La santé mentale et les contacts avec la police au Canada, 2012

par Jillian Boyce, Cristine Rotenberg et Maisie Karam

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Début du texte

Les Canadiens peuvent entrer en contact avec la police pour diverses raisons, tous les contacts n’étant pas de nature criminelle. Des recherches antérieures ont révélé que la plupart des personnes présentant un trouble de santé mentale ne commettent pas d’actes criminels; toutefois, les contacts avec la police sont fréquents au sein de cette population (Brink et autres, 2011; Coleman et Cotton, 2014). En outre, on a observé une hausse de la fréquence de ces interactions au cours des dernières décennies en raison de changements stratégiques et législatifs (Association canadienne pour la santé mentale, Division de la C.-B., 2005; Service de police de Vancouver, 2013; Lurigio et Watson, 2010). Par exemple, même si le processus de désinstitutionnalisation a fait passer le traitement des troubles de santé mentale des hôpitaux à la collectivité, certains prétendent que le soutien communautaire peut ne pas avoir été élargi proportionnellement pour compenser la perte de services institutionnels, ce qui peut faire en sorte que les policiers assument le rôle de premiers intervenants dans des situations de crise ou après les heures normales d’ouverture des établissements de santé (Coleman et Cotton, 2014; Association canadienne pour la santé mentale, Division de la C.-B., 2005).

L’information sur les interactions entre les policiers et les personnes présentant un trouble de santé mentale est une priorité pour diverses raisons. Tout d’abord, il peut s’agir des situations les plus imprévisibles et dangereuses dans le cadre desquelles les policiers devront intervenir, et elles peuvent s’avérer tout aussi dangereuses, sinon plus, pour la personne atteinte du trouble (Chappell, 2008; Kerr, Morabito et Watson, 2010; Coleman et Cotton, 2014; Association canadienne pour la santé mentale, Division de la C.-B., 2005). Ensuite, même si la majorité de ces interactions sont gérées sans que cela ne porte préjudice au policier ou à la personne présentant un trouble, elles peuvent prendre beaucoup de temps et utilisent souvent une grande partie des ressources non seulement des services de police, mais également des secteurs de la santé et des services sociaux (Lurigio et Watson, 2010).

Au Canada, il n’existe actuellement aucun cadre ni aucune ligne directrice normalisés pour recueillir des données sur les interactions entre les policiers et les personnes présentant un trouble de santé mentaleNote 1. Même si certains services de police publient des chiffres à ce sujet de manière indépendante, bon nombre d’entre eux ne sont pas comparables entre les différents secteurs de compétence en raison de différences dans les définitions et dans les méthodes de collecte de renseignements.

En l’absence de données représentatives à l’échelle nationale au sujet des personnes présentant un trouble de santé mentale et de leurs contacts avec la police, l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Santé mentale (ESCC — SM) de 2012 fournit un point de départ pour combler cet écart (voir l’encadré 1). L’ESCC — SM de 2012 représente le quatrième cycle de l’ESCC axé sur un thème particulier (Statistique Canada, 2013). Même si un cycle axé sur la santé mentale et le bien-être des Canadiens a été mis en œuvre en 2002, la plupart des troubles mesurés dans le cadre de l’ESCC — SM de 2012 ne sont pas comparables aux troubles mesurés par l’enquête en 2002 (Pearson, Janz et Ali, 2013). De plus, les questions sur les contacts des répondants avec la police n’avaient pas été posées en 2002.

Cet article de Juristat s’appuie sur des données de l’ESCC — SM de 2012 afin de faire état de la prévalence des troubles mentaux et des troubles liés à l’utilisation de substances au Canada en 2012, ainsi que des caractéristiques courantes chez les personnes présentant un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances. En outre, il traite en détail du type de contacts entre les personnes atteintes d’un trouble et les policiers et de leur fréquence, et de la mesure dans laquelle ces contacts diffèrent de ceux des personnes n’ayant aucun trouble.

Début de l'encadré

Encadré 1
Ce qu'il faut savoir au sujet de la présente étude

L'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Santé mentale (ESCC — SM) de 2012 a permis de recueillir des données sur les personnes de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces.

Dans le cadre de l'ESCC — SM de 2012, on posait des questions aux répondants sur les troubles mentaux et les troubles liés à l'utilisation de substances. Plus précisément, l'enquête mesurait six troubles : dépression, trouble bipolaire, trouble d'anxiété généralisée, abus d'alcool ou dépendance à l'alcool, abus de cannabis ou dépendance au cannabis, et abus d'autres drogues ou dépendance à d'autres droguesNote 2.

Les répondants ne devaient pas définir eux-mêmes les troubles. Dans le cadre de l’enquête, les participants devaient répondre aux modules particuliers du Composite International Diagnostic Interview de l’Organisation mondiale de la Santé, un instrument normalisé aux fins de l’évaluation des troubles mentaux fondé sur la quatrième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV). On posait aux répondants une série de questions sur les symptômes ressentis et les types de comportements adoptés. Selon les réponses, les répondants étaient réputés avoir satisfait aux critères d’un trouble mental ou d’un trouble lié à l’utilisation de substance particulier et étaient classés en conséquence. Tous les troubles dont traite le présent article reposent sur le fait que les répondants satisfaisaient aux critères d’un trouble au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête.

L'ESCC — SM de 2012 visait à recueillir des renseignements sur l'état de santé mentale des Canadiens ainsi que sur l'accès aux services et au soutien professionnels et informels en matière de santé mentale et le besoin perçu de ces services et de ce soutien. En outre, l'enquête permettait d'interroger les Canadiens sur leurs contacts avec la police, que ce soit pour des raisons criminelles ou non criminelles.

Même si les Canadiens peuvent entrer en contact avec la police pour diverses raisons, la présente analyse porte sur les raisons suivantes pour être entré en contact avec la police : les délits de la route, le fait d'être victime ou témoin d'un crime, une arrestation, les problèmes personnels liés aux émotions, à la santé mentale ou à l'utilisation de substances, ou les problèmes d'un membre de la famille liés aux émotions, à la santé mentale ou à l'utilisation de substances. Même si, dans l'enquête, on recueillait également des renseignements au sujet des contacts des répondants avec la police découlant de séances d'information publique, de raisons liées au travail, d'accidents et d'autres raisons, ces éléments ont été exclus de la présente analyse. Les raisons de l'exclusion reposaient sur l'ambiguïté de la catégorie, ou sur le fait que l'on croyait que le contact était davantage lié aux activités de sensibilisation de la police qu'à des motifs propres à la personne. Comme pour l'information relative aux troubles mentaux et aux troubles liés à l'utilisation de substances, l'information concernant les contacts avec la police repose sur les contacts survenus au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête.

