Être aidant familial : quelles sont les conséquences?

par Martin Turcotte

[Communiqué dans Le Quotidien] [Article intégral en PDF]

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Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

Quels types d’aidants familiaux fournissent le plus d’heures et de types de soins? Lesquels sont les plus susceptibles de subir diverses conséquences liées à leurs responsabilités? Cet article compare les différents types d’aidants familiaux selon le lien qui les unit à leur bénéficiaire principal.

  • En 2012, 8 millions de Canadiens, soit 28 % de la population âgée de 15 ans et plus, ont fourni des soins à un proche ayant un problème de santé de longue durée, une incapacité ou des problèmes liés au vieillissement.
  • Parmi ces aidants familiaux, 39 % aidaient principalement leur père ou leur mère, 8 % aidaient leur conjoint et 5 % aidaient leur enfant. Les autres (48 %) fournissaient des soins à d’autres membres de la famille ou à des amis.
  • Parmi les aidants « réguliers », soit ceux qui y consacraient au moins deux heures par semaine, 38 % de ceux qui aidaient leur enfant, 34 % de ceux qui aidaient leur conjoint et 21 % de ceux qui aidaient leurs parents ont rapporté s’être sentis déprimés. Ceux qui s’occupaient d’un conjoint ou d’un enfant rapportaient aussi plus d’ennuis de santé et de troubles psychologiques, principalement en raison de l’intensité des soins fournis.
  • Chez les aidants réguliers, 28 % de ceux qui aidaient un enfant et 20 % de ceux qui aidaient leur conjoint ont éprouvé des difficultés financières en raison de leurs responsabilités. Cette proportion était de 7 % chez ceux qui aidaient régulièrement leurs parents.
  • En 2012, 30 % des aidants à un enfant avaient reçu de l’aide financière des gouvernements, par rapport à 14 % des aidants à un conjoint et à 5 % des aidants à un parent. Cependant, 52 % des aidants à un enfant, 42 % des aidants à un conjoint et 28 % des aidants à un parent auraient souhaité recevoir plus d’aide qu’ils n’en ont reçu.

Fin de l'encadré

Introduction

La grande majorité des gens, à un moment ou à un autre de leur vie, aideront un proche qui souffre d’un problème de santé de longue durée, d’une incapacité ou de problèmes liés au vieillissement. Fournir de tels soins comporte de nombreux avantages. En plus de réduire les charges sociales reliées aux services de santé et à l’institutionnalisation, les bénéficiaires y trouvent leur compte puisqu’ils peuvent demeurer à domicile et maintenir une meilleure qualité de vie.

Toutefois, les conséquences peuvent aussi être négatives, en particulier, pour les aidants. Parmi celles-ci, on trouve l’impact sur leur santé physique et mentale et sur leur participation au marché du travail; les pressions sur leurs finances personnelles; et la diminution du temps disponible pour d’autres activitésNote 1. Les employeurs et l’État peuvent aussi être touchés, notamment en raison des problèmes d’absentéisme, de la baisse de productivité et de la réduction des entrées fiscales.

Bon nombre d’études canadiennes portent sur les aidants familiaux de 45 ans et plus, en particulier ceux qui aident leurs parents âgésNote 2. Toutefois, peu d‘études traitent des aidants familiaux de tous âges qui aident ou fournissent des soins de longue durée à leur conjoint, à leur enfant, à un parent, à la famille élargie ou à un ami.

Grâce à de nouvelles données, la présente étude jette un éclairage sur la question des aidants familiaux de 15 ans et plus au Canada. En premier lieu, elle fournit un bref portrait des aidants familiaux — notamment sur le plan de l’intensité et des types de soins fournis — en fonction du lien qui les unit à leur bénéficiaire principal.

En deuxième lieu, les données sur les multiples conséquences liées aux responsabilités d’aidants sont examinées. Certains types d’aidants sont-ils plus susceptibles que d’autres de subir des conséquences psychologiques, sociales et financières? Si oui, pourquoi?

À Statistique Canada, la plus récente source de renseignements à propos des aidants familiaux est l’Enquête sociale générale sur les soins donnés et reçus de 2012 (voir l’encadré Source de données et définitions). Les aidants familiaux sont les personnes de 15 ans et plus qui ont répondu qu’elles avaient, au cours des 12 derniers mois, soit fourni de l'aide ou des soins à une personne en raison d'un problème de santé de longue durée, ou d'une incapacité physique ou mentale; soit fourni de l'aide ou des soins à une personne en raison de problèmes liés au vieillissement.

Près de 3 personnes sur 10 sont des aidants familiaux

En 2012, un peu plus de 8 millions de Canadiens, soit 28 % des personnes de 15 ans et plus, avaient fourni de l’aide ou des soins à un proche pour un problème de santé de longue durée (l’aide pour une maladie de courte de durée est exclue).

Tel que démontré par les études antérieures, les aidants familiaux étaient plus susceptibles d’être des femmes : 30 % d’entre elles ont déclaré avoir fourni des soins en 2012, comparativement à 26 % des hommes). Toutefois, l’ampleur de cet écart entre les hommes et les femmes variait en fonction du groupe d’âge de l’aidant (graphique 1)Note 3.

