La diversité des grands-parents qui vivent avec leurs petits-enfants

par Anne Milan, Nadine Laflamme et Irene Wong

[Communiqué dans Le Quotidien] [Article intégral en PDF]

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Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

Bien que la plupart des grands-parents ne vivent pas dans le même ménage que leurs enfants adultes et leurs petits-enfants, il arrive que la génération des grands-parents et celle des petits-enfants habitent sous le même toit. Le présent article fournit des renseignements sur le nombre de grands-parents qui se trouvent dans cette situation particulière, ainsi que sur leur situation dans le ménage et leurs caractéristiques ethnoculturelles et sociodémographiques.

  • En 2011, il y avait environ 7 millions de grands-parents âgés de 45 ans et plus vivant dans les ménages privés, soit 57 % de la population de ce groupe d’âge. Les grands-parents avaient, en moyenne, 4,2 petits-enfants.
  • En 2011, près de 600 000 grands-parents de 45 ans et plus vivaient avec leurs petits-enfants, soit 8 % de l’ensemble des grands-parents et 4 % de l’ensemble de la population de ce groupe d’âge.
  • La plupart des grands-parents qui vivaient avec leurs petits-enfants vivaient aussi avec au moins une personne faisant partie de la génération intermédiaire (88 %). Les autres (12 %) vivaient dans des ménages caractérisés par l’absence d’une génération, c’est-à-dire des « ménages sans génération intermédiaire ».
  • La proportion de grands-parents vivant avec leurs petits-enfants était plus élevée chez les personnes de 45 ans et plus ayant déclaré une identité autochtone et une spiritualité autochtone traditionnelle. Des proportions plus élevées ont aussi été observées chez les populations sikhe (parlant en majorité le pendjabi) et hindoue.
  • De l’ensemble des grands-parents vivant avec leurs petits-enfants en 2011, 62 % étaient mariés ou en union libre. Des grands-parents corésidents qui ne vivaient pas en couple, 25 % étaient veufs et 14 % étaient divorcés, séparés ou n’avaient jamais été mariés.

Fin de l'encadré

Introduction

Non seulement la population canadienne vieillit, mais elle connaît aussi une diversification croissante de la situation dans le ménage et de la structure familiale. Même si les Canadiens ont des enfants à un âge plus avancé, ce qui peut accroître l’écart entre les générations, l’espérance de vie relativement élevée fait que les liens entre les générations peuvent durer de nombreuses années. Alors que la majorité des grands-parents ne résident pas dans le même domicile que leurs enfants adultes et leurs petits-enfants, il arrive que la génération des grands-parents et celle des petits-enfants cohabitent. La propension à partager un domicile avec un ou plusieurs petits-enfants peut dépendre de nombreux facteurs, dont les caractéristiques ethnoculturelles, sociodémographiques et économiques de la population.

Fondée sur la population de 45 ans et plus vivant dans les ménages privés, la présente étude donne d’abord un aperçu de l’ensemble des grands-parents au Canada en s’appuyant sur l’Enquête sociale générale (ESG) de 2011. Même si, globalement, les grands-parents présentent certaines caractéristiques ethnoculturelles, sociodémographiques et économiques communes, le profil particulier des grands-parents qui vivent avec un ou plusieurs de leurs petits-enfants peut être assez différent.

Afin de mieux comprendre le profil des grands-parents qui vivent avec des petits-enfants, nous nous servons des données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 pour examiner la prévalence des grands-parents corésidents en fonction de certaines caractéristiques de diversité, dont l’identité autochtone, le statut d’immigrant, l’appartenance à une minorité visible, la langue et la religion. Enfin, chez les grands-parents vivant dans un domicile partagé, nous examinons la situation concernant la génération intermédiaire (c.-à-d. si les grands-parents vivent dans un ménage multigénérationnel ou dans un ménage sans génération intermédiaire), de même que la participation aux paiements effectués par le ménage.

En tant qu’élément du processus de planification appliqué à une population vieillissante, la compréhension de la situation dans le ménage nécessite que l’on examine comment cette dernière peut différer chez divers groupes de population. Étant donné la diversité ethnoculturelle croissante, des situations particulières — comme le partage d’un domicile par plusieurs générations — pourraient être plus fréquentes chez certains groupes que chez d’autres. Il importe de comprendre la situation dans le ménage de ces familles, puisqu’elles pourraient avoir des incidences sur la prestation de soins et de soutien, les ressources financières et les besoins de logement pour ces différentes populations.

En outre, la corésidence a vraisemblablement des répercussions sur chaque génération occupant le domicile. Des échanges de soutien — émotionnel, pratique, financier, ou une combinaison de ces facteurs — peuvent s’établir à divers degrés entre les générations. Le fait que les grands-parents partagent un domicile avec leurs petits-enfants pourrait représenter une ressource importante pour une ou pour les deux générations — ainsi que pour la génération intermédiaire, si celle-ci est présente. Dans les circonstances où les parents sont absents du foyer, les grands-parents peuvent être une source essentielle de soutien pour les petits-enfants à leur charge. Enfin, en raison de l’accroissement de l’espérance de vie et de la diversité ethnoculturelle, la possibilité que les générations des grands-parents et des petits-enfants cohabitent pourrait augmenter dans l’avenir.

