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    Mettre l'accent sur les Canadiens : résultats de l'Enquête sociale générale

    L'engagement communautaire et la participation politique au Canada

    L'engagement communautaire et la participation politique au Canada

    par Martin Turcotte

    [Faits saillants] [Article intégral en PDF]

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    Début du texte

    Le niveau de participation politique ou d’engagement communautaire est parfois utilisé pour évaluer l’état de santé d’une démocratie. Selon certains politologues, plus le nombre de citoyens qui participent est élevé et plus ceux-ci proviennent d’horizons variés, plus le principe d’égalité, qui est essentiel en démocratie, a des chances d’être respecté (Verba, 1996).

    Au Canada, la liberté d’association, de parole et de participation politique est garantie par la loi. En effet, la Charte canadienne des droits et libertés reconnaît explicitement quatre libertés fondamentales : a) la liberté de conscience et de religion; b) la liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse et les autres moyens de communication; c) la liberté de réunion pacifique; d) la liberté d’association. De plus, l’article 3 de la Charte reconnaît que « Tout citoyen canadien a le droit de vote et est éligible aux élections législatives fédérales ou provinciales ».

    Dans quelle mesure les Canadiens font-ils usage et profitent-ils de ces libertés, que ce soit en participant à des groupes de toutes sortes, en votant aux élections ou en s’exprimant sur divers enjeux politiques?

    Le présent rapport fournit, dans la première section, les plus récents résultats concernant la participation des Canadiens de 15 ans et plus à des groupes, organismes et associations. On s’intéresse notamment aux types de groupes auxquels les gens participent et à la fréquence de leur participation.

    La deuxième section porte sur la prévalence des diverses formes de participation politique : la participation électorale, le bénévolat pour un parti, le boycott ou le choix d’un produit pour des raisons éthiques et la signature d’une pétition. Les données sont tirées de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2013 sur l’identité sociale et, aux fins de comparaison dans le temps, de l’ESG de 2003 et de 2008.

    Section 1 : Engagement communautaire

    Le pourcentage de Canadiens qui sont membres d’un groupe, d’un organisme ou d’une association est à la hausse

    Les gens deviennent membres et participent à des groupes ou à des organismes pour diverses raisons : développer de nouvelles relations, se rendre utiles ou contribuer au progrès social, pratiquer un sport ou une activité artistique. Parfois, comme dans le cas des syndicats, des personnes peuvent devenir membres d’un groupe sans nécessairement avoir fait des démarches en ce sens. Peu importe la raison, l’engagement communautaire est perçu comme positif, à la fois pour les participants et pour la collectivité (Curtis, Baer et Grabb, 2001; Claibourn et Martin, 2007).

    Dans le cadre de l’ESG, des renseignements ont été recueillis sur divers groupes, organismes ou associations dont les Canadiens sont membres. Ceux-ci peuvent être des groupes formellement organisés ou informels, c’est-à-dire un groupe de personnes qui se rencontrent régulièrement pour faire une activité ou discuter de différents sujets.

    En 2013, près de deux Canadiens sur trois étaient membres ou participants d’un groupe, d’un organisme ou d’une association (65 %). Cette proportion était la même que celle enregistrée en 2008, mais légèrement à la hausse par rapport à 2003 (61 %) (tableau 1).

    De 2003 à 2013, la progression du taux de participation à des groupes a été deux fois plus importante chez les femmes (en hausse de 6 points de pourcentage) que chez les hommes (une augmentation de 3 points de pourcentage). Par conséquent, les femmes étaient tout aussi susceptibles que les hommes d’être membres d’un groupe en 2013, alors qu’elles l’étaient moins en 2003 (tableau 1).

    En ce qui a trait aux différents groupes d’âge, l’augmentation de l’engagement communautaire était surtout marquée chez les Canadiens âgés. En effet, la proportion d’aînés de 75 ans et plus qui étaient membres ou participants a connu une hausse de 14 points de pourcentage entre 2003 et 2013, passant de 45 % à 59 %. Cette croissance est possiblement attribuable, au moins en partie, à l’amélioration de l’état de santé des aînés plus âgésNote 1.

    Les organismes sportifs et récréatifs sont les plus populaires auprès des Canadiens

    En 2013, les trois types de groupes au sein desquels les Canadiens étaient les plus susceptibles de participer étaient les organismes sportifs ou récréatifs (31 %), les syndicats ou les associations professionnelles (28 %) ainsi que les organismes culturels, éducatifs et de loisirs (20 %) (graphique 1). En comparaison, seulement 4 % des personnes de 15 ans et plus étaient membres d’un organisme politique et 3 %, d’un club ou d’une association d’immigrants ou ethniqueNote 2.

    Graphique 1 Personnes qui sont membres ou participants d'un groupe, d'un organisme ou d'une association, selon le type de groupe ou d'organisme, 2013

    Description du graphique 1

    Tous les types de groupes n’ont pas connu une progression équivalente de leur popularité au cours de la période (tableaux 1, 2 et 3). Parmi ceux ayant affiché une légère hausse de la participation, notons les syndicats ou les associations professionnelles (de 25 % à 28 %), les organismes sportifs ou récréatifs (de 29 % à 31 %) ainsi que les organismes culturels, éducatifs ou de loisirs (de 18 % à 20 %).

    Dans ces trois cas, l’augmentation du taux d’engagement des femmes était à l’origine de la croissance. Par exemple, la proportion d’hommes qui étaient membres d’un syndicat ou d’une association professionnelle est demeurée inchangée de 2003 à 2013. Chez les femmes, celle-ci est passée de 22 % à 27 % au cours de la période.

    Des diminutions des taux de participation ont toutefois été enregistrées dans le cas des groupes d’appartenance religieuse (17 % à 14 %)Note 3 et des clubs sociaux (8 % à 6 %) (tableau 3).