Graphique 1 de l'article de l'Aidant familial

Description du graphique 1

À qui les aidants familiaux venaient-ils en aide? Parmi les aidants familiaux âgés de 15 ans et plus, environ 4 sur 10, soit environ 3,1 millions de personnes, avaient principalement fourni des soins à leur père ou à leur mère au cours de l’année précédente (27 % à leur mère et 11 % à leur père). Parmi les autres aidants familiaux, 19 % avaient principalement aidé des beaux-parents ou un autre membre de leur famille (à l’exclusion du conjoint, des enfants ou des grands-parents); 16 % avaient principalement aidé un ami intime ou un voisin; 13 %, un grand-père ou une grand-mère; 8 %, leur conjoint ou leur conjointe; et 5 %, leur propre enfant (toujours pour un problème de santé de longue durée).

Le type de lien entre le bénéficiaire principal des soins et l’aidant familial variait en fonction de l’âge de l’aidant (graphique 2). Par exemple, la propension à fournir des soins à son conjoint, de même qu’à un ami ou à un voisin, augmentait en fonction de l’âge de l’aidant. Chez les 45 à 64 ans, groupe fortement représenté parmi les aidants familiaux, environ la moitié d’entre eux fournissaient principalement des soins à leur mère ou à leur père.

Graphique 2 de l'article de l'Aidant familial

Description du graphique 2

Le type de problème de santé faisant en sorte qu’une personne nécessite des soins ou de l’aide variait selon le lien entre l’aidant et le bénéficiaire. Parmi les aidants familiaux fournissant principalement des soins à leurs parents, 30 % d’entre eux ont déclaré que le problème de santé était la vieillesse/fragilité. Suivaient les maladies cardiovasculaires (12 %), le cancer (11 %) et la maladie d’Alzheimer ou la démence (7 %) (tableau 1). Chez ceux qui aidaient leur conjoint, le cancer était la raison la plus fréquemment mentionnée, soit par 17 % des répondants, suivi des maladies cardiovasculaires (11 %) et d’autres maladies neurologiques (9 %).

Tableau 1
Principales raisons pour lesquelles les aidants familiaux fournissent des soins ou de l'aide à leur bénéficiaire principal, selon la relation avec le bénéficiaire principal, 2012

Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de tableau 1 principales raisons pour lesquelles les aidants familiaux fournissent des soins ou de l'aide à leur bénéficiaire principal. Les données sont présentées selon raisons (titres de rangée) et bénéficiaire principal, calculées selon grands-parents, amis, voisins ou collègues, beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille, père ou mère, conjoint ou conjointe et fils ou fille unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Raisons Bénéficiaire principal
Grands-parents Amis, voisins ou collègues Beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille Père ou mère Conjoint ou conjointe Fils ou fille
Première Vieillesse/fragilité
(56 %)
Vieillesse/fragilité
(27 %)
Vieillesse/fragilité
(25 %)
Vieillesse/fragilité
(30 %)
Cancer
(17 %)
Problèmes de santé mentaleNote 1 du tableau 11 (23 %)
Deuxième Maladie d'Alzheimer ou démence
(8%)
Cancer
(13 %)
Cancer
(13 %)
Maladie cardiovasculaireNote 2 du tableau 12 (12 %) Maladie cardiovasculaireNote 2 du tableau 12 (11 %) Troubles ou déficiences développementaux
(22 %)
Troisième Cancer
(8%)
Problèmes de santé mentaleNote 1 du tableau 11 (11 %) Maladie cardiovasculaireNote 2 du tableau 12 (9 %) Cancer
(11 %)
Autres maladies neurologiquesNote 3 du tableau 13 (9 %) Autres maladies neurologiquesNote 3 du tableau 13 (14 %)
Quatrième Maladie cardiovasculaireNote 2 du tableau 12 (7 %) Maladie cardiovasculaireNote 2 du tableau 12 (8 %) Problèmes de santé mentaleNote 1 du tableau 11 (8 %) Maladie d'Alzheimer ou démence
(7 %)
Problèmes de santé mentaleNote 1 du tableau 11 (7 %) Blessure résultant d'un accident
(6 %)

Les parents fournissant des soins à leur enfant se distinguaient le plus des autres en ce qui a trait au problème de santé de leur bénéficiaire principal : pour 23 % d’entre eux, des problèmes de santé mentale de l’enfant étaient en cause (dépression, trouble bipolaire, manie ou schizophrénie); 22 % ont mentionné des troubles ou déficiences du développement; et 14 % ont mentionné d’autres maladies neurologiques (telles que la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, le spina-bifida ou la paralysie cérébrale).

Un emploi à temps plein pour certains

Le lien avec le bénéficiaire et le problème de santé influaient aussi sur le temps consacré aux soins. En général, ceux qui fournissaient des soins à leur enfant ou à leur conjoint consacraient davantage d’heures que ceux qui fournissaient des soins à d’autres bénéficiaires.

Ainsi, en 2012, la médiane du nombre d’heures consacrées par les aidants familiaux qui fournissaient des soins à leur père ou à leur mère était de 4 heures par semaine (tableau 2). La médiane était de 3 heures parmi ceux qui fournissaient de l’aide à leurs beaux-parents ou à d’autres membres de la parenté. En comparaison, c’était 10 heures par semaine pour ceux fournissant des soins à leur enfant et 14 heures par semaine pour ceux fournissant des soins à leur conjointNote 4.

