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    Enquête auprès des peuples autochtones de 2012

    Caractéristiques de la population active métisse : constatations de l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2012

    Caractéristiques de la population active métisse : constatations de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2012

    par Thomas Anderson et Lori Hohban

    Introduction

    Les Métis constituent l’un des trois groupes de peuples autochtones au Canada reconnus en vertu de la Constitution (Loi constitutionnelle, 1982). En 2011, 451 790 personnes ont déclaré une identité métisseNote 1, soit 32,3 % de la population d’identité autochtone totale et 1,4 % de la population totale du Canada (Enquête nationale auprès des ménages, 2011).

    La population métisse est jeune et en pleine croissance. En 2011, l’âge médian des Métis s’établissait à 31,4 ans, par rapport à 40,1 ans pour la population totale du Canada, selon l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM). De 2006 à 2011, le nombre de personnes qui se sont identifiées comme Métis a augmenté de 16,3 %, alors que la population canadienne totale s’est accrue de 5,7 %. En raison de cette croissance et du vieillissement de la population du Canada, les Métis peuvent contribuer grandement à combler les lacunes sur le marché du travail et à accroître les effectifs. Selon la publication de la Chambre de commerce de Calgary intitulée Closing the Gap: Partnering for Métis Labour Market Success :

    Les collectivités métisses du Canada représentent une excellente occasion pour le gouvernement et les entreprises. Il s’agit d’un marché de consommation émergent, d’une main-d’œuvre qualifiée et en pleine croissance et de clients appréciés. Les Métis sont jeunes, urbains et très mobiles. (Chambre de commerce de Calgary, 2012)

    Bien que l’analyse des caractéristiques socioéconomiques des Métis représente un important domaine d’étude, il est capital de reconnaître la diversité existant au sein de la population métisse. Plusieurs façons de concevoir l’identité métisse se font concurrence et se chevauchent parfois, s’entremêlant avec des questions d’histoire, de langue, d’acceptation du groupe et d’emplacement géographique (Sawchuk, 2001). Pour certains, l’identité métisse se rattache particulièrement au fait d’avoir un lien ancestral avec ce que le Ralliement national des Métis appelle « la communauté métisse historique » (Ralliement national des Métis, 2011), qui tire ses origines dans les provinces des Prairies ainsi que dans des parties de l’Ontario, de la Colombie‑Britannique, des Territoires du Nord‑Ouest et du nord des États-Unis (Sawchuk, 2001). Pour d’autres, l’identité métisse a une définition plus élargie et englobe toutes les personnes qui s’identifient comme Métis (Commission royale sur les peuples autochtones, 1996).

    Les études portant sur les caractéristiques de la population active métisses sont limitées, même si des recherches antérieures ont souligné le fait que le taux d’emploi des Métis était historiquement inférieur à celui de la population non autochtone (Ciceri et Scott, 2006). De façon plus générale, le récent repli du marché du travail (de 2008 à 2011) a été plus long pour les peuples autochtones que pour la population non autochtone (Usalcas, 2011).

    Afin de combler cette lacune sur le plan des connaissances, la présente étude dresse un profil descriptif des caractéristiques de la population active métisse à l’aide des données de l’Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2012. Lorsqu’elles s’appliquent, et pour présenter le contexte, les estimations de l’EAPA pour les Métis sont comparées à celles de la population totale provenant de l’Enquête sur la population active (EPA). Étant donné les différences méthodologiques entre ces deux enquêtes, les écarts entre les estimations n’ont pas fait l’objet d’un test afin d’en vérifier la signification statistique.

    D�but de l'encadr�

    Sources des données, méthodes et concepts

    Enquête auprès des peuples autochtones et Enquête sur la population active

    Les sources des données de la présente analyse sont l’Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) et l’Enquête sur la population active (EPA) de 2012.

    L’EAPA de 2012 est une enquête nationale sur les Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit âgés de 6 ans et plus en date du 1er février 2012. Elle exclut les personnes vivant dans les réserves et les établissements indiens et dans certaines collectivités des Premières Nations du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. L’enquête a été menée du 6 février au 31 juillet 2012. Son échantillon d’environ 50 000 répondants se composait de personnes ayant déclaré une identité ou une ascendance autochtone lors de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011.