    Dans le cas des clubs sociaux, la baisse était particulièrement marquée chez les hommes âgés de 65 ans et plus : 15 % d’entre eux étaient membres en 2013, comparativement à 21 % en 2003.

    Étapes du parcours de vie et engagement communautaire

    La popularité des divers types de groupes varie selon l’âge, témoignant des différentes étapes du parcours de vie, mais aussi possiblement de différences générationnelles.

    À la fois en 2013 et auparavant, les jeunes (ceux de 15 à 24 ans) étaient particulièrement attirés par les organismes sportifs et les groupes scolaires ou communautaires.

    Témoignant de leur participation au marché du travail, les adultes de 25 à 64 ans étaient les plus susceptibles d’appartenir à un syndicat ou à une association professionnelle — atteignant un sommet chez les 35 à 44 ans (37 %) en 2013.

    Pour leur part, les aînés étaient proportionnellement les plus nombreux à faire partie de groupes d’appartenance religieuse ou de clubs sociaux (p. ex. le Club Kiwanis, les Chevaliers de Colomb ou la Légion). En 2013 notamment, le taux de participation des aînés de 75 ans et plus (11 %) aux clubs sociaux était presque trois fois plus élevé que celui des personnes de 25 à 34 ans (4 %) (tableau 3).

    Au-delà de ces écarts observés entre les plus jeunes et les plus vieux, des changements de préférences parmi les différents groupes d’âge ont aussi été constatés au cours de la période. En outre, les organismes culturels, éducatifs ou de loisirs (comme une troupe de théâtre, un cercle de lecture ou un club de bridge), déjà populaires chez les jeunes de 15 à 24, ont gagné encore plus en popularité; le taux de participation des jeunes est en effet passé de 19 % en 2003 à 26 % en 2013. Il est possible que cette hausse soit associée à l’augmentation de la popularité de communautés virtuelles de joueurs en ligne chez les jeunes.

    Les adultes de 25 à 64 ans avaient moins tendance à s’impliquer au sein d’organismes d’appartenance religieuse. Le déclin de l’appartenance à des groupes religieux était surtout observable chez les 55 à 64 ans (c’est-à-dire, en 2013, les personnes appartenant à la génération du baby-boom). Dans ce groupe d’âge, la proportion de personnes membres d’un organisme d’appartenance religieuse est passée de 20 % en 2003 à 15 % en 2013.

    Chez les aînés, en particulier ceux de 75 ans et plus, la participation à des organismes sportifs ou récréatifs, ainsi qu’à des organismes culturels, éducatifs ou de loisir, a augmenté de façon plus importante. Ces tendances reflètent possiblement une propension plus grande à une retraite active, rendue possible grâce à un état de santé plus favorableNote 4.

    Ces changements dans les choix de groupes et d’organismes auxquels les diverses cohortes de Canadiens décident de participer, de même que le vieillissement de la population, ont une incidence sur le profil démographique des membres de ces groupes.

    En 2003 notamment, les aînés de 65 ans et plus représentaient 20 % des membres de groupes d’appartenances religieuses, une proportion qui a augmenté à 25 % en 2013.

    De plus, la part des membres des organismes politiques qui étaient âgés de 65 ans et plus est passée de 18 % en 2003 à 29 % en 2013. Ce profil d’âge des participants peut influer sur les types d’activités de ces groupes, et même possiblement sur les différents sujets dont les membres discutent.

    On observe des différences régionales en ce qui a trait à l’engagement communautaire

    Le niveau d’engagement communautaire variait sensiblement selon la province. En 2013, 58 % des Québécois étaient membres ou participants d’un groupe ou d’un organisme, par rapport à 66 % des Ontariens et à 73 % des Britanno-Colombiens.

    Ces variations régionales dans le taux de participation à des groupes peuvent aider à mieux comprendre celles qui existent aussi en ce qui a trait au taux de bénévolat. En effet, et même si la relation n’est pas parfaite, il existait une certaine association entre le pourcentage de personnes qui étaient membres d’un groupe, d’un organisme ou d’une association et le taux de bénévolat enregistré dans cette province (graphique 2). Ainsi, bien que cela ne soit pas le seul facteur, il est possible que les résidents de certaines provinces soient moins susceptibles de faire du bénévolat simplement, parce qu’ils sont moins enclins à être membres ou participants d’un groupe ou d’un organisme.

    Graphique 2 Taux d'engagement communautaire et taux de bénévolat, selon la province, 2013

    Description du graphique 2

    L’engagement communautaire est plus important chez les personnes plus scolarisées

    Même si la participation à des groupes et à des organismes est en principe gratuite et ouverte à tous, il existe tout de même des écarts de participation entre les personnes appartenant aux différents groupes socioéconomiques.

    Selon l’ESG de 2013, les personnes qui avaient un plus haut niveau de scolarité étaient nettement plus susceptibles de s’engager civiquement. En 2013, 78 % des titulaires d’un diplôme universitaire âgés de 25 à 64 ans étaient membres ou participants d’un groupe, par rapport à 56 % de leurs homologues ayant un diplôme d’études secondaires et 41 % de ceux qui ne possédaient pas de diplôme d’études secondaires.

    Chez les personnes de 25 à 64 ans, le revenu personnel était aussi lié de façon positive à la participation à des groupes; 81 % des répondants ayant un revenu personnel de 80 000 $ et plus par année étaient membres ou participants d’un groupe, par rapport à 56 % de ceux dont le revenu personnel était inférieur à 40 000 $ par année (tableau 4).

    Le fait que les personnes plus fortement scolarisées aient un revenu plus élevé n’expliquait cependant pas à lui seul l’association entre le revenu personnel et l’engagement communautaire (graphique 3). En effet, pour chaque catégorie de revenu personnel, la probabilité d’être membre ou participant d’un groupe augmentait en fonction du plus haut niveau de scolarité. Cependant, à niveau de scolarité équivalent, le taux de participation augmentait aussi en fonction du revenu personnel.

