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Analyse

Nombre de décès

En 2007, on a enregistré un nombre total de 235 217 décès au Canada (118 681 hommes et 116 536 femmes). De 2006 à 2007, le nombre de décès a augmenté de 3,1 % (ou 7 138), la plus importante hausse annuelle observée depuis 1993.

Les décès tant masculins que féminins ont augmenté par rapport à l’année précédente. Toutefois, cette hausse a été légèrement plus prononcée chez les femmes que chez les hommes, soit 3,2 % contre 3,1 %, respectivement.

Toutes les provinces et tous les territoires ont enregistré plus de décès en 2007 qu’en 2006, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard et des Territoires du Nord-Ouest. L’accroissement relatif le plus prononcé a été observé au Yukon suivi du Nouveau-Brunswick, du Québec et de l’Alberta. La Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador, le Manitoba et la Colombie–Britannique ont affiché une augmentation relative moins importante que la moyenne nationale.

Tendances des décès

De 1982 à 2007, le nombre annuel de décès s’est accru de 34,9%, passant de 174 413 à 235 217. Au cours de cette période de 25 ans, le nombre annuel de décès a augmenté chaque année, sauf en 2000 et en 2006 (graphique 1).

L’évolution à la hausse des décès est principalement due au vieillissement de la population. De 1982 à 2007, la proportion de personnes âgée de 65 ans et plus s’est accrue de 38,5%.

Pour la période allant de 1982 à 2007, la tendance à la hausse des décès masculins était moins prononcée que celle des décès féminins. Au cours de cette période, on observe une diminution du nombre de décès masculins pour cinq années distinctes (1983, 1990, 2000, 2004 et 2006), la plus forte réduction étant observée en 2000. Cependant, le nombre de décès féminins n’a fait qu’augmenter au cours de cette période, sauf en 2006 où il a baissé.

Accroissement naturel

L’accroissement naturel de la population représente la différence entre le nombre de naissances et de décès. Le graphique 2 illustre l’évolution du nombre annuel de naissances, de décès et de l’accroissement naturel sur la période de 1982 à 2007.

L’accroissement naturel était d’environ 127 000 personnes en 2006 et d’environ 133 000 en 2007.

Au cours de cette période de 25 ans, soit de 1982 à 2007, le nombre annuel de décès a augmenté de façon constante alors que l’évolution annuelle du nombre de naissances a fluctué.

De 1982 à 1986, le nombre de naissances oscillait autour de 373 000, par la suite il atteignait son niveau le plus élevé en 1990, soit près de 405 000 naissances. Après 1990, le nombre de naissances a diminué graduellement jusqu’à son niveau le plus bas en 2000 (autour de 328 000 naissances). Au début du 21e siècle, le nombre de naissances s’est remis à croître, pour atteindre un niveau de près de 368 000 en 2007.

L’évolution de l’accroissement naturel durant cette période de 25 ans a surtout été influencée par le nombre de naissances. Avant 1993, l’accroissement naturel était en général plus élevé que le nombre de décès. Par contre, lorsque le nombre de naissances a commencé à diminuer, l’accroissement naturel a également décliné. En 2002, l’accroissement naturel a chuté à son niveau le plus bas au cours de cette période de 25 ans (autour de 105 000 personnes). Cependant de 2003 à 2007, avec la reprise des naissances, on assiste à une augmentation constante de l’accroissement naturel.

Taux de Mortalité

Entre 1982 et 2007, le vieillissement de la population a fortement contribué au nombre croissant de décès. Néanmoins, lorsqu’on élimine l’effet de la structure par âge de la population, le taux comparatif de mortalité (TCM) 1  a diminué au cours de cette même période.

Taux bruts et comparatifs de mortalité

Le taux comparatif de mortalité au Canada est demeuré inchangé de 2006 à 2007, soit à 5,4 pour une population type de 1 000 personnes, et ce même si le taux brut de mortalité a augmenté de 7,0 à 7,1 décès pour 1 000 personnes, respectivement (tableau explicatif 2).

De 2006 à 2007, le TCM a diminué dans quatre provinces (Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Saskatchewan et Alberta) et dans tous les territoires. Il est demeuré constant dans quatre provinces (Nouvelle-Écosse, Ontario, Manitoba et Colombie-Britannique) et n’a augmenté qu’au Nouveau-Brunswick et au Québec. La plus grande baisse du TCM a été observée au Nunavut.

En 2007, les TCM variaient de 5,1 en Colombie-Britannique à 10,0 pour 1 000 personnes au Nunavut. La Colombie-Britannique et l’Ontario avaient un TCM au dessous du niveau national, tandis qu’au Québec et en Alberta, il était le même qu’à l’échelle nationale. Les TCM des autres provinces dépassaient celui du niveau national.

De 1997 à 2007, les TCM ont baissé dans les huit régions présentées au graphique 3. La plus forte baisse s’est produite au Québec alors que la plus faible a été enregistrée dans les territoires. Au cours de cette période de 10 ans de 1997 à 2007, le TCM du Québec est passé du troisième plus élevé au troisième plus faible.

