Coup d’oeil sur la santé

Santé mentale dans les Forces armées canadiennes

Statistique Canada, no 82-624-X
par Caryn Pearson, Mark Zamorski et Teresa Janz

[Article intégral en PDF]

Passer au texte

Début du texte

Faits saillants

  • En 2013, environ 1 membre à temps plein sur 6 de la Force régulière des Forces armées canadiennes a déclaré avoir éprouvé des symptômes correspondant à au moins un des troubles suivants : épisode dépressif majeur, trouble panique, trouble de stress post-traumatique, trouble d'anxiété généralisée, et abus d'alcool ou dépendance à l'alcool.
  • La dépression était le trouble le plus fréquent, 8,0 % des membres de la Force régulière déclarant avoir éprouvé des symptômes dépressifs au cours des 12 derniers mois.
  • Les taux sur 12 mois pour le trouble de stress post-traumatique et le trouble panique étaient deux fois plus élevés chez les membres de la Force régulière qui avaient été déployés pour appuyer la mission en Afghanistan que chez ceux qui ne l'avaient pas été.
  • De 2002 à 2013, le taux de dépression chez les membres de la Force régulière n'a pas changé, tandis que les taux de trouble de stress post-traumatique et le trouble panique ont augmenté.
  • Les membres de la Force régulière avaient des taux plus élevés de dépression et de trouble d'anxiété généralisée que la population canadienne en général.

Fin de l'encadré

Mieux comprendre la santé mentale dans les Forces armées canadiennes peut avoir d'importantes incidences pour les personnes atteintes de troubles mentaux ainsi que pour les organisations militaires. Au niveau de l'individu, les troubles mentaux sont fréquemment associés à la détresse, aux incapacités, aux dysfonctions comportementales ou psychologiques, à la douleur et parfois à la mortNote 1. Dans le service militaire, ces conditions ont été identifiées comme étant les principales causes de la baisse de productivité, de l'absentéisme et du roulement du personnelNote 2, Note 3.

Les populations militaires présentent des risques au chapitre des problèmes de santé mentale parce que leur emploi peut les exposer à des traumatismes, à la séparation de leur famille, à des déménagements fréquents et à des conditions de vie stressantesNote 4. L'exposition à des événements traumatiques pendant les missions de combat et de maintien de la paix a été associée à des troubles mentaux chez le personnel militaireNote 5. Par exemple, des études précédentes ont révélé que parmi les membres des Forces canadiennes déployés en soutien aux missions en Afghanistan entre 2001 et 2008, environ 13,5 % ont reçu un diagnostic clinique de trouble mental qui pourrait être lié à leur participation aux opérations en AfghanistanNote 6.

Le présent article décrit les résultats de l'Enquête sur la santé mentale dans les Forces canadiennes (ESMFC) de 2013. L'enquête a recueilli des données au sujet de cinq troubles mentaux auprès des membres réguliers à temps plein des Forces canadiennes, et uniquement des réservistes qui ont été déployés en soutien à la mission en Afghanistan. Cet article met en évidence les taux au cours de la vie et au cours des 12 derniers mois de cinq troubles pour les membres de la Force régulière. Les taux durant toute la vie représentent les personnes qui remplissaient les critères relatifs à un trouble à un moment donné de leur vie. Tandis que les taux sur 12 mois fournissent des renseignements sur les cas récents.

Les taux sur 12 mois sont examinés selon le sexe et les antécédents de déploiement. Ils  sont également comparés avec les taux de 2002 et ceux pour la population canadienne en général.

Début de l'encadré

La présente analyse fait référence aux deux types de membres des Forces armées canadiennes :

  1. Les membres de la Force régulière, qui servent comme membres à temps plein des Forces armées canadiennes. Au besoin, le déploiementNote 7 au Canada ou à l'étranger est obligatoire. Les déploiements servent notamment à réagir en cas de catastrophes nationales, à remplir des missions de paix ou à participer à des missions de combat et de soutien de la paix, comme la mission en AfghanistanNote 8. Environ 45 % des membres de la Force régulière compris dans la présente enquête ont été déployés en soutien à la mission en Afghanistan.