    L’EPA est une enquête-ménages mensuelle qui recueille de l’information sur l’activité sur le marché du travail de la population civile du Canada non institutionnalisée et vivant hors réserve âgée de 15 ans et plus. La taille de l’échantillon est d’environ 56 000 ménages.

    Pour obtenir plus de renseignements sur l’EPA ou l’EAPA de 2012, veuillez consulter la publication Enquête auprès des peuples autochtones, 2012 : Guide des concepts et méthodes (Cloutier et Langlet, 2013) ainsi que le Guide de l’Enquête sur la population active (Statistique Canada, 2013), dans la section « Références » du présent document.

    Comparabilité entre les enquêtes

    Les questions sur la population active de l’EAPA de 2012 sont identiques à celles de l’EPA. Toutefois, les questions relatives à la population active sont posées aux répondants pour une semaine de référence particulière. Dans le cas de l’EPA, la semaine de référence est la semaine civile (du dimanche au samedi) visée par chaque mois de l’EPA — habituellement la semaine où tombe le 15e jour du mois. Par contre, pour l’EAPA de 2012, on a utilisé une semaine de référence flottante, qui était la plus récente période complète de sept jours commençant un dimanche et se terminant le samedi suivant. Par conséquent, la semaine de référence de l’EAPA repose sur la date de l’interview. Afin d’assurer la comparabilité avec l’EAPA, on a utilisé la moyenne des estimations mensuelles de l’EAPA pour la même période de référence (de février à juillet 2012).

    Les estimations de l’EPA et de l’EAPA dans la présente analyse excluent les données sur les territoires. Ainsi, les renvois aux totaux « nationaux » pour l’EAPA et l’EPA portent sur les 10 provinces. L’expression « Prairies » renvoie au Manitoba, à la Saskatchewan et à l’Alberta.

    Les données de l’EPA et de l’EAPA n’ont pas été désaisonnalisées. Les réponses « Ne sait pas », « Refus » et « Non déclaré » de l’EPA ont été exclues du calcul des estimationsNote 1, alors que les données manquantes sont imputées dans l’EPA.

    Bien que les questions sur la population active de l’EAPA de 2012 soient identiques à celles de l’EPA, les estimations entre les deux enquêtes n’ont pas fait l’objet d’un test pour en vérifier la signification en raison de différences méthodologiques entre les deux.

    Toutes les estimations des deux enquêtes reposent sur des poids d’enquête qui tiennent compte du plan d’échantillonnage, de la non-réponse et des totaux de la population connus. L’EAPA calcule les estimations de la variance au moyen des poids bootstrap. Dans le cas de l’EPA, on utilise les poids jackknife.

    Dans le cadre de l’EAPA, les comparaisons des intervalles de confiance entre les estimations ont servi à déterminer si l’écart entre eux était significatif. Si les intervalles de confiance de 95 % ne se chevauchaient pas, l’écart entre les deux estimations était considéré comme étant significatif. Cette approche est conservatrice puisque des tests de signification statistique peuvent déceler des différences, et ce, même si les intervalles de confiance se chevauchent.

    Les estimations comportant des coefficients de variation de plus de 16,6 %, mais inférieurs ou égaux à 33,3 %, devraient être interprétées avec prudence et sont indiquées par un (E). Les estimations comportant des coefficients de variation supérieurs à 33,3 % ont été supprimées.

    Fin de l'encadr�

    Le taux d’emploi des Métis était comparable à celui de la population totale en 2012

    Lors de l’EAPA de 2001, le taux d’emploi des Métis s’établissait à 63,8 %, alors qu’au moment de l’EAPA de 2012, celui-ci était de 64,0 %Note 2.

