La migration des personnes de métier en infrastructure

par Martin Turcotte et Jeremy Weeks

[Communiqué dans Le Quotidien] [Article intégral en PDF]

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Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

La présente étude s’appuie sur les données de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 pour examiner les tendances migratoires des « personnes de métier en infrastructure » au cours de la période allant de 2006 à 2011. Aux fins de l’étude, les personnes de métier en infrastructure sont définies comme les résidents canadiens de 25 à 44 ans ayant une certification de métiers, et dont le principal domaine d’études était dans les métiers de la construction, en mécanique et réparation, en travail de précision ou en conduite d’équipement lourd ou de grues.

  • Parmi les personnes de métier en infrastructure en 2011, 13 % vivaient dans une autre région que cinq ans auparavant (en 2006), que ce soit dans leur province ou à l’extérieur de celle-ci. En comparaison, c’était le cas de 12 % des personnes des autres types de métiers et de 16 % des diplômés de l’université.
  • Parmi les 13 % des personnes de métier en infrastructure en 2011 qui avaient migré depuis 2006, 9 % avaient déménagé dans une autre région de la même province, et 4 % (24 400 personnes) avaient déménagé dans une autre province.
  • Plus du tiers de tous les migrants interprovinciaux ayant une certification de métiers en infrastructure étaient des « migrants de retour ». Autrement dit, ces personnes vivaient à l’extérieur de leur province de naissance en 2006, mais s’étaient réinstallées dans leur province de naissance en 2011.
  • Hormis les personnes qui vivaient en Alberta en 2006, environ la moitié des personnes de métier du secteur des infrastructures qui ont changé de province entre 2006 et 2011 ont déménagé en Alberta (plus de 8 500 personnes).
  • L’Alberta a attiré de nombreuses personnes de métier pendant la période, mais elle en a également perdu plusieurs. Pour chaque tranche de 100 personnes de métier du secteur des infrastructures qui se sont installées en Alberta de 2006 à 2011, 84 ont quitté la province. Environ 60 % des sortants de l’Alberta sont retournés dans leur province de naissance.

Fin de l'encadré

Introduction

Dans un grand pays comme le Canada, les marchés du travail régionaux jouent un rôle important dans la détermination des types de main-d’œuvre nécessaires pour répondre aux besoins particuliers de l’économie locale. Les régions riches en ressources, en particulier, doivent possiblement composer avec des pénuries dans certains secteurs spécifiques, tandis que d’autres régions ont possiblement un excédent de main-d’œuvreNote 1. L’augmentation de la mobilité de la main-d’œuvre, notamment chez les nouveaux diplômés, est donc considérée comme une solution pour réduire les déséquilibres du marché du travailNote 2. Certains types de métiers sont parfois perçus comme étant particulièrement sensibles à de tels déséquilibres, en particulier ceux qui sont en forte demande dans les régions axées sur les ressources.

Le problème de déséquilibre de la main-d’œuvre est par ailleurs amplifié par le fait que les jeunes adultes— qui sont habituellement les plus enclins à déménager — sont peut-être moins portés à choisir un programme de métiers qu’auparavant. En 2011, 11 % des travailleurs de 25 à 44 ans ont déclaré que leur plus haut niveau de scolarité atteint était un certificat d’apprenti inscrit ou autre certificat ou diplôme d’une école de métiers, comparativement à 13 % de ceux de 45 à 64 ans. Des politiques sont actuellement en cours d’élaboration pour encourager les étudiants à envisager une carrière dans les métiers spécialisés, grâce au Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE)Note 3.

Au moyen des données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, cette étude examine les tendances migratoires d’un groupe clé de métiers spécialisés : les « personnes de métier en infrastructure ». Dans cet article, les personnes de métier en infrastructure sont définies comme les diplômés post-secondaires dont le principal domaine d’études était les métiers de la construction, la mécanique et la réparation, le travail de précision ou la conduite d’équipement lourd ou de grues. Étant donné que les taux de mobilité sont significativement plus faibles chez les personnes plus âgées, l’étude porte sur les personnes de 25 à 44 ans en 2011.

La première section de l'article cherche à déterminer si les personnes de métier en infrastructure ont un taux de migration (vers un autre endroit à l’intérieur de leur province ou vers une nouvelle province) qui diffère de celui des personnes qui sont dans les autres groupes de scolarité. Autrement dit, les personnes de métier sont-elles proportionnellement plus nombreuses à avoir migré que celles qui détiennent d’autres titres scolaires?