Il est bon de noter que les données présentent des limites importantes dans le cadre de l'analyse actuelle. L'ESCC — SM de 2012 ne permettait pas de recueillir de données auprès des personnes vivant dans les réserves ou autres établissements autochtones, des membres à temps plein des Forces canadiennesNote 3 et des personnes vivant en établissement. On estime que ces populations représentent environ 3 % de la population cible (Statistique Canada, 2013). De plus, comme l'enquête permettait de recueillir des données auprès des personnes habitant dans les 10 provinces, les Canadiens vivant dans les territoires se trouvaient hors du champ de l'enquête. Les raisons pour lesquelles les territoires ont été exclus de la collecte de données étaient liées, d'une part, au fait que la taille des échantillons était trop petite, ce qui empêchait possiblement la production d'estimations pouvant être diffusées, et d'autre part, au fait qu'elle devait demeurer le plus comparable possible avec l'ESCC — SM de 2002, qui n'a également pas recueilli de données auprès des territoires. En outre, comme il s'agit d'une enquête-ménage, la population des sans-abri était également hors du champ de l'enquête.

Par ailleurs, lorsqu'il est question des troubles mentaux ou des troubles liés à l'utilisation de substances, ainsi que des contacts avec la police, il est important de souligner le fait que les taux fournis pourraient sous-estimer l'étendue de ces questions au Canada, étant donné que seulement certains troubles et certains types de contacts avec la police ont été mesurés. En outre, certains troubles qui se sont révélés être des facteurs importants dans les interactions des personnes avec la police, comme le trouble de la personnalité antisociale et le syndrome d'alcoolisation fœtale (MacPhail et Verdun-Jones, 2013; Stewart et Glowatski, 2014), n'ont pas été pris en compte dans cette enquête.

Fin de l'encadré

Environ 1 contact avec la police sur 5 impliquait une personne présentant un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances

En 2012, environ 2,8 millions de Canadiens de 15 ans et plus, soit 1 Canadien sur 10, répondaient aux critères associés à au moins un des six troubles mentaux ou troubles liés à l’utilisation de substances mesurés dans le cadre de l’ESCC — SM de 2012 au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (tableau 1)Note 4,Note 5. Dans l’ensemble, on trouve une plus forte proportion de personnes atteintes d’un trouble mental seulementNote 6 (5,5 %) que d’un trouble lié à l’utilisation de substances seulementNote 7 (3,4 %). En outre, 1,0 % de la population a fait état de symptômes correspondant à la fois à un trouble mental et à un trouble lié à l’utilisation de substances.

Parmi les troubles mesurés dans le cadre de l’enquête, la dépression était le trouble le plus courant, touchant 4,7 % des Canadiens de 15 ans et plus (tableau 1). Chez les personnes satisfaisant aux critères d’un trouble, un peu moins du tiers (29,7 %) ont fait état de symptômes correspondant à plus d’un trouble.

Selon les résultats de l’ESCC — SM de 2012, 18,4 %, ou environ 5 millions de Canadiens, ont déclaré être entrés en contact avec la police au cours des 12 mois précédents (tableau 2)Note 8. Parmi ces 5 millions de Canadiens qui sont entrés en contact avec la police, environ 1 personne sur 5 (18,8 %) répondait aux critères d’un trouble mental ou lié à l’utilisation de substances.

Étant donné qu’environ 1 personne sur 5 ayant déclaré être entrée en contact avec la police présentait aussi un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances, il est important de mieux comprendre cette population. La connaissance des caractéristiques démographiques pouvant être associées aux troubles mentaux ou liés à l’utilisation de substances, ainsi que des expériences pouvant être plus fréquentes au sein de cette population, pourrait permettre de mieux comprendre les besoins de cette population unique. Une meilleure compréhension de cette population pourrait contribuer à l'amélioration des services policiers et de santé mentale.

Les troubles mentaux sont plus courants chez les femmes, alors que les troubles liés à l’utilisation de substances sont plus répandus chez les hommes

Même si la proportion globale de troubles chez les hommes et les femmes était relativement semblable (10,6 % et 9,6 % respectivement), on remarque des différences lorsqu’on examine les troubles mentaux seulement et les troubles liés à l’utilisation de substances seulement (tableau 1, graphique 1). Plus précisément, les femmes (6,9 %) étaient plus susceptibles que les hommes (4,1 %) de répondre aux critères d’un trouble mental. Les femmes étaient plus nombreuses à faire état d’une dépression (5,8 %) ou d’un trouble d’anxiété généralisée (3,2 %) que leurs homologues masculins (3,6 % et 2,0 % respectivement)Note 9.

Graphique 1

Description du graphique 1

En revanche, les hommes (5,2 %) étaient plus susceptibles que les femmes (1,6 %) de satisfaire aux critères d’un trouble lié à l’utilisation de substances. En effet, les hommes étaient plus nombreux que les femmes à faire état des trois types de troubles liés à l’utilisation de substances : abus d’alcool ou dépendance à l’alcool, abus de cannabis ou dépendance au cannabis, et abus d’autres drogues ou dépendance à d’autres drogues (tableau 1). Ces conclusions concordent avec les résultats de recherches antérieures, qui ont révélé des taux plus élevés de troubles mentaux chez les femmes (Fleury et autres, 2011; Nguyen et autres, 2005) et des taux plus élevés de troubles liés à l’utilisation de substances chez les hommes (Seedat et autres, 2009).

Les troubles sont plus fréquents chez les jeunes Canadiens

Lorsqu’on tenait compte de l’âge, les troubles étaient plus courants chez les jeunes Canadiens, puis diminuaient au fur et à mesure qu’augmentait l’âge (tableau 3, graphique 2). Parmi les Canadiens de 15 à 24 ans, 18,5 % présentaient un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances, comparativement à 11,4 % des adultes de 25 à 44 ans, à 8,3 % des adultes de 45 à 64 ans et à 3,2 % de ceux de 65 ans et plus.