Plusieurs aidants fournissaient d’ailleurs des soins sur une base équivalente à un emploi à temps plein : 31 % des aidants qui fournissaient des soins à leur conjoint et 29 % de ceux aidant leur enfant y avaient consacré 30 heures ou plus par semaine; en comparaison, c’était le cas de 7 % de ceux aidant leur père ou leur mère et d’une proportion encore moindre des autres types d’aidants.

Tableau 2 Caractéristiques des aidants familiaux, selon la relation avec le bénéficiaire principal, 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de tableau 2 caractéristiques des aidants familiaux, selon la relation avec le bénéficiaire principal, grands-parents, amis, voisins ou collègues, beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille, père ou mère, conjoint ou conjointe et fils ou fille, calculées selon pourcentage et heures unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Bénéficiaire principal
Grands-parents Amis, voisins ou collègues Beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille Père ou mère Conjoint ou conjointe Fils ou fille
pourcentage
Sexe  
Hommes 44 46 46 47 50 35
Femmes 56 54 54 53 50 65Note avec asterix du tableau 2*
Nombre d'heures de soins ou d'aide par semaine  
1 heure ou moins 39Note avec asterix du tableau 2* 35Note avec asterix du tableau 2* 26 23 10Note avec asterix du tableau 2* 10Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2*
2 à 4 heures 35 37Note avec asterix du tableau 2* 35 32 17Note avec asterix du tableau 2* 18Note avec asterix du tableau 2*
5 à 9 heures 12Note avec asterix du tableau 2* 15Note avec asterix du tableau 2* 17 19 13Note avec asterix du tableau 2* 14Note avec asterix du tableau 2*
10 à 29 heures 13Note avec asterix du tableau 2* 10Note avec asterix du tableau 2* 16 19 29Note avec asterix du tableau 2* 29Note avec asterix du tableau 2*
30 heures ou plus Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2* 6 7 31Note avec asterix du tableau 2* 29Note avec asterix du tableau 2*
  heures
Nombre d'heures de soins (médiane) 2 2 3 4 14 10
  pourcentage
Distance entre l'aidant familial et le bénéficiaire principal  
Même logement 12Note avec asterix du tableau 2* 4Note avec asterix du tableau 2* 16Note avec asterix du tableau 2* 24 95Note avec asterix du tableau 2* 68Note avec asterix du tableau 2*
Moins de 30 minutes en voiture 64Note avec asterix du tableau 2* 82Note avec asterix du tableau 2* 58Note avec asterix du tableau 2* 50 4Note avec asterix du tableau 2* 20Note avec asterix du tableau 2*
Entre 30 minutes et moins de 3 heures en voiture 16 12Note avec asterix du tableau 2* 20 19 Note F: trop peu fiable pour être publié 9Note avec asterix du tableau 2*
3 heures ou plus en voiture 7 2Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2* 5Note avec asterix du tableau 2* 8 Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2*
Type de soins ou d'aide fournie au bénéficiaire principalNote 1 du tableau 21  
Transport 25Note avec asterix du tableau 2* 30Note avec asterix du tableau 2* 36Note avec asterix du tableau 2* 41 63Note avec asterix du tableau 2* 65Note avec asterix du tableau 2*
Préparation des repas, ménage, vaisselle 31Note avec asterix du tableau 2* 19Note avec asterix du tableau 2* 31Note avec asterix du tableau 2* 37 77Note avec asterix du tableau 2* 58Note avec asterix du tableau 2*
Entretien de la maison ou travaux extérieurs 21Note avec asterix du tableau 2* 13Note avec asterix du tableau 2* 15Note avec asterix du tableau 2* 26 52Note avec asterix du tableau 2* 14Note avec asterix du tableau 2*
Soins personnels 8Note avec asterix du tableau 2* 7Note avec asterix du tableau 2* 10Note avec asterix du tableau 2* 15 39Note avec asterix du tableau 2* 36Note avec asterix du tableau 2*
Procédures ou traitements médicaux 9Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2* 6Note avec asterix du tableau 2* 10Note avec asterix du tableau 2* 14 43Note avec asterix du tableau 2* 37Note avec asterix du tableau 2*
Organisation ou planification des soins (prendre des rendez-vous, etc.) 4Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2* 5Note avec asterix du tableau 2* 9Note avec asterix du tableau 2* 12 27Note avec asterix du tableau 2* 30Note avec asterix du tableau 2*
Opérations bancaires, paiement de factures ou gestion des finances 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2* 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2* 7Note avec asterix du tableau 2* 13 33Note avec asterix du tableau 2* 14
Visite ou téléphone pour s'assurer que tout va bien 97Note * 91Note avec asterix du tableau 2* 96Note avec asterix du tableau 2* 99 100Note avec asterix du tableau 2* 100
Soutien émotionnel 83Note avec asterix du tableau 2* 84Note avec asterix du tableau 2* 87Note avec asterix du tableau 2* 92 96Note avec asterix du tableau 2* 97Note avec asterix du tableau 2*
Aidants réalisant 7 types de tâches ou plusNote 2 du tableau 22 6Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 2* 5Note avec asterix du tableau 2* 10Note avec asterix du tableau 2* 21 41Note avec asterix du tableau 2* 34Note avec asterix du tableau 2*
L'aidant familial...  
Est considéré comme l'aidant principal par son bénéficiaire principal 9Note avec asterix du tableau 2* 24Note avec asterix du tableau 2* 28Note avec asterix du tableau 2* 46 96Note avec asterix du tableau 2* 76Note avec asterix du tableau 2*
Considère qu'il n'a pas eu le choix d'assumer ses responsabilités d'aidant 22Note avec asterix du tableau 2* 19Note avec asterix du tableau 2* 37Note avec asterix du tableau 2* 49 69Note avec asterix du tableau 2* 74Note avec asterix du tableau 2*

En conséquence, les aidants familiaux dont le principal bénéficiaire était leur enfant ou leur conjoint, soit 14 % des aidants familiaux, apportaient 36 % de toutes les heures fournies par des aidants familiaux (soit environ 84 millions d’heures par semaineNote 5). Pour leur part, les personnes qui fournissaient des soins à leurs parents représentaient 39 % de tous les aidants familiaux, mais fournissaient 35 % de l’ensemble des heures de soins fournies par des aidants familiaux par semaine.

