Fécondité : aperçu, 2008

par Anne Milan

Nombre de naissances

Le présent chapitre traite de la fécondité au Canada au cours de la période de 2006 à 2008. Outre le nombre de naissances, plusieurs indicateurs sont analysés, notamment l'indice synthétique de fécondité, l'âge moyen des mères à la maternité, le rang de naissance et la descendance finale. On examinera également, s'il y a lieu, les tendances historiques ainsi que les tendances provinciales et territoriales.

En 2008, 377 900 bébés sont nés au Canada, un nombre à la hausse par rapport aux 367 900 naissances survenues en 2007 et 354 600 naissances en 2006 (figure 1). Le nombre de naissances en 2008 a été le plus élevé enregistré depuis 1995 et s'inscrit dans une tendance à la hausse qui a débuté en 2003. Le nombre des naissances a fluctué au cours du siècle dernier. Il était relativement faible dans les années 1920 et 1930, soit la période de la Grande Crise et de la Seconde Guerre mondiale. Cette période a été suivie d'une augmentation des naissances de 1946 à 1965, augmentation connue sous le nom de baby-boom. Au paroxysme du baby-boom, en 1959, on comptait 479 300 naissances au Canada. Dans les années 1970 et durant une bonne partie des années 1980, le nombre des naissances a diminué pour augmenter de nouveau à 404 700 naissances en 1990, soit le nombre le plus élevé des deux dernières décennies. Pendant le reste des années 1990, le nombre de naissances a diminué pour atteindre 327 900 en 2000, le nombre le plus faible observé depuis 1945.

Figure 1 Naissances au Canada, 1926 à 2008

En 2007 et 2008, les naissances ont augmenté dans la plupart des provinces et dans un territoire comparativement à 2006 (tableau 1). Parmi les provinces, seule l'Île-du-Prince-Édouard a connu une légère baisse des naissances en 2007 comparativement à 2006, mais le nombre était de nouveau à la hausse en 2008. Compte tenu du nombre peu élevé des naissances dans les territoires, on remarque une certaine variabilité dans les tendances au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, mais également une augmentation soutenue au Nunavut. Des données plus récentes sur les naissances en Colombie-Britannique indiquent une augmentation du nombre des naissances en 2009, poursuivant une tendance qui a commencé au début des années 20001. Le Québec a également diffusé des données provinciales sur les naissances en 2010 et ces données indiquent une légère diminution des naissances comparativement à l'année précédente, une première depuis 20022. Le Québec était parmi les premières provinces à avoir enregistré une augmentation du nombre des naissances au début des années 2000. Si les autres provinces et territoires suivent la même tendance que celle du Québec, on pourrait voir le nombre des naissances se stabiliser ou même diminuer au cours des prochaines années.

Tableau 1 Naissances et taux de fécondité, Canada, provinces et territoires, 1981 à 2008

Indice synthétique de fécondité

L'indice synthétique de fécondité (ISF) renvoie au nombre d'enfants qu'une femme aurait au cours de sa vie reproductive si elle connaissait, à chaque âge, les taux de fécondité observés au cours d'une année civile donnée. Cette mesure est donc fondée sur une compilation des expériences en matière de fécondité de nombreuses cohortes de femmes au cours d'une année donnée. L'indice synthétique de fécondité a pour avantage d'être facile à calculer, de permettre des comparaisons annuelles et internationales, et de ne pas être affecté par des variations dans la taille de la population ou dans la structure par âge. En 2008, l'indice synthétique de fécondité était de 1,68 enfant par femme, une augmentation par rapport à 2007 (1,66) et à 2006 (1,61). L'indice synthétique de fécondité en 2008 était le plus élevé observé depuis 1994 au Canada. Malgré cette hausse, l'indice synthétique de fécondité demeure sous le seuil de remplacement des générations qui est d'environ 2,1 enfants par femme, un niveau qui représente l'indice qu'il faut maintenir pour remplacer la population en l'absence de migration.