Graphique 2

Description du graphique 2

Toutefois, les écarts dans les taux globaux de troubles en fonction de l’âge sont en partie attribuables aux troubles liés à l’utilisation de substances. Plus précisément, les personnes de 15 à 24 ans étaient plus susceptibles que celles des autres groupes d’âge de présenter un trouble lié à l’utilisation de substances (9,3 %). Ce résultat est attribuable aux jeunes hommes de 15 à 24 ans, qui ont enregistré une proportion nettement plus élevée de troubles liés à l’utilisation de substances que leurs homologues de sexe féminin (12,8 % par rapport à 5,5 %). En comparaison avec les autres groupes d’âge, les Canadiens de 15 à 24 ans ont également affiché le plus fort taux de troubles mentaux et de troubles liés à l’utilisation de substances (2,8 %)Note 10.

Par comparaison, la proportion de personnes atteintes d’un trouble mental était environ égale pour tous les groupes d’âge, à l’exception des personnes de 65 ans et plus. Les faibles taux de troubles chez les personnes de 65 ans et plus sont similaires aux conclusions tirées d’autres recherches, selon lesquelles les troubles mentaux (troubles de l’humeur et de l’anxiété), et particulièrement les troubles liés à l’utilisation de substances, sont plus faibles parmi les cohortes plus âgées (Kessler et autres, 2005).

Les troubles sont plus répandus parmi les Canadiens à faible revenu

Un faible statut socioéconomique a souvent été associé à des taux plus élevés de troubles mentaux et de troubles liés à l’utilisation de substances (Association canadienne pour la santé mentale, Ontario, 2007; Caron et Liu, 2011; Organisation mondiale de la Santé, 2012) (voir l’encadré 2). Les résultats de l’ESCC — SM de 2012, qui sont conformes à ceux de recherches antérieures, ont révélé qu’une proportion plus élevée de personnes dont le revenu annuel du ménage était inférieur à 20 000 $ présentaient un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances comparativement aux personnes appartenant aux autres catégories de revenus. Cependant, il est important de souligner que même si les résultats de l’ESCC — SM de 2012 révélaient un lien entre le revenu et les troubles, il est impossible d’établir un lien de causalité, ce qui signifie que l’un n’est pas nécessairement la conséquence de l’autre.

En 2012, 17,4 % des Canadiens dont le revenu annuel du ménage était inférieur à 20 000 $ satisfaisaient aux critères d’un trouble, tandis que dans toutes les autres catégories de revenus, la proportion des personnes atteintes d'un trouble allait de 8,4 % à 10,9 % (tableau 3, graphique 3)Note 11. Il est important de noter, cependant, que le lien entre le revenu et les troubles est surtout évident pour les troubles mentaux seulement, qui sont nettement plus répandus chez les personnes ayant un revenu annuel du ménage inférieur à 20 000 $ que chez celles appartenant aux autres catégories de revenus. Cette tendance n’était pas aussi évidente pour les troubles liés à l’utilisation de substances, la proportion de personnes ayant ce type de trouble seulement étant presque égale dans la catégorie des revenus les plus faibles et la catégorie des revenus les plus élevés (4,2 % chacune).

Graphique 3

Description du graphique 3

Une situation de faible revenu est aussi associée au recours à l’aide sociale. Les personnes qui reçoivent des prestations d’aide socialeNote 12 comme principale source de revenu étaient près de trois fois plus susceptibles de présenter un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances que les Canadiens dont la principale source de revenu était un revenu d’emploi (tableau 3). Dans l’ensemble, environ 3 Canadiens sur 10 (29,4 %) ayant déclaré des prestations d’aide sociale comme principale source de revenu présentaient un trouble, comparativement à 1 Canadien sur 10 (10,2 %) dont la principale source de revenu était un revenu d’emploi. Autrement dit, parmi les Canadiens atteints d’un trouble, 9,3 % ont déclaré que l’aide sociale était leur principale source de revenus, comparativement à 2,5 % des personnes ne présentant aucun trouble.

Un faible revenu était aussi lié à des niveaux de scolarité moins élevés (Zeman, McMullen et De Broucker, 2010; Association canadienne pour la santé mentale, Ontario, 2007). Compte tenu du fait que les troubles étaient plus fréquents chez les personnes ayant déclaré un revenu annuel du ménage inférieur à 20 000 $, on pourrait présumer que les troubles seraient plus répandus chez les personnes ayant le plus faible niveau de scolarité; cependant, ce n’était pas le cas. En 2012, la prévalence des troubles était plus élevée chez les personnes qui avaient fait des études postsecondaires (tableau 3), une constatation qui demeurait vraie même lorsqu’on excluait de l’analyse les personnes de 15 à 24 ans.

Début de l'encadré

Encadré 2
Itinérance, santé mentale et contacts avec la police

Comme l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Santé mentale (ESCC — SM) de 2012 a été conçue pour recueillir des données auprès des ménages dans les 10 provinces, la population des sans-abri n'était pas prise en compte dans cette enquête. Il peut être difficile d'obtenir des renseignements sur les sans-abri pour diverses raisons. Par exemple, les définitions de l'itinérance varient souvent d'une étude à l'autre, sans compter que la population des sans-abri peut être mobile et, dans bien des cas, peut être à l'abri des regards (Gaetz et autres, 2013; Institut canadien d'information sur la santé, 2007). Il peut donc être encore plus difficile de recueillir des renseignements sur les sans-abri qui ont des problèmes de santé mentale ou qui entrent en contact avec la police, ou les deux.

Même si les données sur la population itinérante sont limitées, on estime actuellement qu'au moins 200 000 Canadiens ont recours aux refuges d'urgence pour sans-abri ou dorment à l'extérieur au cours d'une année donnée, et qu'au moins 30 000 Canadiens sont sans abri au cours d'une nuit donnée (Gaetz et autres, 2013). En raison de l'absence de méthodes faisant l'objet d'un consensus pour saisir la prévalence des troubles mentaux chez ces personnes, il est difficile d'estimer le nombre de sans-abri atteints de troubles mentaux (Hwang, 2001). Cependant, certaines études ont révélé que les problèmes de santé mentale sont plus fréquents chez la population itinérante que chez la population générale (Institut canadien d'information sur la santé, 2007). Il est important de noter que même si l'itinérance et les troubles mentaux sont souvent liés, l'un n'entraîne pas nécessairement l'autre (Echenberg et Jensen, 2009; Institut canadien d'information sur la santé, 2007).