    Lorsque l’on analyse les données tirées de l’EPA de 2012, le taux d’emploi des Métis était comparable à celui de la population totale du Canada (60,7 % contre 61,8 %). Le taux de chômage était plus élevé chez les Métis (10,3 %) que dans la population totale (7,2 %), mais cette différence est peut-être attribuable à la jeunesse de la population métisse comme il a été mentionné précédemment. Les personnes actives plus jeunes, de 15 à 24 ans, sont plus susceptibles d’être au chômage.

    Les taux d’emploi les plus élevés ont été observés dans les provinces de l’Ouest

    Selon les données de l’EAPA de 2012, sur les 342 530 Métis âgés de 15 ans et plus, 219 350 avaient un travail, ce qui représente un taux d’emploi de 64,0 %Note 3,Note 4. Selon celles de l’EPA, le taux d’emploi de la population totale au Canada se situait à 61,9 %Note 5. Le graphique 1 montre les taux d’emploi des Métis et de la population totale du Canada, selon le groupe d’âge et le sexe.

    Dans le principal groupe d’âge actif, constitué des personnes de 25 à 54 ans, les hommes étaient plus susceptibles que les femmes d’occuper un emploi (80,9 % contre 72,7 %). La même tendance a été observée pour la population totale du Canada, les hommes affichant un taux d’emploi de 84,8 % par rapport à 77,4 % pour les femmes, selon les données de l’EPA.

    Graphique 1 Taux d'emploi selon le sexe et le groupe d'âge, Métis et population totale, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 1

    Le graphique 2 illustre le taux d’emploi normalisé selon l’âge chez les Métis et au sein de la population totale du Canada, selon le sexeNote 6.

    Graphique 2 Taux d'emploi normalisé selon l'âge, selon le sexe, Métis et population totale âgée de 15 ans et plus, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 2

    Des écarts  entre les taux d’emploi des Métis selon la région ont été observés. L’essor économique des provinces des Prairies, notamment dans le secteur de l’extraction d’énergie (Marchand, 2011), a donné lieu à des taux d’emploi globaux plus élevés et des taux de chômage plus faibles que pour le reste du Canada (Chawla, 2008; Galarneau, 2013; Statistique Canada, 2014).

    D’après les données de l’EAPA de 2012, les Métis des Prairies étaient plus susceptibles que ceux vivant ailleurs au Canada d’occuper un emploi (67,4 % contre 60,8 %). Dans les Prairies, le taux d’emploi des hommes (72,0 %) était beaucoup plus élevé que celui des femmes (63,4 %). Selon les résultats de l’EPA de 2012, cet écart était également observable au sein de la population totale (données non présentées).

    Parmi les provinces, les taux d’emploi de la population métisse étaient les plus élevés en Alberta (68,1 %), au Manitoba (67,6 %), en Colombie-Britannique (66,1 %) et en Saskatchewan (65,9 %). Le graphique 3 présente les taux d’emploi des Métis selon la province.

    Graphique 3 Taux d'emploi selon la province, Métis âgés de 15 ans et plus, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 3

    Industrie et professions

    Les secteurs d’activité où les hommes métis occupaient le plus souvent un emploi étaient la construction (17,0 %), la fabrication (11,3 %), le commerce de détail (8,5 %) ainsi que le transport et l’entreposage (8,5 %). Les secteurs d’activité où l’on trouvait le plus de femmes métisses étaient les soins de santé et l’assistance sociale (22,6 %), le commerce de détail (12,7 %), les services d’enseignement (11,2 %) ainsi que les services d’hébergement et de restauration (10,5 %).

    La catégorie professionnelle la plus courante chez les Métis occupant un emploi était celle liée à la vente et aux services : plus de 64 000 Métis œuvraient dans ce secteur, ou 29,5 % de tous les Métis ayant un emploi (graphique 4). Au deuxième et au troisième rang des catégories professionnelles les plus courantes venaient les métiers, le transport, la machinerie et les domaines apparentés (18,7 %) ainsi que les affaires, la finance et l’administration (16,0 %).

