Profils d'emploi des familles avec enfants

par Sharanjit Uppal

[Communiqué dans Le Quotidien] [Article intégral en PDF]

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Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

Cette étude examine les profils d’emploi des familles avec enfants de moins de 16 ans pour la période allant de 1976 à 2014, et jette un regard particulier sur les familles composées d’un couple avec enfants. Cet article se penche également sur les différences régionales sur le plan des régimes de travail des parents et fournit des renseignements additionnels sur les profils d’emploi des parents seuls.

  • En 2014, 69 % de familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans étaient des familles à deux soutiens, en hausse par rapport à 36 % en 1976. Dans près des trois quarts des familles à deux soutiens, les deux parents travaillaient à temps plein en 2014.
  • En 2014, les familles à un soutien représentaient 27 % des familles comptant un couple avec enfants, en baisse par rapport à 59 % en 1976. Les familles dont les deux parents étaient sans travail représentaient 4 % des familles comptant un couple avec enfants en 2014 (comparativement à environ 6 % en 1976).
  • Parmi les 27 % de familles à un soutien, 16 % comprenaient une mère au foyer et 2 %, un père au foyer. Les autres (9 %) comptaient un parent qui était chômeur, fréquentait l’école ou avait une incapacité permanente.
  • Sur le plan régional, l’Alberta affichait la proportion la plus faible de familles à deux soutiens en 2014 (65 % des familles comptant un couple avec enfants), tandis que la Saskatchewan (74 %) et le Québec (73 %) enregistraient les proportions les plus élevées. L’Alberta comptait aussi la proportion la plus élevée de familles avec un parent au foyer (26 % des familles comptant un couple avec enfants).
  • Les mères au foyer avaient un plus faible niveau de scolarité, avaient un plus grand nombre d’enfants de moins de 16 ans et étaient plus jeunes que les mères ayant un emploi. Les pères au foyer avaient un plus faible niveau de scolarité, avaient moins d’enfants et étaient plus âgés que les pères ayant un emploi.

Fin de l'encadré

Introduction

Au cours des dernières décennies, l’activité des femmes sur le marché du travail s’est accrue, de même que la participation des hommes aux soins prodigués aux enfants. L’augmentation de l’activité féminine a été sous-tendue principalement par l’évolution des attitudes culturelles, la hausse des niveaux de scolarité des femmes et les conditions générales du marché du travailNote 1. Cependant, d’autres facteurs, dont la flexibilité de l’horaire de travail (comme le travail à temps partiel) et le soutien de la famille (services de garde d’enfants subventionnés, prestations pour enfants et congé parental rémunéré), ont également contribué à l’évolution de l’activité des femmesNote 2.

L’activité accrue des femmes sur le marché du travail a entraîné des modifications de la structure d’emploi des familles, particulièrement dans les années 1980 et 1990. Ainsi, au Canada, le pourcentage de familles à deux soutiens (avec enfants de moins de 16 ans) a pris de l’importance entre 1976 et 1997Note 3. Au cours de la même période, le pourcentage de familles monoparentales a doublé, et la proportion de familles dans lesquelles l’épouse était le seul soutien a augmenté. Ces changements ont contribué à une baisse prononcée du pourcentage de familles dans lesquelles l’époux est le seul soutienNote 4.

Ces modifications de la structure d’emploi des familles, surtout la plus grande prévalence de couples à deux soutiens et de parents seuls, ont eu plusieurs conséquences. Ainsi, beaucoup de parents doivent faire face au défi de trouver un juste équilibre entre leurs responsabilités professionnelles et familiales et, afin de surmonter ces difficultés, certains décident de payer pour des services de garde d’enfants et d’autres services ménagers, tandis que d’autres modifient leur formule de travail, parfois en ayant un parent qui travaille et l’autre qui reste au foyerNote 5.

