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Enquête auprès des peuples autochtones de 2012

Expériences au chapitre de l’éducation et de l’emploi des Premières Nations vivant hors réserve, des Inuit et des Métis : certains résultats de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2012

Partie A : Expériences au chapitre de l’éducation et de l’emploi des Premières Nations vivant hors réserve

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Début du texte

Il y a une grande diversité culturelle chez les Premières Nations au pays, comme l’indiquent les quelque 600 Premières Nations ou bandes indiennes et la soixantaine de langues autochtones déclarées par les Premières Nations. D’après les données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, 851 560 personnes se sont identifiées comme des Premières Nations, ce qui représente 60,8 % de la population autochtone totale et 2,6 % de l’ensemble de la population canadienne. Bon nombre de Premières Nations vivaient en Ontario et dans les provinces de l’Ouest, mais ils constituaient les plus fortes proportions de la population totale des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon, du Manitoba et de la Saskatchewan. En 2011, 637 660 Premières Nations ont déclaré être des Indiens inscrits, soit 74,9 % de l’ensemble des Premières Nations. Parmi les personnes qui ont déclaré être des Indiens inscrits, près de la moitié (49,3 %) vivaient dans une réserve indienne ou un établissement indien.1

Les analyses qui suivent examinent les expériences au chapitre de l’éducation et de l’emploi des Premières Nations vivant hors réserve qui, au moment de l’Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA), étaient âgés de 18 à 44 ans et ne fréquentaient pas une école primaire ou secondaire.

Section 1 : Parcours scolaires

La fréquentation d’une école secondaire est le moyen le plus courant d’obtenir un diplôme d’études secondaires au Canada, mais les jeunes peuvent suivre différents parcours dans le système d’éducation. Certains étudiants commencent et poursuivent leurs études jusqu’à l’obtention de leur diplôme, tandis que d’autres interrompent ou abandonnent leurs études. Les décrocheurs peuvent se réinscrire et obtenir un diplôme d’études secondaires ou abandonner plus d’une fois. Certains étudiants ayant abandonné leurs études avant d’avoir obtenu leur diplôme peuvent obtenir un diplôme d’équivalence en s’inscrivant à des cours offerts par des écoles secondaires pour adultes, des collèges communautaires ou des programmes d’enseignement à distance.

Cette section examine les parcours scolaires des finissants et des décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve âgés de 18 à 44 ans. Les finissants y sont décrits en fonction de variables telles que l’âge au moment de l’obtention du diplôme, le parcours jusqu’à l’achèvement (école secondaire ou programme d’équivalence) et les motifs du retour à l’école pour ceux ayant interrompu leurs études. Pour les décrocheurs, on examine l’âge au moment des études les plus récentes, le nombre d’abandons et leurs motifs ainsi que la poursuite actuelle d’études dans le cadre d’un programme d’équivalence.

Il est important de reconnaître que certains décrocheurs peuvent retourner à l’école plus tard et obtenir un diplôme d’études secondaires. De plus, le diplôme d’études secondaires n’est pas nécessairement le plus haut niveau de scolarité des finissants et des décrocheurs, puisque certains peuvent également détenir un certificat d’une école de métiers, un diplôme d’études collégiales ou un grade universitaire. Les titres scolaires du niveau postsecondaire sont abordés à la section 3.

1. Finissants

D’après l’EAPA de 2012, la majorité (72 %) des Premières Nations de 18 à 44 ans vivant hors réserve avaient répondu aux exigences d’un diplôme d’études secondaires ou l’équivalent. Ce groupe est ci-après dénommé « finissants ». Les pourcentages de finissants parmi les hommes et les femmes ne divergeaient pas de façon significative, à 69 % et 74 % respectivement. Une plus forte proportion de Premières Nations vivant hors réserve n’ayant pas le statut d’Indien inscrit étaient des finissants (78 %), comparativement à ceux ayant le statut d’Indien inscrit (69 %). Les données de l’ENM indiquent que 89 % des non-Autochtones âgés de 18 à 44 ans avaient au moins un diplôme d’études secondaires ou l’équivalent en 2011.

Âge moyen à l’achèvement des études secondaires

À l’exception du Québec,2 l’élève typique termine ses études secondaires à l’âge de 18 ans (McMullen et Gilmore, 2010). D’après l’EAPA, l’âge moyen auquel les finissants des Premières Nations vivant hors réserve ont obtenu leur diplôme d’études secondaires se situait à 18,4 ans. Ceux qui ont suivi un programme d’équivalence (et qui ont donc suivi un parcours indirect pour terminer leurs études secondaires) étaient plus âgés (22,0 ans) lorsqu’ils ont terminé leurs études secondaires que ceux qui ont obtenu leur diplôme d’une école secondaire (18,0 ans). C’était le cas des hommes comme pour les femmes.

La majorité a obtenu un diplôme d’une école secondaire   

La majorité (88 %) des finissants des Premières Nations vivant hors réserve ont obtenu leur diplôme en fréquentant une école secondaire. On n’a pas relevé de différences significatives entre les sexes.

La plupart de ceux qui ont obtenu leur diplôme d’études secondaires dans le cadre d’un programme d’équivalence l’ont fait dans une école secondaire pour adultes (45 %) ou dans un collège ou un institut de technologie (25 %). Une proportion de 14 %E ont terminé leur programme d’équivalence à un centre communautaire, et 5 %E dans le cadre d’un programme d’enseignement par correspondance ou d’une autre forme d’enseignement à distance, comme l’apprentissage en ligne.

La majorité (86 %) des finissants des Premières Nations vivant hors réserve ont suivi un parcours scolaire direct. Un finissant sur 10 a interrompu ses études une fois, et 5 %E, plus d’une fois. Les pourcentages de finissants et de finissantes qui ont terminé leurs études secondaires sans interruption ne divergeaient pas de façon significative : 87 % et 85 % respectivement.

Les finissants ayant interrompu leurs études ont dû préciser la principale raison pour laquelle ils sont retournés aux études. La majorité (78 %) des finissants des Premières Nations vivant hors réserve sont retournés aux études parce qu’ils « se sont rendu compte de la valeur des études ou voulaient un diplôme ».

2. Décrocheurs

En 2012, 28 % des Premières Nations de 18 à 44 ans vivant hors réserve n’avaient pas répondu aux exigences pour obtenir un diplôme d’études secondaires ou l’équivalent. Ce groupe est désigné ci-après sous le nom « décrocheurs ». Une plus forte proportion de Premières Nations vivant hors réserve ayant le statut d’Indien inscrit étaient des décrocheurs (31 %), comparativement à ceux qui n’avaient pas le statut d’Indien inscrit (22 %). D’après l’ENM de 2011, la proportion équivalente pour la population non autochtone se chiffrait à 11 %.

Âge au moment des études les plus récentes

Les décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve avaient en moyenne 17 ans au moment de leurs dernières études. Il n’y avait pas de différence significative entre les décrocheurs de sexe masculin et les décrocheuses.

La majorité (61 %) des décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve ont décroché une seule fois, mais 39 % ont interrompu leurs études à au moins deux reprises. Il n’y avait pas de différence significative entre les pourcentages d’hommes et de femmes ayant interrompu leurs études plus d’une fois (36 % et 41 %).

Les hommes et les femmes décrochent pour des motifs différents

Les recherches démontrent que les motifs du décrochage scolaire varient selon le sexe. Les données de l’Enquête auprès des jeunes en transition de 2002 indiquaient que les élèves des deux sexes ont le plus fréquemment cité des motifs scolaires, mais que les femmes étaient beaucoup plus susceptibles de mentionner des motifs personnels ou familiaux, tandis que les hommes déclaraient plus souvent des facteurs liés au travail (Bushnik, Barr-Telford et Bussière, 2004). 

Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux décrocheurs pourquoi ils avaient abandonné leurs études. S’ils donnaient plus d’une raison, on leur demandait quelle était leur raison « principale ». Ceux qui avaient décroché plus d’une fois devaient témoigner de leur dernier départ.

Les raisons les plus souvent invoquées par les hommes décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve étaient les suivantes : voulait travailler (22 %), manque d’intérêt (17 %), devait travailler/problèmes d’argent (14 %) et problèmes scolaires3 (12 %). Un peu plus du quart (26 %) des décrocheuses des Premières Nations vivant hors réserve ont cité une grossesse ou la nécessité de s’occuper de leurs enfants comme raison principale du décrochage. Par ailleurs, une proportion de 14 % ont mentionné un manque d’intérêt.

Un décrocheur sur huit a suivi un programme d’équivalence

Au moment de l’EAPA, 12 % des décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve suivaient un programme d’équivalence. Les pourcentages d’hommes et de femmes décrocheurs suivant un tel programme ne variaient pas de façon significative : 10 % et 15 % respectivement. Un peu moins de la moitié d’entre eux (46 %) étaient inscrits à une école secondaire pour adultes. Par ailleurs, 23 %E suivaient le programme dans le cadre d’une forme quelconque d’enseignement à distance; 15 %E fréquentaient un collège ou un institut de technologie; et 10 %E, un centre communautaire.  

Section 2 : Expériences pendant la dernière année scolaire

Il est difficile d’expliquer pourquoi certains élèves abandonnent leurs études secondaires, tandis que d’autres les poursuivent et réussissent à obtenir leur diplôme. La section précédente examinait les raisons précises du décrochage. Ces dernières peuvent être considérées comme les raisons « proximales » précédant immédiatement le départ. Cependant, le décrochage n’est pas un événement isolé qui peut être expliqué par une seule cause. Il s’agit plutôt d’un processus qui est influencé par des facteurs associés aux élèves, à leur famille, à l’école qu’ils fréquentent et à leur collectivité, dont les effets peuvent commencer à se faire sentir dès les premières années d’école (voir Rumberger 2011 pour un examen de la recherche sur la population générale).

Les données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) indiquent qu’en 2011, une plus forte proportion de Premières Nations n’avaient pas terminé leurs études secondaires, comparativement à la population non autochtone (Statistique Canada, 2013a). L’EAPA de 2012 visait à recueillir des données sur des facteurs pouvant être associés à l’achèvement ou à l’abandon des études secondaires. Ces facteurs, loin d’être exhaustifs, englobent toutefois toute une gamme d’expériences et de circonstances à la maison, à l’école et dans la collectivité qui sont importantes d’un point de vue autochtone (Conseil canadien sur l’apprentissage, 2009).

Cette section décrit comment les Premières Nations vivant hors réserve de 18 à 44 ans percevaient leurs expériences pendant leur dernière année scolaire. La section comporte trois sous-sections. La première décrit les facteurs personnels pouvant être associés à l’achèvement ou à l’abandon des études secondaires. La deuxième sous-section décrit les expériences et le soutien de la famille. La troisième examine l’environnement scolaire. La question orientant l’analyse était la suivante : « Les expériences personnelles, familiales et scolaires des finissants et des décrocheurs divergent-elles? ».

Les sujets analysés dans cette section sont basés sur les souvenirs des répondants. Par conséquent, il peut y avoir des erreurs de rappel. De plus, les différences entre les finissants et les décrocheurs ne témoignent pas de simples relations de cause à effet; il faut plutôt interpréter les résultats comme étant des « associations » avec le fait d’obtenir ou non un diplôme d’études secondaires.  

1. Expériences personnelles

Cette sous-section examine certains aspects de la vie personnelle qui sont réputés comme étant associés à l’achèvement ou à l’abandon des études secondaires. L’EAPA de 2012 comprenait plusieurs questions mesurant les expériences des répondants pendant leur dernière année scolaire : le rendement scolaire (notes et redoublement d’une année), l’engagement de l’élève (absentéisme, participation à des activités parascolaires et emploi), les pairs et les changements d’école.

Les finissants étaient plus susceptibles d’avoir de bonnes notes

Les répondants de l’EAPA de 2012 devaient indiquer leur moyenne générale pendant leur dernière année scolaire. Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient plus susceptibles que les décrocheurs de déclarer avoir obtenu surtout des A (36 % contre 19 %) ou des B (43 % contre 33 %) (graphique A2.1). À l’inverse, les décrocheurs étaient plus nombreux que les finissants à déclarer surtout des C (35 % contre 17 %) ou des D, des E et des F (14 % contre 3 %). Les finissantes étaient particulièrement enclines à déclarer surtout des A – 42 %, comparativement à 29 % de leurs homologues masculins; à 19 % des décrocheuses; et à 18 % des décrocheurs de sexe masculin.

Les finissants étaient moins susceptibles que les décrocheurs d’avoir déjà redoublé une année au primaire ou au secondaire (22 % contre 44 %) (graphique A2.1). Les finissantes étaient les moins portées à avoir redoublé une année : 20 %, comparativement à 27 % de leurs homologues masculins; à 41 % des décrocheuses et à 47 % des décrocheurs de sexe masculin.

Manquer des cours/arriver en retard à l’école

Les comportements d’absentéisme sont des indicateurs de désengagement scolaire, que les recherches ont corrélé au décrochage (Rumberger, 2011). Les répondants de l’EAPA de 2012 devaient indiquer à quelle fréquence ils manquaient des cours (sans la permission des parents) et arrivaient en retard en classe pendant leur dernière année scolaire. Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient moins susceptibles que les décrocheurs de déclarer que, pendant leur dernière année scolaire, ils manquaient « souvent » des cours (18 % contre 42 %) ou arrivaient « souvent » en retard (17 % contre 31 %) (graphique A2.1).

Graphique A2.1

Description du graphique A2.1

Activités parascolaires

La participation à des activités parascolaires est un indicateur de l’engagement de l’élève en dehors des heures de classe. Les élèves qui participent à des activités parascolaires, en particulier les garçons qui pratiquent des sports, sont moins enclins à abandonner l’école (Rumberger, 2011). Les données de l’EAPA de 2006 nous ont en outre appris que la pratique de sports ou la participation à des activités artistiques ou musicales au moins une fois par semaine étaient associées à une meilleure réussite scolaire (évaluée par les parents) chez les enfants des Premières Nations vivant hors réserve (Bougie, 2009).

Les répondants de l’EAPA de 2012 devaient indiquer s’ils avaient participé aux activités hors école suivantes pendant leur dernière année scolaire : pratiquer un sport ou une activité physique ou un sport organisé (y compris les cours); faire partie d’un groupe ou d’un club d’art, de théâtre ou de musique (y compris les cours); faire partie d’un groupe ou d’un club scolaire (comme le conseil des étudiants, le club de l’album de finissants ou le club de sciences) ou d’un groupe ou club à l’extérieur de l’école; participer à des activités liées à la culture des Premières Nations, des Métis ou des Inuit; passer du temps avec des aînés; et faire du bénévolat ou un travail non rémunéré dans la communauté.

Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient plus susceptibles que les décrocheurs d’avoir participé à un sport ou une activité physique (50 % contre 40 %), à un groupe d’art, de théâtre ou de musique (26 % contre 20 %) ou à un groupe ou club scolaire (21 % contre 9 %) ou d’avoir fait du bénévolat (29 % contre 23 %) au moins une fois par semaine pendant leur dernière année scolaire (graphique A2.2). Les finissants et les décrocheurs ne divergeaient pas de façon significative en ce qui concerne la fréquence à laquelle ils participaient à des activités culturelles (9 % et 12 %) ou leurs interactions avec des aînés (les deux groupes à 28 %).