Aperçu des grands-parents au Canada

Selon l’Enquête sociale générale de 2011, environ 7 millions de personnes de 45 ans et plus vivant dans les ménages privés, soit 57 % de cette population, étaient des grands-parents — chiffre en hausse par rapport à 50 % en 2001, ce qui reflète vraisemblablement un vieillissement global de la population comparativement à 10 ans plus tôtNote 1.

Indépendamment de leur situation dans le ménage, en 2011, la proportion de femmes qui étaient grands-mères (61 %) était plus élevée que la proportion d’hommes qui étaient grands-pères (52 %). Les femmes sont habituellement plus jeunes que leur conjoint, ont leurs enfants à un plus jeune âge, et ont une plus grande espérance de vie, facteurs qui contribuent tous au fait que les femmes deviennent grands-mères à un plus jeune âge et exercent le rôle de grands-parents plus longtemps que les hommes.

La propension à être un grand-père ou une grand-mère augmente avec l’âge. Il était assez peu fréquent d’être dans cette situation à un jeune âge — moins du quart des adultes de 45 à 54 ans en 2011 — mais la majorité des membres du groupe de 55 à 64 ans étaient des grands-parents (60 %). Parmi ceux âgés de 65 à 74 ans en 2011, 87 % étaient grands-parents, et la proportion augmentait pour atteindre 94 % chez les 75 ans et plus. Cependant, ces proportions ne traduisent ni l’âge où survient la grand-parentalité ni sa durée, et bon nombre de ces personnes plus âgées peuvent être devenues des grands-parents bien des années plus tôt.

La plupart des grands-parents ont plusieurs petits-enfants. Plus précisément, en 2011, 17 % des grands-parents n’avaient qu’un seul petit-fils ou petite-fille, 22 % avaient deux petits-enfants, 27 % en avaient trois ou quatre, et plus du tiers (34 %) en avaient cinq ou plus. En moyenne, les grands-parents avaient 4,2 petits-enfants en 2011, en baisse par rapport à 4,8 en 2001. Bien que les grands-parents puissent devenir plus nombreux dans les décennies à venir en raison du vieillissement de la population, il se pourrait donc que ceux-ci aient à l’avenir un plus petit nombre de petits-enfants par rapport à ce qui est observé aujourd’hui — du moins s’il faut en croire les tendances.

La suite de l’article fournit un profil détaillé des grands-parents qui corésident avec leurs petits-enfants. Ce profil montre que certaines caractéristiques ethnoculturelles et sociodémographiques sont associées à une plus forte probabilité que les grands-parents partagent un domicile avec leurs petits-enfants.

Près de 600 000 grands-parents vivent dans le même domicile que leurs petits-enfants

Tandis que la plupart des grands-parents et leurs petits-enfants résident dans des domiciles distincts, certains d’entre eux vivent ensembleNote 2. Selon l’ENM de 2011, 584 350 grands-parents âgés de 45 ans et plus, ou 4 % de l’ensemble de la population de ce groupe d’âge, vivaient avec leurs petits-enfants. Les grands-parents corésidents représentaient environ 8 % de l’ensemble des grands-parents au Canada (voir Sources de données, méthodes et définitions). Les grands-parents peuvent partager un domicile avec leurs petits-enfants pour de multiples raisons, comme, entre autres, les préférences culturelles, les nécessités financièresNote 3, et la santé.

La majorité des grands-parents qui partageaient un domicile avec leurs petits-enfants — 511 700 ou 88 % en 2011 — vivaient aussi avec une ou plusieurs personnes faisant partie de la génération intermédiaire (tableau 1). Le plus souvent, la génération intermédiaire corésidant avec les grands-parents était un couple (53 % des grands-parents vivant dans un domicile partagé), suivi d’un parent seul (32 %). Les parents seuls pourraient avoir besoin de plus de soutien que ceux vivant en couple. Pour eux, vivre dans un ménage multigénérationnel avec leurs propres parents pourrait être un moyen de mettre en commun les ressources associées aux finances et aux soins de leurs propres enfants. Une proportion plus faible de grands-parents corésidents (moins de 3 %) vivaient avec une génération intermédiaire composée à la fois d’un couple et d’un parent seul, ou d’une combinaison plus complexe.