  2. Les membres de la Réserve (réservistes), qui servent principalement à temps partiel dans les Forces armées canadiennes. Leur rôle principal est d'appuyer les membres de la Force régulière au pays et à l'étranger. Les réservistes peuvent être appelés à servir à temps plein dans le cadre de missions à l'étranger. Dans les faits, leur participation est toutefois volontaireNote 9, et la plupart des réservistes ne sont jamais déployés. Conformément aux objectifs de cette enquête, seuls les membres de la Réserve déployés en soutien à la mission en Afghanistan ont été interviewés.

Fin de l'encadré

Taux durant toute la vie chez les membres de la Force régulière

En 2013, environ la moitié des membres de la Force régulière (48,4 %) répondaient aux critères s'appliquant à au moins un des cinq troubles mentaux ou liés à l'alcool sélectionnés à un moment donné de leur vie (tableau 1).

L'abus d'alcool ou la dépendance à l'alcool était le trouble le plus répandu, le tiers des membres de la Force régulière (31,9 %) répondant aux critères correspondant à ce trouble durant leur vie. Ce résultat est similaire à celui constaté pour la population canadienne en général, l'abus d'alcool ou la dépendance à l'alcool y étant aussi, en 2012, le trouble le plus répandu durant toute la vieNote 10.

L'abus d'alcool (24,1 %) était plus souvent déclaré que la dépendance à l'alcool (7,8 %) parmi les membres de la Force régulière, tout comme dans la population canadienne en général (données non présentées)Note 11. Le fait d'avoir eu un abus ou une dépendance à l'alcool dans le passé a contribué le plus au taux global de troubles durant toute la vie, tant chez les membres de la Force régulière que dans la population canadienne en général.

La dépression était le deuxième trouble en importance vécu durant toute la vie, suivie par le trouble de stress post-traumatique et le trouble d'anxiété généralisée. Environ la même proportion de membres de la Force régulière déclaraient des symptômes de trouble d'anxiété généralisée (12,1 %) et de trouble de stress post-traumatique (11,1 %) durant toute leur vie.

Des symptômes de trouble panique au cours de la vie, caractérisés par des attaques récurrentes et inattendues de crainte intense et d'anxiété en l'absence d'un vrai danger, ont été déclarés par 5,8 % des membres de la Force régulière durant toute leur vie.

Tableau 1 Membres de la Force régulière, certains troubles mentaux ou problèmes d’alcool, taux durant toute la vie et sur 12 mois, 2013
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 1 Membres de la Force régulière Au cours de la vie et Au cours des 12 derniers mois, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Au cours de la vie Au cours des 12 derniers mois
pourcentage
L’un ou l’autre des troubles mentaux ou problèmes d’alcoolNote 1 48,4 16,5
Dépression 15,7 8,0
Trouble d’anxiété généralisée 12,1 4,7
Trouble de stress post-traumatique 11,1 5,3
Trouble panique 5,8 3,4
Abus d’alcool ou dépendance à l’alcoolNote 2 31,9 4,5
Abus d’alcool 24,1 2,5
Dépendance à l’alcool 7,8 2,0

La dépression était le trouble le plus courant au cours des 12 derniers mois

Le reste de l'article met l'accent sur les taux sur 12 mois et, dans l'ensemble, 1 membre sur 6 de la Force régulière (16,5 %) a déclaré des symptômes correspondant à au moins un des cinq troubles mentaux ou troubles liés à l'alcool suivants : épisode dépressif majeur, trouble panique, trouble de stress post-traumatique, trouble d'anxiété généralisée et abus d'alcool ou dépendance à l'alcool (tableau 1).