La deuxième section étudie les tendances de la migration provinciale des personnes de métier du secteur des infrastructures et renferme des informations sur les provinces qui ont gagné (et perdu) la plus forte proportion de ces personnes de 2006 à 2011.

Les taux de migration ne sont pas nécessairement plus élevés chez les personnes de métier en infrastructure

Compte tenu de la grande taille de l’échantillon de l’ENM, il est possible de déterminer comment les personnes sont réparties entre les domaines d’études au sein de grands groupes de scolarité. Les personnes ayant reçu une formation dans les métiers du secteur des infrastructures peuvent être définies comme celles qui ont à la fois:

  1. déclaré avoir un certificat ou diplôme d'appenti inscrit ou d'une école de métiers, un diplôme de niveau collégial ou un certificat inférieur au baccalauréat comme plus haut niveau de scolarité atteint, et;
  2. qui ont étudié dans un des domaines suivants : métiers de la construction, mécanique et réparation, travail de précision ou conduite d'équipement lourd ou de grues.

D’après cette définition, environ 576 000 Canadiens de 25 à 44 ans avaient reçu une formation en tant que personnes de métier en infrastructure au Canada en 2011 (tableau 1), et représentaient 7 % de l’ensemble de la population de ce groupe d’âge. Les personnes qui avaient reçu une formation dans d’autres métiers se chiffraient à 521 000 et constituaient 6 % de la population. Les autres groupes de scolarité comprenaient les personnes  ayant un grade universitaire (29 %), un autre diplôme d’études collégiales ou d’un cégep, ou un diplôme universitaire inférieur au baccalauréat (26 %), et un diplôme d’études secondaires ou moins (31 %).

Tableau 1
Profil et statut migratoire de la population de 25 à 44 ans pendant la période de 2006 à 2011, selon le plus haut niveau de scolarité
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Profil et statut migratoire de la population de 25 à 44 ans pendant la période de 2006 à 2011 Profil, Statut migratoire, Population totale, Hommes, Taux d'emploi, Revenus médians (en 2010), Total des migrants, Migrants infraprovinciaux et Migrants interprovinciaux, calculées selon en milliers, pourcentage et $ unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Profil Statut migratoire
Population totale Hommes Taux d'emploi Revenus médians (en 2010) Total des migrants Migrants infraprovinciaux Migrants interprovinciaux
en milliers pourcentage $ pourcentage
Population totale 8 164,7 49 0 81,4 38 900 13,3 8,5 4,8
Scolarité  
Sans diplôme d'études secondaires 802 0 57,1 60,4 25 500 11,3 7,8 3,5
Diplôme d'études secondaires 1 751,1 53,7 76,7 32 000 11,8 7,5 4,3
Métiers en infrastructure 575,8 96,1 87,8 46 800 13,2 8,9 4,2
Autres certificats ou diplômes de métiers, ou d'apprentissage 521 0 38,5 81,3 29 400 11,5 8,2 3,3
Autres certificats ou diplômes d'études collégiales, d'un cégep ou d'un programme universitaire inférieur au baccalauréat 2 114,1 39,3 84,9 37 900 12,8 8,6 4,2
Diplôme universitaire 2 400,7 42,5 87,3 52 200 15,8 9,3 6,5
   
Total des hommes 4 003,2 100 0 85,5 45 600 13,5 8,6 4,9
Scolarité  
Sans diplôme d'études secondaires
Sans diplôme d'études secondaires
Moins d'un diplôme d'études secondaire
458,1 100 0 68,6 31 300 11,3 7,8 3,5
Diplôme d'études secondaires 940,6 100 0 82,9 38 200 12,3 7,7 4,6
Métiers en infrastructure 553,5 100 0 88,3 47 700 13,0 8,8 4,2
Autres certificats ou diplômes d'apprentissage ou de métiers 200,5 100 0 86,2 39 200 12,8 8,9 3,9
Autres certificats ou diplômes d'études collégiales, d'un cégep ou d'un programme universitaire inférieur au baccalauréat 829,3 100 0 89,6 48 000 13,3 8,9 4,4
Diplôme universitaire 1 021,2 100 0 90,6 61 100 16,4 9,4 7,0

Le profil des personnes de métier divergeait de celui des personnes ayant d’autres niveaux de scolarité de différentes façons. Premièrement, presque toutes (96 %) les personnes de métier en infrastructure étaient des hommes. En comparaison, la proportion se chiffrait à 39 % pour les autres types de métiers (p. ex. cuisiniers, coiffeurs, camionneurs ou chauffeurs d’autobus et personnel administratif), à 43 % pour les titulaires d’un grade universitaire, et à 57 % pour les personnes ayant moins qu’un diplôme d’études secondaires.