Il convient cependant de préciser que la majorité des aidants familiaux qui fournissaient de l’aide à un conjoint (95 %) ou à leur enfant (68 %) résidaient dans le même logement que leur bénéficiaire. En comparaison, 24 % des aidants familiaux fournissant des soins à leur père ou à leur mère résidaient dans le même logement qu’eux et la proportion était encore moindre pour les autres types d’aidants. Les conjoints et les enfants bénéficiaient donc d’un effet de proximité avec leur aidant.

Les aidants fournissant des soins à leur conjoint ou à leur enfant effectuaient aussi des tâches plus variées et plus nombreuses. Certaines activités sont effectuées par la vaste majorité des aidants, comme la visite ou le téléphone pour s’assurer que tout va bien et pour le soutien émotionnel. D’autres tâches — telles que les soins personnels ou les traitements médicaux — sont parfois plus lourdes et ne sont effectuées que par certains aidants. Des 9 types de tâches énumérées dans l’enquête, 41 % des personnes aidant leur conjoint et 34 % de celles prenant soin de leur enfant en avaient réalisé 7 ou plus. En comparaison, c’était le cas de 21 % des aidants à leur père ou à leur mère, et de 10 % et moins des autres types d’aidants.

En plus de fournir plus d’heures et d’effectuer des tâches plus spécialisées (comme les traitements médicaux), les aidants fournissant des soins à un conjoint ou à un enfant étaient plus susceptibles d’être considérés comme aidant principal. Ils avaient aussi plus tendance à dire qu’ils n’avaient pas eu le choix d’assumer leurs responsabilités d’aidants (3 aidants à un enfant sur 4), ce qui était plus rare chez les aidants à des grands-parents ou à un ami ou collègue (environ 1 aidant sur 5).

Conséquences psychologiques

Le fait d’être responsable d’un trop grand nombre de tâches et de responsabilités pour aider un proche peut être une source importante de stress, surtout quand l’aidant n’a pas l’impression de disposer de suffisamment de ressourcesNote 6. Quelles sont les conséquences physiques, psychologiques et sociales de fournir des soins à une personne ayant un problème de santé de longue durée, une incapacité ou des problèmes liés au vieillissement?

Dans le cadre de l’ESG, on a interrogé les aidants familiaux « réguliers » à propos des diverses répercussions liées à leurs responsabilités d’aidantsNote 7. Les aidants « réguliers » sont définis comme étant ceux qui fournissaient au moins deux heures de soins par semaine.

Parmi ceux-ci, les aidants qui fournissaient des soins à un conjoint ou à leur enfant et, dans une moindre mesure, à leurs propres parents, étaient plus susceptibles de rapporter des signes de détresse psychologique (tableau 3). Par exemple, 34 % des aidants réguliers qui fournissaient principalement des soins à leur grand-père ou à leur grand-mère se sont sentis inquiets ou angoissés à cause de leurs responsabilités, alors que c’était le cas de 60 % de ceux aidant leur père ou leur mère, de 74 % de ceux aidant leur conjoint et de 82 % de ceux aidant leur enfant. Aussi, 38 % des aidants réguliers à un enfant et 34 % des aidants réguliers à un conjoint ont dit s’être sentis déprimés en raison de leurs responsabilités d’aidants, par rapport à 21 % de ceux qui fournissaient des soins à leurs parents.

Les aidants à un conjoint ou à un enfant étaient aussi plus susceptibles de s’être sentis colériques ou irritables, mécontents, seuls ou isolés et d’avoir éprouvé des problèmes de sommeil en raison de leurs responsabilités. Ces différences entre types d’aidants s’expliquent notamment par le fait que les aidants à un conjoint ou un enfant consacrent plus d’heures à fournir des soins, qu’ils effectuent un plus grand nombre de tâches et qu’ils sont plus souvent considérés par leur bénéficiaire comme l’aidant principal (voir l’encadré Expliquer les écarts entre les types d’aidants).

