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Section 5 : Feuillet d’information — Les homicides dans la famille

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Ce feuillet d’information porte sur les homicides entre conjoints, les homicides commis par des membres de la famille à l’endroit des enfants et des jeunes, et les homicides sur des personnes âgées (65 ans et plus).

La principale source de données utilisée dans la présente section est l’Enquête sur les homicides, qui est menée chaque année par le Centre canadien de la statistique juridique. Dans le cadre de cette enquête, on recueille auprès de la police des renseignements détaillés sur tous les homicides commis au Canada. Le terme « homicide » désigne les infractions au Code criminel appelées meurtre au premier degré, meurtre au deuxième degré, homicide involontaire et infanticide.

Homicides entre conjoints

Le taux d’homicides entre conjoints se fixe à son point le plus bas en 30 ans

Les taux d’homicides entre conjoints 1 , tant chez les victimes de sexe masculin que chez les victimes de sexe féminin, ont diminué au cours des 30 dernières années. Cette tendance s’est poursuivie en 2007, le taux ayant été de 4 homicides entre conjoints pour 1 million de conjoints — le taux le plus faible pour la période de 30 ans allant de 1978 à 2007 (graphique 5.1).

Les homicides sont relativement rares au Canada et, en 2007, ils représentaient moins de 1 % de tous les crimes violents. Les homicides entre conjoints constituaient 16 % des homicides élucidés 2  au Canada en 2007 et, à l’instar des années précédentes, ils formaient près de la moitié (47 %) des homicides commis par des membres de la famille cette année-là.

Les femmes étaient encore plus susceptibles que les hommes d’être victimes d’un homicide aux mains de leur conjoint (tableau 5.1). Parmi les 65 homicides entre conjoints déclarés en 2007, presque quatre fois plus de femmes (51) que d’hommes (14) ont été tuées par leur conjoint ou un ex-conjoint (tableau 5.2).

Les homicides entre conjoints impliquent plus souvent des partenaires en union libre que des conjoints mariés

Au cours des 10 dernières années, c’est-à-dire de 1998 à 2007, 41 % des homicides entre conjoints impliquaient des victimes vivant en union libre (y compris les couples de même sexe), environ le tiers (35 %) mettaient en cause des personnes mariées, suivies de partenaires qui étaient séparés (22 %) ou divorcés (2 %) (tableau 5.3).

Toutefois, on observe des différences lorsqu’on examine l’état matrimonial des femmes qui ont été tuées par leur conjoint comparativement aux hommes victimes. En effet, les femmes étaient proportionnellement presque aussi nombreuses à avoir été tuées par leur mari (38 %) que par leur partenaire en union libre (35 %). En revanche, la plupart des hommes (66 %) ont été assassinés par leur partenaire en union libre.

En outre, la proportion de victimes tuées par un partenaire dont elles étaient séparées était plus du double pour les femmes victimes (25 %) comparativement aux hommes victimes (11 %). Selon des travaux de recherche, la séparation, qu’elle soit réelle ou en instance, constitue un facteur pouvant accroître le risque d’homicide entre conjoints, particulièrement pour les femmes (Comité d’étude sur les décès dus à la violence familiale, 2005; Hotton, 2001).

Les jeunes adultes sont les plus à risque d’être victimes d’un homicide entre conjoints

Les taux d’homicides entre conjoints étaient les plus élevés parmi les adolescents et les jeunes adultes du groupe d’âge des 15 à 24 ans, particulièrement dans le cas des conjointes 3 . Entre 1998 et 2007, le taux de conjointes de 15 à 24 ans tuées par leur partenaire (21 conjointes pour 1 million) était de trois fois supérieur au taux de toutes les femmes victimes d’un homicide aux mains de leur conjoint (7 conjointes pour 1 million). De même, le taux de conjoints de sexe masculin de 15 à 24 ans tués par leur partenaire (8 conjoints pour 1 million) était plus de quatre fois supérieur à celui de tous les conjoints de sexe masculin (2 conjoints de sexe masculin pour 1 million) (graphique 5.2).

La plupart des hommes tués par leur conjointe ont été poignardés, alors que les femmes victimes ont été tuées par l’exercice d’une force physique

Les méthodes employées pour tuer le conjoint ou la conjointe varient selon le sexe de la victime. Entre 1998 et 2007, les conjoints de sexe masculin ont été le plus souvent tués à coups de couteau (71 %). Par comparaison, moins du tiers des femmes tuées par leur conjoint ont été poignardées (30 %), et une proportion similaire ont été assassinées au moyen d’une arme à feu (28 %) (tableau 5.4).

Toutefois, comparativement aux hommes victimes (12 %), une proportion beaucoup plus forte de femmes victimes d’homicide aux mains de leur conjoint (38 %) ont été tuées par de la force physique, comme des coups et blessures, l’étranglement, la suffocation ou la noyade.

Durant les 10 dernières années, le taux d’homicides entre conjoints commis à l’aide d’une arme à feu a diminué de trois fois, étant passé de 1,7 pour 1 million de conjoints en 1996 à 0,5 pour 1 million de conjoints en 2007. En 1996, on a dénombré 27 homicides entre conjoints perpétrés à l’aide d’une arme à feu, par rapport à 9 homicides en 2007 (graphique 5.3).

Homicides dans la famille contre des enfants et des jeunes

En 2007, il s’est produit 56 homicides contre des enfants et des jeunes 4  de moins de 18 ans dans l’ensemble du Canada, ce qui représente 9 % de tous les homicides. La plus forte proportion de ces homicides ont été perpétrés par un membre de la famille (41 %), 27 % par une personne non apparentée (y compris les connaissances et les amis), et 20 % par un étranger. Les 13 % restants d’homicides contre des enfants et des jeunes n’étaient pas résolus.