L’objectif principal du présent article est de mettre à jour les tendances de l’emploi des familles avec enfants au moyen des données de l’Enquête sur la population active (EPA) portant sur la période de 1976 à 2014 (voir Sources de données, méthodes et définitions). L’article met aussi l’accent sur les différences provinciales, et fournit des renseignements sur les régimes de travail des parents seuls avec enfants. Dans cet article, les familles avec enfants sont définies comme des familles économiques dans lesquelles au moins un enfant de moins de 16 ans vivait avec un parent, ou avec les deux parents. En 2014, ces familles représentaient 23 % de l’ensemble des unités familiales au Canada, soit 18 % de couples et 5 % de parents seuls (tableau 1). En 1976, la proportion d’unités familiales avec des enfants de moins de 16 ans s’établissait à 39 % (35 % de couples et 4 % de parents seuls).

Tableau 1
Répartition des unités familiales par type de famille, 1976 et 2014
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des unités familiales par type de famille 1976 et 2014, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  1976 2014
pourcentage
Personnes seules 26,7 34,8
Familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans 35,0 18,2
Familles comptant un parent seul avec au moins un enfant de moins de 16 ans 3,6 4,6
Tous les autres types de familles 34,8 42,5

La première partie de l’article traite de l’évolution de la structure de l’emploi des familles avec enfants entre 1976 et 2014. Les régimes de travail à temps plein ou à temps partiel des couples à deux soutiens au cours de la période sont également examinés. En outre, l’article décrit les différences entre les caractéristiques des parents au foyer, des couples à un soutien et à deux soutiens, et des parents seuls. Toutefois, il convient de préciser que la présente étude ne cherche pas à identifier les facteurs qui contribuent à l’évolution de l’offre de travail des ménages au fil du temps, ou ceux associés à la répartition du travail rémunéré au sein des couples, ni les effets des jeunes enfants sur l’offre de travail des femmesNote 6. L’étude fournit plutôt un aperçu de certaines tendances historiques et récentes concernant la structure de l’emploi des familles canadiennes, et fournit des renseignements supplémentaires sur les caractéristiques des familles qui travaillent. Tout au long du présent article, par travail, on entend un travail rémunéré.

Augmentation dans la part des familles à deux soutiens entre 1976 et 2014

Comment les familles avec enfants sont-elles réparties entre les diverses catégories d’emploi? La présente section fournit des renseignements généraux sur la répartition des familles avec enfants de moins de 16 ans, y compris les familles monoparentales. Les autres catégories comprennent les familles comptant un couple à un soutien, à deux soutiens, ou sans soutien. Les pourcentages dans cette section sont exprimés en proportion de l’ensemble des familles avec au moins un enfant de moins de 16 ans.

En 1976, la majorité des familles ayant au moins un enfant de moins de 16 ans étaient des familles à un soutien (53 %), le plus souvent composées d’un père qui travaillait et d’une mère qui ne travaillait pas (graphique 1.1). Les couples à deux soutiens représentaient le tiers des familles avec enfants, et les familles monoparentales (parent occupé ou non) — dirigées par une mère dans la vaste majorité des cas — représentaient environ le dixième de ces familles.

Graphique 1.1 Répartition des familles avec au moins un enfant de moins de 16 ans, selon la situation d'emploi, 1976

Description du graphique 1.1

Graphique 1.2 Répartition des familles avec au moins un enfant de moins de 16 ans, selon la situation d'emploi, 2014

Description du graphique 1.2

Au cours des décennies subséquentes, surtout durant les années 1980 et les années 1990, l’activité des femmes sur le marché du travail a significativement augmenté. Le taux d’emploi des femmes est passé de 42 % en 1976 à 58 % en 2014. Chez les femmes de 15 à 64 ans, les changements étaient encore plus prononcés, les taux étant passés de 47 % en 1976 à 69 % en 2014. Le taux d’emploi des hommes a diminué légèrement au cours de la période, pour passer de 73 % en 1976 à 65 % en 2014. Chez les hommes de 15 à 64 ans, le taux d’emploi est demeuré relativement stable (79 % en 1976 comparativement à 75 % en 2014)Note 7.

