L'homicide au Canada, 2014

par Zoran Miladinovic et Leah Mulligan

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Début du texte

L'homicide demeure un phénomène relativement rare au Canada. En 2014, les homicides constituaient environ 0,2 % de tous les décès au Canada et environ 0,1 % de toutes les infractions avec violence au Code criminel déclarées par la policeNote 1. Les homicides sont considérés comme l'infraction la plus grave au Canada et entraînent les sanctions pénales parmi les plus sévères. Le taux d'homicides d'une collectivité peut influer sur sa perception de sa sécurité (Romer, Hall Jamieson et Aday, 2003).

Depuis 1961, les services de police déclarent des données détaillées sur les homicides qui surviennent au Canada dans le cadre de l'Enquête sur les homicides menée par Statistique Canada. En 1974, l'enquête a été élargie au-delà de la collecte des données sur les meurtres au premier et au deuxième degré pour inclure les infanticides et les homicides involontaires coupables. À l'aide des données tirées de cette enquête, on se penche, dans le présent article de Juristat, sur les caractéristiques des affaires, des victimes et des auteurs présumés d'homicide en 2014 et l'on compare ces constatations aux tendances à court et à long terme.

Cet article de Juristat présente aussi de nouvelles données sur la nature et l'étendue des homicides impliquant des victimes et des auteurs présumés autochtones. L'année 2014 marque le premier cycle de la collecte des données de l'Enquête sur les homicides pour laquelle on a déclaré des renseignements complets concernant l'identité autochtone des victimes et des auteurs présumés d'homicide, peu importe le sexe (voir l'encadré 1).

Le taux d'homicides se situe à son plus bas niveau depuis 1966

En 2014, la police a déclaré 516 homicides au Canada, soit quatre de plus que l'année précédenteNote 2. Le taux d'homicides (1,45 pour 100 000 habitants) est demeuré stable par rapport à l'année précédente, faisant de 2013 et de 2014 les deux années où les taux d'homicides étaient les plus faibles enregistrés depuis 1966 (graphique 1). De plus, le taux d'homicides observé en 2014 était de 18 % inférieur à la moyenne des 10 années précédentes (graphique 2).

Graphique 1 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 1

Bien que le nombre d'homicides ait progressé légèrement en 2014, le nombre de tentatives de meurtre a reculé pour une cinquième année consécutive (passant de 801 en 2009 à 617 en 2014) et a atteint son plus bas niveau depuis 1971 (Boyce, 2015). De façon générale, les tentatives de meurtre et les homicides suivent des tendances semblables depuis 30 ans (graphique 1).

En 2014, on a dénombré 480 affaires d'homicide, dont la majorité mettait en cause une seule victime. En effet, 95 % des affaires d'homicide ont fait une seule victime en 2014, alors que 4 % ont fait deux victimes et 1 % ont fait trois victimes ou plus. Comparativement aux homicides mettant en cause une seule victime, les homicides qui ont fait deux victimes ou plus étaient plus susceptibles d'avoir été commis au moyen d'une arme à feu (29 % par rapport à 55 %) et d'impliquer un membre de la famille (33 % par rapport à 50 %).

La Nouvelle-Écosse affiche son plus faible taux d'homicides jamais enregistré

En 2014, le taux d'homicides de la Nouvelle-Écosse a reculé de 54 % par rapport à 2013 pour s'établir à 0,64 pour 100 000 habitants, ce qui en fait le plus bas taux jamais enregistré dans cette province depuis le début de la collecte des données dans le cadre de l'Enquête sur les homicides en 1961 (tableau 1b). Cinq autres provinces et territoires ont affiché un recul de leur taux d'homicides en 2014 : Terre-Neuve-et-Labrador (-71 %), la Saskatchewan (-24 %), le Manitoba (-15 %), l'Ontario (-9 %) et le Nunavut (-3 %).

Parmi les six secteurs de compétence qui ont enregistré une hausse de leur taux d'homicides, l'Île du-Prince-Édouard (+198 %) a affiché l'augmentation la plus prononcée, même si la hausse était attribuable à deux homicides supplémentaires commis en 2014 par rapport à 2013. Les Territoires du Nord-Ouest (+51 %) ont inscrit la deuxième hausse en importance, également attribuable à un homicide supplémentaire en 2014 (tableau 1a et tableau 1b).

Les quatre autres secteurs de compétence qui ont affiché une hausse des taux d'homicides en 2014 sont le Nouveau-Brunswick (+29 %), l'Alberta (+23 %), la Colombie-Britannique (+15 %), ainsi que le Yukon, qui est passé de 0 homicide en 2013 à 3 homicides en 2014.

Le taux d'homicides est demeuré inchangé au Québec en 2014, faisant de 2013 et de 2014 les deux années ayant enregistré les taux d'homicides les plus bas pour cette province depuis 1966 (0,86 pour 100 000 habitants).

Bien que le taux d'homicides du Manitoba (3,43 homicides pour 100 000 habitants) ait diminué de 15 % en 2014, il est demeuré le plus élevé parmi les provinces pour une huitième année consécutive. Les deux autres provinces des Prairies, l'Alberta (2,52 pour 100 000 habitants) et la Saskatchewan (2,13 pour 100 000 habitants) occupaient les deuxième et troisième rangs parmi les taux les plus élevés. En revanche, les taux d'homicides étaient les plus faibles à Terre-Neuve-et-Labrador (0,38 pour 100 000 habitants) et en Nouvelle-Écosse (0,64 pour 100 000 habitants) (graphique 2).

Graphique 2 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 2

Par le passé, les territoires ont affiché les taux d'homicides les plus élevés au Canada. Toutefois, les nombres étant petits, les taux varient considérablement d'une année à l'autre. Ayant affiché quatre homicides en 2014, le Nunavut a enregistré le plus fort taux d'homicides à l'échelle nationale, soit 10,93 pour 100 000 habitants.

En 2014, la plupart des provinces ont affiché des taux d'homicides inférieurs à leur moyenne des 10 années précédentes. Seuls le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard ont enregistré en 2014 des taux supérieurs à leur moyenne de 2004 à 2013. Les quatre provinces de l'Ouest (c.-à-d. le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta et la Colombie-Britannique) ont affiché les taux d'homicides moyens les plus élevés au cours des 10 dernières années, alors que les taux moyens des provinces de l'Est étaient inférieurs à la moyenne nationale (graphique 2).

Thunder Bay enregistre un nombre d'homicides inhabituellement élevé

Ayant affiché un nombre d'homicides au-dessus de la moyenne en 2014 (11), Thunder Bay a inscrit le taux d'homicides le plus élevé parmi les 34 régions métropolitaines de recensement (RMR) du CanadaNote 3. Le taux d'homicides de Thunder Bay (9,04 pour 100 000 habitants) était près de trois fois plus élevé que celui de Winnipeg, qui s'est classée au deuxième rang des RMR quant au taux d'homicides (3,29 pour 100 000 habitants) (graphique 3). Au cours des 10 dernières années, Thunder Bay a inscrit en moyenne environ trois homicides par année, ce qui se traduit par un taux de 2,61 pour 100 000 habitants. Cette RMR se classait toutefois habituellement parmi les RMR affichant les taux d'homicides les plus élevés. L'augmentation du nombre d'homicides observée à Thunder Bay en 2014 n'est pas liée aux homicides ayant fait plus d'une victime ou aux homicides attribuables à des gangs.

Graphique 3 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 3

Parmi les 34 RMR du Canada, 14 ont affiché un recul de leur taux d'homicides en 2014, 14 ont enregistré une hausse de leur taux et 6 ont vu leur taux demeurer stable (tableau 2). L'augmentation la plus prononcée a été enregistrée dans la RMR de Victoria, où le taux est passé de 0,28 pour 100 000 habitants (1 homicide) en 2013 à 1,11 pour 100 000 habitants (4 homicides) en 2014. Thunder Bay et Trois-Rivières ont inscrit respectivement les deuxième et troisième hausses en importance du taux d'homicides parmi les RMR. Les baisses les plus marquées ont été enregistrées par les RMR d'Oshawa, de Kingston et de Brantford.

