L'Enquête sur les enfants autochtones, 2006: la famille, la collectivité et la garde des enfants

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Faits saillants
Introduction
Contexte

Faits saillants

Selon le Recensement de 2006, les enfants autochtones représentent une proportion croissante de tous les enfants, tout spécialement dans les territoires et les provinces de la Saskatchewan et du Manitoba.

  • Par exemple, bien que les Autochtones aient constitué 10 % de la population vivant hors réserve en Saskatchewan en 2006, les enfants autochtones représentaient, quant à eux, 20 % de tous les enfants de moins de six ans.

Selon le Recensement de 2006, il y avait environ 7 000 enfants inuits, 35 000 enfants métis et 47 000 enfants des Premières nations1 vivant hors réserve âgés de moins de six ans à la grandeur du Canada2.

Comparativement aux enfants non autochtones, un pourcentage plus élevé de jeunes enfants autochtones grandissent dans de grandes familles et ont de jeunes parents.

  • Environ 28 % des enfants inuits, 17 % des enfants des Premières nations vivant hors réserve et 11 % des enfants métis vivaient dans une famille qui comptait au moins 4 enfants, comparativement à 8 % des enfants non autochtones au Canada.
  • Les enfants autochtones sont plus susceptibles d'être élevés par des parents plus jeunes que les enfants non autochtones. Parmi les enfants de moins de six ans, 26 % des enfants inuits, 27 % des enfants des Premières nations vivant hors réserve et 22 % des enfants métis avaient des mères âgées de 15 à 24 ans comparativement à 8 % des enfants non autochtones.

De nombreuses personnes, y compris les membres de la collectivité et de la famille étendue, contribuent à l'éducation des jeunes enfants autochtones.

  • En 2006, parmi les enfants de moins de six ans, 67 % des enfants des Premières nations vivant hors réserve, 69 % des enfants métis et 71 % des enfants inuits étaient pris en charge par leurs grands-parents au moins une fois par semaine. En outre, 26 % des enfants des Premières nations, 24 % des enfants métis et 35 % des enfants inuits étaient pris en charge par les aînés au moins une fois par semaine.

À l'inverse des enfants non autochtones, une plus grande proportion de jeunes enfants autochtones vivaient dans une famille économique à faible revenu.

  • Plus de la moitié (57 %) des enfants des Premières nations vivant dans une région métropolitaine de recensement (RMR)3 habitaient dans une famille économique à faible revenu, tout comme 45 % des enfants inuits et 42 % des enfants métis. Par contre, seulement 21 % des enfants non autochtones vivant dans une RMR, habitaient dans une famille économique à faible revenu.

Les parents ou les tuteurs des enfants autochtones ont indiqué des niveaux d'insatisfaction plus élevés par rapport à leur logement en comparison avec d'autres aspects de leur vie quotidienne.

  • Les parents ou les tuteurs de 29 % des enfants inuits, 21 % des enfants métis et 28 % des enfants des Premières nations vivant hors réserve se sont déclarés « insatisfaits » ou « très insatisfaits » de leurs finances.
  • Les parents ou les tuteurs de 30 % des enfants inuits, 10 % des enfants métis et 16 % des enfants des Premières nations vivant hors réserve ont déclaré être « insatisfaits » ou « très insatisfaits » de leur logement.
  • Les enfants inuits étaient six fois plus susceptibles que les enfants non autochtones de vivre dans un logement surpeuplé (43 % par rapport à 7 %). En outre, un pourcentage plus élevé d'enfants inuits vivaient dans un logement nécessitant des réparations importantes (29 %), comparativement à 8 % des enfants non autochtones.
  • Parmi les enfants des Premières nations vivant hors réserve, 18 % habitaient dans un logement nécessitant des réparations importantes, tout comme 15 % des enfants métis.

Les parents ou les tuteurs ont déclaré des taux de satisfaction relativement élevés à l'égard de leurs réseaux de soutien de la famille, d'amis et d'autres personnes.

