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  1. Introduction
  2. Mesure du commerce électronique au Canada
  3. Tendances observées dans le magasinage par Internet
  4. Modèles du magasinage par Internet
  5. Résumé
  6. Références

1   Introduction

Avant le lancement commercial d'Internet en 1993, peu de personnes à l'extérieur des milieux scientifique et universitaire connaissaient cette nouvelle technologie. Depuis, le commerce a changé de manière inimaginable. Il est dorénavant possible de rechercher, d'acheter et de vendre à peu près n'importe quoi sur Internet (Rowland, 2006). Toutefois, certaines répercussions attendues du commerce électronique, comme l'incidence néfaste potentielle sur le commerce de détail traditionnel, ne se sont pas encore réalisées (Sciadas, 2006). Il semble que l'incidence d'Internet sur le commerce de détail dépende de la catégorie de produit et d'autres facteurs, comme le comportement des consommateurs et les préoccupations au sujet de la sécurité en ligne.

Le présent document examine les données, les tendances et les modèles du magasinage par Internet au Canada de 2001 à 2007. Nous débutons par un survol de la mesure du commerce électronique à Statistique Canada, puis nous abordons le nombre et la valeur des commandes en ligne faites de 2001 à 2007. Nous examinons ensuite les achats en ligne selon le type de produit, afin d'illustrer la manière dont Internet est devenu un complément et un remplaçant du commerce de détail traditionnel. Nous étudions aussi la concentration relative du magasinage en ligne auprès de certains Canadiens. La dernière section porte sur les facteurs déterminants du commerce électronique au cours de l'année 2007 et sur la mesure dans laquelle les préoccupations au sujet de la sécurité des cartes de crédit demeurent un obstacle.

2   Mesure du commerce électronique au Canada

Statistique Canada surveille les activités du commerce électronique dans l'économie canadienne depuis 1999, au moyen d'enquêtes sur les achats des consommateurs et les ventes des entreprises (se reporter à la Note aux lecteurs). Comme l'illustre le graphique 1, lorsqu'une nouvelle technologie se répand, les instruments statistiques utilisés pour mesurer son adoption et son utilisation doivent également évoluer. Au début d'une innovation, la mesure porte sur l'empressement du marché à adopter la nouvelle technologie. Statistique Canada a mené l'Enquête sur l'utilisation d'Internet par les ménages (EUIM) en 1997 pour évaluer l'empressement des ménages à utiliser Internet et les obstacles potentiels à son utilisation.

À mesure que la population adopte une nouvelle technologie et que les applications connexes se répandent, l'intérêt de la mesure bascule vers les types d'utilisation et leur intensité. En 1999, l'EUIM comportait de nouvelles questions sur l'utilisation d'Internet à des fins de magasinage. En raison du nombre grandissant de ménages connectés à Internet, l'EUIM a été remplacée en 2005 par l'Enquête canadienne sur l'utilisation d'Internet (ECUI), axée davantage sur l'utilisation individuelle, y compris le magasinage. Lorsque l'adoption de la technologie approche de la saturation, le regard bascule de nouveau, cette fois de l'adoption et de l'utilisation vers les résultats et les répercussions sur la société. La mesure des répercussions d'une innovation pose toujours un défi, et ce défi est probablement plus grand avec les applications commerciales d'Internet, car « le taux de développement et d'innovation de la toile accélère encore » 1 .

Pourtant, la comparabilité internationale est un autre facteur de l'élaboration des outils et des méthodes de mesure de l'utilisation d'Internet. Pour les décideurs en particulier, l'analyse comparative internationale peut constituer une mesure essentielle de la politique 2 . Les enquêtes sur l'utilisation d'Internet de Statistique Canada (se reporter à la Note aux lecteurs) ont été conçues selon le modèle d'enquête de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Bien que la comparabilité internationale pose ses propres défis (par exemple, se reporter à McKeown et Veenhof, 2009), la possibilité de comparer les données canadiennes avec celles des autres pays demeure un facteur pour la prochaine enquête sur l'utilisation d'Internet (PEUI) 3 .