    Par exemple, chez les diplômés universitaires de 25 à 64 ans, le taux de participation passait de 69 % chez ceux dont le revenu personnel était de moins de 40 000 $ à 86 % chez ceux touchant un revenu de 80 000$ et plusNote 5 (graphique 3).

    Graphique 3 Personnes de 25 à 64 ans qui sont membres ou participants d'un groupe, d'un organisme ou d'une association, selon le niveau de scolarité et le revenu personnel, 2013

    Description du graphique 3

    Les personnes ayant un revenu plus élevé sont plus susceptibles d’être membres d’un organisme politique

    L’incidence du niveau de scolarité sur l’engagement communautaire variait selon les types d’organismes. Reflétant le type d’emplois qu’elles occupent, les personnes détenant un diplôme universitaire (49 %) étaient quatre fois plus susceptibles d’être membres d’un syndicat ou d’une association professionnelle que celles n’ayant pas un diplôme d’études secondaires (12 %).

    Le revenu personnel jouait aussi un rôle. Alors que 7 % des personnes de 25 à 64 ans dont le revenu personnel était de 80 000 $ et plus étaient membres ou participants d’un organisme politique, cela était le cas de 3 % de celles touchant un revenu personnel de moins de 40 000 $ (tableau 4). Sous un autre angle, 34 % des membres d’un organisme politique touchaient un revenu personnel de 80 000 $ et plus, par rapport à 20 % de ceux ne faisant pas partie d’un tel groupeNote 6.

    La participation à un organisme sportif ou récréatif, qui peut comporter des coûts financiers, était aussi fortement associée au statut socioéconomique. Parmi les personnes de 25 à 64 ans, celles dont le revenu personnel était de 80 000 $ et plus étaient environ deux fois plus susceptibles d’être membres d’un organisme sportif ou récréatif (46 %) que celles touchant un revenu inférieur à 40 000 $ (22 %).

    Toutefois, ces caractéristiques socioéconomiques étaient moins fortement associées à la participation à un groupe d’appartenance religieuse ou à un club social.

    L’engagement communautaire est plus faible chez les immigrants récents

    Les immigrants ont moins tendance que les Canadiens de naissance à effectuer du bénévolat pour le compte d’un groupe ou d’un organisme (Thomas, 2012). Ils sont aussi moins susceptibles d’être membres d’un groupe, d’un organisme ou d’une association. En effet en 2013, parmi les personnes de 25 à 64 ans, 59 % des immigrants récents étaient membres ou participants d’un groupe, comparativement à 63 % des immigrants de longue date et à 67 % des non immigrantsNote 7 (tableau 4).

    Les écarts entre les immigrants et les non immigrants étaient particulièrement marqués en ce qui a trait la participation à des organismes sportifs et récréatifs (19 % des immigrants récents participaient à de tels organismes, par rapport à 33 % des non immigrants).

    Alors que 36 % des non immigrants étaient membres d’un syndicat ou d’une association professionnelle, cela était le cas de 30 % des immigrants de longue date et de 28 % des immigrants récents. Parmi les titulaires d’un diplôme d’études universitaires, ces écarts étaient encore plus importants : 55 % des non immigrants étaient membres d’un syndicat ou d’une association professionnelle, comparativement à 41 % des immigrants de longue date et à 32 % des immigrants récents. Ces différences peuvent refléter les difficultés des immigrants universitaires sur le marché du travail, par exemple le fait qu’ils soient moins susceptibles d’occuper des emplois professionnels (Uppal et Larochelle-Côté, 2014).

    Les écarts de participation entre les immigrants et les non immigrants étaient cependant différents en ce qui a trait aux groupes d’appartenance religieuse : environ 1 immigrant sur 5 était membre de ce type de groupe, par rapport à 1 non immigrant sur 10. Les immigrants sont aussi plus susceptibles que les non immigrants de faire du bénévolat et des dons à des organismes religieux (Thomas, 2012).

    Ces différences s’expliquent possiblement entre autres par l’importance plus grande qu’accordent les immigrants à la religion dans leur vie. En 2013 notamment, 77 % des immigrants ont déclaré que leurs convictions religieuses ou spirituelles jouaient un rôle très important dans leur façon de vivre, par rapport à 62 % des non immigrants. De plus, 26 % des immigrants participaient à des activités religieuses ou assistaient à des réunions ou à des services religieux de façon hebdomadaire, comparativement à 14 % des non immigrants.

    Groupes et organismes au sein desquels les Canadiens s’impliquent le plus

    Les participants peuvent être membres de plusieurs groupes, mais consacrer la grande majorité de leur temps et de leurs énergies à l’un d’entre eux. Dans le cadre de l’ESG de 2013, on a demandé aux répondants d’indiquer l’organisme au sein duquel ils avaient été les plus impliqués au cours de l’année — soit leur organisme principal.

    De façon peu étonnante, les aînés et les plus jeunes n’avaient pas tendance à déclarer les mêmes types d’organismes. Alors que les aînés de 65 ans et plus étaient plus enclins à s’impliquer principalement au sein de groupes d’appartenance religieuse (20 %) ou de groupes pour les personnes âgées (19 %), les personnes de 64 ans ou moins étaient principalement impliquées dans des organismes sportifs et récréatifs (33 %) (tableau 5).

    En moyenne, les personnes étaient membres de leur organisme principal depuis 10 ans. La fidélité au groupe était généralement plus élevée chez les membres des clubs sociaux et des groupes d’appartenance religieuse (18 ans de participation en moyenne). Le fait que les membres de ce type de groupe soient plus âgés explique en partie ce résultat.

    À l’opposé, les membres impliqués pour la durée la plus courte étaient ceux dont l’organisme principal était un groupe scolaire, une association de quartier, une association de citoyens ou un groupe communautaire (6 ans de participation). La participation à des groupes scolaires est généralement temporaire et se termine avec la fin du parcours scolaire. Les associations de citoyens ou les associations de quartier peuvent, quant à elles, se former et se dissoudre selon qu’une cause particulière touchant le voisinage se présente, par exemple le fait de vouloir contester la construction d’un nouvel édifice.