  • Les parents ou les tuteurs de 90 % des enfants des Premières nations, de 93 % des enfants métis et de 89 % des enfants inuits se sont déclarés « très satisfaits » ou « satisfaits » du soutien social offert par des membres de la famille, des amis et d'autres personnes.
  • Contrairement au taux de satisfaction à l'égard des finances et du logement, où on constate de grands écarts entre les enfants vivant dans une famille à faible revenu et ceux vivant dans une famille plus aisée, l'écart est faible sinon inexistant pour les niveaux de satisfaction à l'égard des réseaux de soutien (soutien des membres de la famille, d'amis et d'autres personnes) entre les enfants vivant dans une famille à faible revenu et ceux vivant dans une famille plus aisée (pour les enfants des Premières nations vivant hors réserve et les enfants métis).

Bien que les parents ou les tuteurs des enfants métis et des Premières nations soient en général satisfaits de leur collectivité pour de nombreux aspects, y compris celui de pouvoir y élever des enfants, ils étaient moins satisfaits de l'accès aux activités et aux services favorisant les valeurs et coutumes traditionnelles et culturelles.

  • Au moins la moitié des enfants métis et des Premières nations vivant hors réserve habitaient dans des collectivités qualifiées par leurs parents ou les tuteurs de lieux « excellents » ou « très bien » ayant de bonnes écoles et suffisamment d'installations pour les enfants. à titre de comparaison, environ un enfant sur six vivaient dans des collectivités jugées « excellentes » ou « très bien » en tant qu'endroits offrant des activités culturelles autochtones.
  • Environ 45 % des enfants des Premières nations vivant hors réserve et 31 % des enfants métis connaissaient une personne qui les aidait à comprendre leur culture autochtone.
  • En 2006, 24 % des enfants des Premières nations et 14 % des enfants métis qui se faisaient garder étaient placées dans un service de garde favorisant les coutumes et les valeurs traditionnelles et culturelles.

Les enfants inuits semblent avoir davantage accès aux activités culturelles que leurs homologues métis et des Premières nations.

  • Les parents ou les tuteurs des enfants inuits de l'Inuit Nunaat4 étaient plus susceptibles de dire que leur collectivité s'avérait un lieu « excellent » ou « très bien » pour offrir des activités culturelles (31 %), comparativement aux enfants des Premières nations vivant hors réserve (17 %) et aux enfants métis (16 %).
  • Le service de garde de 56 % des enfants inuits favorisait les coutumes et les valeurs traditionnelles et culturelles, ce qui représente un taux bien plus élevé que celui des enfants des Premières nations vivant hors réserve (24 %) et celui des enfants métis (14 %). Dans l'Inuit Nunaat, le service de garde de 70 % des enfants faisait la promotion des coutumes et valeurs traditionnelles et culturelles.
  • Une grande proportion d'enfants inuits (56 %), surtout dans l'Inuit Nunaat (63 %), avaient pris part à des activités traditionnelles telles que des danses du tambour et des rassemblements, comparativement à 46 % des enfants des Premières nations vivant hors réserve et 28 % des enfants métis.

Introduction

Peut-être qu'avant tout, les enfants sont considérés dans diverses traditions autochtones comme des dons du Créateur; le but de la vie est d'en prendre soin. Les soins et l'éducation ne sont pas limités par les écoles, par des fragmentations du corps, de l'esprit et de l'âme ou par des étapes de la vie. Avant la naissance et jusqu'après la mort, les enfants demeurent un legs sacré prêté aux parents par le Créateur [TRADUCTION LIBRE] (Stairs et al., 2002 : 323).

Un nombre croissant d'ouvrages de recherche révèlent que les expériences des enfants pendant les cinq premières années de leur vie auront une incidence durable sur leur réussite ultérieure à l'école, au travail et dans de nombreux autres aspects d'une vie saine et satisfaisante […] Certains diront que les meilleurs investissements dans le domaine de l'apprentissage sont ceux qui touchent l'apprentissage et le développement des jeunes enfants, et ils n'auront pas tort puisqu'il est vrai que les premières années de vie sont marquantes à tous les égards (Conseil canadien sur l'apprentissage, 2007).

