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A. Nombre de naissances

En 2007, 367 864 naissances ont été enregistrées au Canada, soit le nombre de naissances le plus élevé depuis 1995 (378 016) et la croissance annuelle la plus forte (3,7 %) depuis 1989 (4,2 %).

A.1. Tendances des naissances

Au cours des 20 dernières années, le nombre de naissances au Canada a connu des tendances à la hausse et à la baisse (graphique 1). Après avoir atteint un sommet en 1990, le nombre de naissances a chuté de façon constante tout au long de la décennie des années 1990. En 2000, près de 328 000 naissances ont été enregistrées, le niveau le plus faible depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Depuis 2000, à l’exception de 2002, le nombre de naissances est à la hausse. Toutefois, c’est en 2006 et 2007 que la croissance annuelle des naissances y est la plus prononcée, soit 3,6 % et 3,7 %, respectivement.

A.2. Disparités géographiques

De 2006 à 2007, le nombre de naissances a augmenté dans toutes les provinces et les territoires, sauf l’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon (tableau 1). En 2007, 83 % de l’accroissement total des naissances provenait de quatre provinces ; l’Alberta était la plus grande responsable avec 30 %, suivi de l’Ontario (21 %), du Québec (18 %) et de la Colombie-Britannique (14 %).

L’augmentation relative la plus importante s’est produite en Alberta, en Saskatchewan et au Nunavut.

B. La fécondité

L’indice synthétique de fécondité (ISF) est la somme des taux de fécondité par année d’âge d’une année donnée. Il représente le nombre moyen d’enfants qu’aurait une cohorte de femmes si, tout au cours de sa vie reproductive, elle se conformait aux taux de l’année considérée.

B.1. Tendances générales de la fécondité

En 2007, l’indice synthétique de fécondité était de 1,66 enfants par femme, soit une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente (tableau 2). Il s’agit du plus haut ISF depuis 1992, alors qu’il était de 1,69 et, de la plus forte croissance annuelle depuis 1957 (années de baby-boom). Toutefois, cet indice se situe bien en dessous du seuil de remplacement des générations de 2,1 enfants par femme. Ce seuil représente le niveau qu’il faudrait maintenir pour remplacer la population en l’absence de migration. La dernière année au cours de laquelle l’indice synthétique de fécondité a dépassé le seuil de remplacement des générations était 1971 1 .

Suivant de très près l’évolution des naissances, l’ISF a diminué tout au long des années 1990 pour ensuite amorcer une tendance à la hausse à partir de 2001 (graphique 1). La baisse de l’ISF (et du nombre de naissances) en 2000 et la reprise soudaine en 2001 pourraient être liées au désir d’avoir un bébé au cours de la première année du nouveau millénaire. Le nombre de mariages a aussi augmenté au cours de l’année 2000 2 .

En 2007, le Nunavut avait la fécondité la plus forte du pays avec un ISF de 2,97 enfants par femme, assurant ainsi le remplacement des générations. À l’opposé, c’est à Terre-Neuve-et-Labrador que l’on observe le plus faible ISF avec 1,46 enfants par femme en 2007.

D’autres provinces affichaient un ISF inférieur à la moyenne nationale de 1,66 enfants par femme, soit l’Île-du-Prince-Édouard, le Yukon, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Colombie-Britannique, et la Nouvelle-Écosse. D’autre part, la Saskatchewan était la province où la fécondité y était la plus élevée avec un nombre moyen d’enfants par femme de 2,03 en 2007.

De 2006 à 2007, l’ISF a augmenté dans toutes les provinces et les territoires sauf le Yukon. La plus forte augmentation a été observée au Nunavut avec 0,13 enfants par femme de plus qu’en 2006. D’autre part, on retrouvait la plus petite croissance aux Territoires du Nord-Ouest (0,04 enfants par femme). Cinq autres provinces (la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse) affichaient une croissance plus élevée que la moyenne nationale et quatre provinces avaient le même niveau de croissance que celui du Canada L’Ontario était la seule province à connaître une croissance inférieure à celle du Canada.