Note aux lecteurs : Sources des données et définitions

Sources des données

Depuis 1999, dans le cadre de l'Enquête sur l'utilisation d'Internet par les ménages (EUIM), menée chaque année de 1997 à 2003, on demandait au ménage si un membre qui avait utilisé Internet à la maison au cours des 12 mois précédents pour faire son magasinage, c.-à-d., pour chercher les caractéristiques des produits ou commander un article. Dans environ 1,8 million de ménages en 1999, au moins un membre avait utilisé Internet à la maison pour magasiner (Ellison, Earl et Ogg, 2001). Les questions portaient aussi sur le nombre de commandes en ligne et leur valeur.

À partir de 2001, les questions sur le commerce électronique avaient une portée plus large et visaient l'utilisation d'Internet àpartir de tout emplacement (maison, travail, école, bibliothèque ou ailleurs).

En 2005, dans le cadre de l'Enquête canadienne sur l'utilisation d'Internet (ECUI), renommée et réaménagée, on demandait aux personnes de 18 ans ou plus de répondre à des questions sur leur utilisation d'Internet. Tous les participants devaient répondre à des questions sur le magasinage en ligne, y compris le nombre de commandes et leur valeur, quel que soit leur emplacement. En 2007, la population cible a été élargie pour inclure les jeunes de 16 et 17 ans. Bien que plus de 97 % des jeunes de 16 et 17 ans utilisent Internet, seulement 25 % d'entre elles ont déclaré faire des commandes en ligne, ce qui représentait environ 2 % du nombre de commandes et 1 % de la valeur totale.

Même si nous ne devons pas comparer directement les comportements en ligne des ménages (EUIM) et des particuliers (ECUI), la présente étude examine les estimations agrégées relatives au commerce électronique tirées de ces enquêtes.

Commerce électronique des entreprises

Selon l'Enquête sur le commerce électronique et la technologie (ECET) de 1999, les entreprises privées et publiques du Canada avaient réalisé des ventes par Internet d'une valeur de 4,4 milliards de dollars (Peterson, 2001). En 2007, les ventes en ligne – entre entreprises de même qu'entre entreprises et consommateurs – atteignaient 62,7 milliards de dollars. Les estimations de l'ECUI et de l'ECET sont différentes, car la première mesure seulement les achats des consommateurs, y compris les achats en ligne faits sur les sites Web internationaux. L'ECET mesure les ventes, entre entreprises de même qu'entre entreprises et consommateurs, des entreprises canadiennes, y compris aux particuliers et aux organismes étrangers.

Définition du commerce électronique

Jusqu'à maintenant, le Canada utilisait la définition étroite du commerce électronique de l'OCDE où une transaction Internet constitue « la vente ou l'achat, sur Internet, de biens ou de services entre entreprises, ménages, particuliers, administrations et autres organismes publics ou privés ». Les biens ou les services sont commandés par Internet, mais leur paiement et leur livraison peuvent avoir lieu en ligne ou non. Cette définition « étroite » exclut les commandes reçues ou faites par téléphone, télécopieur ou autres réseaux informatiques, comme le TED.

Un groupe d'experts de l'OCDE propose une mise à jour de la définition du commerce électronique afin d'éliminer la distinction fondée sur le type de réseau que l'on retrouvait entre les définitions large et étroite. Selon le groupe, les rapides progrès technologiques compliquent l'aptitude des répondants, des entreprises en particulier, à établir une distinction entre les ventes réalisées par les divers types d'applications informatiques. Une telle modification n'aura aucune incidence sur les concepts ou les données du commerce électronique de l'ECUI de 2009 ou de l'ECUI réaménagée de 2010.

3   Tendances observées dans le magasinage par Internet

L'examen du magasinage par Internet au Canada débute en 2001. Il y a alors eu 13,4 millions de commandes en ligne faites par plus de 2,2 millions de ménages (graphique 2). En 2007, environ 8,4 millions de particuliers de 16 ans ou plus 4  ont utilisé Internet pour faire presque 70 millions de commandes. Bien que le nombre de commandes ait augmenté, il semble y avoir eu un ralentissement entre 2005 et 2007. L'ECUI de 2009 fournira un autre point de données pour déterminer si le fléchissement du taux de croissance confirme une tendance ou s'il s'agit d'une aberration quelconque 5 .