Tableau 1
Répartition des grands-parents de 45 ans et plus vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants, âge médian, et proportion ayant certaines responsabilités financières dans le ménage, 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 1 Répartition des grands-parents de 45 ans et plus vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants Répartition, Âge médian et Certaines responsabilités financières, calculées selon nombre, pourcentage et ans unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Répartition Âge médian Certaines responsabilités financières
nombre pourcentage ans pourcentage
Total des grands-parents vivant dans un domicile partagé 584 350 100,0 66,2 50,3
Dans un ménage multigénérationnel avec 511 685 87,6 66,2 46,1
Couple 308 305 52,8 68,7 27,6
Parent seul 188 660 32,3 62,2 74,7
Autre 14 710 2,5 60,6 66,1
Dans un ménage sans génération intermédiaire 72 665 12,4 66,0 80,3

En 2011, les 72 700 autres grands-parents de 45 ans et plus vivant dans un domicile partagé faisaient partie d’un ménage avec absence d’une génération — c’est‑à‑dire, sans génération intermédiaire —, soit 12 % de la population de grands-parents corésidents. Les parents peuvent être absents pour diverses raisons et, dans ce genre de familles, les grands-parents assument parfois le rôle de parents, procurant des ressources émotionnelles et/ou financières précieuses à leurs petits-enfants. (Pour un profil des petits-enfants vivant avec leurs grands-parents, voir Petits-enfants qui vivent avec les grands-parents).

En fait, la plupart des grands-parents vivant dans un ménage sans génération intermédiaire (80 %) ou dans un ménage multigénérationnel dont la génération intermédiaire était composée d’un parent seul (75 %) assumaient au moins certaines responsabilités quant aux paiements effectués par le ménageNote 4. En revanche, quand la génération intermédiaire était composée d’un couple, une part plus faible de grands-parents (28 %) participaient financièrement au fonctionnement du ménage. Toutefois, dans ce dernier cas, les grands-parents avaient tendance à être plus âgés (ayant un âge médian de près de 69 ans, comparativement à 66 ans pour ceux vivant dans un ménage sans génération intermédiaire et 62 ans pour ceux vivant avec un parent seul).

Proportion élevée de grands-parents corésidents au Nunavut, surtout chez les Inuits

Les données de l’ENM permettent de cerner les grands-parents qui vivent avec leurs petits-enfants pour une gamme de populations particulières, mais non la population de grands-parents dans son ensemble. La population de grands-parents corésidents ne peut donc pas être exprimée en proportion de l’ensemble de la population de grands-parents, mais elle peut l’être en proportion de l’ensemble de la population âgée de 45 ans et plus.

La proportion de personnes vivant avec au moins un petit-fils ou une petite-fille variait d’un bout à l’autre du pays, et était la plus élevée au Nunavut, où elle se chiffrait à près de 1 personne sur 4 (24 %) de 45 ans et plus en 2011, comparativement à 4 % à l’échelon national (tableau 2). De même, la proportion des personnes de 45 ans et plus qui étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé était relativement élevée dans les Territoires du Nord-Ouest (8 %).

Tableau 2
Proportion de la population de 45 ans et plus dans les ménages privés qui étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants, 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Proportion de la population de 45 ans et plus dans les ménages privés qui étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
  pourcentage
Total des grands-parents corésidents 4,1
Sexe  
Hommes 3,2
Femmes 4,9
Groupe d'âge  
45 à 49 ans 1,2
50 à 54 ans 2,2
55 à 59 ans 3,4
60 à 64 ans 5,0
65 à 69 ans 6,2
70 à 74 ans 7,2
75 à 79 ans 7,4
80 ans et plus 7,4
État matrimonial  
En couple 3,6
Légalement mariés (et non séparés) 3,9
Union libre 1,5
Pas en couple 5,2
Jamais légalement mariés 1,2
Divorcés ou séparés 3,7
Veufs 10,9
Province/territoire  
Terre-Neuve-et-Labrador 4,1
Île-du-Prince-Édouard 3,2
Nouvelle-Écosse 3,3
Nouveau-Brunswick 3,3
Québec 2,0
Ontario 5,2
Manitoba 4,1
Saskatchewan 3,5
Alberta 4,1
Colombie-Britannique 5,4
Yukon 3,5
Territoires du Nord-Ouest 8,3
Nunavut 24,4
Identité autochtone  
Identité autochtone 10,7
Premières NationsNote 1 14,4
MétisNote 1 5,0
InuitsNote 1 22,3
Autre identité autochtoneNote 2 3,6
Identité non autochtone 3,9
Statut d'immigrant  
Non-immigrants 2,5
Immigrants 8,4
Période de l'immigration  
entre 2006 et 2011 20,5
avant 2006 7,7
Âge à l'immigration  
moins de 45 ans 4,3
45 à 54 ans 18,3
55 à 64 ans 43,1
65 ans et plus 53,1
Résidents non permanents 8,7
Langue parlée le plus souvent à la maison  
Officielle 2,7
Anglais 3,2
Français 1,5
Anglais et français 2,7
Officielle et non officielle 7,8
Non officielle 13,9
Italien 5,2
Portugais 10,4
Allemand 3,4
Espagnol 11,0
Mandarin 13,8
Cantonais 12,3
Chinois, s.a.i.Note 3 12,9
Pendjabi 44,0
Tagalog (pilipino, tagal) 14,8
Arabe 9,8
Autre 12,2
Religion  
Bouddhiste 11,6
Chrétienne 3,3
Hindoue 17,7
Juive 1,6
Musulmane 10,5
Sikhe 38,6
Spiritualité autochtone traditionnelle 20,0
Autres religions 3,5
Aucune appartenance religieuse 4,0
Appartenance à une minorité visible  
Minorité visible 12,5
Sud-Asiatique 21,6
Chinois 10,3
Noir 8,4
Philippin 12,5
Latino-Américain 9,7
Arabe 6,5
Asiatique du Sud-Est 11,3
Asiatique occidental 7,2
Coréen 4,6
Japonais 2,8
Minorité visible, n.i.a.Note 4 10,5
Minorités visibles multiples 10,4
Non-appartenance à une minorité visible 2,8
Certaines responsabilités financières  
Oui 2,6
Non 10,8