La hausse des taux d’emploi des femmes a entraîné d’importants changements dans les régimes de travail des familles canadiennes ayant des enfants (graphique 1.2). La proportion de familles à un soutien dont le père était le seul soutien est celle qui a diminué le plus, passant de 51 % en 1976 à 17 % en 2014. Durant la même période, la proportion de couples à deux soutiens a augmenté, passant de 33 % en 1976 à 55 % en 2014. La proportion de familles monoparentales dirigées par une femme a également doublé au cours de la période (passant de 8 % en 1976 à 16 % en 2014).

Plus de la moitié des couples avec enfants travaillaient à temps plein en 2014

À la présente section, des données supplémentaires sont fournies au sujet des régimes de travail des familles comptant un couple avec enfants de moins de 16 ans, c’est-à-dire les familles à deux soutiens, les familles à un soutien et les familles sans soutien (voir Familles monoparentales pour des informations supplémentaires au sujet des régimes de travail des parents seuls). En 2014, le nombre de couples avec enfants de moins de 16 ans s’élevait à 2,8 millions, soit environ le même nombre qu’en 1976.

Au cours des quatre dernières décennies, le nombre de familles à deux soutiens a été à la hausse, ayant presque doublé pour passer de 1,0 million de familles en 1976 à 1,9 million de familles en 2014 (graphique 2). La période complète peut être décomposée en trois parties. D’abord, on observe une période de croissance relativement forte, durant laquelle le nombre de couples à deux soutiens a augmenté de 60 % entre 1976 et 1989. Vient ensuite une période de croissance plus faible, où le nombre de familles dans cette situation a augmenté de 15 %, de 1989 à 2005. Enfin, au cours des dernières années, le nombre de familles à deux soutiens n’a augmenté que légèrement (soit 1 % de 2005 à 2014).

Graphique 2 Nombre de couples à deux soutiens avec au moins un enfant de moins de 16 ans, 1976 à 2014

Description du graphique 2

Même si le nombre de familles à deux soutiens a augmenté presque chaque année durant la période étudiée, il a diminué certaines années, principalement en raison de la stagnation économique. Par exemple, le taux de chômage est passé de 7,6 % en 1981 à 11,0 % en 1982. Durant cette période de deux ans, le nombre de couples à deux soutiens a baissé de 4 %. Des tendances similaires sont également observées pour les périodes de 1990 à 1992 et de 2008 à 2009.

Chez les couples ayant des enfants de moins de 16 ans, la proportion comptant deux soutiens a augmenté, de 36 % en 1976 à 69 % en 2014 (tableau 2). La plupart des couples à deux soutiens étaient composés de deux conjoints travaillant à temps plein, et la proportion a augmenté au cours de la période. En 1976, 24 % des couples ayant des enfants avaient deux parents qui travaillaient à temps plein (soit les deux tiers des couples à deux soutiens). En 2014, la proportion avait augmenté pour s’établir à plus de 50 % (soit les trois quarts des couples à deux soutiens). Cela laisse entendre que non seulement l’activité des femmes sur le marché du travail a augmenté, mais aussi l’intensité du travail. La part des couples dont l’époux travaillait à temps plein et l’épouse, à temps partiel, exprimée en proportion de l’ensemble des couples, a augmenté également, quoique plus lentement (étant passée de 12 % à 15 %).

Tableau 2
Situation d'emploi des familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Situation d'emploi des familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans 1976 et 2014, calculées selon en milliers et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  1976 2014 1976 2014
en milliers pourcentage
Total des couples 2 825 2 753 100,0 100,0
Deux soutiensNote pour le tableau 2 1 1 014 1 901 35,9 69,1
Les deux époux travaillent à temps plein 673 1 402 23,8 50,9
Époux à temps plein, épouse à temps partiel 329 422 11,7 15,3
Épouse à temps plein, époux à temps partiel 7 55 0,2 2,0
Les deux époux à temps partiel 5 23 0,2 0,8
Un seul soutien 1 657 736 58,6 26,7
Le seul soutien est le père 1 593 585 56,4 21,2
Mère chômeuse 95 86 3,3 3,1
Mère inactive 1 498 499 53,0 18,1
Incapacité permanente 3 12 0,1 0,4
Va à l'école 30 41 1,1 1,5
Reste au foyerNote pour le tableau 2 2 1 466 446 51,9 16,2
Le seul soutien est la mère 64 151 2,3 5,5
Père chômeur 33 70 1,2 2,5
Père inactif 31 81 1,1 2,9
Incapacité permanente 6 11 0,2 0,4
Va à l'école 4 16 0,1 0,6
Reste au foyerNote pour le tableau 2 2 21 54 0,7 2,0
Sans soutien 154 116 5,4 4,2