Les enfants autochtones constituent une proportion croissante de tous les enfants du Canada et on prête de plus en plus attention à l'importance de la petite enfance comme point de départ des perspectives de vie (Conseil canadien sur l'apprentissage, 2007). On manque de données sur les jeunes enfants autochtones. Pour combler les lacunes, Statistique Canada et des conseillers autochtones provenant de tout le pays ont élaboré l'Enquête sur les enfants autochtones (EEA) et l'ont réalisée en collaboration avec Ressources humaines et Développement social Canada. Cette enquête présente un vaste ensemble de données sur les enfants autochtones de moins de six ans vivant en milieu urbain, rural et dans des collectivités du Nord partout au Canada. Ces données peuvent aider à mieux comprendre les conditions sociales et de vie dans lesquelles les enfants autochtones apprennent et grandissent et elles seront utiles pour prendre des décisions stratégiques éclairées touchant la vie de ces enfants.

L'enquête a été conçue avec la participation directe, entre autres, de parents, de travailleurs de première ligne, d'éducateurs de la petite enfance, de chercheurs, de diverses organisations autochtones. Un groupe consultatif technique (GCT), composé de spécialistes du développement de la petite enfance chez les Autochtones et représentant divers milieux autochtones, a été créé pour donner des conseils sur l'élaboration et la mise en œuvre de l'enquête. À partir des recommandations du GCT, l'EEA a été conçue de manière holistique, pour recueillir de l'information sur une vaste gamme de sujets, notamment la santé, le sommeil, l'alimentation, le développement, les soins, la garde, l'école, la langue, le comportement et les activités de l'enfant. Étant donné que l'environnement des enfants joue un rôle important dans leur développement et leur bien-être, certaines données ont été recueillies sur leurs parents ou tuteurs, ainsi que sur leur quartier ou leur collectivité.

Contexte

Selon le Recensement de 2006, il y avait environ 7 000 enfants inuits, 35 000 enfants métis et 47 000 enfants des Premières nations vivant hors réserve âgés de moins de six ans partout au Canada5.

Selon un rapport de Statistique Canada (2008), la population autochtone s'accroît rapidement, à un rythme qui dépasse celui du reste de la population canadienne. Les enfants autochtones constituent une proportion croissante de tous les enfants du Canada, surtout dans certaines provinces de l'Ouest et dans les territoires. Par exemple, en Saskatchewan, les Autochtones constituent 10 % de la population provinciale totale vivant hors réserve mais les enfants autochtones de moins de six ans représentent 20 % de tous les enfants de la Saskatchewan de moins de six ans (vivant hors réserve) (graphique 1).

Graphique 1 Population autochtone en pourcentage de la population totale et enfants autochtone âgé de moins de six ans en pourcentage de tous les enfants de moins de six ans, excluant les réserves, Canada, provinces et territoires, 2006. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 1
Population autochtone en pourcentage de la population totale et enfants autochtone âgé de moins de six ans en pourcentage de tous les enfants de moins de six ans, excluant les réserves, Canada, provinces et territoires, 2006

Cette brève analyse examine les thèmes de la famille, de la collectivité et de la garde des enfants. Elle doit servir de point de départ pour comprendre dans quelles circonstances les enfants autochtones vivent et grandissent. Le rapport se divise en trois parties : la première partie aborde ces thèmes pour les enfants des Premières nations vivant hors réserve; la deuxième partie porte sur les enfants métis et la troisième partie traite des enfants inuits.

À titre d'enquête postcensitaire, l'EEA a été conçue pour aider à comprendre les grandes tendances décrites par le Recensement. Voilà pourquoi les données de l'EEA et du recensement sont incluses dans le présent rapport. Des comparaisons ont été faites seulement lorsque les différences étaient significatives au niveau de 5 %.