On a observé que les sans-abri atteints d'un trouble mental entraient plus souvent en contact avec la police (Association canadienne pour la santé mentale, Division de la C.-B., 2005). Ces contacts avec la police n'étaient pas nécessairement de nature violente et étaient plus susceptibles d'être liés à des délits mineurs pouvant être perçus comme inappropriés, perturbateurs ou potentiellement dangereux par les membres du public (Fischer et autres, 2008). En outre, les sans-abri qui présentent un trouble mental peuvent entrer en contact avec la police en raison de risques pour leur sécurité, ou parce qu'ils ont été victimes d'un crime, car des recherches antérieures ont révélé que ces personnes ont tendance à être plus vulnérables à la victimisation (Markowitz, 2011).

Fin de l'encadré

La population autochtone présente un risque accru de troubles liés à l’utilisation de substances

Le taux global de troubles mentaux et de troubles liés à l’utilisation de substances chez les Canadiens qui ont déclaré appartenir à la population autochtone était supérieur à celui observé chez les personnes ayant déclaré ne pas appartenir à la population autochtone (15,2 % par rapport à 11,2 %)Note 13 (tableau 3, graphique 4).

Graphique 4

Description du graphique 4

Lorsqu’on examine les troubles liés à l’utilisation de substances seulement, on remarque qu’une proportion nettement plus élevée d’Autochtones que de non-Autochtones présentaient un tel trouble (6,3 % et 3,9 % respectivement)Note 14. Même si les troubles mentaux étaient un peu plus répandus parmi la population autochtone (7,1 %E) que parmi la population non autochtone (5,9 %), ces différences n'ont pas été jugées significatives.

Comme il a déjà été mentionné, les troubles étaient plus répandus parmi les personnes les plus jeunes et celles dont le revenu annuel du ménage était le plus faible. Des recherches antérieures ont révélé que la population autochtone canadienne a tendance à être plus jeune et à afficher un revenu annuel du ménage inférieur à celui des Canadiens non autochtones (Gionet et Roshanafshar, 2013; Statistique Canada, 2011). On peut donc présumer que ces deux facteurs peuvent expliquer la plus grande prévalence des troubles chez la population autochtone que chez la population non autochtone.

Cependant, même lorsque l’on tient compte de ces éléments et que l’on procède à la normalisation selon l’âge et le revenu de la population autochtone par rapport à la population non autochtone, il existe des différences dans la prévalence globale des troubles. Il importe toutefois de se rappeler que les données de l’ESCC — SM sur les Autochtones excluent les Autochtones vivant dans les territoires, les réserves ou autres établissements autochtones, comme cette enquête ne permettait pas de recueillir de données à ces endroits.

Les Canadiens célibataires affichent une prévalence plus élevée de troubles

De façon générale, les personnes qui ont déclaré être célibataires (jamais mariées) présentaient un taux plus élevé de troubles que les personnes mariées ou vivant en union libre et que les personnes séparées, divorcées ou veuves. En 2012, 17,3 % des Canadiens qui étaient célibataires (jamais mariés) présentaient un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances, comparativement à 9,9 % des personnes qui ont déclaré être séparées, divorcées ou veuves et à 6,9 % de celles qui étaient mariées ou qui vivaient en union libre (tableau 3, graphique 5). Toutefois, lorsque l’on tient compte des troubles mentaux seulement, on remarque que la prévalence demeurait la plus faible chez les personnes mariées ou vivant en union libre (4,3 %), une proportion qui était presque égale à celle observée chez les personnes célibataires (jamais mariées) et chez celles qui étaient séparées, divorcées ou veuves (7,2 % et 7,6 % respectivement).

Graphique 5

Description du graphique 5

Bien qu’une plus grande prévalence de troubles généraux chez les Canadiens célibataires (jamais mariés) puisse être attribuable au fait que les troubles étaient aussi plus répandus chez les personnes de 15 à 24 ans — une population moins susceptible d’être mariée, de vivre en union libre ou d’être divorcée, séparée ou veuve —, cette fréquence demeurait même lorsqu’on excluait de l’analyse les personnes de 15 à 24 ans.

Les personnes atteintes d’un trouble sont plus susceptibles de compter un membre de la famille aux prises avec un problème de santé mentale ou de ressentir un faible sentiment d’appartenance à leur collectivité

En plus de diverses caractéristiques démographiques qui sont associées aux troubles, certains facteurs sociaux semblent également être plus répandus chez les personnes atteintes d’un trouble mental ou d’un trouble lié à l’utilisation de substances. Par exemple, les résultats de l’ESCC — SM de 2012 ont révélé que de faibles relations avec la collectivité ou le fait d’avoir un membre de la famille aux prises avec un problème de santé mentale étaient plus répandus chez les personnes atteintes d’un trouble que chez les autres.

Un faible sentiment d’appartenance à sa collectivité a précédemment été reconnu comme un facteur contribuant aux troubles, en ce sens que lorsqu’une personne se sent coupée de sa collectivité, les symptômes des troubles peuvent être accentués (Fone et autres, 2007). Selon les résultats de l’ESCC — SM de 2012, plus de la moitié (51,9 %) des Canadiens atteints d’un trouble ont déclaré un faible sentiment d’appartenance à leur collectivité, comparativement à un peu plus du tiers (35,3 %) des Canadiens ne présentant aucun trouble (graphique 6).

Graphique 6

Description du graphique 6

Des recherches antérieures ont aussi révélé des liens entre les antécédents familiaux de santé mentale et la probabilité d’éprouver certains types de troubles mentaux (Olino et autres, 2008; Steinhausen et autres, 2009; Rapee, 2012). Dans l’ensemble, une proportion plus élevée de Canadiens atteints d’un trouble ont déclaré avoir un membre de la familleNote 15 aux prises avec des problèmes liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances, comparativement aux Canadiens ne présentant aucun trouble (56,3 % et 36,6 % respectivement) (graphique 6).