La dépression était le plus répandu de ces troubles, 8,0 % des membres de la Force régulière déclarant des symptômes de ce trouble au cours des 12 derniers mois. Le trouble de stress post-traumatique et le trouble d'anxiété généralisée étaient les deuxièmes troubles mentaux les plus répandus, suivis par le trouble panique. Environ la même proportion de membres de la Force régulière déclaraient des symptômes de trouble de stress post-traumatique (5,3 %) et de trouble d'anxiété généralisée (4,7 %).

Taux de troubles mentaux plus élevés chez les femmes; taux d'abus d'alcool ou de dépendance à l'alcool plus élevés chez les hommes

En 2013, parmi les membres de la Force régulière, les taux de dépression, de trouble d'anxiété généralisée et de trouble de stress post-traumatique étaient plus élevés chez les femmes que chez les hommes, tandis que l'abus d'alcool ou la dépendance à l'alcool étaient plus élevés pour les hommes (graphique 1).

Graphique  1  Membres de la Force régulière, taux  sur 12 mois de certains troubles, selon le sexe, 2013

Description du graphique 1

Le pourcentage de membres de la Force régulière de sexe féminin qui déclaraient avoir éprouvé des symptômes de trouble de stress post-traumatique au cours des 12 derniers mois représentait presque le double (8,8 %) de celui de leurs homologues de sexe masculin (4,7 %). Par ailleurs, le taux d'abus d'alcool ou de dépendance à l'alcool chez les hommes représentait presque le double (4,8 %) de celui des femmes (2,3 %Note 12). Environ le même pourcentage de membres de la Force régulière de sexe masculin et de sexe féminin répondait aux critères s'appliquant au trouble panique au cours des 12 derniers mois.

Les taux supérieurs de dépression et de troubles anxieux constatés chez les femmes ainsi que les taux supérieurs d'abus d'alcool ou de dépendance à l'alcool constatés chez les hommes concordent avec les résultats d'études antérieures menées auprès du personnel de Forces canadiennesNote 13, de la population canadienne en généralNote 14 et de la population générale de nombreux autres paysNote 15.

Taux de troubles mentaux plus élevés chez les membres de la Force régulière déployés

En 2013, environ 45 % des membres de la Force régulière ont été déployés en soutien à la mission en Afghanistan depuis 2001. Cela comprend des déploiements en Afghanistan, ainsi qu'ailleurs en Asie du Sud-Ouest.

Les membres de la Force régulière qui ont été déployés en soutien à la mission en Afghanistan avaient des taux plus élevés de troubles mentaux que leurs homologues non déployés (graphique 2).

Graphique 2  Membres de la Force  régulière, taux sur 12 mois de certains troubles, par déploiement à l'appui de  la mission en Afghanistan, 2013

Description du graphique 2

Les taux de trouble de stress post-traumatique et de trouble panique étaient deux fois plus élevés chez les membres de la Force régulière déployés que chez ceux qui n'avaient pas été déployés. Par contre, les membres de la Force régulière non déployés (5,4 %) étaient plus susceptibles de déclarer des symptômes d'abus d'alcool ou de dépendance à l'alcool que leurs homologues déployés (3,4 %).

Les membres de la Force de réserve qui ont été déployés en soutien à la mission en Afghanistan avaient des taux de troubles mentaux similaires à ceux des membres de la Force régulière déployés, sauf dans le cas des troubles liés à l'alcool, pour lesquels les membres de la Force de réserve affichaient des taux plus élevés (données non présentées). La population de la Force de réserve est plus jeune et compte plus d'hommes que celle de la Force régulière, ce qui peut contribuer à des taux plus élevés de troubles liés à l'alcoolNote 16.

Ces résultats sont similaires à ceux de recherches passées qui ont permis de déterminer que la participation à des missions de combat et de maintien de la paix était associée à des troubles mentaux chez le personnel militaireNote 17.

Qu'est-ce qui a changé depuis 2002?