B.2. Âge des mères et taux de fécondité par groupe d’âge

De 2006 à 2007, les taux de fécondité ont augmenté dans tous les groupes d’âge et la variation de ces taux différait d’une région à l’autre 3 . En outre, les taux de fécondité des femmes âgées de moins de 35 ans ont augmenté dans toutes les provinces, sauf l’Île-du-Prince-Édouard, où elle a diminué chez les femmes âgées de 20 à 24 ans.

En 2007 et parmi les 10 provinces, le plus haut taux de fécondité a été observé en Saskatchewan chez les femmes de 15 à 29 ans. L’Alberta affichait le taux de fécondité le plus élevé chez les femmes de 30 à 34 ans, tandis qu’il était le plus élevé chez les femmes de 35 à 39 ans en Ontario et chez les femmes de 40 à 49 ans en Colombie-Britannique.

Au cours des 20 dernières années, il y a eu d’importants changements dans l’évolution des taux de fécondité par âge au Canada (graphique 2). En effet, au cours de la période de 1987 à 2007, on assiste à un déclin du taux de fécondité des femmes canadiennes dans la vingtaine, alors que celui des femmes dans la trentaine ne cesse d’augmenter. En 2006, la fécondité des femmes âgées de 30 à 34 ans a dépassé celle des femmes âgées de 25 à 29 ans.

Au cours des 10 dernières années, il y a eu aussi un important déplacement dans la structure par âge de la fécondité (graphique 3). En 1997, le taux de fécondité était le plus élevé chez les femmes âgées de 25 à 29 ans. Dix ans plus tard, ce taux était plus élevé chez les femmes de 30 à 34 ans.

Pour une deuxième année consécutive, le taux de fécondité (106 pour 1 000 femmes) a été le plus fort chez les mères de 30 à 34 ans, en 2007. Ce taux était aussi le plus haut depuis 1965 (119 pour 1 000 femmes). En outre, de 2006 à 2007, l’augmentation du taux de fécondité chez les femmes âgées de 30 à 34 ans a été plus forte que celle des femmes âgées de 25 à 29 ans, élargissant ainsi l’écart entre ces deux groupes d’âge.

B.3. Analyse du taux de fécondité en 2007

Deux facteurs pourraient expliquer l’augmentation du nombre de naissances observée ces dernières années : la hausse du nombre de femmes en âge de procréer et une augmentation des taux de fécondité.

Lorsque l’on applique les taux de fécondité par âge (TFA) de 2006 à la population féminine de 2007 (tableau 3), il est possible d’estimer la part de l’augmentation des naissances en 2007 attribuable aux variations de la taille de la population par rapport aux variations du taux de fécondité.

Si les taux de fécondité selon l’âge n’avaient pas changé de 2006 à 2007, le nombre de naissances attendu en 2007 aurait été de 357 558 (tableau 3), soit 2 941 naissances de plus qu’en 2006. Toutefois, l’augmentation totale de 2006 à 2007 a été beaucoup plus forte soit de 13 247 naissances. Les 10 306 naissances supplémentaires peuvent par conséquent être attribuées à des variations dans la fécondité.

En 2007, les mères en âge de procréer et qui étaient âgées de 30 à 44 ans provenaient principalement de la génération de l’après baby-boom (voir section C). De 2006 à 2007, cette cohorte réduite de femmes (de 30 à 44 ans) a augmenté sa fécondité pour donner naissances à 181 250 bébés, soit 49 % de toutes les naissances en 2007 ou 7 397 bébés de plus qu’en 2006.

C. Écho du baby-boom

La période qui s’est écoulée entre la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le milieu des années 1960 a été marquée par une hausse importante des taux de fécondité chez les femmes en âge de procréer, ce qui a donné lieu au phénomène du baby-boom.

