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Classe sociale, sexe et emploi du temps : Incidences sur les déterminants sociaux du poids corporel?

Publication : Rapports sur la santé, vol. 20, no 4 (2009) www.statcan.gc.ca/rapportssurlasante

Auteurs : Lindsay McLaren, Jenny Godley et Ian A.S. MacNairn

Données : Enquête sociale générale, 1986 et 2005

S’il y a bien une association inverse consistante entre la situation socioéconomique et l’état de santé, une telle association n’existe pas entre la situation socioéconomique et le poids. Les auteurs explorent cette divergence en examinant les données sur l’emploi du temps de 1986 et de 2005, en fonction du sexe, du revenu et du niveau de scolarité.

Différences entre les hommes et les femmes

Entre 1986 et 2005, on a constaté une augmentation du temps moyen consacré par les hommes aux travaux ménagers, à la préparation des repas, aux soins d’autres personnes, aux activités bénévoles et aux activités physiques durant les loisirs. Par contre, le temps qu’ils ont consacré à l’école ou aux études ainsi qu’à la lecture a diminué. En ce qui a trait au temps consacré au travail rémunéré et aux déplacements quotidiens pour le travail, celui-ci n’a pas beaucoup changé.

Durant la même période, chez les femmes, le temps moyen consacré au travail rémunéré, aux déplacements quotidiens pour le travail et aux activités physiques durant les loisirs a augmenté, tandis que le temps consacré à la préparation des repas et aux activités de loisirs plus passives a diminué.

Malgré les variations observées au fil du temps, les différences entre les hommes et les femmes persistent. Tant en 1986 qu’en 2005, les femmes étaient significativement moins susceptibles que les hommes de consacrer du temps au travail rémunéré, aux déplacements pour le travail, aux repas au restaurant et à l’utilisation de la télévision ou d’un ordinateur. Cependant, elles avaient davantage tendance que les hommes à consacrer du temps aux travaux ménagers, à la préparation des repas ou aux repas à la maison, aux emplettes ou aux services, à s’occuper des autres, aux activités civiques ou bénévoles, à l’école ou aux études, aux activités personnelles, au sommeil, aux rapports sociaux et aux activités de loisirs plus passives.

Tandis qu’en 1986 les femmes étaient proportionnellement moins nombreuses que les hommes à déclarer consacrer du temps aux activités physiques durant les loisirs, en 2005, la différence n’était plus significative. En outre, en 2005, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de passer du temps à lire, différence qui n’avait pas été observée en 1986.

Revenu et études

En 1986 comme en 2005, après avoir tenu compte des effets du niveau de scolarité, les hommes ayant un revenu élevé étaient plus susceptibles que les autres de consacrer du temps au travail rémunéré, aux déplacements quotidiens pour le travail, aux repas au restaurant et aux événements de divertissement, et moins susceptibles de consacrer du temps au sommeil. Cela pourrait expliquer, en partie, l’association positive entre le revenu et l’IMC observée chez les hommes au Canada.

Le temps passé à regarder la télévision ou à utiliser un ordinateur était associé négativement au niveau de scolarité en 1986 et au revenu en 2005. L’activité physique n’était pas associée au revenu ni au niveau de scolarité chez les hommes en 1986, mais elle était associée positivement au niveau de scolarité en 2005.

En 1986 et en 2005, les femmes ayant un revenu élevé étaient significativement plus susceptibles que celles ayant un revenu plus faible de consacrer du temps au travail rémunéré, aux déplacements quotidiens pour le travail, aux repas au restaurant et aux activités personnelles, et moins susceptibles de consacrer du temps au sommeil, aux travaux ménagers, aux repas à la maison et aux relations sociales, une fois pris en compte l’effet du niveau de scolarité. Toutefois, bien que ce profil d’emploi du temps est similaire à celui des hommes, on n’a observé chez les femmes aucune association positive entre le revenu et l’obésité. Cela peut être dû aux différences entre les caractéristiques physiques désirables chez les deux sexes et au fait que les femmes soient davantage préoccupées par leur apparence physique que les hommes.

Pour les deux années, la cote exprimant la possibilité que les femmes passent du temps à s’occuper d’autres personnes était associée positivement au niveau de scolarité et négativement au revenu. La cote exprimant la possibilité qu’elles passent du temps à lire était associée positivement au niveau de scolarité (mais non au revenu) en 1986 et en 2005. Celle exprimant la possibilité qu’elles regardent la télévision ou utilisent un ordinateur était associée négativement au revenu en 1986 ainsi qu’en 2005, et au niveau de scolarité en 2005. Consacrer du temps à des activités physiques durant les loisirs était associé négativement au revenu des femmes en 1986, mais positivement à leur niveau de scolarité en 2005.