À quelques exceptions près, le taux d’homicides perpétrés contre des enfants et des jeunes par un membre de la famille demeure toujours plus élevé que le taux d’homicides commis par une personne non apparentée (graphique 5.4). Cependant, en 2005 et de nouveau en 2007, le taux d’homicides dans la famille était en deçà du taux d’homicides hors de la famille, s’étant établi à un peu plus de 3 homicides pour 1 million d’enfants; il s’agit des taux les plus faibles enregistrés en plus de 30 ans.

Les parents sont responsables de la plupart des homicides dans la famille commis contre des enfants et des jeunes

La majorité des homicides perpétrés dans la famille contre des enfants de moins de 18 ans sont commis par les parents. Au cours des 30 dernières années, soit la période allant de 1978 à 2007, 86 % des victimes d’un homicide dans la famille âgées de moins de 18 ans ont été tuées par un de leurs parents 5 .

Lorsqu’on examine les données des 10 dernières années, on note que les pères sont généralement plus susceptibles que les mères d’être les auteurs du crime (graphique 5.5). Entre 1998 et 2007, 54 % des enfants tués par un membre de la famille l’ont été par leur père, 34 % par leur mère, et la proportion restante de 12 % par d’autres membres de la famille, y compris des frères et soeurs, des grands-parents, des cousins, des cousines ou d’autres membres de la famille étendue 6 .

Les nourrissons affichent les taux les plus élevés d’homicides aux mains d’un membre de la famille

Entre 1998 et 2007, près du tiers (30 %) des enfants et des jeunes tués par un membre de la famille étaient des nourrissons de moins d’un an — ce groupe d’âge a affiché le plus fort taux d’homicides dans la famille contre des enfants et des jeunes (graphique 5.5). Contrairement aux homicides dans la famille sur des enfants plus âgés où les pères étaient le plus souvent les auteurs, dans le cas des homicides sur des nourrissons, la moitié (51 %) des victimes ont été tuées par leur mère et 47 %, par leur père.

Le taux d’homicides sur des nourrissons était de trois fois supérieur aux taux d’homicides sur des enfants âgés d’un à trois ans — le groupe d’âge qui a enregistré le deuxième taux d’homicides en importance chez les enfants et les jeunes (graphique 5.6). Les nourrissons de sexe masculin (de moins d’un an) semblaient être légèrement plus à risque que les nourrissons de sexe féminin. Au cours de la période de 10 ans allant de 1998 à 2007, le taux de nourrissons de sexe masculin tués par un membre de la famille s’est s’établi, en moyenne, à 35 pour 1 million de nourrissons de sexe masculin, comparativement à 27 pour 1 million de nourrissons de sexe féminin.

Les méthodes utilisées par les membres de la famille pour tuer un enfant ou un jeune varient selon l’âge de la victime (tableau 5.5). Les membres de la famille qui ont tué de jeunes enfants de six ans et moins étaient plus susceptibles d’avoir recours à la force physique (p. ex. l’étranglement, les coups ou le syndrome du bébé secoué). Les enfants et les jeunes plus âgés, soit de 7 à 17 ans, ont le plus souvent été assassinés à l’aide d’une arme (p. ex. un couteau ou une arme à feu).

Homicides dans la famille contre des personnes âgées

Les données de la police ont toujours indiqué que les Canadiens plus âgés, c’est-à-dire de 65 ans et plus, constituent le groupe d’âge le moins susceptible d’être victimisé. De même, le taux d’homicides est plus faible chez les personnes âgées que chez celles de moins de 65 ans. En 2007, le taux d’homicides sur des aînés était de 9 pour 1 million d’habitants, comparativement à 23 pour 1 million d’habitants chez les personnes de moins de 65 ans. Toutefois, les taux d’homicides sur des aînés (3,8 pour 1 million d’habitants) et sur des personnes autres que les aînés (4,5 pour 1 million d’habitants) étaient comparables lorsque l’auteur était un membre de la famille.

Au total, 38 homicides ont été commis contre des personnes âgées en 2007 (22 hommes et 16 femmes). Environ la moitié de ces homicides ont été perpétrés par un membre de la famille, 21 % par une connaissance, et 11 % par un étranger. Les autres homicides contre des personnes âgées n’étaient pas élucidés.

Au cours des 30 dernières années, sauf à quelques exceptions près, les taux d’homicides commis par un membre de la famille sur des personnes âgées étaient plus faibles que les taux d’homicides perpétrés par une personne non apparentée. En 2007, le taux d’homicides commis par un membre de la famille était toutefois supérieur à celui des homicides perpétrés par une personne non apparentée (graphique 5.7).

Les homicides dans la famille contre des personnes âgées sont le plus souvent commis par un conjoint ou un fils adulte

Les homicides dans la famille contre des femmes âgées ont le plus souvent été commis par le conjoint de la victime (40 %) ou par un fils adulte (36 %). Par comparaison, dans le cas des deux tiers (66 %) des homicides dans la famille perpétrés sur un homme âgé, la victime a été tuée par son fils adulte (graphique 5.8).

Alors que le mobile apparent des homicides commis contre des aînés par des personnes non apparentées était le plus souvent le gain financier (34 %), dans le cas des homicides perpétrés par des membres de la famille, le mobile apparent était surtout la frustration, la colère ou le désespoir (35 %). En outre, une querelle était le mobile apparent dans environ le quart des homicides contre des personnes âgées perpétrés par un membre de la famille. Par comparaison, le mobile apparent derrière les homicides contre des personnes de 18 à 64 ans était le plus souvent une dispute qui s’était envenimée (43 % par des membres de la famille et 41 % par des personnes non apparentées) (tableau 5.6).

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