Entre 2006 et 2008, l'indice synthétique de fécondité a suivi la tendance nationale à la hausse à Terre-Neuve-et-Labrador, au Nouveau-Brunswick, au Québec, en Ontario, en Saskatchewan, en Alberta et au Nunavut en comparaison avec 2005. Les autres provinces et territoires ont enregistré certaines variations. De 2007 à 2008, l'indice a augmenté dans la plupart des provinces et des territoires, sauf au Manitoba et en Colombie-Britannique (stable) et dans les Territoires du Nord-Ouest où il a connu une légère baisse. Les provinces et les territoires qui ont atteint ou dépassé la moyenne nationale en 2008 sont l'Île-du-Prince-Édouard, le Québec, le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. Pendant la période de 2006 à 2008, l'indice synthétique de fécondité a été le plus élevé au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest (tableau 2). On remarque que l'indice était près de trois enfants par femme au Nunavut en 2008 (2,98) et qu'il était également élevé dans les Territoires du Nord-Ouest (2,08). En 2007 et en 2008, la Saskatchewan était la seule province qui présentait un indice synthétique de fécondité plus élevé que deux enfants par femme, avec des indices de 2,03 et 2,05 respectivement. Au Québec, l'indice synthétique de fécondité était de 1,74 en 2008, et des données provinciales plus récentes pour cette province indiquent qu'il est demeuré stable en 2009, après un certain nombre d'années de hausse. L'indice synthétique de fécondité est plus élevé au Québec que dans l'ensemble du Canada depuis 2006, mais il était moins élevé dans les années antérieures, entre 1960 et 20053. La Colombie-Britannique présentait le plus faible indice synthétique de fécondité parmi toutes les provinces en 2008 (1,51).

Tableau 2 Indice synthétique de fécondité (nombre d'enfants par femme), Canada, provinces et territoires, 1981 à 2008

À l'échelle infraprovinciale, on remarque une grande variation de l'indice synthétique de fécondité dans les régions métropolitaines de recensement en 2008 (tableau 3). Dans l'ensemble, l'indice synthétique de fécondité dans les régions métropolitaines de recensement (1,59) était sous la moyenne nationale (1,68), alors qu'il était plus élevé que cette moyenne dans les régions hors régions métropolitaines de recensement (1,90). Les indices synthétiques de fécondité les plus faibles étaient observés dans les régions métropolitaines de recensement de Victoria (1,33) et de Vancouver (1,36), et l'indice le plus élevé était celui d'Abbotsford-Mission (2,02).

Tableau 3 Indice synthétique de fécondité selon la région métropolitaine de recensement, Canada, 2008

À l'échelle internationale, certains pays présentent des indices synthétiques de fécondité inférieurs à celui du Canada. Par exemple, l'indice synthétique de fécondité de 2008 était inférieur à celui du Canada en Hongrie (1,35), au Japon (1,37), en Allemagne (1,38) et en Italie (1,41)4. Même s'il était toujours sous le seuil de remplacement des générations, l'indice synthétique de fécondité était plus élevé qu'au Canada dans un certain nombre d'autres pays européens : en Belgique (1,82), au Danemark (1,89), en Suède (1,91), en Norvège (1,96), au Royaume-Uni (1,96) et en France (2,00). Aux États-Unis, l'indice synthétique provisoire de fécondité en 2009 était de 2,015. Les deux pays les plus populeux, la Chine et l'Inde, avec des populations de 1,3 milliard et 1,2 milliard de personnes respectivement, avaient un indice synthétique de fécondité en 2006 de 1,78 et 2,54 respectivement6. Dans les pays les moins industrialisés, l'indice synthétique de fécondité était en moyenne de 4,5 enfants par femme et certains pays, en particulier ceux d'Afrique, enregistraient des indices très élevés. L'indice synthétique de fécondité le plus élevé était celui du Niger, un pays de 15,9 millions de personnes de l'Afrique de l'Ouest, avec 7,4 enfants par femme7.