Les finissants de sexe masculin étaient les plus susceptibles de s’adonner à un sport ou à une activité physique au moins une fois par semaine pendant leur dernière année scolaire (60 %). En comparaison, 46 % des décrocheurs de sexe masculin, 43 % des finissantes et 34 % des décrocheuses en faisaient autant.

Graphique A2.2

Description du graphique A2.2

Les finissants lisaient des livres plus souvent

Les données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves et de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) ont démontré que les élèves qui avaient abandonné leurs études secondaires avant l’âge de 19 ans avaient de faibles capacités de lecture à 15 ans (Knighton et Bussière, 2006). Les répondants de l’EAPA de 2012 devaient indiquer à quelle fréquence ils lisaient ou regardaient des livres, des revues, des bandes dessinées, etc. en dehors des heures de classe pendant leur dernière année scolaire. Les décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve étaient moins susceptibles que les finissants de déclarer avoir lu des livres quatre fois par semaine ou plus : 43 % contre 51 % (graphique A2.2). À 36 %, les décrocheurs de sexe masculin étaient les moins nombreux à lire des livres quatre fois par semaine ou plus. En revanche, 46 % des finissants de sexe masculin, 49 % des décrocheuses et 54 % des finissantes en faisaient autant.

Les finissants étaient plus susceptibles de travailler d’une à trois fois par semaine

Le fait de travailler pendant les études secondaires ne nuit pas nécessairement aux résultats scolaires. D’après les résultats de l’EJET, les élèves du secondaire qui travaillaient moins de 20 heures par semaine étaient moins susceptibles de décrocher que ceux qui ne travaillaient pas du tout ou qui travaillaient 30 heures ou plus par semaine (Bushnik, 2003). Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants s’ils avaient un emploi (comme être gardien(ne) d’enfants, commis de magasin ou enseignant-tuteur) pendant leur dernière année scolaire, et si oui, combien de fois par semaine.

Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient plus portés que les décrocheurs à déclarer travailler d’une à trois fois par semaine (35 % contre 21 %). Les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants de déclarer ne pas travailler ou travailler moins d’une fois par semaine (50 % contre 38 %). Les pourcentages qui travaillaient au moins quatre fois par semaine ne divergeaient pas de façon significative (28 % des finissants et 29 % des décrocheurs) (graphique A2.3).

Les décrocheurs de sexe masculin étaient plus susceptibles de déclarer qu’ils ne travaillaient pas ou qu’ils travaillaient moins d’une fois par semaine pendant leur dernière année d’école (56 %), comparativement aux finissants de sexe masculin (43 %), aux décrocheuses (44 %) et aux finissantes (34 %). Les finissantes étaient les plus portées à avoir travaillé d’une à trois fois par semaine – 38 %, comparativement à 30 % des finissants de sexe masculin, 25 % des décrocheuses et 16 % des décrocheurs de sexe masculin.

Graphique A2.3

Description du graphique A2.3

Amis ayant des comportements à risque

La recherche a démontré que le fait d’avoir des amis qui ont des comportements à risque ou qui ont abandonné l’école augmente le risque de décrochage (Rumberger, 2011). Les répondants de l’EAPA devaient indiquer combien de leurs amis les plus proches, au cours de leur dernière année scolaire, manquaient des cours une fois par semaine ou plus; avaient la réputation de causer des problèmes; et fumaient la cigarette, consommaient des drogues et buvaient de l’alcool. Collectivement, ces questions peuvent établir le profil du nombre d’amis ayant des « comportements à risque ».

Les décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve étaient généralement plus susceptibles que les finissants de déclarer que la plupart ou la totalité de leurs amis proches avaient des comportements à risque. Par exemple, des pourcentages plus élevés de décrocheurs que de finissants ont déclaré que la plupart ou la totalité de leurs amis proches manquaient des cours une fois par semaine ou plus (33 % contre 23 %) et avaient la réputation de causer des problèmes (18 % contre 8 %) (graphique A2.4). Les décrocheurs étaient également plus nombreux que les finissants d’avoir de nombreux amis proches qui fumaient la cigarette (58 % contre 33 %) et consommaient de la drogue (29 % contre 15 %). Les pourcentages de décrocheurs et de finissants ayant de nombreux amis proches qui buvaient de l’alcool ne divergeaient pas de façon significative (47 % et 46 %).

Les décrocheurs de sexe masculin étaient les plus enclins à déclarer que la plupart ou la totalité de leurs amis proches consommaient de la drogue (35 %). En comparaison, 23 % des décrocheuses, 17 % des finissants de sexe masculin et 14 % des finissantes ont déclaré la même chose.

Graphique A2.4

Description du graphique A2.4

Amis ayant des aspirations scolaires élevées

Les répondants de l’EAPA devaient indiquer combien de leurs amis les plus proches, pendant leur dernière année scolaire, pensaient qu’il était très important de terminer leurs études secondaires; prévoyaient continuer leurs études après le secondaire; trouvaient qu’il était normal de travailler dur à l’école; et avaient décroché avant d’obtenir leur diplôme. Collectivement, ces questions peuvent établir un profil du nombre d’amis ayant des aspirations scolaires élevées.

Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient invariablement plus nombreux que les décrocheurs de déclarer que la plupart ou la totalité de leurs amis proches avaient des aspirations scolaires élevées. Par exemple, 77 % des finissants contre 51 % des décrocheurs avaient de nombreux amis qui trouvaient très important de terminer leurs études secondaires (graphique A2.4). De même, 61 % des finissants contre 34 % des décrocheurs avaient de nombreux amis qui prévoyaient continuer leurs études au-delà du secondaire. Les finissants étaient également plus susceptibles que les décrocheurs d’avoir de nombreux amis qui trouvaient normal de travailler dur à l’école (60 % contre 41 %). À l’inverse, 26 % des décrocheurs contre 10 % des finissants ont déclaré que la plupart ou la totalité de leurs amis proches avaient abandonné leurs études.

Soutien des amis  

Les répondants devaient indiquer s’ils avaient déjà eu besoin d’aide, à un moment donné pendant leur dernière année scolaire, pour des problèmes personnels, pour des choix de carrière, pour des horaires de cours ou pour quoi que ce soit d’autre. Parmi les Premières Nations vivant hors réserve qui ont dit avoir eu besoin de ce genre de soutien, 56 % ont déclaré avoir reçu de l’aide de leurs amis. Les pourcentages de finissants et de décrocheurs qui avaient reçu de l’aide de leurs amis ne divergeaient pas de façon significative (57 % et 51 %).

Les décrocheurs étaient plus susceptibles de changer d’école fréquemment

Les changements fréquents d’école ont tendance à accroître le risque de décrochage. Dans une étude réalisée en Colombie-Britannique, Aman et Ungerleider (2008) ont constaté que les taux d’obtention de diplôme étaient particulièrement élevés chez les élèves autochtones4 qui n’avaient jamais changé d’école secondaire. Ils ont également conclu que les changements d’école attribuables à la progression normale dans le système scolaire (par exemple, d’une école secondaire de premier cycle à une école secondaire de deuxième cycle) n’avaient pas d’effet sur les taux d’obtention de diplôme, tandis que les changements d’école pour d’autres raisons (par exemple, à cause d’un déménagement) étaient associés à des taux d’obtention de diplôme réduits.    

Les répondants de l’EAPA devaient indiquer le nombre d’écoles fréquentées de la prématernelle à la sixième année. Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient moins nombreux que les décrocheurs à avoir changé d’école fréquemment pendant leurs études primaires : 42 % des finissants contre 53 % des décrocheurs ont déclaré avoir fréquenté trois écoles primaires ou plus.

Les répondants devaient également préciser le nombre d’écoles fréquentées depuis la septième année. Encore une fois, les finissants étaient moins susceptibles que les décrocheurs d’avoir fréquenté trois écoles ou plus pendant leurs années au secondaire : 28 % contre 35 %.