    Fréquence de la participation à des activités de groupes

    Être membre d’un groupe donné, même si cela est le cas depuis de nombreuses années, ne signifie pas nécessairement y participer de façon très active. De ce fait, les avantages associés à l’engagement communautaire ne sont sans doute pas de la même nature et de la même ampleur pour tous, selon la fréquence de la participation.

    En 2013, 73 % des participants avaient pris part au moins une fois par mois aux activités des divers groupes dont ils faisaient partie. Cette fréquence de la participation variait selon l’organisme principal des participants, c’est-à-dire selon le groupe au sein duquel ils avaient été les plus impliqués au cours de l’année.

    Les personnes dont l’organisme principal était un syndicat ou une association professionnelle étaient les moins susceptibles de participer à des activités de groupes au moins une fois par mois (38 %). En comparaison, cela était le cas de 87 % des personnes dont l’organisme principal était un groupe d’appartenance religieuse et de 84 % de celles pour qui cela était un organisme sportif ou récréatif.

    Les écarts entre les types de groupes étaient encore plus prononcés en ce qui concerne la participation hebdomadaire (graphique 4). Par exemple, 54 % des membres d’un organisme sportif ont indiqué prendre part à des activités de groupes ou à des rencontres chaque semaine, par rapport à 10 % des membres ou des participants d’un syndicat ou d’une association professionnelle.

    Graphique 4 Participation hebdomadaires à des activités de groupes ou à des rencontres, selon le type de groupe ou d'organisme au sein duquel les participants sont les plus impliqués, 2013

    Description du graphique 4

    La plupart des membres ou des participants ont conservé un niveau d’engagement similaire à ce qu’il était cinq ans auparavant

    Dans le cadre de l’ESG, on a aussi demandé aux répondants si, au cours des cinq dernières années, leur niveau d’engagement avait augmenté ou diminué ou s’il était demeuré le même. À cette question, la majorité des personnes ont déclaré avoir conservé le même niveau d’engagement (59 % en 2013). La proportion de répondants dont le niveau d’engagement avait diminué et celle de personnes dont le niveau avait augmenté au cours des cinq dernières années étaient les mêmes (21 %). De plus, ces proportions se sont maintenues à des niveaux similaires entre 2003 et 2013.

    Les différentes étapes du parcours de vie sont associées à des emplois du temps différents, ce qui peut avoir une incidence sur les modalités et les formes de l’engagement communautaire. De manière générale, la tendance à intensifier son niveau d’engagement diminuait selon le groupe d’âge (graphique 5). Plus particulièrement, 31 % des jeunes Canadiens (de 15 à 24 ans) avaient vu leur niveau d’engagement augmenter auprès d’organismes au cours des cinq dernières années, par rapport à 6 % des aînés de 75 ans et plus.

    Graphique 5 Évolution du niveau d'engagement auprès des groupes et des organismes par rapport à ce qu'il était cinq ans auparavant, selon le groupe d'âge, 2013

    Description du graphique 5

    Bon nombre de personnes âgées maintenaient leur implication, puisque près de 2 aînés sur 3 avaient conservé le même niveau d’engagement par rapport à ce qu’il était cinq ans auparavant (64 % chez les 65 à 74 ans et 63 % chez les personnes âgées de 75 ans et plus).

    Utilisation d’Internet dans le cadre de l’engagement communautaire

    Les façons de s’impliquer au sein des groupes ont changé considérablement au cours de la dernière décennie. Entre autres, une proportion grandissante de membres (44 %) avaient été actifs en utilisant Internet en 2013, par rapport à 23 % en 2003.

    Les participants qui étaient les plus susceptibles d’utiliser Internet dans le cadre de leurs activités étaient ceux dont l’organisme principal était un organisme politique (53 %) ou un organisme culturel, éducatif ou de loisirs (53 %).

    À l’opposé, ceux dont l’organisme principal était un groupe d’appartenance religieuse (35 %) ou un groupe de personnes âgées (15 %) étaient moins sujets à l’utiliser. Ces plus faibles proportions reflètent la présence plus importante des aînés au sein de ces types de groupes. En effet, les aînés de 65 ans et plus étaient presque deux fois moins susceptibles que les personnes de 15 à 64 ans de s’être impliqués en utilisant Internet en 2013 (26 % et 47 % respectivement).

    Les participants utilisaient Internet de différentes façons dans le cadre de leur engagement. Les types d’utilisation les plus fréquents, en 2013, étaient la rédaction de courriels, de blogues ou de forums ou l’implication dans des réseaux sociaux (59 %), le partage des connaissances et d’information (58 %) ainsi que l’organisation et la planification d’activités (53 %).

    Bénévolat au sein de l’organisme principal

    Le fait d’être membre ou participant d’un groupe implique souvent des activités bénévoles pour le compte de celui-ci. En 2013, plus de la moitié des membres ou des participants d’un groupe (57 %) ont mentionné que leur implication au sein de l’organisme pour lequel ils étaient les plus actifs était principalement de faire du bénévolat.

    La mission des groupes et les objectifs des personnes qui décident d’y prendre part peuvent varier grandement. Aussi, le niveau d’engagement bénévole des participants diffère de façon marquée selon le type d’organisme. En 2013, ce sont les personnes principalement impliquées au sein de groupes scolaires, d’associations de quartiers, d’associations de citoyens ou de groupes communautaires qui étaient les plus susceptibles d’avoir déclaré que leur implication était surtout de faire du bénévolat (86 %) (graphique 6).

    Graphique 6 Personnes dont l'implication au sein de l'organisme principal est surtout de faire du bénévolat, 2013

    Description du graphique 6

    Les deux types de groupes les plus populaires auprès des Canadiens, soit les syndicats ou les associations professionnelles ainsi que les organismes sportifs ou récréatifs, étaient aussi les deux pour lesquels on a enregistré les plus faibles proportions de membres ayant déclaré que leur implication était surtout de faire du bénévolat (graphique 6).