La RMR de Regina, dont le taux a diminué de 51 %, est passée du premier rang en 2013 pour ce qui est du plus haut taux d'homicides au huitième rang en 2014 (4,28 pour 100 000 habitants par rapport à 2,09). Le nombre d'homicides enregistré à Regina a diminué, passant de 10 à 5 pendant cette période.

Cinq RMR n'ont enregistré aucun homicide en 2014 : Saguenay, Sherbrooke, Kingston, Oshawa et Brantford.

Au cours des 10 dernières années, le taux d'homicides moyen observé dans les RMR était inférieur à celui enregistré dans les régions autres que les RMR. En effet, le taux d'homicides moyen pour 100 000 habitants dans les RMR a atteint 1,71 durant la dernière décennie, comparativement à 1,90 dans les régions autres que les RMR. Les taux étaient comparables en 2014 (1,44 dans les RMR par rapport à 1,49 dans les régions autres que les RMR).

Le nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu a augmenté en 2014

La majorité des homicides au Canada sont perpétrés d'une des trois façons suivantes : à l'aide d'une arme pointue, d'une arme à feu ou de coups portés. En 2014, 88 % des homicides ont été perpétrés de l'une de ces trois façons. L'arme pointue était la méthode la plus souvent utilisée pour commettre un homicide en 2014 (38 %). L'arme à feu s'est classée au deuxième rang des méthodes les plus souvent utilisées (31 %), suivie des coups portés (19 %). Au cours de la période de 10 ans précédente allant de 2004 à 2013, ces pourcentages sont demeurés plutôt stables.

Le nombre et le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu au Canada ont progressé en 2014. La police a déclaré 156 homicides commis avec une arme à feu, soit 21 de plus que l'année précédente (tableau 3). Par conséquent, le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu a progressé, passant de 0,38 à 0,44 pour 100 000 habitants (+14 %). Malgré cette hausse, le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu en 2014 occupait le deuxième rang des plus faibles taux jamais enregistrés dans le cadre de l'Enquête sur les homicides depuis le début de la collecte de ces données en 1974.

En 2014, des écarts ont été observés entre les provinces et les territoires pour ce qui est du taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu. Le Nunavut, qui a déclaré un homicide commis à l'aide d'une arme à feu, a enregistré le taux d'homicides le plus élevé (2,73 pour 100 000 habitants). Parmi les secteurs de compétence qui ont déclaré au moins un homicide commis à l'aide d'une arme à feu, Terre-Neuve-et-Labrador a inscrit le taux le plus faible (0,19). Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest n'ont enregistré aucun homicide commis avec une arme à feu en 2014. Dans l'ensemble, 10 des 13 provinces et territoires ont affiché un taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu plus faible en 2014 que leur moyenne respective pour la période de 2004 à 2013 (tableau 4).

Les armes de poing ont été utilisées dans environ 67 % des homicides commis à l'aide d'une arme à feu en 2014 et elles demeurent le type d'arme à feu le plus souvent utilisé. Le taux d'homicides commis avec une arme de poing a augmenté de 15 % en 2014 pour s'établir à 0,30 pour 100 000 habitants, par rapport à 0,26 pour 100 000 habitants en 2013 (graphique 4).

Graphique 4 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 4

Le nombre et le taux d'homicides liés aux gangs sont à leur plus bas niveau depuis 2005

La police a déclaré 84 homicides attribuables à des gangsNote 4 en 2014, soit le plus petit nombre enregistré depuis 2005. Puisque ce chiffre correspond à un homicide de moins que l'année précédente, le taux (0,24 pour 100 000 habitants) est demeuré pratiquement inchangé. Le taux d'homicides liés aux gangs est à la baisse depuis le sommet atteint en 2008 (graphique 5).

Graphique 5 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 5

Parmi les provinces et les territoires où il s'est produit au moins un homicide lié aux gangs en 2014, la Saskatchewan a affiché le plus haut taux (0,62 pour 100 000 habitants), alors que la Nouvelle-Écosse a inscrit le taux le plus faible (0,11 pour 100 000 habitants). Il n'y a pas eu d'homicide lié aux gangs à l'Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut en 2014.

Environ 8 homicides sur 10 liés aux gangs ont été commis dans les RMR en 2014. Parmi les RMR ayant fait état d'au moins un homicide attribuable à des gangs, Regina a inscrit le taux le plus élevé (1,25 pour 100 000 habitants), tandis qu'Ottawa a enregistré le taux le plus faible (0,10 pour 100 000 habitants).

Les homicides attribuables à des gangs ont plus tendance à mettre en cause des armes à feu que les homicides non liés aux gangs. En 2014, environ 76 % des homicides attribuables à des gangs ont été commis à l'aide d'une arme à feu, comparativement à 20 % des homicides non attribuables à des gangs. Au cours des 10 dernières années, environ 7 homicides sur 10 liés aux gangs, en moyenne, ont été commis à l'aide d'une arme à feu.

Les victimes et les auteurs présumés d'homicide sont plus susceptibles d'être jeunes et de sexe masculin

La majorité des victimes et des auteurs présumés d'homicide sont de sexe masculin. En 2014, 72 % des victimes d'homicide et 87 % des auteurs présumés d'homicide étaient de sexe masculin, ce qui est conforme à ce qui a été observé au cours des 10 dernières années.

De façon générale, les personnes de 18 à 24 ans sont les plus à risque d'être les victimes ou les auteurs présumés d'un homicide, ce qui correspond à la tendance observée au cours des 10 dernières années. En 2014, on a dénombré 2,45 victimes pour 100 000 personnes de 18 à 24 ans, comparativement à 2,36 victimes pour 100 000 personnes de 25 à 34 ans; ces dernières représentaient le groupe d'âge ayant enregistré le deuxième taux le plus élevé.

En 2014, le taux d'auteurs présumés d'un homicide chez les hommes était plus élevé parmi les personnes de 18 à 24 ans (6,39 pour 100 000 habitants), tout comme le taux de victimes d'homicide (4,32 pour 100 000 habitants). Chez les femmes, le taux d'auteures présumées d'un homicide était également plus élevé parmi les personnes de 18 à 24 ans (0,91 pour 100 000 habitants); ce taux correspondait toutefois au septième du taux observé chez les hommes. Le taux de victimes d'un homicide était plus élevé chez les femmes de 35 à 44 ans (1,44 pour 100 000 habitants).

Chez les personnes de 18 à 24 ans, le taux d'auteurs présumés d'homicide se situait à 3,71 pour 100 000 personnes. Par comparaison, ce taux s'établissait à 2,68 auteurs présumés d'homicide pour 100 000 personnes de 25 à 34 ans, le groupe d'âge s'étant classé au deuxième rang des taux les plus élevés.

Près des deux tiers des auteurs présumés d'homicide avaient déjà été condamnés pour une infraction

En 2014, 62 % des auteurs présumés d'homicide avaient déjà été condamnés pour une infraction criminelle. Ce pourcentage correspond à la moyenne des 10 années précédentes (62 %). Parmi les auteurs présumés d'homicide en 2014 ayant auparavant été reconnus coupables d'une infraction criminelle, 19 % avaient été condamnés pour vol qualifié; 9 %, pour un crime contre les biens; 8 %, pour une infraction relative aux drogues; et 2 %, pour homicideNote 5. Par ailleurs, 45 % avaient été condamnés pour un autre type d'infraction avec violence, alors que 18 % avaient été reconnus coupables d'une autre infraction au Code criminel ou aux lois fédérales ou provinciales.

