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Analyse — Deuxième trimestre 2010

Le déficit total du compte courant du Canada, en chiffres désaisonnalisés, s'est élargi de 2,6 milliards de dollars pour atteindre 11,0 milliards de dollars au deuxième trimestre, marquant ainsi le septième trimestre consécutif en déficit. La croissance des exportations de biens a ralenti, tandis que la croissance des importations est demeurée soutenue, ce qui a donné lieu à une détérioration de la balance commerciale des marchandises. Par ailleurs, la diminution du déficit des flux des revenus de placements auprès des non-résidents a été annulée en partie par la hausse du déficit du commerce international de services.

Les opérations financières transfrontalières, en valeur non désaisonnalisée, ont généré des entrées de capitaux considérables dans l'économie canadienne au deuxième trimestre, une fois de plus surtout en raison des acquisitions étrangères de titres canadiens. Les non-résidents ont acquis des obligations canadiennes à un rythme inégalé, et les investissements étrangers en actions canadiennes se sont redressés.

Note aux lecteurs

La balance des paiements internationaux retrace l'ensemble des transactions économiques entre les résidents du Canada et les non-résidents dans deux comptes, soit le compte courant ainsi que le compte capital et financier.

Le compte courant porte sur les transactions sur les biens, les services, les revenus découlant des placements et les transferts courants.

Le compte capital et financier porte principalement sur les transactions liées à des actifs et passifs financiers.

Un solde du compte courant en surplus ou en déficit correspond, en principe, à une sortie ou à une entrée nette de fonds équivalente au compte capital et financier. En pratique, les données étant compilées à partir d'une multitude de sources, les deux comptes s'égalisent rarement, ce qui donne lieu à une erreur de mesure. La divergence statistique est l'entrée ou la sortie nette non observée.

Pour obtenir plus de renseignements au sujet de la balance des paiements, veuillez consulter « La foire aux questions » du module Comptes économiques nationaux de notre site Web. Le module présente également les plus récentes statistiques de la balance des paiements.

Compte courant

Le mouvement du solde des biens est principalement attribuable aux flux commerciaux avec les États-Unis

La balance du commerce des biens a diminué de 2,5 milliards de dollars au deuxième trimestre pour retourner à une position de déficit, après deux trimestres d'excédent. Les exportations ont affiché une progression plus modeste que les importations, en grande partie en raison des résultats des échanges avec les États-Unis. L'excédent au chapitre des biens par rapport aux États-Unis a reculé de 2,3 milliards de dollars, après deux trimestres de hausses.

Les exportations de biens ont augmenté de 1,2 milliard de dollars, soit beaucoup moins qu'au trimestre précédent. Les produits énergétiques et les biens industriels ont été les deux principaux catalyseurs du redressement des biens exportés pendant les trois trimestres précédents, mais ils ont tous deux enregistré un repli au deuxième trimestre de 2010.

Les exportations de produits énergétiques ont diminué de 1,9 milliard de dollars au deuxième trimestre, les prix ayant diminué pour toutes les composantes, sauf pour le charbon. Dans l'ensemble, les volumes sont demeurés stables, la baisse des volumes de pétrole brut ayant été neutralisée par l'augmentation des volumes de gaz naturel. Après une hausse de 5,0 milliards de dollars au cours des trois trimestres précédents, les exportations de biens industriels ont légèrement reculé de 0,3 milliard de dollars en raison des volumes plus faibles.

Les exportations de produits automobiles ont continué à gagner du terrain, en hausse de 1,9 milliard de dollars, les automobiles ayant dépassé la barre de 10 milliards de dollars pour la première fois depuis le deuxième trimestre de 2007. Les exportations de machines et de matériel ont augmenté de 1,2 milliard de dollars, les volumes ayant augmenté après six trimestres de replis et les prix s'étant accrus pour la première fois en cinq trimestres.