Parmi les couples à un soutien, le conjoint qui ne travaille pas peut soit chercher activement du travail (en chômage) ou ne pas en chercher (inactif). Parmi les conjoints inactifs, certains ne peuvent travailler en raison d’une incapacité permanente, et d’autres fréquentent l’école; ceux-ci ne sont pas considérés comme des parents au foyer dans cet article. Le reste des parents inactifs sont définis comme étant les pères ou les mères au foyer.

Les familles à un soutien représentaient 27 % de l’ensemble des familles comptant un couple avec enfants en 2014, en baisse par rapport à 59 % en 1976. Dans la plupart des cas, le père était nettement plus susceptible d’être le seul parent ayant un travail, même en 2014 (21 % de l’ensemble des familles comptant un couple avec enfants, soit environ 8 familles à un soutien avec enfants sur 10).

Cependant, il y a eu une augmentation soutenue du nombre de familles ayant la mère pour seul soutien. En 2014, les 151 000 familles à un soutien dont la mère travaillait représentaient 21 % des familles à un soutien (comparativement à 4 % en 1976) et un peu moins de 6 % des familles comptant un couple avec enfants.

Parmi les familles à un soutien, la situation du parent ne travaillant pas variait selon que la mère ou le père était le seul soutien de la famille. Parmi les familles dont le père était le soutien, la plupart des mères étaient un parent au foyer ne faisant pas partie de la population active. Toutefois, le nombre de mères au foyer, exprimé en proportion du nombre de mères ne travaillant pas a diminué au fil du temps. En 1976, par exemple, parmi les mères ne travaillant pas et faisant partie d’une famille à un soutien, 9 sur 10 étaient des mères au foyer. Les autres étaient chômeuses, étudiantes ou avaient une incapacité permanente. En 2014, les trois quarts des mères ne travaillant pas étaient des mères au foyer, tandis que l’autre quart était des mères chômeuses, étudiantes ou qui souffraient d’une incapacité permanente.

En revanche, les pères ne travaillant pas étaient moins susceptibles que les mères d’êtres des parents au foyer. Parmi les familles à un soutien dont la mère travaillait, environ la moitié des pères étaient chômeurs les deux années (52 % en 1976 et 46 % en 2014), et environ le tiers était des pères au foyer (32 % en 1976 et 36 % en 2014).

Le nombre de familles à un soutien avec un parent au foyer a diminué, passant de 1,5 million en 1976 à 500 000 en 2014. Le nombre de familles avec mère au foyer a diminué de 1 million, tandis que celui des familles avec père au foyer a augmenté de 33 000 (graphique 3). Le nombre de mères au foyer a baissé presque chaque année entre 1976 et 2014. La plus grande partie du recul a eu lieu entre 1976 et 1991 (851 000 comparativement à 169 000 entre 1991 et 2014).

Graphique 3 Nombres de mères et de pères au foyer avec au moins un enfant de moins de 16 ans, 1976 à 2014

Description du graphique 3

Par contre, même si le nombre de familles à un soutien avec père au foyer a suivi une tendance à la hausse, certaines périodes ont été caractérisées par un recul. La plupart de ces périodes de recul correspondaient à des périodes d’expansion de l’emploi après un ralentissement économique (par exemple, 1984, 1994 à 1997, 2003 à 2005, et 2010).

En raison de ces tendances, les familles avec père au foyer représentaient 11 % de l’ensemble des familles canadiennes avec un parent au foyer en 2014. En comparaison, la proportion était inférieure à 2 % en 1976.