Âge des mères à la maternité et rang de naissance

Près de la moitié (44,1 %) des 377 900 naissances au Canada en 2008 étaient des premières naissances. Plus d'un tiers (35,2 %) étaient des deuxièmes naissances et environ un cinquième (20,7 %) étaient des troisièmes naissances ou des naissances d'un rang plus élevé. En 2008, l'âge moyen des mères à la naissance de leur enfant était de 29,8 ans et il était de 28,1 ans chez les femmes pour lesquelles il s'agissait d'une première naissance (figure 2). Le report de la maternité vers un âge plus avancé qui s'est amorcé il y a plusieurs dizaines d'années (au milieu des années 1960, l'âge moyen à la maternité était de 23,5 ans) s'est poursuivi au cours du nouveau millénaire. Les facteurs qui contribuent à cette augmentation de l'âge moyen à la maternité sont notamment la poursuite des études postsecondaires, l'activité des femmes sur le marché du travail et un report de la formation des couples. Cet âge varie quelque peu selon la province ou le territoire; l'âge moyen le moins élevé pour une première naissance était celui du Nunavut (22,1 ans) et le plus élevé celui de la Colombie-Britannique (28,9 ans).

Figure 2 Âge moyen des mères à la naissance selon le rang de naissance, Canada, 1945 à 2008

La maternité est de plus en plus le fait de femmes à la fin de la vingtaine ou au début de la trentaine. L'âge moyen des femmes pour une deuxième naissance ou pour une naissance d'un rang plus élevé se situait au début de la trentaine. L'âge moyen des mères était de 30,7 ans en 2008 pour une deuxième naissance, de 31,7 ans pour une troisième naissance, de 32,2 ans pour une quatrième naissance et de 33,6 ans pour une cinquième naissance ou une naissance d'un rang plus élevé. L'écart entre l'âge à la maternité pour la première naissance et les naissances d'un rang plus élevé diminue de plus en plus par rapport au siècle précédent. En 1979, il existait un écart de près de 10 ans entre l'âge moyen à la première naissance (24,8 ans) et l'âge moyen à la cinquième naissance ou à une naissance d'un rang plus élevé (34,1 ans). En 2008, cet écart avait diminué à 5,5 ans (âges moyens de 28,1 ans pour une première naissance et de 33,6 ans pour une cinquième naissance ou une naissance d'un rang plus élevé). En 2008, près de la moitié de toutes les naissances étaient le fait de femmes de 30 ans ou plus (49,6 %), soit plus du double de la situation en 1981 (23,6 %), faisant ainsi augmenter l'âge moyen des femmes à la maternité.

En 2008, 4,1 % de toutes les naissances au Canada étaient attribuables aux femmes âgées entre 15 et 19 ans, une proportion qui est demeurée inférieure à 5 % depuis 2001. Des années 1920 au milieu des années 1950, environ 6 % à 7 % de toutes les naissances découlaient de femmes entre 15 et 19 ans, une proportion qui a augmenté entre 10 % et 12 % du milieu des années 1960 à la fin des années 1970 pour diminuer depuis8. Au cours de la période du milieu des années 1970 jusqu'à la fin des années 1990, on a observé plus de naissances que d'avortements chez les adolescentes et les jeunes femmes, bien que l'écart se soit réduit. Depuis 1997 jusqu'en 2005, dernière année pour laquelle des données sur les avortements sont disponibles, on observait davantage d'avortements que de naissances chez les femmes âgées entre 15 et 19 ans9.

Parmi les provinces et les territoires en 2008, le Nunavut présentait le pourcentage le plus élevé de naissances découlant de jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans : plus d'un cinquième des naissances (22,1 %). Parmi les provinces, ce pourcentage était plus élevé en Saskatchewan (9,8 % de toutes les naissances) et au Manitoba (8,6 %) et plus faible au Québec (2,4 %) et en Ontario (3,4 %).