Les importations de biens ont augmenté de 3,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, principalement sous l'effet des importations de machines et de matériel, qui ont progressé de 1,9 milliard de dollars en raison des volumes plus élevés pour toutes les composantes, tandis que les prix ont continué à diminuer pour un cinquième trimestre d'affilée. Les importations de biens industriels ont continué à se renforcer, en hausse de 1,2 milliard de dollars, alors que la moitié des hausses provenaient des métaux et des minerais métalliques. Les importations de produits automobiles ont légèrement augmenté, la hausse des importations de pièces d'automobiles ayant été en grande partie épongée par les importations réduites de voitures et de camions.

Les voyages des Canadiens à l'étranger élargissent le déficit des services

Au deuxième trimestre, le déficit au chapitre du commerce des services a augmenté de 0,3 milliard de dollars, surtout sous l'effet des voyages et des composantes liées aux voyages. Le déficit au chapitre des voyages a atteint un sommet de 3,5 milliards de dollars, en hausse de 0,5 milliard de dollars par rapport au trimestre précédent. Le déficit des transports a également augmenté au deuxième trimestre, en hausse de 0,2 milliard de dollars, les voyageurs canadiens ayant accru leurs achats de transporteurs étrangers.

Les dépenses des Canadiens à l'étranger ont augmenté de 0,4 milliard de dollars au deuxième trimestre, autant en raison des voyages aux États-Unis que de ceux vers les destinations outre-mer. Les voyages d'une nuit ou plus par les Canadiens ont augmenté de près de 4 %. Cependant, les dépenses des non-résidents au Canada étaient en baisse de 1,1 %, les voyageurs américains et les voyageurs d'outre-mer ayant réduit leurs dépenses au Canada.

Le commerce international de services commerciaux a enregistré un excédent de 0,4 milliard de dollars au deuxième trimestre après avoir été en équilibre au trimestre précédent. Les exportations ont augmenté, tandis que les importations ont légèrement diminué.

La diminution des paiements entraîne un recul du déficit des revenus de placements

Au deuxième trimestre, les flux internationaux des revenus de placements ont diminué, les paiements canadiens ayant reculé davantage que les rentrées. Les revenus des investissements directs étaient à l'origine de ces variations.

Les bénéfices réalisés par les investisseurs directs étrangers au Canada ont diminué de 0,7 milliard de dollars, les bénéfices et les dividendes ayant baissé. Les plus fortes réductions ont été observées dans le secteur des aliments, des boissons et du tabac ainsi que dans le secteur de la finance et de l'assurance. Les investisseurs directs canadiens ont reçu des dividendes plus élevés, mais les bénéfices sur les investissements à l'étranger se sont repliés de 0,4 milliard de dollars, surtout sous l'effet du secteur de la finance et de l'assurance.

Compte capital et financier

Les investisseurs étrangers continuent d'acquérir des quantités considérables de titres canadiens

Les acquisitions de titres canadiens par des non-résidents se sont chiffrées à 40,7 milliards de dollars, soit plus du double de l'investissement enregistré au premier trimestre. Les entrées accrues de capitaux provenant de l'étranger au deuxième trimestre étaient attribuables aux investissements étrangers soutenus en obligations canadiennes, principalement les obligations du gouvernement fédéral, ainsi qu'à la reprise des acquisitions d'actions canadiennes. De modestes investissements étrangers dans le marché monétaire canadien ont également été observés, après trois trimestres de retraits.

Les non-résidents ont ajouté des obligations canadiennes à leur portefeuille pour un sixième trimestre consécutif, en ayant acheté pour 32,2 milliards de dollars au deuxième trimestre. Cette activité provenait principalement d'acquisitions étrangères inégalées d'obligations du gouvernement fédéral d'une valeur de 19,4 milliards de dollars. Les investissements en obligations fédérales jusqu'à présent en 2010 ont déjà dépassé ceux de 2009. Le reste de l'activité s'expliquait en grande partie par les acquisitions étrangères de nouvelles obligations provinciales libellées en devises étrangères.