Tableau 3
Symptômes de détresse psychologique et conséquences sur la santé associés aux responsabilités des aidants familiaux réguliersNote 1 du tableau 31, 2012

Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de tableau 3 symptômes de détresse psychologique et conséquences sur la santé associés aux responsabilités des aidants familiaux réguliers bénéficiaire principal, grands-parents, amis, voisins ou collègues, beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille, père ou mère, conjoint ou conjointe et fils ou fille, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Bénéficiaire principal
Grands-parents Amis, voisins ou collègues Beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille Père ou mère Conjoint ou conjointe Fils ou fille
pourcentage
Symptômes de détresse psychologique  
En raison de ses responsabilités d'aidantNote 2 du tableau 32  
S'est senti fatigué 26Note avec asterix du tableau 3* 37Note avec asterix du tableau 3* 48Note avec asterix du tableau 3* 56 72Note avec asterix du tableau 3* 74Note avec asterix du tableau 3*
Inquiet ou angoissé 34Note avec asterix du tableau 3* 39Note avec asterix du tableau 3* 51Note avec asterix du tableau 3* 60 74Note avec asterix du tableau 3* 82Note avec asterix du tableau 3*
Débordé 20Note avec asterix du tableau 3* 21Note avec asterix du tableau 3* 35 37 48Note avec asterix du tableau 3* 57Note avec asterix du tableau 3*
Seul ou isolé 4Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 3* 10Note avec asterix du tableau 3* 11Note avec asterix du tableau 3* 18 38Note avec asterix du tableau 3* 41Note avec asterix du tableau 3*
Colérique ou irritable 17Note avec asterix du tableau 3* 21Note avec asterix du tableau 3* 33Note avec asterix du tableau 3* 42 47 56Note avec asterix du tableau 3*
Mécontent 8 14Note avec asterix du tableau 3* 18Note avec asterix du tableau 3* 21 28Note avec asterix du tableau 3* 30Note avec asterix du tableau 3*
Déprimé 6 13Note avec asterix du tableau 3* 16Note avec asterix du tableau 3* 21 34Note avec asterix du tableau 3* 38Note avec asterix du tableau 3*
A éprouvé une perte d'appétit 7 8Note avec asterix du tableau 3* 10Note avec asterix du tableau 3* 14 18Note avec asterix du tableau 3* 20Note avec asterix du tableau 3*
Des problèmes de sommeil 16Note avec asterix du tableau 3* 22Note avec asterix du tableau 3* 30Note avec asterix du tableau 3* 36 55Note avec asterix du tableau 3* 58Note avec asterix du tableau 3*
Conséquences sur la santé  
Incidence sur l'état de santé de l'aidant 5 11Note avec asterix du tableau 3* 14Note avec asterix du tableau 3* 22 38Note avec asterix du tableau 3* 38Note avec asterix du tableau 3*
Responsabilités physiquement ardues Note F: trop peu fiable pour être publié 27Note E: à utiliser avec prudence 39 33 32 55Note avec asterix du tableau 3*
A consulté un professionnel de la santé pour ses propres problèmes de santé causés par ses responsabilités d'aidantNote 2 7 13Note avec asterix du tableau 3* 15 18 33Note avec asterix du tableau 3* 34Note avec asterix du tableau 3*
A subi des blessures en exécutant ses tâches d'aidant Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 3* 2Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 3* 6 8 14Note avec asterix du tableau 3*

De plus, bon nombre d’aidants rapportent plusieurs signes de détresse psychologique. En fait, plus du quart de tous les aidants réguliers ont rapporté 5 symptômes de détresse psychologique ou plus, sur les 9 symptômes possibles. Toutefois, la proportion d’aidants qui atteignaient un tel degré de détresse psychologique n’était pas la même pour tout le monde, puisque c’était le cas de 8 % parmi ceux qui aidaient leur grand-père ou leur grand-mère, 30 % chez ceux qui aidaient leur père ou leur mère, 46 % chez ceux qui aidaient leur conjoint et 51 % chez ceux qui aidaient leur propre enfant (graphique 3).

Graphique 3 de l'article de l'Aidant familial

Description du graphique 3

Conséquences sur l’état de santé

Plusieurs études ont démontré l’existence d’une relation entre le fait d’être un aidant familial et les risques pour la santé psychologique et physique, et notent que le niveau d’intensité des soins fournis est lié à une incidence plus grande sur la santé des aidantsNote 8.

À cet égard, les personnes fournissant régulièrement des soins à leur enfant ou à leur conjoint avaient davantage tendance à rapporter une incidence sur leur état de santé (tableau 3)Note 9. Elles étaient plus susceptibles d’avoir subi une blessure en exécutant leurs tâches et plus nombreuses à consulter un professionnel de la santé pour elles-mêmes à la suite de problèmes de santé causés par leurs responsabilités (34 % de celles aidant leur enfant et 33 % de celles aidant leur conjoint, par rapport à 18 % de celles aidant leur père ou leur mère). Elles étaient aussi plus susceptibles que les autres types d’aidants d’avoir consommé des médicaments d’ordonnance pour faire face à leurs responsabilités.

Les personnes aidant leurs parents, soit le type d’aidants le plus commun, étaient plus nombreuses à avoir recours à des services de santé : sur un million d’aidants familiaux réguliers ayant consulté un professionnel de la santé en raison de leurs responsabilités, 402 000 étaient des aidants à leur mère ou leur père, alors que 175 000 aidaient leur conjoint et 120 000, leur propre enfant.

Conséquences financières et professionnelles

Bon nombre d’aidants familiaux doivent effectuer des dépenses supplémentaires en raison de leurs responsabilités. Pour certains, cet engagement financier n’est pas sans conséquences, puisqu’il peut avoir une incidence sur le revenu disponible et l’épargne personnelleNote 10. Les dépenses les plus communes, encourues par plus de la moitié des aidants réguliers, étaient celles reliées au transport, aux déplacements ou à l’hébergement.