Deuxièmement, les personnes de métier en infrastructure gagnaient typiquement 46 800 $ en 2010. En comparaison, la médiane se situait à 29 400 $ chez les autres personnes de métier, à 37 900 $ chez les autres diplômés d’études collégiales et à 52 200 $ chez les diplômés de l’université. Toutefois, chez les hommes, la différence entre les personnes de métier en infrastructure et les personnes de métier des autres secteurs était relativement plus petite, et les personnes de métier en infrastructure avaient des salaires semblables à ceux des personnes qui avaient fait des études collégiales.

Troisièmement, les personnes de métier en infrastructure affichaient également un taux d’emploi relativement élevé (88 %, comparativement à 81 % pour les autres personnes de métier, 85 % pour les titulaires d’un diplôme d’études collégiales et 87 % pour les diplômés de l’université). Chez les hommes seulement, le taux d’emploi des personnes de métier en infrastructure se situait à 88 %, comparativement à 90 % pour les titulaires d’un diplôme d’études collégiales et 91 % pour les titulaires d’un diplôme universitaire.

Que peut-on dire au sujet des comportements de migration des personnes de métier en infrastructure? Avec l’ENM, l’information sur le lieu de résidence peut être comparée à l’information recueillie au sujet du lieu de résidence cinq ans plus tôt, en 2006. Les répondants peuvent donc être désignés comme des « migrants » s’ils vivaient dans une région ou une province différente en 2011 qu’en 2006 (Voir Sources de données, méthodes et définitions). Les taux de migration sur cinq ans offrent un indicateur utile des tendances migratoires à long terme, mais ne permettent cependant pas d'identifier ceux qui ont migré pendant les années intermédiaires.

D’après cette définition, 13 % de toutes les personnes de 25 à 44 ans en 2011 avaient quitté leur lieu de résidence de 2006 — que ce soit pour s’installer dans une autre région de la même province (9 %) ou dans une autre province (5 %). Les personnes de métier en infrastructure affichaient des chiffres qui se rapprochaient de la moyenne nationale en 2011, 13 % d’entre elles (76 000 personnes) ayant migré d’une région différente cinq ans plus tôt.

Comme l’ont déjà démontré d’autres étudesNote 4, les diplômés universitaires avaient le taux de migration le plus élevé (16 %). En revanche, les personnes des autres métiers et celles qui étaient titulaires d’un diplôme d’études secondaires ou moins avaient des taux de migration inférieurs à 12%.

Les diplômés universitaires avaient aussi le taux le plus élevé de migration interprovinciale en 2011 (7%). En revanche, 4% des personnes de métier en infrastructure vivaient dans une autre province cinq ans auparavant (environ le même taux que celles qui étaient titulaires d’un diplôme d’études secondaires). Fait intéressant, les personnes des autres métiers étaient celles qui avaient le taux le moins élevé de migration interprovinciale (3%).

Des résultats semblables ont été constatés lorsque l’échantillon a été limité aux hommes, qui constituent la grande majorité des personnes de métier en infrastructure. En 2011, 5 % des hommes ayant un diplôme d’études secondaires vivaient dans une autre province qu’en 2006, comparativement à 4 % des hommes de métier en infrastructureNote 5. En revanche, 7 % des hommes de 25 à 44 ans ayant un diplôme universitaire en 2011 vivaient dans une autre province qu’en 2006.