Taux de fécondité selon l'âge de la mère

En 2008, le taux de fécondité selon l'âge de la mère a augmenté dans tous les groupes d'âge de moins de 45 ans comparativement à l'année précédente, une tendance qui persiste depuis plusieurs années. La tendance d'un taux de fécondité plus élevé pour les femmes âgées de 30 à 34 ans que pour celles de 25 ans à 29 ans, qui a débuté en 2005, s'est poursuivie en 2008, et l'écart s'est même élargi entre ces deux groupes d'âge (figure 3). En 2008, le taux de fécondité des femmes de 30 à 34 ans était de 107,4 naissances pour 1 000 femmes (le taux le plus élevé depuis le baby-boom en 1965), soit une augmentation comparativement à 106,0 naissances pour 1 000 femmes en 2007 et 103,3 naissances pour 1 000 femmes en 2006 (tableau A1). En 2008, le taux de fécondité des femmes de 25 à 29 ans était de 102,0 naissances pour 1 000 femmes, à la hausse comparativement à 101,6 naissances pour 1 000 femmes en 2007 et 100,5 naissances pour 1 000 femmes en 2006. Les taux de fécondité des femmes au début de la vingtaine et des femmes à la fin de la trentaine ont aussi convergé, surtout en raison de l'augmentation des naissances chez les femmes à la fin de la trentaine. En 2008, le taux de fécondité était de 50,1 naissances pour 1 000 femmes pour les femmes âgées de 35 à 39 ans, en hausse comparativement à 48,5 naissances en 2007 et 45,8 naissances en 2006. Le taux de fécondité des femmes à la fin de la trentaine a augmenté de façon continue depuis 1979, a plus que doublé depuis le niveau plancher de 18,8 atteint en 1978 et était le taux le plus élevé depuis 1967. Par contre, après avoir atteint un sommet à 233,6 naissances pour 1 000 femmes en 1960 et 1961, le taux de fécondité chez les femmes au début de la vingtaine a chuté à 50,7 naissances pour 1 000 femmes en 2005, avant de remonter légèrement au cours des dernières années pour atteindre 53,0 naissances en 2008.

Figure 3 Taux de fécondité selon le groupe d'âge, Canada, 1926 à 2008

L'écart s'est également réduit entre les groupes de femmes les plus âgées (de 40 à 44 ans) et celles âgées de moins de 20 ans. Vers la fin des années 1990, le taux de fécondité chez les femmes au début de la quarantaine était d'environ le quart de celui des femmes de moins de vingt ans mais en 2008, il était de plus de la moitié (8,4 et 14,3 naissances pour 1 000 femmes respectivement). Après avoir progressivement diminué jusqu'en 1994, où il a atteint 25,2 naissances pour 1 000, le taux de fécondité des femmes de moins de 20 ans a augmenté au cours des dernières années. Historiquement, le taux de fécondité des jeunes femmes de moins de 20 ans a été élevé de la fin des années 1940 jusqu'aux années 1960, et il était de 59,7 naissances pour 1 000 femmes en 1959 (le pic du baby-boom), plus que quatre fois le taux en 2008 pour ce groupe d'âge. En général, on a observé, au cours de la période des années 1980 jusqu'à maintenant, les plus faibles taux de fécondité pour ce groupe d'âge parmi toutes les données recueillies depuis 1926. En fait, le taux de fécondité des femmes de moins de 20 ans était, vers la fin des années 1920, près du double de ce qu'il est actuellement.

Même si les taux de fécondité ont augmenté en 2008 dans presque tous les groupes d'âge comparativement à 2007, il est demeuré stable pour les femmes de 45 à 49 ans. Les taux de fécondité pour les groupes de femmes de 40 à 44 ans et de 45 à 49 ans étaient plus élevés au début du siècle dernier que ce qu'ils sont actuellement. À cette époque, la contraception était moins efficace et la reproduction avait lieu au sein du mariage; les femmes étaient donc exposées à la maternité durant toutes leurs années de reproduction et de mariage.