Les mauvais traitements pendant l’enfance sont plus répandus chez les personnes atteintes d’un trouble

Les mauvais traitements ou la violence subis pendant l’enfance ont également été associés à de faibles résultats en matière de santé mentale (Afifi et autres, 2014; Institut canadien d'information sur la santé, 2008; Reichert et Flannery-Schroeder, 2014). Comme le montrent d’autres recherches, les données de l’ESCC — SM de 2012 ont révélé que les mauvais traitements pendant l’enfance étaient plus répandus chez les personnes atteintes d’un trouble que chez celles n’ayant aucun troubleNote 16. Plus précisément, 66,5 % des Canadiens de 18 ans et plus présentant un trouble avaient subi au moins une forme de mauvais traitements pendant l’enfance, au moins une fois avant l’âge de 16 ans; cette proportion était nettement plus élevée que celle observée chez les Canadiens de 18 ans et plus n’ayant aucun trouble (44,9 %) (graphique 6).

Peu importe la forme de mauvais traitement pendant l’enfance, les Canadiens de 18 ans et plus atteints d’un trouble étaient proportionnellement plus nombreux à avoir subi des mauvais traitements, particulièrement dans les cas de ce qui pourrait être les formes de mauvais traitements considérées comme les plus graves (graphique 7). Par exemple, le pourcentage de personnes ayant été attaquées physiquement (p. ex. ont reçu des coups de pied ou ont été mordues, frappées, étranglées ou brûlées) et le pourcentage de personnes ayant été forcées de se livrer à une activité sexuelle non désirée étaient près de trois fois plus élevés chez les personnes atteintes d’un trouble (22,9 % et 14,5 % respectivement) que chez celles ne présentant aucun trouble (8,4 % et 5,0 % respectivement).

Graphique 7

Description du graphique 7

Par ailleurs, les personnes atteintes d’un trouble étaient plus susceptibles que les personnes ne présentant aucun trouble d’avoir subi des mauvais traitements à de multiples reprises. De plus, parmi les personnes qui ont subi de tels traitements avant l’âge de 16 ans, celles atteintes d’un trouble étaient proportionnellement trois fois plus nombreuses que les autres à avoir subi les six formes de mauvais traitements.

Les pensées suicidaires sont plus courantes chez les personnes présentant un trouble

On peut s’attendre à un taux plus élevé de pensées suicidaires chez les personnes atteintes d’un trouble que chez les autres en raison du fait que certains critères requis pour recevoir un diagnostic de trouble mental comprennent une intention suicidaire (American Psychiatric Association, 2013). Cela dit, les Canadiens atteints d’un trouble étaient près de 10 fois plus susceptibles d’avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête que ceux ne présentant aucun trouble (19,2 % et 1,6 % respectivement) (graphique 6). En outre, parmi les Canadiens qui ont eu des pensées suicidaires au cours des 12 mois précédents, les personnes atteintes d’un trouble étaient environ deux fois plus susceptibles de déclarer avoir planifié une tentative de suicide que les personnes n’ayant aucun trouble.

Lorsque l’on tient compte de l’utilisation de certains services de santé, selon les résultats de l’ESCC — SM de 2012, 35,8 % des personnes atteintes d’un trouble ont déclaré prendre des médicaments pour des problèmes liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Une plus faible proportion de Canadiens atteints d’un trouble ont déclaré avoir été hospitalisés pour une nuit ou plus au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête pour des problèmes liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances (4,1 %).

Un Canadien sur trois atteint d’un trouble a déclaré être entré en contact avec la police

La majorité des personnes atteintes d’un trouble mental ne commettent pas d’actes criminels et bon nombre d’entre elles n’entrent pas en contact avec la police. Cependant, des études antérieures laissent entendre que les contacts avec la police sont relativement plus courants au sein de cette population (Brink et autres, 2011). Ces contacts ne sont pas nécessairement de nature criminelle et peuvent être complexes, résultant souvent de facteurs sociaux et systémiques comme l’itinérance et la pauvreté, les faibles liens sociaux ou un manque de services de santé communautaires (Brink et autres, 2011).

Selon les données de l’ESCC — SM de 2012, environ 950 000 Canadiens (34,4 %) présentant un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances ont déclaré au moins une raison pour être entrés en contact avec la police. Dans l’ensemble, cette proportion représentait le double de celle observée chez les personnes n’ayant aucun trouble, parmi lesquelles 16,7 % ont déclaré au moins une raison pour être entrées en contact avec la police.

Par ailleurs, d’une perspective policière, les résultats de l’ESCC — SM de 2012 ont révélé que, parmi les 5 millions de Canadiens ayant déclaré être entrés en contact avec la police, environ 1 sur 5 (18,8 % ou 950 000 personnes) répondait aussi aux critères associés à l’un des six troubles mentaux ou troubles liés à l’utilisation de substances mesurés dans le cadre de l’enquête. Même si l’ESCC — SM de 2012 n’examinait que certaines raisons pour être entré en contact avec la police ainsi que certains troubles, il est intéressant de constater que ces chiffres sont semblables aux estimations fournies par le Service de police de Vancouver (encadré 3). Ces types de contacts sont importants pour la police, car les besoins des personnes atteintes d’un trouble mental peuvent être uniques et exiger des policiers qu’ils utilisent des tactiques différentes de celles qu’ils emploieraient dans une situation d’urgence typique. En fait, il a été suggéré que l’utilisation de mesures d’intervention traditionnelles lorsqu’ils entrent en contact avec une personne présentant un trouble mental pourrait aggraver la situation jusqu’au point d’entraîner un risque de blessure ou de mort pour le policier, le public ou, souvent, la personne en crise (Association canadienne pour la santé mentale, Division de la C.-B., 2005).

Début de l'encadré

Encadré 3
Mesurer la portée des interactions de la police avec les personnes ayant des problèmes de santé mentale au moyen d'études menées par certains services de police

En 2014, un rapport publié par la Chambre des communes sur les paramètres économiques des services de police révélait que la majorité des appels de service reçus par la police ne sont pas liés à la criminalité et que le nombre d'appels liés à la santé mentale est à la hausse (Comité permanent de la sécurité publique et nationale, 2014). Cependant, il demeure difficile de déterminer le pourcentage exact d'appels de service liés à la santé mentale en raison du manque de statistiques uniformes sur la santé mentale et les contacts avec la police.