Les résidents des provinces de l'Atlantique avaient des taux de migration interprovinciale plus élevés

Les événements du cycle de vie ont une incidence sur la probabilité de migration. Plus spécifiquement, la probabilité de migration est relativement plus élevée lorsque les personnes sont sur le point d’entrer sur le marché du travail, mais plus faible en présence d’enfantsNote 6. Les taux de migration ont également tendance à être liés aux coûts financiers et psychologiques d’un déménagement.Note 7

Faisant écho aux conclusions précédentes pour la population généraleNote 8, les personnes de métier plus jeunes et sans enfants étaient les plus susceptibles d’avoir migré, que ce soit à l’intérieur de leur province ou territoire ou vers une autre province ou un autre territoire (tableau 2). En 2011, 18 % des personnes de métier en infrastructure de 25 à 29 ans vivaient dans une autre région ou province qu’en 2006, comparativement à 9 % de celles âgées de 40 à 44 ans. De même, les personnes sans enfants étaient plus susceptibles d’avoir migré (15 %, comparativement à 9 % des personnes ayant des enfants).

Tableau 2
Proportion des personnes de métier en infrastructure, âgées de 25 à 44 ans en 2011, qui vivaient dans une autre région (migrants infraprovinciaux) ou dans une autre province ou territoire (migrants interprovinciaux) en 2006, selon les caractéristiques sociodémographiques
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Proportion des personnes de métier en infrastructure Personnes de métier en infrastructure, Total des migrants, Infraprovinciaux et Interprovinciaux, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Personnes de métier en infrastructure
Total des migrants Infraprovinciaux Interprovinciaux
pourcentage
Groupe d'âge 13,2 8,9 4,2
25 à 29 ans 18,0 12,3 5,8
30 à 34 ans 14,8 10,1 4,7
35 à 39 ans 11,9 8,1 3,8
40 à 44 ans 8,6 5,7 2,9
Présence d'enfants âgés de 6 ans et plus  
Non 15,3 10,4 4,9
Oui 9,3 6,4 3,0
Résidence (en 2006)  
Terre-Neuve-et-Labrador 16,9 9,0 7,9
Île-du-Prince-Édouard 11,1 1,3 9,8
Nouvelle-Écosse 15,2 6,3 8,9
Nouveau-Brunswick 15,4 8,2 7,2
Québec (langue maternelle autre que français) 7,4 3,2 4,2
Québec (francophones) 10,0 9,3 0,7
Ontario 11,9 8,4 3,5
Manitoba 14,1 8,2 5,9
Saskatchewan 16,9 11,9 5,0
Alberta 18,7 10,6 8,1
Colombie-Britannique 14,7 9,5 5,1
Territoires 17,9 2,3 15,5
Lieu de naissance  
Vivant à l'extérieur de la province de naissance en 2006 25,1 8,9 16,2
Vivant dans la province de naissance en 2006 11,7 9,6 2,2
Nés à l'extérieur du Canada 8,1 4,6 3,5
RMR et AR par rapport aux autres régions (en 2006)  
Régions métropolitaines de recensement ou agglomérations de recensement 12,4 8,1 4,3
Toutes les autres régions 15,7 11,8 3,9

Un facteur important associé à la migration interprovinciale est de savoir si les personnes de métier en infrastructure vivaient dans leur province de naissance en 2006. Parmi les personnes qui vivaient dans leur province de naissance en 2006, 2 % ont changé de province entre 2006 et 2011. En comparaison, on a observé un taux huit fois plus élevé (16 %) chez les personnes qui vivaient à l’extérieur de leur province de naissance en 2006.

Les résidents des petites provinces avaient généralement des taux de migration interprovinciale plus élevés. Par exemple, dans les provinces de l’Atlantique, les taux de migration interprovinciale variaient de 7 % à 10 %. En revanche, 1 % des francophones du Québec étaient des migrants interprovinciaux, comparativement à 4 % des résidents du Québec ayant une autre langue maternelle. Dans l’autre province populeuse, l’Ontario, le taux interprovincial était inférieur à 4 %. Dans l’Ouest, l’Alberta avait des taux de migration interprovinciale relativement plus élevés (8 %). L’Alberta avait également un des plus hauts taux de migration infraprovinciale (11 %), ainsi que la Saskatchewan (12 %). Par conséquent, pour l’ensemble des provinces et territoires, c’est en Alberta que le taux global de migration était le plus élevé en 2011 (19%).