L’Alberta affichait la proportion la plus élevée de familles ayant un parent au foyer en 2014

Par rapport à l’ensemble des familles comptant un couple avec enfants, la proportion de familles avec un parent au foyer était de 53 % en 1976 et de 18 % en 2014. En 1976, c’est au Québec que la proportion de familles comptant un couple avec un parent au foyer était la plus élevée (59 %). À l’autre extrémité, l’Ontario comptait la proportion la plus faible (49 %).

Au cours de la période, la proportion de familles avec un parent au foyer a diminué dans toutes les provinces. Cependant, l’ampleur du changement variait d’une province à l’autre. En 2014, l’Alberta affichait la proportion la plus élevée de familles comptant un couple avec un parent au foyer (26 %), et le Québec, la proportion la plus faible (13 %). Il semble donc que la proportion de familles avec un parent au foyer a diminué plus rapidement au Québec que dans toute autre région du pays.

Le nombre de pères au foyer a également augmenté dans toutes les provinces, mais à des taux différents. Un moyen d’étudier l’évolution du profil des familles avec un parent au foyer consiste à examiner la proportion de ces familles dont le père est au foyer. Par exemple, en 1976, les provinces de l’Atlantique affichaient la proportion la plus élevée de pères au foyer (3 % de toutes les familles ayant un parent au foyer); les proportions dans les autres provinces étaient inférieures à 2 % (graphique 4).

Graphique 4 Pères au foyer en proportion des familles avec un parent au foyer, selon la région ou la province, 1976 et 2014

Description du graphique 4

De 1976 à 2014, la proportion de pères au foyer a augmenté plus rapidement au Québec (une hausse de 14 points de pourcentage) et dans les provinces de l’Atlantique (une hausse de 13 points de pourcentage). En revanche, l’accroissement a été plus faible en Alberta (moins de 4 points de pourcentage). L’écart entre les proportions provinciales de pères au foyer s’est donc accentué. En 2014, les provinces de l’Atlantique enregistraient encore la proportion la plus élevée de familles avec père au foyer (16 % des familles avec un parent au foyer), suivies de près par le Québec (15 %). À l’opposé, l’Alberta affichait la proportion la plus faible (4 %)Note 8.

Les écarts interprovinciaux étaient également importants en ce qui concerne la proportion de familles à deux soutiens (graphique 5). En 1976, l’Alberta possédait la proportion la plus élevée de couples à deux soutiens (43 % des familles comptant un couple avec enfants), suivie par l’Ontario (42 %). Les provinces de l’Atlantique et le Québec affichaient les proportions les plus faibles (27 % et 29 %, respectivement). De 1976 à 2014, la proportion de couples à deux soutiens a augmenté dans toutes les provinces, mais pas de manière uniforme. C’est en Alberta que la proportion de couples à deux soutiens a augmenté le moins, tandis qu’elle a augmenté plus rapidement au Québec et dans les provinces de l’Atlantique. Par conséquent, en 2014, c’est en Alberta que la proportion de couples à deux soutiens était la plus faible (65 %), et en Saskatchewan (74 %) et au Québec (73 %) qu’elle était la plus élevée.

Graphique 5 Couples à deux soutiens en proportion des familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans, selon la région ou la province, 1976 et 2014

Description du graphique 5

Les mères au foyer sont plus jeunes et plus susceptibles d'avoir de jeunes enfant que les mères qui travaillent

Les mères au foyer, les mères faisant partie d’une famille à un soutien et les mères faisant partie d’un couple à deux soutiens pourraient ne pas avoir les mêmes caractéristiques, même si elles appartiennent toutes à des familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans.

Par exemple, les mères au foyer étaient légèrement plus jeunes en moyenne que les mères des familles à un soutien ainsi que les mères faisant partie d’un couple à deux soutiens (tableau 3). L’âge moyen des mères au foyer était de 37 ans, comparativement à 39 ans pour les mères des familles à un soutien et à 38 ans pour celles faisant partie d’un couple à deux soutiens.