Même s'il n'existe aucun cadre ni aucune ligne directrice normalisés à l'échelle nationale pour déclarer les contacts avec la police qui mettent en cause des personnes ayant des problèmes de santé mentale, certains services de police ont commencé à publier des chiffres pour leur territoire sur ce sujet. Une bonne partie de ces données ne sont pas comparables d'un service de police à l'autre en raison des différentes méthodologies de saisie de données mises en œuvre par chaque service de police. Toutefois, les études menées par les services de police laissent entendre une hausse du nombre de contacts avec des personnes ayant des problèmes de santé mentale.

Une étude, fondée sur les données recueillies auprès de 25 services de police en Ontario, a révélé que le taux d'appels de service liés à la santé mentale est passé de 287 pour 100 000 habitants en 2003 à 397 pour 100 000 habitants en 2007 (Durbin, Lin et Zaslavska, 2010). Une autre étude a indiqué qu'en 2013, pour le Service de police de Toronto, plus de 1 appel sur 50 acheminé à un policier concernait une personne en crise, alors qu'environ 1 appel sur 100 se soldait par une appréhension en vertu de la Loi sur la santé mentale (Iacobucci, 2014). À Guelph, les appels de service principalement liés à un trouble de santé mentale ont augmenté de 39 % pour le Service de police de Guelph entre 2012 et 2013, tandis que le volume global d'appels de service a diminué de 6 % au cours de cette période (Service de police de Guelph, 2013).

Le Service de police de Vancouver a déclaré que les personnes ayant des problèmes de santé mentale étaient à l'origine de 21 % des incidents traités par les policiers et que, de 2010 à 2012, les appréhensions effectuées en vertu de la Loi sur la santé mentale avaient augmenté de 16 % (Service de police de Vancouver, 2013). Le Service de police de London a observé que les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale entraient en contact avec la police de trois à cinq fois plus souvent chaque année que les personnes ne présentant aucun trouble mental. Les coûts associés aux contacts entre la police et les personnes atteintes de troubles mentaux semblent augmenter de façon similaire; le Service de police de London a déclaré une hausse de 134 % de ces coûts pour la période allant de 2000 à 2011 (Heslop, Stitt et Hoch, 2011).

Ces constatations faites par certains services de police canadiens soulignent le besoin d'adopter des mesures de déclaration uniformes afin de bien répertorier la demande croissante envers les policiers à titre de premiers intervenants auprès des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Bon nombre de services de police au pays ont mis en œuvre des initiatives uniques pour répondre aux appels liés à la santé mentale. Par exemple, certains services emploient des équipes de professionnels de la santé et des policiers pour répondre aux appels portant sur une situation de crise en santé mentale (Service de police de Vancouver, 2013; Service de police de Hamilton, 2013). En outre, certains services de police réunissent des organismes de santé et de services sociaux pour discuter des situations liées aux soins et aux services de santé mentale (Service de police régional de Waterloo, 2014; Service de police de Vancouver, 2013).

Fin de l'encadré

Les arrestations sont plus fréquentes chez les personnes présentant un trouble que chez celles n’ayant aucun trouble

Comme les données de l’ESCC — SM de 2012 ont révélé qu’environ 1 Canadien sur 5 (18,8 %) ayant déclaré au moins une raison pour être entré en contact avec la police présentait également un trouble mental ou un trouble lié à l’utilisation de substances, il est important de comprendre comment ces contacts diffèrent de ceux avec des personnes ne présentant aucun trouble.

Parmi les personnes qui sont entrées en contact avec la police, la principale différence quant aux raisons du contact entre les personnes atteintes d’un trouble et celles ne présentant aucun trouble était, comme on peut s’y attendre, directement liée à la santé mentale et à l’utilisation de substances. Ainsi, parmi les personnes qui sont entrées en contact avec la police, environ 1 personne sur 5 (18,7 %) atteinte d’un trouble l’a fait en raison de ses problèmes personnels liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances, une proportion nettement plus élevée que celle observée chez les personnes ne présentant aucun trouble (1,9 %E) (graphique 8).

Graphique 8

Description du graphique 8

Parmi les Canadiens qui sont entrés en contact avec la police, les personnes atteintes d’un trouble étaient plus susceptibles d’avoir fait l’objet d’une arrestation. Plus précisément, les personnes atteintes d’un trouble étaient environ quatre fois plus susceptibles de déclarer avoir été arrêtées que celles ne présentant aucun trouble (12,5 % et 2,8 %E respectivement). Des recherches antérieures ont révélé que les personnes atteintes de problèmes de santé mentale qui sont soupçonnées d’avoir commis des crimes moins graves sont plus susceptibles que les autres d’être arrêtées (Association canadienne pour la santé mentale, Division de la C.-B., 2003; Heslop, Stitt et Hoch, 2011).

Des études antérieures ont souligné que les personnes atteintes d’un trouble sont plus susceptibles d’être victimisées que les personnes ne présentant aucun trouble (Service de police de Vancouver, 2013; Gur, 2010; Teplin et autres, 2005). Même si les résultats de l’ESCC — SM de 2012 ont révélé qu’une proportion plus élevée de personnes étant entrées en contact avec la police et présentant également un trouble ont été victimisées (24,0 %) comparativement aux personnes n’ayant aucun trouble (20,5 %), ces différences n’ont pas été jugées statistiquement significatives. Cette situation pourrait s’expliquer en partie par le fait que certaines populations affichant des taux de victimisation élevés, notamment les sans-abri, n’ont pas été prises en compte dans cette enquête.

Si l’on considère qu’une plus forte proportion de personnes atteintes d’un trouble comptaient un membre de la famille ayant un problème de santé mentale, il est intéressant de noter que, parmi les personnes qui sont entrées en contact avec la police, il n’y avait pratiquement aucune différence entre les personnes atteintes d’un trouble et celles ne présentant aucun trouble qui ont déclaré être entrées en contact avec la police en raison des problèmes d’un membre de la famille liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances (11,1 % et 11,2 % respectivement).

Dans l’ensemble, parmi les Canadiens qui sont entrés en contact avec la police, la majorité l’a fait en raison d’un délit de la route, peu importe qu’ils aient été atteints ou non d’un trouble.