Enfin, les personnes de métier en infrastructure qui vivaient dans les régions rurales et les petits centres de population étaient plus enclines à avoir déménagé dans une autre région de leur province (12 %) que celles qui vivaient dans les agglomérations de recensement et les régions métropolitaines de recensement (8 %). Ces résultats n’ont pas de quoi surprendre, puisque les petites régions perdent parfois de la population au profit des grands centres urbains à proximitéNote 9. Les taux de migration interprovinciale étaient relativement semblables entre, d’une part, les résidents des régions rurales et des petits centres de population, et d’autre part, les résidents des RMR et des AR (4 %).

L'Alberta a gagné de nombreuses personnes de métier, mais elle en a également perdu plusieurs

Les conditions économiques régionales sont des facteurs importants dans la décision de migrer. Plus précisément, si les avantages escomptés de la migration (c.-à-d. meilleures perspectives d’emploi et meilleurs salaires) dépassent les coûts potentiels du déménagement, les personnes peuvent être encouragées à migrer. Les écarts de revenu et de chômage entre les provinces sont donc corrélés avec les tendances migratoiresNote 10.

Récemment, la vague de prospérité de l’Alberta a attiré tous les types de migrants et, en particulier, les personnes de métier en infrastructure. Des 24 400 personnes de métier en infrastructure de 25 à 44 ans qui étaient des migrants interprovinciaux de 2006 à 2011, 35 % sont allées en Alberta (tableau 3). En comparaison, 24 % des migrants interprovinciaux ayant d’autres certificats de métier sont allés en Alberta, contre 23 % de ceux qui avaient un diplôme universitaire. Environ 30 % des personnes qui avaient un niveau de scolarité inférieur à un programme d’études secondaires et 29 % ayant un diplôme d’études secondaires sont allées en Alberta. L’Ontario, province la plus populeuse, était la province de résidence de 11 % des migrants du secteur des métiers en infrastructure en 2011.

Tableau 3
Répartition des personnes de métier en infrastructure âgées de 25 à 44 ans en 2011 qui vivaient dans une autre province ou territoire en 2006 (migrants interprovinciaux), selon le lieu de résidence en 2006 et le lieu de résidence en 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des personnes de métier en infrastructure âgées de 25 à 44 ans en 2011 qui vivaient dans une autre province ou territoire en 2006 (migrants interprovinciaux) Migrants interprovinciaux, Total, Sans diplôme d'études secondaires, Diplôme d'études secondaires, Métiers en infrastructure, Autres certificats ou diplômes de métiers, ou d'apprentissage, Autres certificats ou diplômes d'études collégiales, d'un cégep ou d'un programme universitaire inférieur au baccalauréat et Diplôme universitaire, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Migrants interprovinciaux
Total Sans diplôme d'études secondaires Diplôme d'études secondaires Métiers en infrastructure Autres certificats ou diplômes de métiers, ou d'apprentissage Autres certificats ou diplômes d'études collégiales, d'un cégep ou d'un programme universitaire inférieur au baccalauréat Diplôme universitaire
nombre
Total des migrants interprovinciaux 389 370 28 100 75 500 24 400 16 950 87 700 156 660
  pourcentage
Résidence en 2011  
Terre-Neuve-et-Labrador 3,4 4,6 3,5 6,0 5,4 3,7 2,4
Île-du-Prince-Édouard 0,9 1,1 0,8 0,8 1,0 1,2 0,9
Nouvelle-Écosse 5,7 4,7 5,6 6,5 5,4 6,0 5,6
Nouveau-Brunswick 4,1 4,6 4,8 4,4 5,4 4,4 3,3
Québec 6,6 5,7 5,3 4,4 9,3 5,6 7,9
Ontario 21,3 15,4 17,8 11,5 16,1 20,0 26,8
Manitoba 4,2 5,7 5,0 3,3 4,4 4,3 3,6
Saskatchewan 6,6 10,0 7,8 8,2 7,5 7,0 4,8
Alberta 26,4 30,2 29,0 35,1 24,4 26,7 23,1
Colombie-Britannique 19,3 16,7 19,0 18,4 19,9 19,4 19,8
Territoires 1,6 1,3 1,3 1,4 1,1 1,6 1,8
Résidence en 2006  
Terre-Neuve-et-Labrador 2,7 2,8 2,4 4,1 3,0 2,9 2,5
Île-du-Prince-Édouard 1,0 0,8 1,0 1,0 0,7 1,1 0,9
Nouvelle-Écosse 6,9 5,3 5,7 6,7 5,3 6,2 8,4
Nouveau-Brunswick 4,3 3,5 4,4 3,9 3,7 4,7 4,4
Québec 10,4 7,7 7,5 7,4 10,7 9,2 13,4
Ontario 26,2 23,8 24,5 23,1 21,8 26,4 28,2
Manitoba 5,2 5,7 5,8 4,2 5,9 4,8 5,2
Saskatchewan 4,5 5,8 4,9 3,8 4,8 3,9 4,5
Alberta 22,0 28,4 25,8 29,4 26,6 23,8 16,3
Colombie-Britannique 15,4 14,8 16,6 14,6 15,7 15,6 14,9
Territoires 1,4 1,5 1,4 1,6 1,7 1,5 1,2