Taux de mortalité par âge

Deux facteurs peuvent contribuer à la diminution du nombre de décès, à savoir une diminution de la population courant le risque de décéder et une baisse des taux de mortalité.

En appliquant les taux de mortalité par âge de 2006 à la population de 2007, il est possible de déterminer dans quelle mesure la variation du nombre de décès en 2007 était attribuable à des changements dans la taille de la population par opposition à des changements dans le taux de mortalité (tableau explicatif 3).

Si les taux de mortalité par âge étaient demeurés constants de 2006 à 2007, le nombre de décès en 2007 aurait été de 235 401. Cependant, le nombre réel de décès enregistrés en 2007 était un peu plus faible, soit 235 217. Le résultat de 184 décès de moins que prévu en 2007 pourrait être attribuable à une combinaison de hausse et de baisse dans les taux de mortalité par âge.

En 2007, il y a eu une diminution du taux de mortalité dans dix groupes d’âge et une augmentation dans les huit autres groupes d’âge. C’est chez les jeunes âgés de 1 à 14 ans, qu’on observe les plus faibles taux de mortalité par âge, mais aussi les plus fortes variations relatives de ces taux. De 2006 à 2007, on retrouve la plus forte baisse relative chez les jeunes de 1 à 4 ans (-6,6 %) et la plus forte hausse chez les jeunes de 5 à 9 ans (8,7 %)

Décès et mortalité infantiles

Le décès infantile est le décès d’un enfant de moins d’un an. De 2006 à 2007, le nombre de décès infantiles s’est accru de 6,2 %, passant de 1 771 à 1 881, respectivement. Le nombre de décès infantiles masculins a augmenté de 6,1 %, passant de 983 à 1 043, tandis que le nombre de décès infantiles féminins a grimpé de 6,4 %, passant de 788 à 838.

Taux de mortalité infantile

De 2006 à 2007, le taux de mortalité infantile a augmenté de 2,0 %, passant de 5,0 à 5,1 décès infantiles pour 1 000 naissances vivantes, respectivement. Le taux de mortalité infantile masculine s’est accru de 1,9 %, passant de 5,4 à 5,5 décès infantiles pour 1 000 naissances vivantes, tandis que celui de la mortalité infantile féminine a augmenté de 2,2 % passant de 4,6 à 4,7 décès infantiles pour 1 000 naissances vivantes.

De 2006 à 2007, sept provinces et un territoire ont enregistré une hausse de leur taux de mortalité infantile, et la hausse la plus importante a eu lieu à l’Île-du-Prince-Édouard. Les cinq autres provinces et territoires ont connu une baisse, dont la plus importante a été observée aux Territoires du Nord-Ouest (tableau explicatif 4).

Durant cette même période, la hausse du taux de mortalité infantile chez les garçons au Canada était due à la hausse observée dans 8 des 13 provinces et territoires canadiens. Une hausse du taux de mortalité infantile chez les filles a été enregistrée dans six provinces.

Mortalité néonatale, post-néonatale et périnatale

La mortalité infantile peut être subdivisée en une composante de mortalité néonatale (décès de nourrissons de 0 à 27 jours) et en une composante de mortalité post-néonatale (décès de nourrissons de 28 à 364 jours). La mortalité périnatale comprend les mortinaissances survenues à 28 semaines ou plus de gestation et les décès néonataux précoces (décès de nourrissons de 0 à 6 jours).

De 2006 à 2007, le taux de mortalité néonatale au Canada a augmenté de 2,7 %, passant de 3,7 à 3,8 décès pour 1 000 naissances vivantes, respectivement. En revanche, le taux de mortalité post-néonatale s’est maintenu à 1,3 décès pour 1 000 naissances vivantes. Par conséquent, l’augmentation du taux de mortalité infantile était principalement attribuable à la hausse du taux de mortalité néonatale (tableau explicatif 5).

Le taux de mortalité périnatale a augmenté, passant de 6,1 à 6,4 décès pour 1 000 naissances totales. Les naissances totales représentent les naissances vivantes plus les mortinaissances de 28 semaines ou plus de gestation.

Tendances de la mortalité infantile

De 1992 à 2007, le taux de mortalité infantile a chuté de 6,1 à 5,1 décès pour 1 000 naissances vivantes.

Au cours de cette période de 15 ans, le taux de mortalité néonatale a diminué de 4,0 à 3,8 décès pour 1 000 naissances vivantes, tandis que le taux de mortalité post-néonatale a chuté de 2,1 à 1,3 décès pour 1 000 naissances vivantes. Le taux de mortalité périnatale a aussi décliné de 7,1 à 6,4 décès pour 1 000 naissances totales. (tableau explicatif 5).