Ceux qui avaient fréquenté plus d’une école primaire ou secondaire devaient préciser la raison du dernier changement. Les finissants étaient plus enclins que les décrocheurs à citer une « progression normale dans le système scolaire » (57 % contre 40 %). Les décrocheurs étaient plus nombreux que les finissants à avoir changé d’école à cause d’un déménagement de la famille (34 % contre 25 %).

2. Expériences familiales

La famille représente un contexte important qui peut influencer les élèves et leur rendement scolaire. L’EAPA de 2012 visait à recueillir des données sur le soutien de la famille pendant la dernière année scolaire des répondants. 

Les finissants sont plus susceptibles d’avoir eu des parents impliqués à l’école

Les répondants devaient indiquer si leurs parents, tuteurs ou autres membres de la famille avaient pris part aux activités suivantes pendant leur dernière année scolaire : parler avec leur enseignant ou le rencontrer; assister à un événement scolaire auquel les répondants participaient; ou participer à d’autres activités scolaires. Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient invariablement plus nombreux que les décrocheurs à déclarer que leur famille était activement impliquée à l’école. Par exemple, 55 % des finissants contre 32 % des décrocheurs ont déclaré que leurs parents avaient assisté à un événement scolaire auquel ils participaient (graphique A2.5).       

Graphique A2.5

Description du graphique A2.5

Aide aux devoirs

Les répondants devaient indiquer à quelle fréquence leurs parents, tuteurs ou autres membres de la famille vérifiaient leurs travaux scolaires ou les aidaient à les faire pendant leur dernière année d’école. Les pourcentages de finissants et de décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve qui avaient reçu de l’aide pour faire leurs devoirs ne divergeaient pas de façon significative. Par exemple, 31 % des finissants et 27 % des décrocheurs ont déclaré que leurs parents vérifiaient leurs devoirs au moins une fois par semaine. 

Les finissants et les décrocheurs recevaient du soutien de leur famille  

Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants si, en tout temps pendant leur dernière année scolaire, ils avaient eu besoin d’aide pour des problèmes personnels, des choix de carrière, des horaires de cours ou quoi que ce soit d’autre. Parmi les Premières Nations vivant hors réserve qui avaient eu besoin de ce genre d’aide, 66 % ont dit l’avoir reçu de leurs parents, tuteurs ou autres membres de la famille. Les pourcentages de finissants et de décrocheurs qui avaient reçu du soutien de leur famille ne divergeaient pas de façon significative (69 % et 58 %).

Les décrocheurs étaient moins susceptibles de vivre avec leur famille

Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants s’ils vivaient avec un parent, un tuteur ou d’autres membres de la famille pendant leur dernière année scolaire. Près du tiers (31 %) des décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve ne vivaient pas à temps plein avec leur famille pendant leur dernière année scolaire, comparativement à 19 % des finissants. 

Environ 38 % des décrocheuses ne vivaient pas à temps plein avec leur famille pendant leur dernière année scolaire. Cette proportion était supérieure aux pourcentages de décrocheurs de sexe masculin (24 %), de finissantes (22 %) et de finissants de sexe masculin (16 %).    

Les frères et sœurs décrocheurs

La recherche démontre que les élèves qui ont un frère ou une sœur ayant abandonné l’école sont plus susceptibles de décrocher eux aussi (Rumberger, 2011). Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants s’ils avaient des frères ou des sœurs qui avaient déjà abandonné leurs études secondaires. Les décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve étaient plus susceptibles que les finissants d’avoir des frères ou des sœurs qui avaient abandonné l’école : 68 % contre 43 % (graphique A2.6).

Parents ayant obtenu leur diplôme d’études secondaires

Le niveau de scolarité des parents est considéré comme une « ressource humaine » qui peut influencer le développement cognitif, la motivation et les aspirations scolaires des enfants (Rumberger, 2011). Les répondants devaient indiquer le plus haut niveau de scolarité de leur mère et de leur père. Les finissants des Premières Nations vivant hors réserve étaient plus nombreux que les décrocheurs à avoir des parents ayant au moins un diplôme d’études secondaires (graphique A2.6).

Graphique A2.6

Description du graphique A2.6

3. Expériences à l’école

En plus de la famille, l’école elle-même peut influencer les élèves et leur réussite scolaire. Les politiques et les pratiques d’une école peuvent créer un climat pouvant favoriser ou entraver l’engagement et le rendement des élèves.

Environnement scolaire

Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants si, pendant leur dernière année scolaire, ils se sentaient en sécurité et heureux à l’école; si la plupart des élèves de l’école étaient heureux d’être à cette école; et si l’école offrait aux parents de nombreuses occasions de participer aux activités scolaires. Collectivement, ces questions peuvent indiquer si l’environnement scolaire était positif. De plus forts pourcentages de finissants que de décrocheurs se sentaient en sécurité (94 % contre 85 %) et heureux (87 % contre 72 %) à leur école et ont déclaré que la plupart des élèves étaient heureux d’être à cette école (85 % contre 77 %) (graphique A2.7). Les pourcentages ayant déclaré que leur école offrait aux parents de nombreuses occasions de participer aux activités scolaires ne divergeaient pas de façon significative entre les finissants et les décrocheurs (68 % et 62 %).

On demandait également aux répondants si, pendant leur dernière année scolaire, le racisme, l’intimidation, la présence d’alcool, de drogues ou la violence étaient des problèmes à l’école. Collectivement, ces questions peuvent indiquer si l’environnement scolaire était négatif. Les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants de percevoir un environnement scolaire négatif. De plus forts pourcentages de décrocheurs que de finissants ont déclaré que le racisme (40 % contre 33 %), l’intimidation (54 % contre 46 %), les drogues (53 % contre 46 %) et la violence (43 % contre 30 %) étaient des problèmes à l’école (graphique A2.7). On n’a observé aucune différence significative entre les décrocheurs et les finissants pour ce qui est du problème de l’alcool à l’école (27 % et 26 %).   

Graphique A2.7

Description du graphique A2.7

Soutien de l’école

Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants si leur école soutenait la culture des Premières Nations, des Métis ou des Inuit (par l'enseignement et/ou des activités) pendant leur dernière année à cette école. Les pourcentages des finissants et des décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve ayant déclaré que leur école soutenait leur culture ne divergeaient pas de façon significative (46 % et 50 %).

Les répondants devaient également indiquer si, en tout temps pendant leur dernière année scolaire, ils avaient eu besoin de soutien concernant des problèmes personnels, des choix de carrière, des horaires de cours ou autre. Parmi ceux qui avaient eu besoin de ce genre de soutien, 73 % l’ont reçu d’enseignants, de conseillers en orientation ou d’autres personnes à l’école. Les finissants étaient plus susceptibles que les décrocheurs de déclarer avoir reçu du soutien du personnel de l’école (76 % contre 63 %).

Section 3 : Expériences relatives aux études postsecondaires

Au cours des dernières années, de plus en plus de Premières Nations ont obtenu des titres d’études postsecondaires (CSCE, 2007; Statistique Canada, 2008). Les données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 indiquent qu’il n’y a pratiquement pas d’écart entre les Premières Nations et la population non autochtone pour ce qui est de la scolarisation aux niveaux des écoles de métiers et des collèges; toutefois, l’écart au niveau universitaire demeure important (Statistique Canada, 2013a). Les obstacles à l’achèvement des études postsecondaires pour les Premières Nations vivant hors réserve peuvent inclure le manque de préparation scolaire, la nécessité de déménager (souvent d’une région éloignée à une région urbaine), l’absence de ressources financières, les responsabilités familiales et la perte de réseaux de soutien (Malatest et coll., 2004; Holmes, 2005).         

Cette section décrit les expériences des Premières Nations vivant hors réserve relatives aux études postsecondaires.5 Étant donné que certains décrocheurs du secondaire ont fait des études postsecondaires, des comparaisons entre les décrocheurs et les finissants sont effectuées lorsqu’il y a lieu.