Tableau 3
Caractéristiques des mères et des pères des familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans, selon la situation d'emploi de la famille, 2014
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques des mères et des pères des familles comptant un couple avec au moins un enfant de moins de 16 ans Mère, Père, Au foyer, Un soutien et Deux soutiens, calculées selon moyenne et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Mère Père
Au foyer Un soutien Deux soutiens Au foyer Un soutien Deux soutiens
moyenne
Âge moyen 36,6 39,4 38,3 43,2 39,6 40,7
Nombre moyen d'enfants de moins de 16 ans 2,0 1,7 1,7 1,7 2,0 1,7
  pourcentage
Plus de deux enfants de moins de 16 ans 25,4 13,3 13,3 13,3 25,4 13,3
Au moins un enfant de moins de 5 ans à la maison 57,7 36,1 42,6 36,1 57,7 42,5
Tous les enfants âgés de 5 à 15 ans 42,4 63,9 57,4 63,9 42,4 57,5
Niveau de scolarité  
Niveau inférieur à des études secondaires 11,9 6,0 3,3 13,7 11,4 6,1
Diplôme d'études secondaires 29,1 21,5 16,6 30,8 21,5 20,8
Diplôme d'un collège ou d'une école de métiers 29,3 34,3 38,3 28,6 33,3 39,8
Diplôme universitaire 29,7 38,2 41,9 27,0 33,8 33,4
A travaillé l’année précédente 17,1 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 35,8 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
ProfessionNote pour le tableau 3 1  
Gestion 4,9 7,1 7,1 Note F: trop peu fiable pour être publié 12,0 12,6
Affaires, finance et administration 22,6 20,2 25,6 Note F: trop peu fiable pour être publié 9,8 10,3
Sciences naturelles et appliquées 2,6 3,3 4,4 Note F: trop peu fiable pour être publié 13,6 14,0
Secteur de la santé 5,6 14,5 14,6 Note F: trop peu fiable pour être publié 2,4 3,3
Sciences sociales, enseignement, administration publique et religion 15,2 18,4 19,7 Note F: trop peu fiable pour être publié 4,2 6,2
Arts, culture, sports et loisirs 4,3 4,9 3,8 Note F: trop peu fiable pour être publié 1,7 2,2
Ventes et services 36,3 25,6 19,7 17,0 12,9 14,9
Métiers, transport et machinerie 2,9 Note F: trop peu fiable pour être publié 1,7 37,9 29,5 26,0
Secteur primaire 2,4 Note F: trop peu fiable pour être publié 1,1 12,6 6,9 4,0
Transformation, fabrication et services d'utilité publique 3,4 3,4 2,4 Note F: trop peu fiable pour être publié 6,4 6,6
SecteurNote pour le tableau 3 1  
Public 21,0 29,9 32,6 11,2 11,0 17,5
Privé 70,0 58,1 53,6 79,3 67,9 62,6
Travailleurs indépendants 9,0 11,6 13,9 9,9 20,7 19,9
  moyenne
Nombre moyen d'heures habituellement travaillées par semaine Note ..: indisponible pour une période de référence précise 35,7 34,4 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 41,6 40,5
Salaire horaire moyen ($) Note ..: indisponible pour une période de référence précise 25,22 26,10 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 30,36 30,76
Salaire hebdomadaire moyen ($) Note ..: indisponible pour une période de référence précise 908,34 897,95 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 1 249,68 1 225,58

Par conséquent, les mères au foyer étaient également plus susceptibles d’avoir de jeunes enfants. En 2014, 58 % d’entre elles avaient au moins un enfant de moins de 5 ans à la maison. En comparaison, cela était le cas de 36 % de mères dans les familles à un soutien et de 43 % de mères dans les familles à deux soutiens. En outre, les mères au foyer étaient deux fois plus susceptibles que les mères des familles à un soutien et à deux soutiens d’avoir plus de deux enfants de moins de 16 ans.

Les mères au foyer étaient également plus susceptibles d’avoir un niveau de scolarité plus faible. En 2014, 41 % d’entre elles possédaient un diplôme d’études secondaires ou moins. En comparaison, cela était le cas de 28 % des mères des familles à un soutien et de 20 % des mères des familles à deux soutiens.

