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Sommaire des principaux résultats

Concentrations de plomb et de bisphénol A pour la population canadienne

Publication : Rapports sur la santé 2010:21(3) www.statcan.gc.ca/rapportssurlasante

Auteurs : Tracy Bushnik, Douglas Haines, Patrick Levallois, Johanne Levesque, Jay Van Oostdam et Claude Viau

Données : l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) menée de 2007 à 2009

Selon de nouvelles données tirées de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) menée de 2007 à 2009, des concentrations sanguines de plomb ont été détectées chez 100 % des Canadiens de 6 à 79 ans et des concentrations urinaires de bisphénol A (BPA) chez 91 % de cette population.

Ces résultats sont inclus dans la troisième diffusion de données de l’ECMS, dans le cadre de laquelle des données de biosurveillance ont été recueillies auprès d’un échantillon de Canadiens représentatif à l’échelle nationale. Dans le cadre du volet d’examen physique de l’enquête, des échantillons de sang et d’urine ont été prélevés et analysés afin de contrôler les maladies chroniques et infectieuses, les biomarqueurs nutritionnels, la santé générale ainsi qu’une grande variété de substances chimiques dans l’environnement et leurs métabolites. Le plomb dans le sang et le bisphénol A dans l’urine étaient au nombre des substances chimiques provenant de l’environnement qui ont été mesurées.

Les concentrations sanguines de plomb ont chuté fortement au cours des 30 dernières années. Les taux de plomb dans le sang ont été mesurés au niveau national la dernière fois en 1978‑1979, quand l’Enquête Santé Canada a estimé la moyenne géométrique des concentrations sanguines de plomb à 4,79 μg/dL chez les Canadiens de 6 à 79 ans. En 2007‑2009, cette moyenne géométrique était passée à 1,34 μg/dL pour le même groupe d’âge. Cette baisse reflète l’élimination d’importantes sources de plomb dans l’environnement. Depuis les années 1970, le plomb n’est plus ajouté à l’essence automobile ni utilisé comme brasure dans les boîtes d’aliments en conserve. De plus, le contenu maximal en plomb des peintures a été réduit.

Les taux de plomb dans le sang, qui sont utilisés couramment pour évaluer l’exposition humaine, reflètent l’exposition récente et peuvent représenter également l’exposition antérieure en raison du plomb accumulé dans les os qui est libéré dans le sang. Les sources d’exposition au plomb comprennent l’air, l’eau, la poussière, les produits de consommation ainsi que certains loisirs et professions.

Des taux élevés de plomb dans le sang peuvent accroître le risque de lésions au cerveau et aux reins. Une plombémie égale ou supérieure à 10 μg/dL est considérée comme un niveau nécessitant une intervention. Cependant, des études récentes ont révélé des effets sur la santé chez les enfants à des concentrations inférieures.

En 2007‑2009, moins de 1 % des Canadiens de 6 à 79 ans avait une concentration sanguine de plomb supérieure à 10 μg/dL, comparativement à 27 % des Canadiens en 1978‑1979.

En 2007-2009, les concentrations sanguines de plomb étaient plus élevées chez les adultes que chez les enfants. Chez les adultes, les concentrations sanguines de plomb augmentaient avec l’âge, les concentrations les plus élevées s’observant chez les adultes de 60 à 79 ans. Les hommes présentaient des concentrations nettement supérieures à celles des femmes dans tous les groupes d’âge, sauf dans le cas des 6 à 11 ans.

Après prise en compte du groupe d’âge et du sexe, les concentrations sanguines de plomb plus élevées étaient associées au faible revenu du ménage, au fait d’être né à l’extérieur du Canada, au fait d’habiter dans un logement construit depuis plus de 50 ans, à l’usage présent ou antérieur du tabac et à la consommation d’alcool au moins une fois par semaine.

L’ECMS est la première étude nationale mesurant l’exposition de la population canadienne au bisphénol A. Le bisphénol A est un produit chimique industriel utilisé principalement dans la fabrication de plastiques polycarbonates (comme les contenants d’aliments et les bouteilles à eau) et de résines époxydes (comme les revêtements protecteurs des boîtes d’aliments en conserve et de boissons). Il est reconnu comme étant un modulateur endocrinien et sa toxicité pour la reproduction est l’un des principaux effets relevés sur la santé de l’exposition aux concentrations élevées. Aucune valeur recommandée n’est actuellement établie au Canada pour la concentration urinaire de bisphénol A.

En 2007‑2009, la moyenne géométrique des concentrations volumétriques de bisphénol A  chez les Canadiens de 6 à 79 ans était de 1,16 μg/L. Ce résultat correspond à ceux d’autres études de référence qui relèvent des concentrations moyennes ou médianes de 1 à 3 μg/L.

Globalement, les hommes présentaient des concentrations volumétriques de bisphénol A supérieures à celles des femmes, une différence largement attribuable à des concentrations supérieures chez les hommes de 40 à 79 ans.

La normalisation du bisphénol A à l’aide des concentrations urinaires de créatinine, une méthode permettant de tenir compte de la concentration ou la dilution de l’urine, a donné une moyenne géométrique des concentrations de bisphénol A de 1,40 μg/g créatinine pour la population de 6 à 79 ans. Les enfants de 6 à 11 ans présentaient une moyenne géométrique de concentration de bisphénol A normalisée par la créatinine nettement supérieure à celle de tout autre groupe d’âge.

Article intégral

Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec Patrick Levallois (1-418-650-5115 poste 5216; Patrick.Levallois@msp.ulaval.ca), Institut national en santé publique du Québec, Université de Laval.