La première sous-section est un profil d’études postsecondaires des Premières Nations vivant hors réserve âgés de 18 à 44 ans.6 La deuxième s’intéresse aux personnes ayant un titre d’études postsecondaires (certificat d’une école de métiers, diplôme d’études collégiales, certificat universitaire inférieur au niveau du baccalauréat, grade universitaire). La troisième sous-section concerne ceux qui ont commencé leurs études postsecondaires mais ne les ont jamais terminées.

1. Profil d’études postsecondaires

Quatre personnes sur 10 ont obtenu un titre d’études postsecondaires

Au moment de l’EAPA de 2012, 43 % des Premières Nations vivant hors réserve de 18 à 44 ans avaient un titre d’études postsecondaires; d’après l’ENM de 2011, le pourcentage correspondant pour la population non autochtone dans le même groupe d’âge se chiffrait à 64 %. Par ailleurs, 8 % des Premières Nations vivant hors réserve fréquentaient un établissement d’enseignement postsecondaire pour la première fois; 13 % avaient commencé leurs études postsecondaires mais ne les avaient jamais terminées; et 36 % n’avaient jamais fréquenté un établissement d’enseignement postsecondaire.

En 2012, un plus fort pourcentage de femmes des Premières Nations vivant hors réserve que d’hommes avaient un titre d’études postsecondaires (49 % contre 36 %). Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes d’avoir commencé des études postsecondaires sans les terminer (17 % contre 10 %). Les pourcentages de femmes et d’hommes qui fréquentaient un établissement d’enseignement postsecondaire pour la première fois ne divergeaient pas de façon significative (9 % et 7 %).

Comme il fallait s’y attendre compte tenu de leur âge, les Premières Nations vivant hors réserve âgés de 18 à 24 ans étaient moins nombreux que ceux de 25 à 44 ans à avoir un titre d’études postsecondaires (20 % contre 52 %), mais ils étaient plus portés à fréquenter un établissement d’enseignement postsecondaire pour la première fois (20 % contre 3 %).

Environ un décrocheur sur six avait un titre d’études postsecondaires

Plus de la moitié (54 %) des finissants du secondaire des Premières Nations vivant hors réserve avaient un titre d’études postsecondaires. Ce pourcentage était beaucoup plus petit pour les décrocheurs du secondaire, mais 16 % d’entre eux étaient néanmoins des détenteurs de titres d’études postsecondaires. Les finissants étaient également plus susceptibles que les décrocheurs de fréquenter un établissement d’enseignement postsecondaire pour la première fois (10 % contre 3 %E). Les pourcentages de finissants et de décrocheurs qui avaient commencé des études postsecondaires mais qui ne les avaient jamais terminées ne divergeaient pas de façon significative (graphique A3.1).  

Graphique A3.1

Description du graphique A3.1

2. Les diplômés postsecondaires

Chez les Premières Nations vivant hors réserve de 18 à 44 ans qui avaient un titre d’études postsecondaires, près de la moitié (46 %) avaient un diplôme d’études collégiales (13 % avaient achevé un programme de moins d’un an; 23 %, un programme d’un an ou deux; et 10 %, un programme de plus de deux ans). Le quart (25 %) avait un certificat d’une école de métiers; un autre quart (25 %), un grade universitaire; et 4 %, un certificat universitaire inférieur au niveau du baccalauréat.

D’après l’ENM de 2011, les chiffres correspondants pour les non-Autochtones âgés de 18 à 44 ans ayant un titre d’études postsecondaires étaient de 34 % pour les diplômes d’études collégiales, de 16 % pour les certificats des écoles de métiers, de 43 % pour les grades universitaires et de 7 % pour les certificats universitaires inférieurs au niveau du baccalauréat.    

Les hommes des Premières Nations vivant hors réserve étaient plus susceptibles que les femmes d’avoir un certificat d’une école de métiers (45 % contre 14 %), tandis que les femmes étaient plus enclines que les hommes à avoir un diplôme d’études collégiales (52 % contre 35 %) ou un grade universitaire (29 % contre 17 %).

Les décrocheurs ont complété des programmes plus courts

Les finissants et les décrocheurs du secondaire ayant un titre d’études postsecondaires avaient tendance à compléter différents types de programmes. Chez les finissants, les titres les plus courants étaient un grade universitaire (26 %), un diplôme d’études collégiales d’un programme d’un an ou deux (25 %) et un certificat d’une école de métiers (22 %). Une proportion de 12 % ont achevé un programme collégial de moins d’un an; 10 %, un programme collégial de plus de deux ans; et 4 %, un programme menant à un certificat universitaire inférieur au niveau du baccalauréat.

En revanche, chez les décrocheurs du secondaire ayant un titre d’études postsecondaires, 49 % ont obtenu un certificat d’une école de métiers; 22 %E, un diplôme d’un programme collégial de moins d’un an; et 9 %E, un diplôme d’un programme collégial d’un an ou deux.

Quatre répondants sur 10 ont déménagé pour poursuivre leurs études postsecondaires

Quatre Premières Nations vivant hors réserve sur 10 (40 %) ayant un titre d’études postsecondaires ont déclaré avoir déménagé pour poursuivre leurs études. Le pourcentage ayant déménagé variait selon le titre obtenu. Six titulaires d’un grade universitaire sur 10 (61 %) ont déclaré avoir déménagé, comparativement à 28 % de ceux ayant un certificat d’une école de métiers, à 35 % de ceux ayant un diplôme d’études collégiales et à 37 %E de ceux ayant un certificat universitaire inférieur au niveau du baccalauréat.   

Comme il fallait s’y attendre compte tenu du pourcentage relativement élevé de titulaires d’un grade universitaire au sein de ce groupe, les finissants du secondaire étaient plus susceptibles que les décrocheurs d’avoir déménagé pour poursuivre leurs études postsecondaires (42 % contre 20 %E).

Enseignement à distance

L’enseignement à distance peut réduire les obstacles aux études postsecondaires, comme les coûts ou la nécessité de déménager, en particulier pour les personnes des régions éloignées (Conseil canadien sur l’apprentissage, 2009). Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants s’ils avaient été en mesure d'accéder à leurs cours postsecondaires sur Internet ou par une autre méthode d'enseignement à distance, et s’ils avaient utilisé cette méthode d’enseignement. Environ 20 % des Premières Nations vivant hors réserve de 18 à 44 ans qui avaient un titre d’études postsecondaires ont eu recours à l’enseignement à distance; 14 % avaient accès à l’enseignement à distance mais ne l’ont pas utilisé. Les deux tiers (66 %) des détenteurs de titres d’études postsecondaires ont déclaré qu’ils n’avaient pas eu accès à l’enseignement à distance, ou que cette méthode ne s’appliquait pas à leur programme ou à leur situation personnelle.

Les pourcentages de finissants et de décrocheurs du secondaire qui ont utilisé l’enseignement à distance pour terminer leur programme postsecondaire ne divergeaient pas de façon significative (21 % et 17 %E).

L’accès à l’enseignement à distance et l’utilisation de cette méthode variaient en fonction du type de titres obtenus. Par exemple, 80 % des titulaires d’un certificat d’une école de métiers n’avaient pas accès à l’enseignement à distance ou ont déclaré que cette méthode ne s’appliquait pas à leur programme ou à leur situation personnelle; en comparaison, c’était le cas de 67 % des titulaires d’un diplôme d’études collégiales, et de 54 % des titulaires d’un grade universitaire. Les Premières Nations vivant hors réserve qui détenaient un grade universitaire étaient les plus susceptibles d’avoir eu recours à l’enseignement à distance pour terminer leur programme : 35 %, comparativement à 18 % de ceux qui avaient un diplôme d’études collégiales et à 7 %E de ceux qui avaient un certificat d’une école de métiers.