Pour certains types de dépenses, les aidants réguliers à un conjoint ou à un enfant se distinguaient néanmoins des autres types d’aidants. Par exemple, ils étaient quatre fois plus susceptibles que les aidants à un parent d’avoir effectué des dépenses pour des services professionnels ou de réadaptation (tableau 4). De plus, alors que 52 % des aidants à un conjoint et 42 % des aidants à un enfant avaient défrayé des sommes pour des médicaments, c’était le cas de 11 % pour ceux qui aidaient leurs parents.

Tableau 4 Conséquences financières associées aux responsabilités des aidants familiaux réguliersNote 1, 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de tableau 4 conséquences financières associées aux responsabilités des aidants familiaux réguliers bénéficiaire principal, calculées selon grands-parents, amis, voisins ou collègues, beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille, père ou mère, conjoint ou conjointe, fils ou fille, dollars et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Bénéficiaire principal
Grands-parents Amis, voisins ou collègues Beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille Père ou mère Conjoint ou conjointe Fils ou fille
pourcentage
A effectué des dépenses (non remboursées) en raison de ses responsabilités d'aidant  
Pour modifier le logement Note F: trop peu fiable pour être publié 7Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 10 12 13 16
Pour des services professionnels ou de réadaptation Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 4Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 5 20Note avec asterix du tableau 4* 23Note avec asterix du tableau 4*
Pour l'embauche de personnes afin d'aider dans les activités quotidiennes Note F: trop peu fiable pour être publié 2Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 5 5 11Note avec asterix du tableau 4* 10Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4*
Pour le transport, les déplacements ou l'hébergement 39Note avec asterix du tableau 4* 50 52 54 48Note avec asterix du tableau 4* 67Note avec asterix du tableau 4*
En vue d'obtenir des appareils ou de l'équipement spécialisé Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 7 9 22Note avec asterix du tableau 4* 23Note avec asterix du tableau 4*
En vue d'obtenir des médicaments en vente libre et sur ordonnance 5Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 7Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 7Note avec asterix du tableau 4* 11 52Note avec asterix du tableau 4* 42Note avec asterix du tableau 4*
Montant dépensé (non remboursé) au cours de l'année, pour les différents types de dépenses  
0 $ 58Note avec asterix du tableau 4* 46Note avec asterix du tableau 4* 38 37 23Note avec asterix du tableau 4* 17Note avec asterix du tableau 4*
1 $ à moins de 500 $ 27 34Note avec asterix du tableau 4* 25 22 15Note avec asterix du tableau 4* 7Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4*
500 $ à moins de 2 000 $ 11Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 14Note avec asterix du tableau 4* 22 23 23 29Note avec asterix du tableau 4*
2 000 $ et plus 5Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 6Note avec asterix du tableau 4* 15Note avec asterix du tableau 4* 18 38Note avec asterix du tableau 4* 47Note avec asterix du tableau 4*
  dollars
Montant total médian dépensé  
Parmi tous les aidants (même ceux n'ayant fait aucune dépense) 0 50Note avec asterix du tableau 4* 175Note avec asterix du tableau 4* 240 1 040Note avec asterix du tableau 4* 1 700Note avec asterix du tableau 4*
Parmi les aidants familiaux ayant effectué des dépenses 300Note avec asterix du tableau 4* 300Note avec asterix du tableau 4* 600Note avec asterix du tableau 4* 890 1 900Note avec asterix du tableau 4* 2 310Note avec asterix du tableau 4*
  pourcentage
Finances au cours des 12 derniers mois  
A éprouvé des difficultés financières en raison de ses responsabilités d'aidant Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 6 7 20Note avec asterix du tableau 4* 28Note avec asterix du tableau 4*
A emprunté de l'argent de sa famille ou de ses amis Note F: trop peu fiable pour être publié 1Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 2Note E: à utiliser avec prudence 2 7Note avec asterix du tableau 4* 10Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4*
A emprunté d'une banque ou d'une institution financière Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudence 2Note E: à utiliser avec prudence 7Note avec asterix du tableau 4* 12Note avec asterix du tableau 4*
A utilisé ou reporté ses épargnes Note F: trop peu fiable pour être publié 2Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 4 5 15Note avec asterix du tableau 4* 21Note avec asterix du tableau 4*
A changé ses habitudes de dépenses Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 4* 6 6 19Note avec asterix du tableau 4* 27Note avec asterix du tableau 4*

Il n’est donc pas étonnant de constater que les montants dépensés variaient sensiblement selon les types d’aidants familiaux. Ainsi, la proportion d’aidants réguliers ayant dépensé au moins 500 $ était de 16 % chez les aidants fournissant des soins à des grands-parents, comparativement à 41 % parmi ceux aidant leurs parents et 76 % parmi ceux aidant leur enfant. De plus, parmi les personnes fournissant régulièrement des soins à leur enfant, près de la moitié d’entre elles avaient dépensé 2 000 $ et plus au cours de l’année.

Toutes ces dépenses supplémentaires peuvent créer des pressions financières importantes. En 2012, 28 % des aidants familiaux à un enfant, 20 % des aidants à un conjoint et 7 % des aidants à leurs parents ont éprouvé des difficultés financières en raison de leurs responsabilités. Parmi ceux qui fournissaient des soins à un enfant, 10 % ont même eu à emprunter de l’argent à des amis ou à de la famille, et 12 % ont dû contracter un emprunt auprès d’une institution financière pour faire face à leurs responsabilités.

En plus d’éprouver des difficultés financières, plusieurs aidants doivent concilier leurs responsabilités d’aidants familiaux et leurs obligations professionnelles, ce qui peut se traduire par des heures de travail perdues et une baisse de productivitéNote 11.