Alors que la majorité des Canadiens qui sont entrés en contact avec la police l’ont fait pour une seule raison (84,3 %), 15,7 % ont déclaré plus d’une raison de l’avoir fait. Si l’on considère les personnes qui sont entrées en contact avec la police, une proportion nettement plus élevée de personnes atteintes d’un trouble que de personnes ne présentant aucun trouble ont déclaré plus d’une raison pour être entrées en contact avec la police (30,6 % par rapport à 12,2 %).

Début de l'encadré

Encadré 4
Auteurs présumés d'homicide chez qui l'on soupçonnait des troubles mentaux ou du développement

Les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Santé mentale (ESCC — SM) de 2012 offrent un point de départ au sujet de la santé mentale et des contacts avec la police. Cependant, comme c'était la première fois que l'on interrogeait les Canadiens dans le cadre de l'enquête au sujet de leurs contacts avec la police, il n'est pas possible d'établir une tendance au fil du temps (voir l'encadré 3) ni obtenir de renseignements sur le rôle des troubles mentaux ou des troubles liés à l'utilisation de substances dans certains types d'infractions.

Depuis 1961, Statistique Canada recueille des données déclarées par la police sur les affaires, les victimes et les auteurs présumés d'homicide dans le cadre de l'Enquête sur les homicides. À compter de 1997, on a commencé à recueillir, au moyen de cette enquête, des renseignements sur la présence soupçonnée de troubles mentaux ou du développement chez les auteurs présumés d'homicide. Il convient de noter que cette information est fondée sur la perception de l'agent enquêteur et ne repose pas nécessairement sur un diagnostic médical ou clinique.

En 2013, la police soupçonnait la présence d'un trouble mental ou du développement chez 75 auteurs présumés d'homicideNote 17, ce qui représente environ 1 auteur présumé sur 5 (19,1 %)Note 18. Même si le nombre d'homicides diminue de façon générale depuis le sommet atteint au cours des années 1990, les homicides impliquant un auteur présumé qui était soupçonné de présenter un trouble mental ou du développement sont devenus plus fréquents. Dans l'ensemble, le nombre et la proportion d'auteurs présumés d'homicide qui étaient soupçonnés de présenter un trouble mental ou du développement ont augmenté durant chaque période de cinq ans depuis 1999 (graphique 9).

Graphique 9

Description du graphique 9

Comme les auteurs présumés d'homicide en général, la majorité des auteurs présumés d'homicide chez qui l'on soupçonnait un trouble mental ou du développement en 2013 étaient des hommes (82,7 %). Cependant, on observe une différence importante pour ce qui est de l'âge entre les auteurs présumés d'homicide chez qui l'on soupçonnait un trouble mental ou du développement et ceux ne présentant aucun trouble mental. Dans l'ensemble, les auteurs présumés d'homicide, et de crimes en général, ont tendance à être relativement jeunes (Cotter, 2014; Brennan, 2012). Toutefois, parmi les auteurs présumés d'homicide chez qui l'on soupçonnait un trouble mental ou du développement, le groupe d'âge comptant le plus fort pourcentage de personnes atteintes d'un trouble mental ou du développement soupçonné correspondait aux auteurs présumés âgés de 65 ans et plus (40,0 %)Note 19.

Fin de l'encadré

Environ 6 Canadiens sur 10 atteints d’un trouble considéraient avoir besoin de soins

Étant donné la proportion de personnes atteintes d’un trouble qui sont entrées en contact avec la police, il importe de savoir si ces personnes ont reçu les services de santé dont elles estimaient avoir besoin pour gérer leurs troubles mentaux ou leurs troubles liés à l’utilisation de substances.

Selon les résultats de l’ESCC — SM de 2012, environ 6 personnes sur 10 (61,7 %) parmi celles atteintes d’un trouble qui sont entrées en contact avec la police considéraient avoir besoin d’aide pour gérer des problèmes liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substancesNote 20. Parmi les personnes atteintes d’un trouble qui estimaient avoir besoin d’aide et qui sont entrées en contact avec la police, 6 sur 10 (59,7 %) jugeaient que leur besoin avait été satisfait, tandis que les autres jugeaient que leur besoin avait seulement été partiellement satisfait (29,8 %) ou n’avait pas été satisfait du tout (10,5 %E) (graphique 10). Lorsque l’on compare ces résultats à ceux des personnes atteintes d’un trouble et ayant un besoin d’aide perçu, mais qui ne sont pas entrées en contact avec la police, on observe peu de différencesNote 21.

Graphique 10

Description du graphique 10

Dans l’ensemble, parmi les personnes atteintes d’un trouble qui considéraient avoir besoin d’aide et qui sont entrées en contact avec la police, un peu plus des trois quarts (76,9 %) ont eu accès à des services professionnels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (tableau 4)Note 22. Même si une personne estimait avoir besoin d’aide et avait eu accès à des services professionnels, cela ne veut pas nécessairement dire que ses besoins ont été entièrement satisfaits.

Lorsqu’on examine les types de services professionnels utilisés par les personnes atteintes d’un trouble qui estimaient avoir besoin de soins, on remarque peu de différences entre les personnes qui sont entrées en contact avec la police et celles qui ne l’ont pas fait (tableau 4). Il existe toutefois une exception, soit le fait qu’un pourcentage nettement plus élevé de personnes atteintes d’un trouble qui considéraient avoir besoin de soins, et qui sont également entrées en contact avec la police, ont déclaré avoir été hospitalisées pour des problèmes liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Cette situation pourrait s’expliquer en partie par le fait qu’en vertu de certaines lois provinciales en matière de santé mentale, les policiers sont en mesure de faire hospitaliser une personne s’ils croient qu’elle représente un danger pour elle-même ou pour la société. Il est important de noter, cependant, que l’enquête ne permet pas de déterminer si c’est l’hospitalisation ou le contact avec la police qui est survenu en premier.

Les personnes atteintes d'un trouble mental ou lié à l’utilisation de substances et celles qui estimaient avoir besoin d’aide affichent une probabilité accrue d’entrer en contact avec la police, même après avoir pris en compte d’autres facteurs

Même si les données de l’ESCC — SM de 2012 ont révélé qu’une proportion plus élevée de personnes atteintes d’un trouble que de personnes ne présentant aucun trouble sont entrées en contact avec la police, cela ne signifie pas nécessairement que le trouble était à l’origine du contact avec la police. Plusieurs autres facteurs peuvent expliquer en partie le contact avec la police. Par exemple, on a observé que les troubles étaient plus courants chez les jeunes et les personnes célibataires, des facteurs qui sont aussi couramment associés aux contacts avec la police.