    Engagement communautaire et réseaux sociauxNote 8

    Les liens qui existent entre la taille du réseau social et le type de réseau des répondants et leur participation à des groupes et à des organismes sont complexes. En effet, les personnes qui ont de nombreux amis ou connaissances sont plus susceptibles d’être invitées à faire partie d’un nouveau groupe que celles qui ont moins de relations. Cependant, le fait même de participer à des activités de groupes peut favoriser le développement de réseaux sociaux plus étendus.

    Selon les résultats de l’ESG, la proportion de répondants ayant déclaré avoir plus de 10 amis ou connaissances était de 71 % chez ceux qui prenaient part à des activités de groupes ou à des rencontres au moins une fois par mois, par rapport à 59 % de ceux ayant participé moins souvent et à 45 % de ceux qui n’y participaient jamais.

    De plus, 57 % des personnes qui participaient mensuellement à des activités de groupes avaient rencontré, au cours du dernier mois, au moins une nouvelle personne avec laquelle elles entendaient rester en contact. En comparaison, cela était le cas de 43 % des répondants qui participaient moins fréquemment à des activités de groupes et de 36 % de ceux qui n’y prenaient jamais part.

    Section 2 : La participation politique des Canadiens

    Participation politique : qui vote?

    Dans les démocraties libérales comme le Canada, l’un des droits fondamentaux accordés à tous les citoyens est celui de choisir, dans le cadre d’élections justes et équitables, leurs représentants.

    Le geste politique qui demeure le plus répandu au sein de la population demeure, et de loin, le vote. Au cours des 50 dernières années cependant, la tendance générale a été celle d’un déclin de la participation électorale, malgré certains soubresauts au fil des ans (graphique 7). Plus précisément, le taux de participation est passé de 79 % aux élections fédérales de 1963 à 61 % lors des plus récentes élections en 2011. Le creux historique de 58,5 % a quant à lui été enregistré en 2008.

    Graphique 7 Taux officiels de participation aux élections fédérales, 1963 à 2011

    Description du graphique 7

    Il est reconnu que les taux de participation aux élections, tels que mesurés dans des enquêtes, ont tendance à être surévalués par rapport aux taux officiels (Uppal et LaRochelle-Côté, 2012). Cela était aussi le cas dans l’ESG de 2013 : parmi les personnes ayant le droit de vote lors des dernières élections fédérales, 81 % ont déclaré avoir voté. Malgré cette surestimation du taux de participation, les facteurs associés au vote étaient similaires à ceux observés dans d’autres études.

    En effet, parmi les personnes de 25 ans et plus en droit de voter, les taux de participation les moins élevés ont été enregistrés chez les 25 à 34 ans, celles qui étaient moins scolarisées, les immigrants récents, les parents ayant de jeunes enfants de moins de cinq ans et les AutochtonesNote 9.

    À l’opposé, les personnes les plus susceptibles d’avoir voté étaient les aînés, les titulaires d’un diplôme universitaire, celles dont le revenu personnel était plus élevé et qui étaient propriétaires de leur logement, les gens mariés ou vivant en union libre (tableau 6).

    Du point de vue régional, la participation électorale aux élections fédérales était plus importante au Québec, à l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick. Toutefois, le taux de participation variait peu dans les autres provinces.

    Parmi les facteurs socioéconomiques et démographiques, le groupe d’âge est celui qui avait l’incidence la plus importante sur le vote. En 2013 par exemple, la proportion de jeunes adultes de 25 à 34 ans ayant déclaré avoir voté aux dernières élections fédérales était de 70 %, par rapport à 92 % des aînés de 75 ans et plus (une différence de 22 points de pourcentage).

    En comparaison, l’écart de taux de participation entre les personnes n’ayant pas obtenu un diplôme d’études secondaires (77 %) et celles possédant un diplôme universitaire (89 %) n’était que de 12 points de pourcentage.

    Il existait une interaction entre le groupe d’âge et le niveau de scolarité. Chez les Canadiens âgés de 65 à 74 ans et plus, 86 % de ceux qui avaient un niveau de scolarité inférieur au diplôme d’études secondaires ont déclaré avoir voté aux dernières élections fédérales, une proportion plus élevée que celle des personnes détenant un diplôme universitaire âgées de 25 à 34 ans (81 %). Aussi, la différence de taux de participation entre les aînés possédant un diplôme universitaire et ceux ayant moins qu’un diplôme d’études secondaires était relativement faible (soit une différence de 9 points de pourcentage chez les 65 à 74 ans).

    Chez les personnes de 25 à 34 ans toutefois, le taux de participation passait de 44 % chez celles ayant moins qu’un diplôme d’études secondaires à 81 % chez celles détenant un diplôme universitaire, ce qui représente une différence de 37 points de pourcentage (graphique 8).

    Graphique 8 Personnes ayant voté aux dernières élections fédérales, selon le groupe d'âge et le niveau de scolarité, 2013

    Description du graphique 8

    L’intérêt pour la politique : un facteur déterminant du vote

    Au-delà de ces variables bien connues et documentées, les données de l’ESG de 2013 sur l’identité sociale permettent d’explorer les liens entre le vote et divers facteurs supplémentaires, tels que l’intérêt pour la politique, la fréquence à laquelle les personnes suivent les nouvelles et l’actualité, l’engagement communautaire, la participation bénévole et le sentiment d’appartenance au Canada.

    Parmi ces différents indicateurs, l’intérêt pour la politique était celui ayant l’incidence la plus marquée. En effet, les personnes qui étaient très intéressées à la politique affichaient une probabilité d’avoir voté de 30 points de pourcentage supérieure à celle des personnes qui n’étaient pas vraiment intéressées ou pas intéressées du tout. Cet écart demeurait important, soit d’environ 20 points de pourcentage, lorsque l’on maintenait constantes, dans un modèle de régression, les autres caractéristiques individuelles (tableau 6)Note 10.

