Résumé

Contexte

Les données nationales concernant l’hospitalisation des Autochtones dans les établissements de soins de courte durée sont rares. La présente étude vise à combler cette lacune et décrit les tendances de l’hospitalisation selon l’identité autochtone pour les principaux diagnostics, dans toutes les provinces et tous les territoires, sauf le Québec.

Données et méthodes

Les données du Recensement de 2006 ont été couplées à la Base de données sur les congés des patients de 2006-2007 à 2008-2009, qui comprend les dossiers d’hospitalisation pour tous les établissements de soins de courte durée au Canada (sauf le Québec). À partir de ces données couplées, on a pu examiner les dossiers d’hospitalisation selon l’identité autochtone déclarée au recensement. Les hospitalisations ont été regroupées selon les chapitres de la Classification statistique internationale des maladies (CIM-10), sur la base du « diagnostic principal ». On a calculé des taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge pour 100 000 habitants, et des ratios de taux (RT) pour les groupes autochtones par rapport aux groupes non autochtones.

Résultats

Les taux d’hospitalisation étaient presque invariablement plus élevés pour les Premières Nations vivant dans les réserves et à l’extérieur des réserves, les Métis et les Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat que pour la population non autochtone, peu importe le chapitre de diagnostic de la CIM. Le classement des taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge selon la fréquence des diagnostics variait légèrement selon l’identité autochtone. Les RT étaient les plus élevés parmi les Premières Nations vivant dans les réserves, particulièrement pour les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques (RT = 4,9), les troubles mentaux et du comportement (RT = 3,6), les maladies de l’appareil respiratoire (RT = 3,3), et les lésions traumatiques (RT = 3,2). Par ailleurs, le taux pour les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques était élevé parmi les Premières Nations vivant à l’extérieur des réserves (RT = 2,7). Les RT étaient aussi élevés parmi les Inuits pour les troubles mentaux et du comportement (RT = 3,3) et pour les maladies de l’appareil respiratoire (RT = 2,7).

Interprétation

Les taux d’hospitalisation variaient selon l’identité autochtone et présentaient des disparités cohérentes avec celles de la recherche déjà établie sur la santé des Autochtones par rapport aux non-Autochtones. Étant donné que de nombreux facteurs, outre la santé, ont des répercussions sur l’utilisation des services hospitaliers, d’autres recherches sont nécessaires pour comprendre les différences d’utilisation des services hospitaliers selon l’identité autochtone. Ces données nationales sont pertinentes pour la formulation des politiques en santé et la planification de la prestation des services.

Résultats

Les différences dans l’état de la santé, les déterminants de la santé et l’utilisation des services de soins de santé entre les Autochtones et les non-Autochtones laissent supposer que la fréquence et la nature des hospitalisations en soins de courte durée peuvent varier. Toutefois, les données au niveau national concernant les hospitalisations d’Autochtones sont rares. Dans certaines provinces, notamment le Manitoba, la Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan, les dossiers d’hospitalisation comprennent des identificateurs des Premières Nations, et ceux-ci sont annexés dans le cas des Métis. Dans d’autres secteurs de compétence, l’identité autochtone n’est pas systématiquement incluse dans les dossiers d’hospitalisation. Par conséquent, on ne dispose pas de données au niveau national concernant l’hospitalisation des Autochtones.[Texte intégral]

Mots-clés

Données administratives, recensement, couplage de données, Premières Nations, soins de santé, dossiers d’hospitalisation, Inuit, couplage de dossiers médicaux, Métis, vivant dans les réserves.

Auteurs

Gisèle Carrière (gisele.carriere@canada.ca), Evelyne Bougie, Dafna Kohen, Michelle Rotermann et Claudia Sanmartin travaillent à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Parce que les données administratives hospitalières ne renferment pas uniformément de données sur l’identité autochtone, il n’a pas été possible d’examiner l’utilisation des services hospitaliers par les Autochtones au niveau national.
  • Les analyses publiées antérieurement présentent des taux élevés d’hospitalisation en soins de courte durée dans les régions comptant des pourcentages élevés d’Autochtones.
  • Des études provinciales menées en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba qui sont fondées sur des données hospitalières au niveau de la personne renfermant des identificateurs des Premières Nations ou des Métis ont trouvé que les taux d’hospitalisation parmi ces groupes sont généralement plus élevés que chez leurs homologues non autochtones ou que pour la population provinciale dans son ensemble.

Ce qu’apporte l’étude

  • Il s’agit de la première analyse de l’hospitalisation dans les établissements de soins de courte durée, selon l’identité autochtone, pour tout le Canada sauf le Québec.
  • Les taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge sont plus élevés pour chaque groupe d’identité autochtone, par rapport aux non-Autochtones, pour les neuf principaux chapitres de diagnostics analysés.
  • L’ordre de classement des chapitres de diagnostics différait légèrement selon le groupe d’identité autochtone.
  • En comblant des lacunes, la présente étude permet de mieux comprendre les tendances de l’hospitalisation chez les Autochtones.

Fin de l'encadré

Date de modification :