Dans le Nord, la proportion plus élevée de grands-parents vivant avec leurs petits-enfants pourrait être liée au problème de surpeuplement des logements dans certaines collectivitésNote 5. Le Nunavut affichait aussi la proportion la plus élevée de grands ménages au Canada en 2011, 32 % des ménages comprenant au moins 5 personnes (comparativement à 8 % à l’échelon national). Parmi les ménages nunavois qui comptaient au moins un grand-père corésident ou une grand-mère corésidente, 71 % comptaient au moins 5 personnes (comparativement à 62 % à l’échelon national).

En revanche, dans certaines provinces, la proportion de grands-parents corésidents était inférieure à la moyenne nationale, surtout au Québec (2 %). En fait, 25 % de l’ensemble de la population de 45 ans et plus vivaient au Québec, mais 12 % seulement des grands-parents corésidents appartenant à ce groupe d’âge vivaient dans cette province.

Les personnes qui ont déclaré une identité autochtoneNote 6 — dont la prévalence est plus élevée dans certaines régions du pays que dans d’autres — étaient également proportionnellement plus susceptibles de vivre avec des petits-enfants (11 % en 2011). En particulier, plus du cinquième (22 %) des personnes de 45 ans et plus qui s’étaient identifiées comme étant inuites étaient des grands-parents corésidents, proportion qui passait à près du tiers (33 %) pour les Inuits vivant au NunavutNote 7. En 2011, la proportion était également relativement élevée chez les personnes s’étant identifiées comme étant membres des Premières NationsNote 8 (14 %). Les membres des Premières Nations vivant dans les réserves en 2011 étaient également plus susceptibles d’être des grands-parents corésidents (27 %) que ceux vivant hors réserve (8 %). Par contre, la proportion chez les personnes s’étant identifiées comme étant métisses (5 %) était plus proche de celle observée pour les personnes n’ayant déclaré aucune identité autochtone (4 %).

Plusieurs caractéristiques uniques liées à la famille pourraient expliquer la proportion plus élevée de grands-parents corésidents dans la population autochtone, y compris l’adoption selon les coutumes autochtones, qui est « la sélection par les parents biologiques (ou leurs aînés) de personnes pouvant adopter un enfant, selon les pratiques autochtones traditionnelles »Note 9. En outre, les niveaux de fécondité sont plus élevés chez les populations d’identité autochtone, en particulier les Inuits, que chez le reste de la populationNote 10, ce qui signifie que les membres de la population autochtone pourraient être plus susceptibles d’être des grands-parents. Comme il est mentionné plus haut, les collectivités du Nord, dont bon nombre abritent une population autochtone proportionnellement grande, pourraient aussi ne pas disposer de suffisamment de logements.

Parmi les personnes qui ont déclaré une identité autochtone et qui étaient des grands-parents corésidents en 2011, environ la moitié d’entre eux (49 %) partageaient un ménage avec un parent seul comme génération intermédiaire et 17 % partageaient un ménage avec un couple comme génération intermédiaire (graphique 1). L’opposé a été observé chez la population non autochtone, pour laquelle il était plus fréquent que les grands-parents cohabitent avec un couple (56 %) qu’avec un parent seul (31 %) comme génération intermédiaire. Bien que les échantillons soient faibles, les grands-parents corésidents inuits étaient nettement plus susceptibles que les autres de vivre avec une génération intermédiaire complexe (11 % comparativement à un peu moins de 3 % à l’échelon national), ce qui reflète l’interaction de divers facteurs culturels et économiques chez cette population, y compris l’importance de la famille étendue.

Répartition des grands-parents de 45 ans et plus vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants selon l'identité autochtone et la composition de la génération intermédiaire, 2011

Description du graphique 1

Une part plus importante de la population autochtone était composée de grands-parents vivant dans un ménage sans génération intermédiaire (27 %) que dans le cas de la population non autochtone (11 %), mais cette situation était plus fréquente chez les Métis et les membres des Premières Nations (28 % dans chaque cas) que chez les Inuits (18 %).

