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Séquelles de la victimisation

La colère, la confusion et la frustration sont les réactions émotives les plus courantes

Tout comme les victimes d’une autre forme de crime violent, les victimes d’agression sexuelle ont indiqué avoir ressenti une multitude d’émotions à la suite de leur expérience de victimisation. La réaction émotive la plus courante était la colère (24 %), suivie d’un sentiment de confusion et de frustration (20 %), d’un état de choc et de l’incrédulité (16 %), d’un sentiment de contrariété (16 %) et de la peur (15 %).

L’incidence des types d’infractions sexuelles les moins graves sur les capacités des victimes d’exécuter leurs principales activités était semblable à celle décrite par les victimes d’autres types de crimes violents. Dans environ le cinquième (21 %) des affaires de contacts sexuels non désirés, les victimes ont indiqué ne pas avoir été capables d’accomplir leur activité principale pour le reste de la journée, cette proportion s’apparentant à celle des victimes de voies de fait (22 %) et étant légèrement inférieure à celle des victimes de vol qualifié (35 %). Toutefois, les victimes d’attaque de nature sexuelle risquaient davantage de ne pas avoir été en mesure d’accomplir leur principale activité, environ la moitié (51 %) d’entre elles ayant déclaré en avoir été incapables.

D’après les résultats de l’ESG de 2004, la plupart (93  %) des victimes d’agression sexuelle n’avaient pas subi de blessures corporelles, ce qui est particulièrement vrai pour les victimes de contacts sexuels (96 %) par rapport aux victimes d’attaque de nature sexuelle (78  %). Les données de la police fournissent des résultats comparables. En effet, les données déclarées par la police en 2007 révèlent que, dans l’ensemble, 77 % des infractions sexuelles n’avaient entraîné aucune blessure physique pour la victime et qu’une proportion plus élevée des victimes d’agression sexuelle de niveau 1 (80 %), comparativement aux victimes d’agression sexuelle de niveau 2 (40 %) et d’agression sexuelle grave (7 %), n’avaient subi aucune blessure physique.

Bon nombre de victimes d’agression sexuelle se confient à des amis ou à des membres de leur famille

Bien que de nombreuses victimes d’agression sexuelle n’aient pas signalé leur expérience de victimisation à la police, plusieurs en ont néanmoins parlé à d’autres sources informelles, telles qu’à des amis (72 %), à des membres de leur famille (41 %), à des collègues de travail (33 %) ou à des médecins ou infirmières (13 %). Ces résultats viennent confirmer des recherches antérieures sur le sujet qui laissent entendre que les victimes d’agression sexuelle sont plus susceptibles de faire confiance à des sources informelles pour obtenir du soutien, la majorité se confiant à des amis plutôt qu’à des membres de leur famille (Ullman et autres, 2006).

Les victimes d’agression sexuelle ont dit se sentir moins en sécurité que les personnes n’ayant pas été victimes d’un crime. Par exemple, 27 % des victimes d’agression sexuelle ont déclaré qu’elles ne se sentaient pas très en sécurité ou pas du tout en sécurité lorsqu’elles marchaient seules le soir par rapport à 14 % des personnes qui n’ont pas subi de victimisation criminelle. Les résultats de l’ESG montrent aussi que, comparativement aux personnes n’ayant pas été victimes d’un crime, une proportion plus élevée de victimes d’agression sexuelle prenaient des mesures de précaution pour se protéger contre le crime. Ainsi, 1 victime d’agression sexuelle sur 6 (17 %) a déclaré qu’elle restait habituellement à la maison le soir parce qu’elle avait trop peur de sortir seule, par rapport à 10 % des gens qui n’ont pas fait l’objet d’une victimisation criminelle. Dans le même ordre d’idées, une plus forte proportion de victimes d’agression sexuelle (63 %) que de personnes n’ayant pas subi de victimisation criminelle (20 %) ont dit avoir modifié leurs habitudes ou leurs activités, ou encore, avoir évité certains endroits au cours des 12 mois ayant précédé la tenue de l’enquête.

Il faut cependant interpréter avec prudence les résultats selon lesquels les victimes d’agression sexuelle se sentaient moins en sécurité et avaient davantage tendance à prendre des mesures pour se protéger de la criminalité que les non-victimes, car on ignore si ces sentiments et ces comportements sont le résultat direct de leur expérience de victimisation.

Les craintes et les comportements préventifs sont semblables chez les victimes d’agression sexuelle et les victimes de vol qualifié

Parmi les victimes de crimes violents, les victimes d’agression sexuelle avaient des perceptions semblables à celles des victimes de vol qualifié pour ce qui est de la sécurité et du recours à des mesures de précaution, mais elles présentaient des perceptions quelque peu différentes de celles des victimes de voies de fait. Selon les données de l’ESG de 2004, les proportions étaient comparables chez les victimes d’agression sexuelle (26 %), de vol qualifié (25 %) et de voies de fait (23 %) qui ne se sentaient pas très en sécurité ou pas du tout en sécurité lorsqu’elles marchaient seules le soir. On a cependant observé certaines différences statistiquement significatives dans les comportements préventifs des victimes d’agression sexuelle et des victimes de voies de fait. En effet, une proportion beaucoup plus faible de victimes de voies de fait que de victimes d’agression sexuelle ont déclaré qu’elles restaient habituellement à la maison le soir parce qu’elles avaient peur de sortir seules, qu’elles avaient modifié leurs habitudes ou leurs activités, ou encore, qu’elles évitaient certains endroits dans le but d’accroître leur sécurité personnelle.