    Graphique 4 Classification nationale des professions, certaines professions, Métis âgés de 15 ans et plus, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 4

    Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes d’occuper un emploi dans la catégorie professionnelle des métiers, du transport, de la machinerie et des domaines apparentés (34,7 % contre 3,2 %E). Toutefois, les hommes étaient moins enclins que les femmes à occuper un emploi dans la catégorie professionnelle des affaires, de la finance et de l’administration (7,3 % contre 24,4 %) et dans celle de la vente et des services (22,6 % contre 36,2 %).

    Plus de la moitié des Métis de 15 à 24 ans occupant un emploi travaillaient dans la catégorie professionnelle de la vente et des services; cette proportion était considérablement supérieure à celle observée dans le principal groupe d’âge actif (52,2 % contre 24,0 %). En revanche, les Métis faisant partie du principal groupe d’âge actif étaient plus susceptibles d’occuper un emploi dans la catégorie professionnelle de la gestion (6,7 % contre 1,4 %E) et dans celle des sciences naturelles et appliquées et des domaines apparentés (4,7 % contre 1,6 %E).

    Le tableau 1 illustre la répartition professionnelle normalisée selon l’âge chez les Métis et au sein de la population totale au Canada. Les estimations reposent sur l’EAPA et l’EPA de 2012, pour chaque population respective.

    Tableau 1
    Répartition professionnelle normalisée en fonction de l’âge selon le sexe, Métis et population totale occupés et âgés de 15 ans et plus, Canada sauf les territoires, 2012
    Sommaire du tableau
    Le tableau montre les résultats de Répartition professionnelle normalisée en fonction de l’âge selon le sexe. Les données sont présentées selon Classification nationale des professions (titres de rangée) et Population totale au Canada, Métis, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
    Classification nationale des professions Population totale au Canada Métis
    Hommes Femmes Hommes Femmes
    pourcentage
    Population occupée totale 100,0 100,0 100,0 100,0
    Gestion 10,4 6,5 8,9 5,0
    Affaires, finance et administration 10,2 26,4 7,3 25,1
    Sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés 11,1 3,2 6,1 1,7Note E: à utiliser avec prudence
    Secteur de la santé 2,4 11,6 1,8Note E: à utiliser avec prudence 11,4
    Sciences sociales, enseignement, administration publique et religion 5,4 13,5 5,1 13,0
    Arts, culture, sports et loisirs 2,6 3,9 3,2Note E: à utiliser avec prudence 3,6
    Vente et services 20,3 28,7 21,7 34,2
    Métiers, transport, machinerie et professions apparentées 26,6 2,0 34,8 3,4Note E: à utiliser avec prudence
    Professions propres au secteur primaire 4,7 1,3 5,5 Note F: trop peu fiable pour être publié
    Professions propres à la transformation, à la fabrication et aux services d’utilité publics 6,3 2,8 5,6 1,3Note E: à utiliser avec prudence

    Durée moyenne d’occupation de l’emploi chez les Métis

    La durée d’occupation de l’emploi renvoie à la période où les travailleurs ont occupé leur poste actuel. La durée moyenne d’occupation de l’emploi chez les Métis était de 87,2 mois — 96,9 mois pour les travailleurs à temps plein et 48,0 mois pour ceux à temps partiel. Le graphique 5 illustre la durée moyenne d’occupation de l’emploi chez les Métis, présentée en mois, selon les données de l’EAPA de 2012, et au sein de la population totale du Canada, selon celles de l’EPA, le groupe d’âge et le sexe.

    Graphique 5 Durée d'occupation de l'emploi selon le sexe et le groupe d’âge, nombre moyen de mois, Métis et population totale occupés et âgés de 15 ans et plus, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 5

    Quatre Métis sur cinq occupaient un emploi permanent

    Dans le cadre de l’EAPA de 2012, les répondants âgés de 15 ans et plus qui avaient un travail devaient indiquer si leur emploi était permanent ou dire si cet emploi était d’un manière ou d’une autre non permanent. Plus de quatre Métis occupés sur cinq (84,2 %) avaient un emploi permanent. La proportion était plus élevée chez les Métis faisant partie du principal groupe d’âge actif (88,8 %) que chez ceux de 15 à 24 ans (71,4 %).