Le caractère distinctif des familles autochtones s’observe aussi lorsqu’on considère les personnes qui assument les responsabilités financières dans le ménage. Alors que la moitié (50 %) des grands-parents corésidents assumaient une certaine responsabilité financière dans le ménage en 2011, la proportion était plus près des trois quarts (73 %) chez ceux ayant une identité autochtone. Même quand la génération intermédiaire était composée d’un couple, 55 % des grands-parents ayant une identité autochtone assumaient certaines responsabilités financières — proportion variant de 49 % chez les grands-parents métis à 57 % chez les membres des Premières Nations — comparativement à 27 % pour la population non autochtone.

Le cinquième des nouveaux immigrants âgés de 45 ans ou plus vivent avec leurs petits-enfants

Pour certaines populations, comme les immigrantsNote 11, vivre avec des enfants adultes ou des personnes apparentées peut être une stratégie de survie financièreNote 12. Les immigrants représentaient 26 % de l’ensemble de la population de 45 ans et plus en 2011, et plus de la moitié des grands-parents corésidents (54 %). Les parents ou les grands-parents qui arrivent de l’étranger — parrainés dans le cadre du Programme de réunion des familles — sont tenus par l’administration publique fédérale d’être soutenus financièrement par les personnes qui les parrainent pendant les 10 premières années de résidence durant lesquelles ils n’ont pas droit à l’aide publique au revenuNote 13. Par conséquent, pour les nouveaux immigrants venus au Canada dans le cadre de la politique de réunification familiale, les enfants adultes et d’autres personnes apparentées peuvent être une source importante de sécurité financière.

En 2011, plus de 8 % de la population immigrante de 45 ans et plus partageait un domicile avec leurs petits-enfants comparativement à moins de 3 % de leurs homologues nés au Canada (tableau 2). Toutefois, la population immigrante est très diversifiée, étant donné que certains immigrants pourraient être arrivés au Canada durant une période antérieure de leur vie, alors qu’ils étaient des enfants, de jeunes adultes, des adultes d’âge moyen ou des adultes plus âgés, peut-être pour être réunis avec des membres de la famille déjà établis dans le pays.

Parmi les nouveaux immigrants âgés de 45 ans et plus et arrivés au Canada entre 2006 et 2011, 21 % étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé, alors que cela était le cas de 8 % des immigrants arrivés avant 2006. En outre, plus de la moitié (53 %) des immigrants âgés de 65 ans et plus à leur arrivée au Canada étaient des grands-parents corésidents, comparativement à 4 % de ceux arrivés quand ils avaient moins de 45 ans, ce qui confirme l’importance du soutien et des réseaux familiaux pour les immigrants âgés qui arrivent dans le paysNote 14.

Parmi la population de grands-parents immigrants corésidents, 95 % de ceux arrivés au Canada avant 2006 vivaient dans un ménage multigénérationnel en 2011, et la proportion était plus élevée (99 %) chez ceux qui étaient arrivés récemment (graphique 2). Alors que la majorité des grands-parents corésidents nés au Canada vivaient aussi dans un ménage comprenant une génération intermédiaire, la proportion était comparativement plus faible — 78 % en 2011 — de sorte que la proportion faisant partie de ménages sans génération intermédiaire était plus élevée, soit 22 %.

Répartition des grands-parents de 45 ans et plus vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants selon le statut d'immigrant et la composition de la génération intermédiaire, 2011

Description du graphique 2

Plus précisément, la proportion de grands-parents corésidents vivant avec un couple comme génération intermédiaire était plus élevée chez les immigrants (70 %), particulièrement les nouveaux immigrants (85 %), que chez les grands-parents nés au Canada (33 %). En fait, la proportion de grands-parents nés au Canada qui vivaient avec un parent seul (43 %) était supérieure à la proportion vivant avec un couple (33 %) et à la proportion vivant dans un ménage sans génération intermédiaire (22 %).

Un peu plus du tiers (37 %) des grands-parents immigrants corésidents et 19 % de ceux arrivés récemment servaient de soutien financier en 2011, comparativement à 66 % chez leurs homologues nés au Canada. Cela corrobore les résultats d’une étude antérieure indiquant que, chez les nouveaux immigrants, les parents sont plus susceptibles de vivre avec leurs enfants adultes et être à la charge financière de ceux-ci que chez les immigrants de plus longue dateNote 15. Il convient toutefois de souligner que les parents et/ou les grands-parents parrainés peuvent contribuer au soutien du ménage d’une autre façon, par exemple, en fournissant un soutien fonctionnel ou émotionnel, comme s’occuper de la maison ou garder les enfants, ou les deuxNote 16.