En 2002 et 2013, les taux sur 12 mois pour la dépression étaient environ les mêmes, à 8,0 %, parmi les membres de la Force régulièreNote 18. Toutefois, les taux pour le trouble panique et le trouble de stress post-traumatique étaient tous les deux plus élevés en 2013 (graphique 3). Le taux de trouble de stress post-traumatique était deux fois plus élevé en 2013 (5,3 %) qu'en 2002 (2,8 %).

Graphique 3  Membres de la Force régulière, taux sur 12  mois de certains troubles , 2002 et 2013

Description du graphique 3

Certains écarts entre les taux des troubles mentaux au fil du temps peuvent s'expliquer par les changements survenus depuis 2002. De fait, plus de 40 000 militaires canadiens ont été déployés dans le cadre de missions de combat et de soutien de la paix en Afghanistan et 158 d'entre eux ont perdu la vieNote 19, Note 20. Les écarts entre les taux au fil du temps peuvent aussi être liés aux changements apportés aux programmes de santé mentale conçus pour soutenir le personnel des Forces armées canadiennesNote 21.

Début de l'encadré

Comparaison des données de 2002 avec 2013

Afin d'examiner les changements dans la santé mentale au fil du temps, on a eu recours à deux enquêtes : 1) l'Enquête sur la santé mentale dans les Forces canadiennes (ESMFC) de 2013 et 2) l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale et bien-être – Forces canadiennes (ESCC – FC) de 2002. Certains troubles compris dans ces enquêtes sont comparables et d'autres ne le sont pas. Cela vient des différences entre les deux enquêtes quant aux troubles choisis, aux questions d'enquête, à l'échantillon et aux populations qu'elles représentent.

Les taux pour 2002 et 2013 dans le cas des membres de la Force de réserve ne peuvent pas être comparés entre les deux enquêtes, en raison des critères de sélection des réservistes qui différaient pour chacune des enquêtes. En 2013, seuls ceux déployés en soutien à la mission en Afghanistan ont été visés par l'enquête. En 2002, par ailleurs, les membres de la Force de réserve qui n'étaient pas déployés, ainsi que les membres qui étaient déployés, ont été interviewés pour l'enquête.

Dans les deux enquêtes, on a mesuré les troubles selon les critères du Composite International Diagnostic Interview de l'Organisation mondiale de la santé (CIDI OMS), qui a été révisé depuis 2002. Par suite des mises à jour, le trouble d'anxiété généralisée et l'abus d'alcool sont évalués différemment et ne peuvent pas être comparés.

Les troubles qui peuvent être comparés à partir des données de 2002 et de 2013 sont la dépression, le trouble de stress post-traumatique et le trouble panique.

Fin de l'encadré

Comment la santé mentale des membres de la Force régulière et des Canadiens en général se compare-t-elle?

En général, la population de la Force régulière a tendance à être plus jeune et il y a plus d'hommes que la population canadienne en général. Afin de comparer les taux de troubles entre ces deux populations, la population générale du Canada a été normalisée selon l'âge et le sexe en fonction de la population de la Force régulière en 2013, afin de tenir compte des différences d'âge et de sexe.

Début de l'encadré

On a recours à des estimations normalisées selon l'âge et le sexe dans le présent article pour ajuster la répartition selon l'âge et le sexe de la population canadienne, afin de rendre compte d'une répartition similaire de la population de la Force régulière. Les estimations calculées pour la population normalisée représentent une mesure de ce que le taux aurait été si les deux populations avaient eu la même structure d'âge et de sexe. Dans ce cas, les taux canadiens ont été modifiés pour rendre compte d'une proportion similaire d'hommes et de jeunes comprise dans la Force régulière. Ainsi, les taux canadiens ont été créés pour fournir un contexte pour la comparaison.