    Près de quatre Métis occupés sur cinq travaillaient à temps plein (79,7 %), alors que 20,3 % (44 240) d’entre eux le faisaient à temps partiel. On a demandé à ces derniers la principale raison pour laquelle ils travaillaient habituellement moins de 30 heures par semaine.

    Une proportion plus élevée de femmes que d’hommes travaillaient à temps partiel (28,5 % contre 11,7 %). La raison la plus souvent invoquée par les femmes métisses de travailler à temps partiel était la fréquentation d’une école (28,6 %), suivie de la conjoncture économique (17,6 %) et des soins aux enfants (16,7 %). Les deux raisons le plus souvent déclarées par les hommes métis étaient la fréquentation d’une école (40,7 %) et la conjoncture économique (25,6 %). Le graphique 6 présente certaines raisons de travailler à temps partiel mentionnées par les Métis et la population totale du Canada.

    Graphique 6 Certaines raisons de travailler à temps partiel, Métis et population totale du Canada, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 6

    Le chômage et les inactifs

    Le taux de chômage dans la population métisse a augmenté, passant de 7,0 % en 2008 à 9,8 % en 2010. Ce taux était plus élevé que celui de la population non autochtone, qui est passé de 5,0 % à 6,8 % au cours de la même période (Usalcas, 2011). Dans le cadre de l’EAPA de 2012, les Métis affichaient un taux de chômage de 9,2 %, ce qui constitue une baisse par rapport à celui de 12,0 % observé lors de l’EAPA de 2001.

    Le taux de chômage des hommes métis s’établissait à 9,7 %, et celui des femmes métisses, à 8,7 %. Le graphique 7 illustre les taux de chômage des Métis et de la population totale du Canada selon le sexe, en 2012.

    Graphique 7 Taux de chômage selon le sexe, Métis et population totale agés de 15 ans et plus, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 7

    Les taux de chômage provinciaux chez les Métis étaient les plus faibles en Saskatchewan (6,6 %E) et en Alberta (7,2 %). À l’inverse, ils étaient les plus élevés dans les provinces de l’Atlantique (13,1 %E), au Québec (12,1 %E) et en Ontario (11,7 %E).

    Difficultés à trouver du travail et méthodes de recherche d’emploi

    On a demandé aux répondants qui étaient au chômage d’indiquer s’ils avaient de la difficulté à trouver un emploi en raison de certains facteurs. La difficulté la plus souvent déclarée par les Métis était la pénurie d’emplois, un peu plus de trois répondants sur cinq (62,5 %) ayant mentionné ce facteur (graphique 8). Un peu plus de la moitié (51,1 %) ont dit ne pas avoir l’expérience requise pour occuper les postes disponibles, et un peu moins de la moitié (49,1 %) ont indiqué que leurs études ou leur formation étaient insuffisantes. L’incertitude posait également un problème lors de la recherche d’emploi chez les Métis au chômage puisque 28,9 % d’entre eux ont affirmé ne pas savoir quel type d’emploi ils souhaitaient occuper, et 22,8 % ont mentionné ne pas savoir où chercher du travail. Un peu plus du quart des Métis au chômage (27,7 %) ont déclaré ne pas avoir de moyen de transport pour occuper les emplois disponibles.

    Graphique 8 Difficultés déclarées à trouver un emploi, Métis au chômage âgés de 15 ans et plus, Canada, territoires non compris, 2012

    Description du graphique 8

    Chez les Métis au chômage, les méthodes de recherche d’emploi les plus courantes étaient le fait de communiquer directement avec des employeurs éventuels (58,5 %) ainsi que la recherche sur Internet (57,8 %). Un peu plus d’un Métis sur cinq (20,1 %) a cherché du travail par l’intermédiaire d’amis ou de parents. De plus, 16,3 %E d’entre eux ont mis une annonce dans un journal ou ailleurs ou ont répondu à une telle annonce, et 15,8 %E se sont adressés à une agence de placement publique.