En 2007, les Canadiens ont fait des commandes en ligne d'une valeur de 12,8 milliards de dollars (graphique 3). Même s'il s'agit d'une hausse, la croissance de la valeur des commandes en ligne a ralenti, particulièrement entre la période de 2003 à 2005 et la période de 2005 à 2007. Outre le passage d'une enquête-ménage à une enquête auprès des particuliers en 2005, plusieurs facteurs peuvent avoir influé sur la croissance du commerce électronique, y compris la valeur du dollar, les stratégies des entreprises et le comportement des consommateurs.

Le taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain peut influer sur le magasinage transfrontalier des Canadiens, hors ligne et en ligne. Selon l'ECUI de 2007, pour chaque tranche de 100 $ dépensés en ligne, 56 $ étaient destinés à des fournisseurs canadiens, soit une baisse comparativement à 63 $ en 2005 6 . La modification des modèles commerciaux peut également réduire les options de magasinage en ligne offertes aux consommateurs. Dans le commerce de détail par exemple, de nombreuses entreprises modifient souvent leurs plans afin de trouver la fonctionnalité parfaite en ligne. Enfin, la couverture médiatique accrue des problèmes de protection des données de la part des détaillants peut avoir influencé le comportement en ligne et ébranlé la confiance des consommateurs dans les modes de commande et de paiement en ligne. Dans certains cas, ces préoccupations peuvent être suffisamment graves pour faire obstacle au commerce électronique 7 .

L'augmentation des ventes en ligne entre 2005 et 2007 est le fruit d'une combinaison d'un nombre supérieur de consommateurs en ligne et d'un plus grand nombre d'achats par les consommateurs existants. En deux ans, le nombre de consommateurs en ligne de 18 ans ou plus a augmenté de 18 %. Et en 2007, ces consommateurs en ligne ont déclaré une moyenne de 8,4 commandes d'une valeur de 1 554 $, alors que la moyenne était de 7,2 commandes d'une valeur de 1 150 $ en 2005, soit des hausses de 16 % et de 35 %, respectivement.

Malgré cette croissance, les ventes en ligne continuent de représenter seulement une fraction des dépenses totales de consommation de biens et services. Il faut comprendre que les ventes totales au détail étaient d'environ 412 milliards de dollars en 2007 au Canada. La prochaine section porte sur le modèle des ventes en ligne selon les catégories de produit. On y remarque que le commerce électronique a une incidence complémentaire sur le commerce de détail traditionnel. Cette section met aussi en lumière la concentration des ventes en ligne et certains facteurs qui influencent le comportement des consommateurs.

4   Modèles du magasinage par Internet

4.1  Complément et substitut

Dans une étude des résultats prévus des technologies numériques, Sciadas (2006) constate que bon nombre d'entre eux ne se sont pas encore matérialisés. Par exemple, les ventes en ligne ne semblent pas justifier les peurs initiales des conséquences néfastes sur le commerce de détail traditionnel. Toutefois, il ne fait aucun doute qu'Internet a changé le comportement fondamental des consommateurs, peut-être de manières que l'on n'a pas toujours prévues.

Internet est devenu un substitut pour certains types de produits, particulièrement ceux qui font l'objet d'une livraison facile, en ligne et hors ligne. Par exemple, presque la moitié (45 %) des consommateurs canadiens en ligne a déclaré arranger un voyage au moyen d'Internet en 2007 (tableau 1) alors que plus du tiers (37 %) a acheté des livres et des magazines, certains livrés en ligne ou à peu de frais par messagers. En fait, dans le cas des services de voyage et des autres produits de divertissement, comme les billets de concert ou d'événements sportifs, Internet a modifié le modèle commercial des fournisseurs ainsi que les comportements des consommateurs.

Pour d'autres types de produits, en particulier ceux qui ne peuvent pas être livrés au moment de l'achat, Internet est devenu un complément aux achats traditionnels (tableau 2). En 2007, Internet servait à rechercher des appareils électroniques grand public (44 % des amateurs de lèche-vitrine) de même que des meubles et des électroménagers (43 %). Une telle recherche était souvent suivie d'une visite chez un détaillant. Des 11 millions d'amateurs de lèche-vitrine en 2007, presque les deux tiers (64 %) ont déclaré faire par la suite un achat directement chez un détaillant. Grau (2008) souligne que les Canadiens, bien qu'ils soient d'aussi avides chercheurs de produits sur Internet que les Américains, font beaucoup plus d'achats subséquents chez un détaillant que d'achats en ligne.

