radiodiffuseurs des marchés de toutes tailles ont vu leur marge bénéficiaire avant intérêts et impôts diminuer en 2009. Cependant, la baisse de la marge bénéficiaire avant intérêts et impôts des radiodiffuseurs des grands marchés a été moins prononcée que dans les marchés d’autres tailles.

Emploi en baisse

L’industrie comptait en moyenne 10 301 employés par semaine en 2009, en baisse de 1,7 % par rapport à l’année précédente et elle a versé 633,6 millions de dollars en salaires et avantages sociaux, soit 41,9 % de leurs recettes. C’est la première fois depuis 2002 que le nombre moyen d’employés était en baisse d’une année à l’autre et la première fois depuis 1995 que les salaires et avantages sociaux affichaient une baisse annuelle.

Les ventes de temps d’antenne par employé ont atteint 143 042 dollars, soit 3,9 % de moins qu’en 2008.