Financement

Les dépenses associées aux études postsecondaires comprennent non seulement les frais de scolarité, mais aussi le coût du déménagement, du transport, du logement, de la nourriture, de la garde d’enfants et des autres responsabilités familiales (Malatest et coll., 2004). Les répondants de l’EAPA devaient indiquer si l’argent dont ils avaient disposé pour leurs études était suffisant pour répondre à tous leurs besoins ou dépenses. Plus du quart (28 %) des Premières Nations vivant hors réserve qui détenaient un titre d’études postsecondaires ont déclaré qu’ils n’avaient pas eu assez d’argent.

Les pourcentages de finissants et de décrocheurs du secondaire ayant dit qu’ils n’avaient pas eu assez d’argent pour financer leurs études postsecondaires ne divergeaient pas de façon significative (28 % et 30 %).    

Les répondants de l’EAPA devaient également indiquer toutes7 les sources de financement dont ils avaient disposé pour leurs études postsecondaires. Quatre Premières Nations vivant hors réserve sur 10 (38 %) ayant un titre d’études postsecondaires avaient présenté une demande de prêt étudiant gouvernemental et l’avait obtenu. Parmi les autres sources, mentionnons les suivantes : propres économies ou travail pendant les études (61 %); subventions ou bourses d’études (41 %); soutien financier de la bande ou d’AADNC (39 %)8; argent de la famille qui n’avait pas à être remboursé (30 %); assurance-emploi ou autre financement du gouvernement (23 %); prêt ou marge de crédit d’une banque (13 %); et prêt de la famille (5 %).

Les finissants du secondaire étaient plus susceptibles que les décrocheurs d’avoir financé leurs études postsecondaires au moyen de leurs propres économies ou en travaillant pendant qu’ils allaient à l’école (63 % contre 45 %), grâce à l’argent de la famille qu’ils n’avaient pas à rembourser (33 % contre 12 %E), ou à un prêt bancaire ou à une marge de crédit (14 % contre 5 %E). Les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants d’avoir reçu du financement de l’assurance-emploi ou d’un autre programme du gouvernement (34 % contre 22 %).  

3. Études postsecondaires commencées mais jamais terminées

Raisons de l’interruption

Les répondants de l’EAPA qui avaient commencé des études postsecondaires mais qui ne les avaient jamais terminées devaient préciser pourquoi ils n’avaient pas terminé le programme. Parmi les raisons citées par les Premières Nations vivant hors réserve de 18 à 44 ans, mentionnons l’obtention ou la recherche d’un emploi (20 %); la perte d’intérêt ou le manque de motivation (18 %); les raisons financières (16 %E); une grossesse ou les soins aux enfants (8 %E); les autres responsabilités familiales (7 %E); un déménagement (6 %E); ou le niveau de difficulté trop élevé des cours (4 %E). La seule différence entre les sexes était l’exception prévisible de « grossesse/soin aux enfants », qui était mentionnée plus souvent par les femmes.

Le tiers manquait d’argent

Plus du tiers (36 %) des Premières Nations vivant hors réserve qui avaient commencé des études postsecondaires mais qui ne les avaient jamais terminées ont dit qu’ils n’avaient pas eu assez d’argent pour répondre à tous leurs besoins ou dépenses. Les pourcentages de finissants et de décrocheurs du secondaire qui n’avaient pas eu assez d’argent pour leurs études postsecondaires ne divergeaient pas de façon significative (37 % et 30 %).

Section 4 : Expériences relatives à l’emploi actuel

Les taux d’emploi et les revenus d’emploi des Premières Nations ont toujours été plus faibles que ceux de la population non autochtone (Bernier, 1997; Wilson et MacDonald, 2010; Pendakur et Pendakur, 2011). De nombreux facteurs ont été associés aux résultats moins favorables des Premières Nations sur le marché du travail, y compris un plus faible niveau de scolarité, une formation insuffisante, une plus faible maîtrise des deux langues officielles, la monoparentalité, une plus grande mobilité géographique et la discrimination (Ciceri et Scott, 2006).

Au cours des dernières années, l’effet de la récession de 2008 a été plus marqué et plus long pour les travailleurs autochtones que pour la population non autochtone (Usalcas, 2011). En outre, les données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 démontrent un taux d’emploi plus faible chez les Autochtones que chez les non-Autochtones.

En 2011, 49 % des Premières Nations avaient moins de 25 ans, comparativement à 30 % de la population non autochtone (Statistique Canada, 2013b). Il est important de comprendre la situation d’emploi qui pourrait attendre ces jeunes des Premières Nations à leur entrée sur le marché du travail au cours des décennies à venir.

Cette section examine les expériences relatives à l’emploi des finissants et des décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve. On s’intéresse tout particulièrement au rôle de l’éducation dans diverses mesures de l’emploi. Les deux premières sous-sections concernent les personnes qui avaient un emploi au moment de l’Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2012 – leur profil d’emploi et leurs revenus. La dernière sous-section porte sur les personnes qui ne travaillaient pas et sur les obstacles à l’emploi.

1. Profil de la situation d’activité sur le marché du travail

Les finissants étaient plus susceptibles d’avoir un emploi

Au moment de leur entrevue de l’EAPA de 2012, 72 % des finissants du secondaire des Premières Nations vivant hors réserve avaient un emploi; 9 % étaient sans emploi et cherchaient du travail; et 20 % étaient inactifs (ne travaillaient pas et ne cherchaient pas de travail) (graphique A4.1).

La situation d’activité sur le marché du travail des décrocheurs était différente – 47 % avaient un emploi; 15 % étaient à la recherche d’un emploi; et 37 % étaient inactifs (graphique A4.1).

Graphique A4.1

Description du graphique A4.1

2. Les travailleurs des Premières Nations vivant hors réserve

Les données de l’EAPA démontrent qu’en général, plus les finissants et les décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve avaient un niveau de scolarité élevé, plus ils étaient susceptibles d’avoir un emploi. Il convient de souligner que bien qu’ils n’aient pas répondu aux exigences pour obtenir un diplôme d’études secondaires, près de 40 % des décrocheurs qui avaient un emploi avaient un niveau de scolarité supérieur au secondaire : 8 % avaient un diplôme d’études collégiales; 12 % avaient un certificat d’une école de métiers; et 15 % avaient fait des études postsecondaires partielles. 

Les décrocheurs de sexe masculin étaient plus susceptibles que les décrocheuses de travailler

En général, les hommes ont des taux d’emploi plus élevés que les femmes, tandis que les femmes ont souvent des responsabilités familiales supplémentaires qui peuvent les empêcher de participer pleinement à la population active (Ferrao, 2010). Ces différences étaient évidentes chez les décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve, les hommes étant plus nombreux que les femmes à avoir un emploi : 59 % contre 37 % (graphique A4.2). Cet écart se maintenait à presque tous les niveaux de scolarité, sauf chez les décrocheurs des deux sexes ayant un certificat d’une école de métiers ou un diplôme d’études collégiales, qui avaient des taux d’emploi semblables.

Parmi les finissants, les femmes étaient tout aussi susceptibles que les hommes d’avoir un emploi (70 % et 74 %), à l’exception des finissantes détenant un diplôme d’études collégiales, qui étaient moins susceptibles que leurs homologues masculins d’avoir un emploi (71 % contre 85 %).

Graphique A4.2

Description du graphique A4.2

Les jeunes finissants étaient moins susceptibles d’avoir un emploi

En général, les jeunes ont des taux d’emploi plus faibles que les adultes, surtout parce que bon nombre d’entre eux vont encore à l’école, et qu’ils n’ont donc peut-être pas la capacité ou le désir d’avoir un emploi (Shaienks et Gluszynski, 2009; Bernard, 2013).