La catégorie de produit des vêtements, bijoux et accessoires, qui occupe le quatrième rang pour le nombre de commandes et le nombre de cas de lèche-vitrine en 2007 (tableaux 1 et 2) est indicatrice. Il semble que certains détaillants de cette catégorie ont fait le passage en douceur des ventes par catalogue à des ventes par Internet, alors que pour d'autres, il n'est pas toujours clair si leur site Web doit permettre les transactions commerciales et non seulement le lèche-vitrine. Certains détaillants modifient leurs plans commerciaux dans le but de trouver la bonne fonctionnalité en ligne 8 .

Les données démographiques peuvent également expliquer une partie des variations dans les catégories de produit. En 2007, par exemple, les particuliers d'âge moyen achetaient en plus grand nombre des meubles et des appareils (12 % des particuliers entre 30 et 45 ans ont acheté des articles ménagers en ligne, comparativement à 6 % des particuliers de moins de 30 ans). À l'inverse, les Canadiens plus jeunes étaient davantage enclins à acheter des vêtements, des bijoux et des accessoires sur Internet (37 % des particuliers de moins de 30 ans comparativement à 28 % des particuliers de 30 à 45 ans).

4.2  Concentration

Malgré la croissance vigoureuse du commerce électronique au cours des dernières années, ce ne sont pas tous les Canadiens qui s'y adonnent uniformément. En 2007, plus de 8,4 millions de Canadiens de 16 ans ou plus (32 %) ont fait en moyenne plus de 8 commandes, d'une valeur totale de 1 520 $. Cependant, au Canada, un groupe relativement petit de consommateurs en ligne a contribué à la majeure partie de cette dépense. Les graphiques 4 et 5 répartissent les consommateurs en ligne en quartiles de dépense, ou quatre groupes égaux, en fonction de la valeur totale de leurs commandes 9 .

Les plus grands acheteurs en ligne, la tranche supérieure de 25 %, ont accumulé des dépenses de plus de 1 500 $ au cours de 2007, soit en moyenne presque le triple du nombre de commandes et plus de dix fois les dépenses totales par rapport aux autres consommateurs en ligne. En fait, ces grands consommateurs en ligne représentaient seulement 8 % des Canadiens et 25 % des acheteurs en ligne en 2007, mais ils avaient fait presque la moitié (46 %, graphique 4) des commandes en ligne et plus des trois quarts (78 %, graphique 5) des dépenses. Cette répartition a changé à partir de 2005, où la tranche supérieure de 25 % des consommateurs en ligne avait fait 44 % des commandes et 76 % des dépenses totales (McKeown et Underhill, 2007).

Dans une grande mesure, la croissance récente des ventes en ligne est le fait des principaux consommateurs en ligne qui achètent davantage (de 12,8 commandes d'une valeur de 3 056 $ en 2005 à 15,7 commandes d'une valeur de 4 576 $ en 2007). Mais qui étaient ces consommateurs en ligne du groupe supérieur en 2007? Comme en 2005, il s'agit de particuliers qui ont une scolarité et un revenu par ménage supérieur aux autres consommateurs en ligne 10 . Ces personnes ont également la plus grande expérience en ligne, car 90 % d'entre eux utilisent Internet depuis au moins 5 ans et ont exercé une moyenne de 15 activités en ligne en 2007. Avec ce niveau de « confort en ligne », 85 % des consommateurs du groupe supérieur ont déclaré utiliser une carte de crédit ou de débit en ligne au cours de 2007 pour faire une partie ou la totalité de leurs achats.

Et qu'achetaient ces consommateurs en ligne du groupe supérieur? En 2007, ils achetaient tous les types de produits en plus grand nombre que les autres consommateurs en ligne (données non illustrées). Les consommateurs du groupe supérieur faisaient deux types d'achats particuliers : plus des trois quarts ont déclaré faire des arrangements de voyage en ligne et le quart a acheté du matériel informatique. Dans le cadre d'une étude antérieure, on remarquait que les services de voyage en ligne, en raison de la fréquence, et le matériel informatique en ligne, en raison de la dépense, donnaient lieu à des dépenses en ligne plus élevées (McKeown et Underhill, 2007).