De nombreuses personnes parlant le pendjabi sont des grands-parents corésidents

La langue parlée le plus fréquemment à la maison est également associée au fait d’être un grand-père ou une grand-mère vivant dans un domicile partagé. Les grands-parents de 45 ans et plus qui vivaient avec au moins un petit-fils ou une petite-fille étaient plus de trois fois plus susceptibles de parler le plus souvent une langue non officielle à la maison (39 %) en 2011, comparativement à l’ensemble de la population de ce groupe d’âge (12 %). Vu sous un autre angle, 14 % des personnes de 45 ans et plus qui parlaient une langue non officielle à la maison vivaient avec leurs petits-enfants, comparativement à 3 % de celles qui parlaient uniquement une langue officielle. Les proportions les plus élevées ont été observées chez les personnes qui parlaient le plus souvent le pendjabi, parmi lesquelles 44 % de la population de 45 ans et plus étaient des grands-parents vivant avec leurs petits-enfants (graphique 3); venaient ensuite les personnes qui parlaient le plus souvent le tagalog (15 %), également appelé tagal ou pilipino, et le mandarin (14 %)Note 17.

Proportion de la population de 45 ans et plus qui étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants selon la langue parlée le plus souvent à la maison, 2011

Description du graphique 3

La proportion la plus élevée de grands-parents corésidents vivant dans un ménage multigénérationnel a été observée chez ceux qui parlaient le plus souvent le pendjabi, le mandarin ou l’arabe (au moins 98 % dans chaque cas) à la maison (graphique 4). La proportion la plus importante de grands-parents corésidents parlant le pendjabi vivaient avec un couple comme génération intermédiaire (89 %), tandis que 7 % d’entre eux vivaient avec un parent seul comme génération intermédiaire. Par contre, chez les grands-parents corésidents qui parlaient le plus souvent une langue officielle à la maison, une proportion plus importante vivaient avec un parent seul (41 %) plutôt qu’avec un couple (37 %) comme génération intermédiaire — le seul groupe linguistique affichant ce profil — et 19 % d’entre eux vivaient dans un ménage sans génération intermédiaire, soit la proportion la plus élevée parmi tous les groupes linguistiques.

Répartition des grands-parents de 45 ans et plus vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants selon la langue parlée le plus souvent à la maison et la composition de la génération intermédiaire, 2011

Description du graphique 4

Les circonstances économiques de ces grands-parents corésidents pourraient être reflétées par les tendances en ce qui concerne les personnes assumant la responsabilité financière du ménage. Alors que 25 % des grands-parents corésidents qui parlaient le plus souvent le pendjabi à la maison apportaient un soutien financier en 2011, c’était le cas d’environ 63 % de grands-parents qui parlaient le plus souvent une langue officielle à la maison. Cela donne à penser qu’il pourrait exister des raisons culturelles ainsi que des avantages économiques à la corésidence.

Presque tous les grands-parents sikhs et hindous corésidents vivent dans un ménage multigénérationnel

L’affiliation religieuse, qui est un autre indicateur de l’importance des attributs culturels, était également associée au fait d’être un grand-père ou une grand-mère vivant dans un domicile partagé. La proportion de personnes de 45 ans et plus de religion sikhe et qui étaient des grands-parents corésidents était de 39 % en 2011, comparativement à 4 % chez leurs homologues sans affiliation religieuse (graphique 5). Les personnes au milieu de la quarantaine ou plus âgées qui ont indiqué qu’elles étaient affiliées à la spiritualité autochtone traditionnelle ou à la religion hindoue comptaient aussi des proportions relativement élevées de grands-parents vivant dans un domicile partagé (20 % et 18 %, respectivement). Par contre, les proportions les plus faibles de personnes de 45 ans et plus qui étaient des grands-parents dans un domicile partagé — encore plus faibles que celles observées pour les personnes ayant déclaré n’être affiliées à aucune religion — ont été observées chez les personnes ayant déclaré être chrétiennes (3 %) ou juives (moins de 2 %).

Proportion de la population de 45 ans et plus qui étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants et proportion des grands-parents corésidents dans les ménages multigénérationnels, selon la religion, 2011

Description du graphique 5

Même si la proportion de grands-parents corésidents affiliés à la religion sikhe, à la spiritualité autochtone traditionnelle ou à la religion hindoue est plus élevée que chez les personnes n’ayant pas ces affiliations, il existe des différences de composition de la génération intermédiaire entre ces groupes. En 2011, presque tous les grands-parents sikhs et hindous (99 % de chaque groupe) vivaient dans un domicile partagé comprenant une génération intermédiaire, principalement un couple (dans le cas de 88 % et de 85 % de ces grands-parents corésidents, respectivement). Par contre, 71 % des grands-parents ayant déclaré une spiritualité autochtone traditionnelle vivaient dans un ménage multigénérationnel, y compris 15 % vivant avec un couple comme génération intermédiaire. Les autres (29 %) vivaient dans des ménages sans génération intermédiaire — soit plus du double de la moyenne nationale (12 %), et nettement davantage que ceux affiliés à la religion sikhe ou hindoue (environ 1 % de chaque groupe).