Comme on pouvait s’y attendre, les aidants familiaux réguliers qui prenaient soin de leur enfant ou de leur conjoint étaient ceux qui avaient le plus de difficulté à concilier leurs responsabilités d’aidants avec leurs obligations professionnelles. Par exemple, ils étaient les plus susceptibles d’avoir pris des congés à 3 occasions ou plus (parfois durant plusieurs journées consécutives) en raison de leurs responsabilités (graphique 4).

Graphique 4 de l'article de l'Aidant familial

Description du graphique 4

La participation au marché du travail était également moindre chez ceux qui aidaient leur enfant. Parmi eux, 27 % n’occupaient pas d’emploi la semaine précédente, comparativement à des pourcentages variant de 9 % à 20 % chez tous les autres types d’aidantsNote 12. De plus, parmi les aidants réguliers qui n’avaient pas travaillé au cours des 12 derniers mois, 34 % de ceux qui s’occupaient de leur enfant ont déclaré que leurs responsabilités les avaient empêchés d’occuper un emploi (comparativement à environ 10 % pour les aidants familiaux fournissant des soins à leur père ou leur mère).

Les ressources disponibles pour les aidants familiaux

Diverses politiques et programmes (crédits à la rénovation, services de répit, conseils pratiques, soutien émotionnel, etc.) existent pour faciliter le travail des aidants familiaux. Aussi, des stratégies d’intervention ayant comme objectif de réduire le stress, les symptômes de dépression et les conséquences négatives chez les aidants ont été mises en œuvre par des experts en santé publique et en travail social.

Selon certaines études, les avantages de telles interventions ne se limitent pas aux aidants familiaux et comportent aussi des avantages pour les bénéficiaires de soins, par exemple, en réduisant la nécessité d’avoir recours rapidement à des mesures d’institutionnalisationNote 13.

Les résultats ci-dessus ont montré que les aidants fournissant des soins à leur enfant et à leur conjoint sont les plus susceptibles de subir les conséquences liées à leurs responsabilités, suivis par ceux aidant leur père ou leur mère (qui représentent la plus grande partie des aidants familiaux). Ces aidants familiaux disposent-ils davantage de soutien?

La forte majorité des aidants recevaient de l’aide de membres de la famille ou d’amis pour remplir leur rôle (tableau 5)Note 14. Toutefois, ils étaient moins susceptibles d’obtenir des services de répit ou du soutien financier. En 2012, une minorité d’aidants familiaux avaient reçu un crédit d’impôt fédéral auquel les aidants peuvent être admissibles; c’était le cas de 3 % des 3,1 millions d’aidants familiaux qui fournissaient des soins à leur père ou leur mère. En comparaison, 28 % des aidants familiaux prenant soin de leur enfant avaient reçu ce crédit d’impôt fédéral.

Tableau 5
Formes de soutien reçu par les aidants familiaux et perception de ce soutien, 2012

Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de tableau 5 formes de soutien reçu par les aidants familiaux et perception de ce soutien bénéficiaire principal, calculées selon grands-parents, amis, voisins ou collègues, beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille, père ou mère, conjoint ou conjointe et fils ou fille unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Bénéficiaire principal
  Grands-parents Amis, voisins ou collègues Beau-père, belle-mère ou autre membre de la famille Père ou mère Conjoint ou conjointe Fils ou fille
pourcentage
Formes de soutien  
Services de relève ou de répit 15 9Note avec asterix du tableau 5* 15 13 16 24Note avec asterix du tableau 5*
Est aidé par d'autres membres de la famille ou des amis pour remplir son rôle 98Note avec asterix du tableau 5* 92 95Note avec asterix du tableau 5* 93 65Note avec asterix du tableau 5* 91
Soutien financier de la famille et des amis 24Note avec asterix du tableau 5* 9 10 11 10 16Note avec asterix du tableau 5*
Soutien financier provenant de programmes gouvernementaux 5Note E: à utiliser avec prudence 3Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 5* 4Note E: à utiliser avec prudence 5 14Note avec asterix du tableau 5* 30Note avec asterix du tableau 5*
Crédits d'impôt fédéral auxquels les aidants peuvent être admissibles Note F: trop peu fiable pour être publié 1Note E: à utiliser avec prudenceNote avec asterix du tableau 5* 4Note E: à utiliser avec prudence 3 10Note avec asterix du tableau 5* 28Note avec asterix du tableau 5*
Perception de l'aide reçue  
Considère qu'il aurait besoin de plus d'aide qu'il n'en reçoit pour fournir des soins 10Note avec asterix du tableau 5* 13Note avec asterix du tableau 5* 19Note avec asterix du tableau 5* 28 42Note avec asterix du tableau 5* 52Note avec asterix du tableau 5*

Les aidants familiaux qui fournissaient des soins à leur enfant étaient aussi les plus susceptibles d’avoir reçu les diverses formes de soutien public. Par exemple, 30 % d’entre eux ont reçu de l’argent de programmes gouvernementaux, comparativement à 14 % des aidants à un conjoint et 5 % des aidants à un parent.