    Tout comme pour le niveau de scolarité, l’incidence de l’intérêt pour la politique était plus importante pour les jeunes que pour les personnes âgées. Chez les aînés de 75 ans et plus, l’écart de taux de participation entre ceux qui étaient très intéressés à la politique et ceux qui ne l’étaient pas vraiment ou pas du tout était de 14 points de pourcentage seulement (taux respectifs de 98 % et de 84 %). Chez les personnes de 25 à 34 ans, cet écart était de 37 points de pourcentage (graphique 9).

    Graphique 9 Personnes ayant voté aux dernières élections fédérales, selon le groupe d'âge et le niveau de scolarité, 2013

    Description du graphique 9

    Autrement dit, les Canadiens plus âgés ont tendance à voter même si la politique ne les intéresse pas vraiment ou ne les intéresse pas du tout, ce qui est moins le cas chez les jeunes adultes. Il est possible que la perception selon laquelle voter est un devoir de citoyen, qui est fortement lié à la participation électorale (Blais, 2000), soit plus répandue chez les aînés.

    Autres facteurs associés à la participation aux élections

    Les personnes qui suivaient les nouvelles et l’actualité de façon quotidienne étaient aussi plus susceptibles d’avoir voté aux élections (88 % par rapport à 63 % de celles pour qui cela était rarement ou jamais le cas, soit un écart de 25 points de pourcentage). Cependant, cette association s’expliquait principalement par les caractéristiques des personnes suivant quotidiennement l’actualité, notamment le fait que ces personnes sont généralement très intéressées à la politique.

    En effet, lorsque les caractéristiques individuelles associées au vote, dont le groupe d’âge, le niveau de scolarité et l’intérêt pour la politique, étaient prises en compte, l’incidence du fait de suivre les nouvelles régulièrement diminuait de beaucoup (soit un écart de 5 points de pourcentage par rapport aux personnes qui suivaient les nouvelles et l’actualité rarement ou jamais).

    Des conclusions similaires pouvaient être tirées quant à l’incidence des autres facteurs examinés, tels que la fréquence de la participation à des activités de groupes ou à des rencontres, la participation bénévole, la confiance généralisée et le sentiment d’appartenance au Canada.

    Ces facteurs étaient tous corrélés positivement avec la probabilité d’avoir voté aux élections fédérales; par exemple, les personnes engagées civiquement étaient plus susceptibles de voter. Cependant, lorsque toutes les autres caractéristiques individuelles étaient prises en compte, l’incidence de chacune d’entre elles diminuait de façon importante.

    Raisons pour ne pas avoir voté aux dernières élections fédérales

    Aux répondants ayant affirmé ne pas avoir voté lors des plus récentes élections fédérales, on a demandé quelle en était la raison principale. La raison la plus fréquemment mentionnée était le fait de ne pas être intéressé(e) (21 %), d’être trop occupé(e) (10 %) ou de ne pas être informé(e) sur les questions (10 %).

    Les hommes (11 %) avaient plus tendance que les femmes (8 %) à déclarer qu’ils étaient trop occupés et qu’ils avaient l’impression que le vote ne changerait pas les résultats (9 % par rapport à 5 % des femmes).

    À l’opposé, 13 % des femmes ont déclaré qu’elles n’avaient pas voté parce qu’elles n’étaient pas informées sur les questions, cette proportion s’établissant à 8 % chez les hommes.

    Par ailleurs, 14 % des jeunes de 25 à 34 ans ont déclaré que la principale raison pour laquelle ils n’avaient pas voté était qu’ils n’étaient pas informés sur les questions. En comparaison, cette proportion était de 3 % chez les personnes âgées de 55 ans et plus qui n’avaient pas voté. Une seconde raison plus fréquemment mentionnée par les jeunes de 25 à 34 ans était qu’ils étaient trop occupés (11 %, comparativement à moins de 5 % des personnes de 55 ans et plus).

    En revanche, les Canadiens âgés de 55 ans et plus n’ayant pas voté étaient plus susceptibles de dire que la maladie ou une incapacité était en cause (9%, comparativement à moins de 2 % des personnes âgées de 25 à 34 ans). Chez les personnes de 75 ans et plus n’ayant pas voté, cette proportion atteignait 20 %.

    Plus de Canadiens s’informent par rapport à la politique

    La quantité et la diversité des renseignements politiques disponibles sur Internet ont explosé au cours des 10 dernières années. Aussi, trouver rapidement de l’information sur une question politique n’a probablement jamais été aussi facile pour les citoyens.

    Dans ce contexte, il est peu étonnant de constater que la proportion de Canadiens ayant cherché de l’information sur une question politique ait augmenté de façon importante, passant de 26 % en 2003 à 39 % en 2013 (graphique 10).

    Graphique 10 Participation à des activités politiques au cours des 12 derniers mois, 2003, 2008 et 2013

    Description du graphique 10

    Cette progression a été particulièrement marquée chez les jeunes adultes de 25 à 34 ans : la moitié d’entre eux (50 %) avaient cherché de l’information sur une question politique en 2013, par rapport à 30 % une décennie plus tôt. Une hausse similaire a été enregistrée chez les 15 à 24 ans (53 % en 2013, par rapport à 36 %). Les jeunes de 15 à 24 ans et ceux de 25 à 34 ans demeuraient donc, par une bonne marge, les groupes d’âge ayant la plus forte propension à la recherche d’information sur une question politique (tableau 7). L’utilisation intensive d’Internet par les jeunes, qui rend facile ce genre de recherche, est possiblement à la source de ce résultat.

    La progression de la recherche d’information sur une question politique n’a cependant pas été accompagnée d’une hausse de la participation politique.

    En effet, le seul type d’activité pour laquelle on enregistrait une légère hausse de participation était le fait de boycotter ou de choisir un produit pour des raisons d’éthique (22 % en 2013, comparativement à 20 % en 2003).