Les homicides commis par une connaissance continuent de diminuer

Comme par le passé, la plupart des homicides résolusNote 6 en 2014 ont été perpétrés par une connaissance ou un membre de la famille de la victime. En 2014, 37 % des victimes ont été tuées par une connaissance et 34 %, par un membre de leur famille, y compris les conjoints actuels et anciens. Les homicides perpétrés par un étranger et ceux commis dans le contexte d'une relation criminelle demeurent moins fréquents (17 % et 6 % respectivement) (tableau 5).

Bien que le taux d'homicides perpétrés par une connaissance soit demeuré supérieur aux taux d'homicides commis par un membre de la famille, par des étrangers ou dans le contexte d'une relation criminelle, il a diminué pour une troisième année consécutive en 2014 pour s'établir à 0,46 pour 100 000 habitants. En revanche, le taux d'homicides commis par un étranger a affiché une légère augmentation en 2014 pour atteindre un taux de 0,19 homicide pour 100 000 habitants, comparativement à 0,16 l'année précédente. Le taux d'homicides commis dans le contexte d'une relation criminelle a reculé pour se fixer à 0,07 pour 100 000 habitants en 2014, en baisse par rapport au taux de 0,11 homicide pour 100 000 habitants enregistré en 2013 (graphique 6).

Graphique 6 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 6

Plus de 1 homicide résolu sur 5 est commis par un partenaire intime

Selon une étude antérieure, environ 80 % des victimes de violence entre partenaires intimes — la violence commise par les conjoints mariés ou de fait (actuels et anciens), les partenaires amoureux (actuels et anciens) et les autres partenaires intimes — sont des femmes (Beaupré, 2015). En ce qui a trait aux homicides, en 2014, les femmes victimes d'homicide aux mains d'un partenaire intime ont affiché un taux de quatre fois supérieur à celui observé chez leurs homologues masculins (0,44 pour 100 000 femmes de 15 ans et plus par rapport à 0,11 pour 100 000 hommes de 15 ans et plus) (tableau 6). Au Canada, un total de 83 homicides ont été commis par des partenaires intimes en 2014, soit 11 de plus qu'en 2013.

Au cours des 20 dernières années, la proportion d'homicides entre partenaires intimes commis par des conjoints mariés (actuels et anciens) a diminué, étant passée d'un peu moins de 50 % en 1994 à 37 % en 2014. La proportion d'homicides entre partenaires intimes commis par des conjoints de fait et d'autres partenaires de sexe opposé (par un partenaire amoureux [actuel ou ancien], un partenaire extraconjugal, etc.) a augmenté au cours de cette période; elle s'établissait à 36 % et à 23 %, respectivement, en 2014. Il est important de noter que la proportion de couples mariés est à la baisse au Canada, alors que la proportion de couples vivant en union libre est à la hausse. En 2011, 80 % des couples étaient mariés, alors que 20 % vivaient en union libre. Par comparaison, 84 % des couples étaient mariés en 2001 et 16 % vivaient en union libre (Statistique Canada, 2012).

La proportion d'homicides entre partenaires intimes de même sexe est stable depuis 1997, la première année pour laquelle les données sont disponibles. En 2014, les homicides entre partenaires de même sexe représentaient environ 4 % des homicides entre partenaires intimes.

Les homicides liés à la profession de la victime affichent une légère hausse

On a dénombré 81 homicides liés à la profession de la victime en 2014, soit trois de plus que l'année précédente. La majorité de ces homicides étaient liés à des activités illégales, notamment le trafic de stupéfiants et la prostitution (83 %). Bien que le nombre de prostituées assassinées en raison de leur profession ait diminué (passant de 12 en 2013 à 4 en 2014), il convient de noter que le nombre était particulièrement élevé en 2013. De 2004 à 2013, une moyenne de sept prostituées ont été victimes d'homicide chaque année.

En 2014, 14 victimes d'homicide doivent leur décès au fait d'exercer une profession judiciaire, ce qui représente une hausse de quatre victimes par rapport à l'année précédente. Les policiers formaient la plus grande proportion (21 %) de ces victimes. Trois policiers ont été tués en 2014, soit deux de plus que l'année précédente. Le plus grand nombre de policiers tués au cours d'une année donnée se chiffrait à cinq en 2005.

Le nombre de jeunes auteurs présumés d'homicide recule

En 2014, le taux de jeunes auteurs présumés d'homicide a fléchi de 36 %, atteignant son point le plus faible depuis 1969. En 2014, il y avait 1,07 jeune auteur présumé d'homicide pour 100 000 jeunes de 12 à 17 ans au Canada, comparativement à 1,67 en 2013. Au total, on a dénombré 25 jeunes auteurs présumés d'homicide au Canada en 2014, soit 15 de moins que l'année précédente.

En 2014, les jeunes auteurs présumés d'homicide avaient tendance à être impliqués dans le cadre d'une affaire attribuable à des gangs plus souvent que les auteurs présumés d'homicide d'âge adulte (16 % par rapport à 8 %).

Un auteur présumé d'homicide sur cinq était soupçonné d'être atteint d'un trouble mental ou du développement

Depuis 1997, l'Enquête sur les homicides permet de recueillir des renseignements sur la présence soupçonnée de troubles mentaux ou du développementNote 7 chez les auteurs présumés d'homicide. Cette information est fondée sur la perception du policier menant l'enquête et ne repose pas nécessairement sur un diagnostic médical ou clinique.

En 2014, la police soupçonnait la présence d'un trouble mental ou du développement chez 88 auteurs présumés d'homicide, ce qui représente 22 % de l'ensemble des auteurs présumésNote 8. Cette proportion est légèrement supérieure à celle observée en 2013 (18 %), et elle est également supérieure à la moyenne des 10 années précédentes (15 %).

Il existe un grand écart selon l'âge parmi les auteurs présumés d'homicide chez qui l'on soupçonnait un trouble mental ou du développement (graphique 7). En 2014, les personnes de 55 à 64 ans (43 %) représentaient la plus forte proportion d'auteurs présumés d'homicide chez qui l'on soupçonnait un trouble mental ou du développement. Par comparaison, les personnes de 18 à 24 ans représentaient la plus faible proportion (11 %). Lorsqu'on examine la présence soupçonnée d'un trouble mental ou du développement chez les auteurs présumés sur une période moyenne de 10 ans à l'aide des données sur les homicides, il semble que la présence de ces troubles augmente avec l'âge.

Graphique 7 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 7

Homicides mettant en cause des victimes et des auteurs présumés autochtones

Les Autochtones détiennent un statut social, culturel et politique distinct au Canada à titre de détenteurs de droits ancestraux et de droits issus de traités protégés par la Constitution. Par conséquent, de nombreux rapports ont souligné la nécessité d'obtenir des données sur la représentation des Autochtones dans le système de justice pénale en tant que victimes et auteurs présumés (Kong et Beattie, 2005). Plus récemment, le problème des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées a été mis à l'avant-plan au Canada et de nombreux organismes nationaux et internationaux ont fait des recommandations visant à examiner et à surveiller ce problème (Association des femmes autochtones du Canada, 2010; Pearce, 2013; Gendarmerie royale du Canada, 2014; Gendarmerie royale du Canada, 2015; Commission de vérité et réconciliation du Canada, 2015; Organisation des Nations Unies, 2014; Organisation des Nations Unies, 2015)Note 9.

Après avoir mis l'accent sur le problème des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées et le rapport de 2014 de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) intitulé Les femmes autochtones disparues et assassinées : Un aperçu opérationnel national, Statistique Canada a travaillé en collaboration avec la communauté policière canadienne afin d'améliorer la qualité des données recueillies sur l'identité autochtone des victimes et des auteurs présumés d'homicide de sexe masculin et de sexe féminin (voir l'encadré 1 et l'encadré 2). La déclaration de l'identité autochtone par la police dans le cadre de l'Enquête sur les homicides apporte une contribution importante afin de mieux comprendre l'étendue et la nature de la victimisation des Autochtones au Canada.