Descendance finale des cohortes récentes

L'indice synthétique de fécondité est un indicateur des tendances de fécondité souvent utilisé parce qu'il est facile à calculer et qu'il peut représenter les données pour une année civile donnée. Cependant, le désavantage est qu'il peut être influencé par des fluctuations dans le calendrier de la fécondité. En revanche, la descendance finale, qui représente les réelles expériences de fécondité des cohortes de femmes qui sont arrivées à la fin de leur vie reproductive, est une approche longitudinale. Elle peut fournir un indicateur du calendrier de la fécondité, c'est-à-dire le rythme auquel les femmes donnent naissance à leurs enfants ainsi que le niveau de reproduction. Le désavantage en est qu'il faut de nombreuses années pour obtenir les données nécessaires à son calcul pour une cohorte donnée. Comme il y a très peu de naissances chez les femmes après qu'elles aient atteint 48 ans, la descendance finale des femmes nées jusqu'en 1960 peut être calculée en 2008. Il est également possible d'estimer la descendance finale de la cohorte de femmes nées en 1970, lesquelles étaient âgées de 38 ans en 2008 et dont les taux de fécondité avaient déjà atteint leur sommet. La descendance finale estimée des cohortes plus récentes comporte un degré plus élevé d'incertitude, car une plus grande partie de leur descendance finale est fondée sur une extrapolation des tendances récentes. Par conséquent, seules les descendances finales observées à ce jour pour les cohortes nées après 1970 seront analysées.

La première cohorte de femmes nées durant le baby-boom, soit en 1946, est souvent prise comme cohorte témoin car elle est la dernière cohorte à avoir atteint le seuil de renouvellement des générations au Canada (2,1 enfants par femme). Ces femmes ont enregistré des taux de fécondité beaucoup plus élevés à la fin de l'adolescence et au début de la vingtaine que les générations plus récentes, mais ce niveau a chuté relativement vite au début de la trentaine et est en fait plus faible à cet âge que celui des cohortes de femmes qui les ont suivies. En réalité, la fécondité de ces cohortes plus récentes (nées à partir de 1970), bien qu'elle soit plus faible que celle de la cohorte de 1946 jusqu'à l'âge de 28 ans (il y a quelques fluctuations autour de 29 et 30 ans), a dépassé celle de toutes les cohortes précédentes de femmes une fois l'âge de 31 ans atteint (figure 4). Ainsi, le niveau de fécondité à 38 ans de la cohorte née en 1970, et qui n'est par conséquent pas encore arrivée au terme de ses années reproductives, était de 37,4 naissances pour 1 000 femmes en 2008, ce qui est plus élevé que celui des cohortes antérieures quand elles étaient âgées du même âge. Ce taux, qui est près du triple de celui de la cohorte de 1946 (13,6 naissances pour 1 000 femmes), témoigne d'une évolution importante étant donné que l'écart entre les générations est inférieur à 25 ans. À 33 ans, le taux de fécondité de la cohorte de 1975 était de 99,9 naissances pour 1 000 femmes, soit près du double de celui de la cohorte de 1946 (51,0 naissances pour 1 000 femmes).

