Profil et résultats sur le marché du travail des titulaires de doctorat des universités de l'Ontario

par Louise Desjardins

Chapitre 1
Introduction

Ces dernières années, un certain nombre de discussions se sont tenues au Canada et dans d'autres pays concernant la valeur de l'obtention d'un doctorat. Certains prétendent que le pays connaît un excédent de titulaires de doctorat par rapport à la demande sur le marché du travail de ces diplômés hautement qualifiés, tandis que d'autres sont d'avis que le Canada tire de l'arrière par rapport aux autres pays développés quant à la production de titulaires de doctorat1.

La façon dont le marché du travail absorbe les nouveaux titulaires de doctorat se situe au centre de ce débat. Selon les données du Recensement de 2006, plus des deux tiers des titulaires de doctorat qui travaillaient à temps plein au Canada étaient employés par le secteur public en 2005 (67 %). Cette proportion de travailleurs était répartie entre les services d'enseignement (47 %), les soins de santé et l'assistance sociale (11 %) et les administrations publiques (9 %), seulement le tiers des diplômés travaillant dans le secteur privé.

Les données du recensement montrent aussi qu'entre 1981 et 2006, le nombre total de professeurs d'université a presque doublé au Canada, passant de 18 135 à 34 1402. Cette augmentation rend compte de la croissance importante du nombre d'étudiants inscrits à l'université et de la création de nouveaux programmes universitaires au cours de cette période.

Toutefois, cela ne s'est pas nécessairement traduit par un plus grand nombre de postes permanents à temps plein pour les jeunes professeurs. La proportion globale de postes permanents ou menant à la permanence pour les titulaires de doctorat travaillant à temps plein dans les universités canadiennes a diminué de 10 points de pourcentage entre 1981 et 2007, passant de 79,8 % pour l'année scolaire 1980-1981 à 70,3 % pour l'année scolaire 2006-2007. La baisse a été encore plus marquée pour les professeurs âgés de moins de 35 ans. En 1980-1981, le tiers des professeurs de moins de 35 ans (35 %) occupaient un poste à temps plein permanent ou menant à la permanence; 25 ans plus tard, la proportion n'était que de 12 % des professeurs dans cette catégorie d'âge, une baisse de 23 points de pourcentage3.

Même si la plupart des jeunes étudiants au doctorat étudient encore à ce niveau pour devenir des professeurs d'université, de nombreux autres envisagent d'autres options de carrière.

Le présent document de recherche s'appuie sur l'étude de 2011 « Espérances et résultats sur le marché du travail des titulaires de doctorat des universités canadiennes » pour mieux comprendre le profil et les résultats sur le marché du travail des titulaires récents de doctorat d'universités ontariennes qui vivaient au Canada ou aux États-Unis deux ans après l'obtention de leur diplôme4. Il repose sur les données de trois cohortes de l'Enquête nationale auprès des diplômés (END), à savoir les promotions de 1995, 2000 et 2005.

L'analyse porte d'abord sur les indicateurs et les résultats pour les titulaires de doctorat qui ont obtenu leur diplôme dans une université ontarienne en 2005 et les compare à ceux des titulaires de doctorat des universités de toutes les autres provinces combinées. Puis, les résultats de la promotion de 2005 sont comparés à ceux des deux autres cohortes précédentes de l'END.

Le rapport est organisé de la façon suivante : le chapitre 2 présente les sources des données utilisées; le chapitre 3 décrit les titulaires de doctorat de l'Ontario du point de vue de leurs caractéristiques démographiques et des caractéristiques de leur programme; le chapitre 4 porte sur les profils de mobilité, avec un accent particulier sur les diplômés qui ont déménagé aux États-Unis; le chapitre 5 examine les résultats sur le marché du travail des titulaires de doctorat, y compris les taux d'emploi, le revenu, l'industrie et la prévalence de la surqualification. Enfin, le chapitre 6 présente une conclusion.


Notes :

  1. Voir Auriol (2010).
  2. Comprend les professeurs travaillant à temps plein et à temps partiel, ainsi que les professeurs travaillant à temps partiel une partie de l'année, mais exclut les assistants à l'enseignement.
  3. Les données proviennent du Système d'information sur le personnel d'enseignement dans les universités ou les collèges (SPEUC).
  4. Desjardins et King (2011).
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