La présente section fournira d'abord les résultats des données révisées de l'Enquête sur les homicides relativement aux victimes de sexe féminin pour la période allant de 1980 à 2014, puis les résultats de 2014 qui comprennent des données sur les victimes de sexe féminin et de sexe masculin. Ce rapport présente les taux d'homicides et d'auteurs présumés d'homicide selon l'identité autochtone. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants en fonction des chiffres de population autochtone et non autochtone. Les taux calculés selon le sexe, l'âge ou la région géographique sont fondés sur les chiffres de population propres aux groupes analysés. Dans le présent rapport, les termes « femmes » et « personnes de sexe féminin » ainsi que « hommes » et « personnes de sexe masculin » sont utilisés de façon interchangeable et ceux-ci comprennent les personnes de tout âge (à moins que les groupes d'âge ne soient précisés). Veuillez vous reporter à la section « Description de l'enquête » du présent article de Juristat pour en savoir davantage.

Début de l'encadré 1

Encadré 1
Définition de l'identité autochtone déclarée dans le cadre de l'Enquête sur les homicides

L'identité autochtone est déclarée par la police à l'Enquête sur les homicides et déterminée à partir des renseignements trouvés sur la victime ou l'auteur présumé, comme une carte de statut, ou à partir de l'information fournie par la famille de la victime ou de l'auteur présumé, l'auteur présumé lui-même, des membres de la communauté ou d'autres sources (p. ex. les registres de la bande). Les preuves médico-légales, comme les résultats de tests génétiques, peuvent aussi être acceptées pour déterminer l'identité autochtone des victimes.

Dans le cadre de l'Enquête sur les homicides, l'identité autochtone comprend les personnes identifiées comme Premières Nations (Indiens inscrits ou non), Métis, Inuits ou comme membres d'un groupe autochtone inconnu de la police. Une identité non autochtone désigne les cas où la police a confirmé qu'une victime ou un auteur présumé n'a pas été identifié comme Autochtone. L'identité autochtone déclarée comme étant inconnue de la police désigne les cas où la police a été incapable de déterminer l'identité autochtone de la victime ou de l'auteur présumé, lorsque l'identité autochtone n'a pas été consignée par le service de police ou lorsque l'auteur présumé a refusé de révéler son identité autochtone à la police.

Fin de l'encadré 1

Les femmes autochtones victimes d'homicide au Canada de 1980 à 2014

En 2014, la GRC a travaillé en collaboration avec les services de police d'un bout à l'autre du Canada pour obtenir des données au sujet de l'identité autochtone des femmes victimes d'homicide au cours de la période de 1980 à 2013 afin de produire ses rapports intitulés Les femmes autochtones disparues et assassinées : Un aperçu opérationnel national (Gendarmerie royale du Canada, 2014) et Mise à jour 2015 de l'Aperçu opérationnel national (Gendarmerie royale du Canada, 2015). Ces données ont été déclarées à Statistique Canada et intégrées à la base de données de l'Enquête sur les homicides pour faciliter l'analyse des tendances relatives aux femmes autochtones victimes d'homicide. À la suite de cette collaboration, des données détaillées sur l'identité autochtone des victimes d'homicide ont également été mises à la disposition de Statistique Canada pour les homicides s'étant produits en 2014, et ces données continueront d'être recueillies par l'organisme.

De 1980 à 2014, les services de police dans l'ensemble du Canada ont déclaré un total de 6 849 femmes victimes d'homicide. De ce nombre, les services de police ont indiqué que 1 073 victimes étaient Autochtones et 5 665 étaient non-Autochtones. L'identité autochtone d'environ 2 % des victimes a été déclarée comme étant inconnue par la police. Lorsque l'identité autochtone était connue, les femmes autochtones représentaient 16 % des femmes victimes d'homicide au cours de ces années (tableau 7, graphique 8).

Graphique 8 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 8

Le nombre d'homicides sur des femmes autochtones demeure relativement stable, alors que celui sur des femmes non autochtones est en baisse

Le nombre d'homicides commis sur des femmes autochtones et déclarés par la police est demeuré relativement stable au cours des 34 dernières années, alors que le nombre d'homicides sur des femmes non autochtones a fléchi. Depuis 1991, le nombre d'homicides commis contre des femmes non autochtones déclarés est à la baisse, tout comme la tendance générale observée au chapitre des homicides au Canada (tableau 1a, tableau 7, graphique 8). On observe toutefois la situation inverse en ce qui concerne les homicides commis contre des femmes autochtones, qui n'ont en général pas diminué pendant la période de 1980 à 2014 (tableau 7, graphique 8). Par conséquent, les femmes autochtones ont continué de représenter une plus forte proportion de l'ensemble des femmes victimes d'homicide. Par exemple, en 1991, les femmes autochtones constituaient 14 % des victimes de sexe féminin, comparativement à 21 % en 2014. La plus faible proportion d'homicides commis contre des femmes autochtones atteignait 8 % en 1984 et la plus forte proportion s'établissait à 23 % en 2004 et en 2007, ainsi qu'en 2012 et en 2013.

Le taux moyen d'homicides sur des femmes autochtones est de six fois supérieur à celui des femmes non autochtones

De 2001 à 2014Note 10, le taux moyen d'homicides perpétrés sur des femmes autochtones était de six fois supérieur à celui observé chez les femmes non autochtones (taux moyen de 4,82 pour 100 000 par rapport à 0,81) (tableau 7, graphique 9)Note 11.

Graphique 9 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 9

En outre, le taux d'homicides contre des femmes non autochtones est demeuré relativement stable au cours des 13 dernières années, comparativement au taux d'homicides contre des femmes autochtones, qui a varié. Le taux d'homicides sur des femmes autochtones a atteint un sommet en 2002 (7,49 pour 100 000 habitants) et en 2004 (7,47 pour 100 000), alors que les taux les plus faibles ont été enregistrés en 2008 (3,32 pour 100 000) et en 2014 (3,64 pour 100 000). Par comparaison, le taux d'homicides contre des femmes non autochtones est demeuré légèrement inférieur à 1 victime non autochtone de sexe féminin pour 100 000 habitants depuis le sommet atteint en 2002 (1,08 victime pour 100 000 habitants) (tableau 7, graphique 9).

Les femmes autochtones victimes d'homicide sont surreprésentées dans les territoires et les Prairies

Entre 2001 et 2014Note 12, les taux d'homicides commis sur des femmes autochtones et déclarés par la police dans les trois territoires étaient supérieurs au taux global observé pour le Canada (tableau 8, graphique 10). Cette situation a également été observée dans chacune des provinces des Prairies, soit le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta.

Graphique 10 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 10

L'écart le plus marqué entre les taux d'homicides mettant en cause des femmes autochtones et des femmes non autochtones a été enregistré au Yukon, où le taux d'homicides sur des femmes autochtones était de 12 fois supérieur à celui observé chez les femmes non autochtones (7,00 pour 100 000 habitants par rapport à 0,58); venait ensuite la Saskatchewan, où le taux d'homicides contre des femmes autochtones était 11 fois plus élevé (6,01 pour 100 000 habitants par rapport à 0,54).

La police déclare avoir résolu 9 homicides contre des femmes sur 10, peu importe l'identité autochtone

De 1980 à 2014, la police a déclaré avoir résolu près de 9 homicides contre des femmes autochtones sur 10 (89 %) consignés durant cette période. Cette proportion correspond à celle des homicides contre des femmes non autochtones ayant été résolus et consignés au cours de la même période.