    La tendance semblait plutôt à la baisse parmi les autres formes d’activités politiques pour lesquelles des renseignements ont été recueillis dans le cadre de l’ESG. Par exemple, en 2013, 15 % des Canadiens ont déclaré avoir assisté à une réunion publique, alors que cette proportion était de 22 % 10 années plus tôt (graphique 10). Aussi, une plus faible proportion de personnes ont exprimé leur opinion sur une question en communiquant avec un journal ou un politicien.

    Dans le cadre de l’ESG de 2013, on a aussi interrogé les répondants à propos de deux nouveaux types d’activités politiques. En 2013, 12 % des Canadiens avaient exprimé une opinion sur une question politique ou sociale sur un forum Internet ou un site Internet de nouvelles, et 11 % avaient porté un macaron ou un tee-shirt ou avaient affiché une pancarte pour appuyer ou s’opposer à une cause politique ou sociale.

    Les femmes étaient moins susceptibles que les hommes d’assister à une réunion publique

    Alors que le Canada comptait en 2013 plusieurs femmes premières ministres, celles-ci demeuraient sous-représentées chez les élus (À Voix égales, 2015). Qu’en est-il des différences entre les hommes et les femmes en ce qui a trait aux diverses activités politiques auxquelles les citoyens prennent part?

    De manière générale, les femmes exprimaient un niveau d’intérêt pour la politique légèrement moins élevé que les hommes (16 % se sont dites très intéressées à la politique, par rapport à 24 % des hommes).

    Malgré tout, les hommes et les femmes affichaient, à divers égards, une propension similaire à être actifs politiquement. En 2013 entre autres, les femmes étaient aussi susceptibles que les hommes d’avoir voté aux dernières élections fédérales, d’avoir signé une pétition ou d’avoir participé à une manifestation ou à une marche de protestation (tableau 7).

    Elles différaient cependant des hommes en ce qui a trait à leur propension moins élevée à assister à une réunion publique (13 % par rapport à 17 % des hommes). Les femmes étaient aussi moins portées à exprimer leur opinion sur une question politique ou sociale, que ce soit en communiquant avec un journal ou un politicien, ou bien encore sur Internet (forum ou site Internet de nouvelles).

    Les jeunes expriment leur opinion sur les questions politiques et sociales sur Internet

    Certains auteurs soutiennent que le faible niveau de participation des jeunes aux élections ne doit pas être interprété comme un signe d’apathie de leur part; selon ces derniers, les jeunes auraient plutôt tendance à s’investir différemment, par des activités qui leur donnent l’impression d’avoir un impact plus direct sur la société (O’Neil, 2007). Les données de l’ESG semblent donner raison à ces auteurs, du moins en partie.

    En 2013, les jeunes de 15 à 24 ans étaient environ cinq fois plus susceptibles d’avoir participé à une manifestation ou à une marche de protestation que les aînés de 65 à 74 ans. Aussi, alors que 17 % des jeunes de 15 à 24 ans avaient exprimé leur opinion sur une question politique ou sociale sur Internet, cela était le cas de 9 % des personnes de 45 ans et plus. Les jeunes étaient plus susceptibles que les aînés de signer une pétition, de porter un macaron ou un tee-shirt et d’afficher une pancarte pour appuyer ou s’opposer à une cause politique ou sociale.

    Niveau de scolarité et activités politiques autres que le vote

    Des études antérieures ont démontré qu’en plus d’avoir tendance à voter en plus grand nombre, les personnes les plus avantagées économiquement et socialement étaient beaucoup plus susceptibles d’utiliser les divers moyens disponibles en démocratie pour se faire entendre (Verba, Schlozman et Brady, 1995).

    Les données de l’ESG illustrent cette réalité pour tous les types d’activités politiques. Par exemple, alors que 9 % des personnes de 25 ans et plus qui ne possédaient pas de diplôme d’études secondaires avaient assisté à une réunion publique en 2013, cela était le cas de 21 % des titulaires d’un diplôme universitaire (graphique 11).

    Graphique 11 Participation des personnes âgées de 25 ans et plus à des activités politiques au cours des 12 derniers mois, selon le niveau de scolarité, 2013

    Description du graphique 11

    Aussi, les titulaires d’un diplôme universitaire étaient environ trois fois plus susceptibles que les personnes n’ayant pas un diplôme d’études secondaires d’avoir exprimé leur opinion sur une question en communiquant avec un journal ou un politicien (16 % et 5 % respectivement).

    Confiance envers les institutions et participation politique

    Plusieurs activités politiques autres que le vote sont possiblement motivées par un mécontentement relativement à une situation donnée. En 2013 par exemple, 10 % des personnes qui n’avaient aucune confiance envers les grandes corporations avaient participé à une manifestation ou à une marche de protestation, par rapport à 2 % de celles ayant une grande confiance envers ces corporations (tableau 8).

    Le même type d’association existait en ce qui a trait à la confiance envers les médias canadiens : un faible niveau de confiance était lié à une probabilité plus élevée d’avoir exprimé une opinion, d’avoir signé une pétition, boycotté ou choisi un produit pour des raisons d’éthique et ainsi de suite.

    En revanche, un moindre niveau de confiance envers les institutions publiques était associé à une plus faible probabilité d’avoir participé aux élections. En 2013 par exemple, 71 % des répondants qui n’avaient aucune confiance envers les médias canadiens ont rapporté avoir voté lors des dernières élections, par rapport à 81 % de ceux ayant un plus grand niveau de confiance envers ces médias.

    Conclusion

    Que ce soit en participant à des groupes, en votant aux élections ou en étant actifs politiquement, les Canadiens s’impliquent et participent de différentes façons dans leur collectivité.