4.3  Facteurs déterminants

La présente section fait état d'une comparaison des caractéristiques socioéconomiques et des comportements en ligne des Canadiens qui ont utilisé Internet pour commander des appareils électroniques en 2007 et des utilisateurs qui n'en ont pas acheté. Les tableaux 3 et 4 dressent la liste des variables importantes et de leur incidence attendue sur la propension à l'achat par Internet (se reporter à la Note aux lecteurs : modèle logistique à plusieurs variables). Un modèle à plusieurs variables fondé sur un travail antérieur (Noce et McKeown, 2008) sert à clarifier l'incidence statistique de ces variables. Le modèle exclut les Canadiens qui ont utilisé Internet seulement à partir d'un endroit autre que leur logement 11 .

Note aux lecteurs : modèle logistique à plusieurs variables

Dans le modèle, la variable dépendante vaut 1 pour un utilisateur d'Internet qui a déclaré faire un achat en ligne et 0 pour un utilisateur qui n'a fait aucun achat en ligne. Les variables indépendantes sont soit des variables continues, soit des variables discrètes (se reporter à l'annexe A). Un modèle témoin comportait des facteurs, tels que l'âge, le revenu et la scolarité (x1, x2 et x4 à x6), jugés importants pour l'utilisation d'Internet (Noce et McKeown, 2008). Au modèle complet, nous avons ajouté la portée de l'utilisation (x3), la vitesse de la connexion (x7), le nombre d'années en ligne (x8) et les préoccupations face à la sécurité (x9).

L'âge et le revenu (x1 et x2) tiennent lieu de variables témoin continues dans le modèle. Toutefois, l'âge a un effet non linéaire, étant donné que les jeunes enfants et les personnes âgées ont fait moins de commandes en ligne que la moyenne. Le revenu du ménage a fait l'objet d'une asymétrie positive et a été transformé par voie logarithmique en une base 10. Bien que la régression logistique ne repose pas sur les mêmes hypothèses de répartition que la méthode des moindres carrés ordinaires, la solution est plus stable si les variables explicatives ont une répartition normale multidimensionnelle (UCLA, 2004). La portée de l'utilisation, mesurée par le nombre d'activités en ligne (x3), avait un coefficient de 0,207. Autrement dit, la probabilité de faire un achat en ligne augmentait d'un peu plus de 20 % avec chaque autre activité déclarée (p. ex., courriel, activités bancaires en ligne, consultation des nouvelles ou des résultats sportifs, etc.).

Le graphique 6 présente les rapports de cotes qui servent à évaluer l'incidence des variables discrètes (x4 à x9) sur la propension à l'achat en ligne. Par exemple, tout en tenant compte d'autres variables, la probabilité qu'un particulier ayant au moins des études postsecondaires partielles fasse un achat en ligne était plus d'une fois et demie (1,53) supérieure à celles d'un particulier ayant une scolarité inférieure. Par ailleurs, la connexion haute vitesse à la maison a une faible incidence; les particuliers qui utilisent une telle connexion avaient fait un peu plus d'achats en ligne. Une étude de l'utilisation d'Internet et des bandes larges soutenait que la vitesse de la connexion seule n'explique pas les différences dans la sophistication de l'utilisation (Middleton et Ellison, 2008) 12 .

Fait intéressant, les hommes faisaient un peu moins d'achats en ligne que les femmes, tout en tenant compte d'autres facteurs. Les Canadiens qui résident dans un milieu urbain faisaient aussi moins d'achats en ligne en 2007 que les particuliers vivant dans un milieu rural ou une petite ville, tout en tenant compte d'autres facteurs. Il se peut que la probabilité qu'un particulier vivant dans un milieu urbain fasse un achat en ligne soit plus faible parce que le milieu urbain offre un plus grand nombre de détaillants à proximité.

Selon Zamaria et Fletcher (2008), les Canadiens sont plus préoccupés par la sécurité des renseignements financiers en ligne que les Américains et les habitants des autres pays. Grau (2008) constate aussi que les préoccupations à l'égard de la sécurité des paiements par carte de crédit réfrènent les Canadiens d'acheter davantage en ligne. Dans le modèle, les Canadiens qui exprimaient une forte préoccupation au sujet de l'utilisation en ligne des cartes de crédit avaient seulement environ les trois quarts (0,76) des probabilités de faire une commande en ligne par rapport à ceux qui avaient peu de préoccupation ou même aucune, tout en tenant compte d'autres facteurs (graphique 6).