Les homicides perpétrés contre des femmes autochtones et non autochtones sont le plus souvent commis par un membre de la famille

Parmi l'ensemble des homicides sur des femmes autochtones ayant été résolus et déclarés par la police de 1980 à 2014, plus de la moitié (53 %) ont été commis par un membre de la famille (ce qui comprend les conjoints mariés et de fait [actuels et anciens] et les autres membres de la famille). Par comparaison, une proportion légèrement plus élevée (60 %) d'homicides contre des femmes non autochtones ont été commis par un membre de la famille. En revanche, les homicides sur des femmes autochtones ont plus souvent été commis par une connaissance que les homicides sur des femmes non autochtones (26 % par rapport à 21 %). La proportion d'homicides commis par des étrangers était comparable tant chez les femmes autochtones que chez les femmes non autochtones (8 % par rapport à 10 %).

Début de l'encadré 2

Encadré 2
Qualité des données sur l'identité autochtone recueillies dans le cadre de l'Enquête sur les homicides

Les données sur l'identité autochtone des victimes et des auteurs présumés recueillies dans le cadre de l'Enquête sur les homicides font l'objet d'une sous-déclaration à Statistique Canada depuis le début de la collecte de ces données en 1997. Par exemple, au cours de la période allant de 2003 à 2013, l'identité autochtone a été déclarée par la police comme étant inconnue pour environ la moitié des victimes et des auteurs présumés d'homicideNote 13. La sous-déclaration de l'identité autochtone était attribuable en grande partie aux politiques mises en œuvre par bon nombre de services de police au Canada dans le but de protéger la vie privée des victimes et des auteurs présumés d'homicide (Kong et Beattie, 2005).

En réponse aux efforts accrus du Canada pour régler les préoccupations sociétales entourant le nombre élevé de femmes et de filles autochtones disparues ou assassinées, la communauté policière a modifié ses politiques empêchant la déclaration de l'identité autochtone des victimes et des auteurs présumés d'homicide dans le cadre de l'Enquête sur les homicides (Gendarmerie royale du Canada, 2014; Gendarmerie royale du Canada, 2015). Par conséquent, en 2014, l'identité autochtone de la majorité des victimes et des auteurs présumés d'homicide a été déclarée par la police; seulement 3 % des cas étaient associés à une identité inconnue. En outre, la base de données de l'Enquête sur les homicides a été mise à jour pour y ajouter la révision des enregistrements historiques relatifs aux femmes victimes d'homicide de 1980 à 2013, notamment afin de mettre à jour leur identité autochtone. Statistique Canada a reçu ces mises à jour à la suite d'une collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada, qui a mené des suivis auprès des services de police pour obtenir cette information dans le but de publier son rapport intitulé Les femmes autochtones disparues et assassinées : Un aperçu opérationnel national (Gendarmerie royale du Canada, 2014).

Fin de l'encadré 2

Les Autochtones victimes et auteurs présumés d'homicide en 2014

Le taux d'homicides chez les Autochtones est de six fois supérieur à celui observé chez les non-Autochtones

En 2014, les Autochtones étaient environ six fois plus susceptibles d'être victimes d'homicide que les non-Autochtones (7,20 victimes pour 100 000 habitants par rapport à 1,13) (tableau 9b). Cette année-là, 117 des 516 victimes d'homicide déclarées par la police étaient Autochtones, ce qui représente 23 % des victimes (tableau 9a)Note 14. En revanche, les Autochtones représentaient près de 5 % des projections démographiques au Canada en 2014 (Statistique Canada, 2011)Note 15. La surreprésentation des Autochtones victimes d'un crime au Canada demeure un problème très répandu (Brennan, 2011; Brzozowski, Taylor Butts et Johnson, 2006; Perreault, 2011; Perreault, 2015; Scrim, 2010).

En 2014, les taux d'homicides étaient plus élevés chez les Autochtones que chez les non-Autochtones, peu importe le sexe (tableau 9b). Le taux d'homicides chez les hommes autochtones était de sept fois supérieur à celui observé chez les hommes non autochtones (10,86 pour 100 000 habitants par rapport à 1,61). Chez les femmes, le taux était six fois plus élevé (3,64 pour 100 000 habitants par rapport à 0,65).

Peu importe le fait que les personnes soient Autochtones ou non, les hommes sont plus souvent victimes d'homicide que les femmes (voir la section précédente du présent rapport pour plus de renseignements). L'écart est plus marqué chez la population autochtone du Canada. En effet, les hommes autochtones étaient trois fois plus susceptibles d'être victimes d'homicide que les femmes autochtones (10,86 pour 100 000 habitants par rapport à 3,64). Chez les non-Autochtones, le taux était deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes (1,61 pour 100 000 habitants par rapport à 0,65) (tableau 9b).

Les taux d'homicides chez les Autochtones sont les plus élevés au Manitoba et dans les territoires

Parmi les provinces où la police a déclaré au moins un homicide sur un Autochtone, le taux d'homicides sur des victimes autochtones était le plus élevé au Manitoba (13,29 pour 100 000 habitants), suivi de l'Alberta (11,55 pour 100 000 habitants). Les trois territoires ont enregistré de forts taux d'homicides chez les Autochtones. Les taux les plus faibles ont été observés au Québec (2,24) et en Nouvelle-Écosse (2,56). En outre, Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick n'ont déclaré aucune victime autochtone d'homicide en 2014 (tableau 9b).

En 2014, la surreprésentation des Autochtones parmi les victimes d'homicide était la plus importante au Manitoba, où le taux était neuf fois plus élevé que celui de la population non autochtone (13,29 pour 100 000 habitants par rapport à 1,41). Cette province était suivie de la Nouvelle-Écosse, de l'Ontario et de l'Alberta, où les taux étaient six fois plus élevés, et de la Saskatchewan, où le taux était de cinq fois supérieur (tableau 9b).

La surreprésentation des hommes et des femmes autochtones parmi les victimes d'homicide était aussi la plus importante au Manitoba, où le taux d'homicides chez les hommes autochtones était de 10 fois supérieur à celui des hommes non autochtones. Chez les femmes autochtones du Manitoba, le taux était huit fois plus élevé (tableau 9b).

Les taux d'homicides chez les Autochtones sont comparables au sein des RMR et dans les régions autres que les RMR

Les taux d'homicides chez les Autochtones sont semblables dans les RMR et les régions autres que les RMR. Pour chaque tranche de 100 000 Autochtones habitant dans une RMR en 2014, 7,01 ont été victimes d'un homicide, alors que le taux chez ceux habitant dans une région autre qu'une RMR s'établissait à 7,31. Pour ce qui est des homicides sur des non-Autochtones, un taux légèrement plus élevé a été enregistré dans les RMR, comparativement aux régions autres que les RMR (1,22 pour 100 000 habitants par rapport à 0,88) (graphique 11).

Graphique 11 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 11

Les services de police ont déclaré qu'environ 6 homicides sur des Autochtones sur 10 (62 %) en 2014 se sont produits dans une région autre qu'une RMR. On estime que la majorité des Autochtones au Canada habitaient dans une région autre qu'une RMR en 2014, selon les projections démographiques de la population autochtone par RMR (Statistique Canada, 2011).

La police a résolu une plus grande proportion d'homicides commis sur des Autochtones que d'homicides commis sur des non-Autochtones

En 2014, la police a résolu une plus grande proportion d'homicides sur des Autochtones que d'homicides sur des non-Autochtones. Parmi les 117 homicides commis contre des Autochtones et déclarés par la police en 2014, la majorité (85 %) ont été résolusNote 16. Par comparaison, parmi les 382 homicides sur des non-Autochtones, environ 7 sur 10 (71 %) ont été résolus par la police au cours de l'année où ils ont été déclarés (graphique 12).