Fin de l'encadré

Graphique 4  Certains troubles de 12 mois chez les membres de la Force régulière (2013) et la population canadienne (2012), âgés de 17 à 60 ans

Description du graphique 4

Par rapport à la population canadienne en général, les taux de troubles mentaux étaient plus élevés chez les membres de la Force régulière. Le pourcentage de membres de la Force régulière qui déclaraient des symptômes de dépression et de trouble d'anxiété généralisée en 2013 était près du double de celui de la population canadienne en général en 2012 (graphique 4). Les taux de dépression chez les membres de la Force régulière étaient plus élevés que ceux dans la population canadienne en 2002Note 22.

Environ le même pourcentage de membres de la Force régulière et de la population en général répondait aux critères correspondant à l'abus d'alcool ou à la dépendance à l'alcool au cours des 12 mois précédant l'enquête. Près de 5 % des membres de la Force régulière et des Canadiens déclaraient des symptômes correspondant à l'abus d'alcool ou à la dépendance à l'alcool.

Début de l'encadré

Comparaison du contenu de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale de 2012 et de l'Enquête sur la santé mentale dans les Forces canadiennes de 2013

Les troubles mesurés par l'Enquête sur la santé mentale dans les Forces canadiennes de 2013 et de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale de 2012 qui peuvent être comparés sont la dépression, le trouble d'anxiété généralisée et l'abus d'alcool ou la dépendance à l'alcool. Les deux enquêtes ne mesurent pas le trouble de stress post-traumatique à partir des mêmes critères, ce qui fait que ces taux ne sont pas comparables.

Fin de l'encadré

Sommaire

Dans les 12 mois précédant l'enquête de 2013, environ 1 membre sur 6 de la Force régulière (16,5 %) a déclaré avoir éprouvé des symptômes correspondant à au moins un des cinq troubles mentaux sélectionnés : épisode dépressif majeur, trouble panique, trouble de stress post-traumatique, trouble d'anxiété généralisée et abus d'alcool ou dépendance à l'alcool. Alors que les membres de la Force régulière de sexe masculin déclaraient davantage de symptômes liés à l'abus d'alcool ou à la dépendance à l'alcool, les femmes déclaraient davantage de symptômes de dépression, de trouble de stress post-traumatique et de trouble d'anxiété généralisée.

Le pourcentage de membres de la Force régulière déployés en Afghanistan (18,9 %) ayant déclaré avoir éprouvé au cours des 12 derniers mois des symptômes correspondant à au moins un des cinq troubles mentaux couverts par l'enquête était plus élevé que le pourcentage des membres qui n'ont pas été déployés (14,6 %).

De 2002 à 2013, les taux de dépression chez les membres de la Force régulière sont demeurés relativement stables, à environ 8 %, tandis que les taux de trouble panique et de trouble de stress post-traumatique ont augmenté.

Comparativement à la population canadienne, un pourcentage plus élevé de membres de la Force régulière ont déclaré avoir éprouvé des symptômes correspondant à la dépression et au trouble d'anxiété généralisée, tandis qu'environ le même pourcentage remplissait les critères s'appliquant à l'abus d'alcool ou à la dépendance à l'alcool dans les deux populations.

Début de l'encadré

Ce qu'il faut savoir au sujet de la présente étude 

Les taux présentés pour les divers troubles peuvent sous-estimer l'étendue des problèmes de santé mentale dans les Forces armées canadiennes. Cela vient du fait que l'Enquête sur la santé mentale dans les Forces canadiennes (ESMFC) de 2013 mesurait cinq troubles en particulier: ce ne sont pas tous les troubles mentaux qui ont été couverts par cette enquête. La même limite s'applique à toutes les enquêtes sur la santé mentale. Dans le cadre de l'ESMFC, on a recueilli des données auprès des membres à temps plein de la Force régulière des Forces armées canadiennes, et uniquement auprès des réservistes qui ont été déployés en soutien à la mission en Afghanistan.