    Le niveau d’engagement communautaire des Canadiens était légèrement plus élevé en 2013 qu’il ne l’était une décennie plus tôt. En effet, 65 % des personnes de 15 ans et plus étaient membres d’un groupe, d’un organisme ou d’une association, par rapport à 61 % en 2003. Les types de groupes les plus populaires auprès des Canadiens étaient les organismes sportifs et récréatifs, suivi des syndicats ou associations professionnelles. Les jeunes participaient plus souvent à des organismes sportifs, alors que les aînés avaient plus tendance à être membres de groupes d’appartenance religieuse et de clubs sociaux.

    Le taux de participation aux élections a diminué de manière importante depuis les années 1960. En 2013, les jeunes électeurs, les personnes moins scolarisées, celles peu intéressées à la politique et les immigrants récents étaient moins susceptibles d’avoir voté aux dernières élections fédérales.

    Chez les Canadiens âgés, la participation électorale était relativement élevée, et ce, même parmi ceux exprimant un faible niveau d’intérêt pour la politique et ceux qui étaient moins fortement scolarisés. Aussi, les aînés qui n’avaient pas un diplôme d’études secondaires étaient plus enclins à avoir voté aux élections fédérales que les personnes de 25 à 34 ans détenant un diplôme universitaire.

    Entre 2003 et 2013, la participation des Canadiens à des activités politiques autres que le vote est demeurée stable ou a diminué. Cependant, de plus en plus de personnes ont recherché de l’information sur une question politique.

    Le groupe d’âge était fortement associé aux activités politiques autres que le vote. Les jeunes étaient plus susceptibles que les aînés de participer à une manifestation ou à une marche de protestation, de même que d’appuyer ou de s’opposer à une cause publiquement.

    Sources de données et définitions

    Le présent rapport est fondé sur les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2003, 2008 et 2013. La population cible était composée de personnes âgées de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces canadiennes, sauf les personnes résidant à temps plein dans les institutions. Le nombre de répondants était de 24 951 en 2003, de 20 401 en 2008 et de 27 695 en 2013, pour un total de 73 047 personnes.

    Pour obtenir plus de renseignements sur les sources de données, veuillez consulter les documents suivants :

    ESG de 2013 sur l’identité sociale : http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SurvId=134876&InstaId=139605&SDDS=5024

    ESG de 2008 sur les réseaux sociaux : http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SurvId=44601&InstaId=30687&SDDS=5024

    ESG de 2003 sur l’engagement social :
    http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SurvId=1390&InstaId=5509&SDDS=5024

    Les données sur les taux de bénévolat proviennent de l’ESG sur le don, le bénévolat et la participation de 2013 :
    http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=4430&lang=fr&db=imdb&adm=8&dis=2

    Engagement communautaire

    Dans le cadre de l’ESG de 2013, on a demandé aux répondants s’ils avaient été, au cours des 12 derniers mois, membres ou participants de chacun des types de groupes suivants : 1) un syndicat ou une association professionnelle; 2) un organisme politique; 3) un organisme sportif ou récréatif (comme une ligue de hockey, un club de santé ou un club de golf); 4) un organisme culturel, éducatif ou de loisirs (comme une troupe de théâtre, un cercle de lecture ou un club de bridge); 5) un groupe d’appartenance religieuse (comme les groupes de jeunes associés à une église ou à une chorale); 6) un groupe scolaire, une association de quartier, une association de citoyens ou un groupe communautaire (comme une association de parents-instituteurs ou d’élèves, Parents-Secours ou Surveillance de quartier); 7) un club social (comme le Club Kiwanis, les Chevaliers de Colomb ou la Légion); 8) un groupe pour les personnes âgées (comme un club pour les aînés, une association de loisirs ou un centre de ressources); 9) un organisme jeunesse (comme les Scouts, les Guides, les Grands Frères, les Grandes Sœurs ou le YWCA/YMCA) ; 10) un club ou une association d’immigrants ou ethnique; 11) tout autre type d’organisme.

    Références

    À voix égales. http://www.equalvoice.ca/french/mission_fr.cfm, site consulté le 14 mai 2015.

    BLAIS, André. 2000. To Vote or not to Vote – The Merits and Limits of Rational Choice Theory, Pittsburgh, University of Pittsburgh Press.

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    THOMAS, Derrick. 2012. « Le don et le bénévolat chez les immigrants du Canada », Tendances sociales canadiennes, mai, no 11-008-X au catalogue de Statistique Canada.

    THOMAS, Derrick. 2011. « Réseaux personnels et adaptation des immigrants sur le plan économique », Tendances sociales canadiennes, novembre, no 11-008 au catalogue de Statistique Canada.

    TURCOTTE, Martin. 2015. « Le bénévolat et les dons de bienfaisance des Canadiens », Mettre l’accent sur les Canadiens : résultats de l’Enquête sociale générale, no 1, janvier, no 89-652-X au catalogue de Statistique Canada.

    TURCOTTE, Martin. 2015. « Tendances du capital social au Canada », Mettre l’accent sur les Canadiens : résultats de l’Enquête sociale générale, no 2, mai, no 89-652-X au catalogue de Statistique Canada.

    UPPAL, Sharanjit, et Sébastien LAROCHELLE-CÔTÉ, 2014. « La surqualification des nouveaux diplômés universitaires au Canada », Regards sur la société canadienne, avril, no 75-006-X au catalogue de Statistique Canada.

    UPPAL, Sharanjit, et Sébastien LAROCHELLE-CÔTÉ, 2012. « Facteurs associés à la participation électorale », L’emploi et le revenu en perspective, février, no 75-001-X au catalogue de Statistique Canada.

    VERBA, Sidney, Kay Lehman SCHLOZMAN et Henry E. BRADY. 1995. Voice and Equality: Civic Voluntarism in American Politics, Cambridge, Harvard University Press.

    VERBA, Sidney. 1996. « The citizen as respondent: Sample surveys and American democracy Presidential address, American Political Science Association, 1995 », The American Political Science Review, vol. 90, no 1, mars.

    Notes

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