Cette constatation peut aussi tenir lieu de mesure indirecte du niveau personnel de « confort en ligne ». Des études antérieures proposent que les transactions en ligne exigent un certain degré d'auto-efficacité ou de confiance en ses propres aptitudes pour accomplir certaines tâches en ligne (Underhill et Ladds, 2007) 13 . Eastin et LaRose (2000) constatent qu'il faut presque deux ans d'expérience en ligne pour atteindre le niveau nécessaire d'auto-efficacité sur Internet. En effet, le modèle fait remarquer que la probabilité qu'un particulier utilisant Internet depuis au moins deux ans fasse un achat en ligne en 2007 était une fois et demie (1,57) supérieure à un particulier ayant moins d'expérience (graphique 6).

5   Résumé

Malgré la croissance phénoménale des ventes en ligne de 2001 à 2007, le magasinage par Internet continue de viser certaines catégories de produit et relativement peu de Canadiens s'y adonnent. Toutefois, à mesure que l'offre s'étendra à d'autres produits, Internet continuera de présenter des avantages particuliers à titre de méthode de commerce, surtout dans le cas des marchés à créneaux, comme les aliments spécialisés, les voitures rares, les antiquités, les livres, les instructions et les lieux de villégiature (Rowland, 2006). De tels marchés peuvent être importants et couvrir une grande zone géographique.

En 2007, les consommateurs en ligne du groupe supérieur (tranche de 25 %) constituaient seulement 8 % des Canadiens, mais ils avaient fait presque la moitié des achats, qui représentaient les trois quarts de la valeur totale des ventes. Aux É.-U., les recherches indiquent que les ventes au détail en ligne commencent à atteindre la maturité et que la croissance devrait en majeure partie reposer sur les dépenses accrues des consommateurs actuels (JupiterResearch, 2007). Les résultats énoncés dans le présent document mettent en lumière trois facteurs qui laissent croire que les nouveaux consommateurs en ligne contribueront également de manière importante à la croissance des ventes du commerce électronique.

Premièrement, l'expérience en ligne a une incidence positive sur la propension à l'achat en ligne. En 2007, 54 % des utilisateurs d'Internet déclaraient avoir cinq années ou plus d'expérience en ligne, soit une hausse par rapport aux 45 % en 2005. Dans le cadre de l'ECUI de 2009, le nombre moyen d'années en ligne devrait augmenter chez les Canadiens, de même que la portée de l'utilisation et la probabilité d'avoir fait une commande en ligne. Les activités bancaires et le lèche-vitrine en ligne sont probablement des activités préalables ou précurseurs à l'achat en ligne. En 2007, un peu moins de la moitié (43 %) des Canadiens utilisait Internet pour faire du lèche-vitrine, accomplir des activités bancaires et payer des factures, comparativement à 37 % en 2005.

Deuxièmement, le poids démographique est un facteur sous-jacent. Les différences observées dans les comportements en ligne ne résultent pas d'un effet de l'âge, mais plutôt d'un effet de la cohorte. Presque tous les Canadiens de 16 et 17 ans (97 %) ont exercé des activités en ligne au cours de 2007, mais ils ont fait moins de 2 % des commandes en ligne 14 . Cependant, ils font partie de la première génération qui a grandi avec Internet et ils commenceront à tirer un revenu au cours des prochaines années. Ces jeunes utilisateurs continueront sans aucun doute à étendre leur utilisation d'Internet, en particulier avec l'intégration du commerce électronique dans les sites de réseautage social et des mondes virtuels.

Troisièmement, la technologie est un autre facteur. Internet devient plus mobile et permet la connexion à partir de diverses plateformes, ce qui rend les achats en ligne plus pratiques, surtout dans le cas des services livrés par voie numérique. Un tel caractère pratique, combiné à l'accroissement de la fonctionnalité des sites Web et à la disponibilité des produits, devrait inciter de nombreux autres Canadiens à faire des achats en ligne, à mesure qu'ils acquièrent une plus grande expérience d'Internet. Bien que les répercussions à court terme du ralentissement économique sur le commerce électronique soient moins certaines 15 , les données de l'ECUI de 2009 permettront une meilleure évaluation de ces tendances et modèles.

6   Références

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