Cette tendance était apparente chez les finissants les plus jeunes et les plus âgés des Premières Nations vivant hors réserve : 61 % des finissants de 18 à 24 ans avaient un emploi, comparativement à 75 % de ceux de 25 à 44 ans (graphique A4.3). Cependant, la différence entre les décrocheurs les plus jeunes et les plus âgés qui avaient un emploi (40 % et 51 %) n’était pas significative.

Graphique A4.3

Description du graphique A4.3

La majorité travaillait à temps plein

Au moment de leur entrevue de l’EAPA de 2012, la majorité des finissants (83 %) et des décrocheurs (82 %) des Premières Nations vivant hors réserve ayant un emploi travaillaient à temps plein. Toutefois, les hommes qui avaient un emploi étaient plus nombreux à travailler à temps plein que les femmes qui avaient un emploi. Parmi les finissants, 91 % des hommes contre 77 % des femmes travaillaient au moins 30 heures par semaine; les pourcentages correspondants chez les décrocheurs étaient de 88 % contre 72 %.

Comme il fallait s’y attendre, les jeunes travailleurs des Premières Nations vivant hors réserve étaient moins susceptibles de travailler à temps plein que ceux âgés de 25 à 44 ans : 68 % contre 88 %. La tendance était la même chez les finissants et les décrocheurs.

Raisons du travail à temps partiel

Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux travailleurs à temps partiel la principale raison pour laquelle ils travaillaient moins de 30 heures par semaine. Quatre travailleurs à temps partiel sur 10 (38 %) ont déclaré ne pas avoir trouvé de travail à temps plein. Les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants de citer cette raison : 56 % contre 33 %. Par ailleurs, 33 % des finissants contre 8 %E des décrocheurs qui travaillaient à temps partiel ont déclaré qu’ils fréquentaient un établissement d’enseignement postsecondaire.

Fourchette de revenu médian d’emploi

La fourchette de revenu médian d’emploi des finissants des Premières Nations vivant hors réserve était de 30 000 $ à 40 000 $, soit 10 000 $ de plus que celle des décrocheurs.9,10 Pour les finissants, un plus haut niveau de scolarité se traduisait par une fourchette de revenu médian plus élevée. Les finissants n’ayant pas fait d’études au-delà du secondaire avaient un revenu médian d’emploi dans la fourchette de 10 000 $ à 20 000 $; ceux qui avaient fait des études postsecondaires partielles ont déclaré une fourchette de 20 000 $ à 30 000 $. Les finissants ayant un diplôme d’études collégiales ou un certificat d’une école de métiers ont déclaré un revenu médian dans la fourchette de 30 000 $ à 40 000 $, et ceux qui détenaient un grade universitaire, de 40 000 $ à 50 000 $.

Le revenu médian d’emploi des décrocheurs à tous les niveaux de scolarité se situait dans la fourchette de 20 000 $ à 30 000 $. Les décrocheurs ayant fait des études postsecondaires partielles faisaient exception, affichant une fourchette de 30 000 $ à 40 000 $.

Le revenu d’emploi était différent pour les hommes et les femmes. En général, les femmes ont tendance à gagner moins que les hommes parce qu’elles sont plus susceptibles de travailler à temps partiel ou d’avoir moins d’ancienneté professionnelle à cause d’interruptions d’emploi pour s’occuper de la famille (Ferrao, 2010). Parmi les finissants des Premières Nations vivant hors réserve, les femmes ont déclaré une fourchette de revenu médian d’emploi de 20 000 $ à 30 000 $, et les hommes, de 40 000 $ à 50 000 $. Chez les décrocheurs, la fourchette de revenu médian d’emploi des femmes était de 10 000 $ à 20 000 $, comparativement à 20 000 $ à 30 000 $ chez les hommes.

3. Les chômeurs et les personnes inactives

Plus de la moitié (52 %) des décrocheurs des Premières Nations vivant hors réserve et 29 % des finissants ne travaillaient pas au moment de leur entrevue de l’EAPA de 2012.11 Plus précisément, 15 % des décrocheurs étaient sans emploi, et 37 % étaient inactifs; les chiffres correspondants pour les finissants étaient de 9 % et 20 % (graphique A4.1).

Raisons pour lesquelles les chômeurs n’ont pas trouvé d’emploi

Les difficultés les plus souvent citées par les Premières Nations vivant hors réserve à la recherche d’un emploi étaient une pénurie d’emplois (60 %), le manque d’expérience de travail requise (57 %), le manque de formation et d’études requises (50 %) et l’absence de moyen de transport (39 %).12

Les finissants et les décrocheurs sans emploi étaient tout aussi susceptibles les uns que les autres de citer les pénuries d’emplois, le manque d’expérience de travail et l’absence de moyen de transport comme raisons pour lesquelles ils n’avaient pas trouvé d’emploi (graphique A4.4). Comme il fallait s’y attendre, les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants de dire qu’ils n’avaient pas le niveau de scolarité ou de formation approprié (69 % contre 38 %).

Graphique A4.4

Description du graphique A4.4

Non-participation à la population active

Bien des gens qui sont inactifs sont des retraités, des personnes au foyer, des étudiants ou des personnes ayant une incapacité permanente. D’autres attendent des réponses d’employeurs potentiels, attendent d’être rappelés à un ancien emploi ou sont découragés parce qu’ils croient qu’il n’y a pas de travail disponible. Par ailleurs, certaines personnes inactives veulent en fait un emploi. C’était le cas du tiers (31 %) des Premières Nations vivant hors réserve qui étaient inactifs.

Dans le cadre de l’EAPA de 2012, les personnes inactives qui voulaient travailler devaient indiquer pourquoi elles n’avaient pas cherché de travail. Les deux raisons principales citées par les personnes inactives des Premières Nations vivant hors réserve étaient la maladie ou l’incapacité du répondant (21 %E) et les études (18 %E). Le quart (26 %E) des femmes ont dit qu’elles n’avaient pas cherché de travail parce qu’elles s’occupaient de leurs enfants, et 18 %E des hommes ont dit qu’ils fréquentaient l’école.13

Section 5 : Études ou formation supplémentaires

Les sections précédentes ont examiné les expériences scolaires passées des répondants et leur profil d’emploi au moment de l’enquête. Dans le cadre de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2012 (EAPA), on posait également aux Premières Nations vivant hors réserve des questions au sujet de leurs projets d’études supplémentaires et des obstacles à la formation.

Les obstacles tels que le coût, les contraintes de temps et les responsabilités familiales peuvent empêcher les gens de poursuivre les études ou de suivre la formation qu’ils voudraient. Les étudiants autochtones sont particulièrement susceptibles de faire face à des difficultés pour poursuivre leurs études (Conseil canadien sur l’apprentissage, 2009). Par exemple, certains peuvent manquer de ressources financières ou ne pas être au courant de l’aide offerte par des programmes d’aide aux étudiants. Parmi les autres obstacles, mentionnons le scepticisme à l’égard des avantages des études supplémentaires pour l’emploi (ce qui peut entraîner des problèmes de motivation) et le racisme subi ou perçu (Conseil canadien sur l’apprentissage, 2009).

Les obstacles aux études ou à la formation

D’après l’EAPA, les facteurs qui empêchent les Premières Nations vivant hors réserve âgés de 18 à 44 ans de poursuivre leurs études ou de suivre une formation divergeaient pour les décrocheurs et les finissants du secondaire. De plus, des différences entre les sexes et les groupes d’âge sont ressorties pour certains obstacles.

Les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants de déclarer qu’ils manquaient de confiance ou qu’ils ne se sentaient pas bien préparés pour poursuivre leurs études : 42 % ont mentionné cet obstacle, comparativement à 20 % des finissants (graphique A5.1). Les décrocheurs étaient également plus nombreux que les finissants à déclarer que la poursuite d’études n’était pas une priorité personnelle (45 % contre 25 %).