C.1. Tendances historiques

En 1947, lorsque l’ISF se situait à 3,6 enfants par femme, le niveau le plus élevé depuis 1921 4 , le nombre de naissances se chiffrait à 372 600 et le taux brut de natalité se situait à 28,9 pour 1 000 habitants (graphique 4).

Au sommet du baby-boom, en 1959, alors que l’ISF était de 3,9 enfants par femme, le nombre annuel de naissances dépassait 479 000, soit le nombre le plus haut depuis que des statistiques de l’état civil comparables à l’échelle du Canada ont été compilées pour la première fois en 1921.

Le nombre annuel de naissances est demeuré élevé pendant quelques années, puis a commencé à diminuer de façon marquée à partir de 1964. Cette période de faible natalité est connue comme la période du « baby-bust » 5 , qui a duré environ dix ans, jusqu’au milieu des années 1970, où le niveau le plus bas de naissances a été atteint en 1973.

C.2. La génération écho

Le premier « écho » 6  du baby-boom était attendu au milieu des années 1970, soit environ 25 ans après le début du baby-boom. Toutefois, même si on a noté une augmentation appréciable du nombre de naissances de 1974 à 1975, les hausses ont été relativement modestes les années suivantes. Ce n’est qu’à la fin des années 1980 (1988 à 1990) qu’on a noté une hausse substantielle du nombre de naissances (graphique 4).

De 1988 à 1995, le Canada a traversé une période évidente d’écho du baby-boom, quand la génération du baby-boom a eu un nombre important d’enfants. Le nombre de naissances avait atteint un sommet de 405 486 en 1990. Par la suite, le nombre annuel de naissances a diminué, chutant à 327 882 en 2000, un niveau inférieur à celui observé pendant la période du baby-bust.

Au cours des cinq dernières années, le Canada a connu une tendance à la hausse continue du nombre de naissances. Une partie de l’augmentation récente des naissances pourrait s’expliquer par le fait qu’à l’heure actuelle, de nombreuses femmes de la génération de l’écho du baby-boom ont atteint les âges de la reproduction et par l’augmentation des taux de fécondité qui sont passés de 1,50 enfants par femme en 2002 à 1,66 en 2007.

C.3. Comparaison avec des pays à faible fécondité

Une faible fécondité est un phénomène que le Canada a en commun avec de nombreux pays. En plus, l’augmentation récente du nombre de naissances au Canada est comparable aux tendances enregistrées dans plusieurs pays à faible fécondité, qui ont eux aussi connu une hausse de leur fécondité ces dernières années (tableau 4).

En effet, de 2004 à 2007, l’ISF s’est accru dans les 10 pays sélectionnés. Jusqu’en 2006, l’augmentation de la fécondité au Canada n’a été que modeste. Toutefois de 2006 à 2007 et parmi les 10 pays sélectionnés, le Canada a enregistré la troisième plus forte augmentation de l’ISF, après l’Australie et la République tchèque.

D. Évolution des mortinaissances

Le nombre de mortinaissances (ou morts foetales) au Canada s’établissait à 2 637 en 2007, une augmentation de 365 mortinaissances (16 %) par rapport à 2006.

Le taux de mortinatalité a aussi augmenté de 6,4 pour 1 000 naissances totales (naissances vivantes et mortinaissances) en 2006 à 7,1 en 2007.

D.1. Tendance des taux de mortinatalité

Depuis 1991 et jusqu’en 2006, les taux de mortinatalité ont fluctué autour de 6,0 pour 1 000 naissances totales. En 2007, le taux de mortinatalité s’est accru jusqu’à 7,1 pour 1 000 naissances, soit une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente. Par contre, le taux de mortinatalité tardive (morts foetales à 28 semaines de gestation ou plus) a atteint un sommet de 3,8 pour 1 000 en 1992 pour ensuite diminuer jusqu’à 2,9 en 2005 et augmenter légèrement à 3,2 en 2007.