Dans l’ensemble, une proportion relativement faible de grands-parents corésidents sikhs et hindous assumaient la responsabilité de certains paiements du ménage, soit 27 % et 24 % respectivement en 2011, car la plupart de ces grands-parents vivaient avec un couple appartenant à la génération intermédiaire, situation dans laquelle les grands-parents sont moins susceptibles d’être un soutien financier. À l’inverse, chez les grands-parents affiliés à la spiritualité autochtone traditionnelle, 74 % assumaient certaines responsabilités de soutien du ménage, sans doute le reflet des proportions relativement élevées de ces grands-parents vivant dans un ménage sans génération intermédiaire ou dans un ménage où la génération intermédiaire est composée d’un parent seul.

À bien des égards, les résultats obtenus en fonction de l’affiliation religieuse sont en lien avec ceux observés pour d’autres caractéristiques ethnoculturelles et de diversité. Ainsi, une grande majorité des grands-parents corésidents sikhs parlait le plus souvent le pendjabi à la maison (92 %). Il existait aussi une association étroite entre la spiritualité autochtone traditionnelle et l’identité autochtone; chez les grands-parents corésidents ayant déclaré comme religion la spiritualité autochtone traditionnelle, 99 % avaient également fait état d’une identité autochtone. Cela implique que les personnes qui contribuent aux proportions plus élevées observées pour certaines religions sont également celles qui contribuent aux proportions plus élevées observées pour les caractéristiques ethnoculturelles connexes.

De même, l’appartenance à un groupe de minorité visibleNote 18 était associé à la prévalence d’être un grand-père ou une grand-mère vivant dans un domicile partagé. En 2011, 12 % des membres de minorités visibles âgés de 45 ans et plus vivaient avec leurs petits-enfants, comparativement à 3 % des personnes de cet âge n’appartenant pas à un groupe de minorité visibleNote 19. Parmi la population des minorités visibles, la proportion la plus élevée de grands-parents au milieu de la quarantaine ou plus âgés vivant dans un domicile partagé a été observée chez les Sud-Asiatiques (22 %). Les proportions plus élevées observées pour les Sud-Asiatiques font écho aux résultats obtenus pour la population sikhe — soit celles parlant le pendjabi  — et la population hindoue.

Chez la plupart des minorités visibles, une grande majorité des grands-parents corésidents (97 %) vivaient dans un ménage multigénérationnel, tandis que 3 % vivaient dans un ménage sans génération intermédiaire, comparativement à 81 % et 19 %, respectivement, pour les autres catégories de grands-parents corésidents (graphique 6). Les proportions les plus importantes de grands-parents corésidents vivant dans un ménage comprenant une génération intermédiaire ont été observées chez les Sud-Asiatiques (99 %), ainsi que chez les Asiatiques occidentaux et les Arabes (98 % dans chaque cas).

Répartition des grands-parents de 45 ans et plus vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants selon l'appartenance à une minorité visible et la composition de la génération intermédiaire, 2011

Description du graphique 6

Par contre, chez les groupes de minorités visibles, la proportion de grands-parents vivant dans un ménage sans génération intermédiaire était la plus élevée chez les Noirs (12 %). Des études récentes sur les ménages multigénérationnels réalisées aux États-Unis ont révélé une proportion plus élevée de Noirs dans des ménages sans génération intermédiaireNote 20. Les Noirs affichaient aussi la proportion la plus importante de grands-parents vivant dans un ménage où la génération intermédiaire était composée d’un parent seul (56 %).

La proportion de grands-parents corésidents qui contribuaient aux paiements du ménage était plus faible dans le cas des minorités visibles (34 %) que chez les autres grands-parents corésidents (62 %). Parmi les groupes de minorités visibles, les grands-parents noirs étaient plus susceptibles d’assumer certaines responsabilités financières dans leur ménage (61 %) — particulièrement quand la génération intermédiaire était composée d’un parent seul (76 %) — ce qui témoigne du plus grand soutien économique dont pourraient avoir besoin ces familles monoparentales.

Le quart des grands-parents vivant avec leurs petits-enfants sont veufs

Tout comme elles étaient plus susceptibles que les hommes d’être grands-parents en général en 2011, les femmes de 45 ans et plus étaient aussi un peu plus susceptibles que les hommes d’être des grands-parents corésidents (5 % contre 3 %), et la proportion augmentait généralement avec l’âge. Un peu plus de 8 % des femmes et environ 6 % des hommes de 70 ans et plus vivaient dans un domicile partagé avec leurs petits-enfants (graphique 7). Bien que la prévalence de résider dans un logement collectif (offrant moins de possibilités de vivre avec les petits-enfants)Note 21 augmente avec l’âge, la majorité de la population continue de vivre en ménage privé jusqu’à un âge avancé.