Troubles mentaux ou liés à l'alcool

Dans le cadre de l'ESMFC de 2013, on a utilisé le Composite International Diagnostic Interview 3.0 de l'Organisation mondiale de la santé (CIDI-OMS) pour classer les personnes remplissant les critères relatifs à certains troubles. Même s'il ne s'agit pas d'un diagnostic clinique, cet instrument normalisé est conçu pour évaluer les troubles dans les enquêtes sur la population selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 4e édition (DSM-IV).

Le présent document analyse cinq troubles (durant toute la vie et sur 12 mois) :

1. L'abus d'alcool ou la dépendance à l'alcool :

  • L'abus d'alcool se caractérise par un profil de consommation récurrente lorsque cela entraîne au moins une des conséquences suivantes : l'incapacité de remplir des rôles importants au travail, à l'école ou à la maison, la consommation dans des situations où il est dangereux de le faire, les problèmes récurrents liés à l'alcool et la poursuite de la consommation en dépit de problèmes sociaux ou interpersonnels causés ou exacerbés par l'alcool.
  • On parlera de dépendance à l'alcool lorsqu'au moins trois des conditions suivantes sont réunies au cours de la même période de 12 mois : une augmentation de la tolérance, un sevrage, une consommation accrue, des efforts infructueux pour interrompre la consommation, beaucoup de temps perdu à consommer ou à récupérer, une réduction des activités et une poursuite de la consommation en dépit de problèmes physiques ou psychologiques persistants causés ou exacerbés par l'alcool.

2. La dépression (épisode dépressif majeur) se caractérise par une période de deux semaines ou plus durant laquelle persiste une humeur dépressive ou une perte d'intérêt pour les activités normales, associée à des symptômes comme une réduction de l'énergie, un changement du sommeil et de l'appétit, des difficultés à se concentrer, un sentiment de désespoir ou des idées suicidaires.

3. Le trouble d'anxiété généralisée est un profil se caractérisant par des soucis fréquents et persistants ainsi que par une anxiété excessive pendant au moins six mois concernant plusieurs événements ou activités, de pair avec d'autres symptômesNote 23.

4. Le trouble panique se caractérise par des attaques de panique récurrentes et inattendues, en l'absence de danger réel. Ces attaques sont suivies, pendant un mois ou plus, de la crainte d'avoir d'autres attaques ou d'un changement de comportement en relation avec les attaques.

  • L'attaque de panique se caractérise par une période isolée de crainte intense souvent associée à un sentiment de catastrophe imminente. Pendant ces attaques, des symptômes physiques, comme des palpitations cardiaques, la sensation de souffle court ou des sueurs se manifestent abruptement et atteignent un sommet au cours des 10 minutes suivant le début de l'attaqueNote 24.

5. Le trouble de stress post-traumatique :  peut se manifester lorsqu'une personne a été témoin d'un événement traumatique ou a vécu un tel événement, durant lequel des personnes ont pu mourir ou être menacées de mort, ou subir une blessure grave ou une agression physique violente, comme une agression sexuelle. La réaction à l'événement est marquée par une peur intense et un sentiment d'impuissance. Les symptômes doivent persister pendant au moins un mois et pourraient comprendre : revivre l'événement constamment, la perturbation des activités au quotidien, l'évitement des stimulus associés à l'événement, ainsi que l'irritabilité, des accès de colère ou encore des problèmes de sommeil.

Fin de l'encadré

Caryn Pearson et Teresa Janz sont analystes à la Division de la statistique de la santé. Mark Zamorski est un épidémiologiste médical principal, Direction de la Santé mentale, Groupe de Services de santé des Forces canadiennes, Défense nationale.

Les auteurs souhaitent remercier Jennifer Ali, Barbara Sérandour, et Melanie Hoover pour leurs contributions.

Notes

Informations reliées à cet article

Renseignements supplémentaires

  • Pour consulter des données et des supplémentaires au sujet de la santé des Canadiens et du système de soins de santé, visitez le module La santé au Canada. Ce module peut être consulté à partir de notre site Web, sous la rubrique En vedette.
Date de modification :