    Parmi les Métis âgés de 15 ans et plus, un peu moins de trois sur dix étaient inactifs (29,5 %), la majorité des personnes inactives étant des femmes (57,9 %). L’âge moyen des personnes inactives était de 47,2 ans, ce qui est considérablement plus élevé que celui de la population active (38,2 ans).

    Dans le cadre de l’EAPA de 2012, on demandait aux répondants qui voulaient occuper un emploi, mais qui n’avaient pas cherché de travail au cours de la semaine précédente (les personnes inactives), la principale raison pour laquelle ils n’avaient pas cherché d’emploi. Un pourcentage estimatif de 38,5 % des Métis qui n’avaient pas cherché de travail ont mentionné comme raison la maladie ou une incapacité; ce pourcentage était significativement plus élevé chez les Métis de 25 à 54 ans (56,0 %) que chez ceux de 15 à 24 ans (9,9 %E). Pour 21,4 % des Métis qui ne cherchaient pas un emploi, la principale raison invoquée était le fait qu’ils étaient aux études.

    Conclusions

    Dans bien des cas, on constate les mêmes tendances d’emploi dans la population métisse que dans la population totale. Les écarts qui existent peuvent souvent s’expliquer par la jeunesse relative des Métis, signe qui pourrait être l’indice de leur émergence et de leurs possibilités futures sur le marché du travail canadien.

    Les caractéristiques de la population active métisse variaient selon la province. Les Métis vivant dans les Prairies étaient plus susceptibles que ceux ailleurs au Canada d’occuper un emploi. Ils avaient en outre moins tendance à être au chômage. Néanmoins, ces différences au chapitre de la population active sont très probablement le reflet de la réalité économique de chaque région et non des écarts entre des groupes régionaux.

    Prochaines étapes

    Ce profil constitue la première étape de l’analyse des résultats sur le marché du travail des Métis et des facteurs sociaux et économiques auxquels ces résultats sont liés. L’EAPA de 2012 est la source de données la plus complète qui soit pour étudier la population métisse. Il serait utile de faire une analyse approfondie qui permettrait d’examiner le niveau d’éducation et de compétences des Métis, puisque la moitié de la population au chômage a indiqué avoir de la difficulté à chercher un emploi en raison  d’un manque d’expérience, et que la même proportion a déclaré que les études ou la formation étaient insuffisantes. L’analyse du revenu et de la santé des Métis en ce qui concerne leurs résultats sur le marché du travail permettrait également de mieux comprendre la question.

    Définitions

    Chômeurs

    Nombre de personnes qui, au cours de la semaine de référence, étaient sans emploi, avaient activement cherché du travail au cours des quatre dernières semaines et étaient prêtes à travailler. Les personnes mises à pied ou qui devaient commencer un nouvel emploi dans quatre semaines ou moins étaient considérées être des chômeurs.

    Durée d’occupation de l’emploi

    Fait référence au nombre de mois au cours desquels un répondant occupé ou un travailleur autonome a travaillé pour son employeur ou son entreprise actuelle.

    Emploi permanent

    Désigne un emploi qui devrait durer aussi longtemps que l’employé le désire, à la condition que la conjoncture économique le permette; c’est-à-dire que la date de cessation de l’emploi n’est pas déterminée à l’avance.

    Emploi temporaire

    Il s’agit d’un emploi dont la date de cessation est prédéterminée, ou qui se terminera dès qu’un projet déterminé aura pris fin. Comprend les emplois saisonniers; les emplois temporaires, d’une durée déterminée ou dans le cadre d’un contrat de travail, y compris le travail fait par l’entremise d’une agence de placement; les emplois occasionnels; et tout autre travail temporaire.

    Identité autochtone

    Fait référence aux personnes ayant déclaré s’identifier à au moins un groupe autochtone (Indien de l’Amérique du Nord, Métis ou Inuit). Aux fins de la présente analyse, les Métis se définissent comme des répondants qui se sont identifiés comme Métis et/ou comme Métis en combinaison avec Indien de l’Amérique du Nord ou Inuit à l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2011.