Les taux de mortalité infantile et de mortalité néonatale ont augmenté de 1992 à 1993. De 1994 à 1998, le taux de mortalité infantile a diminué et ensuite a fluctué autour de 5,3 et 5,4 décès pour 1 000 naissances vivantes et ce jusqu’en 2005. Toutefois, de 2001 à 2005, on a assisté à une augmentation régulière du taux de mortalité néonatale, passant d’un creux de 3,8 à 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. En 2006, ces deux taux ont diminué, mais ils ont légèrement augmenté en 2007.

Le taux de mortalité post-néonatale a baissé de 1992 à 2003, puis est demeuré à 1,3 décès pour 1 000 naissances vivantes jusqu’en 2007.

De 1992 à 2007, le taux de mortalité périnatale a diminué, passant de 7,1 à 6,4 décès pour 1 000 naissances totales. De 1994 à 2000, le taux de mortalité périnatale a affiché une tendance à la baisse. De 2001 à 2005, il est demeuré stable autour de 6,3 décès pour 1 000 naissances totales, puis il a fléchi pour passer à 6,1 en 2006. En 2007, ce taux a augmenté pour s’établir à 6,4 décès pour 1 000 naissances totales.

Tendances de la mortalité périnatale

Entre 1992 et 2007, les deux composantes de la mortalité périnatale, c’est-à-dire la mortalité néonatale précoce et la mortalité foetale tardive, ont évolué de façons distinctes. Le nombre de morts foetales tardives a affiché une tendance à la baisse de 1992 à 2004, qui s’est transformée en une tendance à la hausse en 2005. Le nombre de décès néonataux précoces a diminué de 1994 à 2000, a augmenté de 2001 à 2005, puis a repris sa tendance à la baisse en 2006. En 2007, le nombre de décès néonataux précoces a dépassé celui de morts foetales.

Espérance de vie

L’espérance 2  de vie est le nombre moyen d’années que devrait vivre en principe une personne— à la naissance ou à un autre âge — si les taux de mortalité selon l'âge pour la période d'observation donnée (comme l'année civile) demeuraient constants au cours de sa vie. Cet indicateur est déterminé à partir des taux de mortalité par âge qui sont calculés en utilisant trois années de données.

Espérance de vie à la naissance et à 65 ans

En 2005-2007, l’espérance de vie à la naissance était de 80,7 ans, soit de 78,3 pour les hommes et 83,0 pour les femmes. Il s’agit d’une hausse de l’espérance de vie à la naissance de 0,2 an par rapport à 2004-2006, avec un gain de 0,3 an chez les hommes et de 0,2 an chez les femmes (tableau explicatif 6).

L’espérance de vie à 65 ans était de 19,8 ans en 2005-2007, soit de 18,1 ans pour les hommes et de 21,3 ans pour les femmes. De 2004-2006 à 2005-2007, l’augmentation de l’espérance de vie à 65 ans (0,2 an) était la même pour les hommes et que pour les femmes.

Sur la période de 10 ans, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 2,3 ans, passant de 78,4 en 1995-1997 à 80,7 ans en 2005-2007 (tableau 6). Au cours de cette période, l’espérance de vie pour les hommes s’est accrue de 2,9 ans, tandis qu’elle a progressé de 1,8 an chez les femmes. Par conséquent, l’écart entre les sexes s’est rétréci de 1,1 an, passant de 5,8 ans en 1995-1997 à 4,7 ans en 2005-2007.

De 1995-1997 à 2005-2007, l’espérance de vie à 65 ans a augmenté de 1,6 an. L’accroissement de l’espérance de vie à 65 ans a été supérieur chez les hommes par rapport à celui des femmes (2,0 contre 1,3 an). Ainsi, l’écart entre les hommes et les femmes, en ce qui concerne l’espérance de vie à 65 ans, a diminué de 0,7 an pour passer de 3,9 à 3,2 ans, respectivement. Les gains en espérance de vie à 65 ans comptaient pour 70 % de l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance.

Variations géographiques de l’espérance de vie

En 2005-2007, l’espérance de vie à la naissance de la Colombie-Britannique (81,2 ans) et celle de l’Ontario (81,0 ans) ont surpassé la moyenne nationale qui se situait à 80,7 ans (tableau explicatif 7). Le Québec affichait la même espérance de vie à la naissance que celle de la moyenne nationale. Dans les autres provinces et les territoires, l’espérance de vie à la naissance était inférieure à celle de l’échelle nationale. Elle était la plus faible dans les trois territoires (75,8 ans).

L’espérance de vie à 65 ans était aussi la plus élevée en Colombie-Britannique, soit 20,4 ans, suivie par celle de l’Alberta (20,0 ans) et de l’Ontario (19,9 ans). Les espérances de vie à 65 ans dans ces trois provinces ont dépassé celle de la moyenne nationale (19,8 ans). Le Québec affichait la même espérance de vie à 65 ans que celle du Canada. L’espérance de vie à 65 ans dans les autres provinces et dans les territoires était inférieure à la moyenne nationale. On retrouvait la plus faible espérance de vie à 65 ans dans les territoires avec 16,9 ans.