Graphique 12 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 12

Parmi les homicides commis sur des Autochtones qui ont été résolus, la police a déclaré avoir élucidé plus des trois quarts (78 %) d'entre eux dans les sept jours. Plus précisément, 15 % des homicides perpétrés sur des Autochtones ayant été résolus ont été élucidés le jour même où l'homicide a été commis, et 63 % ont été élucidés en un à sept jours suivant la date de l'événement. Par comparaison, la police a résolu environ de 7 à 10 (69 %) homicides sur des non-Autochtones dans les sept jours suivant la date de l'homicide.

La police a déclaré avoir résolu une proportion plus élevée d'homicides commis sur des hommes autochtones en 2014, comparativement à ceux perpétrés contre des hommes non autochtones (86 % par rapport à 65 %). Cependant, l'inverse était vrai dans le cas des homicides sur des femmes, la police ayant déclaré avoir résolu un plus grand nombre d'homicides sur des femmes non autochtones que d'homicides sur des femmes autochtones en 2014 (87 % par rapport à 80 %).

Les homicides commis contre des Autochtones et des non-Autochtones sont le plus souvent commis par une personne connue de la victime

En 2014, la majorité des victimes autochtones ont été tuées par quelqu'un qu'elles connaissaient. Parmi les 99 homicides commis sur des Autochtones ayant été résolus, 87 % ont été perpétrés par une personne que la victime connaissaitNote 17. Cette situation valait également pour 81 % des homicides résolus dont la victime était d'origine non autochtone. L'écart est principalement attribuable au fait qu'une plus grande proportion de victimes autochtones ont été tuées par une connaissance, comparativement aux victimes non autochtones (42 % par rapport à 35 %) (tableau 10).

En ce qui concerne le type de connaissance, en 2014, chez les victimes autochtones, les homicides ont été perpétrés par de simples connaissances (35 %) et des amis proches (7 %). Par opposition, chez les victimes non autochtones, les homicides ont également été perpétrés par de simples connaissances (23 %) et des amis proches (4 %), mais aussi par des relations d'affaires légitimes (4 %), par des voisins (2 %) et par des symboles d'autorité (2 %). Une proportion plus faible d'homicides sur des Autochtones ont été commis par des étrangers, comparativement aux homicides sur des non-Autochtones (13 % par rapport à 19 %) (tableau 10).

Les homicides perpétrés par un membre de la famille autre qu'un conjoint ou une conjointe sont plus fréquents chez les victimes autochtones de sexe féminin que chez les victimes non autochtones du même sexe

Même si plus de 9 victimes de sexe féminin sur 10, qu'elles soient Autochtones ou non, connaissaient l'auteur présumé de l'homicide, des écarts existent en ce qui concerne le type de relation. Par exemple, la proportion de victimes autochtones de sexe féminin tuées par un membre de la famille autre qu'un conjoint ou une conjointe était plus élevée que chez les victimes non autochtones de sexe féminin (38 % par rapport à 23 %). Ainsi, la proportion de victimes tuées par un conjoint ou une conjointe (actuel ou ancien) était plus faible (33 % par rapport à 45 %). En outre, les homicides commis par un partenaire intime (sauf les conjoints) ou dans le contexte d'une relation criminelle étaient légèrement plus nombreux chez les femmes autochtones victimes (graphique 13).

Graphique 13 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 13

Les homicides commis par un conjoint ou une conjointe sont plus fréquents chez les victimes autochtones de sexe masculin que chez les victimes non autochtones du même sexe

Dans l'ensemble, les hommes autochtones victimes d'homicide étaient plus susceptibles que leurs homologues non autochtones d'avoir été tués par une personne qu'ils connaissaient (84 % par rapport à 74 %). Plus précisément, chez les hommes autochtones, les homicides perpétrés par un conjoint ou une conjointe étaient nettement plus courants que chez les victimes non autochtones (9 % par rapport à 1 %), et les homicides commis par d'autres membres de la famille (sauf les conjoints) étaient nettement moins nombreux (9 % par rapport à 17 %). Par ailleurs, les homicides perpétrés par une connaissance étaient plus nombreux chez les victimes autochtones de sexe masculin (53 % par rapport à 46 %) (graphique 14).

Graphique 14 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 14

Dans le cas des homicides perpétrés par un conjoint ou une conjointe, la prévalence est plus élevée chez les femmes que chez les hommes, qu'ils soient Autochtones ou non. Les données déclarées par la police laissent toutefois entendre que l'écart entre les victimes de sexe féminin et de sexe masculin pourrait être plus marqué chez les victimes non autochtones. En effet, 45 % des victimes non autochtones de sexe féminin ont été tuées par un conjoint ou une conjointe (actuel ou ancien) en 2014, alors que ce pourcentage s'établissait à 1 % chez les victimes de sexe masculin. Par comparaison, chez les victimes autochtones, ce pourcentage se situait à 33 % pour les victimes de sexe féminin et à 9 % pour celles de sexe masculin.

Des antécédents de violence familiale sont plus courants dans les cas d'homicide sur des Autochtones

Parmi les homicides commis sur des Autochtones où un membre de la famille comptait parmi les auteurs présumés du crime et qui ont été résolus par la police, il existait des antécédents de violence familiale entre l'auteur présumé et au moins une des victimes de l'homicide dans les deux tiers (68 %) des cas environNote 18. Par comparaison, parmi les homicides perpétrés par un membre de la famille sur des non-Autochtones, environ la moitié impliquait des personnes qui avaient des antécédents de violence familiale (52 %).

Les homicides commis contre des Autochtones ont plus souvent lieu dans une résidence que ceux commis contre des non-Autochtones

Parmi l'ensemble des homicides déclarés par la police dont le lieu du crime était connuNote 19, les homicides commis sur des Autochtones se produisaient plus souvent à l'intérieur d'une résidence (72 %) que les homicides commis sur des non-Autochtones (58 %)Note 20.

Alors qu'une plus grande proportion d'hommes autochtones ont été tués dans une résidence, comparativement à leurs homologues non autochtones (74 % par rapport à 46 %), l'inverse était vrai pour les victimes de sexe féminin (66 % de victimes autochtones de sexe féminin par rapport à 88 % de victimes non autochtones de sexe féminin). En fait, une plus grande proportion d'homicides perpétrés sur des femmes autochtones que sur des femmes non autochtones se sont produits sur une rue, une route ou une autoroute (17 % par rapport à 1 %).

Les disputes ou les querelles sont deux fois plus susceptibles d'être à l'origine des homicides sur des Autochtones

Les disputes ou les querelles étaient les mobiles les plus souvent déclarés dans les cas d'homicide, tant chez les Autochtones que chez les non-Autochtones. Cependant, ce type de mobile était près de deux fois plus courant dans les cas d'homicide contre des Autochtones (48 % par rapport à 27 %). Le deuxième mobile en importance pour les homicides sur des Autochtones était la frustration, la colère ou le désespoir (17 %), ce mobile occupant aussi le deuxième rang pour les homicides sur des non-Autochtones (20 %).

Les mobiles à l'origine des homicides qui étaient moins courants parmi les Autochtones étaient le règlement de comptes (p. ex. les dettes non remboursées liées à la drogue ou les activités attribuables aux gangs) (6 % par rapport à 17 % pour les homicides sur des non-Autochtones) et la vengeance (2 % par rapport à 9 %).

Les victimes autochtones de sexe masculin et de sexe féminin âgées de 35 à 44 ans affichent les taux d'homicides les plus élevés

En 2014, chez les Autochtones de sexe masculin et de sexe féminin, le risque d'être victime d'un homicide était le plus élevé chez les personnes de 35 à 44 ans (20,56 victimes pour 100 000 habitants et 8,62 pour 100 000 habitants, respectivement). Alors que les taux d'homicides étaient beaucoup plus faibles dans l'ensemble chez les non-Autochtones, peu importe leur âge, le taux était également plus élevé chez les femmes non autochtones de 35 à 44 ans (1,06). Par comparaison, parmi les hommes non autochtones, le risque d'être victime d'un homicide était plus élevé chez les 18 à 24 ans (tableau 12, graphique 15).