Même si les aidants familiaux fournissant des soins à leur enfant ou à leur conjoint étaient proportionnellement plus nombreux à recevoir du soutien public, ils demeuraient cependant les plus susceptibles d’avoir des besoins non comblés. En effet, lorsqu’on leur demandait s’ils auraient eu besoin de plus de types d’aide qu’ils n’en ont reçu, 52 % des aidants à un enfant et 42 % des aidants à un conjoint ont répondu positivement. En comparaison, c’était le cas de 28 % des aidants à leurs parents et de 13 % de ceux fournissant des soins à un ami, collègue ou voisin.

Finalement, bien que les programmes disponibles aux fournisseurs de soins varient d’une région à l’autre du paysNote 15, la propension des aidants réguliers à déclarer avoir reçu de l’argent provenant de programmes gouvernementaux ou un crédit d’impôt fédéral ne variait pas sensiblement d’une province à l’autre.

Conclusion

Au Canada, de nombreux aidants fournissent des soins à un proche en raison d’un problème de santé de longue durée ou du vieillissement. Même si ce phénomène est généralement considéré comme bénéfique en raison des économies réalisées et du bien-être des bénéficiaires, assumer de telles responsabilités peut avoir des conséquences importantes sur ceux qui fournissent les soins. En particulier, ceux qui fournissent des soins à leur enfant ou leur conjoint sont plus susceptibles que les autres de vivre des situations difficiles en raison des tâches qu’ils accomplissent. En outre, ils sont plus susceptibles de subir, en raison de leurs responsabilités d’aidants, des conséquences psychologiques, un impact sur leur état de santé, des pressions sur leurs finances personnelles et de possibles conséquences sur leur vie professionnelle. Bien que plus nombreux, les aidants qui fournissent des soins à leur père ou à leur mère âgés sont quant à eux moins sollicités, mais bon nombre d’entre eux subissent tout de même les conséquences psychologiques de fournir des soins.

Dans le contexte du vieillissement de la population, de l’allongement de l’espérance de vie et de la croissance de la prévalence des maladies chroniques, la demande pour des aidants familiaux continuera d’augmenterNote 16. Diverses tendances démographiques, comme le nombre d’enfants par famille plus restreint chez les baby-boomers vieillissant que dans la génération de leurs parents, pourront influer sur les caractéristiques des aidants familiauxNote 17.

Les résultats de la présente étude mettent aussi en lumière la situation difficile des aidants familiaux qui prennent soin d’un enfant malade, ce qui demeurera d’intérêt public pour les années à venir. La question des aidants familiaux n’a donc pas fini d’intéresser les décideurs, les professionnels de la santé ainsi que le grand public.

Martin Turcotte est analyste principal à la Division de la statistique du travail de Statistique Canada.


Notes

  1. Diverses études ont par exemple illustré qu’une proportion élevée d’aidants familiaux devaient fréquemment s’absenter du travail et travailler moins d’heures (voir Keating et coll., 2013), qu’ils éprouvaient souvent du stress et pouvaient mettre leur propre santé à risque (voir Pinquart et Sörensen, 2003; Schulz. et Sherwood, 2008), qu’ils devaient assumer des coûts financiers immédiats et à plus long terme (voir Keating et coll. 2013).
  2. Voir, par exemple, Cranswick et Dosman (2008) et Pyper (2006).
  3. Pour obtenir des détails sur les caractéristiques des aidants familiaux, prière de consulter Sinha, 2013.
  4. De manière générale, les femmes fournissaient un nombre d’heures de soins plus élevé que les hommes lorsque le bénéficiaire était leur conjoint (médiane de 15 heures contre 10 heures pour les hommes) ou leur enfant (15 heures contre 10 heures pour les hommes). Lorsque le bénéficiaire était le père ou la mère de l’aidant, l’écart entre hommes et femmes était plus faible.
  5. Il est à noter qu’environ 2 % des aidants familiaux ont indiqué avoir fourni 100 heures ou plus de soins ou d’aide à leurs bénéficiaires. Ces aidants contribuent à faire augmenter sensiblement le nombre d’heures totales fournies par semaine.
  6. Voir Schulz et Martire (2004).
  7. Autrement dit, les questions à propos des conséquences vécues par les aidants n’ont pas été posées à ceux qui fournissaient 1 heure ou moins de soins ou d’aide par semaine (24,5 % des aidants familiaux), ni aux aidants incapables de déterminer combien d’heures ils fournissaient (4,7 %).
  8. Voir Schulz et Sherwood (2008).
  9. Une analyse multivariée a montré, comme dans le cas de la détresse psychologique, que les écarts entre types d’aidants résultaient en grande partie du fait que l’intensité des soins apportés variait grandement, les aidants à un grand-parent effectuant généralement moins d’heures et de types de soins, les aidants à un conjoint ou un enfant étant les plus sollicités et les aidants à un parent se retrouvant entre ces extrêmes.
  10. Keating et coll. (2013).
  11. Fast et coll. (2013).
  12. Les résultats en matière d’emploi sont basés sur les aidants âgés de 25 à 54 ans afin de faire abstraction des décisions liées aux études et à la retraite.
  13. Voir Schulz et Martire (2004) pour une revue de certaines de ces études.
  14. Dans cette section, les aidants familiaux ayant fourni moins de 2 heures de soins sont aussi inclus.
  15. Bernier et Grignon (2012).
  16. Selon des projections, le nombre d’aînés qui auront besoin d’aide et de soins doublera dans les 30 prochaines années. En même temps, le nombre de femmes aînées sans aucun enfant survivant progressera de façon importante. Voir Carrière et coll. (2008).
  17. Keefe (2011).

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