    Personne occupée

    Nombre de personnes qui, pendant la semaine de référence, travaillaient contre rémunération ou à leur compte, ou effectuaient un travail familial non rémunéré ou occupaient un emploi, mais n’étaient pas au travail en raison d’une maladie ou d’une incapacité, pour des obligations personnelles ou familiales, à la suite d’un conflit de travail, de vacances ou pour toute autre raison.

    Population active

    Désigne les personnes qui étaient au travail ou au chômage pendant la semaine de référence.

    Taux d’activité

    Pourcentage de la population active totale par rapport à l’ensemble de la population âgée de 15 ans et plus. Le taux d’activité pour un groupe donné (par exemple les femmes de 25 ans et plus) correspond  au pourcentage de la population active dans ce groupe par rapport à l’effectif total du groupe.

    Taux de chômage

    Nombre de chômeurs exprimé en pourcentage de la population active. Le taux de chômage pour un groupe donné (selon l’âge, le sexe ou l’état matrimonial) correspond au nombre de chômeurs dans ce groupe exprimé en pourcentage de la population active dans ce groupe.

    Taux d’emploi

    Nombre de personnes occupées exprimé en pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus. Le taux d’emploi d’un groupe particulier (selon l’âge, le sexe ou l’état matrimonial) correspond au nombre de personnes occupées dans ce groupe exprimé en pourcentage de l’effectif de ce groupe.

    Annexe A

    Tableau A1
    Taux de non-réponse partielle, Canada, territoires non compris, population métisse âgée de 15 ans et plus, 2012
    Sommaire du tableau
    Le tableau montre les résultats de Taux de non-réponse partielle. Les données sont présentées selon Variable (titres de rangée) et Description et Pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
    Variable Description Pourcentage
    DLFSTAT Situation d'activité 2,6
    DINDG12 Secteur d'industrie, d'entreprise ou de service — SCIAN 2012 4,4
    DOCCG06 Catégorie professionnelle — CNP-S 2006 4,5
    DJOBTENG Emploi ou entreprise actuels — Durée — Groupées 11,6
    DPJOBST Permanence d’emploi 5,2
    DFTPT Situation d'emploi — Temps plein ou temps partiel 4,2
    PT_01 Travaillé moins de 30 heures par semaine - Raison principale 17,9
    LW_03A Difficulté à trouver un emploi — Ne savait pas où chercher du travail 26,2
    LW_03B Difficulté à trouver un emploi — Ne savait pas quel type d'emploi chercher 26,2
    LW_03C Difficulté à trouver un emploi — N'avait pas suffisamment d'expérience de travail 26,9
    LW_03D Difficulté à trouver un emploi — Études ou formation insuffisantes 28,1
    LW_03E Difficulté à trouver un emploi — N'avait pas de moyen de transport 27,9
    LW_03F Difficulté à trouver un emploi — Pénurie d'emplois 28,9
    LW_03G Difficulté à trouver un emploi — Autre 27,9
    LW_01A Méthode de recherche d’emploi — A communiqué directement avec un employeur 27,5
    LW_01B Méthode de recherche d’emploi — Par l'intermédiaire d'amis ou de membres de la famille 27,5
    LW_01C Méthode de recherche d’emploi — Par l'intermédiaire de collègues de travail 27,5
    LW_01D Méthode de recherche d’emploi — Annonce dans le journal 27,5
    LW_01E Méthode de recherche d’emploi — Babillard ou radio communautaire 27,5
    LW_01F Méthode de recherche d’emploi — A communiqué avec une agence de placement publique 27,5
    LW_01G Méthode de recherche d’emploi — A communiqué avec un organisme autochtone ou un centre d'emploi 27,5
    LW_01H Méthode de recherche d’emploi — Recommandé par un autre employeur 27,5
    LW_01I Méthode de recherche d’emploi — Recherche sur Internet 27,5
    LW_01J Méthode de recherche d’emploi — Recommandé par un syndicat 27,5
    LW_01K Méthode de recherche d'emploi — Autre 27,5
    DW_02 N’a pas cherché du travail la semaine dernière — Raison principale 33,4

    Notes

    Références

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