Pour aider à démêler le lien qui existe entre les troubles et les contacts avec la police, une analyse plus détaillée a été effectuée, dans laquelle on tenait compte de plusieurs facteurs démographiques et socioéconomiques. Cette analyse approfondie a démontré que la présence d’un trouble mental ou d’un trouble lié à l’utilisation de substances était associée à une probabilité accrue d’entrer en contact avec la police, même lorsqu’on tenait compte du sexe, de l’âge, de l’appartenance à la population autochtone, du niveau de scolarité, du revenu du ménage et de l’état matrimonial (voir l'Annexe — tableau A pour obtenir les résultats).

En outre, les personnes qui considéraient avoir besoin d’aide pour des problèmes liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances étaient aussi plus susceptibles d’entrer en contact avec la police, que ce besoin ait été satisfait (non présenté, RCC = 1,3, IC de 95 % : 1,1-1,6) ou partiellement satisfait ou non satisfait (non présenté, RCC = 1,4, IC de 95 % : 1,1-1,8). Ce lien entre un besoin de soins perçu et la probabilité accrue d’entrer en contact avec la police était présent lorsqu’on tenait compte des troubles mentaux ou liés à l’utilisation de substances, et de certaines autres caractéristiques démographiques et socioéconomiques.

Résumé

Au total, les troubles mentaux et les troubles liés à l’utilisation de substances touchaient 1 personne sur 10, ou environ 2,8 millions de Canadiens de 15 ans et plus en 2012. Même si les troubles mentaux et les troubles liés à l’utilisation de substances peuvent toucher tous les Canadiens, ils étaient plus fréquents dans certains segments de la population. Par exemple, des proportions plus élevées de troubles ont été observées chez les jeunes Canadiens, les personnes touchant un faible revenu, les Autochtones et les personnes célibataires et jamais mariées.

De plus, les mauvais traitements pendant l’enfance — tant la fréquence que la gravité — avaient tendance à être plus fréquents chez les personnes atteintes d’un trouble que chez celles n’ayant aucun trouble. Les personnes atteintes d’un trouble étaient aussi plus susceptibles d’éprouver un faible sentiment d’appartenance à leur collectivité, d’avoir un membre de la famille ayant un problème de santé mentale et d’avoir des pensées suicidaires que les personnes ne présentant aucun trouble.

Cette population de Canadiens atteints de troubles mentaux ou de troubles liés à l’utilisation de substances présente un intérêt particulier pour les services de police, car 1 Canadien sur 5 ayant déclaré être entré en contact avec la police au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête répondaient également aux critères d’un trouble mental ou lié à l’utilisation de substances. Les personnes atteintes d’un trouble étaient plus susceptibles que celles ne présentant aucun trouble de déclarer comme la raison de ce contact avec la police des problèmes personnels liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances ainsi qu’une arrestation. En outre, la proportion de personnes ayant déclaré de multiples raisons pour être entrées en contact avec la police était plus élevée chez les personnes atteintes d’un trouble que chez celles n’ayant aucun trouble.

Description des enquêtes

Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Santé mentale de 2012

L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Santé mentale (ESCC — SM) de 2012, une enquête transversale, fournit des estimations nationales des principaux troubles mentaux et troubles liés à l’utilisation de substances. L’échantillon de l’enquête était composé de la population à domicile âgée de 15 ans et plus dans les 10 provinces. En étaient exclus les personnes vivant dans les réserves ou autres établissements autochtones, les membres à temps plein des Forces canadiennes et les personnes vivant en établissement. Le taux de réponse a été de 68,9 %, ce qui a produit un échantillon de 25 113 personnes représentatif de 28,3 millions de Canadiens.

Pour obtenir plus de renseignements sur l’ESCC — SM de 2012, veuillez consulter le site suivant : http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=5015

Enquête sur les homicides

L’Enquête sur les homicides permet de recueillir des données auprès de la police sur les caractéristiques de l’ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d’homicide au Canada. Dans le cadre de cette enquête, on a commencé à recueillir des renseignements sur l’ensemble des meurtres en 1961, puis le champ de l’enquête s’est élargi en 1974 afin d’inclure les affaires d’infanticide et d’homicide involontaire coupable. Les caractéristiques de ces affaires ne sont pas disponibles pour les années antérieures à 1974, mais des chiffres tirés du Programme de déclaration uniforme de la criminalité le sont, et ils sont pris en compte dans les totaux historiques globaux.

Lorsque la police prend connaissance d’un homicide, le service de police qui mène l’enquête remplit les questionnaires de l’Enquête sur les homicides, puis les envoie à Statistique Canada. Certains homicides sont portés à l’attention de la police des mois ou des années après avoir été commis. Ces affaires sont comptabilisées dans l’année au cours de laquelle la police en a été informée. Les renseignements sur les auteurs présumés d’homicide sont disponibles seulement pour les affaires résolues (c.-à-d. celles dans lesquelles au moins un auteur présumé a été identifié). Les caractéristiques des auteurs présumés sont mises à jour à mesure que les affaires d’homicide sont résolues et que de nouveaux renseignements sont envoyés aux responsables de l’Enquête sur les homicides. Les données recueillies au moyen des questionnaires sur la victime et sur l’affaire sont également mises à jour à la suite de la résolution d’une affaire.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1 Troubles mentaux et troubles liés à l'utilisation de substances au cours des 12 mois précédents, selon le sexe, Canada, 2012

Tableau 2 Raisons pour être entré en contact avec la police au cours des 12 mois précédents, Canada, 2012

Tableau 3 Total des troubles mentaux et des troubles liés à l'utilisation de substances au cours des 12 mois précédents, selon certaines caractéristiques démographiques, Canada, 2012

Tableau 4 Certains types de services professionnels obtenus parmi les personnes atteintes d'un trouble qui estimaient avoir besoin de soins, selon qu'elles sont entrées ou non en contact avec la police au cours des 12 mois précédents, Canada, 2012

Annexe — tableau A Rapports de cotes corrigés faisant le lien entre les contacts avec la police et les troubles mentaux ou liés à l'utilisation de substances, et certaines autres caractéristiques démographiques ou socioéconomiques, Canada, 2012

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Notes

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