Notes:

  1. Les enfants étaient identifiés comme « Amérindiens du Nord » mais l'expression « enfants des Premières nations » est utilisée de manière interchangeable dans le présent rapport.
  2. Les réserves et les établissements indiens des 10 provinces ont été exclus. Tous les enfants métis, inuits et des Premières nations vivant au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest ont été inclus dans la population cible de l'enquête. Au total, dans le Recensement de 2006, on a dénombré 131 000 enfants autochtones âgés de moins de six ans, dont environ 40 000 vivaient dans une réserve et 91 000, hors réserve. (Une réserve est une terre réservée et désignée pour être utilisée et occupée par une bande ou un groupe indien en tant que telles, les expressions « dans une réserve » et « hors réserve » ne s'appliquent généralement pas aux Métis et aux Inuit.) Ces 91 000 enfants comprenaient 47 000 enfants des Premières nations vivant hors réserve, 35 000 enfants métis, 7 000 enfants inuits et environ 2 000 enfants réputés appartenir à plus d'un groupe d'identité autochtone ou être des Indiens inscrits ou visés par un traité et / ou des membres d'une bande indienne ou d'une Première nation ne déclarant pas d'appartenance à un groupe autochtone. À des fins de convergence avec les données du recensement préalablement diffusées, ce sont les chiffres du recensement plutôt que les chiffres découlant de l'EEA qui servent à décrire le nombre d'enfants inuits, métis et des Premières nations vivant hors réserve. Veuillez consulter le « Guide des concepts et méthodes de l'EEA » pour obtenir une explication détaillée du lien entre l'EEA et le Recensement (no 89-634 au catalogue).
  3. Une région métropolitaine de recensement (RMR) est formée d'une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d'une grande région urbaine (appelée noyau urbain). Une RMR doit avoir une population d'au moins 100 000 habitants et le noyau urbain doit compter au moins 50 000 habitants.
  4. Quatre régions composent l'Inuit Nunaat, qui signifie « mère patrie inuite » en langue inuite. Ces quatre régions sont : le Nunatsiavut dans le Nord du Labrador, le Nunavik dans le Nord du Québec, le territoire du Nunavut et la région d'Inuvialuit dans les Territoires du Nord-Ouest.
  5. Au total, dans le Recensement de 2006, on a dénombré 131 000 enfants autochtones âgés de moins de six ans, dont environ 40 000 vivaient dans une réserve et 91 000, hors réserve. (Une réserve est une terre réservée et désignée pour être utilisée et occupée par une bande ou un groupe indien – en tant que telles, les expressions « dans une réserve » et « hors réserve » ne s'appliquent généralement pas aux Métis et aux Inuit.) Ces 91 000 enfants comprenaient 47 000 enfants des Premières nations vivant hors réserve, 35 000 enfants métis, 7 000 enfants inuits et environ 2 000 enfants réputés appartenir à plus d'un groupe d'identité autochtone ou être des Indiens inscrits ou visés par un traité et / ou des membres d'une bande indienne ou d'une Première nation ne déclarant pas d'appartenance à un groupe autochtone. À des fins de convergence avec les données du recensement préalablement diffusées, ce sont les chiffres du recensement plutôt que les chiffres découlant de l'EEA qui servent à décrire le nombre d'enfants inuits, métis et des Premières nations vivant hors réserve. Veuillez consulter le « Guide des concepts et méthodes de l'EEA » pour obtenir une explication détaillée du lien entre l'EEA et le Recensement (no 89-634-X au catalogue).

Pour visualiser les documents PDF, vous devez utiliser le lecteur Adobe gratuit. Pour visualiser (ouvrir) ces documents, cliquez simplement sur le lien. Pour les télécharger (sauvegarder), mettez le curseur sur le lien et cliquez le bouton droit de votre souris. Notez que si vous employez Internet Explorer ou AOL, les documents PDF ne s'ouvrent pas toujours correctement. Veuillez consulter Dépannage pour documents PDF. Il se peut que les documents PDF ne soient pas accessibles au moyen de certains appareils. Pour de plus amples renseignements, visitez le site Adobe ou contactez-nous pour obtenir de l'aide.