Lorsque les personnes qui vivaient en Alberta en 2006 sont exclues de la population migrante interprovinciale, la moitié des personnes de métier en infrastructure (plus de 8 500 personnes) ont déclaré vivre en Alberta en 2011. C’était le plus fort pourcentage de tous les groupes de scolarité.

Toutefois, l’Alberta se caractérisait également par un exode assez prononcé de migrants interprovinciaux. Des 24 400 personnes de métier qui ont migré vers une autre province de 2006 à 2011, 29 % provenaient de l’Alberta. Ainsi, l’Alberta se classait au premier rang non seulement pour ce qui est de la migration d’entrée, mais aussi en ce qui a trait à la migration de sortie (tableau 3, partie du bas).

Une façon d’estimer dans quelle mesure une province a gagné ou perdu de la population en raison de la migration interprovinciale consiste à calculer un ratio de migration, qui indique combien de personnes ont quitté une province (« migrants sortants ») par tranche de 100 personnes entrant dans la province (« migrants entrants »). En Alberta, le ratio se chiffrait à 84 migrants sortants par tranche de 100 migrants entrants. Le plus faible ratio a été observé en Saskatchewan, qui avait 47 migrants sortants par tranche de 100 migrants entrants, et le ratio de migration était également relativement plus faible à Terre-Neuve-et-Labrador (68 migrants sortants par tranche de 100 migrants entrants). En revanche, le ratio de migration était de 201 migrants sortants par tranche de 100 migrants entrants en Ontario, le plus haut ratio de toutes les provinces dans ce groupe de scolarité en particulier (tableau 4).

Tableau 4
Ratios de migration pendant la période de 2006 à 2011, par province ou territoire et plus haut niveau de scolarité
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Ratios de migration pendant la période de 2006 à 2011 Total, Sans diplôme d'études secondaires, Diplôme d'études secondaires, Métiers en infrastructure, Autres certificats ou diplômes de métiers, ou d'apprentissage, Autres certificats ou diplômes d'études collégiales, d'un cégep ou d'un programme universitaire inférieur au baccalauréat et Diplôme universitaire, calculées selon ratio de migration unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Total Sans diplôme d'études secondaires Diplôme d'études secondaires Métiers en infrastructure Autres certificats ou diplômes de métiers, ou d'apprentissage Autres certificats ou diplômes d'études collégiales, d'un cégep ou d'un programme universitaire inférieur au baccalauréat Diplôme universitaire
ratio de migrationNote 1
Provinces et territoires  
Terre-Neuve-et-Labrador 78 61 67 68 56 77 103
Île-du-Prince-Édouard 104 72 130 134 69 92 109
Nouvelle-Écosse 122 112 102 103 97 103 150
Nouveau-Brunswick 106 75 91 90 69 108 132
Québec 158 136 140 170 115 163 169
Ontario 123 154 137 201 136 132 105
Manitoba 125 100 115 127 134 111 146
Saskatchewan 69 58 63 47 63 55 95
Alberta 83 94 89 84 109 89 71
Colombie-Britannique 80 89 88 79 79 80 75
Territoires 88 122 111 113 158 94 65

Pour les autres groupes de scolarité, les ratios de migration étaient également généralement plus faibles à Terre-Neuve-et-Labrador, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique. Soulignons que le Québec, l’Ontario et le Manitoba étaient les seules provinces qui avaient des ratios de migration de 100 ou plus dans tous les groupes de scolarité.