Graphique 15 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 15

Des condamnations antérieures pour des infractions avec violence sont plus courantes dans le cas des victimes autochtones

Le fait d'avoir déjà eu des démêlés avec le système de justice pénale a été observé comme un facteur de risque chez les victimes d'homicide (Ezell et Tanner-Smith, 2009). Les Autochtones victimes d'homicide étaient deux fois plus susceptibles que les non-Autochtones d'avoir déjà été reconnus coupables d'une infraction criminelle. Les deux tiers (66 %) des Autochtones victimes d'homicide, comparativement à 37 % des non-Autochtones, avaient obtenu des condamnations criminelles antérieures. Plus précisément, 59 % des victimes autochtones ayant obtenu une condamnation antérieure avaient été reconnues coupables d'une infraction avec violence, tandis que 22 % avaient été reconnues coupables d'autres infractions au Code criminel ou aux lois fédérales ou provinciales. Par comparaison, parmi les non-Autochtones victimes d'homicide ayant obtenu une condamnation criminelle antérieure, les infractions avec violence représentaient une plus petite proportion (46 %).

Le taux d'auteurs présumés d'homicide est 10 fois plus élevé chez les Autochtones que chez les non-Autochtones

Le taux global d'auteurs présumés d'homicide ayant une identité autochtone au Canada était 10 fois plus élevé que le taux d'auteurs présumés non autochtones en 2014 (8,55 auteurs présumés pour 100 000 habitants par rapport à 0,82) (tableau 11b). Parmi les 431 auteurs présumés d'homicide en 2014, le tiers (32 %) étaient Autochtones et près des deux tiers (65 %) étaient non-Autochtones. En ce qui concerne la proportion restante de 3 %, l'identité autochtone a été déclarée comme étant inconnue par la police (tableau 11a)Note 21.

En 2014, parmi les 55 auteures présumées d'homicide, 28 étaient Autochtones (51 %) et 25 étaient non-Autochtones (45 %). Le taux d'auteures présumées d'homicide ayant une identité autochtone était toutefois 23 fois plus élevé que le taux observé chez les femmes non autochtones (3,39 pour 100 000 habitants par rapport à 0,15). En ce qui a trait aux 376 auteurs présumés d'homicide de sexe masculin, 30 % étaient Autochtones, alors que 68 % étaient non-Autochtones. Le taux d'auteurs présumés autochtones de sexe masculin était neuf fois plus élevé que celui des auteurs présumés non autochtones (13,86 auteurs présumés pour 100 000 habitants par rapport à 1,51) (tableau 11b).

Parmi les auteurs présumés d'homicide ayant une identité autochtone, les taux étaient les plus élevés chez les personnes de 25 à 34 ans (21,16 auteurs présumés pour 100 000 habitants) et chez celles de 18 à 24 ans (20,28 pour 100 000 habitants). Les auteurs présumés autochtones d'homicide avaient tendance à être plus âgés que les auteures présumées autochtones du même crime. Le plus haut taux d'auteurs présumés autochtones de sexe masculin a été observé chez les personnes de 25 à 34 ans, alors que chez les femmes autochtones, le taux le plus élevé a été enregistré chez les personnes de 18 à 24 ans (tableau 12, graphique 16).

Graphique 16 - L'homicide au Canada, 2014

Description du graphique 16

Les auteurs présumés non autochtones sont plus souvent soupçonnés d'être atteint d'un trouble mental ou du développement

Lorsque la police était en mesure de déterminer la présence d'un trouble mental ou du développement chez les auteurs présumés d'homicideNote 22, les troubles mentaux ou du développement étaient moins courants chez les auteurs présumés autochtones que chez les auteurs présumés non autochtonesNote 23. En effet, 15 % des auteurs présumés d'homicide autochtones étaient soupçonnés d'être atteints de troubles mentaux ou du développement (tels que déclarés par la police), comparativement à 24 % des auteurs présumés non autochtones.

Des condamnations antérieures pour des infractions avec violence sont plus nombreuses chez les auteurs présumés autochtones

Il a été démontré que le risque d'être condamné pour des activités criminelles avec violence est plus élevé chez les personnes qui ont des antécédents criminels (Hanson, 2009). La majorité (81 %) des auteurs présumés autochtones avaient déjà été reconnus coupables d'infractions criminelles, près de 7 sur 10 d'entre eux ayant déjà été condamnés pour une infraction avec violenceNote 24. Par comparaison, environ la moitié (52 %) des auteurs présumés non autochtones avaient déjà été reconnus coupables d'une infraction. Les auteurs présumés d'homicide non autochtones étaient moins susceptibles d'avoir déjà été reconnus coupables d'une infraction avec violence (63 %).

Résumé

En 2014, 516 homicides sont survenus au Canada, soit quatre de plus que l'année précédente. Toutefois, le taux d'homicides est demeuré stable (1,45 pour 100 000 habitants), faisant de 2013 et de 2014 les deux années où les taux d'homicides étaient les plus faibles enregistrés depuis 1966. Les 516 victimes d'homicide en 2014 étaient liées à 480 affaires, 95 % d'entre elles ayant fait une seule victime. Les hommes et les jeunes de 18 à 24 ans ont tendance à constituer la majorité des victimes et des auteurs présumés d'homicide.

Parmi les provinces, Terre-Neuve-et-Labrador a enregistré le plus faible taux d'homicides en 2014, soit 0,38 pour 100 000 habitants. Six provinces et territoires ont affiché un recul de leur taux d'homicides en 2014 : Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan et le Nunavut. En 2014, la Nouvelle-Écosse a inscrit le plus faible taux d'homicides jamais enregistré dans le cadre de l'Enquête sur les homicides.

Le nombre et le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu ont augmenté au Canada en 2014, les armes de poing ayant été utilisées dans 67 % des homicides commis à l'aide d'une arme à feu. En revanche, le nombre et le taux d'homicides attribuables à des gangs ont atteint leur niveau le plus faible depuis 2005.

La plupart des homicides résolus ont été perpétrés par une connaissance de la victime (37 %), ce qui reflète la tendance observée depuis les 20 dernières années. Plus de 1 homicide résolu sur 5 en 2014 a été commis par un partenaire intime. Parmi les homicides entre partenaires intimes, le taux de victimes de sexe féminin était quatre fois plus élevé que le taux de victimes de sexe masculin.

Le nombre d'homicides commis par des jeunes au Canada en 2014 a diminué pour s'établir à 25, comparativement à 40 en 2013. Tant le nombre que le taux d'homicides commis par des jeunes ont atteint leur niveau le plus faible depuis 1969.

En 2014, 88 auteurs présumés d'homicide étaient soupçonnés d'être atteints d'un trouble mental ou du développement (22 % des auteurs présumés). La proportion d'auteurs présumés d'homicide soupçonnés d'être atteints d'un trouble mental ou du développement en 2014 était plus élevée qu'en 2013 et supérieure à la moyenne des 10 années précédentes (15 %).

En 2014, la police a déclaré des données complètes relativement à l'identité autochtone des victimes et des auteurs présumés d'homicide au Canada. Les Autochtones sont surreprésentés en tant que victimes et auteurs présumés d'homicide.

Le taux d'homicides chez les Autochtones était six fois plus élevé que chez les non-Autochtones (7,20 pour 100 000 habitants par rapport à 1,13). Les taux d'homicides étaient plus élevés chez les Autochtones, peu importe le sexe. Le taux d'homicides chez les hommes autochtones était de sept fois supérieur à celui observé chez les hommes non autochtones et de six fois supérieur chez les femmes.