Comme susmentionné, la raison la plus fréquente pour laquelle les décrocheuses ont abandonné l’école était la grossesse ou les responsabilités familiales. Dans le même ordre d’idée, 62 % des décrocheuses ont déclaré que leurs responsabilités personnelles ou familiales les empêchaient de poursuivre leurs études ou de suivre une formation. Les finissantes (36 %), les décrocheurs de sexe masculin (38 %) et les finissants de sexe masculin (24 %) étaient moins enclins à citer cet obstacle.

Les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants de déclarer que des contraintes de temps (trop occupé, pas le temps d’étudier) les empêchaient de poursuivre leurs études ou de suivre une formation : 36 % contre 22 % chez les hommes, et 40 % contre 25 % chez les femmes. De plus, 40 % des décrocheurs de 25 à 44 ans ont cité des contraintes de temps comme obstacle à la formation, comparativement à 26 % des finissants de ce groupe d’âge. Les chiffres pour les 18 à 24 ans étaient de 35 % pour les décrocheurs et de 18 % pour les finissants.

Les décrocheurs étaient plus susceptibles que les finissants de déclarer que les coûts constituaient un obstacle à la formation (42 % contre 34 %), mais ces résultats ne s’appliquaient qu’aux hommes (43 % contre 30 %); les pourcentages chez les femmes n’étaient pas significativement différents (41 % et 36 %).

Les jeunes finissants étaient les moins portés à déclarer que les coûts les empêchaient de poursuivre leurs études ou de suivre une formation. Le quart (27 %) des finissants de 18 à 24 ans ont indiqué cet obstacle, comparativement à 41 % des décrocheurs de ce groupe d’âge, et 42 % des décrocheurs et 36 % des finissants de 25 à 44 ans.

Les décrocheurs étaient également plus susceptibles que les finissants de déclarer que les cours qui étaient disponibles ne correspondaient pas à leurs besoins (26 % contre 19 %). Comme dans le cas des coûts, ces résultats ne s’appliquaient qu’aux hommes (29 % contre 18 %); les pourcentages observés chez les femmes ne différaient pas de façon significative (23 % et 20 %). De plus, les décrocheurs de 25 à 44 ans étaient plus susceptibles que les finissants de ce groupe d’âge de déclarer cet obstacle (26 % contre 19 %). Les chiffres pour les 18 à 24 ans n’étaient pas significativement différents, s’établissant à 25 % pour les décrocheurs et à 21 % pour les finissants.

Les décrocheuses des Premières Nations vivant hors réserve étaient les plus susceptibles de déclarer que leur santé personnelle les empêchait de poursuivre leurs études ou de suivre une formation (29 %). En comparaison, 10 % des finissantes, 13 % des décrocheurs de sexe masculin et 9 %E des finissants de sexe masculin déclaraient la même chose. 

Graphique A5.1

Description du graphique A5.1

Les deux tiers ont l’intention de poursuivre leurs études

Les répondants de l’EAPA de 2012 devaient indiquer s’ils « planifiaient faire d'autres études pouvant mener à l'obtention d'un certificat, d'un diplôme ou d'un grade décerné par un établissement d'enseignement ».14 La majorité (65 %) des Premières Nations vivant hors réserve âgés de 18 à 44 ans a déclaré avoir de tels projets; 4 % étaient incertains. Les décrocheurs étaient plus nombreux que les finissants à planifier faire d’autres études (70 % contre 63 %).

Les pourcentages de décrocheurs et de finissants de sexe masculin qui projetaient de poursuivre leurs études ne divergeaient pas de façon significative (64 % et 61 %), mais chez les femmes, les décrocheuses étaient plus susceptibles que les finissantes de déclarer qu’elles avaient de telles intentions (75 % contre 64 %). Comme il fallait s’y attendre, les personnes âgées de 18 à 24 ans étaient plus susceptibles que celles âgées de 25 à 44 ans de déclarer qu’elles planifiaient faire d’autres études (79 % contre 59 %).

Les chômeurs étaient les plus susceptibles de planifier faire d’autres études

Les Premières Nations vivant hors réserve qui étaient sans emploi étaient plus susceptibles de planifier faire d’autres études (78 %) que ceux qui avaient un emploi (63 %) ou qui étaient inactifs (66 %). Ce résultat ne s’appliquait qu’à la situation chez les hommes; les pourcentages des femmes sans emploi ou inactives ayant déclaré avoir l’intention de poursuivre leurs études ne divergeaient pas de façon significative.

Chez les personnes âgées de 18 à 24 ans, les pourcentages des personnes ayant un emploi, sans emploi ou inactives et qui planifiaient faire d’autres études ne divergeaient pas de façon significative. Cependant, les personnes âgées de 25 à 44 ans ayant un emploi (57 %) étaient moins susceptibles que leurs homologues sans emploi (74 %) d’avoir de tels projets, tandis que le pourcentage des personnes inactives (62 %) ne divergeait pas de façon significative par rapport aux personnes ayant un emploi et celles sans emploi.

Notes

  1. Une analyse détaillée de la population autochtone en fonction de l’ENM de 2011 est disponible dans Les peuples autochtones au Canada : Premières Nations, Métis et Inuit
  2. Compte tenu de la structure du système d’éducation au Québec, l’élève typique obtiendra son diplôme d’études secondaires un an plus tôt que les élèves des autres provinces.
  3. La catégorie des problèmes scolaires comprend les difficultés relatives aux travaux scolaires ou aux enseignants et les expulsions.
  4. Dans cette étude, le terme « Autochtone » désigne les élèves qui se sont identifiés comme des Autochtones dans les données du ministère de l’Éducation de la Colombie-Britannique, et par conséquent, il peut inclure les élèves des Premières Nations (Indiens inscrits et non inscrits), métis et inuits.
  5. L’EAPA de 2012 permet d’analyser les personnes qui ont commencé des études postsecondaires mais ne les ont jamais terminées. Des données semblables ne peuvent pas être obtenues de l’ENM de 2011, qui interrogeait les répondants uniquement au sujet de leur plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu. Par conséquent, les résultats des deux enquêtes ne sont pas directement comparables.
  6. Bien que la plupart des personnes de 18 à 24 ans n’aient généralement pas de grade universitaire, les analyses incluent les personnes de ce groupe d’âge, qui pourraient avoir obtenu un certificat d’une école de métiers ou un diplôme d’études collégiales.
  7. Les pourcentages pour les sources de financement ne totalisent pas 100 % parce que les répondants pouvaient indiquer plus d’une source.
  8. Le financement de la bande ou d’AADNC est disponible uniquement pour les Indiens inscrits. Environ 64 % des répondants qui se sont identifiés comme Premières Nations avaient le statut d’Indien inscrit.
  9. Étant donné que le revenu d’emploi était déclaré en fourchettes, une fourchette de revenu médian est calculée. La « fourchette médiane » est la catégorie pour laquelle le pourcentage cumulatif des répondants se rapprochait le plus de 50 %.
  10. Les données ont trait seulement aux personnes qui avaient un emploi la semaine précédant leur entrevue de l’EAPA et qui ont déclaré leur revenu d’emploi personnel.
  11. Il est important d’établir la distinction entre les deux catégories de « non-travailleurs ». Les répondants qui avaient cherché activement un emploi au cours des quatre semaines précédentes sont définis comme des « chômeurs »; ceux qui ne travaillaient pas et qui n’ont pas cherché de travail sont classés dans la catégorie des « inactifs ».
  12. Les pourcentages ne totalisent pas 100 % parce que les répondants pouvaient indiquer plus d’une raison.
  13. La petite taille de l’échantillon empêche toute analyse plus poussée selon le statut de finissant/décrocheur et l’âge.
  14. Pour les répondants qui fréquentaient un établissement d’enseignement postsecondaire au moment de leur entrevue de l’EAPA, il s’agissait des études au-delà de leurs études en cours.
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