Proportion de la population de 45 ans et plus qui étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé avec des petits-enfants selon le sexe et le groupe d'âge, 2011

Description du graphique 7

De tous les grands-parents qui vivaient avec leurs petits-enfants en 2011, 62 % étaient mariés ou en union libre. Parmi les grands-parents corésidents qui n’étaient pas en couple, 25 % étaient veufs, comparativement à 9 % pour l’ensemble de la population de 45 ans et plus, ce qui reflète l’âge plus avancé de ces grands-parents. En outre, 14 % des grands-parents vivant avec au moins un petit-fils ou une petite-fille étaient divorcés, séparés ou n’avaient jamais été mariés (comparativement à 21 % de l’ensemble de la population de 45 ans et plus).

D’autres caractéristiques socioéconomiques étaient reliées à la probabilité de vivre avec les petits-enfants. En particulier, les personnes de 45 ans et plus qui ne possédaient pas de diplôme d’études secondaires étaient plus susceptibles d’être des grands-parents vivant dans un domicile partagé (8 %) en 2011 que celles titulaires d’un diplôme universitaire (2 %). Ceci pourrait indiquer un effet d’âge, car les personnes dont le niveau d’études est plus élevé pourraient être plus jeunes et par conséquent moins susceptibles d’être des grands-parents. En outre, 6 % des personnes ne faisant pas partie de la population active (qui ont tendance à être plus âgées) étaient des grands-parents vivant dans un domicile partagé, comparativement à 2 % chez celles qui avaient un emploi.

Conclusion

Les grands-parents et les petits-enfants entretiennent souvent une relation spéciale, qu’ils résident ou non à proximité les uns des autres. Au Canada, la majorité des 7 millions de grands-parents âgés de 45 ans et plus ne vivent pas dans le même domicile que leurs petits-enfants. Cependant, selon l’ENM de 2011, 584 350 grands-parents au milieu de la quarantaine ou plus âgés vivaient avec leurs petits-enfants, ce qui représente environ 4 % des grands-parents de ce groupe d’âge et 8 % de l’ensemble des grands-parents. Il peut exister plusieurs raisons de vivre dans le même domicile que les petits-enfants, et celles‑ci peuvent évoluer avec le temps, les grands-parents assumant à la fois le rôle de fournisseur de soins et de bénéficiaire de soins à divers degrés. Dans les ménages caractérisés par l’absence d’une génération, c’est‑à‑dire sans génération intermédiaire, les grands-parents peuvent devoir assumer des responsabilités supplémentaires, comme offrir un foyer aux petits-enfants dont les parents ne sont pas disponibles ou éprouvent des difficultés.

Les caractéristiques qui prédominent chez la population de grands-parents qui corésident avec leurs petits-enfants sont souvent de nature ethnoculturelle, ou reliées à l’identité autochtone. La prévalence des grands-parents corésidents était plus élevée chez ceux ayant une identité autochtone ou une affiliation avec la spiritualité autochtone traditionnelle, et chez ceux affiliés à la religion sikhe ou hindoue. Les proportions plus élevées de grands-parents de religion sikhe ou hindoue reflétaient les proportions plus élevées de grands-parents corésidents observées chez ceux en provenance d’Asie du Sud. De même, les proportions plus élevées observées parmi la population sikhe reflétaient les résultats observés chez ceux qui parlaient principalement le pendjabi à la maison.

La majorité des grands-parents corésidents vivaient dans un domicile qu’ils partageaient également avec une génération intermédiaire, qui, dans la plupart des cas, était composée d’un couple, et dans une moindre proportion, d’un parent seul. Enfin, une proportion plus faible de grands-parents corésidents vivaient dans un ménage sans génération intermédiaire. La plupart des grands-parents vivant dans un ménage sans génération intermédiaire ou dans un ménage avec un parent seul comme génération intermédiaire contribuaient financièrement au fonctionnement du ménage, mais cette situation était moins fréquente lorsque la génération intermédiaire du ménage était un couple. La composition de la génération intermédiaire variait également en fonction des caractéristiques de diversité.

Étant donné la diversité croissante ainsi que le vieillissement de la population canadienne, il se pourrait que la proportion de domiciles où vivent à la fois des grands-parents et leurs petits-enfants augmente encore davantage dans l’avenir. Les caractéristiques ethnoculturelles particulières qui sont associées au fait que les grands-parents vivent dans un domicile partagé pourraient avoir une incidence sur la façon dont ceux-ci vivent leur vieillesse — à mesure qu’ils continuent d’avancer en âge — de même que sur leurs réseaux de soins et de support.

Anne Milan est analyste principale et Nadine Laflamme est analyste à la Division de la démographie de Statistique Canada. Irene Wong est analyste à la Division de l’accès aux microdonnées de Statistique Canada.

Notes

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