Les investissements étrangers en actions canadiennes se sont redressés au deuxième trimestre et ont atteint 7,9 milliards de dollars, après un léger désinvestissement au trimestre précédent. Dans un contexte de baisse des cours des actions, les non-résidents ont acheté des actions aurifères ainsi que des fonds d'investissement axés sur des indices boursiers généraux. La plus grande partie de cette activité s'est déroulée en mai, alors que les cours des actions canadiennes ont diminué pour la première fois depuis janvier 2010.

Les investissements étrangers de 610 millions de dollars dans le marché monétaire canadien au deuxième trimestre ont été relativement modestes et dominés par les effets émis par les sociétés non financières. Un faible investissement en effets fédéraux à court terme a été enregistré, les taux d'intérêt à court terme ayant atteint leur plus haut niveau depuis février 2009.

Les placements canadiens en titres étrangers demeurent modestes et axés sur les actions

Les Canadiens ont acquis 1,2 milliard de dollars de titres étrangers au deuxième trimestre, en baisse par rapport à l'investissement de 5,2 milliards de dollars observé au premier trimestre. L'investissement au deuxième trimestre a encore une fois principalement touché les actions étrangères, tandis que les avoirs en titres d'emprunt à court et à long terme ont diminué.

Les investissements canadiens en actions étrangères de 4,7 milliards de dollars au deuxième trimestre étaient principalement attribuables à la demande des caisses de retraite canadiennes. Plus de 60 % de l'activité ciblait le marché américain, ce qui correspondait au plus important investissement de ce genre aux États-Unis depuis le premier trimestre de 2009. Les prix des actions aux États-Unis ont diminué de 11,9 % au deuxième trimestre, soit le repli le plus marqué depuis le quatrième trimestre de 2008, au moment où les marchés boursiers mondiaux avaient subi de fortes corrections.

Les Canadiens se sont départis de 2,7 milliards de dollars de plus de leurs avoirs en obligations étrangères pendant le trimestre, en raison des ventes d'obligations du gouvernement américain. Ces ventes ont été épongées en partie par des investissements en obligations étrangères autres qu'américaines, en particulier des obligations émises par des gouvernements nationaux de l'Union européenne ayant une cote de crédit élevée. Les Canadiens ont également vendu pour 744 millions de dollars d'instruments du marché monétaire étranger après deux trimestres d'investissement, ayant surtout réduit leurs avoirs en effets émis par des sociétés financières américaines.

L'investissement direct à l'étranger se raffermit, tandis que l'investissement direct au pays ralentit

Les investissements directs canadiens à l'étranger ont augmenté pour se situer à 9,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, après avoir enregistré un rapatriement net de fonds au premier trimestre. Plus de la moitié des sorties de fonds au deuxième trimestre ont été dirigés vers l'économie américaine, et environ 20 % avaient trait aux fusions et aux acquisitions. Les investissements directs à l'étranger pendant la première moitié de 2010 s'apparentaient aux niveaux observés pendant la première moitié de 2009; toutefois, il s'agissait tout de même des sorties de fonds les plus faibles enregistrées au cours des six premiers mois d'une année depuis 1996.

Les investisseurs directs étrangers ont injecté 9,7 milliards de dollars dans l'économie canadienne au deuxième trimestre. Malgré un quatrième trimestre d'investissement d'affilée, les investissements étaient inférieurs à ceux du trimestre précédent. Les fusions et les acquisitions représentaient une composante modeste de cette activité. Les investisseurs en provenance des États-Unis et du Royaume-Uni représentaient encore une fois les principaux intervenants, et le secteur canadien de l'énergie et des minerais métalliques demeurait le principal secteur, des investissements de 7,2 milliards de dollars y ayant été injectés. Pour la période de un an se terminant en juin 2010, les investissements directs étrangers dans ce secteur ont atteint une somme considérable de 27,8 milliards de dollars, après avoir enregistré un ralentissement prononcé pendant la première moitié de 2009.