Plus du tiers des migrants interprovinciaux parmi les personnes de métier sont retournés vers leur province de naissance

L’amélioration des perspectives d’emploi peut être un important facteur de motivation de la migration interprovinciale, mais ce n’est pas le seul. En fait, certaines personnes peuvent déménager parce qu’elles souhaitent retourner vers leur lieu d’origine. Dans l’ENM, l’information sur la province de naissance des résidents peut être combinée à des variables sur le lieu de résidence pour calculer la proportion de migrants interprovinciaux qui sont des « migrants de retour » (retournent à leur province de naissance).

Selon cette définition, 28 % de tous les migrants interprovinciaux en 2011 étaient des migrants de retour. Parmi les personnes de métier en infrastructure, la proportion était plus élevée, à 35 %.

Ces résultats masquaient les différences entre les régions de résidence en 2006 — en particulier entre l’Alberta et le reste du pays. Parmi les personnes de métier qui vivaient en Alberta en 2006 et qui avaient quitté la province en 2011, 60 % étaient retournées à leur province d’origine (graphique 1). En comparaison, cette proportion se situait à 33 % chez les migrants sortants de la Colombie-Britannique, et les pourcentages variaient de 16 % à 25 % chez les migrants sortants d’autres provinces.

Graphique 1 Répartition des personnes de métier en infrastructure âgées de 25 à 44 ans en 2011 qui étaient des migrants interprovinciaux, par type de migration de sortie

Description du graphique 1

Il est également possible d’examiner la proportion de migrants entrants qui retournent chez eux par province de résidence en 2011, afin de montrer une autre perspective des migrants de retour.

Par exemple, la grande majorité (86 %) des personnes qui ont migré à Terre-Neuve-et-Labrador étaient nées dans cette province (graphique 2). La proportion de migrants de retour était également relativement plus élevée à l’Île-du-Prince-Édouard (70 %), au Québec (63 %) et au Nouveau-Brunswick (58 %).

Graphique 2 Répartition des personnes de métier en infrastructure âgées de 25 à 44 ans en 2011 qui étaient des migrants interprovinciaux, par type de migration d'entrée

Description du graphique 2

En revanche, la proportion de migrants entrants qui étaient nés dans leur province de résidence en 2011 était la plus faible en Alberta (11 %) et dans les territoires (10 %)Note 11.

Conclusion

Étant donné que certaines régions du pays font possiblement face à des pénuries de main d’œuvre, l’étude des comportements de migration des personnes qualifiées revêt une importance particulière. Sur la base des données de l’ENM, cet article a examiné les comportements de migration des personnes de 25 à 44 ans qui avaient une certification dans les métiers de la construction, la mécanique et la réparation, le travail de précision et la conduite d’équipement lourds et de grues.  Parmi ces « personnes de métier en infrastructure » en 2011, 13 % vivaient dans une autre région cinq ans plus tôt (en 2006). De ces migrants, 9 % ont déménagé dans une autre région de la même province, et 4 % ont déménagé dans une autre province. Toutefois, ces taux n’étaient pas significativement différents de ceux des autres groupes de scolarité. Par exemple, le taux de migration était de 11 % chez les personnes exerçant d’autres types de métiers, et de 16 % chez les diplômés universitaires au cours de la même période. Néanmoins, l’Alberta était particulièrement attrayante pour les personnes de métier en infrastructure : chez celles qui vivaient à l’extérieur de l’Alberta en 2006 et avaient changé de province en 2011, environ la moitié ont déménagé en Alberta.

Ces chiffres masquent le fait qu’une proportion significative des migrants du secteur des infrastructures se compose de migrants de retour (qui retournent dans leur province de naissance). En 2011, plus du tiers des personnes de métier en infrastructure qui ont migré pendant la période de 2006 à 2011 étaient des migrants de retour (comparativement à 28 % de tous les migrants interprovinciaux). La proportion de migrants de retour était particulièrement plus élevée en Alberta, puisque 60 % des migrants sortants de cette province sont retournés vers leur province de naissance. Par conséquent, même si l’Alberta a gagné plus de personnes de métier en infrastructure qu’elle n’en a perdu, elle était caractérisée par un large volume d’entrées et de sorties.

Martin Turcotte est analyste principal et Jeremy Weeks, analyste, à la Division de la statistique du travail de Statistique Canada.

Notes


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