L’information sur les professions antérieures des parents au foyer était disponible pour ceux qui avaient travaillé durant l’année précédant l’enquête. Environ 17 % de mères au foyer en 2014 avaient travaillé en 2013. La proportion comparable de pères au foyer était de 36 %. Plus du tiers des mères au foyer qui avaient travaillé en 2013 avaient un emploi dans les professions des ventes et des services. En comparaison, environ le quart des mères des familles à un soutien et le cinquième des mères des familles à deux soutiens appartenaient à ce groupe professionnel. Inversement, les mères des familles à un soutien et celles des familles à deux soutiens étaient plus susceptibles que les mères au foyer de travailler dans les professions du secteur de la santé et les professions du groupe des sciences sociales, de l’enseignement, de l’administration publique et de la religion.

Contrairement aux mères au foyer, qui étaient plus jeunes que les mères faisant partie d’une famille à un soutien ou à deux soutiens, les pères au foyer étaient plus âgés (43 ans en moyenne) que les pères des familles à un soutien (40 ans) et à deux soutiens (41 ans). Cependant, comme les mères au foyer, les pères au foyer étaient plus susceptibles d’avoir un plus faible niveau de scolarité. En 2014, 44 % d’entre eux avaient un diplôme d’études secondaires ou moins. En comparaison, 33 % des pères des familles à un soutien et 27 % des pères des familles à deux soutiens avaient un niveau de scolarité comparable.

Plus de la moitié des pères au foyer qui avaient travaillé en 2013 avaient occupé un emploi dans les professions du groupe des métiers, du transport et de la machinerie, ou dans le secteur primaire. Inversement, plus du tiers des pères des familles à un soutien et des familles à deux soutiens étaient employés dans les professions de la gestion, des sciences naturelles et appliquées, ou des affaires, de la finance et de l’administration. Cela n’est pas étonnant, car les pères des familles à un soutien et à deux soutiens avaient un plus haut niveau de scolarité que les pères au foyer. Les pères des familles à deux soutiens étaient aussi plus susceptibles que les autres pères de travailler dans le secteur public (18 % contre 11 %)Note 9.

Conclusion

Au cours des dernières décennies, l’activité des femmes sur le marché du travail a augmenté en raison d’une évolution des attitudes culturelles, de l’amélioration de l’éducation des femmes et de l’amélioration générale des conditions sur le marché du travail. Cette situation a entraîné un changement des tendances de l’emploi chez les familles canadiennes. Le présent article s’appuie sur les données de l’EPA couvrant la période de 1976 à 2014 pour examiner certains de ces changements chez les familles ayant des enfants de moins de 16 ans. Par exemple, de 1976 à 2014, la proportion de familles comptant un couple dont le père était le seul soutien est passée de 56 % à 21 %. Au cours de la même période, la proportion de couples à deux soutiens a presque doublé parmi les familles comptant un couple avec enfants, passant de 36 % à 69 %. Les familles qui comprennent deux parents occupés à temps plein représentent maintenant au moins la moitié de l’ensemble des familles comptant un couple avec enfants au Canada.

Globalement, le nombre de familles avec un parent au foyer est passé de 1,5 million en 1976 à 500 000 en 2014, recul attribuable en grande partie à la diminution du nombre de mères au foyer. Si l’on considère l’ensemble des familles dont un parent était au foyer, ce parent était le père dans 11 % des cas en 2014, comparativement à moins de 2 % en 1976.

Les caractéristiques des parents au foyer étaient différentes de celles des autres parents. Les mères au foyer étaient généralement plus jeunes et plus susceptibles d’avoir des enfants de moins de 5 ans que les mères des familles à un soutien et à deux soutiens. Inversement, les parents des familles à deux soutiens étaient plus susceptibles d’avoir fait des études universitaires que les parents au foyer. Enfin, les parents au foyer qui avaient travaillé l’année précédente (en 2013) avaient aussi tendance à avoir des professions différentes de celles des parents des familles à deux soutiens ou à un soutien.

Sharanjit Uppal est analyste principal à la Division de la statistique du travail à Statistique Canada.

Notes

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