Figure 4 Taux de fécondité selon l'âge pour quelques générations, Canada

Le taux de fécondité maximum atteint par les cohortes plus récentes est plus faible et survient plus tard dans la vie, reflétant un nombre de naissances moindre dans l'ensemble et une maternité reportée. La cohorte de 1965 a connu son sommet à 27 ans avec un taux de fécondité de 125,4 naissances pour 1 000 femmes, alors que la cohorte de 1970 a atteint sa fécondité maximum à un âge plus avancé (28 ans), avec 110,1 naissances pour 1 000 femmes. Le taux de fécondité le plus élevé de la cohorte de 1975 a été atteint à un âge encore plus avancé (30 ans) avec 114,7 naissances pour 1 000 femmes. Cependant, des taux de fécondité plus élevés pour les femmes dans la trentaine ne compensent pas des taux de fécondité moins élevés dans la vingtaine. Ces taux entraînent une descendance finale moins élevée dans son ensemble, car les femmes ne peuvent « rattraper » le retard en ayant des taux de fécondité plus élevés à un âge plus avancé. Les données des années futures indiqueront si les taux de fécondité des jeunes cohortes dépasseront ceux des cohortes précédentes ou si, au contraire, la courbe des taux de fécondité continuera de baisser, pour sa hauteur générale, et de se déplacer vers un âge plus avancé, ou les deux.

Une comparaison entre l'indice synthétique de fécondité et la descendance finale au cours du dernier siècle indique la même tendance générale d'une plus grande fécondité pendant le baby-boom et d'une fécondité plus faible dans les décennies ultérieures, bien que les fluctuations soient plus nombreuses pour l'indice synthétique de fécondité (figure 5). Ces fluctuations reflètent une grande partie des modifications dans le calendrier de la fécondité, les femmes reportant la maternité à un âge de plus en plus avancé. L'indice synthétique de fécondité a été plus élevé que la descendance finale au cours de la période de 1940 à 1965 en raison d'une augmentation du nombre d'enfants par femme, d'une tendance à avoir des enfants à un âge moins avancé et à des intervalles moins grands, ainsi que d'une tendance à vouloir rattraper les retards causés par la guerre10. La dernière fois où l'indice synthétique de fécondité a été plus élevé que la descendance finale était en 1965 pour la cohorte née en 1937. Cette année-là, l'indice synthétique de fécondité était de 3,16 et la descendance finale était de 2,92. Depuis 1966, la descendance finale a dépassé l'indice synthétique de fécondité. Alors que l'indice de fécondité augmente depuis 2003, la descendance finale augmente légèrement chaque année depuis 2000.

Figure 5 Indice synthétique de fécondité, 1926 à 2008 et descendance finale, 1911 à 1979, Canada

Tableaux

Tableau A1 Taux de fécondité par groupe d'âge (pour 1 000 femmes), Canada, provinces et territoires, 1981 à 2008

Tableau A2 Indice synthétique de fécondité selon le rang, Canada, provinces et territoires, 1981 à 2008


Notes

  1. British Columbia Vital Statistics, Birth-related statistics, table 1: Live births, deaths, marriages and stillbirths, site consulté le 11 mai 2011.
  2. Institut de la statistique du Québec. 2010. Naissances, décès et mariages par mois et par trimestre, Québec, 2001-2010, site consulté le 9 mars 2011.
  3. Institut de la Statistique du Québec. 2010. Le bilan démographique du Québec, Édition 2010.
  4. Organisation de coopération et de développement économiques. 2010. Indice synthétique de fécondité, Panorama des statistiques de l'OCDE 2010, site consulté le 10 mars 2011.
  5. B.E. Hamilton, J.A. Martin, S.J. Ventura. United States Centers for Disease Control and Prevention. 2010. « Births: Preliminary Data for 2009 », National Vital Statistics Reports, volume 59 (3).
  6. Organisation de coopération et de développement économiques. 2010. Indice synthétique de fécondité, Panorama des statistiques de l'OCDE 2010, site consulté le 10 mars 2011.
  7. Population Reference Bureau. 2010. 2010 World Population Data Sheet.
  8. Romaniuc, A. 1984. La fécondité au Canada : Croissance et déclin,no 91-524F au catalogue de Statistique Canada.
  9. Statistique Canada. CANSIM tableau 106-9002.
  10. Romaniuc, A. 1984. La fécondité au Canada : Croissance et déclin,no 91-524F au catalogue de Statistique Canada.