En 2014, une plus grande proportion d'homicides sur des Autochtones (85 %) que d'homicides sur des non-Autochtones (71 %) a été résolue par la police. Cette année-là, le taux de résolution était plus élevé pour les victimes autochtones de sexe masculin, comparativement aux victimes non autochtones de sexe masculin. Il était toutefois plus faible chez les victimes autochtones de sexe féminin par rapport aux victimes non autochtones de sexe féminin.

Bien que, dans la majorité des homicides résolus déclarés par la police, les victimes aient été tuées par quelqu'un qu'elles connaissaient, une proportion plus élevée de victimes autochtones ont été tuées par quelqu'un qu'elles connaissaient, comparativement aux victimes non autochtones (87 % par rapport à 81 %). L'écart est surtout attribuable au fait qu'une proportion légèrement supérieure de victimes autochtones ont été tuées par une connaissance, soit principalement par une simple connaissance, comparativement aux victimes non autochtones.

Le taux d'auteurs présumés d'homicide était 10 fois plus élevé chez les Autochtones que chez les non-Autochtones (8,55 pour 100 000 habitants par rapport à 0,82). Les femmes autochtones auteures présumées d'homicide ont affiché un taux qui était 23 fois plus élevé que celui des femmes non autochtones (3,39 pour 100 000 habitants par rapport à 0,15). Quant au taux d'auteurs présumés autochtones de sexe masculin, il était neuf fois plus élevé que celui des auteurs présumés non autochtones (13,86 pour 100 000 habitants par rapport à 1,51).

Description de l'enquête

Sources de données

Enquête sur les homicides

L'Enquête sur les homicides permet de recueillir des données auprès de la police sur les caractéristiques de l'ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d'homicide au Canada. Dans le cadre de cette enquête, on a commencé à recueillir des renseignements sur l'ensemble des meurtres en 1961, puis le champ de l'enquête s'est élargi en 1974 afin d'inclure les affaires d'infanticide et d'homicide involontaire coupable. Les caractéristiques de ces affaires ne sont pas disponibles pour les années antérieures à 1974, mais des chiffres tirés du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) le sont, et ils sont pris en compte dans les totaux historiques globaux.

Lorsque la police prend connaissance d'un homicide, le service de police qui mène l'enquête remplit les questionnaires de l'Enquête sur les homicides, puis les envoie à Statistique Canada. Certains homicides sont portés à l'attention de la police des mois ou des années après avoir été commis. Ces affaires sont comptabilisées dans l'année au cours de laquelle la police en a été informée. Les renseignements sur les auteurs présumés d'homicide sont disponibles seulement pour les affaires résolues (c.-à-d. celles dans lesquelles au moins un auteur présumé a été identifié). Les caractéristiques des auteurs présumés sont mises à jour à mesure que les affaires d'homicide sont résolues et que de nouveaux renseignements sont envoyés aux responsables de l'Enquête sur les homicides. Les données recueillies au moyen des questionnaires sur la victime et sur l'affaire sont également mises à jour à la suite de la résolution d'une affaire. En ce qui concerne les affaires comptant plus d'un auteur présumé, seul le lien de l'auteur présumé le plus proche avec la victime est consigné.

En raison de révisions apportées à la base de données de l'Enquête sur les homicides, les données annuelles déclarées dans le cadre de cette enquête avant 2013 pourraient ne pas correspondre au nombre annuel d'homicides déclaré dans le cadre du Programme DUC. Les données de l'Enquête sur les homicides sont annexées à la base de données du Programme DUC chaque année pour la déclaration des statistiques annuelles sur les crimes déclarés par la police. Chaque année de déclaration, on intègre au Programme DUC des données révisées déclarées par la police pour l'année d'enquête précédente. En 2014, un examen de la qualité des données a été entrepris pour l'Enquête sur les homicides pour toutes les années d'enquête de 1961 à 2013. L'examen comprend la collecte d'enregistrements sur l'affaire, la victime et le suspect pouvant être inculpé ou l'auteur présumé qui n'étaient auparavant pas déclarés dans le cadre de l'Enquête sur les homicides. En outre, la base de données a été mise à jour afin d'exclure les décès, et les enregistrements sur les auteurs présumés connexes, qui ne sont plus considérés comme des homicides par la police (c.-à-d. les cas de légitime défense, de suicide et de négligence criminelle causant la mort qui avaient auparavant été traités comme des homicides par la police). Pour des raisons opérationnelles, ces révisions n'ont pas été apportées au Programme DUC.

Estimations démographiques

Le calcul des taux d'homicides selon l'identité autochtone pour la période allant de 2001 à 2014 est fondé sur les chiffres de population fournis par la Division de la démographie de Statistique Canada. Les chiffres de population pour les années antérieures à 2001 n'étaient pas disponibles pour le présent article de Juristat. En raison de l'absence d'estimations annuelles sur la population canadienne selon l'identité autochtone, les chiffres de population utilisés dans le présent rapport ont été calculés ou projetés, selon les années. Ainsi, ces chiffres de population sont assujettis à un certain niveau d'incertitude ou pourraient être révisés dans le futur. Pour les années allant de 2001 à 2011, les chiffres de population ont été calculés à l'aide d'une interpolation linéaire des données des recensements de la population de 2001 et de 2006 et de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) pour tenir compte du sous-dénombrement net, des réserves partiellement dénombrées et des personnes vivant dans des logements collectifs. Les chiffres de population pour la période allant de 2012 à 2014 sont fondés sur des projections démographiques personnalisées en fonction des chiffres corrigés de l'ENM de 2011. Les hypothèses des projections sélectionnées concernant les composantes de la croissance sont principalement fondées sur le scénario de référence de la publication Projections de la population selon l'identité autochtone au Canada, 2006 à 2031, permettant un meilleur étalonnage des données récentes à partir du programme des estimations démographiques à l'échelon provincial et territorial. On a choisi les chiffres de population du mois de juin de chaque année, car il est le point central de chaque année de référence.

Pendant la préparation du présent article de Juristat, la Division de la démographie de Statistique Canada a publié une version à jour des projections démographiques, qui ont été utilisées pour calculer les taux d'homicides selon l'identité autochtone. Une analyse a été menée afin de vérifier la sensibilité des constatations entre les deux versions des chiffres de population. Les différences ainsi observées allaient d'un changement nul entre les taux à un changement maximal de -0,52 pour 100 000 habitants.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1a Nombre d'homicides, selon la province ou le territoire, 1984 à 2014

Tableau 1b Taux d'homicides, selon la province ou le territoire, 1984 à 2014

Tableau 2 Homicides selon la région métropolitaine de recensement, 2013 et 2014

Tableau 3 Homicides selon la méthode, Canada, 2004 à 2014

Tableau 4 Homicides commis à l'aide d'une arme à feu ou d'une arme pointue, selon la province ou le territoire, 2014

Tableau 5 Homicides selon le lien de l'auteur présumé avec la victime, Canada, 2013 et 2014

Tableau 6 Homicides commis par un partenaire intime, selon le sexe de la victime, Canada, 1994 à 2014

Tableau 7 Femmes victimes d'homicide, selon l'identité autochtone, Canada, 1980 à 2014

Tableau 8 Femmes victimes d'homicide, selon l'identité autochtone, Canada, provinces et territoires, 2001 à 2014

Tableau 9a Victimes d'homicide, selon le sexe et l'identité autochtone, province ou territoire, 2014

Tableau 9b Taux de victimes d'homicide, selon le sexe et l'identité autochtone, province ou territoire, 2014

Tableau 10 Homicides selon le lien de l'auteur présumé avec la victime et l'identité autochtone, Canada, 2014

Tableau 11a Auteurs présumés d'homicide, selon le sexe et l'identité autochtone, province ou territoire, 2014

Tableau 11b Taux d'auteurs présumés d'homicide, selon le sexe et l'identité autochtone, province ou territoire, 2014

Tableau 12 Victimes et auteurs présumés d'homicide, selon l'âge, le sexe et l'identité autochtone, Canada, 2014

Références

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Notes

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